Opération « Thiely » à l’AIBD : une simulation grandeur nature pour tester la riposte face à une attaque par drone

Un avion en difficulté à l’atterrissage, des passagers en proie à des détresses respiratoires, des blessés présentant des plaies apparentes, un homme grièvement touché à l’œil, tandis que l’équipage tente de contenir la panique à bord. En quelques minutes, le tarmac de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) est envahi par la gendarmerie, la police, l’armée de l’air, les équipes de secours et les services de santé. Le scénario est alarmant : l’appareil aurait été attaqué par un drone. Une scène spectaculaire et angoissante qui, heureusement, ne relevait que de la simulation.

Cette mise en situation s’inscrivait dans le cadre de l’opération « Thiely », un exercice de grande ampleur visant à évaluer la capacité de réaction et de coordination des autorités aéroportuaires, sécuritaires et sanitaires face à une crise majeure. Conformément aux exigences internationales en matière de sûreté et de sécurité aéronautiques, ce type de simulation doit être organisé tous les deux ans dans chaque aéroport. Le dernier exercice de ce genre à l’AIBD remontait à 2023. « Il est exigé d’organiser, tous les deux ans, un exercice de grande ampleur en matière de gestion de crise, de sûreté et de sécurité. Il était donc impératif d’en tenir un en 2025 », a expliqué le colonel François Sambou, secrétaire général de la Haute Autorité des aéroports du Sénégal.

Pour Askin Demir, directeur général de Limak-AIBD-Summa (LAS), gestionnaire de l’aéroport international Blaise Diagne, l’opération « Thiely » s’inscrit pleinement dans le plan d’urgence de la plateforme aéroportuaire. « Tous les deux ans, nous organisons un exercice en tenant compte des menaces récentes. Aujourd’hui, partout dans le monde, la menace émergente concerne les drones. Le scénario de cette année repose donc sur l’intrusion de drones dans l’espace aéroportuaire », a-t-il souligné, mettant en avant l’évolution des risques auxquels sont confrontées les infrastructures aéroportuaires modernes.

L’exercice a ainsi mobilisé l’ensemble des parties prenantes intervenant sur la plateforme. L’autorité de l’aviation civile, la police, la gendarmerie, les douanes, l’armée de l’air, les services de santé, les sociétés privées de sûreté ainsi que les entreprises d’assistance aéroportuaire, notamment 2AS et AIBD-SA, ont été impliqués dans cette simulation. Chaque acteur avait un rôle précis et clairement défini, dans un dispositif coordonné visant à reproduire les conditions réelles d’une crise majeure.

« L’exercice a été dirigé par le colonel de l’autorité aéroportuaire. L’objectif principal reste la sûreté et la sécurité de l’aéroport », a précisé Askin Demir. Selon lui, ces simulations permettent non seulement d’évaluer le niveau de préparation des différents services, mais aussi d’identifier les points forts et les faiblesses du dispositif, tout en renforçant la coordination et la communication entre les acteurs concernés. L’enjeu est de taille, car la rapidité et l’efficacité de la réponse conditionnent la maîtrise de la situation et la protection des passagers, du personnel et des infrastructures.

Le scénario retenu pour l’opération « Thiely » combinait à la fois des actes intentionnels relevant de la sûreté et des incidents liés à la sécurité. Une distinction essentielle dans le domaine de l’aviation, comme l’a rappelé le colonel François Sambou. « En aviation, la sécurité concerne les événements accidentels, tandis que la sûreté touche aux actes intentionnels. L’attaque par drone relève clairement de la sûreté », a-t-il expliqué. À travers cette simulation réaliste, les autorités entendaient ainsi tester leur capacité à faire face à une menace émergente, tout en s’assurant que les procédures d’urgence sont maîtrisées et adaptées aux nouveaux défis sécuritaires.

Au-delà du caractère spectaculaire de la mise en scène, l’opération « Thiely » s’est révélée être un exercice stratégique, illustrant la volonté des autorités sénégalaises et des gestionnaires de l’AIBD de maintenir un haut niveau de vigilance et de préparation. Dans un contexte international marqué par l’évolution rapide des menaces, notamment l’usage malveillant des drones, cette simulation grandeur nature constitue un outil essentiel pour garantir la sûreté, la sécurité et la résilience de la principale plateforme aéroportuaire du Sénégal.


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