Maintien en détention de Farba Ngom : l’APR dénonce un « acharnement politique » et annonce un plan d’action

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce mardi 13 janvier à l’issue d’une conférence de presse consacrée au maintien en détention du député-maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom. Face aux journalistes, les responsables du parti ont vivement contesté la décision judiciaire, qu’ils assimilent à un acharnement politique ciblé contre l’un de leurs cadres les plus en vue.

Revenant sur l’évolution du dossier, les dirigeants de l’APR ont mis en parallèle les situations de deux personnes mises en cause dans la même affaire, à savoir Tahirou Sarr et le député Mohamadou Ngom, dit Farba. Ils ont rappelé que l’annonce de la mise en liberté de Tahirou Sarr, intervenue le 12 janvier, avait suscité un large soulagement au sein de l’opinion publique. Une satisfaction de courte durée, selon eux, puisque le parquet financier a rapidement interjeté appel de la décision concernant Farba Ngom, un acte que le parti impute directement à une volonté politique incarnée, selon ses responsables, par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Pour l’APR, cette démarche du parquet n’est pas anodine. Le parti y voit une récidive, soulignant qu’il s’agit de la deuxième fois qu’une décision judiciaire ordonnant une remise en liberté est aussitôt contestée. Cette situation traduirait, selon eux, une justice à géométrie variable, caractérisée par une inégalité manifeste de traitement entre des personnes poursuivies pour des faits similaires.

Les responsables de l’Alliance pour la République affirment que Farba Ngom est aujourd’hui le seul détenu dans ce dossier, une réalité qu’ils jugent révélatrice d’un traitement particulier. Ils énumèrent une série d’événements qu’ils considèrent comme les signes d’un acharnement continu, notamment la levée de l’immunité parlementaire du député, son éviction du poste de vice-président de l’Assemblée nationale, ainsi que des accusations répétées qu’ils estiment non étayées depuis près d’un an.

La question de l’état de santé de Farba Ngom a également occupé une place centrale lors de la conférence de presse. Selon l’APR, plusieurs rapports médicaux attestent de l’incompatibilité de son état de santé avec une détention carcérale prolongée. Malgré cela, le député demeure en prison, une situation que le parti qualifie d’inhumaine et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Le parti a par ailleurs vivement critiqué la sortie médiatique de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Les responsables de l’APR estiment que sa conférence de presse relevait davantage, selon leurs termes, d’une « conférence de panique » que d’un exercice institutionnel normal. Ils s’interrogent sur le rôle de la garde des Sceaux, qu’ils accusent de se substituer au procureur dans la conduite de ce dossier, brouillant ainsi, à leurs yeux, la séparation des pouvoirs.

Pour l’APR, il ne fait aucun doute que ce dossier est avant tout politique. Le parti rejette catégoriquement l’idée d’un traitement purement judiciaire et soutient qu’en présence d’un détenu gravement malade, rien n’empêche la justice d’ordonner une mise en liberté sous contrôle judiciaire, conformément aux dispositions prévues par la loi. Le maintien en détention de Farba Ngom est ainsi qualifié d’« hérésie juridique », posant une question centrale que les responsables adressent directement à la justice sénégalaise : comment comprendre que deux personnes inculpées pour les mêmes faits soient traitées de manière aussi différente ?

Face à ce qu’elle considère comme des détentions arbitraires, l’Alliance pour la République exige la libération immédiate et sans condition de Farba Ngom et de toute autre personne concernée par des décisions qu’elle juge injustes. Le parti a annoncé un plan d’action destiné à alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation. Celui-ci prévoit une tournée auprès des autorités religieuses, des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des représentations diplomatiques, dans l’objectif déclaré de préserver l’image et la stabilité du Sénégal.

L’APR entend également engager des concertations avec les forces démocratiques et citoyennes du pays et annonce l’organisation prochaine d’une marche nationale. Pour conclure, les responsables du parti estiment que la République est en danger et que la démocratie est menacée, appelant à une mobilisation générale pour leur sauvegarde.

À noter que cette conférence de presse de l’APR est intervenue quelques heures après celle de la garde des Sceaux. La ministre de la Justice, Yassine Fall, y a évoqué de nouveaux éléments susceptibles, selon elle, d’alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom, renforçant davantage la tension politique et judiciaire autour de cette affaire désormais au cœur du débat public.

Pape Malick Ndour libéré : Me El Hadji Diouf dénonce un acharnement politique et l’absence de preuves

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a été libéré ce lundi à l’issue de son audition à la Section de recherches de Colobane. Son avocat, Me El Hadji Diouf, a dénoncé un « acharnement politique » et une « violation » des droits de son client, affirmant que rien ne justifiait cette convocation.

« Tous les droits de Pape Malick Ndour ont été violés. Il n’a rien à se reprocher. Il n’a donné aucun ordre pour tuer, n’a eu aucun contact avec des nervis, il n’est ni criminel ni assassin », a déclaré Me Diouf. L’avocat a dénoncé une manœuvre visant spécifiquement les cadres de l’Alliance pour la République (APR) susceptibles de contester le gouvernement en place. « Ce grand économiste empêche le gouvernement de dormir. C’est un homme courageux, de haut niveau, qui pose des questions sur des sujets que ce gouvernement ne maîtrise pas. Il dérange, comme tous les cadres de l’APR capables de porter la contradiction à un gouvernement affolé », a-t-il ajouté.

Selon Me Diouf, la convocation de Pape Malick Ndour reposait uniquement sur une dénonciation, sans qu’aucune preuve tangible ne soit produite. « J’ai demandé aux enquêteurs : où sont les preuves ? Aucune preuve. Les gendarmes n’ont pas pu produire le moindre élément. Nous sommes sortis de l’enquête très confiants, car ils n’ont aucune preuve contre lui », a-t-il précisé.

L’avocat a enfin confirmé que Pape Malick Ndour est désormais libre de ses mouvements et peut voyager sans restriction. « Il peut voyager dès ce soir, que ce soit pour l’Australie, Paris ou l’Océanie », a-t-il conclu, mettant fin à une affaire qui aura suscité de vives réactions dans le paysage politique national.

Pape Malick Ndour dénonce une « injustice flagrante » et un « acharnement politique honteux » contre Abdou Nguer et Ismaïla Madior Fall

Dans une déclaration ferme publiée sur ses réseaux sociaux, l’homme politique Pape Malick Ndour est monté au créneau pour dénoncer les récentes décisions judiciaires visant Abdou Nguer et l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Il fustige ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

« Je suis allé voir Abdou Nguer au commissariat : j’y ai trouvé un homme debout, lucide, digne, dont la résilience force le respect », a témoigné Ndour, visiblement touché par la situation de l’ancien directeur du Coud, placé sous mandat de dépôt. Il dénonce des accusations « grotesques » et « fabriquées », pointant du doigt une tentative d’intimidation politique. « Cela relève d’une injustice flagrante et d’un acharnement politique honteux », s’est-il indigné.

Pape Malick Ndour s’est également exprimé sur le sort d’Ismaïla Madior Fall, assigné à résidence sous bracelet électronique. Il décrit un homme « digne, calme, inébranlable, qui marche la tête haute dans la tempête », ajoutant que cette mesure est « une opération d’humiliation orchestrée, qui trahit une volonté de briser symboliquement un adversaire ».

Face à ce qu’il qualifie de « stratégie d’intimidation et de discrédit », Ndour appelle à la résistance : « Nous tenons bon, nous avançons, et nous ne reculerons pas. Le combat continue avec fermeté, avec conviction, avec dignité et avec honneur. »

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