Les chambres réunies de la Cour suprême ont rendu, ce mardi, une décision très attendue dans l’affaire opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. La haute juridiction a rejeté la requête en rabat d’arrêt introduite par le leader du parti Pastef, confirmant ainsi les décisions rendues en première instance et en appel.
Pour les conseils de Sonko, cette décision marque une nouvelle dérive du système judiciaire sénégalais. Visiblement courroucé, Me Ousmane Oussynou Fall a dénoncé une justice à deux vitesses et mis en cause le président de la Cour suprême, Souleymane Kane.
« Si nous venons ici, devant la Cour suprême, alors que tout le monde connaît les péripéties qu’on a traversées durant cette procédure… et qu’on vient ici pour conforter la décision de ces juges, cela ne me surprend nullement de ce premier président de la Cour suprême », a-t-il martelé devant la presse.
L’avocat estime que la requête en rabat était légitime et fondée en droit, soulignant que le rejet de celle-ci est « politiquement motivé » et entérine les « violations » précédentes.
À l’inverse, le camp de Mame Mbaye Niang savoure ce qu’il qualifie de triomphe judiciaire total. Me Elhadj Diouf, un des avocats de l’ex-ministre, n’a pas caché sa satisfaction.
« Mame Mbaye Niang a gagné et a tout gagné. Il a toujours gagné. Nous nous réjouissons de notre Justice qui a fait preuve de courage, d’indépendance et de lucidité pour le Sénégal », a-t-il déclaré avec emphase.
La Cour suprême a en effet non seulement déclaré la requête irrecevable, mais elle a également condamné Ousmane Sonko aux dépens, renforçant ainsi la position de la partie civile.
Ce rejet constitue un nouvel épisode dans le feuilleton judiciaire opposant Sonko à Mame Mbaye Niang, dans le cadre d’une affaire de diffamation liée au projet PRODAC. La décision, qui intervient dans un contexte politique toujours sous tension, risque de raviver les critiques sur l’impartialité du système judiciaire.
Pour les partisans de Sonko, cette issue conforte leur thèse d’un « harcèlement judiciaire », tandis que ses adversaires y voient la preuve d’un État de droit fonctionnel.
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