Y EN A MARRE : OUMAR CYRILLE TOURÉ DIT THIAT ÉLU NOUVEAU COORDONNATEUR LORS DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE À WARANG

Après trois jours d’intenses réflexions, d’échanges et de débats à Warang, le mouvement citoyen Y en a Marre a tourné une nouvelle page de son histoire. À l’issue de son Assemblée Générale tenue du 10 au 12 avril, le mouvement a élu une nouvelle équipe dirigeante pour un mandat de trois ans. Oumar Cyrille Touré, plus connu sous le nom de Thiat, prend désormais les rênes en tant que coordonnateur, épaulé par Abdou Khafor Kandji, désigné vice-coordonnateur.

Cette élection marque un tournant symbolique et stratégique pour Y en a Marre, mouvement emblématique de la contestation citoyenne et de l’engagement pour une démocratie plus participative au Sénégal. Le choix de Thiat, l’un des membres fondateurs et figure charismatique du mouvement, témoigne d’une volonté de continuité dans la combativité et la fidélité aux idéaux portés depuis sa création en 2011.

Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de reconnaissance, le mouvement a salué le leadership d’Aliou Sané, coordonnateur sortant, qui a dirigé Y en a Marre durant six années marquées par des défis politiques, sociaux et citoyens majeurs. Le communiqué final de l’Assemblée rend hommage à « sa résilience face aux tempêtes, sa fidélité inébranlable aux valeurs de Y en a Marre, et son courage dans les moments les plus critiques ». Sous sa direction, le mouvement a su maintenir son cap et continuer à faire entendre la voix des sans-voix.

Avec cette nouvelle équipe, Y en a Marre se projette vers l’avenir, plus déterminé que jamais à renforcer l’engagement citoyen, consolider les acquis démocratiques, et raviver l’espérance d’un avenir meilleur pour le Sénégal et l’Afrique. Le cap est maintenu, les convictions demeurent : la lutte continue.

Kaolack / Accidents de la route : Le plaidoyer fort de l’Association des Cavaliers de la Sécurité Routière

Les routes sénégalaises sont devenues de véritables pièges mortels. Depuis des années, les accidents de la circulation se multiplient à un rythme alarmant. Chaque jour, des vies sont fauchées, des familles endeuillées.

Selon Cheikh T. Sarr, président national de l’Association des Cavaliers de la Sécurité Routière, « les principales causes restent la vitesse excessive, l’alcool au volant et l’état technique défaillant des véhicules. »

Face à cette hécatombe, il invite les autorités étatiques à prendre des mesures urgentes et concrètes pour endiguer ce fléau.

« La région de Kaolack a enregistré deux accidents de la circulation en une seule journée. Nous déplorons ces tragédies routières. Notre souhait, c’est de lutter contre ce monstre, » a déclaré Cheikh T. Sarr.

La recrudescence des accidents sur nos routes est devenue alarmante. Le Code de la route incite pourtant à la prudence : se reposer en cas de fatigue, porter la ceinture de sécurité, respecter les limitations de vitesse et bannir l’usage de stupéfiants. Selon M. Sarr, le respect strict de ces règles permettrait de réduire considérablement le nombre d’accidents et, par conséquent, d’alléger le fardeau qui freine les efforts de développement engagés par les autorités.

« Nous appelons le ministre des Transports terrestres, du Désenclavement et des Transports aériens, M. Yancouba Diémé, à lancer des campagnes de communication et de sensibilisation à l’échelle nationale. Il est indispensable d’impliquer l’ensemble des acteurs – les Forces de Sécurité et de Défense (FSD), les associations, ainsi que les victimes – pour agir efficacement. La réhabilitation des routes principales et secondaires, le renouvellement du parc automobile, ainsi qu’une large concertation permettront de freiner la recrudescence des accidents sur nos routes, » a-t-il ajouté.

Cheikh T. Sarr conclut en affirmant que, tant que les comportements à risque persisteront, les accidents continueront à faire partie du quotidien. Une prise de conscience collective s’impose, car derrière chaque accident, ce sont des vies brisées qui se cachent.

Kaolack : La FNBS liste ses doléances lors de son Conseil d’Administration décentralisé

La Fédération Nationale des Boulangers du Sénégal (FNBS) a tenu, ce samedi à Kaolack, son Conseil d’Administration décentralisé. Ce rendez-vous stratégique a réuni les principaux acteurs du secteur de la boulangerie, venus de toutes les régions du pays. Présidée par M. Amadou Gaye, président de la FNBS, la rencontre a permis de faire le point sur les nombreux défis auxquels le secteur est confronté.

Parmi les problématiques soulevées : la hausse du coût des matières premières, la régulation du prix du pain, la modernisation des équipements et la formation professionnelle des boulangers. Les discussions ont également porté sur la nécessité de renforcer la structuration du secteur informel et sur la création d’un fonds de soutien destiné aux boulangers en difficulté.

« C’est une tournée nationale que nous avons entamée depuis quelques jours. Aujourd’hui, nous sommes à Kaolack pour identifier les solutions face à la crise du pain », a déclaré M. Gaye. Il a souligné que l’un des principaux problèmes réside dans l’applicabilité du décret 22-77. « Nous avons constaté beaucoup d’interprétations divergentes de ce texte au niveau des autorités. Aujourd’hui, nous avons abordé cette problématique en profondeur. »

Le président de la FNBS a affirmé que les boulangers ne resteront pas les bras croisés : « Nous allons nous battre pour obtenir des solutions, y compris en explorant des alternatives comme l’énergie solaire, en raison de la hausse du coût de l’électricité. L’État considère le pain comme un produit social, mais nous avons insisté sur la nécessité d’homologuer non seulement le prix du pain, mais aussi celui de toutes les matières premières utilisées dans sa fabrication : la farine — ce qui est déjà fait —, mais aussi la levure, l’électricité, etc. »

M. Gaye a également plaidé pour la mise en place d’une tarification spéciale, ainsi qu’un système de financement adapté. « Nous avons proposé aux autorités la création d’un établissement bancaire dédié qui permettrait aux boulangers d’accéder à un financement rapide et sécurisé. »

Face à la presse, il a lancé un appel aux autorités : « Les boulangers sont fatigués. Le prix actuel du pain n’est plus tenable. Il est impératif que des mesures d’accompagnement soient mises en place pour soulager le secteur, notamment en matière de fiscalité. La pression fiscale actuelle est l’une des principales causes de fermeture de nombreuses boulangeries à travers le pays. »

Enfin, M. Gaye a insisté sur l’importance de l’assainissement du secteur : « Il est temps d’appliquer le décret prévu à cet effet. Aujourd’hui, n’importe qui peut ouvrir une boulangerie, souvent sans contrôle réel du ministère du Commerce. Notre devoir, en tant que fédération, est de protéger le consommateur en garantissant la production de pains de qualité. »

Kidira : un agent de sécurité de proximité égorgé lors d’une patrouille

Un drame d’une rare violence a secoué la commune de Kidira, dans le département de Bakel. Un agent de sécurité de proximité (ASP), Abdoulaye Ndianor, a été froidement tué alors qu’il participait à une mission conjointe de surveillance avec les agents des eaux et forêts. Les faits se sont déroulés à Sénédébou, un village situé dans la zone frontalière entre le Sénégal et le Mali.

Tout a commencé lorsqu’une patrouille a surpris un berger en pleine coupe illégale d’arbres, activité formellement interdite dans cette zone de protection environnementale. Interrogé sur sa présence, le berger affirme être en compagnie de son père, resté dans les environs. À la demande de ses collègues, l’agent Abdoulaye Ndianor se propose de l’escorter à moto pour aller retrouver ce dernier.

Mais le trajet tourne au cauchemar. À un moment isolé, le berger, dissimulant une hache, s’en sert pour frapper violemment l’ASP à la tête. Il poursuit son acte macabre en le décapitant. Le meurtrier cache ensuite la tête de la victime sous un arbre, enfouit son corps sous des pierres sur une colline, puis prend la fuite en emportant la moto, dans une tentative de brouiller les pistes.

Constatant l’absence prolongée de leur collègue, les autres membres de la patrouille déclenchent des recherches. C’est au cœur de la nuit, aux alentours de deux heures du matin, que le corps mutilé de l’agent est retrouvé, enterré en pleine brousse. Une scène d’horreur qui a choqué les habitants de la localité, profondément marqués par cette violence inédite.

La gendarmerie, immédiatement alertée, se mobilise et parvient à localiser le suspect dans sa tentative de fuite. Interpellé, il passe rapidement aux aveux et reconnaît les faits. Une enquête a été ouverte pour éclaircir les circonstances précises de ce meurtre d’une brutalité extrême.

Ce drame soulève de nombreuses interrogations sur les conditions de sécurité des agents de terrain opérant dans les zones rurales, souvent isolées et exposées à des risques importants. La mort d’Abdoulaye Ndianor, tué dans l’exercice de ses fonctions, a suscité une vive émotion à Kidira et dans tout le département de Bakel.

Démantèlement d’un réseau de trafic de drogue dure : la Gendarmerie frappe fort à Dakar

Une opération d’envergure menée par la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale a permis de neutraliser un réseau transfrontalier de trafic de drogue dure. Cette intervention, effectuée ce jeudi 11 avril 2025, s’inscrit dans la stratégie des autorités sénégalaises de lutte contre la criminalité organisée. Selon un communiqué officiel du Haut-commandement de la Gendarmerie, le réseau visé opérait entre le Sénégal, la Guinée-Bissau et le Mali, trois pays devenus des points de transit majeurs pour les trafiquants de cocaïne en Afrique de l’Ouest.

Cette action a abouti à l’arrestation de quatre individus, présentés comme étant fortement impliqués dans les activités du réseau. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic international de drogue et blanchiment de capitaux. Les enquêteurs ont pu établir leur implication directe grâce à des éléments de preuve collectés au cours des semaines précédentes.

La saisie réalisée lors de cette opération témoigne de l’ampleur du trafic. Pas moins de 72 tablettes de cocaïne ont été récupérées, pour un poids total de 80 kilogrammes. Dix véhicules ont été saisis, ainsi qu’une somme d’argent en liquide estimée à 2 590 000 FCFA. Ces éléments confirment l’importance du réseau démantelé et la sophistication de son organisation logistique.

Ce coup de filet constitue un signal fort envoyé par les autorités sécuritaires dans un contexte régional marqué par la recrudescence des trafics transfrontaliers. Le Sénégal, par sa position stratégique sur la côte ouest-africaine, demeure une zone convoitée par les réseaux criminels, mais les dispositifs de surveillance et d’intervention, eux aussi, ne cessent de se renforcer.

L’enquête est toujours en cours pour identifier d’éventuelles ramifications locales et internationales. La Gendarmerie prévoit de nouvelles actions afin de démanteler l’ensemble de la chaîne logistique du trafic et de remonter jusqu’aux commanditaires.

Avec cette opération, le Sénégal confirme sa volonté de ne laisser aucun répit aux narcotrafiquants. Une vigilance qui, selon les autorités, doit rester constante pour protéger les populations et préserver la stabilité du pays face à des réseaux de plus en plus organisés.

Trois journalistes convoqués par la Section de Recherches après des propos sur le décès de Mamadou Badio Camara

La liberté de la presse connaît un nouveau test au Sénégal. Selon des informations obtenues par Seneweb, le chroniqueur Abdou Nguer et deux journalistes de Source A, Omar Ndiaye et Fatima Coulibaly, sont attendus ce lundi à 11h30 à la Section de Recherches (SR) de Colobane. Une convocation qui fait suite à des propos tenus lors de l’émission Sen Dose, diffusée sur Source A TV, dans la foulée du décès de Mamadou Badio Camara, président du Conseil constitutionnel.

Le procureur de la République s’est saisi d’office de l’affaire et a ordonné l’ouverture d’une enquête confiée à la SR de Dakar. Les propos tenus dans l’émission sont au cœur de cette procédure judiciaire, bien que leur contenu précis n’ait pas encore été rendu public.

Cette convocation intervient dans un contexte sensible où les limites entre liberté d’expression, déontologie journalistique et respect de la mémoire des personnalités publiques décédées soulèvent régulièrement des débats.

Pour l’heure, les journalistes concernés n’ont pas encore réagi officiellement à cette convocation, mais l’affaire ne manquera pas de raviver les discussions sur les rapports entre médias et institutions judiciaires au Sénégal.

Violences sur l’enfant Baye Mass Diakhaté : Le Président Diomaye Faye exige des sanctions exemplaires

La vidéo bouleversante du jeune garçon Baye Mass Diakhaté, sauvagement bastonné par son oncle à Saint-Louis, a provoqué une onde de choc à travers tout le pays. Les images insoutenables de l’agression ont suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique, jusqu’au sommet de l’État.

Touché par cette scène atroce, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a immédiatement réagi après avoir visionné la séquence. Il a saisi l’affaire en personne en appelant son Premier ministre, Ousmane Sonko, pour exiger des mesures exemplaires.

C’est en marge d’une randonnée pédestre organisée ce samedi 12 avril pour la promotion des droits et de la protection des enfants que le chef du gouvernement a révélé l’implication directe du Chef de l’État. « Lorsqu’il a eu l’information, le Président de la République m’a demandé de donner instruction au ministre de la Justice pour que cette affaire soit traitée de la manière la plus ferme et la plus radicale possible », a déclaré Ousmane Sonko devant les organisateurs de cette initiative citoyenne.

Prenant la mesure de la gravité de l’affaire, le procureur de Saint-Louis s’est aussitôt autosaisi. Il a déclenché une enquête menée par la Brigade de recherches, afin d’identifier et d’interpeller rapidement le tortionnaire présumé.

Cette réaction rapide et ferme des autorités traduit la volonté du nouveau pouvoir d’inscrire la protection des enfants parmi ses priorités. Elle intervient dans un contexte où les cas de maltraitance sur les mineurs deviennent de plus en plus fréquents, interpellant la société sur la nécessité d’une vigilance collective et d’une justice implacable.

Sénégal : Un vaste réseau de trafic de drogue démantelé par la Gendarmerie nationale

Dans une opération coup de poing menée ce jeudi 11 avril 2025, la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale basée à Dakar a réussi à démanteler un important réseau de trafic de drogue dure, actif entre le Sénégal, la Guinée-Bissau et le Mali. Cette intervention spectaculaire s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale organisée, devenue une priorité stratégique pour les autorités sécuritaires sénégalaises.

Selon un communiqué officiel du Haut-commandement de la Gendarmerie, lu par la rédaction de Dakaractu, l’opération a abouti à l’arrestation de quatre individus présentés comme « fortement impliqués » dans ce réseau criminel. Ces derniers font l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, trafic international de drogue et blanchiment de capitaux.

Les éléments d’enquête recueillis jusqu’à présent confirment l’implication directe des suspects dans cette organisation transfrontalière. Les enquêteurs ont mis la main sur une saisie impressionnante : 72 tablettes de cocaïne, pour un poids total estimé à 80 kilogrammes. En plus des stupéfiants, dix véhicules utilisés par le réseau et une somme de 2 590 000 FCFA en espèces ont été confisqués.

Cette opération vient renforcer les efforts des forces de sécurité sénégalaises dans leur engagement contre les réseaux criminels internationaux. La Gendarmerie, par cette action décisive, réaffirme sa volonté de garantir la sécurité des citoyens et de protéger le territoire contre les menaces liées au narcotrafic et à ses ramifications.

Occupation illégale du cabinet de Me Cheick Khoureychi Ba : son ancien chauffeur au cœur d’un scandale

Le cabinet de feu Me Cheick Khoureychi Ba, décédé le 26 mars dernier à Istanbul, a été au centre d’un épisode aussi inattendu que troublant. Selon les informations de Source A, un ancien chauffeur de l’avocat a illégalement pris possession du studio où se trouvait le cabinet, y élisant domicile sans aucun accord préalable avec la famille du défunt.

Détenant encore les clés des lieux, le chauffeur aurait farouchement refusé de restituer l’espace, allant même jusqu’à remettre en cause la légitimité des héritiers de Me Ba. Une situation qui a profondément inquiété les proches de l’avocat, soucieux de préserver les documents professionnels, dossiers sensibles et effets personnels du défunt.

Face à cette occupation jugée illégale, la famille de Me Ba s’est résolue à saisir le Bâtonnier de l’Ordre des avocats pour intervention. Une démarche qui s’est avérée décisive : ce n’est qu’après l’implication de cette autorité que l’ancien chauffeur a fini par libérer les lieux, emportant ses affaires, toujours selon Source A.

L’affaire ne s’est pas arrêtée là. Le chauffeur a été convoqué par le Bâtonnier afin de fournir des explications sur son comportement, jugé inacceptable au regard des règles encadrant la profession, mais aussi du respect dû à la mémoire d’un avocat disparu.

Ce triste épisode soulève des interrogations sur la gestion posthume des cabinets d’avocats et sur les mesures à prendre pour mieux protéger les biens et dossiers professionnels en pareilles circonstances.

Macky Sall à la Fondation Mo Ibrahim : entre reconnaissance internationale et aigreur nationale

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a récemment été nommé membre du conseil d’administration de la Fondation Mo Ibrahim, l’une des institutions les plus respectées en Afrique en matière de gouvernance. Une distinction qui, tout en saluant le parcours d’un chef d’État, a relancé un débat national marqué par une certaine amertume de ses détracteurs. Au-delà de la polémique, cette nomination soulève une question plus profonde : qu’est-ce qui dérange vraiment ?

La Fondation Mo Ibrahim, créée en 2006 par le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim, évalue la qualité de la gouvernance en Afrique et récompense les anciens chefs d’État qui ont dirigé leur pays de manière démocratique, stable et transparente. Le choix de Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, est loin d’être anodin. Il reflète la stabilité institutionnelle du Sénégal sous sa gouvernance, mais aussi les nombreux projets de développement initiés à travers le Plan Sénégal Émergent (PSE).

Avec ce plan, Macky Sall a réussi à maintenir un cap économique, moderniser les infrastructures, renforcer l’accès à l’électricité dans les zones rurales, et positionner le Sénégal comme un pôle stratégique en Afrique de l’Ouest. Sur la scène diplomatique, il a joué un rôle moteur au sein de la CEDEAO, du G5 Sahel, et lors des crises régionales.

Mais au Sénégal, cette reconnaissance internationale ne passe pas partout. Sur les réseaux sociaux comme dans certains cercles intellectuels, la nomination de Macky Sall fait grincer des dents. Ses opposants dénoncent une « récompense » injustifiée, et ravivent les critiques sur la fin de son mandat, notamment le report controversé de l’élection présidentielle de 2024, qui a alimenté des soupçons sur ses intentions politiques.

Ce que certains qualifient de “tentative de troisième mandat déguisé” reste encore une blessure ouverte pour une partie de l’opinion publique. Pourtant, les faits sont là : l’élection présidentielle a été tenue, le pouvoir transmis dans le calme, et Macky Sall a quitté ses fonctions sans tentative de rétention. En dépit des polémiques, la transition a été républicaine et pacifique, un fait rare à souligner dans le contexte africain.

Ce que cette levée de boucliers révèle surtout, c’est un mal-être chronique dans le débat public sénégalais : la difficulté d’accepter que l’on puisse critiquer un homme sans nier l’ensemble de son œuvre. Les critiques les plus virulentes viennent souvent d’acteurs politiques ou d’intellectuels qui, en réalité, ne contestent pas la nomination en soi, mais ce qu’elle symbolise : la reconnaissance d’un homme qu’ils n’ont jamais accepté.

Certains d’entre eux n’ont jamais dirigé, n’ont jamais eu à prendre de décisions qui engagent l’avenir d’un peuple. Pourtant, ils se posent en arbitres de la vertu, en distributeurs de légitimité. Ils s’indignent, mais que proposent-ils ? Que construisent-ils ? Très peu, sinon une indignation stérile.

Macky Sall n’a jamais prétendu à la perfection. Il a gouverné avec ses qualités et ses limites. Mais l’histoire retiendra qu’il a été un chef d’État stable, un bâtisseur, et un acteur majeur du développement économique du Sénégal. Cette nomination à la Fondation Mo Ibrahim est la reconnaissance de cette trajectoire, sur la base de critères rigoureux et impartiaux.

En réalité, ce ne sont pas les critiques qui gênent Macky Sall. Ce qui est frappant, c’est la nature des critiques : émotionnelles, politiciennes, souvent personnelles. Ce sont les frustrations refoulées d’une génération qui, en dépit de sa verve et de ses tweets, peine à s’imposer dans le concret.

Macky Sall tourne une page, mais reste influent. Sa voix comptera dans les grandes réflexions africaines sur la gouvernance, la sécurité, l’économie verte ou la transition numérique. Et que cela plaise ou non, il continuera d’exister sur la scène continentale.

Vague de licenciements : des centaines de travailleurs manifestent à Dakar contre la précarisation

Le malaise social s’accentue au Sénégal. Ce vendredi, des centaines de travailleurs licenciés ont battu le pavé à Dakar pour dénoncer une vague de renvois jugés « abusifs et injustifiés » dans plusieurs secteurs d’activité. À l’appel du Rassemblement des Travailleurs du Sénégal, un collectif regroupant les employés affectés, la mobilisation a pris une ampleur visible dans les rues de la capitale.

Partis de l’hôpital Abass Ndao, les manifestants ont défilé jusqu’au rond-point de la Poste de la Médina, en empruntant l’avenue Blaise Diagne. Arborant des brassards rouges, symboles de leur colère, ils ont scandé des slogans hostiles aux licenciements et brandi des pancartes dénonçant la précarisation galopante du marché du travail.

Les organisateurs dénoncent ce qu’ils qualifient de « politique de licenciement systématique et sans dialogue préalable ». Ils pointent du doigt un manque de cadre légal protecteur et l’absence de mécanismes efficaces de médiation entre employeurs et salariés. « Trop, c’est trop ! On ne peut pas continuer à sacrifier les travailleurs sans aucune forme de concertation », a déclaré un porte-parole du collectif.

À travers cette marche, les ex-employés entendent interpeller les autorités gouvernementales, notamment le ministère du Travail, pour une prise en charge urgente de la question. Ils appellent à l’ouverture de discussions nationales sur les droits des travailleurs, mais aussi sur la révision des procédures de licenciement dans les entreprises publiques et privées.

« Il est temps que l’État joue pleinement son rôle d’arbitre et garant de la stabilité sociale. Ces licenciements massifs plongent des familles entières dans l’incertitude », a insisté un manifestant.

Cette manifestation intervient dans un contexte économique tendu, marqué par des restructurations dans plusieurs entreprises, notamment dans les secteurs des médias, des télécommunications, de la logistique et de la sécurité. Ces vagues de licenciements, souvent sans indemnisation suffisante, nourrissent un sentiment d’injustice et d’abandon chez de nombreux travailleurs.

Mansour Faye tire à boulets rouges sur le tandem Sonko-Diomaye : « Tôt ou tard, ils rendront compte »

L’ancien ministre et maire de Saint-Louis, Mansour Faye, est sorti de son silence après avoir été empêché d’embarquer sur un vol ce jeudi 10 avril. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux ce vendredi, il dénonce une tentative d’intimidation politique et une « diabolisation » orchestrée par le régime actuel qu’il accuse de chercher en vain des éléments compromettants à son encontre.

« L’une des premières cibles dans leur funeste agenda de diabolisation reste et demeure mon humble personne », a-t-il écrit dans un texte au ton particulièrement virulent, où il accuse le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko de mener une politique de persécution contre les responsables de l’ancien régime.

Mansour Faye se défend avec vigueur de toute malversation, affirmant qu’aucun rapport des corps de contrôle de l’État ne l’a épinglé. Il souligne qu’il n’a jamais été convoqué ni entendu sur quelque dossier que ce soit depuis la fin du régime Macky Sall. À ses yeux, le pouvoir actuel « continue à chercher désespérément des charges à (lui) coller », sans succès.

Il affirme également que les accusations autour du PRODAC et de la gestion du fonds de riposte contre la COVID-19 sont infondées. Concernant le PRODAC, il rappelle que « le seul rapport existant est celui de la Cour des comptes datant de janvier 2024 », qui ne recommande aucune poursuite judiciaire, mais simplement des recommandations. Sur le dossier COVID, il balaie les critiques, évoquant un référentiel d’audit « caduc ».

Dans ce long message, Mansour Faye adopte un ton d’opposant décidé, parlant d’« apprentis dictateurs » à propos du tandem au pouvoir, et les accuse de « haute trahison ». Il défend le bilan du président Macky Sall, qualifiant sa gouvernance de « réussite globale », tout en reconnaissant « la faillibilité humaine » qui pourrait expliquer des manquements mineurs.

Il conclut son texte par un appel aux Sénégalais à « tirer les conséquences » de la situation actuelle : « Ces nouveaux dirigeants ont menti au peuple pour accéder au pouvoir, mais quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité qui prend les escaliers finira toujours par arriver à bon port. »

Cette sortie médiatique musclée intervient dans un contexte tendu, où les partisans de l’ancien régime dénoncent ce qu’ils appellent une « chasse aux sorcières » visant les responsables de l’ex-pouvoir. Elle pourrait raviver les débats autour de la gestion de la reddition des comptes, l’une des priorités affichées du gouvernement actuel, mais aussi relancer les tensions entre l’opposition et le pouvoir.

Prévention des inondations 2025 : Le Sénégal anticipe avec une approche scientifique et participative

Le Sénégal se prépare à un hivernage 2025 sous haute surveillance, avec une stratégie renforcée de lutte contre les inondations. Le 11 avril, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dieye, a présidé à Dakar une réunion stratégique du Comité national de gestion des inondations (CNGI). Cette réunion a marqué le lancement d’opérations destinées à prévenir les inondations et à limiter les dégâts, avec un objectif clair : éviter la répétition des tragédies des années passées. Les autorités misent sur une meilleure connaissance du terrain et une coordination multisectorielle pour répondre aux risques.

Selon Madické Cissé, directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI), la grande innovation de cette année est la mise en place d’une salle de crise nationale. Cette cellule, gérée par la DPGI, aura pour rôle de collecter des données en temps réel, avec la participation directe des populations locales. L’idée est simple mais efficace : les citoyens pourront envoyer des photos de sites en situation de crise, permettant ainsi aux autorités de connaître immédiatement l’état d’une zone et de prendre des mesures en conséquence. Cette approche, qui fait appel à l’intelligence collective, permet d’analyser rapidement les causes possibles des inondations : un canal bouché, une topographie en cuvette ou des pluies exceptionnelles.

Madické Cissé a souligné que ces images, envoyées directement par les citoyens, faciliteront l’analyse des situations et permettront de déterminer les actions à prendre rapidement. Il a aussi précisé que la surveillance des phénomènes pluviométriques avant l’apparition des inondations est essentielle pour agir en amont.

Les plans communaux de sauvegarde seront déployés dans toutes les villes du pays, avec pour chaque zone une cartographie des risques. Ces plans comporteront des mécanismes d’alerte communautaires permettant une réaction rapide en cas de danger. Ce dispositif vise à renforcer la résilience des populations face aux catastrophes liées aux inondations.

L’un des leviers importants de la stratégie est l’amélioration des prévisions météorologiques. En partenariat avec l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), les autorités seront désormais capables de prévoir les pluies entre deux et trois heures à l’avance. Grâce à cette technologie, il sera possible de connaître précisément où il pleuvra, quelle quantité de pluie s’attendre, et à quel moment. Cela permettra de donner des alertes précoces aux populations à risque.

Malgré ces efforts de prévention, Madické Cissé reste réaliste. « Il ne faut jamais dire qu’il n’y aura pas d’inondations », a-t-il affirmé. Selon lui, deux facteurs principaux contribuent à la vulnérabilité du pays : la mauvaise gestion du terrain, notamment l’occupation anarchique de zones inondables, et les aléas climatiques qui échappent à tout contrôle. Même avec des infrastructures adéquates, des événements météorologiques exceptionnels peuvent causer des catastrophes. Par exemple, un canal de 2 mètres de large pourrait ne pas suffire à contenir une pluie de 200 mm.

Dans ce contexte, la DPGI a identifié près de 1 400 parcelles construites sur des voies d’eau naturelles, en collaboration avec les Domaines et le Cadastre. Ces zones sont considérées comme irrécupérables à court terme. Madické Cissé a expliqué que, malgré les risques connus, il est difficile d’intervenir pour ces zones en raison de leur vulnérabilité.

Le plan national de gestion des inondations identifie 29 villes à risque, dont une quinzaine sont classées comme hautement vulnérables. Parmi elles, des villes comme Touba, Kaolack, Kaffrine, Saint-Louis, Ziguinchor et la région de l’axe Dakar-Mbour-Thiès figurent parmi les zones les plus menacées. Ces localités bénéficieront d’un suivi rapproché et d’actions ciblées avant et pendant l’hivernage, avec un accent particulier sur les zones où les risques sont les plus élevés.

L’État sénégalais entend instaurer une véritable culture de l’anticipation, fondée sur la science, la participation citoyenne et une gouvernance décentralisée. Pour Madické Cissé, il s’agit d’un travail de longue haleine visant à renforcer la résilience des populations face aux aléas climatiques. Ce projet se veut un modèle de gestion participative, où chaque citoyen joue un rôle dans la prévention et la gestion des inondations.

Le Sénégal met en place des mesures concrètes pour lutter contre les inondations, avec un accent particulier sur la prévention, l’anticipation et l’implication des populations locales. Bien que le pays fasse face à des défis liés à l’urbanisation anarchique et aux conditions climatiques extrêmes, les autorités comptent sur une approche intégrée, scientifique et participative pour réduire les risques et protéger les vies humaines. Grâce à ces efforts, le Sénégal espère minimiser les impacts de l’hivernage 2025 et limiter les dégâts dus aux inondations.

Le Sénégal anticipe l’hivernage 2025 : un plan national de lutte contre les inondations avec des actions concrètes

Le Sénégal prend les devants face aux risques d’inondations pour l’hivernage 2025. Ce vendredi, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dieye, a présidé une réunion stratégique du Comité national de gestion des inondations (CNGI) à Dakar. Ce rassemblement marque une étape importante dans le lancement du plan national de lutte contre les inondations, un projet qui vise à prévenir et à mieux gérer les inondations attendues durant la saison des pluies.

Dans son discours, le ministre a souligné que le pays adopte cette année une approche différente et plus proactive, grâce à des orientations claires données par le président de la République. Ce plan de lutte contre les inondations s’appuie sur des données récentes et des outils modernes, permettant ainsi une gestion plus efficace des risques. Dr Dieye a rappelé que cette réunion fait suite à une première session d’évaluation qui s’est tenue en décembre dernier, où les actions à entreprendre ont été définies.

Le ministre a ensuite partagé des informations cruciales sur l’état d’avancement du projet. Il a annoncé que l’État dispose désormais d’une cartographie complète des zones inondables dans tout le pays. Cela permet une maîtrise totale du risque d’inondation à l’échelle nationale, ainsi qu’une identification précise des zones où des interventions sont nécessaires. Il a précisé que les infrastructures comme les stations de pompage et les digues ont déjà été localisées et qu’un suivi rigoureux est prévu pour leur réhabilitation ou leur renforcement.

Le ministre a également fixé un objectif ambitieux : toutes les actions préparatoires doivent être achevées d’ici le 15 juillet 2025. Cette date marque un délai de rigueur pour la mise en place de toutes les mesures nécessaires avant l’arrivée des premières pluies.

L’un des grands axes d’innovation du plan réside dans l’amélioration de la prévision des épisodes pluvieux. Le gouvernement a acquis un radar météorologique moderne, installé à Diamniadio, en collaboration avec l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim). Grâce à cet outil, les autorités pourront désormais prévoir de manière plus précise la localisation des zones touchées, la quantité de pluie attendue, ainsi que les horaires d’impact. Cette avancée permettra d’anticiper les situations de crise et de prendre des mesures préventives adaptées.

Dr Dieye a donné un exemple concret de cette capacité accrue de prévision. « Si l’on peut savoir qu’il pleuvra à Dakar, sur la Corniche Ouest, entre 10 h et 12 h avec 150 mm de pluie, alors on pourra prendre les dispositions nécessaires, comme fermer certains axes pour éviter des drames », a-t-il expliqué. Il a rappelé le triste incident d’un citoyen piégé dans les eaux lors d’une pluie précédente, faute d’une alerte en temps réel.

L’une des priorités du gouvernement dans cette lutte contre les inondations est de renforcer la communication avec la population. Dans cette optique, une plateforme interactive est en cours de développement. Cette plateforme intègrera un chatbot et des outils d’intelligence artificielle pour fournir des informations en temps réel aux citoyens. Ces outils permettront aux habitants d’obtenir des réponses instantanées sur les risques d’inondation et les mesures de sécurité à prendre.

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a insisté sur l’importance du facteur humain dans la gestion des risques. « Ce sont les citoyens dans toutes les communes qui vont nous aider à curer, à préparer et à réagir », a-t-il déclaré. Il a souligné le rôle crucial que joueront les médias dans la diffusion de ces informations et dans la sensibilisation des populations.

Au-delà de cette réunion stratégique, Dr Cheikh Tidiane Dieye a annoncé qu’une série de rencontres sectorielles seront organisées avec différents acteurs – gouverneurs, maires, députés, et organisations de la société civile. Des tournées régulières seront également programmées pour évaluer la mise en œuvre du plan. À partir de juillet, des réunions hebdomadaires seront mises en place pour ajuster les réponses en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.

Le ministre a également rappelé que la lutte contre les inondations dans un contexte de changement climatique nécessitait une approche intégrée, fondée sur la coordination entre différents secteurs. « Nous devons privilégier la connaissance scientifique, la coordination intersectorielle et l’anticipation », a-t-il conclu, soulignant l’engagement du gouvernement à réduire les effets des catastrophes naturelles sur la vie des Sénégalais.

En somme, le Sénégal semble prêt à faire face aux risques d’inondations pour l’hivernage 2025, avec des actions concrètes, une meilleure préparation et une forte implication des citoyens et des autorités locales. Ce plan national marque un tournant dans la gestion des catastrophes naturelles, fondé sur l’anticipation, la coordination et la prévention.

Arrestation de Simon Faye : Madiambal Diagne dénonce une persécution

La détention de Simon Faye, rédacteur en chef de SenTv et Zik FM, continue de faire des vagues au sein de la presse sénégalaise. Alors que le SYNPICS (Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal) avait déjà condamné la mesure, c’est au tour de Madiambal Diagne, patron du Groupe Avenir Communication, de prendre la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de “persécution injuste” à l’encontre de son confrère.

Sur sa page X (anciennement Twitter), Madiambal Diagne a exprimé sa colère et sa solidarité :

« J’exprime toute ma solidarité à mon jeune confrère Simon Faye, persécuté. Tenez-vous bien, juste pour avoir repris une information publique affirmant qu’Ousmane Sonko est convoqué à Abidjan par Alassane Ouattara. Le ridicule ne tue pas ! »

Il ajoute, avec une pointe d’ironie :

« Le Sénégal a bien d’autres urgences, je crois ! »

Simon Faye a été interpellé le 10 avril et placé en garde à vue à la Division des investigations criminelles (DIC). L’objet de l’enquête porterait sur la diffusion d’une information selon laquelle le Premier ministre Ousmane Sonko aurait été convoqué à Abidjan par le président ivoirien Alassane Ouattara — une information largement partagée sur les réseaux sociaux avant d’être reprise par plusieurs médias.

Du côté de ses soutiens, on dénonce une tentative d’intimidation contre la presse. Le SYNPICS, dans un communiqué, a rappelé que la reprise d’une information publique ne saurait en soi constituer une infraction, sauf à remettre en cause la liberté d’informer garantie par la Constitution.

Cette interpellation survient dans un contexte sensible, où de nombreux acteurs dénoncent une volonté d’encadrer, voire museler, certains discours journalistiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont également manifesté leur préoccupation face à ce qu’elles considèrent comme un recul démocratique en matière de liberté de la presse.

Hommage posthume au président du Conseil constitutionnel : Mamadou Badio Camara raconté par ses pairs

L’émotion reste vive au sein de la famille judiciaire sénégalaise, frappée par la disparition de Mamadou Badio Camara, président du Conseil constitutionnel. Ce vendredi, son confrère et membre de ladite institution, Cheikh Tidiane Coulibaly, lui a rendu un hommage particulièrement émouvant, saluant la mémoire d’un homme d’exception : intègre, rigoureux et profondément attaché aux valeurs de justice.

« L’institution judiciaire perd un intellectuel rigoureux, un serviteur exemplaire de l’État, un homme de principes et un magistrat compétent », a témoigné Me Coulibaly. Né à Pikine, Mamadou Badio Camara s’est forgé une carrière jalonnée de responsabilités majeures, allant des tribunaux de province aux plus hautes juridictions de la République.

« Il a exploré toutes les fonctions qu’un magistrat peut exercer, avec une rigueur et un engagement remarquables », a souligné son confrère, rappelant que cette riche expérience a naturellement préparé Camara à occuper les plus hautes fonctions.

Mamadou Badio Camara entre dans la magistrature comme premier substitut du procureur de Dakar en 1983, avant de servir à Kaolack et Ziguinchor comme procureur. Il sera ensuite substitut général à la Cour d’appel de Dakar, puis procureur adjoint à Dakar en 1993, avant de rejoindre la Cour de cassation comme conseiller et secrétaire général, où il servira jusqu’en 2008.

Sa carrière se poursuit à la Cour suprême, où il est nommé président de chambre, puis procureur général en 2013, avant d’être élevé au rang de premier président de cette même juridiction en avril 2015.

Ses collègues et collaborateurs retiennent de lui l’image d’un homme de devoir, respecté pour son indépendance, sa discrétion et sa connaissance profonde du droit. À travers son engagement, Mamadou Badio Camara a contribué à élever la justice sénégalaise et à en renforcer la crédibilité institutionnelle.

Sommet de la Fédération pour la paix universelle : Macky Sall s’est entretenu avec l’ancien SG de l’ONU, Ban Ki-moon

Présent à Séoul dans le cadre du Sommet de la Fédération pour la paix universelle, Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal, a eu un échange ce vendredi avec Ban Ki-moon, ex-secrétaire général des Nations Unies et son prédécesseur à la présidence du Centre mondial pour l’adaptation au changement climatique.

Les deux figures internationales ont discuté de sujets d’intérêt commun, notamment des enjeux liés à l’adaptation climatique et à la mobilisation de financements pour les pays vulnérables. Macky Sall a indiqué qu’ils ont « partagé son expérience à la tête du Centre, ainsi que sur les moyens de relever le défi de la mobilisation des ressources pour soutenir les projets et programmes éligibles à l’appui du Centre ».

L’ancien président sénégalais, qui a récemment succédé à Ban Ki-moon à la présidence de cette institution, a insisté sur l’importance d’une coopération internationale renforcée face aux effets du changement climatique, particulièrement en Afrique.

Basé aux Pays-Bas, le Centre mondial pour l’adaptation (GCA) est un acteur clé dans l’accompagnement des pays du Sud dans leurs efforts de résilience climatique. Il travaille à mettre en œuvre des projets innovants, à mobiliser des financements et à influencer les politiques publiques en faveur de l’adaptation.

Saint-Louis : Cinq individus arrêtés pour tentative de trafic de migrants vers les Canaries, déférés à Dakar

Une nouvelle tentative de migration clandestine vers l’Espagne a été déjouée à Saint-Louis, où cinq individus ont été interpellés par la Délégation nationale à la lutte contre la traite des personnes (DNLT). Ces derniers sont soupçonnés d’avoir organisé un voyage maritime à destination des îles Canaries, dans le cadre d’un réseau de trafic de migrants.

L’annonce a été faite via un communiqué publié sur le compte X (anciennement Twitter) de la Police nationale du Sénégal, qui précise que les suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs et tentative d’organisation d’une migration irrégulière.

Après leur arrestation à Saint-Louis, les cinq hommes ont été déférés à Dakar, devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance, où ils devront répondre des charges liées à la traite des personnes. Cette décision de transfert traduit la gravité de l’affaire et l’attention particulière que lui accordent les autorités judiciaires.

Depuis le début de l’année, les tentatives de rejoindre les côtes espagnoles via l’Atlantique se sont multipliées, notamment à partir des zones nord et centre du pays. Les forces de sécurité sénégalaises ont intensifié leur lutte contre les réseaux de passeurs, qui mettent la vie de dizaines de jeunes en péril, souvent à bord d’embarcations de fortune.

Cette arrestation collective témoigne d’une stratégie plus offensive des autorités, qui cherchent à démanteler les réseaux en amont, avant même l’embarquement.

Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et les efforts bilatéraux entre le Sénégal et l’Espagne, l’émigration clandestine reste une réalité persistante, alimentée par le chômage, le désespoir économique et la quête d’un avenir meilleur en Europe.

Le voleur fantôme du Trésor public : un cambriolage de haut vol, 37 jours de cavale et une arrestation surprenante

C’est un fait divers digne des meilleurs romans policiers, avec une intrigue qui mêle discrétion, audace et une enquête menée à l’ancienne, sans preuves matérielles. Le mercredi 9 avril 2025, les enquêteurs de la Sûreté urbaine de Dakar ont mis fin à la cavale de Moctar Sall, présumé auteur du cambriolage spectaculaire survenu dans les locaux de la direction de l’informatique du Trésor public, rue Malenfant.

Dans la nuit du 3 mars, un individu inconnu s’introduit dans le bâtiment administratif en escaladant un arbre jusqu’au deuxième étage. Sans laisser la moindre trace : pas d’empreintes, pas de preuve ADN, des caméras en panne, comme si le coup avait été pensé pour passer sous les radars. Le bilan : deux ordinateurs connectés au serveur central et 200 000 F CFA en liquide dérobés. Mais au-delà de la somme, c’est surtout la nature des données contenues dans les ordinateurs – des informations sensibles du Trésor public – qui fait frémir les autorités.

L’affaire semblait au point mort. Mais les enquêteurs ne lâchent rien. À défaut de preuves scientifiques, ils s’appuient sur des recoupements téléphoniques, l’exploitation d’images vidéo, et surtout une intuition aiguisée. Après avoir isolé une silhouette filmée escaladant l’arbre, les recherches s’orientent vers Moctar Sall, un natif de Banadji, déjà connu des services pour divers petits larcins.

La traque mène finalement les policiers au marché Sandaga, en plein centre-ville de Dakar, où Moctar Sall est interpellé sans résistance.

Mais l’affaire prend un tour encore plus troublant en garde à vue. Moctar Sall reconnaît immédiatement les faits, sans tenter de nier. Il livre même le nom de son receleur présumé, un certain “Malaw”, toujours en fuite. Mais surtout, il déclare avec un calme déroutant :

« Pour être franc, j’avais complètement oublié cette affaire jusqu’à mon arrestation. »

Un détachement qui interroge autant qu’il inquiète. Après deux jours de garde à vue, le suspect reste serein, voire détaché, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour retrouver les ordinateurs volés et localiser le receleur.

  • Un cambriolage sans aucune preuve matérielle
  • Une enquête longue de 37 jours, menée à l’intuition et à la technologie
  • Une arrestation en douceur au cœur de Dakar
  • Un suspect coopératif, mais atypique
  • Des données sensibles du Trésor toujours introuvables

Au-delà de l’arrestation, cette affaire met en lumière la fragilité des dispositifs de sécurité dans certaines administrations sénégalaises. L’absence de vidéosurveillance fonctionnelle et la facilité d’accès à un étage stratégique par un arbre posent de sérieuses questions sur la sécurité des données publiques. Si les ordinateurs n’étaient pas cryptés, des informations stratégiques pourraient être en circulation.

L’arrestation de Moctar Sall est une victoire pour les forces de l’ordre, mais l’affaire est loin d’être close. Reste à savoir si les données volées ont été exploitées – ou pire, revendues – et si le « voleur fantôme » dit toute la vérité.

Licenciement de 53 employés : CIMAF Sénégal dément et apporte des précisions

La cimenterie CIMAF Sénégal a officiellement démenti les informations faisant état du licenciement de 53 employés. Dans un communiqué publié ce mardi, l’entreprise affirme qu’il s’agit en réalité de travailleurs temporaires d’un prestataire sous-traitant et non de salariés directs de CIMAF.

Selon CIMAF, les travailleurs concernés étaient employés par TECTRA, une société de prestation de services, et avaient été recrutés pour une mission ponctuelle dans le cadre de la phase préparatoire du démarrage de l’usine. « Une confusion regrettable a été entretenue dans un reportage ultérieur, qui a présenté à tort la direction de TECTRA comme étant celle de CIMAF », précise le communiqué.

L’entreprise assure que la fin de mission de ces travailleurs s’est déroulée conformément aux procédures légales, avec une indemnisation complète et sous la supervision de l’Inspection du Travail.

Malgré ces explications, les anciens travailleurs ont organisé un rassemblement devant l’usine, le lundi 7 avril, pour exprimer leur colère et réclamer leurs droits. Selon eux, l’Inspection régionale du travail de Thiès leur aurait donné raison, bien que CIMAF ne confirme pas cette information.

CIMAF Sénégal, qui vient de démarrer ses activités dans le pays, insiste sur le fait qu’aucun licenciement n’a eu lieu en son sein. « Nous sommes actuellement en pleine phase de recrutement et nous restons engagés dans la création d’emplois durables », affirme l’entreprise.

Macabre découverte à la Médina : le corps sans vie de Maïmouna Tambédou retrouvé en décomposition

La Médina s’est réveillée sous le choc ce vendredi matin, après une découverte tragique survenue dans la nuit. Le corps sans vie de Maïmouna Tambédou, connue de ses proches sous le surnom de Mounass, a été retrouvé en état de décomposition avancée dans sa chambre, au quatrième étage d’un immeuble situé sur l’avenue Blaise Diagne, à quelques encablures du centre commercial Roxy.

Employée dans un restaurant de la place, Maïmouna était décrite comme une personne discrète, ponctuelle et rigoureuse dans son travail. Son absence prolongée et inhabituelle a rapidement alerté ses proches, qui ont tenté de la contacter en vain. L’inquiétude grandissante a finalement conduit sa famille à se rendre sur place dans la soirée du jeudi.

Une fois sur les lieux, la porte de sa chambre étant verrouillée de l’intérieur, les proches ont d’abord envisagé de la forcer. C’est finalement grâce à l’intervention du bailleur que les forces de l’ordre du commissariat de la Médina ont été appelées pour procéder à l’ouverture de la porte.

Il était environ 23 heures lorsque les policiers et les membres de la famille ont pu pénétrer dans la chambre. La scène qui s’est offerte à eux était d’une rare violence émotionnelle : le corps de la jeune femme gisait, dans un état de décomposition tel que plusieurs personnes présentes ont failli s’évanouir à la vue du cadavre.

Les sapeurs-pompiers, appelés en urgence, ont rencontré des difficultés majeures pour évacuer le corps, en raison de l’état de dégradation avancé et du manque d’équipement spécifique. L’évacuation n’a pu se faire qu’au petit matin, vers 6 heures.

Le corps de Maïmouna Tambédou a été transféré à la morgue de l’hôpital Abass Ndao où une autopsie est prévue. Toutefois, les médecins légistes redoutent que l’état du corps ne compromette les analyses, rendant difficile l’identification précise des causes du décès.

Pour l’instant, les premières constatations n’ont relevé ni trace d’effraction ni signes de violence apparente. Mais les enquêteurs restent prudents et n’excluent aucune hypothèse. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur cette affaire, qui plonge la Médina dans une profonde tristesse.

Dans le voisinage, l’émotion est palpable. Les habitants, encore sous le choc, peinent à comprendre ce qui a pu se passer. « Mounass était une fille tranquille, elle ne faisait pas de bruit, elle allait au travail et rentrait chez elle. C’est incompréhensible », confie une voisine, visiblement bouleversée.

Cette tragédie relance aussi le débat sur l’isolement en milieu urbain et la nécessité de renforcer les liens de solidarité dans les quartiers, même les plus denses.

La Médina, réputée pour sa convivialité et son esprit de communauté, se retrouve confrontée à une épreuve douloureuse. En attendant les résultats de l’autopsie et les conclusions de l’enquête, une chose est certaine : la disparition de Maïmouna Tambédou laisse un vide immense dans le cœur de ceux qui l’ont connue.

Bambey Sérère : des cambriolages en série plongent le village dans l’inquiétude

Depuis plusieurs mois, le paisible village de Bambey Sérère, situé dans le département de Bambey (région de Diourbel), vit au rythme de cambriolages à répétition qui perturbent profondément le quotidien des habitants. Commerces pillés, pertes financières importantes, sentiment d’abandon : la population, désemparée, tire la sonnette d’alarme et exige une réaction rapide des autorités.

Aliou Fall, commerçant au marché hebdomadaire du village, raconte avec amertume l’attaque dont il a été victime : « Ils ont tout emporté. De l’argent, des marchandises… Je ne sais même pas comment je vais me relever. » Comme lui, plusieurs autres commerçants ont vu leur gagne-pain réduit à néant. Selon des témoignages concordants, au moins cinq boutiques ont été cambriolées en l’espace de six mois, principalement entre le marché hebdomadaire et le marché Ocass.

Les malfaiteurs, souvent organisés, opèrent en toute discrétion et sans laisser de traces. « Ils savent quand frapper. Souvent entre deux jours de marché, quand la surveillance est relâchée et les commerçants absents ou moins vigilants », confie un habitant sous couvert d’anonymat.

Au-delà des pertes matérielles, c’est surtout la peur qui gagne du terrain. Le climat d’insécurité s’installe durablement dans les esprits. « On ne dort plus tranquillement. Chaque bruit suspect la nuit nous fait sursauter », s’inquiète une mère de famille.

La population se dit abandonnée à son sort, face à une situation qui ne semble susciter ni réaction ferme ni présence accrue des forces de sécurité. « Il n’y a pas de patrouilles, pas de poste de police ou de gendarmerie à proximité. Nous sommes seuls », déplore un notable du village.

Dans un appel collectif, les habitants de Bambey Sérère demandent la mise en place urgente de dispositifs de sécurité, notamment des patrouilles régulières de gendarmerie ou de police, la création d’un poste de sécurité de proximité, ainsi qu’un soutien aux commerçants sinistrés.

Ils en appellent également à l’État, aux autorités locales et au préfet de Bambey pour que des mesures concrètes soient prises afin de rétablir la paix et la sécurité dans le village. Faute de quoi, préviennent-ils, la situation pourrait dégénérer ou pousser certains à organiser eux-mêmes leur défense.

En attendant une réponse officielle, des discussions seraient en cours pour créer des comités de vigilance locaux, composés de jeunes du village. Une initiative citoyenne qui, selon certains, pourrait au moins dissuader les voleurs. « Nous ne voulons pas de violence, mais nous devons nous protéger », indique un résident.

ASECNA : L’intersyndicale suspend son mot d’ordre de grève après des avancées avec la tutelle

Alors qu’un mouvement de grève était prévu pour débuter ce samedi 12 avril, l’intersyndicale des travailleurs de l’ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar) a annoncé la suspension de son mot d’ordre. Une décision prise à l’issue d’une rencontre jugée constructive avec le ministre de tutelle, tenue jeudi matin.

« Nous avons rencontré notre ministre de tutelle ce matin. Et ce qui ressort de cette rencontre, c’est la suspension du mot d’ordre de grève, en attendant de poursuivre les négociations pour la satisfaction de l’ensemble des points de revendication », a déclaré François Paul Gomis, coordinateur de l’intersyndicale, à l’issue de l’entretien.

Au cœur des échanges figuraient les quatre principales revendications portées par les travailleurs de l’ASECNA. Le premier point concerne le paiement des arriérés de l’indemnité de sécurité aérienne (ISA). À ce sujet, le ministre a donné des garanties fermes, assurant que les fonds nécessaires sont disponibles depuis six mois.

Les autres revendications, notamment la régularité du paiement de l’ISA et son harmonisation entre les différents personnels et États membres, ont également été abordées. Un comité technique a été mis en place pour travailler sur une base juridique solide permettant une mise en œuvre stable et équitable de cette indemnité.

Autre point d’achoppement : la résorption du sous-effectif dans certains segments de l’ASECNA. Sur ce volet, les autorités ont manifesté une volonté claire de trouver des solutions durables. Le ministre de tutelle et le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) ont pris l’engagement de traiter ce problème en priorité.

Bien que le mot d’ordre de grève soit suspendu, l’intersyndicale reste vigilante. Elle souligne que la satisfaction est partielle et que la suite des négociations sera déterminante. Le dialogue reste donc ouvert, mais les travailleurs attendent désormais des actes concrets, notamment sur la régularité des paiements et la mise en œuvre des réformes structurelles promises.

Pour rappel, l’intersyndicale avait déposé un préavis de grève le 12 mars dernier, prévoyant une entrée en vigueur du mouvement à partir du samedi 12 avril, en l’absence d’accord.

En suspendant le mouvement de grève, les travailleurs de l’ASECNA affichent leur volonté d’aboutir par le dialogue, tout en mettant en garde contre toute forme de lenteur ou de promesse non tenue. La balle est désormais dans le camp des autorités, appelées à traduire leurs engagements en actes pour éviter une reprise de la contestation dans un secteur aussi stratégique que la navigation aérienne.

Kaolack : Incinération de cuisses de poulet saisies par le service départemental de l’Élevage, d’une valeur estimée à 2 millions de francs CFA

Ce jeudi 10 avril 2025, les autorités administratives, en présence d’éleveurs locaux et d’agents du service départemental de l’Élevage, ont procédé à l’incinération de cuisses de poulet congelées importées, saisies dans plusieurs marchés de la ville de Kaolack. L’opération s’est déroulée sous la supervision des services compétents, dans le cadre de la lutte contre la commercialisation de produits impropres à la consommation.

Selon Ousseynou Kaba, adjoint au préfet du département de Kaolack, la saisie de ces produits constitue « un acte de responsabilité et de protection ». Il a salué l’engagement du service départemental de l’Élevage, qui travaille aux côtés des populations pour préserver leur santé. « Nous ignorons l’origine de ces produits, mais ils sont impropres à la consommation et peuvent causer de graves intoxications alimentaires. Nous appelons donc les populations à la vigilance et à la dénonciation », a-t-il déclaré. Il a précisé que la saisie porte sur 400 kg de carcasses de poulet et 200 cuisses de poulet, pour une valeur estimée à environ 2 millions de francs CFA.

Prenant la parole à son tour, Ndathé Diaw, cheffe du service départemental de l’Élevage, a souligné que l’approche des fêtes est souvent marquée par l’inondation du marché par des produits importés, notamment de la volaille. Or, l’importation de volaille est interdite au Sénégal depuis l’arrêté interministériel n°007717 du 24 novembre 2005. « C’est pourquoi nous menons régulièrement des opérations de contrôle dans les marchés et zones suspectes de la commune. La loi prévoit d’ailleurs des amendes contre les contrevenants », a-t-elle rappelé.

Mme Diaw a mis en garde contre les conséquences sanitaires liées à la consommation de ces produits : « Ils peuvent contenir des bactéries pathogènes telles que la salmonelle, la listeria ou encore E. coli, et favoriser la transmission de maladies zoonotiques comme la grippe aviaire. » Sur le plan économique, elle a averti que « ces produits, souvent moins chers, fragilisent l’élevage local et nuisent à la souveraineté alimentaire du pays ».

De son côté, Bassirou Ndaw, président de l’association régionale And Suxali Guinar, a tiré la sonnette d’alarme sur les effets à long terme de ces importations : « Elles compromettent le développement d’une production avicole durable et autonome. La présence de produits douteux sur les marchés affecte aussi la confiance des consommateurs quant à la qualité des denrées locales », a-t-il conclu.

Mamadou Badio Camara, le juge de la République

Discret, rigide dans ses principes et attaché à l’indépendance de la justice, Mamadou Badio Camara aura incarné une certaine idée de la justice sénégalaise : une justice impassible, indépendante et fidèle aux valeurs de l’État de droit. Décédé le 9 avril 2025 à Dakar, cet éminent magistrat laisse un héritage marquant, à la fois dans l’histoire de la justice sénégalaise et dans le domaine de la gouvernance institutionnelle. Retour sur un parcours exceptionnel.

Mamadou Badio Camara naît en 1952 à Dakar. Dès son jeune âge, il se dirige vers une carrière dédiée à la justice et à l’État de droit. Après avoir obtenu son diplôme de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) en 1977, il fait ses premiers pas dans le monde judiciaire sénégalais en tant que substitut du procureur au parquet de Dakar. Ce début modeste marque le début d’une ascension qui ne cessera de croître au fil des années, notamment grâce à sa rigueur et à son dévouement à la justice.

Son parcours professionnel le mène à occuper plusieurs postes de responsabilité dans différentes villes du pays, de Kaolack à Ziguinchor, où il exerce en tant que procureur puis substitut général à la Cour d’appel de Dakar. Ces années lui permettent de solidifier ses convictions et de construire une réputation de magistrat impartial et déterminé.

C’est en 2008 que Mamadou Badio Camara fait son entrée à la Cour suprême du Sénégal, dans le cadre de la fusion du Conseil d’État et de la Cour de cassation. L’étendue de ses responsabilités et sa rigueur intellectuelle le propulsent rapidement à des positions de plus en plus importantes au sein de la Cour suprême. Secrétaire général, président de chambre, et procureur général, il ne tarde pas à se faire un nom dans le système judiciaire sénégalais.

En 2015, il est élu président de la Cour suprême, fonction qu’il occupera avec une autorité respectée et une gestion très rigoureuse des affaires judiciaires. Sous sa présidence, la Cour suprême est perçue comme un bastion de justice impartiale et un rempart contre toute ingérence politique.

En parallèle à ses fonctions nationales, Mamadou Badio Camara développe une carrière internationale. Il œuvre comme expert pour les Nations unies au Burundi, il est consultant pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Haïti, et siège au Comité des Nations unies contre les disparitions forcées. Il devient également vice-président de l’AHJUCAF, un réseau francophone des hautes juridictions de cassation, qui regroupe des magistrats des plus hautes institutions judiciaires de la francophonie.

C’est en 2022, après une carrière déjà longue et prestigieuse, que Mamadou Badio Camara est nommé président du Conseil constitutionnel du Sénégal, une institution clé pour la sauvegarde de l’ordre constitutionnel et de l’équilibre des pouvoirs. Son nom restera gravé dans l’histoire en 2024, lors de l’une des périodes les plus tumultueuses du pays.

À une époque où l’Assemblée nationale et le président Macky Sall cherchaient à reporter la date de la présidentielle pour prolonger le mandat du président en place, Mamadou Badio Camara fait preuve d’une indépendance de jugement implacable. Le 15 février 2024, il rend une décision historique en invalidant la loi du Parlement et le décret présidentiel qui cherchaient à reporter l’élection. Cette décision marque un tournant : la Constitution doit primer sur les intérêts politiques personnels. Camara insiste sur l’obligation constitutionnelle de tenir l’élection présidentielle avant le 2 avril 2024.

Sa décision, ferme et justifiée, permet d’éviter une crise constitutionnelle et politique majeure, en rétablissant l’ordre juridique du pays. La présidentielle se tient donc comme prévu le 24 mars 2024. Ce scrutin voit l’élection de Bassirou Diomaye Faye, avec 54 % des voix, au premier tour.

Lors de la cérémonie d’investiture, Mamadou Badio Camara se montre particulièrement solennel dans ses propos. Il souligne avec gravité : « Le secret est dans le bulletin de vote, dans la conviction des citoyens que leur voix peut changer leur destin, sous le contrôle d’une justice impartiale ». Ces mots résonnent comme un appel à la défense de la démocratie et de l’État de droit, un dernier message fort, rappelant que la justice ne doit jamais se plier aux pressions politiques.

Mamadou Badio Camara laisse derrière lui un héritage profond et indélébile dans l’histoire de la justice sénégalaise. Il incarne cette voix de la vérité qui s’est toujours élevée pour défendre les principes sacrés de la Constitution, de l’État de droit, et de l’indépendance judiciaire, même au prix de grandes tensions politiques. Son départ laisse un vide immense dans le système judiciaire sénégalais, mais aussi une leçon de rigueur et de dévotion au service public.

La justice, pour Mamadou Badio Camara, n’était pas seulement une fonction : c’était une mission sacrée. Il restera dans les mémoires comme un pionnier du respect des principes constitutionnels et un gardien du droit sénégalais.

Le parti de Aïda Mbodji dément les accusations de Ndeye Khady Ndiaye et fait une mise au point

Le parti AND/Saxal Liguey, dirigé par Mme Aïda Mbodji, actuelle Déléguée générale de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), a publié ce jeudi 10 avril 2025 un démenti officiel suite à des accusations formulées par Mme Ndeye Khady Ndiaye sur les réseaux sociaux. Cette dernière avait prétendu n’avoir pas été reçue par Mme Aïda Mbodji dans le cadre de ses fonctions à la tête de la DER/FJ, insinuant ainsi un manquement dans la mission de service public de l’institution.

Dans une déclaration lue par Ndeme Dieng, porte-parole du parti, AND/Saxal Liguey dénonce les propos de Ndeye Khady Ndiaye, les qualifiant de diffamatoires et soulignant qu’ils sont non seulement infondés, mais également mensongers. Selon le porte-parole, Mme Ndiaye n’a jamais obtenu d’audience auprès de la Délégation générale de la DER/FJ, ni n’a jamais franchi les portes de l’institution, ce qui rend ses accusations totalement fausses.

Le parti AND/Saxal Liguey met en avant que ces accusations sont une tentative de manipulation de l’opinion publique, visant à nuire à la réputation de Mme Aïda Mbodji, une femme d’État respectée, engagée dans le renforcement de l’inclusion économique des femmes et des jeunes. En réponse à cette campagne, le communiqué affirme que les propos de Mme Ndiaye relèvent d’une stratégie de déstabilisation, sans fondement, qui cherche à porter atteinte à l’intégrité et au professionnalisme de la Déléguée générale de la DER/FJ.

Depuis sa nomination à la tête de la DER/FJ, Mme Aïda Mbodji s’est dévouée à promouvoir l’inclusion des jeunes et des femmes dans le processus économique national, en mettant en œuvre des programmes d’accompagnement, des financements adaptés, et des initiatives d’autonomisation dans tout le pays. Le travail de la DER/FJ est ainsi mis en avant comme un modèle de transparence, d’équité et de rigueur administrative.

L’AND/Saxal Liguey appelle à la vigilance dans l’utilisation des réseaux sociaux, insistant sur la responsabilité de chacun lorsqu’il s’agit de diffuser des informations. « Les manipulations mensongères et les diffamations gratuites n’affaibliront en rien l’engagement et le professionnalisme de Mme Aïda Mbodji. Elles renforcent plutôt sa détermination à mener à bien sa mission », indique le communiqué. Le parti met en garde contre la propagation de fausses informations, qui ne résistent généralement pas à la vérité.

Dans une conclusion forte, le parti AND/Saxal Liguey affirme que « le mensonge ne résiste jamais à la vérité » et que Mme Aïda Mbodji, femme d’État exemplaire, poursuivra sa mission avec l’intégrité et l’engagement qui la caractérisent.

Agriculture : la CDC scelle un partenariat stratégique avec l’investisseur italien BFI UK

Un pas décisif vient d’être franchi pour la modernisation de l’agriculture au Sénégal. La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a signé, ce jeudi 10 avril 2025, un protocole d’accord avec l’investisseur italien BF International Best Fields Best Food Limited (BFI UK). La cérémonie s’est tenue à la résidence de l’Ambassade d’Italie à Dakar, en présence du Directeur général de la CDC, Fadilou Keita, et des représentants diplomatiques et économiques des deux pays.

Le protocole signé prévoit la création d’une société de projet commune, chargée de piloter un vaste programme d’aménagement agricole dans les régions de Sédhiou et Kolda. Ce projet vise à introduire une agriculture durable, innovante et inclusive, à travers l’utilisation de technologies modernes, le développement d’infrastructures agricoles et la formation de compétences locales.

Outre l’amélioration de la productivité agricole, ce partenariat entend également avoir un fort impact social, avec la création d’emplois stables, la valorisation des chaînes de valeur locales, et un accompagnement technique des agriculteurs.

Ce projet s’inscrit pleinement dans les priorités du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui fait de la transformation du secteur agricole un levier fondamental du développement économique et social du pays. Il contribue également au renforcement de la coopération bilatérale entre le Sénégal et l’Italie, notamment dans le domaine agro-industriel.

« Ce partenariat avec BFI UK est une preuve tangible que l’agriculture peut être à la fois moderne, rentable et vectrice de développement local. Il est à la croisée des chemins entre performance économique, durabilité environnementale et impact social », a souligné Fadilou Keita lors de la signature.

En associant l’expertise technique de BFI UK à la capacité d’investissement et d’accompagnement de la CDC, ce partenariat ouvre de nouvelles perspectives pour les agriculteurs du sud du pays, tout en contribuant à la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Les premières phases du projet devraient démarrer dès cette année, avec la mise en place de périmètres pilotes à Sédhiou et Kolda, en attendant un déploiement à plus grande échelle.

Almadies : un présumé étudiant arrêté avec du haschich et une arme à feu

Dans la nuit du 9 avril 2025, vers 00h30, les éléments de la Division opérationnelle de l’OCRTIS ont procédé à l’interpellation d’un individu se présentant comme étudiant, au cœur du quartier des Almadies. Cette arrestation fait suite à une enquête ciblée sur un réseau de trafic de drogue opérant dans cette zone résidentielle.

Selon la Direction de la Police nationale, les enquêteurs ont agi sur la base d’informations signalant des activités illicites menées depuis des appartements meublés. Le suspect a été appréhendé alors qu’il détenait 20 grammes de haschich, une balance électronique, et plusieurs sachets plastiques servant à l’emballage de produits prohibés.

Mais le plus inquiétant reste la découverte d’un pistolet automatique de 5e catégorie, de marque Smith & Wesson, calibre 9 mm. Une arme à feu, qui selon les premières constatations, n’était accompagnée d’aucune autorisation légale.

Les agents ont également mis la main sur un document administratif, un téléphone de marque iPhone, 32 000 FCFA en espèces, et une moto de type BMW GS, éléments qui pourraient contribuer à faire la lumière sur ses connexions présumées.

La Police nationale précise que l’enquête est toujours en cours, notamment pour identifier et interpeller les éventuels complices de ce réseau actif dans la distribution de drogues dans certains quartiers chics de Dakar. Le matériel saisi laisse entrevoir une organisation structurée, habituée à des transactions discrètes mais régulières.

Cet incident relance le débat sur l’insécurité croissante liée aux trafics en tout genre dans les quartiers résidentiels et met une fois de plus en lumière l’importance du travail de renseignement dans la lutte contre la drogue et la criminalité urbaine.

Mansour Faye interdit de quitter le territoire : une décision de justice ignorée ?

Malgré une ordonnance de la Cour suprême du Sénégal ordonnant la levée de toutes les restrictions à sa liberté de mouvement, Mansour Faye, ancien ministre des Transports terrestres et actuel maire de Saint-Louis, s’est vu refuser l’embarquement ce jeudi 10 avril 2025, à l’aéroport international Blaise Diagne. Une situation qu’il a lui-même dénoncée dans une publication sur ses réseaux sociaux, pointant du doigt une atteinte grave à l’État de droit.

« Je tiens à informer l’opinion nationale et internationale que je viens d’être interdit d’embarquer sur le vol HF 0701, malgré la présentation de l’ordonnance de la Cour suprême (n°12/2025) me rétablissant dans mes droits. Dans quel État sommes-nous ? », a-t-il écrit.

Le 28 mars dernier, la Cour suprême avait ordonné au ministère de l’Intérieur de lever toute mesure restreignant la liberté de déplacement de Mansour Faye, jugée injustifiée. La décision, rendue en référé, intimait également à la Police de l’air et des frontières (PAF) de le laisser voyager librement.

Mieux encore, une ordonnance complémentaire, datée du 1er avril 2025, exigeait que toute entrave soit motivée de manière écrite et précise. Pourtant, selon les déclarations de l’ancien ministre, aucun motif officiel ne lui a été communiqué ce jeudi au moment de l’embarquement.

Ce nouvel épisode soulève une question de fond : les décisions de justice sont-elles respectées dans notre pays ? Lorsqu’un citoyen, aussi connu soit-il, peut se voir opposer un refus malgré une décision judiciaire favorable, c’est tout le fonctionnement démocratique qui est interrogé.

Pour certains observateurs, cette situation reflète une crise de gouvernance et un manque de coordination entre les institutions. Pour d’autres, elle pourrait être le signe d’un ciblage politique. En tant que beau-frère de l’ancien président Macky Sall et figure de proue de l’opposition libérale, Mansour Faye ne cache pas ses ambitions ni ses critiques envers le pouvoir en place.

Alors que le climat politique sénégalais est toujours marqué par des tensions post-électorales et des procédures judiciaires visant d’anciens dignitaires du régime précédent, le cas de Mansour Faye pourrait raviver les débats sur les libertés individuelles et la séparation des pouvoirs.

Dans l’attente d’une réaction officielle du ministère de l’Intérieur, ce refus de sortie du territoire – en dépit de la décision de la Cour suprême – pourrait bien devenir un symbole de l’équilibre fragile entre exécutif et judiciaire au Sénégal.

Kaolack – Drame à Mbadakhoune : deux morts dans une collision entre une moto Jakarta et un véhicule « 7 places »

La route a encore fait parler d’elle de la plus tragique des manières ce jeudi 10 avril 2025 dans la région de Kaolack. Une collision mortelle entre une moto Jakarta et un véhicule de transport de type « 7 places » a fait deux morts sur le coup aux environs de midi, à hauteur du village de Parassel, dans la commune de Mbadakhoune.

Les victimes de ce terrible accident sont un membre des Forces de défense et de sécurité (FDS), qui était en congé, et une jeune fille nommée Yacine Diop, habitante du village de Ndoffane Masserigne. Tous deux circulaient à bord de la moto Jakarta lorsqu’ils ont été percutés par le véhicule « 7 places », dans des circonstances qui restent encore à élucider.

Selon les témoignages recueillis sur place, le choc a été d’une extrême violence, ne laissant aucune chance aux deux passagers de la moto. Les corps sans vie ont été transportés à la morgue de l’hôpital régional de Kaolack par les éléments des sapeurs-pompiers.

Les services de sécurité ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de l’accident. Excès de vitesse, imprudence ou défaut de signalisation pourraient être en cause, mais les autorités restent prudentes avant de tirer des conclusions.

Dans la commune de Mbadakhoune, l’émotion est vive. Les familles des victimes, bouleversées, réclament plus de vigilance et de prévention sur les routes, notamment sur les axes secondaires souvent peu surveillés mais très fréquentés par les motos et les véhicules de transport interurbain.

MBACKÉ – Grave accident sur la Nationale 1 : 28 blessés dont 11 dans un état critique après une collision entre un Ndiaga Ndiaye et un camion-citerne

Un nouveau drame de la route s’est produit ce jeudi 10 avril 2025 sur la Nationale 1, précisément à hauteur de l’axe Dalla-Ngabou, dans le département de Mbacké. Un véhicule de transport en commun de type « Ndiaga Ndiaye » est entré en collision frontale avec un camion-citerne appartenant à l’entreprise Touba Gaz. Le choc, d’une rare violence, a fait 28 blessés, dont 11 dans un état critique, selon les secours déployés sur place.

L’accident est survenu aux alentours de 11 heures du matin, alors que la circulation était relativement dense sur ce tronçon stratégique. D’après les premiers éléments recueillis, plusieurs passagers ont été coincés dans les carcasses déformées des véhicules, nécessitant l’intervention rapide des sapeurs-pompiers pour les désincarcérer.

Les blessés ont été évacués vers l’hôpital Matlaboul Fawzeyni de Touba, dont le service des urgences a été rapidement saturé face à l’afflux de victimes. Une cellule d’urgence a été mise en place pour accueillir et prendre en charge les blessés les plus graves, pendant que les familles des passagers arrivaient sur les lieux dans la confusion et l’inquiétude.

Les causes exactes de l’accident restent encore à déterminer. Toutefois, selon des témoignages recueillis sur place, l’un des véhicules aurait perdu le contrôle, ce qui aurait entraîné la collision frontale. Des enquêtes sont en cours pour faire la lumière sur les circonstances de l’accident, notamment sur l’état des conducteurs, les conditions techniques des véhicules, ou encore la signalisation routière dans cette zone connue pour sa dangerosité.

Cet accident vient rallonger la liste déjà longue des drames de la route au Sénégal, où les collisions impliquant des véhicules de transport en commun sont malheureusement fréquentes. Le manque de contrôle technique rigoureux, le non-respect des règles de circulation et l’état de certaines routes sont régulièrement pointés du doigt par les usagers.

Réorganisation du Conseil national de la Jeunesse : Le Président Diomaye fixe un ultimatum au 1er juillet 2025

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé sa volonté de faire de la jeunesse sénégalaise un acteur central du développement national. Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 9 avril 2025, il a exhorté le ministre de la Jeunesse à procéder, d’ici le 1er juillet 2025, à la réorganisation consensuelle du Conseil national de la Jeunesse (CNJ).

Dans son discours, le chef de l’État a souligné l’urgence de repositionner l’instruction civique dans les programmes de formation à tous les niveaux. Il a insisté sur la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures sociales, sportives et culturelles, en vue de mieux encadrer et valoriser le potentiel des jeunes sénégalais, dans toute leur diversité.

« Il convient de renforcer la vie associative à l’école, dans les daara, dans les quartiers et les villages du pays », a plaidé le président Diomaye, en appelant à une dynamique nationale favorisant l’expression, la structuration et l’autonomisation des jeunes.

Le Conseil national de la Jeunesse, à cet effet, devra évoluer vers un organe consultatif, capable de fédérer les aspirations et propositions des jeunes dans les grandes orientations du développement national. La refondation de cette instance emblématique de la jeunesse sénégalaise s’inscrit dans une volonté de rupture avec les pratiques antérieures, souvent marquées par des tensions internes ou des dérives politiques.

Par ailleurs, le chef de l’État a félicité les jeunes ayant participé aux Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ), organisées les 5 et 6 avril 2025 à Pout Diack, dans la région de Thiès. Il a salué cette mobilisation comme un exemple d’engagement citoyen, spirituel et social, à encourager dans toutes les sphères de la vie nationale.

En fixant un délai ferme au ministre de la Jeunesse, le président Diomaye affiche sa volonté de passer rapidement à l’action pour bâtir un nouveau cadre de concertation des jeunes, adapté aux défis contemporains et au projet de transformation du pays.

Marche rouge du 11 avril : les travailleurs sénégalais dénoncent les licenciements abusifs et le recrutement sélectif

Un vent de colère souffle sur le monde du travail au Sénégal. À l’initiative du Rassemblement des travailleurs du Sénégal, une « marche rouge » est annoncée pour ce jeudi 11 avril 2025, à Dakar, pour dénoncer ce que les organisateurs qualifient de licenciements abusifs et de recrutement sélectif pratiqué par l’État.

La manifestation, qui débutera à 15 heures au rond-point Abass Ndao pour se terminer au rond-point de la Poste de Médina, se veut un acte fort de protestation face à ce que les travailleurs considèrent comme des pratiques injustes et inhumaines. Selon les initiateurs de la marche, des centaines de salariés ont été licenciés sans justification valable, dans plusieurs secteurs publics comme privés, sans recours possible ni indemnisation équitable.

« Nous ne sommes pas des statistiques, mais des pères et mères de famille qui ont perdu leur emploi du jour au lendemain, sans explication, sans procédure équitable. Trop, c’est trop ! » a déclaré l’un des porte-voix du mouvement.

Au-delà des licenciements jugés arbitraires, le collectif pointe du doigt l’opacité dans les procédures de recrutement au sein de la fonction publique. Ils dénoncent ce qu’ils appellent un système de favoritisme, où l’accès à l’emploi public serait réservé à une minorité bénéficiant d’appuis politiques ou sociaux.

Dans un communiqué publié mardi, le Rassemblement affirme : « Nous disons non aux licenciements abusifs, non au recrutement sélectif, oui à une justice sociale pour tous les travailleurs sénégalais ». Il ajoute que cette marche est pacifique, mais qu’elle se veut symboliquement rouge, en référence au sang et à la douleur des familles affectées par ces décisions administratives.

La marche du 11 avril s’inscrit dans un contexte de forte pression sociale et d’attentes grandissantes vis-à-vis du nouveau pouvoir, alors que le taux de chômage reste préoccupant, et que les inégalités dans l’accès à l’emploi continuent d’alimenter frustrations et tensions.

Les organisateurs espèrent que leur message atteindra les autorités, et que cette mobilisation populaire poussera à une révision des pratiques dans la gestion des ressources humaines, tant dans le secteur public que privé.

Reste à savoir si cette première « marche rouge » ne sera que le début d’un mouvement social plus large, à l’heure où la demande de justice sociale ne cesse de croître au Sénégal.

Médiature de la République : 279 réclamations en 2023-2024, le foncier en tête et l’État épinglé pour non-respect des décisions de justice

Le Médiateur de la République, Demba Kandji, a présenté ce mercredi le rapport annuel de son institution, couvrant la période de janvier 2023 à juin 2024. Ce document, partagé avec la société civile, dresse un état des lieux des dysfonctionnements administratifs signalés par les citoyens, révélant un nombre important de réclamations et mettant en lumière certaines pratiques préoccupantes de l’État.

Selon le rapport, la Médiature a reçu 279 réclamations au cours de la période concernée. Dix-huit de ces dossiers ont été déclarés irrecevables, car ne relevant ni d’une administration publique ni d’un service exerçant une mission d’intérêt général. Sur les réclamations traitées, 14 ont abouti à une médiation réussie, trois ont été jugées non fondées et 231 sont encore en cours de traitement.

Lors de la présentation, Demba Kandji a précisé : « Nous sommes autour de 300 réclamations pertinentes. Le rapport parle de 279 traités. C’est divisé entre les litiges fonciers, qui dominent, et les autres, relatifs à des situations administratives, notamment celles de fonctionnaires. »

Les affaires foncières représentent 25,1 % des cas traités par la Médiature. Le médiateur a différencié les problématiques entre foncier urbain et rural. Selon lui, le foncier urbain pose moins de difficultés en raison de la disponibilité de titres et de l’accès plus facile aux juridictions. Le foncier rural, en revanche, reste marqué par les pratiques coutumières, souvent à l’origine de conflits graves entre agriculteurs et éleveurs.

« Le foncier rural est un problème majeur. Les titres sont rares, la justice est difficilement accessible et les litiges dégénèrent souvent. Nous avons beaucoup travaillé sur ces questions avec les pasteurs et les agriculteurs », a souligné Demba Kandji.

Autre constat alarmant du rapport : l’État sénégalais a été épinglé à plusieurs reprises pour son refus ou son retard à exécuter certaines décisions de justice, notamment celles rendues contre lui. « Avec la récurrence des réclamations, on se rend compte que l’État lui-même n’exécute pas les décisions qui le condamnent. Et pourtant, la puissance publique devrait être la première à s’incliner devant une décision judiciaire. C’est ça, l’État de droit », a martelé Demba Kandji.

Il a estimé qu’il était temps de lancer une réflexion institutionnelle pour rappeler à l’administration publique son obligation d’appliquer les décisions de justice.

Dans sa communication, le Médiateur a affirmé que les ministres concernés par les réclamations sont, dans leur majorité, coopératifs. « Les ministres répondent. S’ils ne répondent pas, je peux en faire part dans mon rapport annuel adressé au président de la République. Heureusement, pour cette année, je n’ai rien à leur reprocher. Le président Diomaye Faye, lors de la remise du rapport, a montré beaucoup d’intérêt pour nos recommandations », a-t-il indiqué.

Demba Kandji a également souligné le déficit de notoriété de la Médiature auprès du grand public. Il a plaidé pour une meilleure communication afin que les citoyens comprennent le rôle, les missions et les procédures de l’institution. « C’est à nous de faire connaître la Cour et ses méthodes. Nos rapports sont des outils de transparence. Ils parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté.

Enfin, il a rappelé que le Médiateur ne doit pas se contenter d’attendre des réclamations. Il a le devoir d’agir de manière proactive pour identifier les cas de mauvaise administration : « Quand un dysfonctionnement est évident, le Médiateur peut saisir l’administration, même sans requête préalable du citoyen. »

Le rapport annuel de la Médiature 2023-2024 reflète une administration encore largement défaillante dans certains domaines sensibles, notamment le foncier et le respect des décisions judiciaires. Mais il souligne aussi une volonté d’écoute croissante de la part de l’Exécutif. Il reste maintenant à voir si les recommandations du Médiateur seront pleinement suivies d’effet dans un contexte politique où la réforme de l’État et la restauration de la confiance citoyenne sont au cœur des enjeux.

Audit 2025 : la Cour des comptes cible l’ORSEC, la Muraille Verte et les Aires marines protégées

En marge de la 10e Assemblée générale de l’Association des Institutions Supérieures de Contrôle ayant en Commun l’Usage du Français (AISCCUF), tenue ce mercredi 10 avril 2025 à Dakar, le Premier président de la Cour des comptes du Sénégal, Mamadou Faye, a annoncé le lancement de trois importantes missions d’audit pour l’année en cours. Il s’agit du plan ORSEC (Organisation des secours), de l’Agence de la Grande Muraille verte et des Aires marines protégées.

Cette annonce intervient dans un contexte de forte demande de transparence dans la gestion des ressources publiques, à la suite de la publication très commentée du rapport d’audit couvrant la période 2019-2024. « Nous avons inscrit dans notre programme de contrôle pour l’année 2025 trois missions d’audit : le plan ORSEC dédié à la gestion des inondations, l’Agence de la Grande Muraille verte ainsi que les Aires marines protégées », a déclaré Mamadou Faye devant un parterre de journalistes.

Le chef de l’institution de contrôle a profité de cette tribune pour rappeler que la Cour des comptes agit au nom des citoyens et que ses rapports sont des instruments puissants de redevabilité. « Ces documents parlent d’eux-mêmes. Ils sont un moyen de communication à part entière », a-t-il souligné.

L’événement, qui réunit des Institutions Supérieures de Contrôle (ISC) venues de l’espace francophone, s’est ouvert autour du thème : « Enjeux des changements climatiques au sein des Institutions Supérieures de Contrôle francophones : Quelle adaptabilité pour les ISC ? » En présence de Gwladys De Castries, secrétaire générale adjointe de la Cour des comptes française, les participants ont échangé sur les défis liés au changement climatique et le rôle croissant des ISC dans la surveillance des politiques publiques environnementales.

Mamadou Faye a également reconnu que la Cour des comptes est encore insuffisamment connue du grand public. Il a ainsi plaidé pour une meilleure vulgarisation des procédures et des missions de l’organe qu’il dirige. « Il nous appartient de mieux communiquer. Les débats doivent nous pousser à faire en sorte que les journalistes, les rapporteurs et les citoyens comprennent les procédures de la Cour », a-t-il insisté.

Ces nouvelles missions d’audit, ciblant des secteurs sensibles liés à la gestion des catastrophes naturelles, à l’environnement et aux ressources marines, s’inscrivent dans une dynamique de redéfinition du rôle de la Cour des comptes face aux enjeux contemporains, notamment en matière de gouvernance écologique et de transparence dans la gestion des fonds publics.

Audit des finances publiques : Mamadou Faye confirme la transmission de plusieurs dossiers au procureur

Le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, s’est exprimé ce mercredi 10 avril 2025 lors de la 10e Assemblée générale de l’Association des institutions supérieures de contrôle ayant en commun l’usage du français (AISCCUF), à Dakar. Il est revenu en détail sur le rapport d’audit de la gestion des finances publiques du Sénégal entre 2019 et 2024, un document qui continue de susciter de vives réactions à l’échelle nationale.

Selon Mamadou Faye, la polémique née de la publication du rapport est compréhensible et même légitime. « C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal, et même dans bien des pays africains, qu’un tel exercice de transparence est conduit », a-t-il affirmé. Pour lui, la Cour des comptes a pour mission de travailler au nom des citoyens, et il est normal que ceux-ci s’expriment. « Cela ne nous dérange pas. C’est un signal pour nous, en tant qu’institution, qu’il nous faut mieux communiquer sur notre rôle et nos méthodes. »

Il a tenu à rappeler que l’audit s’est déroulé dans le strict respect des procédures prévues. « Nous avons appliqué les règles de la procédure écrite, secrète et contradictoire. La contradiction avec le ministère des Finances a bien eu lieu », a-t-il insisté. Toutefois, il précise que la Cour des comptes n’est pas responsable de garantir la contradiction entre le ministère et les autres entités concernées par le rapport.

Mamadou Faye a aussi souligné que le rôle de la Cour est d’instruire à la fois à charge et à décharge. Il a expliqué qu’il peut y avoir deux types de suites : les fautes de gestion, qui relèvent de la chambre de discipline financière, et les faits susceptibles de poursuites pénales, qui sont transmis à la justice. « Le financier ne tient pas le pénal, tout comme le pénal ne tient pas le financier », a-t-il déclaré.

Sur les suites concrètes du rapport, le Premier président a confirmé que plusieurs dossiers ont déjà été transmis au procureur général de la Cour des comptes, lequel les soumettra à la chambre de discipline financière. Par ailleurs, certains dossiers ont également été envoyés au ministère de la Justice, ouvrant potentiellement la voie à des poursuites judiciaires.

Enfin, Mamadou Faye a assuré que la Cour des comptes ne s’immiscera pas dans les enquêtes judiciaires qui pourraient découler du rapport. « Le judiciaire a ses propres procédures, et nous avons les nôtres. Chacun agit dans son champ de compétence. »

Cette déclaration du président de la Cour des comptes intervient dans un contexte politique tendu, alors que l’opposition et la majorité s’affrontent sur les responsabilités dans la gestion financière du pays durant les cinq dernières années. Elle apporte également un éclairage précieux sur le fonctionnement d’une institution de plus en plus exposée, appelée à jouer un rôle central dans l’assainissement de la gouvernance publique.

Ndèye Khady Ndiaye dément tout financement du pouvoir : « Même pas un merci »

L’ex-patronne de l’institut de beauté « Sweet Beauté », Ndèye Khady Ndiaye, est sortie de son silence pour dénoncer avec vigueur les rumeurs qui la présentent comme une bénéficiaire de faveurs de la part du nouveau pouvoir. Dans une déclaration relayée par Source A, celle qui fut au cœur de l’affaire médiatique impliquant Adji Sarr et Ousmane Sonko a formellement nié avoir reçu quelque avantage que ce soit depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre, Ousmane Sonko.

« Je n’ai même pas reçu un appel ou un merci », s’est-elle indignée. Selon elle, ces accusations émanent d’un membre de l’ex-parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (APR), qui sous-entend qu’elle aurait été récompensée pour ses prises de position dans le passé. « Je ne compte sur personne pour évoluer et personne ne m’a jamais rien donné », martèle-t-elle, précisant qu’elle n’a jamais sollicité le président de la République ni obtenu de passeport diplomatique.

Ndèye Khady Ndiaye se dit amère face à ce qu’elle considère comme un manque de reconnaissance de son engagement. « J’ai tout perdu à cause de ce projet. Aujourd’hui, des femmes qui n’ont jamais levé le petit doigt sont mises en avant, pendant que moi, on m’ignore totalement », regrette-t-elle.

Elle affirme cependant ne nourrir aucun regret quant à son implication : « En mars 2021, j’étais au centre de tous les débats. Mais cette année, c’est comme si je n’avais jamais existé. Cela n’enlève en rien mon engagement pour ce pays, parce que j’ai fait tout cela par conviction. Et si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. »

Entre frustration personnelle et revendication d’un engagement assumé, Ndèye Khady Ndiaye tient à rappeler qu’elle n’est ni manipulée, ni redevable envers quiconque. Un message clair à l’heure où les recompositions politiques post-élection suscitent bien des jalousies et des malentendus.

Appui au projet de modernisation des écoles coraniques : Ousmane Sonko rencontre le PDG de ALEF Education

Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a rencontré ce mardi M. Geoffrey Alphonso, PDG de ALEF Education, un groupe émirati spécialisé dans l’éducation numérique. Cette rencontre, qui s’est tenue au Palais de la République, a été l’occasion de discuter du partenariat stratégique entre ALEF Education et le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal.

Le projet au cœur de cette collaboration est la modernisation et la digitalisation du système éducatif sénégalais. Plus spécifiquement, ce partenariat met l’accent sur l’intégration des nouvelles technologies dans les écoles coraniques, dans un effort pour moderniser et rendre plus accessible cette forme d’enseignement traditionnelle.

ALEF Education, avec son expertise en matière d’éducation numérique, prévoit de fournir des solutions technologiques et pédagogiques pour faciliter l’enseignement et l’apprentissage au sein de ces écoles, souvent éloignées des infrastructures modernes. Cette initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement de renforcer l’accès à une éducation de qualité pour tous, tout en respectant les valeurs culturelles et religieuses du pays.

Le Premier ministre Sonko a exprimé son engagement à accompagner ce projet, soulignant que la modernisation des écoles coraniques représente un aspect clé de la réforme éducative en cours. Il a également salué l’implication du groupe ALEF Education et a assuré que le Sénégal, avec ce partenariat, pourrait offrir une meilleure expérience d’apprentissage aux enfants fréquentant ces établissements.

Trafic de drogue : 51 kg de chanvre indien saisis dans un taxi à Baba Garage

Les gendarmes de la brigade de proximité de Baba Garage ont frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de drogue. Dans la nuit du lundi, au cours d’une patrouille de routine, ils ont intercepté un taxi transportant pas moins de 51 kg de chanvre indien, communément appelé « yamba ».

C’est lors d’un contrôle minutieux du véhicule que les éléments de la gendarmerie, agissant sous la direction du lieutenant-colonel Ibrahima Ndiaye, ont découvert deux sacs remplis de la marchandise prohibée. Les deux hommes à bord ont été immédiatement interpellés. Ils ont été placés en garde à vue et feront face à la justice dans les prochains jours.

L’opération, menée dans un milieu interlope bien connu des forces de l’ordre, illustre une fois de plus la détermination de la gendarmerie à assécher les réseaux de trafiquants qui alimentent certaines localités en produits stupéfiants.

Cette saisie vient s’ajouter à une série d’opérations réussies ces dernières semaines dans d’autres régions du pays, et confirme l’efficacité du maillage sécuritaire mis en place par les autorités pour faire face à ce fléau.

Une délégation de l’ONUDI reçue par le Président Diomaye : cap sur un nouveau partenariat pour le développement industriel

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé une audience ce lundi 7 avril 2025 à une délégation de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), actuellement en mission au Sénégal. La délégation était conduite par le Directeur Général de l’organisation, M. Gerd Müller.

Selon une note diffusée par la Présidence sur ses canaux officiels, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération entre le Sénégal et l’ONUDI. Les échanges ont principalement porté sur l’élaboration d’un nouveau programme de partenariat adapté aux priorités du développement économique national.

Ce futur programme vise à accompagner les ambitions industrielles du Sénégal, à travers des investissements ciblés dans des secteurs stratégiques comme les mines, l’agriculture et l’industrie manufacturière. Le président Diomaye Faye a, à cette occasion, réaffirmé l’engagement de son gouvernement à bâtir une économie forte, inclusive et résiliente, en misant sur une transformation structurelle portée par l’industrialisation.

La mission de l’ONUDI au Sénégal marque ainsi une étape importante dans la redéfinition de la coopération internationale pour un développement durable, en phase avec les aspirations du nouveau régime et les besoins concrets des populations.

13e Assemblée Générale du GFAO : Yankoba Diémé plaide pour une innovation durable dans l’entretien routier

Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé, a présidé ce mardi à Dakar la cérémonie d’ouverture officielle de la 13e Assemblée Générale du Groupe Focal de l’Afrique de l’Ouest (GFAO), une branche de l’Association des Fonds d’Entretien Routier Africains (AFERA). Cette rencontre d’envergure a réuni des délégations venues de 11 pays africains, ainsi que des partenaires techniques, institutionnels et financiers, autour d’un enjeu majeur : l’entretien routier durable sur le continent.

Placée sous le thème « L’innovation dans la gestion des Fonds d’Entretien Routier du GFAO : vers des solutions durables », cette édition a servi de cadre d’échanges sur les approches novatrices et les stratégies pour garantir la pérennité du financement routier en Afrique de l’Ouest. Dans son allocution, Yankoba Diémé a souligné l’importance d’une vision tournée vers l’innovation pour faire face aux défis du secteur, tout en appelant à une action concertée et ambitieuse.

Il a rappelé que malgré les difficultés de mobilisation des ressources, les efforts conjugués du Fonds d’Entretien Routier Autonome (FERA), des partenaires techniques et financiers ainsi que du secteur privé ont permis d’obtenir des résultats tangibles sur le terrain. Le ministre a notamment mis en avant l’évolution positive de la qualité du réseau routier au Sénégal entre 2014 et 2022, avec un taux de routes revêtues en bon état passé de 60 % à 82 %, et un taux de routes non revêtues en bon état passant de 39 % à 56 %. Il a toutefois reconnu un ralentissement récent dans l’allocation efficace des ressources, en dépit de leur augmentation significative.

Face à cette situation, Yankoba Diémé a salué l’engagement du président de la République Bassirou Diomaye Faye, qui a pris des mesures concrètes pour corriger le recul constaté et renforcer les mécanismes de gestion. Le ministre a également insisté sur l’importance de l’intégration régionale dans le domaine des infrastructures routières, affirmant que la coopération panafricaine restait la clé pour résoudre les défis structurels.

Pour lui, chaque Fonds d’Entretien Routier doit consolider ses acquis au niveau national, ce qui, à terme, permettra au GFAO de renforcer son action à l’échelle ouest-africaine, et à l’AFERA de rayonner à l’échelle continentale. Il a invité les participants à continuer les échanges de bonnes pratiques et à œuvrer ensemble pour construire un avenir routier durable pour l’Afrique.

« Libérer les voies de nos voix » : les défenseurs des droits humains mobilisés pour sauvegarder l’espace civique au Sénégal

À Dakar, ce mardi, Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest a réuni plusieurs organisations de défense des droits humains autour d’un atelier de capitalisation du projet « Libérer les voies de nos voix : Contrer la répression de l’espace civique au Sénégal ». Lancé en réponse aux nombreuses atteintes aux libertés enregistrées entre mars 2021 et février 2024, ce projet visait à raviver l’engagement citoyen et à restaurer un climat propice à l’exercice des droits fondamentaux au Sénégal.

Financé à hauteur de 150 000 dollars par Open Society Africa (OSA-Sénégal), ce projet s’est déroulé sur une période de 19 mois. Il a permis de renforcer les capacités des acteurs de la société civile, des médias, et des défenseurs des droits humains, tout en documentant les violations de l’espace civique et en menant des actions de plaidoyer ciblées.

Lors de l’ouverture de l’atelier, Alfred Bulakali, directeur régional d’Article 19, a insisté sur la nécessité de faire le point avec les acteurs ayant porté le projet sur le terrain. Selon lui, cette rencontre permet de revenir sur les réussites, de tirer des leçons des défis rencontrés et de tracer les lignes d’action pour l’avenir. Il a salué l’implication d’organisations comme Amnesty Sénégal, la Raddho, Afriktiviste, la Ligue sénégalaise des droits humains, ainsi que plusieurs partenaires médiatiques.

Mateuw Mbaye, point focal du projet au sein d’Article 19, a quant à lui souligné l’impact du projet sur la résilience des forces vives de la démocratie. Il a rappelé que l’un des objectifs essentiels était de sauvegarder la démocratie et la culture du droit au Sénégal, dans un contexte marqué par des tensions politiques, des violences et des restrictions aux libertés.

Selon lui, les résultats enregistrés sont significatifs. Le projet a permis de renforcer le monitoring des droits humains, notamment en matière de liberté d’expression et de violence politique. Quatorze points focaux, formés dans différentes localités du pays, ont documenté les événements survenus, contribuant à la publication d’un rapport détaillé. Huit organisations de la société civile et des médias, dont Appel et Cored, ont bénéficié d’un appui direct, tout comme trente-quatre acteurs qui ont reçu des financements pour mener des actions de terrain.

Des rencontres avec les autorités, dont le ministre de la Justice, ont aussi permis d’aborder les aspects juridiques liés à la répression de l’espace civique. Ce dialogue, selon les organisateurs, a ouvert la voie à une meilleure compréhension des préoccupations des défenseurs des droits humains.

Parmi les leçons apprises de ce projet, les acteurs ont mis en avant la nécessité de concevoir des activités capables de s’adapter aux transitions politiques et aux situations d’urgence. L’approche a également été axée sur une réponse directe aux besoins des bénéficiaires, ce qui a renforcé l’ancrage des actions sur le terrain.

Enfin, les plateformes d’Article 19 et d’Amnesty International/Section Sénégal ont servi de relais puissants pour des campagnes de sensibilisation sur les droits humains. À travers des activités médiatiques, des formations et des actions de communication ciblées, ces campagnes ont permis d’élargir la portée du message et de mobiliser un large public.

René Capain Bassène entame une grève de la faim illimitée et dénonce sa détention dans une lettre bouleversante

Le journaliste sénégalais René Capain Bassène, condamné à perpétuité dans l’affaire du massacre de Boffa-Bayotte, a entamé une grève de la faim illimitée pour dénoncer ce qu’il qualifie de détention arbitraire. Dans une lettre poignante rendue publique, il clame son innocence et exprime sa profonde détresse face à une situation qu’il juge injuste et inhumaine.

« Plutôt mourir que de se déshonorer », écrit-il d’entrée, dans un cri du cœur qui résume le sentiment d’un homme brisé par près de huit années de privation de liberté. Depuis son arrestation en janvier 2018, Capain Bassène n’a cessé de contester les charges portées contre lui. Aujourd’hui, il affirme avoir atteint ses limites et choisit de mener ce qu’il qualifie d’« ultime combat » contre l’injustice dont il se dit victime.

Dans sa lettre, il remercie ses soutiens qui, depuis son arrestation, ont gardé foi en son innocence. « Vous resterez à jamais dans mon cœur », écrit-il, tout en décrivant la dure réalité de sa vie carcérale. Réduit à l’état de mendiant, il dit dépendre entièrement des autres pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires.

René Capain Bassène raconte aussi les souffrances physiques, morales et psychologiques qu’il endure depuis plus de sept ans. Il évoque des tortures, des atteintes à sa dignité humaine, des humiliations et la négation totale de la présomption d’innocence. Il décrit une justice à deux vitesses où règne « la loi du plus fort », et où le plus faible est « broyé » sans pitié.

L’affaire du massacre de Boffa-Bayotte, survenue le 8 janvier 2018, reste au cœur de son désespoir. Il rappelle que sur les 25 personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire, il est le seul à avoir été condamné. Pour lui, cette condamnation fait de lui « l’agneau du sacrifice ». Il s’interroge : « Complice de qui ou de quoi ? », fustigeant une procédure judiciaire qui, selon lui, n’a pas cherché à établir la vérité.

Le journaliste déplore aussi l’indifférence des organisations de défense des droits humains à son égard. « Je suis un homme sans droits », écrit-il avec amertume, soulignant que sa situation reste un « non-événement » pour ces institutions censées protéger les libertés fondamentales.

Physiquement affaibli, Capain Bassène affirme que la prison l’a « lentement broyé ». Il confie souffrir depuis une opération ratée destinée à soigner son tympan droit. Son état de santé, dit-il, se détériore de jour en jour. C’est donc en toute lucidité, malgré la douleur, qu’il annonce avoir pris la décision de commencer une grève de la faim illimitée, qu’il qualifie de « diète noire », pour dire non à une justice qui l’a, selon lui, condamné à tort.

Il conclut sa lettre par un appel solennel à ses soutiens : « Préparez-vous au pire. Ce n’est pas une décision facile, mais c’est l’unique moyen de lutter. Et je suis déterminé à aller jusqu’au bout. »

Leadership africain : l’ancien président Macky Sall rejoint le Conseil de la Fondation Mo Ibrahim

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, vient d’intégrer le Conseil de la Fondation Mo Ibrahim. Cette fondation, mondialement reconnue pour sa contribution à la promotion du leadership et de la bonne gouvernance en Afrique, s’entoure de personnalités de haut niveau issues de différents horizons pour faire avancer sa mission.

Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, poursuit ainsi son engagement au service du continent. Son parcours à la tête du pays, mais aussi au sein de grandes institutions régionales comme la CEDEAO qu’il a présidée entre 2015 et 2016, et l’Union africaine en 2022-2023, lui vaut aujourd’hui une place aux côtés de figures de premier plan dans cet organe de réflexion et d’action stratégique.

Aux côtés de Macky Sall, d’autres personnalités ont également rejoint le Conseil et le Comité du Prix Ibrahim, notamment des anciens hauts responsables européens et africains. Ce Comité est chargé de désigner les lauréats du Prix Ibrahim, une distinction qui récompense les anciens chefs d’État africains ayant exercé leur mandat de manière exemplaire, avec un souci de développement durable, de paix et de respect de la démocratie.

Dans un communiqué officiel, Mo Ibrahim, fondateur de l’organisation, s’est félicité de l’arrivée de ces nouvelles figures prestigieuses, saluant leur expertise et leur parcours. Il a insisté sur l’importance de leur contribution face aux nombreux défis auxquels le continent africain est confronté, notamment en matière de gouvernance, de stabilité politique et de développement économique.

Fin de mission pour la 1ère cohorte des PAV7 : Jean Baptiste Tine acte la clôture des contrats

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a mis un terme officiel au contrat de la première cohorte des Policiers Adjoints Volontaires (PAV) de la septième génération (PAV7). La décision, signée par le ministre Jean Baptiste Tine, est actée sous le numéro 0000264, mettant fin à l’engagement de ces agents au sein de la Police nationale.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre réglementaire en vigueur, notamment la loi n°2009-18 du 9 mars 2009 fixant le statut du personnel de la Police nationale, ainsi que les décrets relatifs à l’organisation et aux modalités d’emploi des PAV. Elle prend effet à compter de sa date de signature.

Selon les sources officielles, la liste des agents concernés est annexée à la décision ministérielle. Leur départ marque la fin d’un cycle d’engagement volontaire, dans un programme qui a permis, pendant plusieurs années, de renforcer les effectifs de la sécurité publique sur tout le territoire national.

Polémique autour de la prestation de Mia Guissé au Tucheze Festival : Jamra dénonce une « pornographie verbale »

La chanteuse sénégalaise Mia Guissé est une nouvelle fois au cœur d’une vive controverse. Sa récente prestation au Tucheze Festival, organisé à La Somone, a déclenché une vague d’indignation, particulièrement en raison d’un passage jugé obscène dans sa chanson « Na dougou » (que ça rentre). Entre paroles crues, chorégraphie suggestive et mise en scène provocante, la performance a rapidement enflammé les réseaux sociaux.

Parmi les voix les plus critiques figure celle de Mame Mactar Guèye, vice-président de l’ONG Jamra, connu pour son engagement en faveur des « bonnes mœurs ». Dans une déclaration relayée par le quotidien L’Observateur, le responsable de Jamra a qualifié la prestation de « pornographie verbale », avertissant qu’elle pourrait enfreindre la loi sénégalaise.

Pour Jamra, cette dérive artistique n’est pas anodine. L’ONG appelle les autorités à veiller à ce que les artistes respectent le cadre légal et les valeurs culturelles du pays, tout en rappelant que ce n’est pas la première fois que Mia Guissé fait l’objet de critiques similaires. Un précédent concert en Italie avait déjà suscité la controverse.

Ce nouvel épisode relance le débat récurrent entre liberté artistique et respect des normes sociales au Sénégal. Si certains défendent le droit à l’expression artistique, d’autres y voient une atteinte aux fondements culturels et religieux du pays.

Audience à la Présidence : Diomaye Faye reçoit Abdoulaye Diop de l’UEMOA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce lundi 7 avril 2025 une audience à Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette rencontre, tenue au Palais, s’inscrit dans la dynamique de concertation engagée par le chef de l’État avec les institutions financières régionales et internationales.

Quelques jours après sa réunion avec Abebe Aemro Selassie, chef du département Afrique du FMI, le président Faye a échangé avec le patron de la Commission de l’UEMOA autour de la conjoncture économique du Sénégal et de la situation globale de l’Union.

Selon des sources proches de la Présidence, les échanges ont mis l’accent sur les réformes économiques en cours au Sénégal, ainsi que sur les mesures de consolidation budgétaire engagées par le gouvernement. Le président Diomaye Faye a présenté à son hôte les grandes lignes de son plan d’action visant à assurer la stabilité macroéconomique et promouvoir une croissance inclusive et durable.

En retour, Abdoulaye Diop a salué les efforts du Sénégal en matière de gestion rigoureuse des finances publiques, tout en insistant sur la nécessité de maintenir des politiques économiques responsables face aux défis internes et externes.

La rencontre a aussi permis d’aborder la question de l’intégration régionale. Le président de la Commission de l’UEMOA a exprimé sa disponibilité à accompagner le Sénégal dans ses engagements régionaux, notamment à travers le renforcement des politiques communes en matière de fiscalité, d’investissements et de développement durable.

Cette audience s’inscrit dans une série de consultations stratégiques engagées par les nouvelles autorités sénégalaises, dans un contexte de repositionnement diplomatique et économique du pays au sein de la sous-région ouest-africaine.

CIMAF Sénégal : 42 employés licenciés sans motif revendiquent leurs droits

Un climat de tension règne à l’usine CIMAF Sénégal, située à Pout, où 42 employés viennent d’être licenciés sans préavis ni justification claire. En colère et déterminés à faire valoir leurs droits, ces travailleurs ont organisé un sit-in devant les locaux de l’usine pour dénoncer ce qu’ils qualifient de licenciements arbitraires.

Portant la voix de ses collègues, Babacar Gaye, porte-parole des travailleurs, s’est exprimé lors de cette manifestation.

« Nous sommes ici aujourd’hui pour réclamer nos droits. Nous demandons solennellement pourquoi ils nous ont licenciés. Nous sommes licenciés sans motif, sans préavis », a-t-il déclaré, la voix empreinte d’émotion.

Selon les travailleurs, l’Inspection du travail, saisie dans cette affaire, leur a donné raison. Mais, déplorent-ils, la direction de CIMAF refuse de se conformer à cette décision, en ne versant pas les indemnités dues.

Certains employés licenciés travaillaient depuis six mois à un an, d’autres n’avaient jamais signé de contrat formel. Une situation qui complique davantage leur régularisation et renforce leur sentiment d’injustice.

« Même ceux qui avaient un contrat se sont rendu compte qu’il n’avait aucune valeur. Et pour beaucoup d’entre nous, il n’y avait même pas de contrat du tout », poursuit Babacar Gaye.

Face à ce qu’ils considèrent comme un abus grave des droits des travailleurs, les employés licenciés appellent à l’intervention des autorités étatiques, notamment du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Ils espèrent un arbitrage rapide pour obtenir justice et récupérer leurs indemnités.

Production pétrolière – Sangomar : 3,08 millions de barils extraits en mars 2025

Le champ pétrolier de Sangomar continue d’afficher des performances solides. Selon le rapport de production publié ce jour par le ministère en charge de l’Énergie et du Pétrole, 3,08 millions de barils de pétrole brut ont été produits au mois de mars 2025, confirmant ainsi la montée en puissance de ce projet stratégique pour l’économie sénégalaise.

Durant le mois de mars, trois cargaisons de pétrole brut identifiées sous les numéros SAN024, SAN025 et SAN026 ont été expédiées et écoulées sur les marchés internationaux. Ces exportations ont totalisé 2,85 millions de barils, représentant une part importante de la production mensuelle et traduisant la bonne santé logistique et commerciale du champ.

Ce rythme d’exportation contribue non seulement à générer des revenus significatifs pour l’État du Sénégal, mais aussi à asseoir la crédibilité du pays sur le marché pétrolier international.

Le rapport projette une production totale annuelle de 30,53 millions de barils pour 2025, avec un objectif de stabilisation à 100 000 barils par jour. Cette cadence, si elle est maintenue, placerait le Sénégal parmi les nouveaux acteurs pétroliers les plus dynamiques de la sous-région ouest-africaine.

Initié sous la supervision de la société australienne Woodside Energy en partenariat avec la société nationale Petrosen, le projet Sangomar est le premier développement offshore en eaux profondes du pays. Sa phase de production, lancée récemment, est suivie de près par les autorités, les investisseurs et les partenaires techniques.

Alors que le Sénégal s’apprête à entrer dans l’ère de l’exploitation à grande échelle de ses ressources naturelles, la performance du champ de Sangomar revêt une importance capitale. Elle pourrait contribuer à diversifier les sources de revenus de l’État, à créer de nouveaux emplois et à dynamiser les secteurs connexes.

Redressement fiscal de près de 10 milliards FCFA : Eiffage Génie Civil Marine Sénégal et l’Unité mixte trouvent un compromis à 2 milliards

Un long feuilleton judiciaire opposant Eiffage Génie Civil Marine Sénégal (Egcm Sénégal) à l’Unité mixte en charge du contrôle fiscal dans le cadre du projet Grand-Tortue/Ahmeyim a finalement trouvé son épilogue. Selon les informations de Libération, les deux parties sont parvenues à un accord transactionnel autour d’un montant d’environ 2 milliards de FCFA, mettant ainsi fin à un bras de fer qui menaçait de s’enliser devant les tribunaux.

Tout est parti le 28 mars 2024, lorsque l’Unité mixte a notifié à Egcm Sénégal un redressement fiscal de 17,637 milliards de FCFA, à l’issue d’une mission de vérification. Cette structure, chargée notamment de la gestion fiscale dans le cadre de l’accord inter-États portant sur l’exploitation des ressources du champ gazier Grand-Tortue/Ahmeyim (GTA), estimait que l’entreprise n’avait pas respecté certaines obligations fiscales.

Egcm Sénégal a rapidement contesté cette notification, et après une première révision, le montant du redressement a été ramené à 9,7 milliards de FCFA dans une confirmation de redressement.

En application de l’article 134 de l’Acte additionnel, Eiffage Génie Civil Marine Sénégal a sollicité l’arbitrage de la Commission fiscale inter-États (CFIE) pour un réexamen du dossier. Après étude des arguments avancés par l’entreprise, la CFIE a décidé d’abandonner plusieurs chefs de redressement, ramenant la somme due à 4,9 milliards de FCFA.

Mais l’entreprise n’a pas pour autant lâché prise. Contestant toujours la validité de cette décision, Egcm Sénégal a saisi le tribunal pour obtenir l’annulation des titres de perception, estimant qu’ils ne reflétaient pas la réalité fiscale mise à jour par le Département Recouvrement.

Coup de théâtre : par courrier daté du 1er avril 2024, Egcm Sénégal a finalement demandé la radiation de la procédure judiciaire, signe clair d’une volonté d’arrangement à l’amiable. Cette décision a suivi la signature d’un procès-verbal de conciliation entre les deux camps.

Le dossier, qui devait repasser devant le tribunal le 3 avril, a été officiellement radié. Si le montant exact de l’accord n’a pas été rendu public, des sources proches du dossier parlent d’un compromis financier tournant autour de 2 milliards de FCFA. Une issue bien plus avantageuse pour Egcm que le redressement initialement exigé.

Ce dénouement met en lumière la complexité du régime fiscal dans les projets transfrontaliers comme celui de GTA, mais aussi l’efficacité des mécanismes de dialogue et de conciliation prévus par les textes. Il envoie aussi un message aux sous-traitants opérant dans le cadre d’accords inter-États : la rigueur fiscale reste de mise, mais des voies de recours et de négociation existent.

Touba : Mbackiyou Faye offre plus de 2 milliards de FCFA à Serigne Mountakha pour la Grande Mosquée

Dans un geste de haute portée spirituelle et symbolique, Mbackiyou Faye, « dieuwrigne » général de Dakar et représentant du khalife général des Mourides dans la capitale, a remis une importante contribution financière destinée aux travaux de la Grande Mosquée de Touba. Ce lundi 7 avril 2025, devant une foule de fidèles réunis dans la ville sainte, il a offert une somme de deux milliards treize millions de francs CFA (2 013 000 000 FCFA) à Serigne Mountakha Mbacké, actuel khalife général des Mourides.

Ce geste s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la réhabilitation de la mosquée, un projet initié par le khalife lui-même pour préserver et moderniser ce haut lieu du mouridisme, emblème de la foi et de la grandeur de Serigne Touba.

« Ces 8 valises contiennent 2 milliards 13 millions de FCFA. C’est une donation de ma part. Et ce n’est que le début du commencement. C’est juste un geste symbolique. Ce n’est rien comparé à la dimension de Serigne Touba », a déclaré Mbackiyou Faye, très ému, en remettant l’enveloppe symbolique à Serigne Mountakha. Ce dernier, fidèle à son humilité, a accepté le don dans le calme et la sérénité qui le caractérisent, sous les acclamations de ses disciples.

Ce geste traduit une fois de plus la solidité des liens entre les fidèles de la confrérie mouride, ainsi que leur attachement indéfectible à la ville sainte de Touba et à son projet de développement. Il illustre également le rôle de premier plan que joue Mbackiyou Faye dans la mobilisation de la communauté mouride de Dakar au service des causes religieuses, particulièrement celles portées par le khalife général.

Le projet de réhabilitation de la Grande Mosquée de Touba, dont le chantier devrait débuter sous peu, vise à redonner tout son éclat à ce joyau architectural et spirituel, tout en assurant son entretien à long terme. Avec ce premier appui financier de taille, les travaux s’annoncent déjà sous les meilleurs auspices.

Touba, ville de foi et de dévotion, continue ainsi d’écrire son histoire à travers les actes de générosité de ses fidèles, dans une dynamique de solidarité et d’amour profond pour l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba.

Mauvaise vente des récoltes de pommes de terre : les producteurs de Thiep crient leur détresse

À Thiep, une commune située dans l’arrondissement de Ndande, département de Kébémer (région de Louga), les producteurs de pommes de terre font face à une crise inquiétante. Malgré une production abondante et de qualité, les récoltes s’entassent dans les champs, invendues. Les causes de cette situation sont multiples, mais les producteurs pointent principalement l’enclavement de la zone et l’absence de structures de conservation adaptées.

Lors d’un entretien avec Radio Sénégal Internationale, un producteur local a exprimé sa frustration face à cette situation qu’il juge insupportable. Selon lui, les efforts consentis pour produire de la pomme de terre ne sont pas récompensés, car il est devenu presque impossible d’écouler la marchandise dans des conditions viables. La commune de Thiep, à elle seule, produit environ 31 000 tonnes de pommes de terre chaque année, soit près de 26 % des besoins nationaux estimés à 120 000 tonnes. Ces chiffres traduisent la place stratégique qu’occupe Thiep dans la filière pomme de terre au Sénégal. Pourtant, cette performance agricole ne permet pas aux producteurs de tirer profit de leur dur labeur.

Le maire de la commune, Mouhamed Dieng, alerte depuis plusieurs années sur les obstacles structurels qui freinent la commercialisation de ces produits. Il évoque l’état critique des routes, qui dissuade transporteurs et commerçants – les bana-bana – d’accéder à la zone. Selon lui, des tonnes de pommes de terre pourrissent chaque année, faute de marchés et de moyens de conservation. La commune ne dispose d’aucune chambre froide ni d’unité de transformation pouvant prolonger la durée de vie des produits.

Les producteurs se sentent aujourd’hui abandonnés. Ils affirment que, malgré leur contribution significative à l’économie agricole, ils n’ont reçu que peu ou pas d’accompagnement technique et financier de la part des pouvoirs publics. Sans accès au crédit, ils ne peuvent pas se doter d’équipements modernes ni investir dans la logistique de distribution. Le manque de soutien freine toute tentative de modernisation de la filière.

Cette situation, dénoncent-ils, nuit également à l’installation des jeunes en agriculture. Nombreux sont ceux qui, découragés par les pertes répétées, préfèrent abandonner les champs. Le désenclavement, la création de chambres froides, l’appui à la transformation locale et l’organisation des producteurs sont autant de solutions connues, mais qui tardent à se concrétiser.

Alors que le Sénégal cherche à renforcer sa souveraineté alimentaire, le cas de Thiep illustre les limites du système actuel. Une agriculture performante sans débouchés reste une illusion. Et sans infrastructures de base, les ambitions de développement rural risquent de rester lettre morte. Aujourd’hui, les producteurs appellent l’État à agir, avant que leur cri ne se perde dans le silence des champs abandonnés.

Vers un nouveau pacte national de stabilité sociale : Abass Fall lance les concertations

Le gouvernement sénégalais s’engage dans une nouvelle dynamique de dialogue social. Le ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions, Abass Fall, a officiellement lancé, ce lundi 7 avril 2025, le processus d’élaboration d’un nouveau pacte national de stabilité sociale. Une initiative ambitieuse qui vise à réconcilier les forces vives du monde du travail autour d’un cadre clair, efficace et durable, dans un contexte où la paix sociale est plus que jamais une condition essentielle au développement économique.

Répondant aux instructions du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le ministre Abass Fall a expliqué que cette démarche s’inscrit dans une volonté politique affirmée : celle de refonder les relations entre l’État, les syndicats et le patronat sur la base de la concertation, du respect mutuel et de la transparence. « Le président avait donné instruction au gouvernement de prendre langue avec les organisations syndicales et le patronat pour discuter et aboutir à un pacte national de stabilité sociale, sans lequel aucun développement économique n’est possible », a déclaré le ministre devant les représentants des trois pôles sociaux.

La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de plusieurs personnalités clés, dont le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, ainsi que le président du Haut Conseil du Dialogue Social, Mamadou Lamine Dianté.

Le ministre du Travail a rappelé que le pacte de stabilité sociale signé en 2014, bien que prometteur, souffrait de graves insuffisances. Parmi elles, l’absence de mécanismes efficaces de contrôle, de suivi et d’évaluation. « Les organes qui avaient été mis en place avec le pacte de 2014 ne fonctionnaient pas. Autant de questions qui font que nous sommes obligés de redéfinir un nouveau pacte », a expliqué Abass Fall, insistant sur la nécessité de tirer les leçons du passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Cette fois-ci, le gouvernement veut aller plus loin en assurant un véritable ancrage institutionnel au futur pacte, avec des engagements clairs, des calendriers précis, et surtout, un système de suivi rigoureux impliquant toutes les parties prenantes.

Le nouveau pacte ne concernera pas seulement l’État. Il impliquera également les travailleurs, représentés par les différentes centrales syndicales, et le secteur privé, notamment les organisations patronales. L’idée est de construire un espace de dialogue permanent, capable de désamorcer les tensions sociales avant qu’elles ne dégénèrent en crises.

« Dans un environnement économique aussi dynamique et complexe, il est essentiel de s’adapter aux défis contemporains », a souligné le ministre, qui appelle à une collaboration active pour bâtir un pacte solide et inclusif, garant de stabilité et de prospérité pour tous.

En conclusion, Abass Fall a exprimé l’espoir de voir naître, à l’issue de ces concertations, un véritable contrat social renouvelé, fondé sur la confiance, la responsabilité partagée et le respect des engagements. « Ce pacte doit être l’occasion d’une nouvelle ère de collaboration entre les différentes parties pour assurer un avenir meilleur aux générations futures », a-t-il affirmé.

Le compte à rebours est lancé. Il appartient désormais aux syndicats, au patronat et à l’État de faire preuve de maturité, de lucidité et d’engagement pour donner corps à cette ambition collective de stabilité sociale durable au Sénégal.

Affaire Farba Ngom : Plus d’un milliard mobilisé pour renforcer la caution du député-maire

Incarcéré dans le cadre d’une affaire politico-judiciaire qui continue d’agiter l’actualité sénégalaise, Farba Ngom, député-maire des Agnam, peut compter sur le soutien indéfectible de ses proches, militants et sympathisants à travers le monde. Une vaste opération de collecte de fonds, initiée par le Comité de résistance populaire (CRP), a permis de réunir une somme impressionnante destinée à renforcer la caution exigée pour sa libération provisoire : plus d’un milliard de francs CFA.

Convaincus de son innocence et déterminés à le voir retrouver sa liberté en attendant l’issue de la procédure judiciaire en cours, les membres du CRP ont réussi à mobiliser exactement 1 milliard 66 millions de FCFA. Ce montant, collecté en un temps record, témoigne de la solidarité active de ses soutiens, tant sur le plan national qu’international.

La répartition géographique des contributions révèle l’ampleur du mouvement :

Au Sénégal, les hommes d’affaires, commerçants et autres sympathisants ont apporté 270 millions FCFA. Une somme conséquente qui montre l’ancrage local du parlementaire, connu pour ses liens étroits avec sa base électorale dans le Fouta.

La diaspora ouest-africaine, très mobilisée, a contribué à hauteur de 450 millions FCFA, soit la part la plus importante de l’enveloppe totale.

L’Afrique centrale, quant à elle, a offert 554 millions FCFA, traduisant l’engagement sans faille de nombreux Sénégalais installés dans cette partie du continent.

En Amérique, les militants ont collecté 56 000 dollars US, soit environ 34 millions FCFA, tandis qu’en Europe, les contributions s’élèvent à 132 000 euros, soit environ 86 millions FCFA.

Enfin, 43 millions FCFA ont été versés sous forme de dons anonymes, renforçant ainsi la dimension collective et transversale de cette opération de soutien.

Au-delà des chiffres, cette mobilisation reflète la volonté d’un pan important de l’opinion publique de faire bloc derrière Farba Ngom, en attendant que la justice fasse toute la lumière sur les faits qui lui sont reprochés. Pour ses partisans, il ne s’agit pas seulement de défendre un homme, mais aussi de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « cabale politique » visant à écarter une figure influente du champ politique national.

Pour l’instant, la balle est dans le camp de la justice. Mais une chose est sûre : le député-maire des Agnam n’est pas seul. Et ses partisans, au Sénégal comme à l’étranger, entendent poursuivre leur combat jusqu’à son rétablissement dans ses droits.

Un an après l’alternance : l’éducation sénégalaise au cœur des préoccupations de la COSYDEP

Le mercredi 2 avril 2025 a marqué le premier anniversaire du nouveau régime politique au Sénégal. À cette occasion, la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Éducation Publique (COSYDEP) a dressé un bilan du secteur éducatif, soulignant à la fois les avancées notables et les défis persistants.

Parmi les acquis, la COSYDEP salue la hausse significative du taux d’alphabétisation, passé de 42,4 % en 2013 à 62,9 % en 2023. Le taux brut de scolarisation au primaire atteint désormais 81 %, traduisant un effort conséquent en matière d’accès à l’éducation. L’initiative phare du gouvernement, la Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation (NITHÉ), a été perçue comme un pas important vers la refondation du système éducatif, en plaçant l’école au cœur du développement économique et social.

Autre signe d’ouverture : la mise en place d’un partenariat structuré entre le ministère de l’Éducation et ses partenaires, dont la COSYDEP. Ce dialogue renouvelé permet une meilleure concertation sur les orientations éducatives. L’approche de la « Société éducative », visant à impliquer familles, collectivités et secteur privé, est également saluée pour son caractère innovant.

Malgré ces avancées, plusieurs faiblesses majeures continuent de freiner l’atteinte d’une éducation inclusive et équitable. La COSYDEP tire la sonnette d’alarme sur les inégalités géographiques : dans les zones rurales, seulement 72,7 % des enfants sont inscrits à l’école primaire, contre des chiffres bien plus élevés en milieu urbain. Le phénomène du décrochage scolaire reste préoccupant, avec 20,9 % des enfants âgés de 6 à 16 ans n’ayant jamais été scolarisés.

Le déficit criant d’enseignants représente également un frein au bon fonctionnement du système. Bien que l’État ait recruté 2 000 nouveaux enseignants via le concours de recrutement des maîtres (CREM), il reste encore 4 527 postes vacants, selon les estimations. La COSYDEP appelle ainsi à une planification plus rigoureuse, avec un objectif ambitieux de 35 000 enseignants à atteindre dans les prochaines années.

La question des infrastructures reste un chantier de taille. Le gouvernement a promis d’éliminer les abris provisoires d’ici 2029, alors que 7 145 structures précaires sont encore en usage. La COSYDEP insiste sur la nécessité de coupler la construction de nouvelles salles de classe avec la réhabilitation des bâtiments existants et une meilleure rationalisation de la carte scolaire.

Enfin, la digitalisation intégrale du système éducatif, bien que annoncée comme une réforme stratégique, tarde à se matérialiser sur le terrain. Pour la COSYDEP, cette lenteur compromet les ambitions de modernisation de l’école sénégalaise à l’ère du numérique.

Au terme de cette première année, le nouveau régime a posé les jalons d’une réforme éducative en profondeur. Cependant, la COSYDEP invite à aller plus loin, en concentrant les efforts sur les zones rurales, la formation professionnelle, l’inclusion sociale et la gestion rigoureuse des ressources humaines et infrastructurelles. L’éducation reste, plus que jamais, un levier essentiel pour bâtir un Sénégal équitable, prospère et résilient.

Énergie : Birame Soulèye Diop annonce une baisse spectaculaire du prix de l’électricité à 60 FCFA le KWh

Bonne nouvelle pour les ménages et les entreprises : le coût du kilowattheure (KWh) d’électricité au Sénégal pourrait bientôt être réduit de moitié. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a annoncé ce dimanche 6 avril 2025 sur Radio Sénégal Internationale (RSI), dans l’émission En Vérité, que le prix du KWh passerait de 117 FCFA à 60 FCFA, une baisse rendue possible par les réformes structurelles en cours dans le secteur énergétique.

Cette réduction historique s’inscrit dans un vaste programme de transformation du secteur énergétique sénégalais. Selon Birame Soulèye Diop, il s’agit de repenser en profondeur la chaîne de valeur de l’électricité, de la production à la distribution, en passant par le transport et la gestion des infrastructures.

« Cette baisse n’est pas le fruit d’un miracle, mais d’une volonté politique claire de mettre fin aux surcoûts, d’éliminer les gaspillages et de rendre l’électricité plus accessible à tous », a-t-il affirmé au micro de RSI.

Le ministre a expliqué que cette réforme vise non seulement à soulager les consommateurs, mais aussi à renforcer la compétitivité du tissu économique sénégalais, en particulier les industries et les PME qui subissent encore un coût de production élevé à cause de la facture énergétique.

En toile de fond, le gouvernement cherche également à renforcer la souveraineté énergétique du pays en misant davantage sur des sources locales et renouvelables.

Cette annonce intervient dans un contexte où la question du pouvoir d’achat est au cœur des préoccupations des Sénégalais. Si la baisse du coût de l’électricité se concrétise, elle marquera une rupture significative avec les décennies passées, où les tarifs n’ont cessé de grimper, souvent sous la pression des subventions, des importations de combustibles, ou encore des déséquilibres financiers de la SENELEC.

Kaolack / Incendies dans les marchés : Le Premier ministre Ousmane Sonko peut compter sur l’expérience de Souleymane Ndiaye pour faire face à ces drames

(Par Asse Abdoulahi Touré, responsable politique des jeunes de la S2D, section Kaolack)

Les récents incendies qui ont ravagé le marché Sandaga ravivent une douleur collective que les Sénégalais connaissent trop bien. Ces drames, souvent causés par des installations électriques non conformes, mettent en péril la vie des citoyens, détruisent des années de sacrifices de braves commerçants et révèlent cruellement les failles de notre dispositif de prévention. Pourtant, des solutions existent. Et parmi ceux qui les portent avec rigueur et vision, un nom se détache avec éclat : Souleymane Ndiaye, Secrétaire général du parti S2D Yonou Natangué.

Ce que beaucoup ignorent, c’est que Souleymane Ndiaye, à travers ses collaborateurs et alliés techniques, a déjà contribué à jeter les bases d’une solution nationale durable en matière de sécurité électrique. En témoigne sa contribution décisive à la mise en place du Comité Sénégalais pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité (COSSUEL), une structure créée conformément au décret 2017-1333 du 08 juin 2017, et qui impose le contrôle de conformité des installations électriques intérieures selon la norme NS-01-001.

Cette initiative, pionnière au Sénégal, vise à prévenir les risques d’incendie d’origine électrique, à l’origine de la majorité des sinistres dans nos marchés et habitations. Ce n’est pas simplement une mesure administrative, mais un véritable bouclier de sécurité pour des millions de Sénégalais.

Souleymane Ndiaye a très tôt compris que la lutte contre l’insécurité passait par la rigueur normative, la sensibilisation des usagers et la responsabilisation des autorités locales. Il a toujours soutenu les démarches visant à rendre obligatoire le contrôle technique des installations électriques avant tout raccordement au réseau. C’est justement cette approche rigoureuse et proactive qui fait défaut aujourd’hui à l’État pour prévenir de nouveaux drames, comme celui de Sandaga.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, soucieux de souveraineté et déterminé à rompre avec les anciennes pratiques, gagnerait à s’appuyer sur des profils compétents, expérimentés et engagés, à l’image de Souleymane Ndiaye, pour refonder la sécurité publique sur des bases scientifiques et normatives solides. En l’intégrant dans son dispositif gouvernemental, Sonko adresserait un message fort : celui d’un État responsable qui n’attend pas la tragédie pour agir.

Les marchés ne doivent plus être des tombeaux collectifs. Le Sénégal mérite mieux. Il mérite des hommes de vision, des bâtisseurs de solutions. Et Souleymane Ndiaye en fait indéniablement partie.

Éducation – Le SAEMS alerte : « Les grandes réformes promises n’ont pas encore vu le jour »

Un an après la troisième alternance, le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS) tire la sonnette d’alarme. Réunis dans le cadre des travaux des commissions administratives nationales, les responsables du syndicat dénoncent le non-respect des engagements pris par l’État, notamment ceux liés aux réformes majeures du secteur éducatif.

Pour El Hadji Malick Youm, secrétaire général du SAEMS, le nouveau régime était attendu sur des chantiers prioritaires comme la refonte des programmes scolaires, l’introduction des langues nationales dans l’enseignement, ou encore la fin des abris provisoires. Pourtant, déplore-t-il, aucune de ces réformes n’a encore été mise en œuvre de manière concrète.

« Il faut tirer un premier bilan lucide : les grandes réformes attendues dans l’éducation n’ont pas encore vu le jour », a-t-il déclaré au micro d’iRadio.

Autre sujet de frustration : le programme de recrutement d’enseignants annoncé par le Premier ministre. Si le syndicat dit avoir « pris acte » des engagements annoncés, il dénonce un manque de clarté et de transparence dans le processus.

« Le recrutement aurait dû être beaucoup plus transparent. Et les quotas auraient dû être relevés pour répondre au déficit criant d’enseignants », martèle le SG du SAEMS.

Ce déficit, selon lui, est l’un des principaux freins à l’amélioration de la qualité de l’éducation dans le pays.

Le SAEMS insiste : l’éducation doit redevenir une priorité nationale. Les enseignants appellent l’État à honorer les accords signés, à faire preuve de volonté politique, et à accorder plus de respect aux acteurs de l’éducation.

« Nous attendons des gestes forts. Ce pays ne pourra pas se relever sans une école de qualité et une politique éducative cohérente », souligne El Hadji Malick Youm.

Ce bilan, dressé un an après l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe dirigeante, révèle une certaine déception au sein du corps enseignant. Si l’espoir était permis, la réalité semble pour l’instant bien en-deçà des attentes.

JMJ 2025 à Pout Diack – Mgr André Guèye secoue la jeunesse : « N’attendez pas qu’on décide à votre place »

La localité de Pout Diack, dans le département de Thiès, accueille cette année les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), un événement spirituel et festif qui rassemble des milliers de jeunes catholiques autour de la foi, du service et de la responsabilité. À cette occasion, Mgr André Guèye, évêque du diocèse de Thiès, a livré un message fort et sans langue de bois, appelant les jeunes à se réveiller et à prendre leur destin en main.

Au cours de la messe solennelle, l’évêque n’a pas caché sa préoccupation face à l’inaction d’une partie de la jeunesse. « Il y a des jeunes qui sont complètement amortis, immobiles, amorphes, inactifs, sans aucune initiative, attendant tout des parents ou des adultes », a-t-il lancé devant une foule attentive. Une critique lucide, mais surtout un appel à sortir de l’immobilisme et de la dépendance.

Mgr Guèye a rappelé que la jeunesse ne se mesure pas uniquement à l’âge, mais à la manière de penser et d’agir. « La jeunesse, c’est un état d’esprit, une mentalité, une qualité d’être », a-t-il insisté, en s’appuyant sur le thème des JMJ de Saint-Louis en janvier 2024 : « Ceux qui espèrent dans le Seigneur marchent sans se fatiguer ».

Pour lui, un jeune digne de ce nom doit être dynamique, généreux et ingénieux. « Il faut prendre des initiatives. N’attendez pas qu’on décide à votre place », a martelé le prélat. Un message à la fois spirituel et civique, qui invite les jeunes à devenir des acteurs engagés dans leurs communautés et dans la société.

Le thème retenu cette année à Pout Diack, « Vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi », pousse justement les jeunes à vivre leur foi dans l’action et le témoignage. Un thème en phase avec l’appel de Mgr Guèye à sortir de la passivité pour devenir des témoins vivants de l’Évangile et des citoyens responsables.

Et l’évêque de conclure avec une note d’encouragement : « Il y a aussi beaucoup d’adultes qui, dans leur manière de vivre, se reconnaissent encore jeunes. Je les félicite… »

Rufisque : un présumé voleur ligoté et lynché à mort à Darou Rahmane

Une scène d’une rare violence s’est déroulée ce samedi 5 avril 2025 au quartier Darou Rahmane, à Rufisque. Un homme, soupçonné de vol, a été ligoté entre deux poteaux électriques par des jeunes du quartier, avant d’être lynché à mort dans ce qui ressemble à une justice populaire.

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, l’homme aurait été pris en flagrant délit de tentative de vol dans une maison du quartier. Alertés, des jeunes l’auraient poursuivi, rattrapé, puis attaché entre deux poteaux avant de le rouer de coups. La scène a duré de longues minutes, sous les yeux de passants parfois impuissants, parfois complices, certains filmant même l’agression avec leurs téléphones.

À l’arrivée des secours, il était trop tard. La victime, grièvement blessée, a succombé sur place. Son identité reste inconnue, selon les premiers éléments de l’enquête ouverte par la police centrale de Rufisque, qui a rapidement sécurisé les lieux.

Un procès-verbal a été ouvert et des auditions ont débuté ce dimanche matin. Les enquêteurs cherchent à identifier non seulement la victime, mais aussi les auteurs de ce lynchage, désormais recherchés pour homicide.

Cet acte rappelle une fois de plus les dérives de la justice populaire, qui semble gagner du terrain face à la défiance de certains citoyens envers les forces de l’ordre ou le système judiciaire. Mais pour de nombreux juristes, nul n’a le droit de se substituer à la justice, quelles que soient les circonstances.

An 1 de la disparition d’Abdallah Dionne : sa coalition dénonce la loi d’amnistie et les licenciements abusifs

Ce 5 avril 2025 marque le premier anniversaire de la disparition de Mahammed Boun Abdallah Dionne, ancien Premier ministre et figure marquante de la vie politique sénégalaise. Pour rendre hommage à leur défunt leader, les membres de la Coalition Dionne 2024, désormais renommée Coalition D.J.O.N.E (Démocrates Justes et Ouverts pour une Nation de l’Éthique), ont tenu une conférence de presse ce samedi à Dakar, sous la direction de leur coordonnateur national Mouhamadou Moustapha Diagne.

Au-delà du souvenir et du recueillement, cette journée a surtout été l’occasion pour la coalition de dresser un constat alarmant de la situation nationale. Dans sa déclaration liminaire, Moustapha Diagne a exprimé la profonde préoccupation de la coalition face à la tournure politique, sociale et économique prise par le pays depuis quelques mois.

« Nous lançons un appel solennel au pouvoir en place pour revenir sur la loi portant interprétation de la loi d’amnistie. Nous exigeons son abrogation totale. C’est une loi dangereuse, qui menace la sécurité publique, la cohésion nationale et la stabilité du Sénégal », a-t-il martelé. Pour lui, il n’appartient pas à l’exécutif de désigner arbitrairement victimes et coupables : « Laissons la justice faire son travail. »

Autre sujet de préoccupation soulevé par la coalition : les licenciements abusifs qui se multiplient dans plusieurs secteurs. « On nous parle déjà de 3 000 licenciés. Cette pratique, souvent justifiée par des motifs douteux, est inacceptable. Le gouvernement doit y mettre un terme », a exigé M. Diagne.

La Coalition D.J.O.N.E. a aussi dénoncé une stigmatisation grandissante de l’opposition, des atteintes à la liberté de la presse et des pressions fiscales sur les entreprises, qu’elle juge néfastes à la compétitivité et à l’indépendance économique du pays.

Sur le plan judiciaire, la coalition appelle à une collaboration sincère entre le pouvoir et la justice, particulièrement concernant les procédures de liberté provisoire. « Le gouvernement doit accepter les cautionnements, cesser de s’opposer aux libertés provisoires et mettre un terme aux détentions préventives arbitraires, notamment dans les dossiers d’opposants comme Lat Diop, Farba Ngom, ou encore les hommes d’affaires Khadim Ba et Samuel Sarr », a plaidé le coordonnateur.

Enfin, la Coalition D.J.O.N.E. a appelé à l’unité des forces d’opposition face à ce qu’elle qualifie de dérives du régime en place. Elle souhaite également encadrer la nouvelle génération de leaders politiques pour mieux préparer l’avenir et offrir une véritable alternative au pouvoir actuel.

Kaolack – Fête de l’Indépendance : Civisme, changement climatique, abus et violence au cœur de la première édition

À Kaolack, une synergie d’actions entre différents acteurs — communautés, institutions, ONG, secteur privé, etc. — a permis de mutualiser les efforts, les compétences et les ressources. Cette dynamique a renforcé l’efficacité des initiatives en faveur d’un développement durable et inclusif.

C’est dans cette optique qu’une journée de sensibilisation a été organisée ce samedi au quartier Thioffack, dans la commune de Kaolack, en prélude à la célébration de la première édition de la fête de l’indépendance.

Lors de son intervention, il a mis l’accent sur des thématiques clés telles que l’unité, la paix, le civisme, la citoyenneté et la préservation de l’environnement.

Le Club Changement Climatique, quant à lui, a sensibilisé les participants sur les enjeux du changement climatique et les bonnes pratiques à adopter pour un développement durable et inclusif.

La journée a également été rythmée par des activités culturelles et des jeux populaires, renforçant les valeurs de solidarité, d’engagement civique et de responsabilité communautaire.

Les autorités locales et les notables de Thioffack ont salué l’engagement des jeunes pour le développement de leur quartier.

Pour eux, l’implication de la jeunesse dans la vie de la nation constitue un levier fondamental pour le développement durable, la paix et la cohésion sociale.

4 Avril : Badara Gadiaga salue la prestance de l’armée et appelle à plus de respect envers les forces de défense et de sécurité

À l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, célébré le 4 avril dernier, le chroniqueur Badara Gadiaga a tenu à saluer la prestance, la discipline et la grandeur des forces de défense et de sécurité sénégalaises, mises en lumière lors du traditionnel défilé militaire.

Dans une déclaration empreinte de solennité, Gadiaga a souligné la fierté exprimée par le président Bassirou Diomaye Faye, autrefois critique de ce qu’il qualifiait de « militarisation excessive » sous le régime précédent. « Aujourd’hui, le président Diomaye connaît l’importance de la militarisation matérielle. Et que celle-ci n’était pas pour Macky Sall, mais pour la nation sénégalaise », a-t-il affirmé. Selon lui, ce changement de posture montre à quel point les réalités du pouvoir diffèrent des discours d’opposition.

Le chroniqueur a également tenu à souligner que les soldats sénégalais ne sont l’apanage d’aucun parti politique. « Ces soldats ne sont pas des soldats de l’Apr, ni du Pastef, ni du Pds. Ce sont des vaillants guerriers qui défendent les couleurs de notre nation », a-t-il martelé, tout en dénonçant les accusations selon lesquelles les défilés militaires serviraient à intimider le peuple. « C’est une preuve suffisante que le défilé n’a jamais été organisé pour faire peur, contrairement à ce que disait jadis le PM Ousmane Sonko », a-t-il soutenu.

Badara Gadiaga a appelé à un plus grand respect des forces de défense et de sécurité, insistant sur leur rôle fondamental dans la stabilité du pays. Il a notamment rendu hommage à des figures emblématiques comme le général Moussa Fall et le général Kandé, saluant leur engagement et leur loyauté.

« Avec tout ce qui s’est passé dans ce pays, la police et la gendarmerie ont su maintenir l’ordre, pendant que les militaires sont restés dans les casernes. Nous devons respect et considération à la grande muette », a-t-il insisté.

En conclusion, Gadiaga s’est réjoui du sentiment de fierté partagé par les Sénégalais à l’égard de leur armée. « On a tout dit sur nos forces de défense et de sécurité, mais sans elles, l’ordre et la discipline auraient été relégués au second plan », a-t-il conclu, soulignant l’importance d’une armée forte, respectée et bien équipée pour garantir la souveraineté et la stabilité du Sénégal.

Immigration irrégulière à Mbour : Le préfet Amadou Diop plaide pour l’installation d’une base marine

À l’occasion de la cérémonie du défilé du 4 avril 2025 à Mbour, marquant la célébration de la fête de l’indépendance du Sénégal, le préfet Amadou Diop a exprimé de vives préoccupations face à l’ampleur persistante du phénomène de l’immigration irrégulière. Profitant de la solennité de l’événement, le représentant de l’État a appelé à une intensification des moyens de lutte, notamment par l’installation d’une base marine dans la localité.

S’exprimant à la fin des festivités, le préfet a mis en lumière les efforts déjà consentis par les autorités pour contrer ce fléau. Il a salué le travail du comité de lutte contre l’immigration clandestine, mis en place par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique à la suite du tragique chavirement d’une pirogue ayant coûté la vie à une vingtaine de personnes. Ce comité, actif depuis le début de l’année 2025, a misé sur des stratégies de sensibilisation et de prévention.

« Quand on parle de l’immigration clandestine, il faut féliciter la gendarmerie, mais aussi toutes les forces de défense et de sécurité qui luttent quotidiennement pour freiner ce fléau », a souligné le préfet, insistant sur la constance et l’efficacité des actions menées sur le terrain.

Le bilan de ces interventions est éloquent. De janvier à début avril 2025, au moins 500 candidats à l’immigration irrégulière ont été interceptés grâce à l’action conjointe de la gendarmerie et d’autres services de sécurité. Ce chiffre témoigne de l’ampleur du phénomène, mais aussi de la vigilance accrue des forces de l’ordre.

Au-delà des mesures sécuritaires, Amadou Diop a insisté sur la nécessité d’une synergie entre les autorités et les populations locales. Il a invité les habitants à signaler toute activité suspecte, en particulier autour des plages ou dans les maisons abandonnées, souvent utilisées comme points de départ par les candidats à l’émigration.

Dans cette dynamique, le préfet a aussi salué le rôle des relais communautaires, notamment les délégués de quartiers et les chefs de village, dans les campagnes de sensibilisation menées auprès des jeunes. « Et au-delà de ce plaidoyer, nous continuons la sensibilisation à travers les délégués de quartiers, les chefs de village, pour une plus grande collaboration des populations dans la lutte contre l’immigration clandestine », a-t-il conclu.

Diomaye Faye : “Chaque Sénégalais doit être une sentinelle de la bonne gouvernance”

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé son engagement en faveur de la transparence et de la lutte contre la corruption, lors d’un face-à-face avec la presse nationale. Dans un ton à la fois ferme et rassembleur, il a appelé les citoyens à s’impliquer activement dans la préservation des deniers publics.

« Il faut que les Sénégalais sachent que l’argent du contribuable appartient à tout le monde et que chacun doit être une sentinelle de la bonne gouvernance, tandis que l’État assure la sécurité de tous », a déclaré le chef de l’État. Une manière pour lui de souligner que la gestion des ressources publiques n’est pas l’affaire exclusive des autorités, mais une responsabilité partagée avec les citoyens.

Conscient du fléau que représente la corruption pour le développement économique et social, Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’un combat collectif contre ce mal. « La corruption doit être combattue par tous, car aucun pays ne peut se développer avec une corruption endémique, comme celle qui sévit au Sénégal », a-t-il martelé, dénonçant sans détour les dérives du passé.

Dans cette dynamique, le président a annoncé une mesure forte et symbolique : désormais, les rapports de l’OFNAC (Office national de lutte contre la fraude et la corruption), de la Cour des comptes et des autres corps de contrôle seront rendus publics. Une décision saluée par les acteurs de la société civile, qui y voient un pas important vers une meilleure transparence de l’action publique.

« Nous nous remettons à Dieu, mais nous avons aussi nos corps de contrôle qui effectuent un excellent travail », a-t-il ajouté, en réaffirmant sa confiance dans les institutions chargées de veiller à la régularité de la gestion publique.

Ce virage vers plus de transparence et de redevabilité s’inscrit dans la vision d’une gouvernance sobre et vertueuse, chère au tandem Diomaye Faye – Ousmane Sonko. Un message fort envoyé à l’administration, aux élus, mais aussi à la population, invitée à jouer pleinement son rôle de vigie démocratique.

Autonomie industrielle des armées : le Sénégal investit 35 milliards dans une usine de véhicules militaires à Mbacké

À l’occasion de la fête de l’indépendance, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé un projet phare pour renforcer l’autonomie de l’armée sénégalaise : la construction d’une usine d’assemblage de véhicules militaires à Mbacké. Ce projet de 35 milliards FCFA marque un tournant dans la stratégie nationale de souveraineté technologique.

Dans son adresse à la Nation du 3 avril 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a mis en lumière une initiative d’envergure : la création d’une usine d’assemblage de véhicules militaires tactiques à Mbacké, dans la région de Diourbel, pour un montant de 35 milliards de FCFA.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la nouvelle doctrine de souveraineté technologique et industrielle adoptée par le gouvernement. Il reflète l’ambition du Sénégal de se libérer progressivement de la dépendance aux importations militaires, tout en valorisant les compétences et ressources locales.

L’usine, portée par l’entreprise Industrie Sénégal de Véhicules Militaires (ISEVEM), a pour vocation de produire jusqu’à 1 000 véhicules par an destinés aux Forces de défense et de sécurité. L’infrastructure permettra non seulement d’améliorer l’équipement des forces armées, mais aussi de stimuler l’économie locale à travers la création d’emplois directs et indirects dans la région de Diourbel.

« Cette modernisation est essentielle à la souveraineté et à la sécurité collective de notre pays », a déclaré le chef de l’État dans son discours.

Le 7 novembre 2024, un protocole d’accord a été signé entre l’État du Sénégal et la société ISEVEM. La cérémonie de signature, tenue à Dakar, a réuni le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, témoignant de l’engagement de plusieurs ministères dans ce projet stratégique.

Ce partenariat public-privé constitue une première étape vers l’industrialisation de l’armement made in Sénégal, et s’inscrit dans une vision panafricaine de coopération technologique et industrielle.

En complément à ce projet, le président Diomaye Faye a également annoncé la création d’un Prix de l’Innovation technologique et industrielle à vocation militaire. Ce prix vise à encourager les talents sénégalais dans la conception de solutions innovantes pour les forces armées, en valorisant la recherche et le génie national.

65e anniversaire de l’indépendance : Diomaye Faye appelle à une coopération régionale renforcée

À l’occasion de la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, ce vendredi 4 avril 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a lancé un appel solennel à un renforcement de la coopération régionale. Devant ses homologues de la sous-région venus assister au défilé national à Dakar, il a réaffirmé l’attachement du Sénégal à des relations fraternelles et constructives avec ses voisins immédiats, dans un esprit de paix, de solidarité et de développement partagé.

Entouré du président de la Gambie Adama Barrow, de celui de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embaló, du président de la République islamique de Mauritanie Mohamed Ould Ghazouani, et du vice-président du Nigéria Kashim Shettima, le chef de l’État sénégalais a exprimé sa reconnaissance et sa volonté de faire de la coopération régionale un pilier de sa politique extérieure.

« Votre présence traduit notre attachement commun aux relations historiques d’amitié fraternelle, de parenté, de voisinage et de coopération conviviale entre nos pays », a-t-il déclaré dans un discours à haute portée symbolique prononcé après le défilé du 4 avril.

Diomaye Faye a choisi de s’inspirer des propos de Mamadou Dia, premier président du Conseil des ministres du Sénégal, en 1961, pour adresser son message à ses hôtes :

« Je voudrais vous demander, chers hôtes, de bien vouloir accepter de vous faire les interprètes auprès des peuples et des gouvernements que vous représentez, de notre sympathie sincère et de notre profond désir de coopération pour bâtir cet univers de paix et de développement harmonieux indispensable au bonheur des hommes et des peuples. »

Au-delà de l’appel à la coopération, la journée du 4 avril a également été marquée par un geste hautement symbolique du président Faye. L’ex-boulevard Général-de-Gaulle, axe emblématique de la capitale qui mène à la place de la Nation, a été officiellement rebaptisé Boulevard du Président Mamadou Dia. Une décision annoncée lors du dernier Conseil des ministres et désormais matérialisée à l’occasion des festivités nationales.

« Nous venons de célébrer avec éclat le 65e anniversaire de l’indépendance de notre pays à travers une très belle et riche cérémonie marquée par un défilé impeccable. Dans cette grande et splendide avenue que j’ai baptisée récemment Boulevard du Président Mamadou Dia, digne fils du Sénégal… », a affirmé le chef de l’État.

En rendant hommage à Mamadou Dia, figure majeure de l’histoire postcoloniale du Sénégal, le président Faye poursuit sa politique de valorisation des héros nationaux et de réappropriation de l’espace public, dans une logique de rupture avec les symboles de l’époque coloniale.

Placée sous le thème « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité », la 65e fête nationale a aussi été l’occasion pour le président de réaffirmer son ambition de bâtir un Sénégal souverain, autonome dans ses choix économiques, technologiques et militaires. Le grand défilé, regroupant civils et militaires, a illustré cette volonté de modernisation et de montée en puissance des capacités nationales.

En définitive, cette édition 2025 de la fête de l’indépendance aura été l’expression d’un double message : un ancrage historique assumé avec la reconnaissance de figures nationales majeures comme Mamadou Dia, et une diplomatie d’ouverture et de coopération africaine affirmée, pour répondre ensemble aux défis du continent.

Sénégal – 65e anniversaire de l’indépendance : une fête nationale sous le sceau de la rupture et de la souveraineté

Ce 4 avril 2025, le Sénégal a célébré le 65e anniversaire de son indépendance dans une atmosphère de renouveau et de symboles forts. Pour sa première fête nationale en tant que chef de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye a marqué l’événement par des gestes politiques significatifs, à commencer par le rebaptême du célèbre boulevard Général-de-Gaulle, désormais nommé boulevard Mamadou-Dia, du nom du premier Premier ministre du Sénégal indépendant. Une décision saluée comme un acte de rupture assumée avec l’héritage colonial, mais aussi comme une volonté affirmée de réappropriation de l’histoire nationale.

Dans les rues de Dakar, notamment dans le quartier du Plateau, les drapeaux vert-jaune-rouge flottaient au vent, et la ferveur patriotique se faisait ressentir dès les premières heures de la matinée. Plus de 6 000 civils et militaires ont défilé devant le président Bassirou Diomaye Faye, installé à la tribune officielle, aux côtés de plusieurs chefs d’État invités : Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Adama Barrow (Gambie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et Bola Tinubu (Nigeria).

Le cortège a traversé pour la première fois l’artère centrale de la capitale désormais appelée boulevard Mamadou-Dia, en hommage à cette figure historique majeure, artisan de l’indépendance sénégalaise et compagnon de Léopold Sédar Senghor. Ce changement de nom, décidé en Conseil des ministres le 2 avril, a été présenté comme un geste symbolique fort destiné à marquer cette édition de la fête nationale d’un sceau particulier : celui de la rupture et de la souveraineté retrouvée.

Cette mesure n’est pas un simple changement de signalétique urbaine. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large voulue par le président Diomaye Faye : réhabiliter les figures historiques africaines et débarrasser l’espace public sénégalais des vestiges du passé colonial. Pour de nombreuses organisations citoyennes, à l’image du Front pour une Révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine (FRAPP), il s’agit d’un tournant symbolique dans la quête de décolonisation des noms de rues et des monuments publics.

Cette volonté ne date pas d’hier. En 2020 déjà, la statue du gouverneur colonial Louis Faidherbe à Saint-Louis avait suscité de vifs débats sur la place de ces figures coloniales dans l’espace public. La place qui portait son nom a depuis été renommée Place Ndar, du nom wolof de la ville. En décembre dernier, lors de la commémoration du massacre de Thiaroye, Diomaye Faye avait réaffirmé son engagement pour une « réappropriation historique » en évoquant une série de propositions de renommage autour des anciens tirailleurs sénégalais et d’autres figures anticolonialistes.

Au-delà des symboles, la fête nationale a également été l’occasion de rappeler les enjeux contemporains de souveraineté, notamment dans le domaine de la défense et de la sécurité nationale. Le thème de cette 65e célébration était d’ailleurs évocateur : « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité ».

Dans un contexte de révision des accords militaires et du départ annoncé des éléments français présents au Sénégal, le pouvoir en place affiche une volonté claire : renforcer l’autonomie stratégique du pays. Cela passe par la modernisation des équipements, le développement de l’industrie de défense locale, et une meilleure maîtrise des technologies dans un environnement sécuritaire régional marqué par l’instabilité.

La veille, le 3 avril, dans son traditionnel discours à la Nation, le président Diomaye Faye a fait le point sur sa première année à la tête du pays. Il a rappelé les réformes engagées pour corriger les déséquilibres économiques, améliorer la gestion des finances publiques, et initier des projets dans des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou la justice.

Reconnaissant la gravité de la situation économique, il a appelé les Sénégalais à faire preuve de résilience, de solidarité active et d’engagement patriotique, martelant que la cohésion nationale devait être la boussole du pays. Il a également souligné que les efforts pour faire baisser les prix des denrées de première nécessité allaient se poursuivre, tout en annonçant le lancement prochain de plusieurs programmes structurants, dont la phase 2 du PAVIE pour l’autonomisation des femmes et la création de 3 000 fermes intégrées.

Ce 4 avril 2025 restera dans les mémoires comme une fête nationale de rupture, symbolique autant que politique. Le changement de nom du boulevard Général-de-Gaulle, la présence de figures panafricaines, la thématique centrée sur la souveraineté militaire, et le discours présidentiel ancré dans les enjeux structurels du pays témoignent tous d’un nouvel élan voulu par le pouvoir de Diomaye Faye. Reste à savoir si cette dynamique s’inscrira dans la durée et si les actes suivront véritablement les symboles pour bâtir un Sénégal résolument tourné vers l’avenir.

Kaolack – Célébration du 65e anniversaire de l’indépendance : Les autorités saluent l’engagement de Sérigne Mboup pour la réussite de l’événement

Comme chaque année, le Sénégal a célébré le 4 avril la fête de son indépendance, marquant en 2025 le 65e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, acquise le 4 avril 1960. À Kaolack, la cérémonie officielle s’est tenue sur le boulevard El Hadji Abdoulaye Niasse, avec un impressionnant défilé civil et militaire.

Au total, 737 militaires et paramilitaires, ainsi que 625 civils, ont pris part au défilé. À l’issue de ce moment solennel, le gouverneur de la région de Kaolack, Mouhamed Moctar Watt, a pris la parole pour s’adresser à la population, suivi par le colonel Diouma Sow, commandant de la zone militaire n°3.

« À l’instar de la communauté nationale, la région de Kaolack vient de célébrer le 65e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. C’est pour nous l’occasion de rendre un vibrant hommage à ceux de nos compatriotes qui ont fait le choix du port des armes, du port de l’uniforme, pour être au service de la République, de l’État et de la nation. Ce sont des hommes animés d’un sens élevé du devoir, extrêmement dévoués et au service exclusif des citoyens, veillant chaque jour à leur sécurité », a souligné le gouverneur.

Le thème de cette année, « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces armées », s’inscrit dans la droite ligne de l’Agenda 2050. « En effet, le soir du 24 mars 2024, le peuple sénégalais, souverain et responsable, a fait le choix d’une nouvelle alternance, de manière claire et sans équivoque. Il nous revient à tous d’adhérer à ce nouveau projet national, qui ambitionne de faire de notre pays, à l’horizon 2050, une nation souveraine, juste et prospère », a-t-il ajouté. « La souveraineté est désormais au cœur des préoccupations de nos nouvelles autorités. Le choix de ce thème s’inscrit parfaitement dans leurs engagements envers la population. »

Profitant de l’occasion, le gouverneur a lancé un appel aux populations de la région de Kaolack pour les inviter à se mobiliser derrière Son Excellence le président de la République, M. Bassirou Diomaye Faye, afin d’accompagner sa vision pour le pays.

Le gouverneur a également tenu à saluer la qualité de l’organisation de l’événement, exprimant sa gratitude au maire de Kaolack, Sérigne Mboup, pour son implication personnelle dans la réussite de la cérémonie.

Prenant à son tour la parole, le colonel Diouma Sow, commandant de la zone militaire n°3, a exprimé sa reconnaissance au commandant des troupes, le lieutenant-colonel Sérigne Faye, saluant son sérieux, son professionnalisme et son sens du devoir.

« Je voudrais également parler de la mairie de Kaolack. Ce que j’ai vu ici en 29 ans de carrière d’officier, je ne l’avais jamais vu : une mairie qui anticipe, qui prend en compte les besoins de tous les participants au défilé, de la maternelle jusqu’aux troupes militaires et paramilitaires. Franchement, à travers le maire Sérigne Mboup, j’ai vu un geste fort. Son appui est constant. Nous ne pouvons que lui témoigner toute notre reconnaissance », a-t-il conclu.

Kaolack / Célébration du 4 Avril : Sérigne Mboup rend un vibrant hommage à l’armée et rebaptise une rue de 160 m “Rue des Diambars”

Ce vendredi 4 avril 2025, à l’occasion de la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, la commune de Kaolack a vécu un moment fort en symboles et en reconnaissance. Dans une ambiance solennelle, le maire Sérigne Mboup a officiellement rebaptisé la Rue des Écoles en “Rue des Diambars”, sur une distance de 160 mètres, en hommage à l’armée sénégalaise.

« C’est une manière de reconnaître l’engagement et le sacrifice de l’armée sénégalaise, notamment à travers la zone militaire n°3 dirigée par le colonel Diouma Sow, au service de notre communauté », a déclaré le maire lors de la cérémonie. Ce geste symbolique vient renforcer les liens déjà étroits entre la municipalité et les forces armées.

Il convient de rappeler que, il y a quelques mois, la zone militaire n°3 avait organisé une formation dédiée aux agents municipaux, axée sur la conduite et la maîtrise des engins lourds. Cette initiative visait à renforcer les compétences techniques des agents, notamment dans les domaines de l’assainissement, de l’entretien routier et de la gestion des infrastructures urbaines.

Pour le maire Sérigne Mboup, cette collaboration s’inscrit dans une dynamique plus large de partenariat civilo-militaire. Il s’agit, selon lui, d’un modèle de coopération à encourager et à élargir, car il permet d’unir les efforts pour le développement local et l’amélioration des services publics.

Par ailleurs, l’édile de Kaolack a profité de l’occasion pour informer la population du lancement imminent des travaux de réhabilitation de certaines routes de la ville. Il a toutefois lancé un appel pressant aux autorités compétentes pour une intervention urgente sur les routes secondaires, souvent laissées à l’abandon.

« Ces routes, bien que moins visibles, sont essentielles à la mobilité et à la vie quotidienne des populations », a-t-il martelé. En attendant des réponses structurelles, la mairie prévoit de mettre en œuvre des solutions temporaires, telles que le pavage de certaines zones critiques, grâce à ses ressources propres.

Cette cérémonie, empreinte de patriotisme et d’espoir, a rappelé combien les valeurs de solidarité, d’engagement et de reconnaissance mutuelle demeurent au cœur de la gouvernance locale.

Nioro du Rip / Médina Sabakh : Les populations réclament des solutions à leurs maux

Les populations des 13 villages de la commune de Médina Sabakh, dans le département de Nioro du Rip, expriment de plus en plus leur mécontentement face aux nombreuses difficultés qu’elles rencontrent au quotidien. Entre le manque d’infrastructures routières, les problèmes sanitaires, l’absence de murs de clôture dans les écoles, elles réclament des solutions concrètes aux nouvelles autorités du pays, rappelant que l’État est une continuité.

Réunies ce mercredi face à la presse, elles ont fait entendre leur voix à travers l’Association And Suxali Sunu Gox. “Nous, populations des 13 villages situés à l’ouest de la commune de Médina Sabakh, rappelons aux nouvelles autorités leurs anciennes promesses électorales, notamment la réhabilitation de la route reliant Keur Samba Couta à Keur Ayib. Nous ne vivons que de promesses sans suite. À plusieurs reprises, nous avons vu des topographes arpenter nos villages. Nous avons même assisté à une pose de première pierre, mais depuis, plus rien”, a dénoncé Médoune Camara, porte-parole des populations.

Des routes en piteux état, un calvaire pour les habitants

Entre espoir et désillusion, les habitants des 13 villages réclament le démarrage effectif des travaux de réhabilitation de la route. “Nous perdons des heures à cause des nids-de-poule et des détours. Cela nous coûte cher en carburant et en réparations de véhicules”, a souligné M. Camara. La situation devient encore plus critique pendant la saison des pluies, où les routes deviennent impraticables, isolant certaines localités.

Un plaidoyer pour l’électrification rurale

L’électrification des villages demeure une priorité pour le développement des communautés rurales. “L’accès à l’électricité améliorerait notre qualité de vie en facilitant l’éducation, l’accès aux soins de santé, le développement de l’économie locale et en renforçant la sécurité”, a plaidé le porte-parole. Il exhorte les autorités à accélérer les projets d’électrification pour couvrir les villages encore privés d’électricité.

La gestion de l’eau en question

Autre point de revendication : la gestion de l’eau par la société Flexeau. “Nous demandons son départ sans condition. Le prix du mètre cube d’eau est excessif : nous payons 250 francs CFA, alors que dans d’autres localités, il est à 150 francs CFA”, a dénoncé M. Camara.

Des écoles non sécurisées et des structures sanitaires défaillantes

Au-delà de ces doléances, le manque de murs de clôture dans certaines écoles pose un réel problème de sécurité pour les enfants. De plus, les structures sanitaires souffrent d’un manque criard de médicaments, compliquant l’accès aux soins pour les habitants.

Face à cette situation préoccupante, les populations des 13 villages de la commune de Médina Sabakh interpellent les nouvelles autorités du pays et leur rappellent que l’État est une continuité. Elles attendent des actes concrets pour améliorer leurs conditions de vie.

15e anniversaire du Monument de la Renaissance africaine : une Afrique forte et unie au cœur du débat

Chaque année, le 3 avril, l’anniversaire du Monument de la Renaissance africaine est célébré avec solennité. Symbole de l’unité et de la fierté africaines, ce monument emblématique situé à Dakar, au Sénégal, incarne la résilience et les aspirations du continent.

Pour cette 15e édition, le Congo, pays frère du Sénégal, était l’invité d’honneur. La journée s’est déroulée en présence effective de Mme Khady Diène Gaye, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture du Sénégal, et de son homologue congolaise, Mme Lydie Pongault, Ministre de l’Industrie Culturelle, Touristique, Artistique et des Loisirs de la République du Congo.

L’Administrateur général du monument, Biram Mbarou Diouf, a rappelé que la Renaissance africaine est une exigence historique. Selon lui, elle engage une responsabilité à la fois individuelle et collective. Le Dr Bakary Ndiaye a, quant à lui, souligné que cette journée porte un message d’espoir et de renouveau pour tous les Africains.

Il a ajouté que la Renaissance africaine est une posture éthique, une responsabilité intellectuelle, une dynamique nécessaire pour interroger nos héritages, confronter nos trajectoires et projeter nos sociétés vers des horizons nouveaux. Il a insisté sur l’importance de se réapproprier nos récits, nos langues, nos savoirs et nos symboles pour reconquérir un espace mental longtemps confisqué.

De son côté, le Secrétaire d’État à la Culture, aux Industries Créatives et au Patrimoine Historique, Dr Bakary Sarr, a réaffirmé la portée du thème de cette année : « L’Afrique dans le Monde ».

Dr Sarr a conclu que la Renaissance africaine n’est ni un slogan, ni un rêve lointain, mais un chantier permanent, une œuvre collective qui appelle l’engagement de chaque Africain, par l’intellect, la créativité, et le devoir de servir la mère patrie.

Les festivités ont été marquées par des cérémonies culturelles, des panels intellectuels, ainsi que des événements artistiques, dans une volonté commune de valoriser l’héritage africain et de promouvoir une vision d’avenir tournée vers l’unité et la solidarité du continent.

Accès universel à l’eau et à l’électricité : Les assurances du président Bassirou Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé son engagement en faveur de l’accès universel à l’eau et à l’électricité pour tous les Sénégalais. Lors de son discours à la Nation, ce jeudi 3 avril 2025, à la veille du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, il a présenté les actions et projets en cours pour garantir ces services essentiels aux populations.

Le chef de l’État a mis l’accent sur l’importance de l’accès à l’eau potable, un enjeu majeur pour le développement du pays. Il a ainsi annoncé la mise en œuvre de projets structurants visant à renforcer l’approvisionnement en eau des populations.

« Conscients de la priorité de l’accès universel à l’eau, nous avons engagé la réalisation de la phase 2 des forages ruraux et lancé les études de faisabilité du ‘Grand transfert d’eau’ », a déclaré le président Faye.

Selon lui, ce projet, couplé aux « Autoroutes de l’eau », permettra de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de près de 15 millions de Sénégalais.

En ce qui concerne l’électricité, le président Faye a tenu à rassurer la population sur la volonté de son gouvernement d’accélérer les initiatives en cours pour atteindre l’objectif d’un accès universel à l’énergie.

« Dans la même dynamique, nous accélérons les projets sur l’électrification rurale pour l’atteinte rapide de l’accès universel à l’électricité », a-t-il affirmé.

Il a également insisté sur l’importance d’une gestion rigoureuse des chantiers afin d’éviter les surcoûts et les retards.

« Nous veillerons rigoureusement à la bonne exécution des chantiers afin que les délais soient respectés et les coûts maîtrisés, notamment grâce à la renégociation de contrats majeurs permettant l’électrification de 2 740 localités supplémentaires », a précisé le président.

Ces annonces traduisent la volonté du gouvernement de faire de l’accès à l’eau et à l’électricité une réalité pour tous. En misant sur des projets ambitieux et une meilleure gestion des ressources, le président Bassirou Diomaye Faye entend accélérer le développement économique et améliorer les conditions de vie des Sénégalais, en particulier dans les zones rurales.

Diomaye Faye : « L’état des finances publiques de notre pays nous impose de compter d’abord sur nous-mêmes

À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a adressé, ce 3 avril 2025, un message solennel à la Nation. Un discours marqué par un appel à la résilience, à la solidarité et à l’engagement patriotique, alors que l’audit des finances publiques a révélé d’importantes irrégularités.

Dans son allocution, le chef de l’État a mis en avant la nécessité pour les Sénégalais de « compter d’abord sur nous-mêmes » afin de redresser la situation économique du pays. « L’état des finances publiques de notre pays, tel que révélé par l’audit effectué, nous impose de compter d’abord sur nous-mêmes, pour redresser la situation. Nous en sommes bien capables et nous le réussirons avec la mobilisation de toutes et de tous ! », a-t-il déclaré.

Face aux nombreux défis qui se posent, le président Faye exhorte chaque citoyen à faire preuve de résilience et de solidarité. « Regarder dans la même direction, celle du proche avenir de nos enfants, doit être l’horizon fédérateur de toutes nos énergies », a-t-il insisté.

Cet appel intervient dans un contexte économique délicat. La Cour des comptes a publié, le 12 février 2025, un rapport d’audit couvrant la période 2019 – 31 mars 2024. Ce document a mis en lumière de graves irrégularités dans la gestion des finances publiques sous l’ancien régime, révélant des dépenses injustifiées, des passifs importants et une dette publique préoccupante.

Le président Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une gouvernance transparente et rigoureuse, s’engage à prendre les mesures nécessaires pour redresser la situation et éviter que le pays ne tombe dans une crise financière plus profonde.

Cette année, la célébration de la fête de l’indépendance s’articule autour du thème « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité ». Un choix qui reflète la volonté du gouvernement de renforcer l’autonomie stratégique du pays en matière de défense et de sécurité nationale.

Alors que le Sénégal célèbre ses 65 ans d’indépendance, l’heure est à la mobilisation collective pour relever les défis économiques et tracer les bases d’un avenir prospère. Le message du président Faye se veut donc une invitation à l’effort et à la responsabilité, pour bâtir un Sénégal résilient et souverain.

Cohésion sociale : Sonko chargé d’organiser une grande consultation nationale

Dans un contexte marqué par des tensions sociales et politiques, le président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement en faveur du vivre-ensemble et de l’unité nationale. Lors de son adresse à la Nation, à la veille de la célébration du 64e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le chef de l’État a annoncé une initiative d’envergure pour renforcer la cohésion sociale dans le pays.

Le président Faye a placé l’unité nationale au cœur de son action, affirmant que « la cohésion nationale est le véritable trésor commun du Sénégal ». Conscient des divisions nées des crises récentes et des défis sociaux à relever, il souhaite instaurer un dialogue national inclusif qui implique toutes les composantes de la société.

Dans cette dynamique, il a confié à son Premier ministre, Ousmane Sonko, la mission d’organiser une grande consultation nationale qui rassemblera tous les acteurs clés du pays.

Le président de la République a insisté sur la nécessité d’un processus participatif impliquant toutes les parties prenantes. « J’ai récemment instruit le Premier ministre, Monsieur Ousmane Sonko, d’organiser la grande concertation nationale avec les partenaires sociaux, les autorités religieuses et coutumières, la société civile, le secteur privé et l’ensemble des forces vives de la Nation. Nous poursuivrons sans relâche cette démarche participative et inclusive », a-t-il déclaré.

Cette concertation vise à recueillir les attentes, doléances et propositions des différentes franges de la société, afin de construire un pacte national pour la paix et la stabilité.

Si les modalités de cette consultation restent à préciser, son objectif principal est de jeter les bases d’un « pacte national » pour la cohésion sociale et la consolidation de la démocratie. Elle pourrait déboucher sur des réformes institutionnelles, des recommandations pour une meilleure inclusion sociale et économique, ainsi que des mécanismes de prévention et de résolution des conflits.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté du nouveau pouvoir de rétablir un climat de confiance et d’apaisement, après une période marquée par de fortes tensions politiques et des crises socio-économiques.

Le choix d’Ousmane Sonko pour piloter cette initiative n’est pas anodin. Ancien opposant radical, devenu chef du gouvernement, il est aujourd’hui au centre de la mise en œuvre des engagements du président Faye. Son expérience politique et son poids dans l’échiquier national en font un acteur clé pour mener à bien cette consultation, rassembler les différents camps et proposer des solutions acceptables par tous.

AIBD et Air Sénégal : Les 20 mesures du gouvernement pour sauver le transport aérien sénégalais

Le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko a pris des mesures fortes pour redresser la situation de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) SA et de la compagnie aérienne nationale Air Sénégal SA. Lors d’une réunion interministérielle tenue ce jeudi 3 avril 2025 à la Primature, le chef du gouvernement a annoncé une série de réformes visant à assurer la viabilité financière et opérationnelle de ces deux entités stratégiques.

Face aux difficultés financières récurrentes d’Air Sénégal, le gouvernement a décidé d’un plan de redressement articulé autour de plusieurs axes :

  1. Apurement des dettes d’exploitation d’ici fin juin 2025 ;
  2. Lancement d’un audit complet (opérationnel, financier et organisationnel) pour diagnostiquer les dysfonctionnements ;
  3. Reconstitution des fonds propres avec une injection de liquidités à hauteur de 16 milliards FCFA ;
  4. Redimensionnement du réseau et de la flotte pour l’adapter à la demande réelle ;
  5. Finalisation des plans stratégiques 2025-2029 et contrats de performance d’ici juin 2025 ;
  6. Création d’une filiale, Air Sénégal Express, pour développer les vols intérieurs et régionaux ;
  7. Finalisation de l’acquisition d’avions L410NG pour assurer la connectivité avec les zones enclavées.

L’aéroport international Blaise Diagne, en proie à des difficultés structurelles, fait également l’objet de mesures correctrices :

  1. Audit des marchés en cours et résiliation des contrats jugés non essentiels ;
  2. Achèvement de l’audit organisationnel et restructuration interne ;
  3. Rationalisation des dépenses de fonctionnement avant décembre 2025 ;
  4. Mise en place d’un plan social progressif et négocié ;
  5. Harmonisation des statuts du personnel pour plus d’équité ;
  6. Apurement des passifs de l’ex-ADS et de l’ISA ;
  7. Révision de la convention de concession de l’aéroport Blaise Diagne pour une meilleure gestion ;
  8. Priorisation des projets du Hub aérien à fort potentiel ;
  9. Mécanisme d’apurement de la dette RDIA ;
  10. Exploration de financements alternatifs, notamment via des partenariats public-privé (PPP) et les Sukuk ;
  11. Finalisation de la convention des dettes croisées entre l’État et l’AIBD ;
  12. Développement du fret aérien pour favoriser l’exportation des produits sénégalais ;
  13. Certification des aéroports régionaux de Cap Skirring, Ziguinchor, Matam et Saint-Louis afin d’améliorer la desserte aérienne sur l’ensemble du territoire.

Avec ces réformes, le gouvernement entend assurer la viabilité à long terme d’Air Sénégal et de l’AIBD. L’objectif est d’offrir des services de transport aérien plus efficaces, mieux adaptés aux besoins des usagers et aux standards internationaux. Reste à voir si ces mesures seront appliquées avec rigueur et dans les délais impartis, afin de redonner un nouveau souffle au secteur aérien sénégalais.

Tivaouane-Peulh : Trois arrestations pour avortement clandestin

La brigade de proximité de Tivaouane-Peulh a démantelé un réseau impliqué dans un avortement clandestin après la découverte d’une interruption de grossesse de huit mois. Trois personnes, dont un agent de santé et un vendeur en pharmacie, ont été placées sous mandat de dépôt pour avortement illégal, administration de substances nuisibles et complicité.

M. D. Fall, receveuse de bus TATA âgée de 21 ans et déjà mère d’un enfant, est tombée enceinte de son collègue C. Guèye. Souhaitant interrompre sa grossesse tardive, elle a sollicité l’aide de M. D., un vendeur en pharmacie, qui lui a procuré un médicament grâce à la complicité de M. K., un agent de santé en poste à Diamalaye, Yeumbeul.

L’intervention a cependant entraîné des complications médicales, obligeant la jeune femme à se rendre dans une structure sanitaire. Soupçonnant un avortement clandestin, le personnel médical a alerté les autorités, déclenchant l’intervention de la brigade de proximité de Tivaouane-Peulh.

Après son interpellation, la receveuse de bus a avoué les faits et désigné le vendeur en pharmacie comme son complice. Grâce à la collaboration de la brigade de recherches de Keur Massar, M. D. a été arrêté à Yeumbeul avant de révéler l’identité de l’agent de santé qui lui avait fourni le médicament.

L’agent de santé M. K. a également été appréhendé, bouclant ainsi l’enquête qui a permis l’arrestation de trois personnes impliquées dans cette affaire.

L’enquête se poursuit pour déterminer d’éventuelles autres ramifications dans ce réseau d’avortement clandestin.

Saisie de drogue à Rufisque : 46 kg de chanvre indien interceptés par la police

Le commissariat central de Rufisque a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. La brigade de recherches de la sûreté urbaine a mis la main sur une cargaison de 46,25 kg de chanvre indien et une moto, lors d’une opération menée dans la nuit de mercredi à jeudi au niveau de la centrale électrique du Cap des Biches, selon des sources de Seneweb.

L’enquête a démarré sur la base d’informations indiquant un débarquement imminent d’une importante quantité de drogue. Prenant ces renseignements très au sérieux, les éléments de la BR ont monté une mission de surveillance et se sont postés sur les lieux signalés, prêts à intercepter les trafiquants.

Les policiers ont passé la nuit sur la rive, guettant l’arrivée de la pirogue censée transporter la marchandise illicite. Mais les convoyeurs, vraisemblablement alertés par une présence suspecte, ont modifié leur plan et ont déchargé la drogue à la centrale du Cap des Biches avant de disparaître.

Grâce à une fouille approfondie des lieux, les agents ont découvert les 46,25 kg de chanvre indien soigneusement dissimulés, ainsi qu’une moto de marque Suzuki GSX-R, probablement utilisée dans le cadre de l’opération.

Cette nouvelle saisie témoigne de l’engagement des forces de l’ordre dans la lutte contre le trafic de drogue à Rufisque et ses environs. L’enquête se poursuit afin d’identifier et d’arrêter les individus impliqués dans cette affaire.

Assemblée nationale : l’APR dénonce une loi d’interprétation « scélérate » et annonce un recours

L’adoption de la loi interprétative sur l’amnistie continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Dans une déclaration du Secrétariat Exécutif National, l’Alliance Pour la République (APR) a vigoureusement condamné ce texte, qu’elle qualifie de « reniement » et de « violation du serment du président de la République ».

Selon l’APR, la majorité parlementaire, dominée par Pastef, aurait trahi ses engagements en votant cette loi, alors que le parti présidentiel avait promis d’abroger la loi d’amnistie. Le communiqué dénonce une initiative qui viserait à « absoudre les commanditaires et auteurs de délits et de crimes » tout en « indexant les Forces de Défense et de Sécurité » (FDS), accusées d’avoir empêché l’instauration du « projet insurrectionnel » du Pastef.

L’APR reproche au Premier ministre Ousmane Sonko de vouloir instrumentaliser les institutions pour satisfaire une logique de « vengeance et de règlement de comptes ». Pour le parti de l’ex-président Macky Sall, cette loi « dangereuse » rouvre les blessures des crises passées et remet en cause l’égalité entre les citoyens.

Dans sa déclaration, l’APR affirme son soutien indéfectible aux FDS, estimant que ces dernières ont joué un rôle essentiel dans la protection du pays contre une tentative de déstabilisation menée par le Pastef. Le parti appelle les Sénégalais à se « dresser en bouclier » autour des forces de l’ordre, afin de les protéger contre toute tentative de représailles politiques.

« Nulle tentative de faire payer à nos policiers, gendarmes, militaires et magistrats leur engagement qui a permis de vaincre l’insurrection, ne doit prospérer », insiste le communiqué.

L’APR ne compte pas en rester là. Selon le communiqué, les députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal vont saisir le Conseil Constitutionnel pour contester la validité de cette loi. Ils estiment que le texte est « partial, sélectif et contraire au principe d’égalité des citoyens devant la loi ».

Cheikh Thioro Mbacké sur les cas de torture : « Dans cette salle, il y a des gens qui ne peuvent plus avoir d’enfants »

Les débats sur la proposition de loi interprétative de l’amnistie ont atteint un niveau de tension extrême, ce mercredi 2 avril 2025, à l’Assemblée nationale. En plein examen du texte présenté par le député Amadou Ba (Pastef/Les Patriotes), le parlementaire Cheikh Thioro Mbacké a pris la parole pour dénoncer avec fermeté les actes de torture subis par des citoyens au cours des événements politiques récents.

Son discours, empreint d’émotion et de gravité, a provoqué une onde de choc dans l’hémicycle, soulignant les séquelles irréparables laissées par les violences de ces dernières années.

Dès le début de son intervention, Cheikh Thioro Mbacké s’est indigné du comportement désinvolte de certains députés surpris à rire au cours des discussions. Dans un ton grave et solennel, il a rappelé le lourd bilan humain des affrontements politiques ayant secoué le pays :

« 83 personnes sont décédées. Dans cette salle, il y a des gens qui ne peuvent plus avoir d’enfants. D’autres, avec tout l’argent du monde, ne retrouveront jamais la santé. Tout cela à cause des tortures. »

Face à la gravité des faits évoqués, une partie de l’hémicycle a réagi avec stupeur, tandis que d’autres députés de l’opposition restaient silencieux.

Poursuivant son intervention, Cheikh Thioro Mbacké a pointé du doigt les dirigeants de l’ancien gouvernement, les accusant d’avoir ordonné ou couvert ces exactions. Il a également mis en cause ceux qui, selon lui, cherchent à minimiser la gravité de ces crimes :

« J’ai entendu des proches de l’ex-gouvernement affirmer que nous ciblons les forces de l’ordre. Donc, ils savent qui a tué nos enfants. Eh bien, c’est le moment de les entendre. »

Ses propos ont immédiatement déclenché une vague d’applaudissements parmi les députés de la majorité, tandis que certains élus de l’opposition baissaient les yeux, visiblement mal à l’aise.

Ce débat intervient dans un contexte particulièrement tendu, où la question de l’impunité et de la justice reste au cœur des préoccupations nationales. La proposition de loi interprétative, introduite par Amadou Ba, vise à clarifier les bénéficiaires de la loi d’amnistie et les crimes concernés.

Alors que la majorité présidentielle insiste sur la nécessité de faire la lumière sur les violences passées, l’opposition et une partie de la société civile dénoncent une tentative de manipulation politique, visant à protéger des militants de Pastef tout en excluant d’autres responsables de poursuites judiciaires.

« Nous allons voter cette loi pour que les coupables soient traduits en justice dès demain », a insisté Cheikh Thioro Mbacké.

Ses paroles ont renforcé la détermination des députés favorables au texte, tandis que l’opposition continue de dénoncer une loi injuste et orientée.

L’intervention de Cheikh Thioro Mbacké illustre à quel point la question des violences passées divise profondément le pays. Entre les appels à la justice et les accusations de manipulation politique, le chemin vers une réconciliation nationale semble encore long et semé d’embûches.

Loi interprétative : Ayib Daffé fustige l’opposition et la société civile lors d’un débat houleux à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a été le théâtre de vifs échanges ce mercredi 2 avril 2025, lors de l’examen de la proposition de loi interprétative de l’amnistie. Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, n’a pas mâché ses mots en s’attaquant à l’opposition et à la société civile, qu’il accuse de vouloir brouiller le débat de fond.

Prenant la parole dans un hémicycle électrique, le député de la majorité a fustigé le manque d’arguments solides avancés par les contestataires de la loi :

« Ils n’ont apporté aucun argument juridique, ni cité aucun article démontrant en quoi cette loi interprétative violerait le droit existant. Ce ne sont que de pures envolées lyriques », a-t-il déclaré.

Selon lui, les opposants tentent d’esquiver le vrai débat autour de la loi d’amnistie. Il a ainsi interpellé les députés de l’opposition sur leur position concernant les violences politiques des dernières années :

« Tout ce tapage vise à éviter la question essentielle : êtes-vous pour ou contre l’impunité des crimes de sang ? »

Outre les députés opposés au texte, Ayib Daffé a également pris pour cible la société civile, dont certains acteurs ont dénoncé une loi taillée sur mesure. Selon lui, ces organisations disposeraient d’un agenda caché et chercheraient à orienter le débat dans un sens politique plutôt que juridique.

Il a également remis en cause l’assiduité des parlementaires opposés au texte, affirmant que certains n’étaient même pas présents aux travaux en commission. Il a qualifié cette attitude de « laxisme » et d’ »absentéisme », estimant que cela affaiblissait leurs critiques sur le contenu du projet de loi.

L’examen de la loi interprétative a suscité des tensions importantes entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition, rendant le débat particulièrement animé et passionné. Le vote final, qui a eu lieu après plusieurs heures de discussions, a vu une large adoption du texte, malgré les protestations des camps opposés.

Assemblée nationale : Le PM Ousmane Sonko face aux députés ce jeudi 10 avril

Le Premier ministre Ousmane Sonko sera confronté aux députés lors d’une séance de Questions d’actualité au Gouvernement, ce jeudi 10 avril 2025 à 10 heures. Cette rencontre, qui se déroulera à l’Assemblée nationale, est un rendez-vous politique majeur qui permettra aux élus de l’interpeller sur les grandes préoccupations nationales.

Selon un communiqué de la cellule de communication de l’Assemblée nationale, cette séance plénière vise à offrir aux parlementaires l’opportunité de questionner le chef du gouvernement et son équipe sur des dossiers sensibles, notamment ceux liés à l’économie, la justice, l’emploi, la sécurité et la gouvernance politique.

Ousmane Sonko, qui occupe la Primature depuis près d’un an, sera amené à défendre le bilan du gouvernement et à préciser les perspectives à venir. Cette séance pourrait être marquée par des échanges musclés, notamment avec les députés de l’opposition, qui critiquent certaines décisions de l’Exécutif, comme l’amnistie politique récemment adoptée.

L’Assemblée nationale a également précisé que l’accès à l’enceinte parlementaire sera strictement encadré. Seuls les journalistes, techniciens et photographes disposant de leur carte nationale de presse et de leur carte d’identification nationale seront autorisés à couvrir l’événement. Cette mesure vise à garantir un bon déroulement de la session, tout en régulant l’affluence autour du Parlement.

Avec les récents débats houleux sur la loi d’amnistie et d’autres réformes en cours, cette séance de Questions d’actualité s’annonce déterminante pour la suite du quinquennat. Ousmane Sonko devra faire face aux critiques, aux attentes et aux revendications des députés, dans un contexte politique marqué par une forte polarisation.

« Une loi qui divise la société sénégalaise » : Aïssata Tall Sall s’en prend aux députés de Pastef

L’adoption de la loi interprétative de l’amnistie continue de susciter de vifs débats à l’Assemblée nationale. Lors de la séance plénière du mercredi 2 avril 2025, Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, a vivement critiqué les députés de Pastef, dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de l’amnistie à des fins partisanes.

Après plus de dix heures de discussions intenses, la loi interprétative de l’amnistie a été adoptée par 126 voix pour, 20 contre et aucune abstention. Ce texte, proposé par le député Amadou Ba (Pastef), vise à préciser les contours de l’application de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Il stipule que tous les faits à motivation exclusivement politique, commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, sont amnistiés, y compris ceux ayant été perpétrés via tout support de communication ou lors de manifestations publiques.

Si les partisans de la loi y voient un acte de justice pour des militants persécutés sous le régime précédent, l’opposition, notamment Takku Wallu, estime qu’il s’agit d’un texte orienté visant à garantir une impunité sélective à certains acteurs politiques tout en ignorant d’autres victimes des violences politiques de ces dernières années.

Lors de son intervention, Me Aïssata Tall Sall n’a pas mâché ses mots face aux députés de Pastef. Selon elle, cette loi ne fait que creuser davantage les divisions et ternit l’image de la justice sénégalaise en privilégiant un camp au détriment d’un autre.

« C’est une loi qui divise la société sénégalaise, car elle a simplement été introduite pour des règlements de comptes », a-t-elle martelé, soulignant que cette réforme n’a pas pour objectif une réconciliation nationale sincère, mais plutôt une victoire politique d’un camp sur un autre.

Elle a poursuivi en critiquant l’attitude de certains députés de la majorité, leur reprochant de vouloir se positionner en donneurs de leçons en matière de courage politique et de patriotisme :

« Vous n’êtes pas plus courageux ni plus patriotes que nous. Celui qui a peur de la prison, c’est celui qui a fui alors qu’il devait répondre devant la justice. »

Une déclaration perçue comme une attaque directe contre certains exilés politiques qui bénéficieraient de cette loi.

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, et celui du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, ont défendu la loi en affirmant qu’elle permettrait de tourner définitivement la page des violences politiques et de pacifier le climat social.

Mais pour l’opposition, ce texte est une manœuvre politicienne qui ne répond pas aux exigences d’une véritable justice équitable.

« Cette loi ne fait que renforcer l’impunité et la frustration d’une partie du peuple sénégalais. On ne peut pas parler de réconciliation si on choisit qui mérite d’être amnistié et qui ne l’est pas », a déclaré un député de Takku Wallu.

Malgré ces contestations, le vote a entériné l’adoption du texte, mais sans dissiper les tensions politiques et sociales.

Avec cette loi, le régime de Bassirou Diomaye Faye et son parti Pastef marquent un tournant dans leur gestion des affaires politiques. Toutefois, la fronde de l’opposition, menée par Takku Wallu et Me Aïssata Tall Sall, laisse présager de nouvelles batailles politiques à venir.

Dans son discours de clôture, la présidente du groupe Takku Wallu a adressé un message clair aux députés de la majorité :

« Demain, la vérité triomphera. »

Une phrase qui résonne comme une mise en garde contre les conséquences politiques et judiciaires que cette loi pourrait entraîner à l’avenir.

Assemblée nationale : la loi interprétative de l’amnistie adoptée avec 126 voix pour

Après un débat marathon de plus de dix heures, l’Assemblée nationale a adopté ce mercredi 2 avril 2025 la proposition de loi n°05/2025, portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Le texte a été validé par 126 voix pour, 20 contre et aucune abstention.

Cette adoption marque une étape clé dans le processus législatif engagé par le député Amadou Ba (Pastef), auteur du projet. Soutenue par la majorité parlementaire, la loi vise à préciser le champ d’application de l’amnistie pour les faits à caractère politique survenus entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024.

Face aux députés, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, et son collègue du Travail et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, ont défendu le texte avec vigueur. « Cette loi clarifie et renforce la portée de l’amnistie, tout en respectant l’esprit de réconciliation nationale », a déclaré le garde des Sceaux.

Mais l’opposition n’a pas manqué d’exprimer son inquiétude. Plusieurs parlementaires ont dénoncé une interprétation biaisée, qui pourrait favoriser certains acteurs politiques au détriment d’autres. « Cette loi risque d’ouvrir la voie à une justice sélective », a martelé un député de la coalition Wallu Sénégal.

Cependant, la majorité parlementaire a balayé ces critiques, estimant qu’aucun argument solide n’a été avancé pour remettre en cause l’adoption du texte.

Malgré son adoption, la loi interprétative de l’amnistie continue de diviser. Des voix s’élèvent déjà dans la société civile et chez certains juristes pour dénoncer une lecture partiale de la loi initiale. L’ancien magistrat Ibrahima Hamidou Deme a, par exemple, dénoncé une politique des deux poids, deux mesures qui profiterait principalement aux proches du parti Pastef.

Avec ce vote, le gouvernement espère refermer un chapitre judiciaire et politique sensible. Mais au vu des contestations persistantes, l’application de cette loi pourrait bien raviver les tensions entre les différents camps politiques.

Loi interprétative de l’amnistie : le juge Deme dénonce une « politique des deux poids, deux mesures »

À quelques heures du débat à l’Assemblée nationale sur la proposition de loi interprétative de l’amnistie, l’ancien magistrat et homme politique Ibrahima Hamidou Deme a pris la parole pour exprimer son inquiétude. Dans une publication sur Facebook, il critique vivement le texte proposé par le député Amadou Ba (Pastef), qu’il perçoit comme une tentative d’accorder une impunité sélective à certains acteurs politiques.

Dans son message, le juge Deme met en doute la sincérité des députés et leur engagement en faveur d’une justice équitable. « Quel député de bonne foi pourra nier demain, lors de l’examen de la loi Amadou Ba par l’Assemblée nationale, que l’on n’est pas sorti du cercle vicieux de la politique des deux poids, deux mesures ? », écrit-il.

L’ancien magistrat estime que cette loi favoriserait uniquement les partisans de Pastef, en leur évitant d’éventuelles poursuites judiciaires. Il y voit un prolongement des pratiques qu’il dénonçait sous l’ancien régime, où les décisions de justice étaient souvent perçues comme orientées par des considérations politiques.

Ibrahima Hamidou Deme va plus loin en soulignant une coïncidence troublante entre l’examen de cette loi et la date anniversaire de l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye. Il y voit un décalage entre les promesses de rupture faites par le nouveau pouvoir et les réalités politiques actuelles.

Cette prise de position illustre la polarisation du débat autour de cette loi d’amnistie interprétative. D’un côté, ses promoteurs assurent qu’elle vise à clarifier l’application de l’amnistie et à tourner la page des violences politiques. De l’autre, des voix comme celle du juge Deme dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins partisanes.

Le débat à l’Assemblée nationale, prévu pour ce mercredi 2 avril 2025, s’annonce particulièrement tendu, avec des enjeux politiques et judiciaires majeurs en perspective.

Loi d’amnistie : Ayib Daffé répond à la société civile et confirme le débat en séance plénière

Le débat autour de la loi portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 continue d’agiter la scène politique sénégalaise. À la veille de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, des organisations de la société civile ont appelé les autorités à suspendre son adoption. Thiat, membre du mouvement Y’en a marre, a notamment exhorté les députés à rejeter ce texte, estimant qu’il pourrait entraver la justice et le devoir de mémoire concernant les violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

Face à cette levée de boucliers, Ayib Daffé, président du Groupe parlementaire Pastef, a tenu à répondre aux critiques. Dans une publication sur Facebook, le député du parti au pouvoir a affirmé que la loi suivrait son cours démocratique normal et serait débattue en séance plénière.

“Après un mois de discussions et d’examen démocratique en bureau, en conférence des présidents et en commission des lois, la loi d’interprétation de la loi d’amnistie – déposée par Amadou Ba n°2 – sera débattue en séance plénière ce mercredi 2 avril 2025 par l’Assemblée nationale souveraine du peuple sénégalais”, a-t-il écrit.

Il a également assuré que le Parlement jouerait pleinement son rôle dans la quête de vérité sur les violences des années précédentes :

“Nous remplirons notre mandat en exigeant que la lumière soit faite sur les crimes de sang commis entre 2021 et 2024 sous le régime de Macky Sall, par les meurtriers, assassins, tortionnaires et leurs complices.”

Cette déclaration marque une prise de position ferme de la majorité parlementaire, qui semble déterminée à aller jusqu’au bout du processus législatif, malgré les protestations de la société civile et de certains acteurs politiques.

La séance de ce mercredi 2 avril s’annonce donc déterminante pour l’avenir de cette loi et de son application. Les débats risquent d’être vifs à l’hémicycle, entre partisans de l’amnistie et défenseurs d’un impératif de justice pour les victimes des violences politiques.

Débat sur l’interprétation de la loi d’amnistie : L’Assemblée nationale en session cruciale

L’Assemblée nationale du Sénégal se réunit ce mercredi 2 avril 2025 pour examiner la proposition de loi n°05/2025, portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Cette session plénière, convoquée par le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, pourrait avoir un impact significatif sur l’application de la loi d’amnistie et les poursuites judiciaires liées aux événements politiques récents.

Le texte soumis au débat a été initié par le député Amadou Bâ (Pastef/Les Patriotes), qui souhaite préciser la portée de la loi adoptée en mars 2024. Il affirme que son initiative vise à amnistier de plein droit tous les faits susceptibles d’être qualifiés d’infractions criminelles ou correctionnelles, à condition qu’ils soient exclusivement motivés par des considérations politiques.

Cette proposition couvre notamment les actes commis entre le 1ᵉʳ février 2021 et le 25 février 2024, qu’ils aient été perpétrés au Sénégal ou à l’étranger. L’un des points sensibles du texte concerne les manifestations publiques. Elles ne seraient couvertes par l’amnistie que si elles sont explicitement reconnues comme ayant une motivation politique. Cette disposition pourrait relancer les débats sur les événements qui ont secoué le pays ces dernières années et sur le sort des détenus politiques.

Le député Amadou Bâ a procédé à d’importantes modifications de son texte initial. À l’origine, il présentait simplement une nouvelle « loi d’amnistie ». Mais dans sa version amendée, il précise qu’il s’agit désormais d’une proposition de loi portant interprétation de la loi n°2024-09. Cette distinction est essentielle, car elle limite le champ d’application du nouveau texte à l’interprétation des articles 1 et 3 de la loi initiale.

Cet amendement vise à lever toute ambiguïté juridique qui pourrait exister sur l’application de la loi d’amnistie de mars 2024, notamment en ce qui concerne la nature des actes couverts et les personnes éligibles à cette mesure.

Cette séance plénière se tient dans un climat politique chargé, où l’interprétation de la loi d’amnistie pourrait avoir des conséquences majeures sur plusieurs dossiers judiciaires en cours. Certains analystes estiment que la clarification apportée par cette proposition de loi pourrait permettre la libération de plusieurs détenus politiques, tandis que d’autres craignent qu’elle ne crée un précédent en matière de justice et d’immunité pour les acteurs politiques.

Les débats s’annoncent houleux à l’Assemblée nationale, tant les enjeux sont cruciaux pour l’avenir politique et judiciaire du Sénégal. L’opposition, la majorité et la société civile suivront de près l’issue de cette session, qui pourrait redessiner le paysage juridique des affaires politiques de ces dernières années.

Sénégal : Le président Bassirou Diomaye Faye accorde sa grâce à 1 121 détenus

À l’occasion de la fête de l’Indépendance et de la Korité, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a accordé sa grâce à 1 121 détenus à travers le pays. L’annonce a été faite par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, dans un communiqué daté du 28 mars 2025.

Selon le document officiel, les bénéficiaires de cette mesure de clémence sont des condamnés pour diverses infractions, détenus dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays. Parmi eux figurent des délinquants primaires, des détenus âgés ou gravement malades, ainsi que des mineurs et des personnes présentant des gages de resocialisation.

Cette grâce présidentielle s’inscrit dans le cadre du respect des traditions républicaines et des valeurs de justice et de réinsertion sociale. Chaque année, à l’occasion de grandes fêtes religieuses et nationales, le chef de l’État accorde ainsi une remise de peine à certains détenus, favorisant leur réintégration dans la société.

La mesure prise par Bassirou Diomaye Faye s’inscrit dans la continuité des pratiques observées sous les précédents régimes. Sous Macky Sall, des milliers de détenus avaient également bénéficié de grâces similaires lors des fêtes religieuses et de l’indépendance nationale.

Cette décision s’inscrit aussi dans un contexte où les conditions de détention dans les prisons sénégalaises sont souvent critiquées, notamment en raison de la surpopulation carcérale et des conditions précaires de certains établissements pénitentiaires. En permettant à plus de 1 000 détenus de retrouver la liberté, le chef de l’État apporte une réponse, certes partielle, aux défis du système carcéral sénégalais.

Pour les bénéficiaires et leurs familles, cette annonce est une source d’espoir et de soulagement, en ce mois béni de Ramadan et à la veille des célébrations de l’indépendance du pays.

Tabax Sénégal : Une nouvelle plateforme pour booster l’emploi et l’entrepreneuriat

Face à un taux de chômage de 20,3 % au troisième trimestre de 2024, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le gouvernement sénégalais multiplie les initiatives pour relancer le marché du travail et encourager l’entrepreneuriat. Ce mardi 1ᵉʳ avril 2025, l’État a officiellement lancé Tabax Sénégal, une plateforme numérique qui ambitionne de faciliter l’insertion professionnelle et d’encourager l’investissement dans des projets à fort potentiel de croissance.

Annoncé par le président Bassirou Diomaye Faye, Tabax Sénégal est conçu comme un levier stratégique pour répondre aux défis du chômage et stimuler la croissance économique. Cette plateforme numérique vise à faciliter l’accès à l’emploi en mettant en relation les chercheurs d’emploi avec des opportunités adaptées à leurs qualifications et expériences. Elle accompagne aussi les porteurs de projets et les entrepreneurs en leur offrant des opportunités de financement, de mentorat et de mise en réseau. Enfin, elle cherche à attirer les investisseurs nationaux et étrangers en mettant en avant des projets innovants à fort impact économique et social.

Selon le communiqué officiel, Tabax Sénégal se veut un carrefour dynamique entre employeurs, jeunes diplômés, entrepreneurs et investisseurs, créant ainsi une synergie favorable à la croissance et à l’innovation.

Avec un marché du travail marqué par un taux de chômage élevé et une forte précarité de l’emploi, Tabax Sénégal pourrait constituer une réponse efficace aux difficultés rencontrées par les jeunes diplômés et les entrepreneurs. Selon le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et de l’Entrepreneuriat, cette plateforme permettra de mieux structurer le processus de recrutement, en garantissant une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emploi.

Par ailleurs, l’accompagnement des entrepreneurs et des start-ups représente un volet crucial du projet. Grâce à un accès simplifié aux financements et aux opportunités d’investissement, Tabax Sénégal ambitionne de dynamiser le tissu économique et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs sénégalais.

Accessible via un site web et une application mobile, Tabax Sénégal offre plusieurs services personnalisés aux utilisateurs. Les chercheurs d’emploi pourront y créer un profil professionnel détaillé, accéder à des offres d’emploi ciblées et postuler directement en ligne. La plateforme leur permettra également d’entrer en contact avec des recruteurs et des entreprises locales et internationales. Les entrepreneurs et porteurs de projet, quant à eux, auront accès à un espace dédié pour présenter leurs initiatives et rechercher des financements. Ils pourront aussi bénéficier d’un accompagnement sous forme de mentorat, de mise en réseau et de formations spécialisées. Du côté des investisseurs, Tabax Sénégal leur permettra de découvrir des projets innovants et d’accéder à des informations stratégiques sur les opportunités d’investissement.

L’État prévoit également un accompagnement technique et administratif pour aider les entrepreneurs à formaliser leurs activités et bénéficier des dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat.

Avec Tabax Sénégal, le gouvernement espère non seulement réduire le chômage, mais aussi stimuler l’innovation, renforcer le secteur privé et attirer des investisseurs internationaux. Le président Bassirou Diomaye Faye a affirmé que cette initiative s’inscrit dans une vision à long terme, visant à faire du Sénégal un pôle économique compétitif en Afrique de l’Ouest.

« Nous voulons créer un environnement favorable à l’emploi et à l’innovation. Tabax Sénégal est un premier pas vers une transformation durable de notre économie », a-t-il déclaré lors du lancement officiel.

Réformes universitaires : Abdourahmane Diouf annonce une rationalisation des bourses et un enseignement hybride

Le monde universitaire sénégalais s’apprête à connaître de profondes réformes. Invité à l’émission Point de Vue sur RTS 1, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a dévoilé une série de mesures destinées à moderniser le système universitaire, rationaliser les dépenses et accélérer l’orientation des nouveaux bacheliers.

Parmi les changements majeurs annoncés, le ministre a mis en avant l’introduction d’un modèle d’enseignement hybride bimodal, combinant cours en présentiel et à distance. « En 2025, l’enseignement ne se limite plus aux amphithéâtres. Il doit s’adapter aux nouvelles réalités technologiques », a-t-il déclaré. Cette approche vise à désengorger les universités publiques, souvent confrontées à un afflux massif d’étudiants et à des infrastructures saturées.

Ce modèle s’inscrit dans une volonté plus large de rationaliser les ressources des établissements universitaires. Actuellement, les universités sénégalaises consacrent une grande partie de leur budget aux dépenses sociales, notamment la restauration et l’hébergement des étudiants. À titre d’exemple, l’État subventionne 30 millions de repas par an pour un coût total de 45 milliards de francs CFA, alors que la contribution des étudiants ne couvre qu’environ 4,5 milliards.

« Il est essentiel de mieux gérer ces dépenses tout en continuant à soutenir les étudiants qui en ont réellement besoin », a affirmé le ministre, soulignant l’importance de réorienter une partie de ces ressources vers la pédagogie, la recherche et l’innovation.

Dr Abdourahmane Diouf a également annoncé une réforme du système de bourses universitaires, un sujet sensible qui concerne une majorité d’étudiants. Actuellement, 70 % des étudiants sénégalais bénéficient d’une allocation d’études, un niveau difficilement soutenable pour l’État.

« Tout le monde ne peut pas bénéficier d’une bourse. Il n’y a aucun pays au monde où tous les étudiants sont boursiers », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de définir des critères plus stricts pour l’octroi des aides financières.

Les bourses seront désormais attribuées selon trois catégories :

  • Les bourses sociales, destinées aux étudiants issus de familles défavorisées,
  • Les bourses d’excellence, pour récompenser les meilleurs résultats académiques,
  • Les bourses normales, attribuées selon des critères académiques et financiers.

« Nous ne remettons pas en cause le principe des bourses, mais nous devons nous assurer qu’elles vont à ceux qui les méritent réellement, que ce soit sur le plan social ou pédagogique », a insisté le ministre.

L’une des grandes avancées annoncées par le ministre concerne l’orientation des nouveaux bacheliers, un processus qui souffre depuis des années de retards importants. Traditionnellement, les étudiants attendent six mois, voire un an, avant d’être affectés à une université.

Cette année, une première avancée a été réalisée avec une orientation finalisée deux mois seulement après l’obtention du Bac. « C’est une première depuis 10 ans », a souligné Dr Diouf. L’objectif est désormais d’anticiper le processus d’orientation avant même l’examen du Baccalauréat, afin que les affectations soient connues dans les semaines qui suivent les résultats.

La stabilisation du calendrier universitaire représente un autre enjeu majeur. Selon le ministre, les grèves et perturbations qui déstabilisent l’année académique coûtent 40 milliards de francs CFA par an à l’État.

Les réformes annoncées s’inscrivent donc dans une volonté plus large de moderniser l’enseignement supérieur sénégalais, d’en optimiser le financement et d’améliorer les conditions d’apprentissage des étudiants. Reste à voir si ces mesures parviendront à concilier rationalisation budgétaire et accessibilité de l’éducation pour tous.

Recherche et innovation : Le Sénégal veut s’imposer comme un hub technologique en Afrique francophone

Le Sénégal affiche de grandes ambitions en matière d’innovation et de recherche scientifique. Pour la première fois de son histoire, le pays participera sous pavillon officiel au Salon international des inventions et de l’innovation de Genève, le plus prestigieux événement mondial dédié aux avancées technologiques. Cette participation marque un tournant stratégique et témoigne de la volonté du gouvernement de faire du Sénégal un acteur clé dans le domaine de la recherche et de la technologie en Afrique francophone.

Le Sénégal sera le seul pays africain représenté officiellement lors de cette rencontre internationale. Pour sélectionner ses représentants, le gouvernement a lancé un appel à candidatures à l’échelle nationale, ciblant les inventeurs disposant de brevets reconnus par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). À l’issue d’un processus rigoureux, douze inventeurs sénégalais ont été retenus pour exposer leurs innovations et se confronter aux meilleurs talents mondiaux.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, salue cette première participation qui, selon lui, envoie « un signal fort » quant à l’engagement du Sénégal à promouvoir l’innovation. « Nous sommes dans un pays où les gens innovent, mais ne sont ni reconnus ni accompagnés. En participant à ce salon, nous montrons que l’État prend ses responsabilités pour valoriser et soutenir ses chercheurs », a-t-il déclaré.

Au-delà de cette vitrine internationale, le ministère a mis en lumière un défi majeur : l’existence d’un grand nombre d’inventeurs sénégalais dont les travaux restent non brevetés, faute de suivi et de soutien administratif. « Nous avons découvert un stock important d’innovateurs qui, en raison d’un manque d’accompagnement, n’ont pas encore obtenu de brevets de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) ou de l’OMPI. Nous allons les encadrer et les structurer pour qu’ils intègrent pleinement l’écosystème de l’innovation », a assuré Dr Diouf.

L’ambition du ministère ne se limite pas à une simple participation à des événements internationaux. Dr Abdourahmane Diouf veut positionner le Sénégal, et plus particulièrement les pôles de Dakar et Diamniadio, comme un centre de référence en matière d’innovation pour l’Afrique francophone.

« Nous avons l’ambition de faire du Sénégal, de Dakar, de Diamniadio et des grandes villes environnantes un hub de l’innovation en Afrique francophone. Et nous travaillons activement pour y parvenir », a-t-il affirmé.

Cette vision repose sur un ensemble de réformes et d’initiatives visant à améliorer l’environnement de la recherche scientifique. Le ministre a notamment évoqué la nécessité d’un financement accru pour la recherche, une meilleure structuration des inventeurs locaux et un partenariat renforcé avec le secteur privé et les institutions internationales.

L’innovation ne peut prospérer sans une base solide dans l’enseignement supérieur. Conscient des défis que rencontre l’université sénégalaise, le ministre assure que des solutions ont été identifiées et que des actions concrètes sont en cours. « Nous connaissons les problèmes, nous avons les solutions, et nous mobilisons les financements nécessaires. Si la communauté universitaire nous accompagne, nous irons vers des lendemains meilleurs », a-t-il déclaré.

Interprétation de la loi d’amnistie : La société civile exige des concertations avant le vote

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner une proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie, vingt organisations de la société civile sénégalaise montent au créneau pour réclamer des concertations inclusives. Elles estiment que cette loi ne doit pas devenir un instrument de blanchiment juridique au détriment des droits des victimes et de la lutte contre l’impunité.

Adoptée le 13 mars 2024 sous la présidence de Macky Sall, la loi d’amnistie vise à effacer les faits criminels ou correctionnels liés aux événements politiques ayant secoué le Sénégal entre le 1ᵉʳ février 2021 et le 25 février 2024. Aujourd’hui, une proposition de loi déposée par le député Amadou Ba, membre du parti au pouvoir, entend préciser certaines dispositions du texte initial. Cependant, cette initiative suscite de vives inquiétudes chez de nombreuses organisations de défense des droits humains.

Dans un communiqué commun, des structures telles que le COSCE, Y en a marre, AfrikaJom Center, la Ligue Sénégalaise des Droits Humains, l’ONG 3D et la RADDHO dénoncent une démarche précipitée et appellent à une concertation plus large. « L’amnistie ne doit pas être un moyen d’enterrer la vérité et d’absoudre certains responsables sans que justice ne soit rendue aux victimes », préviennent-elles.

Ces organisations soulignent la nécessité de garantir une justice équitable et formulent plusieurs exigences. Elles réclament la recherche de la vérité sur les événements survenus entre 2021 et 2023, la lutte contre l’impunité, l’indemnisation des victimes et l’adoption de réformes structurelles pour prévenir la répétition de telles crises. De plus, elles demandent la suspension de l’examen de la proposition de loi afin de permettre un débat national inclusif sur ses implications.

Les signataires interpellent le gouvernement, les parlementaires et l’ensemble des acteurs politiques pour qu’un dialogue transparent et accessible soit organisé. « Cette loi concerne toute la nation et ne peut être adoptée sans une réelle consultation des citoyens et des parties prenantes », insistent-ils.

À l’approche du vote, la pression monte sur les autorités. Si leurs revendications ne sont pas prises en compte, ces organisations pourraient accentuer leur mobilisation pour éviter ce qu’elles considèrent comme une manipulation législative risquant de compromettre la réconciliation nationale.

La société civile exige des concertations sur la proposition de loi interprétant l’amnistie

Vingt organisations de la société civile sénégalaise ont lancé un appel pressant pour des concertations inclusives avant l’adoption de la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie. Ce texte, présenté comme un moyen de lutter contre l’impunité, de garantir l’indemnisation des victimes et de favoriser la réparation des préjudices, suscite de vives inquiétudes quant à son application et ses éventuelles dérives.

Parmi les signataires figurent des mouvements influents tels que Y’en a Marre, AfrikaJom Center et la Ligue sénégalaise des droits humains. Selon eux, « face aux défis persistants liés à l’impunité et aux souffrances des victimes », il est impératif d’organiser un dialogue élargi pour assurer une mise en œuvre juste et équitable de cette amnistie.

Les organisations mettent en garde contre une interprétation biaisée de la loi qui risquerait de conduire à « une justice non équitable ». Elles soulignent la nécessité de respecter six principes fondamentaux pour encadrer ce processus. D’abord, elles insistent sur « la recherche de la vérité » concernant les événements survenus entre 2021 et 2023, période marquée par des tensions sociopolitiques et des affrontements ayant causé des pertes humaines et des violations des droits humains. Ensuite, elles rappellent l’importance de « la lutte contre l’impunité », afin de garantir que les responsables de ces violences soient identifiés et tenus pour responsables.

Un autre point crucial mis en avant est « l’indemnisation des victimes », à travers un mécanisme de compensation adéquat, permettant une reconnaissance et une réparation des préjudices subis. Les organisations appellent également à « l’adoption de réformes structurelles » pour éviter que de telles violences ne se reproduisent à l’avenir. Elles insistent sur « la participation inclusive » des victimes et des acteurs sociaux dans le processus décisionnel et demandent enfin « un sursis à l’examen de la proposition » afin de garantir une réflexion approfondie et une justice impartiale.

« Nous appelons à la création d’un espace où les voix des victimes, des organisations de la société civile et d’autres acteurs sociaux sont écoutées et prises en compte », déclarent-elles dans leur communiqué. Elles exhortent le gouvernement, les parlementaires et l’ensemble des parties prenantes à engager « un dialogue constructif », transparent et accessible, permettant aux citoyens d’exprimer leurs préoccupations et d’apporter leurs contributions.

Les signataires de cet appel, parmi lesquels figurent la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), l’ONG 3D, LEGS-Africa et le Forum du justiciable, réaffirment leur engagement en faveur d’une justice équitable et d’une réparation intégrale des préjudices subis. Pour eux, toute loi portant sur l’amnistie ne saurait être adoptée sans une large consultation nationale et un véritable débat sur ses implications.

Le BTP en crise au Sénégal : une chute brutale des commandes sous le nouveau régime

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) traverse une période difficile au Sénégal. Confrontées à une baisse des investissements publics, aux impayés de l’État et à une réduction drastique des commandes, plusieurs entreprises de construction sont aujourd’hui en difficulté. L’impact est direct sur l’emploi, les grands chantiers et l’économie nationale. Un an après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, qui avait promis une rupture avec l’ancien système, les effets sur le secteur sont préoccupants.

Dans les locaux du Consortium d’Entreprises du Sénégal (CSE), l’une des plus grandes sociétés de BTP du pays, les machines sont à l’arrêt. Les ouvriers, jadis très sollicités, sont de plus en plus nombreux à craindre pour leur avenir. Selon Souleymane Camara, syndicaliste au CSE, les chiffres illustrent la gravité de la situation. Le carnet de commandes est passé de 140 milliards à seulement 20 milliards de FCFA en moins d’un an, et les effectifs de l’entreprise ont chuté de 3 000 à 1 700 employés, forçant de nombreux travailleurs au chômage technique. Il déplore que depuis 11 mois, les activités aient fortement ralenti, causant la perte de plus de la moitié de la charge de travail et la multiplication des licenciements.

Le BTP représente environ 6 % du PIB sénégalais et génère des milliers d’emplois. Sous l’ancien président Macky Sall (2012-2024), plusieurs projets ambitieux avaient été lancés, notamment le Train Express Régional (TER), la construction d’autoroutes, le développement de pôles urbains comme Diamniadio et Lac Rose, ainsi que des infrastructures hospitalières et scolaires. Toutefois, ces projets avaient souvent bénéficié à des entreprises étrangères, suscitant la frustration des entreprises locales. Avec l’arrivée du nouveau gouvernement, une réorientation des priorités a été amorcée, mettant de nombreux chantiers en suspens.

Le ralentissement du secteur est confirmé par Kader Ndiaye, un responsable patronal, qui souligne que les arrêts de chantiers ont durement frappé le secteur. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le chiffre d’affaires de la construction a chuté de 2,6 % en 2024 par rapport à 2023, et la tendance reste négative.

L’un des problèmes majeurs rencontrés par les entreprises du BTP est lié aux factures impayées par l’État. Selon des estimations relayées par la presse locale, les dettes publiques envers le secteur dépasseraient 300 milliards de FCFA (environ 457 millions d’euros). Cette situation empêche les entreprises de payer leurs employés, d’honorer leurs contrats et de poursuivre leurs projets. Le gouvernement, conscient du problème, a récemment annoncé une accélération du règlement de cette dette, mais les entreprises restent sceptiques sur le calendrier des paiements. Par ailleurs, l’audit foncier lancé par l’État a entraîné la suspension de plusieurs projets immobiliers, notamment à Dakar. Pour Kader Ndiaye, si l’objectif de transparence du gouvernement est compréhensible, ces arrêts ont mis de nombreuses entreprises en difficulté et ont conduit à des licenciements massifs.

Depuis son investiture, le président Bassirou Diomaye Faye a plusieurs fois dénoncé l’état des finances publiques laissé par l’ancien régime. En janvier 2025, il déclarait que l’État disposait de marges budgétaires quasi inexistantes, compliquant la mise en œuvre de ses politiques publiques. Un rapport de la Cour des comptes, publié le 12 février, a révélé que la dette publique sénégalaise atteignait 99,67 % du PIB, bien au-delà des 75 % annoncés précédemment. Le déficit budgétaire réel de 2023, recalculé à 12,3 % contre 4,9 % officiellement déclaré par l’ancien gouvernement, a aggravé la situation. Cette crise budgétaire a conduit à une dégradation de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s, rendant plus difficile l’accès aux financements internationaux.

Face à cette situation préoccupante, le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment pris la parole pour appeler à un pacte de stabilité sociale. Le 27 février 2025, il a insisté sur la nécessité de réduire le train de vie de l’État pour libérer des fonds pour les secteurs prioritaires, d’auditer la fonction publique et de rationaliser les institutions coûteuses. Cependant, pour de nombreux acteurs du BTP, ces annonces restent insuffisantes. Les entreprises attendent avant tout des actions concrètes, notamment le paiement des dettes et la reprise des grands chantiers.

Pour espérer une relance du BTP au Sénégal, plusieurs pistes sont envisagées. L’accélération du paiement des dettes publiques pourrait soulager les entreprises et éviter de nouvelles faillites. La définition d’un plan de relance du secteur permettrait de prioriser les chantiers essentiels comme les infrastructures routières, scolaires et hospitalières. L’encouragement des investissements privés pourrait compenser la baisse des financements publics, tandis qu’une réforme de l’attribution des marchés publics favoriserait les entreprises locales et dynamiserait l’économie.

Alors que le gouvernement cherche encore un équilibre entre rigueur budgétaire et relance économique, les entreprises du BTP attendent avec impatience des décisions fortes. L’avenir du secteur dépendra largement de la capacité de l’État à honorer ses engagements et à relancer la machine économique.

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L’État du Sénégal récupère un terrain de près de 60 hectares à Niakhar ( Document )

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a signé un décret officialisant la désaffectation et l’appropriation par l’État d’un terrain d’une superficie de 591 741 m², situé à Kandiou, dans la commune de Niakhar, département de Fatick.

Selon le document officiel, l’État a décidé d’immatriculer cette parcelle dans son patrimoine foncier. Cette démarche vise à faciliter une attribution future par voie de bail, ouvrant ainsi la possibilité d’une exploitation dans un cadre légal et structuré.

Ce décret, pris fin décembre 2024, s’inscrit dans une politique de gestion et de valorisation des terres publiques. Il pourrait répondre à des projets d’aménagement ou de développement local, bien que les précisions sur l’usage exact du terrain n’aient pas encore été rendues publiques.

La récupération de ce terrain par l’État soulève toutefois des interrogations quant à l’éventuel impact sur les populations locales, notamment en ce qui concerne les usages antérieurs de la parcelle. Les autorités locales et les parties prenantes devront suivre de près l’évolution de ce dossier pour garantir une gestion équitable et transparente du foncier.

Ismaïla Kamby : du défenseur des femmes à l’escroc des bourses d’études

Ismaïla Kamby, président de l’association Touche pas à ma sœur, s’était bâti une réputation de fervent défenseur des droits des femmes. Pourtant, c’est lui qui s’est retrouvé sur le banc des accusés, impliqué dans une vaste affaire d’escroquerie aux fausses bourses d’études. Jugé et reconnu coupable, il a été condamné à deux ans de prison, dont un an ferme, et doit verser 6,5 millions de FCFA à ses victimes.

Marié et père de deux enfants, Ismaïla Kamby avait mis en place un véritable réseau de tromperie. Sous l’identité du président de la Fédération sénégalaise des clubs de la Francophonie, il prétendait bénéficier d’un partenariat avec la ville de Québec pour octroyer des bourses d’études à l’étranger.

Son approche était méthodique : il s’introduisait dans les établissements scolaires, notamment à Guédiawaye, en affirmant que son projet était validé par l’Inspection d’académie. Une fois sa crédibilité établie, il demandait des frais administratifs pour constituer les dossiers de bourse, encaissant des sommes considérables.

Nombreux sont ceux qui sont tombés dans le piège, séduits par la perspective d’un avenir prometteur pour leurs enfants.

• Yacine Sall, surveillante au CEM Joseph Corréa de Sam Notaire, a versé 2,1 millions de FCFA avant de comprendre qu’elle avait été dupée.

• Fama Faye, propriétaire d’une gargote, a d’abord donné 26 000 FCFA, puis s’est laissé convaincre de verser 500 000 FCFA, avant que Kamby ne disparaisse.

• Amadou Y. Barry, élève en Terminale au Groupe scolaire Sangomar Rénovation, a déboursé 251 000 FCFA dans l’espoir d’obtenir une bourse. Aujourd’hui étudiant à l’UCAD, il regrette amèrement son choix.

La cavale d’Ismaïla Kamby a pris fin le 7 mars 2025, lorsqu’il a été interpellé à son domicile de la cité Barry et Ly. Face aux enquêteurs, il a reconnu les faits, tout en affirmant qu’il était incapable de rembourser ses victimes.

Le procureur, dénonçant un « escroc aguerri, d’une rare mauvaise foi », avait requis deux ans de prison ferme. L’avocat des parties civiles a, quant à lui, souligné l’ironie de la situation : le prévenu, qui se prétendait juriste et président d’une organisation francophone, ne maîtrisait même pas la langue française.

Le tribunal l’a finalement condamné à deux ans de prison, dont un an ferme, pour escroquerie et usurpation de titres, ainsi qu’à une amende de 6,5 millions de FCFA.

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