Affaire Lat Diop : Les avocats dénoncent une « procédure incongrue » et une justice instrumentalisée

Lors d’un point de presse tenu ce mercredi, Me El Hadji Diouf, avocat de l’ancien ministre Lat Diop, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « procédure incongrue », visant selon lui à « envoyer Ladiop en prison sans aucune raison ».

Selon Me Diouf, Lat Diop aurait été arbitrairement privé de liberté alors qu’aucune plainte formelle n’a été déposée, ni par Mohamed Dieng ni par l’État. « Même les délais de garde à vue ont été dépassés et violés », a-t-il insisté, soulignant les incohérences d’un dossier préparé dans la précipitation.

Pour l’avocat, cette affaire trouve son origine dans un différend lié aux revenus des jeux de hasard. Lat Diop, en installant une nouvelle plateforme de contrôle, aurait révélé un manque à gagner important pour l’État : près de 2 milliards de francs CFA mensuels, contre seulement 20 millions reversés jusque-là. Cette réforme, selon Me Diouf, aurait stoppé « une escroquerie organisée » et privé Mohamed Dieng de bénéfices occultes, suscitant ainsi une prétendue « volonté de vengeance » déguisée en procédure judiciaire.

L’avocat a également critiqué la double qualification des faits reprochés à son client — extorsion de fonds et détournement de deniers publics — jugée « incompatible » pour un même montant de 8 milliards. « L’argent appartient soit à Mohamed Dieng, soit à l’État, mais personne n’a porté plainte. Comment peut-on alors poursuivre ? », a-t-il interrogé, rappelant que l’audition de Lat Diop n’a duré que deux heures, faute de preuves tangibles.

Me Diouf a enfin dénoncé ce qu’il considère comme une « chosification » de son client, utilisé comme bouc émissaire dans un règlement de comptes politique. « La justice doit être indépendante et impartiale. Si elle devient un outil de règlements de comptes, alors ce n’est plus la République », a-t-il conclu, mettant en garde contre le risque de perte de confiance des citoyens dans les institutions judiciaires.

Affaire Lat Diop : ses avocats parlent de « scandale judiciaire » et de manipulation

L’affaire Lat Diop continue de susciter des vagues dans le paysage politico-judiciaire sénégalais. En conférence de presse tenue ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar, le collectif d’avocats de l’ancien directeur général de la Lonase, détenu depuis le 24 septembre 2024, a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « scandale judiciaire » entourant le dossier.

Inculpé pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds, sur un montant estimé à huit milliards de francs CFA, Lat Diop n’aurait en réalité jamais fait l’objet d’une plainte formelle, mais d’une simple dénonciation déposée par un certain Mohamed Dieng. Selon la défense, les accusations reposent uniquement sur des captures d’écran de conversations WhatsApp présentées par ce dernier.

Pour Me Amadou Ndiaye, cette situation illustre les nombreuses zones d’ombre qui entourent l’arrestation et la détention de son client. Il a notamment pointé du doigt la présence dans le dossier de l’infraction d’extorsion de fonds, une qualification qui, selon lui, repose uniquement sur les déclarations du plaignant.

Son confrère, Me Abou Dialy Kane, est allé plus loin, parlant d’un rapport « scandaleux » et dénonçant l’incohérence de la double qualification retenue par le juge d’instruction. « On a dit que Lat Diop a détourné dix milliards de francs CFA. Le scandale, c’est que ce même montant est considéré à la fois comme un détournement de deniers publics et comme une extorsion. Cette manipulation est indigeste », a-t-il martelé.

L’avocat a ajouté qu’il est juridiquement impossible d’attribuer en même temps une somme d’argent à la Lonase et à un particulier comme Mohamed Dieng. « Soit ces montants appartiennent à la Lonase, soit ils appartiennent à Mouhamed Dieng. Mais on ne peut pas dire qu’ils appartiennent aux deux en même temps au point de retenir deux qualifications contradictoires », a-t-il insisté.

Pour Me Kane, ce dossier est « traversé par des scandales de bout en bout », y compris dans la manière dont les infractions ont été qualifiées. Il s’est également interrogé sur l’absence totale de preuves matérielles. « Des milliards n’ont pas été trouvés dans les comptes de Lat Diop, alors qu’on l’accuse d’avoir détourné et extorqué plus de dix milliards. Où sont passés ces montants ? » a-t-il questionné, avant de rappeler que son client réclame depuis le début une confrontation directe avec Mohamed Dieng, lequel serait désormais « introuvable ».

À travers cette sortie médiatique, la défense entend mettre la pression sur la justice et attirer l’attention de l’opinion publique. Pour les avocats de Lat Diop, leur client est victime d’une affaire montée de toutes pièces, dans laquelle les incohérences et les contradictions suffisent, selon eux, à démontrer son caractère politique.

Affaire Lat Diop : la défense dénonce des « incongruités » et évoque un « otage politique »

Le collectif d’avocats de Lat Diop est monté au créneau ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités majeures dans la procédure visant l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Lors d’un point de presse, Mes Elhadji Diouf et Oumar Youm ont fustigé des incohérences qu’ils qualifient « d’incongruités » et laissé entendre que leur client est victime d’une instrumentalisation politique.

Me Elhadji Diouf a soutenu que la garde à vue de son client ne reposait sur aucun fondement valable, affirmant qu’« aucun élément ne pouvait justifier son emprisonnement ». Selon lui, l’affaire a été montée de toutes pièces et le principal plaignant, Mouhamed Dieng, ne serait qu’« une marionnette » manipulée dans un dessein inavoué.

L’avocat a rappelé que Lat Diop, au cours de son mandat à la Lonase, avait mis en place une plateforme destinée à superviser et contrôler toutes les activités des jeux de hasard. Ce système de régulation aurait permis de multiplier considérablement les recettes de l’institution. « Lat a exigé le paiement de deux milliards de francs CFA chaque mois au lieu de vingt millions comme auparavant, ce qui a permis à la Lonase de générer plusieurs milliards de bénéfices », a précisé Me Diouf, avant d’ajouter que c’est précisément cette réforme qui a contrarié certains intérêts.

De son côté, Me Oumar Youm a employé des mots particulièrement sévères en qualifiant la procédure de « lâcheté judiciaire ». Pour lui, cette affaire relève d’un « otage politique », nourri par des charges fragiles et inconsistantes. L’avocat a même annoncé envisager une saisine de la Cour de Justice de la CEDEAO pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une violation flagrante des droits de son client. « C’est la première fois que je traite un dossier aussi inadmissible, reposant sur des accusations aussi peu crédibles », a-t-il martelé.

Les deux avocats ont également soulevé un point de droit qui, selon eux, remet en cause la régularité de toute la procédure. Ils affirment que seul l’Agent judiciaire de l’État est habilité à déposer plainte en cas de détournement présumé de deniers publics, et non un particulier. Dès lors, la plainte à l’origine de l’affaire serait, d’après eux, entachée d’illégalité.

Affaire Lat Diop : le parquet général bloque la liberté provisoire et saisit la Cour suprême

Le feuilleton judiciaire autour de Lat Diop connaît un nouveau rebondissement. Selon Libération, le parquet général a opposé son veto à la décision de la Chambre d’accusation financière qui avait accordé à l’ancien ministre des Sports une liberté provisoire, assortie d’une assignation à résidence avec port du bracelet électronique.

Le parquet prévoit de déposer, ce jeudi, un pourvoi en cassation afin de contester cette mesure. En attendant, Lat Diop demeure derrière les barreaux, son avenir judiciaire étant désormais suspendu au verdict de la Cour suprême, qui devra trancher sur le recours.

Incarcéré depuis le 26 septembre 2024 sous mandat de dépôt, l’ex-directeur général de la LONASE est poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds. Les faits portent sur un montant estimé à 8 milliards de francs CFA.

Affaire Lat Diop : La CEDEAO condamne l’État du Sénégal pour violation des droits de l’ancien ministre des Sports

La Haute Cour de Justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rendu son verdict ce vendredi 9 mai 2025 dans l’affaire opposant l’ancien ministre des Sports, Lat Diop, à l’État du Sénégal. Dans sa décision, la Cour a estimé que les droits fondamentaux de M. Diop, notamment sa liberté d’aller et de venir, ont été violés.

« Par décision rendue ce jour 09 mai 2025, la Haute Cour de Justice de la CEDEAO a estimé que les droits d’aller et de venir de Lat Diop ont été violés par l’État du Sénégal, condamné à verser la somme de 4 millions FCFA à titre de dommages et intérêts », a déclaré Me Amadou Sall, avocat de l’ancien ministre.

Pour rappel, Lat Diop avait été interpellé en septembre 2024 à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. C’est à ce moment-là qu’il a appris qu’il faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Une mesure qui, selon lui, ne lui avait jamais été officiellement notifiée par les services compétents du ministère de l’Intérieur.

L’affaire avait rapidement suscité des débats sur le respect des procédures et des droits des citoyens, même dans le cadre d’enquêtes judiciaires ou administratives. La décision de la Cour de la CEDEAO vient ainsi renforcer l’idée d’un encadrement strict des restrictions de liberté, et rappelle aux États membres leur obligation de respecter les droits fondamentaux des individus.

Affaire Lat Diop : le parquet financier s’oppose à sa demande de liberté provisoire

Le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier a rejeté la demande de mise en liberté provisoire de Lat Diop, une figure centrale dans une affaire d’infractions financières. Cette décision fait suite à l’opposition formelle du parquet financier à la demande de libération, confirmant ainsi la volonté des autorités judiciaires de maintenir l’ancien responsable en détention préventive.

Lat Diop, actuellement en détention, est sous enquête pour des infractions liées à des malversations financières. Les faits en question ont conduit à son incarcération il y a plusieurs mois, et malgré plusieurs demandes de sa part pour une mise en liberté provisoire, la justice semble maintenir sa position en raison de la nature des accusations portées contre lui.

Cette nouvelle décision, qui a suscité des réactions dans le milieu judiciaire, reflète la détermination du parquet financier à suivre l’instruction en cours sans relâche. Pour l’heure, Lat Diop restera donc en prison, dans l’attente de la suite de l’enquête qui pourrait entraîner de nouvelles évolutions dans ce dossier sensible.

Affaire Lat Diop : l’ancien ministre des Sports clame son innocence devant le juge financier

Après quatre mois de détention provisoire, l’ancien ministre des Sports et ex-directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, a été entendu sur le fond du dossier par le doyen des juges financiers, Idrissa Diarra. Face aux accusations de détournement de deniers publics, d’extorsion de fonds et de blanchiment de capitaux, il a une nouvelle fois contesté les faits qui lui sont reprochés.

Placé sous mandat de dépôt le 28 septembre dernier, Lat Diop a été extrait de sa cellule de la prison de Rebeuss pour être auditionné par le magistrat instructeur. Durant plus de trois heures, vêtu d’un boubou blanc Getzner, il a répondu aux questions du juge dans une ambiance qualifiée de détendue.

Le premier point abordé lors de l’audience concernait le détournement présumé de deniers publics. L’ancien ministre a rappelé qu’il avait occupé plusieurs postes de responsabilité avant de prendre la direction de la Lonase, sans jamais avoir été mis en cause pour des malversations. Il a affirmé avoir réalisé des performances notables à la tête de l’institution, triplant son chiffre d’affaires, créant 1 500 emplois et modernisant le management.

Concernant une dette fiscale de 380 millions F CFA qui lui est reprochée, Lat Diop a assuré qu’il avait toujours respecté ses obligations fiscales. Il a précisé qu’il avait trouvé, à son arrivée à la Lonase, une dette fiscale cumulée de 4 milliards F CFA qu’il a totalement apurée et qu’il avait versé plus de 37 milliards F CFA au fisc durant son mandat. Selon ses avocats, la dette mise en avant par l’accusation est apparue après son départ et ne saurait donc lui être imputée.

L’un des points sensibles du dossier concerne les accusations de corruption formulées par Mouhamed Dieng, ex-directeur de 1XBet Sénégal. Ce dernier a affirmé que Lat Diop aurait perçu 5 milliards F CFA issus de ses commissions personnelles, utilisés pour acquérir plusieurs biens immobiliers au Sénégal et une maison à Grenoble, en France. Toutefois, selon la défense de Lat Diop, ces accusations reposent uniquement sur des captures d’écran de messages WhatsApp.

En outre, Mouhamed Dieng n’a jamais accepté de confrontation avec Lat Diop et s’est exilé à Dubaï, évitant ainsi de répondre aux convocations de la Division des investigations criminelles (DIC) et du juge d’instruction. Ce point affaiblit, selon la défense, la crédibilité des accusations portées contre l’ancien ministre.

Quant au volet blanchiment de capitaux, il a été mis en suspens pour le moment. Une source judiciaire citée par L’Observateur indique que cette infraction est généralement considérée comme secondaire, nécessitant la preuve préalable d’un délit principal, tel qu’un détournement de fonds ou un acte de corruption. Or, ces infractions ne sont pas encore établies de manière définitive dans ce dossier.

Après cette audition cruciale, les avocats de Lat Diop s’activent pour déposer une nouvelle demande de mise en liberté provisoire. Selon L’Observateur, cette requête devrait être introduite dans les prochains jours auprès du doyen des juges financiers.

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