L’Assemblée Nationale adopte à l’unanimité les projets de loi sur la réglementation bancaire et de la microfinance

L’Assemblée Nationale du Sénégal a tenu une séance plénière ce mardi 11 février 2025, consacrée à l’examen des projets de loi portant sur la réglementation bancaire et de la microfinance. Après un passage en Commission, le Ministre des Finances et du Budget, M. Cheikh Diba, a pris la parole pour défendre ces projets de loi devant les députés.

Les deux projets, la Loi n°01-2025 sur la réglementation bancaire et la Loi n°02-2025 sur la réglementation de la microfinance, ont été adoptés à l’unanimité par les députés présents. En effet, la Loi n°01-2025 a recueilli 143 voix pour sur 143 votants, et la Loi n°02-2025 a également été votée sans opposition.

Ces réformes législatives visent des objectifs clairs pour le secteur financier national. La Loi sur la réglementation bancaire cherche à renforcer le cadre législatif du secteur, en vue de rendre les services bancaires plus accessibles et sécurisés pour les usagers. Elle s’inscrit dans une démarche visant à améliorer la confiance des citoyens dans le système bancaire et à encourager l’inclusion financière.

Quant à la Loi sur la microfinance, elle a pour objectif de consolider la résilience des institutions de microfinance, en encadrant de manière plus stricte les taux d’intérêt et en facilitant l’accès aux financements pour les populations vulnérables. Ce projet vise ainsi à protéger les clients des abus tout en assurant un développement durable des institutions de microfinance.

L’adoption de ces deux projets de loi marque une étape importante dans la modernisation et la régulation du secteur financier sénégalais, en réponse aux besoins croissants de transparence et de protection des usagers. Les autorités espèrent que ces réformes contribueront à stimuler l’accès au crédit, notamment pour les petites entreprises et les citoyens à faibles revenus, tout en garantissant un cadre juridique plus sûr et plus fiable pour les opérateurs du secteur.

Vers une réforme du transport public : le Sénégal adopte des mesures conservatoires pour la sécurité routière

Dans le cadre de la transformation rapide et intégrale du transport public au Sénégal, le gouvernement a décidé d’organiser des États généraux des Transports publics. Cette initiative vise à établir un consensus indispensable pour réformer ce secteur stratégique. Cependant, en attendant la mise en œuvre de ces nouvelles mesures, le Premier ministre a validé un ensemble de dispositions conservatoires destinées à renforcer immédiatement la prévention et la sécurité routières. Ces mesures, issues d’une réunion interministérielle tenue le 8 août 2024, seront appliquées sans délai.

Les premières mesures conservatoires visent à intensifier le contrôle routier et à durcir les sanctions pour les infractions au Code de la route. Parmi les actions prioritaires figurent :

• Réactivation des commissions régionales pour le retrait et la restitution des permis de conduire, avec l’obligation pour les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) de transmettre systématiquement les permis des contrevenants à ces commissions.

• Rapports mensuels : chaque commission devra produire un rapport mensuel destiné au ministère des Transports terrestres pour un suivi rigoureux.

• Application stricte des sanctions prévues par le Code de la route, notamment sur les excès de vitesse, les dépassements dangereux, les surcharges de bagages, le transport mixte, les surnombres de passagers, ainsi que les défaillances techniques (pneumatiques, pare-brise, rétroviseurs, etc.).

Concernant les deux-roues, qui représentent une part importante des accidents de la route, des mesures spécifiques ont été adoptées :

• Immatriculation obligatoire pour toutes les motos de cylindrée supérieure à 49 cc. Une période de gratuité de trois mois pour l’immatriculation des motos déjà dédouanées et en règle a été instaurée, à l’exclusion des frais de plaque.

• Sanctions systématiques contre les comportements dangereux : circulation sur les trottoirs, non-respect des stops, feux tricolores, ou sens giratoires, rodéos urbains, circulation en sens interdit, et non-port du casque.

• Interdiction stricte de transporter plus de deux personnes sur une moto.

Libération des emprises et préservation des infrastructures routières

Pour améliorer la circulation et protéger les infrastructures, le gouvernement a ordonné :

• La libération des routes à grande circulation (nationales, régionales et départementales) et de leurs dépendances (voies, trottoirs, etc.) des occupations anarchiques, y compris les panneaux publicitaires non autorisés.

• La désoccupation des ponts, passerelles, et exutoires naturels des eaux pluviales pour préserver leur fonctionnalité et éviter des inondations ou déséquilibres structurels.

Ces mesures conservatoires, bien qu’urgentes et immédiates, s’inscrivent dans une stratégie globale visant à réformer le transport public sénégalais. Les États généraux des Transports publics, qui seront organisés prochainement, devront approfondir cette dynamique en impliquant toutes les parties prenantes.

En renforçant à court terme la sécurité et la prévention, tout en engageant des réformes de fond, le gouvernement entend poser les bases d’un système de transport public moderne, sûr et adapté aux besoins croissants de la population.

Adapter la formation professionnelle aux besoins de l’économie : un défi pour le gouvernement

Dans un entretien accordé ce mercredi 9 octobre au journal Le Soleil, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, ministre de la Formation professionnelle, a exposé les grands enjeux de son département. À l’heure où l’économie mondiale et nationale évoluent à un rythme effréné, la formation des jeunes Sénégalais doit impérativement s’adapter pour répondre aux besoins du marché du travail. « L’orientation stratégique du ministère, en droite ligne avec la vision du président de la République Bassirou Diomaye Faye, est d’arrimer les formations aux besoins de l’économie », a-t-il affirmé.

Nommé il y a six mois par le Premier ministre Ousmane Sonko, Sarré fait face à une tâche ardue. Il reconnaît que, bien que des efforts aient été réalisés pour ajuster les curricula, les résultats ne sont pas encore à la hauteur des attentes. « Force est de constater que les formations actuelles ne répondent pas toujours aux besoins du marché du travail en évolution rapide », a-t-il concédé.

En effet, les entreprises, notamment dans des secteurs porteurs comme les technologies de l’information et la transformation numérique, se trouvent parfois confrontées à un décalage entre les compétences des jeunes diplômés et les exigences des postes à pourvoir. Ce constat fait écho aux critiques souvent formulées par le secteur privé sur le manque de compétences adaptées à la réalité économique.

Pour remédier à cette situation, le ministre prône une approche plus collaborative. « Il est donc crucial d’instaurer une collaboration plus étroite avec les entreprises afin d’actualiser régulièrement les programmes de formation en fonction des nouvelles demandes du marché », a-t-il suggéré. Cette dynamique permettrait non seulement de répondre aux besoins actuels, mais aussi d’anticiper les futures tendances du marché du travail.

Le ministère de la Formation professionnelle se retrouve ainsi au cœur d’une stratégie nationale qui vise à offrir aux jeunes une meilleure employabilité. En adaptant les formations aux réalités économiques, le gouvernement espère réduire le chômage tout en stimulant des secteurs clés de l’économie sénégalaise. Mais comme l’a souligné le ministre Sarré, « le pari est loin d’être gagné ». La route est encore longue pour assurer une adéquation totale entre l’offre de formation et les exigences du marché, surtout dans un contexte de mutation accélérée des technologies et des métiers.

Toutefois, avec une vision claire et des réformes bien pensées, la formation professionnelle pourrait devenir un moteur de développement économique et d’insertion pour des milliers de jeunes au Sénégal.

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