Autrefois complices sur le plan politique, Khalifa Sall et Barthélémy Dias traversent aujourd’hui une zone de turbulences qui a mis fin à plusieurs années de collaboration. Leur mésentente, née d’une série de désaccords liés à la gestion de la mairie de Dakar, s’est cristallisée autour de l’élection du nouvel édile de la capitale.
En décembre 2024, les deux responsables politiques avaient pourtant trouvé un terrain d’entente. Ils s’étaient accordés pour soutenir la désignation de Ngoné Mbengue comme maire par intérim. Mais cette entente fut de courte durée. À peine installée, Mme Mbengue prit des décisions qui déplurent fortement à Barthélémy Dias, notamment la révocation de plusieurs de ses proches collaborateurs.
Estimant avoir été écarté de la gestion municipale, l’ancien maire de Dakar exprima ouvertement son mécontentement. Le 14 août 2025, il informa Khalifa Sall qu’il ne soutiendrait plus Ngoné Mbengue et annonça son intention de présenter son propre candidat, Pathé Ba.
Alors qu’il attendait parallèlement la décision de la Cour suprême sur son recours visant à retrouver son fauteuil de maire, Barthélémy Dias tenta une nouvelle médiation. Il dépêcha des émissaires auprès de Khalifa Sall afin de demander un report du scrutin. Dans un premier temps, l’ancien édile donna son accord, avant de se rétracter quelques heures plus tard.
Selon des confidences rapportées par Jeune Afrique, Khalifa Sall aurait informé les envoyés de Barthélémy Dias « vers deux heures du matin » qu’il n’était plus question de reporter l’élection. Le scrutin devait se tenir à la date prévue, un geste que Barthélémy Dias aurait vécu comme une véritable trahison.
Moins de quarante-huit heures plus tard, le maire sortant convoqua une conférence de presse. Il y appela les conseillers municipaux à boycotter la séance afin d’empêcher le vote. Mais l’élection s’est finalement tenue comme prévu, entérinant la rupture définitive entre les deux hommes.
Pendant que la rivalité entre Khalifa Sall et Barthélémy Dias s’exacerbait, le parti Pastef a su tirer son épingle du jeu. Bien que ne disposant que de 13 conseillers municipaux contre 28 pour Taxawu Sénégal, Abass Fall a su rallier des soutiens au-delà de son camp. À l’issue du vote, il a obtenu 49 voix, consolidant ainsi la percée du parti présidentiel dans la capitale.
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