Le calme semble enfin revenir à Pikine-Technopole, un quartier longtemps marqué par une série d’agressions violentes qui avaient semé la terreur parmi les habitants en 2021. Ce jeudi, la chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye a examiné le dossier d’une bande armée présumée, conduite par A. Camara, alias « Assane Moumeu », tailleur de profession. Ce dernier est présenté par les enquêteurs comme le chef d’un groupe qui dépouillait des passants et des couples, souvent sous la menace de machettes.
Devant le tribunal, trois accusés ont comparu : A. Camara, Ch. Ndiaye et Kh. Mbengue. Tous trois, déjà connus des services de police, sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vols en réunion commis la nuit avec usage d’armes, et détention illégale d’armes. Le parquet a requis à leur encontre la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que les faits étaient d’une gravité exceptionnelle.
Les débats ont été vifs. À la barre, Ch. Ndiaye a catégoriquement nié toute implication dans les attaques. Il a affirmé avoir été arrêté par hasard et dit avoir subi des violences policières lors de son interpellation. De son côté, A. Camara a rejeté le surnom « Moumeu » que lui attribuent les enquêteurs, niant toute participation aux agressions. Quant à Kh. Mbengue, il a également contesté les faits qui lui sont reprochés.
Cependant, selon les éléments présentés à l’audience et rapportés par L’Observateur, les enquêtes de police et les témoignages des victimes décrivent un groupe bien organisé, avec un mode opératoire précis. Les membres de la bande opéraient de nuit, armés de machettes, ciblant les passants isolés et les couples. L’un des témoignages les plus marquants est celui de Fatou Nguirane, enceinte au moment des faits, qui a raconté avoir été attaquée et dépouillée sous la menace d’une arme blanche. Le couple Diallo, autre victime, a décrit une agression d’une violence extrême, ponctuée de coups de machette.
L’enquête a connu un tournant décisif après l’interpellation de Ch. Ndiaye, surpris en flagrant délit. Les policiers ont retrouvé sur lui un téléphone portable volé, ce qui a permis d’identifier et d’arrêter les autres membres présumés du groupe.
Pour le ministère public, les trois hommes constituent un danger pour la société. Le procureur a insisté sur la nature organisée, violente et répétée des attaques, qualifiant les prévenus « d’extrêmement dangereux ». Il a ainsi requis la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que les faits ne laissaient place à aucune circonstance atténuante.
La défense, pour sa part, a plaidé l’innocence de ses clients, dénonçant un dossier monté sans preuves matérielles solides et entaché de violations des droits de la défense. Les avocats ont demandé l’acquittement pur et simple des accusés, invoquant notamment les conditions d’arrestation et les violences subies lors des interrogatoires.
Après plusieurs heures d’audience, marquées par des échanges tendus entre les différentes parties, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu pour le 2 décembre prochain.
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