Politique · 16 octobre 2026
Au cœur de cette sortie figure une information rapportée par le journaliste au sujet d’une perquisition qui aurait eu lieu dans un appartement attribué à Ousmane Sonko, à la cité Senegindia, à Yoff. Selon les éléments relayés par le Réseau, d’importantes sommes en francs CFA, en euros et en dollars auraient été saisies puis placées sous scellés. Madiambale Diagne aurait également établi un lien temporel entre cette opération et le démantèlement présumé d’un réseau de renseignements à Sébikotane.
Le Réseau des lanceurs d’alerte estime que ces affirmations, compte tenu de leur gravité, ne doivent pas être ignorées. Il appelle à ce que les faits allégués soient examinés de manière rigoureuse, tout en soulignant que les accusations formulées publiquement nécessitent des vérifications indépendantes avant que des conclusions puissent être tirées.
Dans son communiqué, l’organisation rappelle que ces nouvelles déclarations s’ajoutent à plusieurs autres controverses et accusations attribuées au journaliste depuis 2024. Elle évoque notamment une opération financière de 650 millions d’euros réalisée par l’État du Sénégal au moyen de mécanismes de Total Return Swaps, ainsi que des interrogations concernant certaines démarches diplomatiques attribuées à Ousmane Sonko.
Le Réseau mentionne également une rencontre présumée entre le Premier ministre et le juge Cheikh Ndiaye à Toubab Dialaw. Il rappelle que ce magistrat n’avait pas participé à une décision du Conseil constitutionnel relative à un recours concernant la réintégration de Sonko à l’Assemblée nationale. Le lien entre ces différents éléments, tel que présenté dans les accusations relayées, reste toutefois à établir sur la base de faits vérifiés.
D’autres dossiers sont cités dans le communiqué, notamment un contrat lié au Port autonome de Dakar, l’affaire dite « Cosmos » et des allégations relatives à des mouvements de fonds impliquant les avocats d’Ousmane Sonko, Ciré Clédor Ly, Bamba Cissé et Demba Ciré Bathily. Le Réseau fait également référence à une affaire portant sur six milliards de francs CFA, présentée par le journaliste comme impliquant des ressortissants indiens.
Pour l’organisation, l’accumulation de ces interrogations justifie que les faits soient examinés sans considération du statut politique des personnes concernées. Elle estime que les citoyens doivent pouvoir compter sur des mécanismes de contrôle et de vérification capables de faire la lumière sur les accusations susceptibles de relever de la justice.
Le Réseau interpelle ainsi directement Ousmane Sonko, ses avocats et ses soutiens, en leur demandant de préciser les réponses apportées aux différentes accusations et les démarches éventuellement entreprises pour les démentir ou les clarifier. Il s’interroge également sur le traitement réservé à ces dossiers, estimant que les faits allégués doivent être examinés selon les mêmes exigences de rigueur que toute autre affaire susceptible d’entraîner des poursuites judiciaires.
« La justice ne peut être sélective », soutient l’organisation, qui affirme qu’aucune personnalité ne devrait bénéficier d’une immunité de fait en raison de ses fonctions, de son influence ou de ses responsabilités politiques.
Le Réseau des lanceurs d’alerte annonce enfin son intention de poursuivre le suivi des dossiers évoqués, de documenter les éléments disponibles et de saisir les instances compétentes lorsque les circonstances le justifieront. Il réclame davantage de transparence et de redevabilité, considérant que les citoyens ont droit à des réponses précises sur les affaires soulevées dans le débat public.
À ce stade, les accusations mentionnées dans le communiqué doivent être distinguées des faits établis par une enquête ou une décision judiciaire. La vérification des informations avancées, ainsi que les éventuelles réponses des personnes mises en cause, seront déterminantes pour établir la réalité des faits allégués.