Afrique de l’Ouest et centrale : douze pays plongés dans une crise humanitaire d’une ampleur inédite

L’Afrique de l’Ouest et centrale fait face à une crise humanitaire parmi les plus graves jamais enregistrées dans la région. C’est le constat alarmant dressé par le Rapport mondial sur l’aide humanitaire 2026 (Global Humanitarian Overview – GHO 2026), qui met en lumière une situation marquée par l’accumulation de conflits armés, de violences persistantes, de déplacements forcés massifs et de catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes. Cette crise multidimensionnelle touche des millions de personnes et menace durablement la stabilité sociale, économique et humaine de plusieurs pays.

Selon le rapport, les violences prolongées et l’insécurité généralisée continuent de bouleverser la vie de populations entières. Des familles sont contraintes de fuir leurs foyers dans l’urgence, souvent sans ressources ni protection, abandonnant terres, biens et moyens de subsistance. À l’échelle régionale, 12,7 millions de personnes sont aujourd’hui déplacées à l’intérieur de leur propre pays, tandis que 3,7 millions sont réfugiées ou demandeuses d’asile. Ces chiffres traduisent l’ampleur d’un phénomène qui ne cesse de s’aggraver d’année en année.

Les femmes et les enfants constituent la majorité de ces populations déplacées. Déjà fragilisés par la pauvreté et l’instabilité, ils sont exposés à des risques extrêmes. Le rapport fait état de violences basées sur le genre, d’exploitations sexuelles, de viols et de mariages forcés, tandis que certaines femmes et adolescentes n’ont d’autre choix que de recourir à la prostitution comme moyen de survie. Beaucoup de déplacés ont fui à plusieurs reprises, perdant à chaque déplacement un peu plus leurs repères, leur dignité et leurs espoirs de reconstruction.

La situation sécuritaire demeure l’un des principaux moteurs de cette crise. Les conflits qui sévissent dans le Sahel central, notamment au Burkina Faso, au Mali et au Niger, continuent de s’étendre au-delà de leurs frontières. Les violences gagnent désormais des pays côtiers comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo, faisant craindre une régionalisation accrue de l’instabilité. La Mauritanie, jusque-là relativement épargnée, ressent également les effets de cette propagation de l’insécurité. Parallèlement, la persistance des violences dans le bassin du lac Tchad et le conflit toujours en cours au Soudan alimentent de nouveaux flux de réfugiés et de déplacés, accentuant la pression sur des pays déjà débordés.

À ces conflits s’ajoutent les effets dévastateurs du changement climatique. En 2025, des pluies exceptionnellement intenses et des inondations ont touché plus de deux millions de personnes dans douze pays de la région. Des villages entiers ont été submergés, des champs détruits, des habitations emportées et des infrastructures essentielles rendues inutilisables. L’accès aux écoles, aux centres de santé et aux marchés a été fortement perturbé, aggravant les difficultés des populations affectées. La République démocratique du Congo figure parmi les pays les plus touchés, avec plus de 831 000 personnes impactées par ces catastrophes naturelles.

Ces chocs climatiques successifs anéantissent les moyens de subsistance de communautés déjà fragiles. Les pertes agricoles aggravent l’insécurité alimentaire, réduisent les revenus des ménages et augmentent la dépendance à l’aide humanitaire. Dans de nombreuses zones rurales et périurbaines, la combinaison des conflits et des catastrophes environnementales plonge les populations dans une spirale de vulnérabilité dont il devient de plus en plus difficile de sortir.

Malgré l’urgence des besoins, l’acheminement de l’aide humanitaire reste confronté à de nombreux obstacles. Le rapport pointe du doigt l’insécurité persistante sur le terrain, les restrictions de circulation imposées aux acteurs humanitaires, les lourdeurs administratives et les contraintes logistiques. À cela s’ajoute la montée de la désinformation et de la mésinformation, qui jettent le discrédit sur les organisations humanitaires et compliquent leur acceptation par certaines communautés. Ces entraves limitent l’accès à des millions de personnes qui ont pourtant un besoin vital d’assistance.

Les perspectives pour l’année 2026 sont particulièrement préoccupantes. D’après les estimations du GHO 2026, plus de 42 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et centrale auront besoin d’une aide humanitaire pour survivre et se protéger. Les organisations humanitaires prévoient de venir en aide à environ 24 millions de personnes, mais cet objectif reste conditionné à la mobilisation de ressources financières suffisantes. Pour répondre aux besoins essentiels en nourriture, en eau, en santé, en protection et en abris, un financement estimé à 5,1 milliards de dollars est jugé indispensable.

Or, le déficit de financement demeure criant. Faute de moyens adéquats, les acteurs humanitaires sont contraints de réduire la portée de leurs interventions et de procéder à des arbitrages douloureux, laissant de nombreuses familles sans assistance. Cette situation risque d’aggraver la faim, les déplacements forcés et l’insécurité, tout en exposant davantage les populations aux violences et aux abus.

31ᵉ réunion OMD-AOC à Dakar : des recommandations pour une gouvernance douanière renforcée en Afrique de l’Ouest et Centrale

Dakar a accueilli la 31ᵉ réunion du Comité des experts de la Région Afrique de l’Ouest et Centrale de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD-AOC), qui s’est achevée ce vendredi après trois jours d’intenses travaux. L’événement, organisé sous l’égide de la Douane sénégalaise, a réuni des spécialistes et des hauts responsables douaniers de la région afin d’examiner les défis et les opportunités liés à la gouvernance douanière et à la facilitation des échanges en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Durant ces 72 heures de débats, les participants ont planché sur plusieurs thématiques majeures, notamment les grands projets en cours, le renforcement du cadre institutionnel régional, le plan stratégique de la région et le fonctionnement des différentes structures douanières. Ces discussions ont permis de mettre en lumière les enjeux liés à la modernisation des systèmes douaniers, à la lutte contre la fraude, au développement de mécanismes communs de contrôle et à la prévention de la criminalité transnationale organisée.

À l’issue des travaux, un ensemble de recommandations concrètes a été formulé, visant à améliorer la gouvernance douanière et à renforcer l’efficacité des administrations dans la région. Ces recommandations seront portées à la connaissance des Directeurs généraux des administrations douanières lors de la prochaine conférence régionale prévue en 2026 à Freetown, en Sierra-Leone, où elles pourront être adoptées et mises en œuvre.

Lors de la cérémonie de clôture, le Coordonnateur de la Direction générale des Douanes (DGD) du Sénégal, Malick Mbaye, a insisté sur l’importance de l’appropriation rigoureuse de ces recommandations par les administrations douanières de la région. « Dans un contexte où nos pays sont confrontés à des défis multiples, notamment en matière de lutte contre la fraude et la criminalité transnationale, de facilitation des échanges et de modernisation de nos systèmes douaniers, l’application de ces recommandations sera très utile », a-t-il souligné.

Malick Mbaye a également réaffirmé l’engagement constant des Douanes sénégalaises à accompagner la Vice-Présidence de la Région AOC dans l’accomplissement de ses missions, afin de garantir une coordination efficace et une meilleure intégration des politiques douanières dans la région.

Aux côtés du Coordonnateur, le Directeur des Opérations douanières, Ousmane Kane, et le Directeur des Systèmes d’Information, Hamidou Ndiaye, ont contribué à l’animation des travaux et à l’encadrement technique des discussions. Avant la clôture officielle, les experts ont tenu à saluer la qualité de l’organisation assurée par la Douane sénégalaise, reconnaissant la rigueur et le professionnalisme dont le pays a fait preuve.

Abdoulaye Maïga, Directeur de Cabinet du Vice-Président de la Région, ainsi que Gatien Pangob Tetanga, Coordonnateur régional représentant le Secrétaire général de l’OMD, ont eux aussi exprimé leur gratitude envers les autorités sénégalaises, louant la logistique et l’accueil offerts lors de cette rencontre cruciale pour l’avenir des administrations douanières de la région.

Cette 31ᵉ réunion du Comité des experts de l’OMD-AOC constitue un jalon important dans la consolidation d’une gouvernance douanière harmonisée et efficace en Afrique de l’Ouest et Centrale, renforçant à la fois la sécurité, la transparence et la compétitivité des échanges commerciaux régionaux.

Interpol frappe fort en Afrique de l’Ouest : l’opération “Screen West Africa 2025” révèle l’ampleur des menaces régionales

L’Afrique de l’Ouest vient de franchir une étape majeure dans la lutte contre la criminalité transnationale. Entre juillet et octobre, l’Interpol a coordonné une vaste opération baptisée « Screen West Africa 2025 », mobilisant douze pays de la région, dont le Sénégal. Cette initiative d’envergure, menée sur plusieurs fronts simultanément, a abouti à soixante-deux arrestations et à des saisies impressionnantes, révélant la densité des réseaux criminels actifs dans cet espace géopolitique particulièrement vulnérable.

Les forces de sécurité ont découvert dix-sept caches contenant des armes, des munitions et des explosifs, ainsi que cent trente-six véhicules volés. Elles ont également saisi plus de sept cents kilogrammes de cannabis, une quantité significative de médicaments contrefaits, de faux billets de banque et de documents falsifiés. Autant d’éléments qui démontrent non seulement l’ampleur des trafics, mais aussi la sophistication des réseaux qui opèrent à l’échelle régionale.

Parmi les personnes interpellées, neuf sont soupçonnées de liens directs avec des organisations terroristes. Près de deux cent cinquante correspondances ont été établies grâce aux bases de données d’Interpol, aboutissant à l’émission de sept notices rouges et neuf notices bleues. Ces alertes internationales ont facilité une traque transfrontalière décisive et permis de tisser des liens entre différentes affaires éparpillées à travers la région. Cyril Gout, directeur des services de police d’Interpol, a souligné que ces résultats illustrent la valeur du soutien opérationnel fourni aux États membres et l’efficacité des outils de coopération mis à disposition.

Si certains résultats spectaculaires sont venus du Burkina Faso ou encore de la Mauritanie, la participation du Sénégal revêt une importance stratégique particulière. Grâce à sa position géographique, notamment son long littoral et la présence du Port autonome de Dakar, le pays est depuis longtemps une zone de transit privilégiée pour de nombreux trafics. Interpol a d’ailleurs mis en lumière les techniques avancées utilisées par les criminels, telles que la falsification d’identité des navires, la désactivation de leur système d’identification automatique (AIS) ou encore les changements clandestins de pavillon. Ces procédés permettent aux réseaux de contourner la surveillance maritime et d’intensifier les activités illicites au large des côtes sénégalaises.

Le contexte sécuritaire régional, marqué par l’instabilité persistante au Sahel, accentue la nécessité d’une vigilance soutenue. Les déplacements de combattants et de flux d’armes depuis cette zone vers les régions côtières sont devenus plus fréquents. L’opération en offre une nouvelle illustration : au Burkina Faso, deux individus recherchés par la Côte d’Ivoire pour des attaques attribuées au Jnim ont été arrêtés sur la base de notices bleues, tandis qu’un autre suspect a été interpellé à la demande du Togo. Ces mouvements montrent que les groupes armés cherchent à élargir leur zone d’action et rappellent l’importance pour le Sénégal de renforcer la sécurité en Casamance et dans l’ensemble de ses points d’entrée stratégiques.

Les enjeux dépassent cependant le seul cadre sécuritaire. Les saisies de fausse monnaie, de drogues et de médicaments contrefaits soulèvent des préoccupations majeures en matière de santé publique et de stabilité économique. Ces activités sont souvent liées au crime organisé et alimentent ses ressources financières. Au Sénégal, la sécurisation des corridors commerciaux, la protection du Port de Dakar et la lutte contre la pêche illicite constituent des priorités absolues pour préserver les secteurs économiques les plus sensibles. La libération de vingt et une victimes de trafic d’êtres humains au Nigeria, également mentionnée dans le rapport de l’opération, rappelle que les réseaux criminels touchent aussi à la dignité humaine et consolident un système d’exploitation profondément enraciné.

L’opération « Screen West Africa 2025 » marque ainsi une étape significative, mais elle souligne en même temps le besoin d’une approche durable et intégrée. Les autorités sénégalaises sont désormais appelées à renforcer leur surveillance maritime, moderniser les contrôles frontaliers, et consolider les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’enjeu pour Dakar et l’ensemble de la région est de transformer cette action ponctuelle en une dynamique de sécurité pérenne, capable d’harmoniser justice, développement et protection stratégique des populations.

L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis immenses, mais l’opération coordonnée par Interpol démontre que des réponses efficaces sont possibles lorsque les États unissent leurs forces. Le Sénégal, en particulier, se retrouve au cœur de cette lutte et devra, dans les mois à venir, confirmer sa détermination à adapter ses dispositifs pour contrer durablement des menaces en constante mutation.

Lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest : la CEDEAO annonce des avancées pour la mise en place d’une force régionale

Face à la montée en puissance des attaques jihadistes dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé des avancées notables dans la mise en place d’une force régionale dédiée à la lutte contre le terrorisme. C’est ce qu’a fait savoir Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, dans un entretien accordé à France 24 ce mercredi.

Selon lui, les discussions sur le projet progressent rapidement et plusieurs États membres ont déjà exprimé leur volonté de contribuer avec des troupes. Cette force régionale vise à renforcer la sécurité dans une région de plus en plus confrontée à des violences extrémistes, notamment dans les zones frontalières du Sahel, du nord du Nigeria et du nord du Bénin.

Une réunion conjointe des ministres ouest-africains des Finances et de la Défense est prévue d’ici la mi-juin pour définir les modalités de financement de cette force. L’idée est de doter la CEDEAO d’une capacité militaire commune, capable d’intervenir rapidement face aux menaces terroristes persistantes.

En mars dernier, le ministre nigérian de la Défense, Mohammed Badaru, avait déjà souligné l’importance de cette force pour assurer la protection des populations civiles, durement éprouvées par les attaques répétées des groupes armés.

Cette initiative intervient dans un contexte régional complexe, marqué par le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO, trois pays sahéliens dirigés par des juntes militaires, qui dénoncent une organisation régionale selon eux inféodée aux intérêts occidentaux, notamment français. Les trois pays ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES), et ont décidé de mener des opérations militaires conjointes en dehors du cadre de la CEDEAO.

Cette rupture de coopération avec les États du golfe de Guinée, comme le Bénin ou la Côte d’Ivoire, entrave sérieusement la coordination régionale, notamment dans les domaines du renseignement et de la sécurisation des frontières. Pourtant, ces pays sont aussi touchés par la menace jihadiste : au Bénin, 54 soldats ont été tués le mois dernier lors d’une attaque dans le nord du pays, tandis que dans le nord-est du Nigeria, plus d’une centaine de civils ont perdu la vie en avril lors de raids menés par des groupes extrémistes.

Omar Alieu Touray a exprimé son inquiétude face à cette fragmentation de la coopération sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Il estime qu’une absence d’unité rend la lutte contre le terrorisme beaucoup plus difficile, et appelle à une forme de collaboration, même informelle, entre la CEDEAO et les trois pays de l’AES, afin de garantir la stabilité de la région.

Le dernier rapport de l’Indice mondial du terrorisme, publié en mars 2025, confirme l’ampleur du phénomène : plus de la moitié des morts liées au terrorisme dans le monde ont été enregistrées au Sahel, faisant de cette région l’épicentre du fléau. Le Burkina Faso y figure comme le pays le plus touché pour la deuxième année consécutive, tandis que le Niger occupe la cinquième place mondiale.

DJIHADISME EN AFRIQUE DE L’OUEST : La CEDEAO à l’épreuve du feu

Alors que le terrorisme djihadiste s’enracine dans le Sahel et s’étend bien au-delà, la CEDEAO, conçue à l’origine pour favoriser l’intégration économique, se voit propulsée au premier plan des enjeux sécuritaires. Désormais confrontée à des défis multidimensionnelseffondrement étatique, pressions populaires, désaccords politiques -, l’organisation ouest-africaine est à la croisée des chemins. Pour rester pertinente, elle doit repenser son rôle, renforcer son action et restaurer la solidarité entre ses membres.

Face à la montée fulgurante des violences djihadistes dans le Sahel et au-delà, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), d’abord communauté économique est devenue malgré elle un bouclier politique et sécuritaire. L’organisation en proie à des défis majeurs se retrouve à un tournant historique. Entre désunion régionale, pression populaire et attente internationale, la lutte contre le terrorisme s’impose comme l’enjeu existentiel du projet ouest-africain. Mais encore faut-il une stratégie à la hauteur des défis.

Ouagadougou, Bamako, Niamey, les capitales tombent les unes après les autres dans le piège du chaos sécuritaire. Depuis plus de dix ans, le Sahel central vit au rythme des attentats, enlèvements, exactions communautaires et replis étatiques. Le djihadisme, autrefois cantonné aux confins nord-maliens, s’est métastasé dans une douzaine de pays, traversant frontières et régimes avec une facilité déconcertante. En 2024, plus de 10 000 civils ont été tués dans des attaques liées à des groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Une hécatombe silencieuse.

Créée en 1975 pour promouvoir l’intégration économique, la CEDEAO n’a jamais été conçue pour la guerre. Pourtant, face à l’effondrement sécuritaire du Sahel et à l’impuissance des États individuellement, elle n’a eu d’autre choix que d’endosser une responsabilité militaire. Mais la mue d’une organisation commerciale en acteur sécuritaire n’a rien d’évident.

En 2019, elle adopte une « stratégie régionale de lutte contre le terrorisme » articulée autour d’un plan d’action prioritaire 2020-2024. Sur le papier, tout y est : partage de renseignement, renforcement des capacités nationales, lutte contre les financements illicites via le GIABA, et même un embryon de force d’intervention rapide. Mais à l’épreuve du terrain, les effets restent dérisoires.

Crise de leadership et fractures internes

Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO — au profit d’une improbable et risible Alliance des États du Sahel (AES) — a profondément fissuré la solidarité ouest-africaine. Ces trois pays, dirigés par des juntes militaires, prétextent l’inaction de l’organisation face à leur insécurité chronique pour s’éloigner et maintenir ainsi des putschistes au pouvoir. Pendant que les militaires jouissent du pouvoir dans les palais, les villages brûlent au Burkina et les routes sont désertées au centre et à l’ouest du Mali.

La CEDEAO a pris des sanctions économiques contre les régimes putschistes et a même un temps agité la menace d’une intervention armée mais elle n’est pas allée au bout du fait de réticences in ko ternes et de pression des peuples.

« Nous ne pouvons pas lutter efficacement contre une menace transnationale si nous restons enfermés dans des querelles d’ego et des postures politiques », tranche un diplomate nigérian de haut rang. « Le terrorisme se moque des frontières. Il se nourrit de nos divisions. »

Les experts s’accordent : la CEDEAO a posé les bases d’une architecture régionale de sécurité. Mais celle-ci souffre d’un défaut majeur de mise en œuvre. Manque de financement — le prélèvement communautaire de 0,5 % reste lettre morte dans plusieurs pays. Absence de coordination militaire — chaque armée suit sa propre doctrine, parfois dans l’opacité. Faiblesse du renseignement partagé — les services se méfient les uns des autres.

L’heure des choix audacieux

Pour sortir de l’impasse, la CEDEAO doit impérativement changer de braquet. Il s’agit entre autres de professionnaliser une véritable force régionale interopérable, capable de traquer les groupes armés dans les zones transfrontalières. Une sorte de GIGN ouest-africain, doté d’un mandat robuste et d’un soutien logistique extérieur.

Par ailleurs, la guerre ne se gagnera pas uniquement par les armes. Le terrain du développement reste le plus durable. Investir dans l’éducation, les infrastructures rurales, l’emploi des jeunes, voilà les vraies barrières contre la radicalisation. Car un jeune qui a un avenir ne prend pas les armes.

Le financement des groupes jihadistes reste l’un des angles morts de la lutte. Or, ces organisations prospèrent grâce à une économie criminelle parallèle : orpaillage illégal, trafic de carburant, extorsion, et transferts via les réseaux informels. La CEDEAO, avec le soutien du GIABA, doit imposer une traçabilité renforcée des flux financiers, harmoniser les législations nationales et créer un registre régional des entités suspectes.

Enfin, la CEDEAO doit sortir de son isolement stratégique. Le renforcement des partenariats internationaux — notamment via l’initiative d’Accra, l’Union africaine ou encore l’ONU (résolution 2719) — est crucial pour mutualiser les efforts, éviter les duplications et bénéficier de technologies de pointe. Le monde regarde l’Afrique de l’Ouest ; à elle de montrer qu’elle peut être actrice, et non simple victime.

L’Afrique de l’Ouest n’a plus le luxe de l’attentisme. La menace jihadiste est une hydre à têtes multiples, qui se régénère chaque jour dans les failles de l’État, la misère sociale et les rivalités politiciennes. L’AES soutenue par la Russie aux visées impérialistes et aux actes de pillage à peu de frais des ressources naturelles de la zone constitue un danger pour la démocratie et la stabilité de la sous-région. Si la CEDEAO veut éviter de devenir une coquille vide, elle doit opérer sa propre révolution : passer du verbe à l’acte, du sommet à la base, de la réaction à l’anticipation.

Son avenir et celui de près de 400 millions d’Ouest-Africains, en dépend.

Mamadou Cissé

Journaliste-Specialiste des idées populistes

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°458 – 07/05/2025

🔴 SANTÉ / PRÉAVIS DE GRÈVE : « AND GUEUSSEUM » PROMET 6 MOIS DE FIÈVRE
🔴 CERAO 2025 / CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST : DIOMAYE EXALTE LE RÔLE DE L’ÉGLISE

🔴 QUARTS DE FINALE MONDIAL BEACH SOCCER 2025 : LE SÉNÉGAL JOUE L’ITALIE
🔴 CHAMPIONNAT D’AFRIQUE DE LUTTE OLYMPIQUE : LE SÉNÉGAL RÉCOLTE 4 MÉDAILLES

CERAO 2025 : Le Président Diomaye salue le rôle « irremplaçable » de l’Église dans la construction de la paix en Afrique de l’Ouest

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce mardi 6 mai 2025, la cérémonie d’ouverture de la 5e Assemblée plénière des Conférences épiscopales réunies d’Afrique de l’Ouest (CERAO), organisée cette année à Dakar. Dans une atmosphère empreinte de solennité, le chef de l’État a salué avec insistance la contribution décisive de l’Église catholique à la paix, à la cohésion sociale et au développement humain sur le continent.

Prenant la parole devant les évêques venus de plusieurs pays de la région, Bassirou Diomaye Faye a exprimé toute sa reconnaissance envers la communauté catholique et son rôle dans le tissu social sénégalais et ouest-africain. « Dakar, la Capitale cosmopolite de notre pays, abrite à compter de ce jour les travaux de la 5e Assemblée plénière de la CERAO. Ce choix n’est pas fortuit, il exprime la considération et le respect dont jouit notre dynamique communauté chrétienne guidée par des Pasteurs éclairés par la sagesse divine », a-t-il affirmé.

Le chef de l’État a rappelé l’importance qu’il accorde aux questions religieuses, intégrées au cœur de son projet de transformation systémique du pays. « Ma présence parmi vous à l’occasion de cette cérémonie solennelle est la preuve de la place importante que j’attache aux affaires religieuses dans notre stratégie nationale », a-t-il insisté.

Il a ensuite souligné la pertinence du thème des travaux de cette 5e session plénière, axée sur le renforcement de l’autonomie de l’Église, sa mission de synodalité, et son implication dans les causes de justice et de paix dans la sous-région. « Cela m’amène à souligner la contribution essentielle et irremplaçable de l’Église au développement de nos pays. Par son engagement dans les secteurs clés tels que l’éducation, la santé, la formation professionnelle, elle est une alliée sûre et incontournable de l’État », a-t-il soutenu, avant de rendre hommage à « ces hommes et femmes d’Église qui, dans la discrétion, œuvrent sans relâche au service de l’humain ».

Face aux multiples défis qui secouent l’Afrique de l’Ouest — insécurité, instabilité politique, migrations irrégulières — le président Diomaye a lancé un appel à la synergie des forces sociales, politiques et spirituelles. « Ensemble, en toute synodalité, nous devons promouvoir une ère de paix et de concorde dans nos sociétés africaines en quête de stabilité et de prospérité », a-t-il martelé.

Criminalité financière : les chefs d’Interpol en Afrique de l’Ouest planchent sur de nouvelles stratégies à Dakar

La capitale sénégalaise a abrité ce lundi 14 avril la 10e réunion des Chefs des Bureaux Centraux Nationaux (BCN) d’Interpol de la région Afrique de l’Ouest. Une rencontre de haut niveau organisée sous l’égide de l’Inspecteur général de Police Mame Seydou Ndour, Directeur général de la Police nationale du Sénégal.

Tenue dans un contexte marqué par une montée des menaces liées à la criminalité financière et à la corruption, cette réunion a permis aux responsables des forces de l’ordre des pays ouest-africains de faire un état des lieux des défis sécuritaires dans la sous-région, tout en définissant des stratégies communes pour y faire face.

Les échanges ont essentiellement porté sur le renforcement des capacités opérationnelles d’Interpol en Afrique de l’Ouest, notamment en matière de prévention, de détection et de répression des infractions économiques. Les participants ont également évalué la mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente réunion, tout en définissant de nouvelles orientations pour améliorer la coopération policière régionale.

« Dans un monde où les réseaux criminels deviennent de plus en plus sophistiqués et transnationaux, notre riposte doit être collective, coordonnée et innovante », a déclaré un des participants, soulignant l’importance de la collaboration entre les Bureaux Centraux Nationaux.

La corruption, le blanchiment d’argent, la fraude fiscale, ou encore les détournements de fonds publics figurent parmi les principales menaces évoquées par les responsables présents à Dakar. Des crimes qui sapent les bases des économies ouest-africaines, compromettent les politiques de développement et alimentent, dans certains cas, l’instabilité sociale et politique.

Les experts d’Interpol ont ainsi mis l’accent sur la nécessité de mutualiser les ressources, de partager les informations en temps réel, et de mettre en place des outils technologiques communs pour traquer les réseaux criminels transnationaux.

Cette 10e édition de la réunion des BCN se veut aussi un espace de partage d’expériences et de bonnes pratiques. Elle a réuni des délégations venues de plusieurs pays de la sous-région, avec une volonté commune : hisser le niveau de la coopération policière à un standard plus performant face à des menaces qui ignorent les frontières.

La rencontre de Dakar s’inscrit ainsi dans une dynamique d’harmonisation des stratégies sécuritaires ouest-africaines, dans l’espoir de juguler efficacement la criminalité économique et financière, considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands défis du continent.

Pêche : vers une gestion concertée des stocks de sardinelle en Afrique de l’Ouest

La raréfaction de la sardinelle, espèce clé pour les populations ouest-africaines, a été au cœur des discussions lors de la Journée mondiale de la pêche célébrée ce 21 novembre. Organisée par l’Institut universitaire de pêche et d’aquaculture (IUPA) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, cette rencontre a réuni des experts, professionnels, et acteurs du secteur pour réfléchir à des solutions face aux défis actuels.

La sardinelle, autrefois abondante et accessible, est aujourd’hui une ressource menacée. Selon Sidiya Diouf, chef de la division pêche artisanale à la direction des pêches maritimes, cette espèce migratrice est partagée entre plusieurs pays de la sous-région, notamment la Mauritanie, le Maroc, la Gambie, et la Guinée-Bissau. Chaque État, en fonction de ses priorités, exploite cette ressource de manière autonome, ce qui complique toute tentative de gestion durable.

« On ne peut pas parler de stocks nationaux, car la sardinelle est une ressource régionale. Cette gestion fragmentée a conduit à sa raréfaction, avec pour conséquences une flambée des prix et une accessibilité réduite pour les populations vulnérables », a-t-il expliqué.

Outre la surpêche, d’autres facteurs comme le changement climatique aggravent la situation. « La sardinelle est très sensible aux variations de température et à l’acidification des océans, ce qui la pousse à migrer vers d’autres zones », a indiqué M. Diouf.

La raréfaction de cette espèce a des répercussions directes sur l’économie locale, notamment pour les pêcheurs artisanaux, les mareyeurs, et les femmes transformatrices, qui dépendent de cette ressource pour leur subsistance.

Alassane Sarr, directeur de l’IUPA, a souligné que la surexploitation des ressources halieutiques est l’un des principaux facteurs de cette crise. « La pêche joue un rôle vital pour le Sénégal, mais les stocks s’amenuisent. Pour inverser la tendance, il est impératif d’adopter une gestion concertée et de réhabiliter les écosystèmes dégradés », a-t-il plaidé.

Les experts s’accordent sur la nécessité de mesures concertées au niveau régional. Une approche collective permettrait de surmonter les intérêts divergents entre les pays riverains.

« Un seul pays ne peut résoudre le problème. Il faut des discussions et des organes de gestion impliquant tous les partenaires », a ajouté M. Sarr.

Au Sénégal, la sardinelle a longtemps été l’une des espèces les plus consommées en raison de son faible coût et de sa disponibilité. Elle représentait une source essentielle de protéines pour les populations, y compris dans les zones les plus reculées. Aujourd’hui, son accès limité accentue les défis alimentaires dans un contexte économique déjà difficile.

La Journée mondiale de la pêche a offert une occasion précieuse de sensibiliser les acteurs du secteur aux enjeux cruciaux de la gestion durable des ressources halieutiques. Toutefois, la concrétisation des solutions proposées nécessitera une volonté politique forte et une coopération accrue entre les États concernés.

Alors que les écosystèmes marins continuent de subir les impacts du changement climatique et de la pression humaine, l’avenir de la sardinelle dépendra de la capacité des pays à travailler ensemble pour préserver cette ressource vitale.

Urgence alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : Mobilisation contre la crise

Près de 55 millions de personnes dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre se trouvent confrontées à une nouvelle menace d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, selon les prévisions du Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour la période de juin à août. Cette estimation représente une augmentation de quatre millions par rapport à la situation actuelle, mettant en lumière l’ampleur du défi auquel est confrontée la région.

Le Mali est particulièrement touché par cette crise, avec environ 2 600 personnes considérées comme souffrant d’une famine catastrophique, selon l’indice de classification alimentaire IPC. Cette situation alarmante nécessite une action urgente et concertée de la part des gouvernements, des organisations internationales et de la société civile.

Margot Vandervelde, Directrice régionale par intérim du PAM pour l’Afrique de l’Ouest, a souligné l’urgence d’agir face à cette menace croissante. Elle a appelé à l’engagement de tous les partenaires pour mettre en œuvre des programmes novateurs visant à prévenir une crise incontrôlable, tout en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte dans cette lutte contre la faim.

Les troubles économiques, tels que la stagnation de la production, la dévaluation des monnaies, l’augmentation de l’inflation et les barrières commerciales, ont contribué à aggraver la crise alimentaire dans des pays comme le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone et le Mali. Ces défis économiques ont entraîné une augmentation significative des prix des denrées alimentaires de base dans toute la région, mettant en péril la sécurité alimentaire de millions de personnes.

Actuellement, l’Afrique de l’Ouest et du Centre dépend largement des importations pour répondre aux besoins alimentaires de sa population. Cependant, les difficultés économiques ont entraîné une augmentation des coûts d’importation, rendant l’accès à une alimentation adéquate encore plus difficile pour de nombreuses familles.

Face à cette crise, il est impératif d’investir davantage dans le renforcement de la résilience et les solutions à long terme pour l’avenir de la région. Les gouvernements nationaux, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé doivent unir leurs forces pour mettre en place des mesures efficaces visant à soutenir la sécurité alimentaire et à augmenter la productivité agricole.

Les agences des Nations Unies, telles que la FAO, l’UNICEF et le PAM, appellent à une action immédiate pour lutter contre la malnutrition infantile et renforcer les systèmes d’éducation, de santé, d’eau et d’assainissement. Des programmes de protection sociale sont également nécessaires pour aider les familles les plus vulnérables à faire face à la crise.

En conclusion, la situation actuelle en Afrique de l’Ouest et du Centre exige une réponse urgente et coordonnée pour éviter une crise humanitaire majeure. Il est temps d’agir ensemble pour garantir que chaque individu ait accès à une alimentation adéquate et à des services de santé essentiels pour assurer un avenir meilleur pour tous.

La Norvège annonce l’ouverture d’une ambassade à Dakar pour renforcer ses liens avec l’Afrique de l’Ouest

La Norvège s’apprête à franchir un nouveau cap dans ses relations diplomatiques avec l’Afrique de l’Ouest en ouvrant une ambassade à Dakar, la capitale sénégalaise. Cette initiative marque la première fois que la Norvège établit une représentation diplomatique permanente au Sénégal et dans la région, démontrant ainsi son engagement à renforcer ses liens avec l’Afrique de l’Ouest.

La décision d’ouvrir une ambassade à Dakar intervient dans un contexte où la Norvège cherche à étendre sa présence diplomatique dans des régions stratégiques du monde. Cette nouvelle ambassade couvrira plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Cette initiative témoigne de la volonté de la Norvège de développer des relations étroites avec ces pays et de contribuer à la stabilité et au développement de la région.

Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a exprimé sa satisfaction à l’annonce de cette ouverture, soulignant l’importance de renforcer les partenariats avec les pays d’Afrique de l’Ouest. Il a également mis en avant l’engagement de la Norvège envers le développement durable, la démocratie et les droits de l’homme dans la région.

La Norvège, qui accorde une grande priorité à l’aide au développement en Afrique, a déjà investi massivement dans des initiatives visant à soutenir les pays du Sahel. Cette nouvelle ambassade constituera une plateforme importante pour renforcer la coopération dans des domaines tels que la lutte contre les changements climatiques, la sécurité alimentaire et la promotion des droits de l’homme.

Anne Beathe Tvinnereim, ministre norvégienne du Développement international, a également souligné l’importance de cette initiative, affirmant que le Sénégal est un partenaire multilatéral essentiel pour la Norvège. Elle a souligné le rôle crucial que la Norvège peut jouer dans la promotion de la paix, de la stabilité et du développement durable en Afrique de l’Ouest.

En résumé, l’ouverture d’une ambassade à Dakar par la Norvège marque une étape importante dans les relations entre la Norvège et l’Afrique de l’Ouest. Cette initiative témoigne de l’engagement continu de la Norvège envers la région et de sa volonté de contribuer à son développement économique et social.

Abdoulaye Diop : Un appel à l’action collective pour faire face à la crise alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest

Le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a souligné jeudi la nécessité urgente de coordonner les efforts pour faire face à la crise alimentaire et nutritionnelle sévissant dans la sous-région ouest-africaine.

S’exprimant lors de la réunion restreinte du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) à Paris, Abdoulaye Diop a plaidé en faveur d’une approche concertée pour relever les défis alimentaires et nutritionnels auxquels sont confrontés les pays de l’UEMOA.

Au cours de cette réunion, le commissaire de l’UEMOA en charge de l’agriculture, des ressources en eau et de l’environnement a présenté un état des lieux de la situation alimentaire dans l’espace communautaire. Il a noté que malgré certains progrès, près de 10 millions de personnes étaient encore en situation d’insécurité alimentaire en 2024, soulignant la nécessité de renforcer les mesures d’urgence pour répondre à cette crise.

Abdoulaye Diop a mis en avant l’importance des investissements structurants visant à augmenter la production et la productivité agricoles. Il a également insisté sur l’inclusion des femmes dans les secteurs agro-alimentaires et agricoles, soulignant leur rôle crucial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés.

La réunion a également été l’occasion d’échanger sur les expériences réussies de la Gambie et de la Mauritanie en matière de renforcement de la résilience des populations vulnérables. Abdoulaye Diop a salué le rôle du RPCA, soulignant son importance en tant qu’outil essentiel d’aide à la décision en matière de prévision et de gestion des crises alimentaires et nutritionnelles dans la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

Depuis sa création il y a 40 ans, le RPCA a bénéficié d’un soutien financier permanent de l’Union européenne, de l’USAID et d’autres membres statutaires. Abdoulaye Diop a exprimé sa gratitude à tous les acteurs impliqués dans le fonctionnement du RPCA, soulignant leur contribution précieuse à la lutte contre la crise alimentaire et nutritionnelle dans la région.

En conclusion, Abdoulaye Diop a appelé à une action collective et coordonnée pour relever les défis alimentaires et nutritionnels en Afrique de l’Ouest, soulignant que la solidarité et la coopération régionale sont essentielles pour surmonter ces défis et assurer un avenir meilleur pour tous les citoyens de la région.

La contribution invisible des femmes à la main-d’œuvre agricole en Afrique de l’Ouest : Un appel à l’autonomisation

La directrice régionale adjointe du Programme alimentaire mondial (PAM), Evelyne Etti, a souligné la contribution « invisible » des femmes à la main-d’œuvre agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre, malgré leur représentation à hauteur de 70%. Elle s’exprimait lors d’un panel organisé à l’occasion de la Journée internationale des femmes, centré sur le thème « Autonomiser les femmes dans les systèmes alimentaires ».

Evelyne Etti a rappelé que, bien que les femmes jouent un rôle essentiel dans les systèmes alimentaires, de la production à la consommation, leur contribution reste souvent méconnue. Elle a également abordé les défis persistants auxquels les femmes sont confrontées en matière d’égalité de genre, soulignant que des progrès ont été réalisés tout en reconnaissant les inégalités persistantes.

La directrice régionale adjointe a mis en avant le potentiel du PAM pour promouvoir l’autonomisation économique des femmes, notamment à travers ses programmes de soutien au marché agricole des petits exploitants. Elle a souligné la nécessité de sensibiliser davantage et d’accroître l’accès des femmes à la formation et au financement pour renforcer leur rôle dans le secteur agricole.

Lors de ce panel, Khady Fall Tall, présidente de l’Association des femmes d’Afrique de l’Ouest (AFAO), a appelé à accompagner les femmes en termes de formation et de financement, soulignant l’importance de soutenir les femmes tout au long de la chaîne de valeur agricole.

Le PAM considère l’égalité de genre comme une composante essentielle de sa mission visant à assurer la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition. L’autonomisation des femmes est perçue comme un élément clé pour atteindre ces objectifs, et le PAM s’engage à poursuivre ses efforts en faveur de l’égalité des sexes.

Cet événement a également été marqué par la participation d’agences des Nations unies, d’ONG internationales, du secteur privé et de représentants de la société civile, reflétant une approche inclusive pour aborder les défis et les opportunités liés à l’autonomisation des femmes dans les systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest.

L’OMVG, un moteur du développement et de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest

L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG) joue un rôle central dans le développement et l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest depuis sa création en 1978. Cette institution sous-régionale regroupe la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau et le Sénégal, travaillant de concert pour exploiter rationnellement et harmonieusement les ressources des bassins des fleuves Gambie, Kayanga Géba et Koliba-Corubal.

Le Projet Énergie, lancé en 2017, est un exemple concret des efforts de l’OMVG en faveur du développement régional. Ce projet comprend deux composantes majeures : l’Interconnexion et l’Aménagement Hydroélectrique de Sambangalou (AHES), également connu sous le nom de Barrage de Sambangalou.

L’Interconnexion

En décembre 2023, l’OMVG a achevé avec succès la construction et la mise en service d’un réseau d’interconnexion électrique, s’étendant sur 1677 km de lignes 225 kV avec une capacité de transport de 800 MW. Ce réseau relie les quatre États-membres, renforçant ainsi les liens énergétiques dans la région. Grâce à la collaboration de huit partenaires techniques et financiers (AFD, BAD, BEI, BID, BM, BOAD, FKDEA, et KfW) et aux contributions des États-membres, cette réalisation a été possible. Dix-huit contrats commerciaux avec des entreprises internationales renommées ont été exécutés, créant 4 230 emplois temporaires et laissant un héritage de 290 emplois permanents.

L’achèvement de l’Interconnexion électrique représente une avancée majeure dans la promotion de l’énergie régionale et renforce les bases d’une intégration économique plus poussée entre les États-membres de l’OMVG. Cette initiative contribuera non seulement à la stabilité énergétique, mais aussi à la création d’emplois et au renforcement des liens économiques régionaux.

L’OMVG poursuit ainsi sa mission de catalyseur du développement durable et de l’intégration régionale, démontrant l’impact positif qu’une coopération étroite entre les nations peut avoir sur le progrès économique et social de la région.

Aminata Touré rencontre le Représentant Spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest : un dialogue sur la situation nationale du Sénégal

Échanges fructueux sur le renforcement de la démocratie et de l’État de droit

Ce dimanche 17 février 2024, une rencontre d’importance a eu lieu entre Aminata Touré, personnalité politique sénégalaise, et le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Les discussions ont porté sur la situation nationale du Sénégal et le rôle crucial de l’ONU dans le renforcement de la démocratie et de l’État de droit.

Lors de cette rencontre fructueuse, Aminata Touré a exprimé sa satisfaction quant aux échanges approfondis avec le Représentant Spécial de l’ONU. Ils ont pu discuter en profondeur des défis actuels auxquels fait face le Sénégal ainsi que des opportunités de collaboration entre le gouvernement sénégalais et les institutions internationales, en particulier l’ONU, pour garantir le respect des principes démocratiques et des droits de l’homme.

« J’ai eu le plaisir de recevoir aujourd’hui le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel et nous avons largement échangé sur la situation nationale et le rôle important de l’ONU dans l’enracinement de la Démocratie et de l’Etat de Droit », a déclaré Aminata Touré à l’issue de la rencontre.

Cette réunion revêt une importance particulière dans un contexte où le Sénégal aspire à consolider ses institutions démocratiques et à promouvoir l’état de droit. La collaboration entre le Sénégal et l’ONU peut jouer un rôle essentiel dans la réalisation de ces objectifs en fournissant un soutien technique, en facilitant le dialogue politique et en renforçant les capacités nationales dans ces domaines cruciaux.

En conclusion, cette rencontre témoigne de l’engagement continu du Sénégal envers les principes fondamentaux de la démocratie et des droits de l’homme, ainsi que de sa volonté de coopérer étroitement avec la communauté internationale pour promouvoir la stabilité et le progrès dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

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