Le débat autour des droits des personnes LGBTQ+ au Sénégal connaît une nouvelle montée de tension après l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi visant à durcir les sanctions contre les relations homosexuelles. Ce texte, qui renforce les dispositions déjà prévues par le Code pénal, a immédiatement suscité des réactions au niveau international, notamment de la part des Nations Unies, mais aussi une vive riposte de certains acteurs panafricanistes.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé une profonde inquiétude face à cette nouvelle législation adoptée par les députés sénégalais. Dans une déclaration publique, il a appelé les autorités du pays, en particulier le président Bassirou Diomaye Faye et les parlementaires, à reconsidérer ou à retirer le texte. Selon lui, la loi risque d’aller à l’encontre des engagements internationaux du Sénégal en matière de protection des droits humains et pourrait renforcer la discrimination contre certaines catégories de citoyens.
Pour les Nations Unies, les États doivent veiller à ce que leurs lois respectent les normes internationales relatives aux libertés fondamentales et à la dignité humaine. Le Haut-Commissariat rappelle régulièrement que la criminalisation des relations entre personnes du même sexe peut entraîner des violations graves des droits fondamentaux, notamment la stigmatisation, les violences ou encore l’exclusion sociale.
Cependant, cette prise de position a provoqué de fortes réactions dans certains milieux militants et souverainistes africains. Parmi les voix les plus virulentes figure celle de l’activiste Nathalie Yamb. Connue pour ses positions panafricanistes et ses critiques récurrentes envers les institutions occidentales et internationales, elle a vivement dénoncé ce qu’elle considère comme une forme de double standard dans les interventions des organisations internationales.
Dans un message publié sur le réseau social X, Nathalie Yamb a accusé les Nations Unies de se focaliser de manière disproportionnée sur la législation sénégalaise tout en restant silencieuses, selon elle, face à d’autres crises internationales beaucoup plus meurtrières. Elle a notamment évoqué les actions militaires menées par les États-Unis et Israël en Iran, affirmant que ces opérations provoqueraient la mort de civils, y compris des écolières, ainsi que la destruction d’infrastructures éducatives et politiques.
Dans son message, l’activiste met directement en cause plusieurs dirigeants internationaux. Elle cite notamment Donald Trump et Benjamin Netanyahu, qu’elle désigne par son nom complet Benjamin Mileikowsky, tout en reprochant aux Nations Unies de ne pas condamner avec la même vigueur les actions militaires qu’elle leur attribue.
La publication de Nathalie Yamb se distingue également par son ton particulièrement virulent à l’égard du Haut-Commissaire aux droits de l’homme. Dans son message adressé directement à Volker Türk, elle critique ce qu’elle décrit comme une attitude moralisatrice vis-à-vis du Sénégal et conclut par une injonction insultante lui demandant de « aller se faire foutre ».
Cette sortie illustre la polarisation croissante du débat autour des questions liées aux droits LGBTQ+ dans plusieurs pays africains, où ces sujets sont souvent abordés sous l’angle de la souveraineté culturelle et politique. Au Sénégal, où une large partie de la population se montre hostile à la reconnaissance des droits liés à l’homosexualité, toute prise de position extérieure sur la question est régulièrement perçue par certains acteurs comme une tentative d’ingérence.
La controverse intervient dans un contexte politique particulier marqué par l’arrivée au pouvoir du nouveau régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Tous deux ont, à plusieurs reprises, affirmé leur attachement aux valeurs sociétales majoritaires du pays tout en revendiquant la défense de la souveraineté nationale face aux pressions extérieures.
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