Départ des États de l’AES de la Cédéao : Les chauffeurs routiers entre soulagement et inquiétude

Le 29 janvier 2025, les États du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont officiellement quitté la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), créant une situation incertaine pour les chauffeurs routiers de la région. Bien que la Cédéao ait affirmé maintenir jusqu’à nouvel ordre un certain nombre d’avantages, notamment les droits de circulation, de résidence et d’établissement sans visa, cette situation soulève des inquiétudes parmi les conducteurs.

Pour Daouda Bamba, secrétaire général de l’Union des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest, la Mauritanie et le Maroc (Ucrao), cette décision de maintenir certains acquis a apporté un soulagement. L’organisation, qui représente plus de 80% des chauffeurs routiers de la région, a craint un retour des tracasseries douanières et des contrôles, notamment en raison des préparatifs des forces de sécurité avant l’expiration de la date butoir. « À une semaine de la date butoir, les forces de défense et de sécurité, la police, la gendarmerie, les eaux et forêts commençaient déjà à se préparer. On voyait que les interventions devenaient très, très récurrentes », explique-t-il.

Cependant, si les chauffeurs se réjouissent du maintien de la libre circulation, certains défis demeurent. Le plus préoccupant reste la suspension de la « carte brune », qui couvre l’assurance des conducteurs en cas d’accident dans un pays étranger. La « carte brune » permet de garantir que lorsqu’un camion malien, par exemple, cause un accident en Côte d’Ivoire, les sinistrés sont dédommagés. En l’absence de cette couverture d’assurance, les chauffeurs craignent des complications majeures en cas d’incident, ce qui pourrait engendrer des coûts supplémentaires et rendre certains trajets trop risqués.

Daouda Bamba insiste sur l’importance de maintenir ces systèmes d’assurance pour assurer une continuité des déplacements dans la région. Il appelle les autorités des États membres de la Cédéao à poursuivre le dialogue pour éviter de nouveaux obstacles et préserver les acquis, notamment en ce qui concerne la libre circulation des chauffeurs et le maintien de l’assurance. Le secteur du transport routier, essentiel à l’économie de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, reste donc dans l’attente de solutions viables pour naviguer dans ce contexte politique et économique mouvant.

SCISSION U SEIN DE LA CEDEAO : Le Togo risque de rejoindre l’AES

La saignée au sein de la CEDEAO semble ne pas s’arrêter. En tout cas, les politiques ancrées dans le panafricanisme identitaire des pays qui ont constitué l’AES commencent à avoir des effets. Au moment où le président de la République du Sénégal joue la médiation pour convaincre les trois pays de l’Afrique de l’Ouest qui ont mis en place l’alliance des Etats du Sahel (AES), son co-négociateur, le président Faure Gnassingbé Eyadéma du Togo, semble quitter la barque de la CEDEAO pour s’allier à l’AES. C’est du moins ce que semble dire son ministre des Affaires Etrangères. Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Voxafrica. Il dit : « Ce qui nous lie, c’est l’Afrique d’abord. C’est notre pays d’abord. Oui nous sommes contre l’alignement. La souveraineté d’un pays ou elle est totale ou elle ne l’est pas. Nous sommes proche de ces pays parce que nous avons la même vision, l’Afrique d’abord. Pour moi ce n’est pas impossible mais c’est la décision du président de la République.  Si le parlement demande que le Togo rejoigne l’AES pourquoi le Togo ne le ferai pas ? Demandez aux populations togolaises si le Togo veut entrer dans l’AES, vous allez voir leur réponse, je vous dirais qu’elles vous diront oui. A plus de 70%, ils vous diront oui parce partout en Afrique, les peuples Africains veulent être eux-mêmes. Certains de nos partenaires veulent que nous soyons à leur service mais nous disons non. Nous disons non à la domination », a répondu Robert Dussey qui semble dire que la population prône pour leur intégration au sein de l’AES. Il ajoute pour tresser les lauriers du putschiste malien. « Les maliens ont la chance exceptionnelle d’avoir à la tête du pays, le Colonel Assimi Goïta. Avoir un homme pareil et ce qu’il a accompli en trois ans, personne ne pourra le faire dans le contexte actuel au Mali. Pour nous aujourd’hui, le président Assimi Goïta est une chance pour le Mali. L’Afrique est utilisée seulement pour servir les grandes puissances et ce n’est pas normal » lâche le chef de la diplomatie togolaise qui regrette que « qui a pu prendre Kidal au Mali en nous montrant ou nous disant que Kidal était un bastion imprenable. Vous avez vu que tout ça c’était des mensonges fabriqués, orchestrés pour diviser les maliens. Avoir un homme de cette trame qui a pu le faire, ce n’est même pas discutable » dit-il.

Les trois pays qui forment l’AES (Mali, Niger et Burkina Faso) ont annoncé en janvier 2024 leur volonté de quitter la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Un départ qui sera effectif le 29 janvier 2025. Ainsi si ces pays de l’AES parviennent à enregistrer l’adhésion du Togo, ils auront désormais accès à la mer part le port de Lomé. Ce qui constituait un sérial blocage pour leur trafic commercial maritime. Ainsi, le Nigéria sera isolé car n’ayant plus de frontière avec un membre de la CEDEAO dont il est la locomotive économique. Le Bénin sera ainsi dans la même situation d’isolement que le Nigéria. Ainsi, ils seront isolés des autres pays de la CEDEAO car au nord il y a le Niger et le Burkina et à l’Ouest le Togo.

Revenant sur la position de refus du président de la République togolaise au sein des Chefs d’Etat de la CEDEAO pour adopter la guerre au Mali, au Burkina Faso pour déloger les putschistes, le chef de la diplomatie togolaise souligne que l’avenir leur a donné raison. « Devant certains coup d’état il faut être réaliste et pragmatique. Pensez-vous qu’il faut aller faire la guerre pour rétablir la personne qui a perdu le pouvoir ? C’est pourquoi au Togo nous ne sommes pas pour la guerre. Nous sommes pour la paix. Ça nous a coûté cher mais c’est la position du président de la République. Ceux qui disaient hier en coulisse que le Togo avait tort, ils nous ont rejoint aujourd’hui. » dit-il.

Guinée : Mamadi Doumbouya réaffirme son soutien à l’AES et annonce des élections pour 2025

Lors de son discours de Nouvel An, le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a réitéré son soutien aux trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette déclaration s’inscrit dans une dynamique panafricaine de solidarité face aux défis sécuritaires et politiques dans la sous-région.

Le chef de la junte guinéenne a tenu à rassurer ses partenaires de l’AES sur l’engagement continu de la Guinée à leurs côtés. « Dans un esprit panafricain, la République de Guinée continuera à apporter son soutien indéfectible au Mali, au Burkina Faso et au Niger pour la réussite de leurs transitions respectives. Encore une fois, la division n’arrange que celui qui divise », a-t-il martelé. Cette prise de position marque une volonté de renforcer les liens entre les régimes de transition, souvent en désaccord avec les organisations régionales comme la CEDEAO.

Mamadi Doumbouya a également profité de cette adresse pour évoquer la situation intérieure de la Guinée. Il a annoncé que l’année 2025 sera déterminante, avec la tenue d’élections cruciales visant à restaurer l’ordre constitutionnel.

« 2025 sera une année électorale cruciale pour parachever le retour à l’ordre constitutionnel. Ces différents processus électoraux se veulent transparents, inclusifs et respectueux des valeurs républicaines que nous partageons », a-t-il affirmé. Cependant, le président guinéen n’a pas encore précisé les dates exactes de ces scrutins, qui devront marquer la fin de la transition militaire amorcée en 2021, après le renversement d’Alpha Condé.

Avant la tenue des élections, un référendum national est prévu d’ici la fin du premier trimestre 2025. Ce référendum, dont la date reste à fixer, vise à consulter la population sur des réformes institutionnelles. Il sera suivi de l’élaboration d’un nouveau Code électoral, essentiel pour encadrer les futurs scrutins et garantir leur transparence.

Cette démarche reflète la volonté des autorités guinéennes d’instaurer un cadre légal adapté aux réalités du pays. Le président Doumbouya a insisté sur la nécessité d’organiser des élections qui respectent les principes démocratiques et les valeurs républicaines.

Tout au long de son discours, Mamadi Doumbouya a mis l’accent sur la nécessité de trouver des solutions africaines aux défis auxquels le continent est confronté. « Nous devons continuer à trouver des solutions africaines pour le bien-être de nos populations », a-t-il souligné, en insistant sur l’importance de renforcer la coopération entre les pays africains.

La Guinée, sous la présidence de Doumbouya, semble vouloir jouer un rôle clé dans la refonte des relations entre les États de la sous-région, tout en poursuivant son propre processus de transition démocratique. Toutefois, la communauté internationale, notamment la CEDEAO et l’Union européenne, reste attentive à la mise en œuvre de ces engagements.

Crise entre l’AES et la Cedeao : Une rupture consommée ?

Les tensions entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) prennent une nouvelle tournure. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, regroupés sous l’AES et gouvernés par des régimes militaires hostiles à la France, ont fermement rejeté le délai de six mois accordé par la Cedeao pour revenir sur leur décision de quitter l’organisation régionale.

En janvier 2024, les trois pays sahéliens ont officialisé leur volonté de se retirer de la Cedeao, qu’ils accusent d’être un instrument de domination de l’ancienne puissance coloniale française. Cette annonce est survenue dans un contexte marqué par une montée des tensions entre ces régimes militaires et la communauté internationale, en particulier la France, qu’ils jugent responsable d’ingérences multiples dans leurs affaires internes.

Lors d’un sommet tenu récemment à Abuja, la Cedeao a pourtant laissé une porte ouverte à ces pays en leur accordant un délai de rétractation de six mois après leur départ officiel prévu pour fin janvier 2025. Selon le président de la Commission de la Cedeao, cette période transitoire, qui s’étendra jusqu’au 29 juillet 2025, vise à maintenir le dialogue et à favoriser un retour des trois États dans le giron régional.

Cependant, dans un communiqué signé par Assimi Goïta, chef de la junte malienne, l’AES a dénoncé cette initiative, qualifiée de « tentative de déstabilisation » orchestrée par des « agendas étrangers » et soutenue par une minorité de chefs d’État de la région.

Les dirigeants des trois États sahéliens ont réaffirmé que leur décision de quitter la Cedeao était « irréversible » et ont rejeté toute mesure unilatérale prise par l’organisation régionale. Ils y voient une manœuvre visant à affaiblir leur projet politique et militaire commun, marqué par une alliance étroite avec des puissances comme la Russie.

Le communiqué de l’AES accuse également la France et ses alliés régionaux de chercher à saboter les efforts d’émancipation des pays sahéliens. Ces régimes militaires, qui ont expulsé les forces françaises de leurs territoires, dénoncent une ingérence visant à freiner leur coopération croissante dans les domaines militaire et économique.

Face à cette crise, certains États membres de la Cedeao, notamment le Sénégal et le Togo, tentent de jouer les médiateurs pour ramener le Mali, le Niger et le Burkina Faso au sein de l’organisation. Mais les efforts de conciliation semblent vains face à l’intransigeance des trois pays de l’AES, qui privilégient une nouvelle voie de coopération entre eux.

Parallèlement, ces pays sahéliens intensifient leur lutte contre les groupes jihadistes actifs dans la région, en s’appuyant sur des alliances stratégiques avec des puissances comme la Russie. Leur projet, axé sur une souveraineté renforcée, est présenté comme une alternative aux mécanismes traditionnels de la région, jugés inefficaces et biaisés.

La crise entre l’AES et la Cedeao met en lumière les fractures profondes qui traversent l’Afrique de l’Ouest. Elle pose également la question de la pertinence des organisations régionales face à des régimes en quête de nouveaux partenariats globaux.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°349 – du 17/12/2024

🔴 RÉFORME DU CODE GÉNÉRAL DES IMPÔTS ET CELUI DES DOUANES PRÉVUE PAR LE PROJET DE LFI 2025 : UNE AUGMENTATION DES TAXES EN VUE ?
🔴 MÉDIATEUR DU DIVORCE ENTRE LES PAYS DE L’AES ET LA CEDEAO : LE SÉNÉGAL POURRA-T-IL SAUVER LES MEUBLES ?

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Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°313 – du 04/11/2024

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Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°242 – du 06/08/2024

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🔴 AUGMENTATION DE 2,48 % DU NOMBRE DE PASSAGERS À L’AIBD : LE SÉNÉGAL, UNE DESTINATION INCONTOURNABLE

🔴 400 MÈTRES DES JO PARIS 2024 : CHEIKH TIDIANE DIOUF REJOINT LES DEMI-FINALES
🔴 TITRE D’EMPEREUR OU DE ROI DES ARÈNES : Manga 2 interpelle le CNG sur l’organisation d’un tounoi pour déterminer le meilleur

Médiation CEDEAO-AES : L’Audience des jeunes cadres de l’UNDD se félicite du choix porté sur Diomaye Faye

Dans une correspondance, adressée au président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye le 17 juillet 2024, l’Audience des jeunes cadres de l’Union pour la démocratie et le développement (UNDD), à travers les mots de son président Aimé Macaire Ouédraogo, a, depuis Ouagadougou, tenu tout d’abord à saluer son élection à la tête du pays, avant de rappeler la confiance placée en lui par le peuple sénégalais et les espoirs dont il est porteur.
Ainsi que les qualités humaines et politiques qui font de lui un dirigeant capable de relever les défis et lèvent tous les doutes sur son aptitude à tenir ses promesses à l’endroit du peuple sénégalais.

« Excellence Monsieur le président, depuis votre accession au pouvoir, par des voies de légitimations populaires unanimement félicitées, vous n’avez cessé de balayer les craintes premières relatives à votre mandature supposée menacée par l’inexpérience et l’intolérance inscrites dans votre jeune âge. Vous avez Dieu merci, commuté ces appréhensions par l’espoir d’une gouvernance nationale et communautaire, marquée par le dialogue, la solidarité et la réconciliation. Vos déclarations et actes empreints d’humilité, de justice et de responsabilité y seront pour beaucoup », soulignent les jeunes cadres de l’UNDD qui n’ont pas manqué pas de le « féliciter après cent jours d’exercice du pouvoir, pour ce signal d’espérance indispensable aux nécessaires retrouvailles tant dans l’espace Ouest africain, que dans ceux de nos États en butte à l’insécurité multidimensionnelle chronique et aux désarticulations socio-politiques conséquentielles ».

Mieux, les jeunes cadres de l’UNDD se réjouissent du choix porté sur lui par ses pairs africains pour conduire une mission de médiation de la CEDEAO auprès de l’AES.
« Nous avons apprécié favorablement les incitations des présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Bola Tinubu du Nigeria , à vous voir nommer comme médiateur dans la crise qui oppose la CEDEAO aux États membres de l’AES. De la même façon, nous nous sommes réjouis après le dernier sommet du dimanche 7 juillet 2024 de l’organisation communautaire tenu à Abuja, de votre nomination effective (corrélativement à celle du président togolais), en tant que facilitateur dans la dite crise.
Les propos que vous avez tenus à ce sujet, à l’occasion de votre rencontre avec la presse lors des cent jours de votre prise de fonction et qui ramollissent certaines ardeurs négatives, nous ont convaincu de la chance que vous représentiez non seulement pour une réconciliation dans la CEDEAO, mais surtout pour des gouvernances responsabilisées dans les organisations régionales et dans les États. Votre approche équitable et non partiale du différend, ainsi que les propositions partant de la réintégration pure à des systèmes de collaboration mais allant jusqu’à privilégier, en cas de consommation de la séparation les obligations liées aux enjeux collectifs régionaux, en ont édifié plus d’un qui n’en avaient que pour une rupture totale ouvrant la voie à une lutte d’influence sans merci avec la CEDEAO », se réjouissent les jeunes cadres de l’UNDD.

Louant son humilité et sa logique langagière, ils se disent convaincus que le président Diomaye Faye recèle toutes les qualités requises pour mener à bien la mission d’intermédiation qui lui a été confiée par l’Organisation sous-régionale.

Aly Saleh

PERFORMANCE MACROÉCONOMIQUE DU SÉNÉGAL : Ces trois défis face à Diomaye, selon la CEDEAO

En 2023, les tensions politiques ont affecté l’économie sénégalaise qui s’est retrouvée en dessous des chiffres prévisionnels. Cela s’est manifesté par une croissance modérée de 4,1 %, légèrement supérieure à l’année précédente (4,0 % en 2022). Malgré ces obstacles, plusieurs indicateurs économiques ont montré des améliorations notables, promettant un avenir florissant.
Les projections économiques pour les années 2024 et 2025 sont optimistes, prévoyant une accélération de la croissance économique. En 2024, le Produit Intérieur Brut (PIB) devrait croître de manière substantielle, atteignant 7,6 %, stimulé par une augmentation de l’activité dans le secteur pétrolier avec l’entrée en service de nouveaux puits de production, ainsi que par une nouvelle production d’or et de phosphate. Cette tendance positive devrait se renforcer en 2025 avec une croissance projetée à 8,7 %, s’il n’y a pas de fausse note, d’après la CEDEAO dans son rapport sur la performance macroéconomique du Sénégal.
En effet, si le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et ses collaborateurs n’arrivent pas à gérer de façon proactive certaines situations, la croissance économique de notre pays risque d’en prendre un coup. La première éventualité à éviter est tout retard dans la production pétrolière des nouveaux champs. Ceci pourrait compromettre la dynamique de croissance prévue vu que le Sénégal a déjà accusé beaucoup de lenteur dans les délais d’exécution.
De plus, une augmentation persistante des prix du pétrole brut, bien que bénéfique en termes de recettes, pourrait représenter une menace pour le secteur réel de notre économie, ajoute la CEDEAO.
Le dernier scénario qui pourrait faire tache est la sortie définitive du Mali, du Niger et du Burkina Faso de l’AES. Il se trouve que les exportations vers la région sahélienne pourraient être affectées ; d’autant plus que le Sénégal dirige ses exportations principalement vers l’Afrique (36,2% en 2019) et puis, le Mali est le premier client du Sénégal, occupant près de 20% du marché sénégalais pour un montant avoisinant les sept cent vingt-deux (722) milliards de francs CFA en 2022.
Dans le cas où le Sénégal arrive à gérer ces situations, l’inflation moyenne devrait suivre une trajectoire descendante, atteignant 3,6 % en 2024 et 2,1 % en 2025, soutenue par la baisse continue des prix alimentaires. Parallèlement, le solde budgétaire devrait s’améliorer, passant à -3,9 % du PIB en 2024 et à -3,1 % en 2025, bénéficiant des nouvelles rentes issues du secteur pétrolier. Le ratio dette/PIB devrait également diminuer, atteignant 72,5 % en 2024 et 67,6 % en 2025, reflétant une gestion financière plus robuste.


Le Dakarois

Mission impossible pour Bassirou Diomaye Faye : Les défis du rapprochement entre la CEDEAO et l’AES

Les dirigeants de la CEDEAO ont récemment nommé le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye comme « facilitateur » dans les efforts visant à réconcilier l’Alliance des États du Sahel (AES) avec la communauté ouest-africaine. Cependant, cette nomination intervient dans un contexte où les espoirs de réconciliation semblent minces et où les tensions persistent.

La décision de l’AES de se retirer de la CEDEAO a été catégoriquement affirmée par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, lors d’une récente interview à l’ORTM, télévision nationale du Mali. Selon lui, ce choix est irréversible et marque un point de non-retour pour ces pays. Malgré cela, il reste ouvert au dialogue avec les autres nations de la région pour trouver des moyens bénéfiques de coopération tout en maintenant leurs objectifs distincts.

Le président Faye, dans son rôle de facilitateur, a exprimé sa volonté d’apaiser les tensions par le dialogue et la compréhension mutuelle. Cependant, les réticences de l’AES à réintégrer la CEDEAO semblent fermes et cohérentes avec leur vision stratégique différente pour la région.

La nomination de Faye intervient dans un contexte où les tentatives antérieures de rapprochement ont échoué, mettant en lumière la difficulté de surmonter les divergences profondes entre ces organisations régionales. Malgré les défis apparents, la CEDEAO maintient une ouverture au dialogue, reconnaissant l’importance de la coopération régionale pour le développement et la stabilité.

En conclusion, bien que la nomination de Bassirou Diomaye Faye soit un signe d’engagement envers la paix et la coopération, les obstacles à surmonter sont nombreux et la perspective de réconciliation entre la CEDEAO et l’AES reste incertaine. La diplomatie et la persévérance seront essentielles pour avancer dans ce dossier complexe et crucial pour l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°219 – du 09/07/2024

🔴 PAPA IBRAHIMA SENGHOR, SUR LES 100 JOURS DE LA PRÉSIDENCE DIOMAYE : « L’HEURE N’EST PAS AU BILAN, NOUS SOMMES ÉLUS POUR 5 ANS (…) »
🔴 TENSIONS ENTRE LA CEDEAO ET L’AES : DIOMAYE DÉSIGNÉ FACILITATEUR PAR SES PAIRS

🔴 FOOTBALL / COUPE DU SÉNÉGAL DAMES : LES AIGLES DE LA MÉDINA TRIOMPHENT EN FINALE


Intégration du Sénégal à l’AES : La Réponse Ferme de Bassirou Diomaye Faye

Lors de sa visite officielle au Mali ce jeudi 30 mai, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a clarifié la position de son pays concernant une éventuelle adhésion à l’Alliance des États du Sahel (AES), également connue sous le nom de Liptako-Gourma. Accueilli par son homologue malien, Assimi Goïta, les deux chefs d’État se sont rendus au palais de Koulouba pour des discussions approfondies. À l’issue de cette rencontre, Bassirou Diomaye Faye a répondu aux questions des journalistes, abordant notamment la possibilité d’une intégration du Sénégal à l’initiative sahélienne.

« Cela n’est pas à l’ordre du jour », a affirmé le chef de l’État sénégalais. « Comme je vous l’ai dit, je ne désespère pas de voir la CEDEAO repartir sur de nouvelles bases qui nous éviteraient la situation que nous traversons aujourd’hui. Tant que nous sommes dans cet élan, je considère qu’il nous faut travailler au sein de la CEDEAO avec les différentes parties prenantes pour voir comment réconcilier les positions. Mais le Sénégal n’est pas à l’étude pour rejoindre un ensemble quel qu’il soit ».

Pour rappel, l’Alliance des États du Sahel (AES) est un pacte de défense mutuelle conclu entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso le 16 septembre 2023. Cet accord a été signé à la suite du coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, événement contre lequel la CEDEAO avait menacé d’intervenir militairement.

La déclaration de Bassirou Diomaye Faye souligne l’engagement du Sénégal à maintenir son implication au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le président sénégalais a réitéré sa conviction que la CEDEAO peut encore jouer un rôle crucial en tant qu’organisation régionale, capable de surmonter les défis actuels et de promouvoir la stabilité et la coopération dans la région.

En précisant que l’adhésion à l’AES « n’est pas à l’ordre du jour », Bassirou Diomaye Faye marque une position de prudence et de fidélité aux principes de la CEDEAO. Cette position reflète également une volonté de travailler à la réconciliation des positions au sein de cette organisation, plutôt que de chercher des alternatives qui pourraient fragmenter davantage la coopération régionale.

La visite de Bassirou Diomaye Faye au Mali et ses déclarations concernant l’AES témoignent de la complexité des relations régionales en Afrique de l’Ouest. Le Sénégal, sous la direction de son président, semble déterminé à jouer un rôle constructif au sein de la CEDEAO, tout en restant ouvert aux dialogues et aux initiatives qui peuvent renforcer la paix et la sécurité dans la région.

ledakarois.sn

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