Le Sénégal mobilise avec succès 225,5 milliards FCFA sur le marché financier régional

Le Trésor public sénégalais a réalisé une opération réussie de levée de fonds ce vendredi 27 juin 2025 sur le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en mobilisant un montant total de 225,5 milliards de FCFA. Cette adjudication ciblée de titres publics témoigne une fois de plus de la solidité de la signature souveraine du Sénégal et de la confiance renouvelée des investisseurs.

Selon les informations relayées par Le Soleil, l’émission portait sur deux types d’instruments financiers : des Bons Assimilables du Trésor (BAT) à échéance d’un an et des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à maturités de trois et cinq ans. Initialement, le montant mis en adjudication s’élevait à 205 milliards de FCFA. Toutefois, l’engouement des investisseurs a largement dépassé les attentes, avec une demande globale atteignant 264,3 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 128,93 %.

Les rendements proposés lors de cette opération confirment le niveau élevé des taux dans la sous-région. Les investisseurs ont ainsi bénéficié d’un rendement moyen de 7,21 % sur les BAT (365 jours) et de 7,53 % sur les OAT à trois et cinq ans. Ces conditions, bien que coûteuses pour l’État, reflètent un environnement monétaire tendu dans l’espace UEMOA, mais aussi la forte crédibilité du Sénégal auprès des opérateurs financiers.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie annuelle du gouvernement sénégalais visant à mobiliser des ressources internes pour financer ses priorités : projets d’infrastructures, relance économique et couverture du déficit budgétaire. Avec cette dernière adjudication, le Trésor a déjà levé 1 037 milliards de FCFA depuis le début de l’année 2025 sur le marché des titres publics de l’UEMOA.

La réussite de cette émission renforce la position du Sénégal comme l’un des émetteurs les plus actifs et les plus fiables de la région. Ce dynamisme sur le marché des capitaux témoigne de la capacité du pays à mobiliser efficacement les financements nécessaires à la mise en œuvre de son programme économique et social, malgré un environnement économique international contraint.

5 milliards de FCFA pour indemniser les familles des victimes des violences électorales : une mesure forte de Bassirou Diomaye Faye

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé une initiative majeure pour répondre aux drames causés par les violences électorales : l’attribution d’une enveloppe de 5 milliards de FCFA destinée à indemniser les familles des victimes. Cette mesure, inscrite dans la loi rectificative en cours d’adoption, traduit la volonté du chef de l’État de soulager les familles endeuillées et de soutenir celles ayant subi des préjudices lors des affrontements liés aux élections.

Dès son accession à la magistrature suprême, Bassirou Diomaye Faye avait placé cette initiative parmi ses priorités, affirmant l’urgence d’intervenir en faveur des proches des victimes. Cette démarche a été saluée par plusieurs associations de victimes, dont l’Association des victimes de violences électorales. Djibril Diaw, membre actif de l’association, a exprimé sa satisfaction face à cette annonce tout en soulignant la portée limitée de l’indemnisation :

Si cette initiative est largement perçue comme un geste fort, elle n’épuise pas les revendications des victimes. Djibril Diaw a insisté sur la nécessité de garantir une distribution équitable et transparente des fonds alloués :

Outre l’indemnisation, les familles réclament également des actions judiciaires. La demande principale reste l’abrogation de la loi d’amnistie et la tenue de procès contre les responsables des violences électorales. Pour les victimes, l’indemnisation ne peut être une solution isolée. Djibril Diaw a tenu à rappeler que sans justice, ces initiatives risquent de rester insuffisantes :

Cette enveloppe budgétaire constitue un premier pas vers la reconnaissance et la réparation des souffrances causées par les violences électorales. Cependant, pour les associations et les familles concernées, il s’agit d’une étape parmi d’autres. La quête de justice et la lutte contre l’impunité restent des priorités pour que les événements tragiques ne soient pas relégués à l’oubli.

L’initiative du Président Bassirou Diomaye Faye pourrait poser les bases d’une réconciliation nationale, à condition qu’elle s’accompagne de mesures concrètes pour éviter que de telles violences ne se reproduisent. La nation entière attend désormais des avancées significatives sur le terrain de la justice, pour que le sacrifice des victimes ne soit pas vain.

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