El Hadji Babacar Dioum nie toute implication dans l’affaire « Kocc Barma »

Dans une affaire qui suscite depuis plusieurs années l’indignation de l’opinion publique sénégalaise, El Hadji Babacar Dioum, accusé d’être l’instigateur des activités illicites du mystérieux « Kocc Barma », a fermement rejeté toutes les accusations portées contre lui. Selon les informations relayées par L’Observateur dans son édition du mardi 5 août, l’homme, placé dans le viseur de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), a nié en bloc son implication.

« Je ne suis pas Kocc Barma », aurait-il déclaré lors de son audition, en présence de ses avocats. Se défendant avec vigueur, El Hadji Babacar Dioum s’est présenté comme un simple hébergeur de sites Internet, estimant qu’il n’est nullement responsable du contenu diffusé sur les plateformes qu’il héberge. Une ligne de défense classique dans les affaires impliquant des acteurs du numérique, mais qui ne convainc pas encore les enquêteurs.

Depuis 2018, la DSC est submergée de plaintes émanant de près de 5 000 victimes, majoritairement de jeunes femmes, dont les vidéos intimes ont été publiées sur Internet sans leur consentement. Ces publications, souvent accompagnées de tentatives d’extorsion, ont bouleversé des vies entières et jeté la lumière sur les dérives graves de la cybercriminalité au Sénégal.

Deux sites, très visités à travers le pays, sont au centre du scandale. Ils publient régulièrement des contenus sensibles, parfois à caractère pédopornographique, attribués à un individu connu uniquement sous le pseudonyme de « Kocc Barma ». Ce dernier, après avoir exposé les victimes, les contactait directement pour leur réclamer de l’argent en échange du retrait des vidéos.

Pour les autorités, le démantèlement de ce réseau est une priorité. Mais jusqu’ici, l’identité réelle de Kocc Barma demeure floue, alimentant les spéculations et renforçant la pression sur les services de cybersécurité.

Affaire Kocc : El Hadji Babacar Dioum au cœur d’une enquête explosive

L’enquête autour du réseau présumé de cybercriminalité impliquant El Hadji Babacar Dioum prend une tournure de plus en plus accablante. Extrait de sa cellule hier dans le cadre de la poursuite des investigations, le mis en cause devait initialement être auditionné à propos de l’exploitation technique de son téléphone portable de marque iPhone Pro Max ainsi que de deux ordinateurs saisis à son domicile lors d’une récente perquisition. Toutefois, l’audition a été reportée à ce mardi à 11 heures. Entre-temps, El Hadji Babacar Dioum a été reconduit dans sa cellule.

Selon des informations obtenues par Libération, les enquêteurs ont procédé à une ouverture non consentie de son ordinateur personnel après son refus catégorique de fournir les mots de passe d’accès. Cette opération a permis la découverte de plus de 9000 fichiers compromettants, ce qui a renforcé les soupçons à son encontre. Les autorités judiciaires se sont appuyées sur les dispositions des articles 45 et suivants du Code de procédure pénale, encadrant les perquisitions et saisies en situation de flagrance, pour légitimer cette démarche.

Parallèlement, un autre suspect, El Hadji Assane Demba, a été arrêté à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) jeudi soir alors qu’il tentait de fuir le pays. Présenté lundi au doyen des juges, il fait l’objet de lourdes accusations : association de malfaiteurs, collecte et diffusion illicite de données personnelles, atteinte à la vie privée, extorsion de fonds, pornographie enfantine, pédophilie, et complicité.

D’après Libération, l’enquête menée par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) a mis à nu un réseau structuré et bien organisé, dans lequel El Hadji Assane Demba est profondément impliqué, selon les premiers éléments. Des révélations qualifiées d’explosives auraient été faites, renforçant la gravité du dossier.

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