Dans un contexte économique marqué par des exigences de performance et de souveraineté financière, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décidé de s’attaquer à la complexité et à la dispersion des mécanismes de financement publics au Sénégal. Lors du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025, le chef de l’État a lancé une vaste réforme visant à harmoniser les dispositifs existants pour les rendre plus efficaces, plus lisibles et plus orientés vers les priorités nationales.
Les structures ciblées par cette refonte sont nombreuses et couvrent des champs variés du financement public : la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE), la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS), la Loterie nationale (LBA), le Fonds National de Microfinance Islamique (FONAMIF) et la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide (DER/FJ). Autant de dispositifs qui, malgré leur utilité sectorielle, souffrent parfois d’un chevauchement des missions, d’un manque de coordination ou d’une dispersion des ressources.
Le président Diomaye Faye a ainsi donné instruction au ministre des Finances et du Budget, au ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi qu’au ministre chargé du Suivi de l’Agenda Sénégal 2050, de travailler, sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko, à l’élaboration d’une stratégie nationale de rationalisation des dispositifs de financement public.
L’objectif affiché est clair : mettre fin à la fragmentation des instruments, améliorer leur gouvernance, mutualiser les ressources et maximiser l’impact économique des fonds publics. Il s’agit également de renforcer la transparence, l’évaluation des performances et la traçabilité dans l’utilisation des ressources publiques.
Au-delà de la seule rationalisation institutionnelle, le président Faye appelle à un changement de paradigme. Il souhaite que les financements publics soient davantage orientés vers le soutien à une économie endogène, capable de générer sa propre richesse à partir des potentialités nationales. Cela implique un soutien plus structuré à l’investissement productif local, à l’innovation, à la transformation industrielle et à la souveraineté économique.
Dans cette dynamique, les institutions financières publiques devront jouer un rôle de levier stratégique, en accompagnant les secteurs porteurs de l’économie sénégalaise, notamment l’agriculture, les énergies renouvelables, l’économie numérique, la santé, l’habitat social, ou encore l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
Cette annonce du chef de l’État marque un tournant dans la gestion des finances publiques. Elle intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à optimiser ses ressources internes, à réduire sa dépendance aux financements extérieurs et à asseoir une gouvernance économique plus rigoureuse et plus performante.
Si cette réforme ambitieuse est bien conduite, elle pourrait réduire les doublons, améliorer la transparence des interventions financières publiques, et renforcer l’efficacité de l’investissement public au service du développement national.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.