Kaffrine : la filière arachide en crise, les agriculteurs pointent du doigt le ministre Mabouba Diagne

La campagne de commercialisation de l’arachide connaît une situation critique dans la région de Kaffrine, où les producteurs se retrouvent dans l’impasse face à une mévente persistante et à des prix jugés insuffisants. Dans les villages de Yalale Diacké, Sombe Diacké et Beussal Wolof, les sacs d’arachide s’accumulent dans les entrepôts, faute de débouchés et face à l’absence de collecteurs fiables. Les quelques intermédiaires présents sur place offrent des tarifs qui ne couvrent pas les coûts de production, plongeant les agriculteurs dans une situation financière précaire.

Toby Ba, chef du village de Yalale Diacké, ne cache pas son désarroi et son amertume. « Les populations sont fatiguées, elles ne parviennent pas à vendre leur récolte, c’est difficile ! », déplore-t-il. Il n’hésite pas à pointer du doigt le ministre de l’Agriculture, le Dr Mabouba Diagne, qu’il accuse d’inaction et d’incompétence dans la gestion de cette filière stratégique. La colère des producteurs s’explique aussi par les longues distances à parcourir pour accéder aux points de collecte officiels, combinées à des coûts logistiques élevés qui viennent grever leurs marges.

Un producteur rencontré sur place explique que le prix actuel de l’arachide « ne permet pas de couvrir les frais liés aux semences, aux engrais, à la main-d’œuvre et au transport », et que cette situation menace directement la survie économique des familles agricoles. Selon plusieurs témoignages, certains producteurs envisagent même de stocker leur récolte jusqu’à la prochaine campagne, dans l’espoir d’obtenir un meilleur prix, un pari risqué face aux aléas climatiques et aux coûts de conservation.

Face à cette crise, le député-maire de la commune de Gossas, Adama Diallo, s’est rendu sur le terrain pour témoigner son soutien aux agriculteurs et pour alerter le gouvernement sur l’urgence de la situation. Il a appelé les autorités à réviser le prix d’achat de l’arachide et à envisager l’ouverture des marchés frontaliers afin de permettre aux producteurs d’écouler leurs récoltes dans de meilleures conditions. Selon lui, cette mesure serait cruciale pour préserver la filière et garantir la prochaine campagne agricole.

Dans cette région où l’arachide constitue une source essentielle de revenus et un pilier de l’économie locale, la tension monte, et les producteurs attendent désormais des réponses concrètes du gouvernement. Les mois à venir seront déterminants pour la survie de nombreux ménages et pour l’avenir de la filière, alors que la saison agricole se profile à l’horizon et que le temps presse pour agir.


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