À Kahone, au niveau du Secco, l’érosion dicte sa loi face au silence des autorités compétentes. Chaque jour, le phénomène progresse, grignotant les terres et menaçant directement les habitations. Les populations, impuissantes, dénoncent cette indifférence.
« Dans cette partie de la ville de Kahone, l’érosion a déjà englouti plusieurs espaces. Vous savez, il y a l’axe Gniby–Kahone qui traverse la zone et qui avait fait l’objet de la construction d’un radier. J’avais attiré l’attention, dès la phase conceptuelle, pour dire que cette route risquait de causer davantage de dégâts. Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Lorsqu’ils sont venus construire le radier au niveau du Secco, celui-ci est devenu un passage d’écoulement des eaux devant plusieurs maisons. Aujourd’hui, cela provoque une forte érosion, à tel point que nos véhicules ne peuvent plus accéder », explique Vieux Diagne, natif de Kahone, dont le mur de la maison est désormais menacé.
Face à cette situation, plusieurs correspondances ont été envoyées depuis le 28 août dernier au préfet du département, à des environnementalistes et à diverses personnalités. Mais toutes ces missives sont restées sans réponse, et aucun acte concret n’a encore été posé, regrette-t-il.
Les familles vivent dans l’angoisse permanente. Les enfants jouent à quelques mètres du vide, les concessions se fissurent et même un potentiel site voisin risque d’être endommagé par l’avancée du phénomène.
En attendant, les habitants tentent de se protéger avec les moyens du bord : sacs de sable, palissades improvisées… et des prières. Mais tous savent que ces défenses dérisoires ne résisteront pas longtemps face à la puissance des eaux.
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