Conflit israélo-palestinien : Des journalistes outillés sur les enjeux narratifs et médiatiques

Le Réseau des journalistes pour l’information religieuse (REJIR), en collaboration avec le Forum International Palestinien pour les Médias et la Communication basé en Turquie, organise un atelier de deux jours (vendredi 18 et samedi 19 juillet) visant à mettre en lumière les enjeux liés à la situation actuelle du peuple palestinien.

Selon Mouhamet Barro, fondateur du REJIR et président du Comité Sénégal-Palestine, cet événement a pour objectif de réunir des acteurs majeurs des médias — journalistes, chercheurs et figures religieuses — pour réfléchir sur les responsabilités narratives et médiatiques face au conflit israélo-palestinien, et sur le rôle de la communauté internationale, notamment islamique, dans le soutien au peuple palestinien.

« Cette première journée est dédiée à la formation des formateurs. Les participants doivent être capables de relayer et de transmettre les connaissances acquises ici. Nos journalistes ont besoin d’outils pour apprécier et traiter l’information de manière scientifique et professionnelle, afin d’éviter la manipulation et les excès, que ce soit en faveur de la Palestine ou d’Israël. Ce qui compte, c’est l’objectivité et la rigueur professionnelle », a expliqué Mouhamet Barro.

Il a dénoncé la marginalisation du conflit dans les médias sénégalais, affirmant que moins de 1 % de l’information diffusée concerne la Palestine. Ce désintérêt médiatique, jugé préoccupant, justifie la tenue de cet atelier de renforcement de capacités. L’objectif est d’outiller les professionnels pour une meilleure compréhension des résolutions internationales, de leur vote et de leur application, dans le but d’adopter une posture plus alignée avec la défense des droits des opprimés.

« Il existe une idéologie derrière les outils médiatiques modernes, y compris les réseaux sociaux comme Facebook ou les plateformes de Méta. Ceux qui les contrôlent imposent souvent une vision biaisée du conflit. Mais si le journaliste dispose d’une bonne culture générale, d’une formation continue et d’un socle idéologique solide, il pourra déjouer cette stratégie et proposer une information juste », a poursuivi le président du REJIR.

Il a aussi fustigé la tendance des grands médias internationaux à présenter le conflit uniquement à partir du 7 octobre 2023, à la suite des attaques du Hamas. Pour lui, cette narration omet volontairement le contexte historique du conflit, notamment la Nakba de 1948, marquée par l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens et la confiscation de leurs terres.

Le Sénégal, rappelle-t-il, a toujours affiché un soutien constant à la cause palestinienne, notamment à travers son engagement historique au sein du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, créé le 10 novembre 1975.

Cet atelier a aussi été l’occasion pour plusieurs intervenants — dont les journalistes Daouda Mine, Ballé Preira, ainsi que le président de la section sénégalaise d’Amnesty International — de livrer des communications sur le recoupement des sources, la lutte contre les fake news, et la dénonciation des violations des droits humains perpétrées par Israël.

Les échanges ont porté sur les défis liés à la désinformation, la propagande de l’occupation et la falsification de la vérité. Des interventions d’experts largement saluées par une assistance composée majoritairement de professionnels aguerris des médias.

A. Saleh


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Quitter la version mobile