Réforme du secteur extractif : l’État sénégalais engage un vaste nettoyage des titres miniers

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines Birame Souleye Diop a présenté un bilan d’étape particulièrement fourni de la réforme en cours du secteur extractif sénégalais lors du point de presse du gouvernement. Cette communication a permis de faire le point sur plusieurs chantiers majeurs engagés par les autorités, notamment l’assainissement du portefeuille minier, la révision de certains titres pétroliers et la volonté affichée de réduire les coûts de l’énergie. À travers ces mesures, le ministre a clairement affiché l’ambition du gouvernement d’instaurer une rupture avec certaines pratiques jugées problématiques et héritées des régimes précédents.

Au cœur de cette réforme figure un vaste processus de vérification des titres miniers attribués par l’État. Birame Souleye Diop a ainsi annoncé que 313 titres miniers sont actuellement sur le point d’être retirés à leurs détenteurs. Selon lui, les vérifications administratives et techniques sont désormais dans leur phase finale avant la prise de décisions formelles. Les titres concernés ont été identifiés après un examen approfondi qui a révélé de nombreuses irrégularités dans leur exploitation ou dans le respect des obligations prévues par la réglementation minière.

Le ministre a expliqué que ces titres ont été attribués à des personnes physiques ou à des entreprises qui, dans les faits, n’ont jamais réellement investi dans les projets pour lesquels elles avaient obtenu des permis. Dans plusieurs cas, les titulaires n’ont pas engagé les travaux d’exploration ou d’exploitation requis par la loi. D’autres n’ont pas respecté leurs obligations administratives, notamment le paiement des droits et redevances dus à l’État sénégalais. Pour le gouvernement, cette situation constitue une perte importante pour les finances publiques et freine le développement réel du secteur minier.

Birame Souleye Diop a également dénoncé un phénomène qu’il qualifie de spéculation systémique autour des titres miniers. Selon lui, certains opérateurs obtenaient des permis non pas pour développer des projets miniers, mais dans l’unique objectif de les revendre ou de les transférer à des partenaires étrangers. Dans ce schéma, aucune activité concrète n’était engagée sur le terrain. Les titres devenaient ainsi des instruments de transaction plutôt que des outils de production et de création de valeur.

Le ministre a insisté sur l’ampleur des abus constatés au fil des audits et des vérifications conduits par son département. Ces pratiques ont, selon lui, favorisé l’émergence d’une catégorie d’acteurs qu’il qualifie de « rentiers de titres ». Ces derniers auraient capté des ressources publiques stratégiques sans jamais les mettre au service du développement économique du pays. Pour les autorités, cette situation est incompatible avec la nouvelle orientation que le gouvernement souhaite donner à la gestion des ressources naturelles.

À travers cette opération de retrait de titres et de réorganisation du portefeuille minier, l’État sénégalais entend rétablir des règles plus strictes dans l’attribution et la gestion des permis. L’objectif affiché est de s’assurer que les acteurs présents dans le secteur disposent des capacités techniques, financières et opérationnelles nécessaires pour développer effectivement les projets miniers. Le gouvernement souhaite ainsi mettre fin aux pratiques spéculatives et garantir que les ressources du sous-sol sénégalais contribuent pleinement à la croissance économique et aux recettes publiques.


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