Dakar : deux étrangers arrêtés avec 4 kg de cocaïne, l’OCRTIS remonte une filière internationale

Dans une opération minutieusement préparée, l’Office Central de Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants (OCRTIS) a interpellé deux individus de nationalités étrangères à Dakar. Ces derniers ont été surpris en possession de quatre kilogrammes de cocaïne, une saisie qui vient confirmer les soupçons nourris depuis plusieurs jours sur l’existence d’un réseau actif dans la sous-région.

Les arrestations font suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel précis. Les enquêteurs avaient été alertés par des informations faisant état d’une livraison imminente d’un colis suspect, dont les caractéristiques rappelaient fortement celles de précédentes saisies opérées en Espagne. Le 2 juin 2025, les autorités de Madrid avaient en effet intercepté huit kilogrammes de cocaïne, dissimulés dans les bagages de quatre passagers sénégalais voyageant en tant que GP (gratuits passagers), et soupçonnés de collaborer avec une expéditrice dont le nom circule désormais dans plusieurs enquêtes croisées.

L’intervention des agents de l’OCRTIS à Dakar a permis de mettre la main sur les deux suspects au moment critique, interrompant ainsi une chaîne logistique bien rodée. Une perquisition au domicile de l’un des mis en cause a débouché sur la découverte de quatre cent mille francs CFA en espèces, ainsi que d’objets directement liés à l’activité de trafic de drogue, renforçant les soupçons pesant sur les deux hommes.

Cette nouvelle affaire illustre l’enracinement des réseaux de trafic international au sein de la capitale sénégalaise, qui semble servir de relais ou de point de transit pour des cargaisons à destination de l’Europe. Les autorités policières, en collaboration avec leurs homologues internationaux, poursuivent les investigations dans le but de remonter toute la filière, identifier les complices encore dans la nature et démanteler entièrement ce réseau structuré.

Dans un contexte régional de plus en plus marqué par la recrudescence des trafics de stupéfiants, cette opération confirme la vigilance des services de répression sénégalais et leur engagement à lutter contre l’implantation de cartels sur le territoire national. Les deux suspects devraient être présentés devant les juridictions compétentes dans les prochains jours.

Décès de Mor Seck à Guédiawaye : le commissariat de Yeumbeul-Nord rejette les accusations de la famille

Accusée d’être impliquée dans la mort tragique du jeune Mor Seck à Guédiawaye, la police de Yeumbeul-Nord a tenu à faire une mise au point ferme, réfutant catégoriquement toute implication dans ce drame. Dans une déclaration relayée ce vendredi, les responsables du commissariat ont contesté point par point les allégations formulées par la famille du défunt.

La police a affirmé n’avoir procédé à aucune interpellation d’un individu portant le nom de Mor Seck, ni à son placement en garde à vue dans leurs locaux. Selon leur version des faits, aucune opération policière impliquant un suspect de ce nom n’a été menée, et aucune trace de son identité n’apparaît dans les dossiers du commissariat, y compris parmi les personnes interpellées au cours de leurs récentes interventions.

Les événements survenus le vendredi 30 mai ont été détaillés avec précision. Dans la journée, les agents étaient principalement mobilisés par des opérations de déferrement de suspects vers le parquet, dans le cadre d’enquêtes en cours. En soirée, ils ont conduit des actions de sécurisation de routine, portant sur des délits tels que la consommation de chanvre indien, l’ivresse publique ou des contrôles d’identité. Aucun des individus arrêtés ce jour-là ne portait le nom de Mor Seck, a insisté la police.

En réponse directe à l’accusation visant un certain Assane Karbala, cité par les proches du défunt comme l’un des agents présumés impliqués dans l’agression, la police de Yeumbeul-Nord a affirmé qu’aucun membre de leur personnel ne porte ce nom ou ce surnom. Un agent ayant requis l’anonymat a précisé que seuls deux policiers nommés Assane travaillent dans ce service : l’un est actuellement affecté à la préfecture, l’autre au corps urbain. Aucun d’eux n’est connu sous le sobriquet de « Karbala ».

La localisation présumée de l’incident soulève également des interrogations. Les proches de Mor Seck affirment que ce dernier a été interpellé au niveau du Terminus de la ligne 41. Cependant, les autorités policières rappellent que cette zone ne relève pas de leur juridiction. En d’autres termes, même si une patrouille policière avait été présente à cet endroit, elle ne dépendrait pas du commissariat de Yeumbeul-Nord.

Pour la police, ces accusations sont graves et méritent des preuves concrètes. Elle invite les membres de la famille du défunt à venir formellement identifier les agents qu’ils désignent comme responsables de l’agression. En attendant, elle maintient que ni les faits rapportés, ni les noms mentionnés, ni le lieu évoqué ne sont en lien avec ses opérations.

Ce démenti public s’ajoute aux nombreuses questions que continue de susciter la mort de Mor Seck, et relance le débat sur les responsabilités dans les cas de violence présumée impliquant des agents de l’État. En l’absence d’éléments judiciaires établis, l’enquête devra se poursuivre pour faire toute la lumière sur les circonstances du décès.

Yeumbeul : deux individus arrêtés avec plus de 45 millions FCFA en liquide

Une importante opération menée par les forces de l’ordre a permis l’interpellation de deux individus à Yeumbeul Comico, dans la banlieue de Dakar, en possession d’une somme impressionnante d’argent liquide. L’intervention, conduite ce jeudi par les agents du commissariat d’arrondissement, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les flux financiers illicites et les formes de criminalité économique.

Selon les informations communiquées par la police nationale via son compte officiel sur le réseau X (anciennement Twitter), les deux suspects transportaient 1.130 billets de 10.000 francs CFA, soit un total de 11.300.000 FCFA. Ils avaient également en leur possession 517 billets de 100 euros, équivalant à environ 33.863.500 FCFA selon le taux de change en vigueur. L’ensemble de l’argent saisi s’élève ainsi à une somme globale de 45.163.500 FCFA, en francs CFA et en devises étrangères.

Les circonstances de cette détention de fonds restent à élucider. Les enquêteurs, mobilisés dès l’interpellation, explorent plusieurs pistes, notamment celle d’un éventuel blanchiment d’argent, d’un trafic illégal de devises ou du financement d’activités criminelles. L’hypothèse d’un lien avec des réseaux de criminalité organisée est également à l’étude. Les services spécialisés ont été saisis pour procéder à des vérifications approfondies sur l’origine des billets, les déplacements des suspects et les éventuelles ramifications internationales de cette affaire.

Les deux individus interpellés sont actuellement placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Yeumbeul. Ils seront entendus dans le cadre d’une enquête préliminaire avant d’être présentés devant le parquet. Il reviendra au procureur de la République de déterminer les chefs d’accusation qui pourraient leur être imputés. Leur placement en détention provisoire pourrait être requis dans l’attente de leur jugement.

Cette saisie spectaculaire rappelle l’ampleur des défis liés à la circulation de fonds illicites dans le pays et souligne la vigilance croissante des forces de sécurité sénégalaises face à ces pratiques aux répercussions économiques et sécuritaires considérables.

Falémé : un site clandestin d’orpaillage démantelé, six individus arrêtés

Dans le cadre de l’Opération Orientale toujours en cours dans la Zone militaire N°4, les forces de sécurité ont mené, ce jeudi 12 juin, une intervention musclée ayant abouti au démantèlement d’un site d’orpaillage clandestin dans la région de la Falémé. L’opération s’est déroulée avec succès sur l’axe Alinguel-Goundafa, une zone souvent ciblée par les exploitants illégaux attirés par les richesses aurifères de la région.

Au cours de cette opération, six individus soupçonnés de se livrer à l’exploitation aurifère illégale ont été interpellés. Le coup de filet s’est accompagné de la saisie d’un arsenal de matériel destiné à l’extraction sauvage de l’or. Parmi les équipements confisqués figurent une dizaine de motopompes, plusieurs groupes électrogènes ainsi que divers autres outils utilisés pour l’orpaillage non autorisé. L’importance du matériel saisi témoigne de l’ampleur de l’activité sur le site.

Cette action s’inscrit dans la stratégie globale des autorités visant à mettre un terme à l’orpaillage clandestin dans cette région frontalière du sud-est du Sénégal. Selon les forces de sécurité, ces pratiques illicites ont de lourdes conséquences sur l’environnement, notamment la pollution des cours d’eau et la dégradation des sols, tout en privant l’État de ressources fiscales importantes et en alimentant parfois des réseaux de contrebande et d’insécurité.

Les personnes interpellées sont actuellement placées en garde à vue. Leur dossier devrait être transmis dans les plus brefs délais aux autorités judiciaires compétentes afin que des poursuites soient engagées conformément aux lois en vigueur. Les autorités militaires, de leur côté, ont renouvelé leur engagement à intensifier les patrouilles et les interventions sur le terrain pour éradiquer définitivement l’orpaillage clandestin dans la région de la Falémé.

Kédougou : sept personnes interpellées pour trafic de peaux d’animaux protégés

Une opération conjointe menée par la Brigade de Recherches du Commissariat de Kédougou et l’ONG ÉGALE Sénégal a conduit, ce jeudi vers 15h, à l’arrestation de sept individus impliqués dans le trafic de produits issus d’espèces animales protégées. L’intervention, déclenchée à la suite d’un renseignement anonyme, a permis de mettre la main sur les trafiquants alors qu’ils s’apprêtaient à conclure une vente illicite à l’hôtel Sankara, situé dans cette localité du sud-est du Sénégal.

Les personnes arrêtées étaient en possession de quatre peaux de léopard et d’une peau d’hyène, toutes issues d’animaux protégés par la législation sénégalaise et les conventions internationales relatives à la conservation de la faune sauvage. L’opération s’est déroulée sans incident, grâce à une coordination rapide entre les autorités locales et les agents de l’ONG engagée dans la lutte contre la criminalité faunique.

Outre les peaux, les forces de sécurité ont saisi un véhicule de type « 7 places » ainsi que trois motocyclettes, utilisés par les présumés trafiquants pour le transport et la logistique de leur activité illégale. Selon des sources proches du dossier, ces moyens de déplacement seraient essentiels dans un réseau bien organisé opérant dans la région frontalière.

Les suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la police. Ils font l’objet d’une enquête pour détention, circulation et tentative de commercialisation de produits dérivés d’espèces animales protégées. Une infraction grave au regard du Code de la chasse et des textes sur la biodiversité en vigueur au Sénégal.

Des agents des parcs nationaux se sont rendus sur les lieux pour constater les faits et évaluer la nature exacte des peaux saisies. Ces dernières serviront probablement d’éléments de preuve dans la procédure judiciaire en cours. L’affaire relance le débat sur le renforcement des moyens de lutte contre le braconnage et le commerce illicite de faune sauvage dans les zones frontalières du pays.

Partenariat énergétique Sénégal-Congo : Ousmane Sonko rassure après la suspension du contrat avec Socelec

La coopération énergétique entre le Sénégal et la République du Congo demeure sur de bons rails malgré la suspension du contrat récemment signé avec Socelec. C’est le message de fermeté et d’optimisme qu’a tenu à livrer le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue congolais, Anatole Collinet Makosso, tenu ce jeudi.

Le chef du gouvernement sénégalais s’est voulu rassurant sur l’avenir de ce partenariat stratégique, insistant sur la nature souveraine des décisions prises par le Congo concernant son secteur énergétique. « Sur la question de l’énergie, je considère que le Congo est un pays souverain qui a éprouvé le besoin à un moment donné d’aller vers une forme d’organisation de son secteur énergétique », a affirmé Ousmane Sonko.

Le contrat en question, signé en février dernier, liait la Socelec – filiale de la Senelec – à l’État congolais dans le cadre d’une convention d’affermage portant sur la distribution et la commercialisation de l’électricité à Brazzaville. Toutefois, en raison de certaines préoccupations internes, les autorités congolaises ont décidé de suspendre la mise en œuvre du contrat, provoquant un certain nombre d’interrogations dans les milieux économiques et diplomatiques.

Face à cela, Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position du Sénégal. « Il n’a pas été question ici d’annulation du marché. Il y a des préoccupations intérieures qui ont amené le gouvernement congolais à considérer qu’il fallait suspendre le temps de procéder à un certain nombre de réglages », a-t-il expliqué. Il s’est dit convaincu que le partenariat reprendra sous de meilleurs auspices, insistant sur la nécessité de renforcer les échanges économiques entre pays africains. « Je demeure convaincu que ce contrat sera parfait, que ce contrat sera validé, et que ce sera un bel exemple de ce que nous pouvons faire dans cette dynamique de coopération sud-sud, de coopération entre pays africains », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également critiqué la dépendance excessive à des partenaires extérieurs, tout en précisant que le recours à des entreprises étrangères n’est pas à exclure. « Souvent, nous avons à rougir de faire venir des entreprises qui viennent de très loin, ce qui n’est pas mauvais. Nous ne sommes pas hermétiques », a-t-il nuancé, soulignant l’importance de valoriser les expertises africaines dans les projets structurants.

Pour sa part, Anatole Collinet Makosso a expliqué que la suspension du contrat d’affermage s’inscrit dans une logique de rigueur administrative et de préparation de l’opinion publique. « La convention d’affermage a été suspendue. Oui, c’est le Premier ministre qui a pris la note. Suspendons la mise en œuvre du contrat d’affermage, le temps que nous puissions mettre au point les 48 mesures préalables qui ont été identifiées et que nous préparions l’opinion sur la nécessité de la réforme », a-t-il indiqué.

Ce report ne signifie donc pas une rupture mais une phase de transition, destinée à garantir une mise en œuvre optimale du contrat dans un environnement institutionnel mieux préparé. Les deux chefs de gouvernement ont affiché leur volonté commune de maintenir une coopération étroite, fondée sur la confiance, le respect mutuel et la vision partagée d’un développement endogène du continent.

La conférence internationale sur la Palestine reportée : le Président Diomaye Faye parmi les invités impactés

Prévue pour se tenir la semaine prochaine au siège des Nations unies à New York, la conférence internationale sur l’État de Palestine a été officiellement reportée. L’annonce a été faite ce vendredi 13 juin par le président français Emmanuel Macron, au cours d’une conférence de presse tenue à l’Élysée. Le report est motivé, selon le chef de l’État français, par des « raisons logistiques et sécuritaires », dans un contexte géopolitique marqué par une escalade des tensions au Moyen-Orient.

Parmi les chefs d’État invités à cette rencontre de haut niveau figurait le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Sa participation, attendue et symbolique, devait marquer l’engagement renouvelé du Sénégal en faveur de la cause palestinienne, dans la continuité d’une tradition diplomatique forte portée historiquement par Dakar au sein des instances internationales, notamment à travers son rôle au sein du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

Malgré le report, le président Macron a tenu à réaffirmer l’engagement de la France en faveur de la paix et de la solution à deux États. « Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États », a-t-il insisté. Il a également réitéré sa volonté de reconnaître officiellement l’État de Palestine, indépendamment du calendrier de la conférence, soulignant que cette reconnaissance constitue pour lui un impératif politique et moral.

Le climat régional, particulièrement tendu ces dernières semaines, semble avoir pesé lourd dans la balance. L’intensification des frappes israéliennes sur l’Iran et les craintes d’un embrasement généralisé ont compliqué les conditions d’organisation d’un tel événement à New York, où des chefs d’État, diplomates et représentants d’organisations internationales étaient attendus.

Emmanuel Macron a indiqué que la conférence « aura lieu au plus vite », sans toutefois fournir de date précise pour son report. Il a néanmoins précisé la vision de la France pour la région, affirmant qu’un « État palestinien démilitarisé est un préalable indispensable à l’intégration régionale d’Israël ». Une position qui rejoint les appels récurrents de plusieurs États membres des Nations unies en faveur d’une reconnaissance formelle et d’une solution politique durable.

Pour le Sénégal, ce report n’altère en rien la position constante en faveur de la Palestine. L’administration de Diomaye Faye, dans la lignée de ses prédécesseurs, devrait continuer à porter cette voix dans les cercles diplomatiques, en particulier à l’ONU, où Dakar reste un interlocuteur respecté sur les questions de paix, de sécurité et de droits des peuples.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°485 – 13/06/2025

🔴 PREMIÈRE VICTOIRE : SUSPENSION DE LA NOTIFICATION DE CESSATION DE PARUTION DU MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION À PUBLIC SN : QUE ÇA NE S’ENDORT PAS SUR SES LAURIERS !
🔴 CONFÉRENCE DE CINQUANTENAIRE : LA CEDEAO CHERCHE UN SECOND SOUFFLE À DAKAR

🔴 « COMMUNIQUÉ INTOLÉRABLE » DU JARAAF : LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA LSFP EXIGE DES EXCUSES
🔴 MERCATO / TRANSFERT AU QATAR : SABALY REJOINT AL-DUHAIL

Énergie : Ousmane Sonko réaffirme la volonté de partenariat entre la Senelec et le Congo malgré la suspension du contrat

Dans un contexte marqué par la suspension du contrat d’affermage entre la Senelec et l’État congolais, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position du Sénégal et à réaffirmer sa volonté de collaboration énergétique avec la République du Congo. Cette déclaration a été faite à l’occasion d’un point de presse conjoint tenu ce jeudi à Dakar, en présence de son homologue congolais, Anatole Collinet Makosso, en visite officielle au Sénégal.

Le chef du gouvernement sénégalais a d’abord salué les perspectives de coopération bilatérale, insistant sur l’importance de bâtir des relations solides et équitables entre États africains. Parmi les axes stratégiques évoqués, la question énergétique occupe une place centrale. Pour Ousmane Sonko, le Congo, en tant que pays souverain, est pleinement légitime à explorer les modèles qui conviennent le mieux à l’organisation de son secteur de l’électricité. Il estime que cette recherche de solutions structurées peut et doit se faire avec la contribution d’expertises africaines, notamment celle du Sénégal.

Revenant sur le contrat d’affermage signé en février dernier entre la Socelec, filiale de la Senelec, et l’État congolais, Ousmane Sonko a précisé qu’il n’a jamais été question d’une annulation pure et simple de l’accord. Il s’agit, selon lui, d’une suspension provisoire motivée par des considérations internes au Congo. Il évoque la nécessité pour le gouvernement congolais d’effectuer certains « réglages » afin de lever les réserves exprimées localement, notamment par les syndicats, les partenaires sociaux et d’autres acteurs de la société civile congolaise.

« Il n’a pas été question ici d’annulation du marché », a déclaré le Premier ministre sénégalais. « Il y a des préoccupations intérieures qui ont amené le gouvernement congolais à considérer qu’il fallait suspendre le temps de procéder à un certain nombre de réglages. » Il a tenu à se montrer confiant quant à l’issue de cette phase de suspension : « Je demeure convaincu que ce contrat sera parfait, que ce contrat sera validé, et que ce sera un bel exemple de ce que nous pouvons faire dans cette dynamique de coopération sud-sud, de coopération entre pays africains. »

Dans son propos, Ousmane Sonko a également dénoncé une tendance persistante dans les pays africains à recourir systématiquement à des entreprises étrangères venant de pays lointains, au détriment de partenariats régionaux et continentaux. S’il reconnaît que l’ouverture à ces entreprises n’est pas à rejeter, il plaide pour une priorité accordée à l’expertise africaine : « Souvent, nous avons à rougir de faire venir des entreprises qui viennent de très, très loin. Ce qui n’est pas mauvais. Nous ne sommes pas hermétiques. Mais il est important que nous apprenions à faire confiance à nos propres ressources. »

À travers cette sortie, le Premier ministre sénégalais cherche non seulement à apaiser les tensions nées de la suspension du contrat mais aussi à positionner le Sénégal comme un acteur crédible dans la coopération énergétique en Afrique. La Senelec, par l’intermédiaire de sa filiale Socelec, ambitionne en effet de s’exporter dans d’autres marchés du continent, en misant sur son expérience dans la gestion et la distribution de l’électricité.

Cette affaire, bien qu’elle ait momentanément ralenti l’élan initial, reste pour les deux parties un projet en cours, que les ajustements nécessaires pourraient renforcer plutôt qu’annuler. Elle pose aussi les jalons d’une réflexion plus large sur la souveraineté énergétique, la transparence des accords interétatiques, et la capacité des entreprises africaines à répondre aux besoins des pays du continent.

Affaire Socelec – Senelec : Le Premier ministre congolais confirme devant Ousmane Sonko la suspension du contrat d’affermage de l’électricité

Le partenariat énergétique entre le Sénégal et la République du Congo vient de subir un coup d’arrêt significatif. En visite officielle à Dakar depuis le 10 juin 2025, Anatole Collinet Makosso, Premier ministre du Congo-Brazzaville, a confirmé, devant son homologue sénégalais Ousmane Sonko, la suspension du contrat d’affermage signé entre l’État congolais et la Socelec, filiale de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec).

Ce contrat d’affermage, signé le 13 février 2025, portait sur la distribution et la commercialisation de l’électricité au Congo-Brazzaville pour une période de dix ans. Il avait été conclu entre Émile Ouosso, ministre congolais de l’Énergie et de l’Hydraulique, et Pape Mamadou Diop, directeur général de la Socelec. L’accord visait à structurer la gestion du secteur de l’électricité en s’appuyant sur l’expertise sénégalaise, dans un pays où les coupures d’électricité et les pertes techniques sont fréquentes.

Cependant, malgré la signature officielle, l’exécution du contrat n’a jamais réellement démarré. Lors de sa déclaration à Dakar, Anatole Collinet Makosso a expliqué que cette suspension répondait à un ensemble de pressions internes et à une absence de consensus autour du projet. « Nous avons confondu vitesse et précipitation », a-t-il admis, précisant que des voix discordantes s’étaient élevées dès les premiers instants du processus, notamment au sein des syndicats congolais, des partenaires sociaux, et dans les médias locaux.

Le Premier ministre congolais a révélé que le contrat, bien que signé, comportait plusieurs zones d’ombre et points non élucidés, qui ont alimenté les critiques. Il a indiqué que des inquiétudes sérieuses ont été soulevées sur le plan juridique, administratif et stratégique, obligeant les autorités à marquer une pause. « Ce n’est pas une remise en cause du partenariat sénégalais, mais une volonté de revoir certaines clauses fondamentales », a-t-il précisé.

Plusieurs griefs ont été formulés contre la Socelec, au cœur de cette controverse. D’abord, la société aurait commencé à mener des activités préliminaires sur le terrain avant même la finalisation complète de sa procédure de légalisation au Congo. Une démarche jugée hâtive par les autorités locales. Ensuite, les syndicats congolais ont exprimé leur désapprobation face à la composition du Conseil d’administration de la société : hormis un seul administrateur congolais, tous les autres membres sont sénégalais, y compris le président du Conseil d’administration et le directeur général. Une gouvernance perçue comme déséquilibrée, voire arrogante.

Autre point de crispation : l’absence de capital de démarrage réel pour les opérations. Des voix internes dénoncent le fait que la société serait sous-capitalisée alors que ses dirigeants sénégalais mèneraient un train de vie qualifié de « princier ». Cela jette le doute sur la capacité réelle de la Socelec à prendre en charge un service public aussi stratégique que celui de l’électricité.

Anatole Collinet Makosso a par ailleurs rappelé l’importance de la concertation préalable et de la sensibilisation des populations et des parties prenantes, soulignant qu’un « travail pédagogique insuffisant » a contribué à nourrir la méfiance générale. Cette situation rappelle, selon ses propres termes, « l’épisode de l’affaire Hydro-Québec », qui avait provoqué un tollé au sein de la société congolaise pour des raisons similaires.

Face à la complexité du dossier, le Premier ministre congolais a appelé à une renégociation des modalités d’opérationnalisation du contrat, en évoquant l’existence de 41 mesures préalables qui n’ont pas encore été exécutées ou validées. Il s’est montré ouvert à une poursuite du dialogue avec les autorités sénégalaises pour assainir les bases du partenariat et garantir une relance future, plus inclusive et transparente.

Pour le gouvernement sénégalais, et notamment pour la Senelec, cette suspension représente un revers dans sa stratégie d’expansion régionale, mais aussi un signal d’alerte sur la nécessité de mieux calibrer les projets de coopération à l’international. La filiale Socelec, conçue pour incarner le savoir-faire sénégalais dans le domaine de l’énergie, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat sur la souveraineté économique et la transparence contractuelle dans les pays africains.

Au-delà des considérations techniques, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la manière dont les États africains doivent bâtir des partenariats économiques solides, équilibrés et socialement acceptés. Si le contrat venait à être réactivé à l’issue des discussions à venir, il devra cette fois intégrer des mécanismes de gouvernance partagée, une communication plus claire et des engagements financiers précis, au risque de voir le projet sombrer définitivement dans l’impasse.

Météo au Sénégal : orages imminents au Sud, la chaleur reste intense à l’intérieur du pays

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a émis une alerte météorologique ce jeudi, annonçant un épisode pluvio-orageux qui devrait affecter plusieurs régions du pays dans les prochaines vingt-quatre heures. Selon les prévisions, des orages accompagnés de pluies modérées à fortes sont attendus dès ce jeudi midi jusqu’à vendredi à la même heure, principalement dans les régions du Sud, notamment Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Le Centre-Sud, incluant Kaffrine, Kaolack et Fatick, sera également concerné, avec des risques de précipitations d’intensité variable.

Des averses plus faibles pourraient toucher le Centre-Ouest du pays, incluant les régions de Dakar, Thiès et Diourbel. L’Est du Sénégal ne sera pas en reste, avec une activité pluvieuse attendue dans la nuit de jeudi à vendredi à Matam, Bakel et Tambacounda. Les localités de Linguère et Podor pourraient également connaître quelques gouttes, bien que les précipitations y soient annoncées comme faibles.

Parallèlement à ce régime orageux, l’ANACIM signale le maintien d’une chaleur marquée dans l’intérieur du pays. Les températures y resteront élevées, avec des pics variant entre 36°C et 41°C. En revanche, les zones côtières bénéficieront de conditions climatiques plus clémentes grâce à la brise marine, avec une atmosphère plus fraîche et modérée. Les vents souffleront majoritairement du Sud-Ouest, avec une intensité oscillant entre faible et modérée.

Face à cette combinaison de chaleur persistante et de risques d’orages, l’ANACIM appelle les populations à la vigilance. Il est recommandé d’éviter les expositions prolongées au soleil, en particulier pendant les heures les plus chaudes de la journée. L’agence météorologique insiste également sur la nécessité de s’hydrater régulièrement, de rester à l’ombre autant que possible, et de se couvrir la nuit, surtout dans les zones où les températures pourraient chuter brusquement après les épisodes pluvieux.

Cette alerte intervient dans un contexte d’installation progressive de l’hivernage sur l’ensemble du territoire, et les autorités météorologiques assurent un suivi continu de l’évolution des conditions climatiques. Les populations sont invitées à suivre les bulletins météorologiques officiels et à adopter des comportements responsables pour faire face aux aléas.

Premières pluies au Sénégal : le ministère de l’Hydraulique rassure sur la gestion des eaux pluviales

Avec l’arrivée progressive des premières pluies sur l’ensemble du territoire sénégalais, les autorités gouvernementales tiennent à rassurer les populations sur la capacité de réponse du système d’assainissement. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a indiqué que la majorité des ouvrages hydrauliques ont bien fonctionné, notamment dans les régions récemment touchées comme Kaffrine, Kaolack, Diourbel, ainsi que dans la ville sainte de Touba.

Le ministère rappelle que l’installation de l’hivernage suit les prévisions émises par le Centre régional Agrhymet, régulièrement mises à jour par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM). Après les premières précipitations enregistrées dans le Sud et l’Est du pays, c’est désormais la zone centre qui reçoit ses premières pluies. Une extension vers l’Ouest et le Nord est attendue dans les prochaines 72 heures, selon les dernières prévisions.

En dépit de quelques ralentissements notés dans des zones sensibles, le bilan est jugé satisfaisant par les autorités. Le communiqué précise que, dans les zones équipées, les eaux pluviales ont été évacuées dans des délais raisonnables, notamment dans les quartiers de Diouma Serigne Saliou et Darou Minane. Toutefois, certains points bas sans exutoire ont connu des accumulations d’eau temporaires, dues à la saturation des sols, à l’état d’instabilité post-saison sèche et à la poursuite de travaux d’assainissement en cours.

Face à ces défis, le ministère affirme que les équipes de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) sont entièrement mobilisées sur le terrain. Ces équipes interviennent activement, avec un parc matériel renforcé, pour assurer le drainage par pompage dans les zones critiques. En parallèle, des mesures correctives ont été enclenchées, incluant le renforcement des équipes techniques, l’accélération des chantiers en cours, le curage intensif des canaux, ainsi que la libération des voies d’eau.

Dr Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a réaffirmé l’engagement de son département à respecter les délais de livraison des travaux d’assainissement, fixés au 15 juillet. Il a insisté sur la nécessité de consolider la résilience des infrastructures face aux épisodes pluvieux à venir. Le ministre a également lancé un appel à la vigilance et à la responsabilité citoyenne, exhortant les populations à ne pas jeter de déchets dans les caniveaux, ce qui entrave gravement le bon écoulement des eaux.

La mobilisation communautaire est au cœur de la stratégie de prévention. Dr Dièye a invité les comités de quartiers, les associations de jeunes, les collectifs citoyens et les volontaires à s’impliquer activement dans des opérations de nettoiement, de sensibilisation et de veille de proximité. Il a également appelé à une collaboration étroite entre les populations, les collectivités locales et les structures étatiques.

Les dispositifs du Comité national de gestion des inondations sont, selon le ministère, en état d’alerte et prêts à intervenir en cas de phénomènes extrêmes, anticipés par les bulletins météorologiques. En conclusion, le ministère a réaffirmé que la sécurité des citoyens reste une priorité absolue, et que toutes les ressources disponibles seront mobilisées pour garantir un hivernage sans grandes perturbations.

Explosion de la fraude aux examens : alerte rouge à Kolda et Sédhiou

La fraude scolaire prend des proportions alarmantes dans les académies de Kolda et de Sédhiou, à la veille des examens du baccalauréat 2025. Mamadou Wellé, superviseur régional de l’organisation de cet examen dans cette zone sud du Sénégal, a lancé un signal fort ce jeudi 12 juin, lors du Comité Régional de Développement (CRD) dédié aux préparatifs des épreuves de fin d’année. Réuni à l’hôtel de ville de Kolda, le CRD a rassemblé inspecteurs, représentants de l’administration, enseignants et partenaires éducatifs.

Dans une déclaration sans détour, Mamadou Wellé a rappelé que l’année scolaire précédente avait été marquée par de nombreux cas de fraude avérés. Des élèves avaient été surpris en flagrant délit de tricherie, compromettant la transparence du processus et jetant le doute sur la validité des résultats. Malheureusement, la situation ne s’est pas améliorée : plusieurs cas de fraude ont déjà été détectés cette année, y compris lors des examens blancs organisés en amont des épreuves nationales.

Selon le superviseur, cette recrudescence de la fraude est en grande partie facilitée par l’utilisation de nouvelles technologies, en particulier les outils d’intelligence artificielle. Ces innovations, accessibles via les smartphones ou d’autres dispositifs numériques, permettent aux candidats d’obtenir discrètement des réponses ou de stocker des informations illégales dans les salles d’examen. Mamadou Wellé a souligné que l’IA est désormais un outil de contournement qui échappe souvent à la vigilance des surveillants, rendant la tâche des encadreurs de plus en plus difficile.

Conscient de la gravité de la situation, le superviseur du baccalauréat a lancé un appel pressant aux autorités éducatives et administratives pour renforcer le dispositif sécuritaire autour des examens. Il a insisté sur la nécessité d’appliquer de manière stricte les textes et règlements en vigueur en matière de répression de la fraude scolaire. Selon lui, les surveillants doivent faire preuve d’une vigilance accrue et les élèves doivent être clairement informés des risques disciplinaires et judiciaires liés à ces pratiques.

En toile de fond de cette alerte, c’est toute la crédibilité du système éducatif qui est en jeu. Si rien n’est fait, a averti Mamadou Wellé, les diplômes délivrés pourraient perdre de leur valeur, et les efforts des élèves méritants pourraient être injustement éclipsés par des pratiques malhonnêtes. À Kolda et Sédhiou, l’heure est donc à la rigueur, à la vigilance et à la responsabilisation collective.

Forum africain des systèmes alimentaires 2025 : Dakar accueille la 19ème édition du 30 août au 5 septembre

Le Sénégal s’apprête à accueillir un événement majeur du calendrier continental : la 19ème édition du Forum africain des systèmes alimentaires (AGRF), prévue à Dakar du 30 août au 5 septembre 2025. L’annonce a été faite ce mercredi 11 juin en Conseil des ministres par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a donné des instructions fermes pour garantir le succès de cette rencontre stratégique.

Le Chef de l’État a ainsi exhorté le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le ministre en charge de la Jeunesse, ainsi que le Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour une organisation sans faille de ce forum.

Le thème retenu pour cette édition est révélateur des ambitions du continent : « Jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires ». Un choix qui traduit la volonté des organisateurs de placer les jeunes au cœur de la révolution agroalimentaire africaine, en tant qu’acteurs clés de l’innovation et du changement.

Dans cette dynamique, le président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’accroître l’implication et la mobilisation des jeunes dans les secteurs de l’agriculture, de l’agro-industrie et de la souveraineté alimentaire. Il a également annoncé qu’il effectuera une visite économique et de travail dans la région de Saint-Louis les 12 et 13 juin 2025, pour échanger directement avec les producteurs et industriels du secteur agricole. Cette tournée s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation durable du système agricole national.

Par ailleurs, le président de la République a indiqué qu’il présidera, le 10 juillet 2025, le Conseil supérieur d’orientation agrosylvopastoral, une instance stratégique chargée de tracer les grandes lignes de la politique agricole et rurale du pays.

Le Forum africain des systèmes alimentaires, rendez-vous incontournable des décideurs, experts, chercheurs, entrepreneurs et acteurs agricoles du continent, représente une opportunité unique pour le Sénégal de renforcer son leadership en matière de sécurité alimentaire et d’innovation agricole.

Arrestations politiques : le juge Dème tire à boulets rouges sur la justice sénégalaise

Alors que plusieurs figures publiques – chroniqueurs, activistes et responsables politiques – ont récemment été arrêtées pour leurs prises de parole dans les médias ou pour offense au chef de l’État, la tension monte autour de la question des libertés publiques au Sénégal. Ces interpellations, largement perçues comme une atteinte à la liberté d’expression, suscitent une vague d’indignation dans les rangs de la société civile, des défenseurs des droits humains et de l’opposition politique.

Dans ce contexte, la réaction du magistrat Ibrahima Hamidou Dème, connu pour ses positions critiques sur le fonctionnement de la justice, ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), il a dénoncé une justice soumise au pouvoir exécutif, remettant en cause l’indépendance réelle des magistrats. « Comment la justice peut-elle devenir indépendante avec des magistrats qui se comportent toujours en préfets judiciaires, prêts à exécuter toutes les commandes de l’exécutif ? », a-t-il interrogé dans une publication qui fait grand bruit.

Ce coup de gueule intervient dans un climat déjà tendu, où les interpellations pour « délits d’opinion » se multiplient. Plusieurs organisations, dont Amnesty International Sénégal et la Raddho, ont récemment appelé à mettre fin à l’instrumentalisation de la justice et à garantir la liberté d’expression, pierre angulaire de tout régime démocratique.

PASTEF : mépris des lois ou incapacité à comprendre la Constitution ?

La question mérite d’être posée, tant les faits s’accumulent et dessinent une inquiétante tendance au sommet de l’État : le non-respect des lois ou une méconnaissance profonde des règles qui encadrent la République.

Le dernier épisode en date concerne l’arrêté pris par le ministère de la Communication, visant à interdire arbitrairement la parution de certains organes de presse. Une mesure qui a immédiatement suscité de vives critiques : nous avions rappelé que la liberté de création des médias est garantie par l’article 11 de la Constitution et qu’aucune autorisation préalable ne saurait être imposée par voie administrative.

La Cour suprême vient de confirmer cette lecture du droit en suspendant l’arrêté du ministère. Une décision salutaire, qui protège la liberté de la presse, mais qui ne doit pas faire oublier la gravité de la démarche initiale.

Car ce n’est pas un cas isolé.

Lors des débats autour de la loi d’amnistie, le gouvernement a une nouvelle fois montré une approche contestable du droit. Plusieurs juristes, constitutionnalistes et voix indépendantes avaient souligné les contradictions de ce texte avec les principes fondamentaux de la Constitution. Là encore, les mises en garde n’ont pas été entendues. Les députés de la majorité ont fini par voté une loi que le conseil constitutionnel a jugé par la suite contraire à la constitution.

Ce qui est en cause ici, c’est bien le respect de l’État de droit. Un État de droit ne vit pas seulement de quelques décisions judiciaires isolées : il exige que le pouvoir respecte en permanence le cadre légal, même et surtout lorsqu’il pense pouvoir imposer sa volonté.

Les citoyens doivent rester vigilants. Car l’histoire montre qu’une République ne bascule pas du jour au lendemain : elle s’érode par petites entorses, par habitudes prises au mépris du droit.

La décision de la Cour suprême rappelle que des garde-fous existent encore. Mais il revient à chacun de veiller à ce qu’ils restent solides. Et à ce que le respect de la Constitution ne devienne pas l’exception, mais bien la règle.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees

Examens 2025 : plus de 2 000 élèves sans extrait de naissance dans l’académie de Kolda

À l’approche des examens du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) et du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM), l’académie de Kolda fait face à une réalité alarmante : 2 080 candidats sont recensés sans extrait de naissance. L’information a été révélée ce jeudi 12 juin, lors du Comité Régional de Développement (CRD) consacré à la préparation des examens de fin d’année.

Dans le détail, 1 909 élèves inscrits au CFEE et 171 au BFEM se présenteront sans être officiellement enregistrés à l’état civil. Ces chiffres, bien qu’inquiétants, marquent une baisse significative par rapport à 2024, où 5 325 cas avaient été signalés. Un progrès qui reste cependant insuffisant pour les autorités éducatives locales, qui continuent de tirer la sonnette d’alarme.

Selon les précisions de l’inspecteur Touré, représentant de l’Inspection d’Académie, la majorité des enfants non déclarés au CFEE sont des filles : 1 062 contre 847 garçons. Pour le BFEM, 98 garçons et 73 filles composeront sans document d’état civil. Cette tendance rappelle que les inégalités d’accès à l’état civil touchent de manière différenciée selon le genre.

Malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les efforts conjoints de l’État, des collectivités locales et d’organisations partenaires pour améliorer l’enregistrement des naissances, le phénomène des « enfants sans identité » reste enraciné dans certaines zones rurales et périphériques. La pauvreté, l’analphabétisme, l’éloignement des services administratifs et la méconnaissance de la législation expliquent en partie cette persistance.

Un membre du CRD a rappelé que l’établissement de l’extrait de naissance n’est pas seulement un droit fondamental de l’enfant, mais également une condition essentielle à la poursuite de sa scolarité. Sans cet acte, un élève risque d’être bloqué à un moment clé de son parcours éducatif, voire d’être exclu du système.

Face à cette situation, les autorités régionales appellent à une mobilisation accrue des familles, des leaders communautaires et des élus locaux pour renforcer les actions de proximité. L’objectif : éradiquer durablement le phénomène des “enfants fantômes” et garantir à chaque enfant sénégalais une existence reconnue, aussi bien à l’école qu’à l’état civil.

Fact-checking – Manifestation du 23 mai 2025 : les quotidiens Les Échos et L’As utilisent une photo datant de 2021

Le 24 mai 2025, les quotidiens sénégalais Les Échos et L’As ont tous deux publié en Une une image identique pour illustrer la manifestation organisée la veille, à Dakar, par le collectif “Rappel à l’ordre”, militant pour la criminalisation de l’homosexualité. Or, l’image en question ne correspond pas à l’événement de 2025 : elle a été prise quatre ans plus tôt, lors d’une autre manifestation sur le même thème.

La photo montre un homme en t-shirt vert, bras levés, arborant le message “And Samm Djiko yi – Non à l’homosexualité”, devant une foule de manifestants. Ce cliché a été utilisé pour appuyer les reportages des deux journaux sur la manifestation du 23 mai 2025. Pourtant, le mouvement “And Samm Djiko yi”, bien visible sur le t-shirt, n’était pas impliqué dans l’organisation de cette mobilisation récente. Imam Babacar Sylla, coordonnateur général du mouvement, avait même déclaré à la presse que cette manifestation visait à “remettre sur la table un texte déjà rejeté à deux reprises par l’Assemblée nationale”, confirmant que son mouvement n’en faisait pas partie.

Une vérification par recherche d’image inversée révèle que cette photographie a été prise le 23 mai 2021, à la Place de l’Obélisque à Dakar, lors d’un rassemblement contre l’homosexualité organisé par des associations religieuses, dont justement “And Samm Djiko yi”. Depuis, elle a été utilisée à plusieurs reprises par des médias, dont La Croix et Le Nouvel Observateur, qui en ont conservé la légende originale précisant le contexte et la date.

Toutefois, cette rigueur n’a pas été suivie par tous. Dans les publications du 24 mai 2025, Les Échos et L’As n’ont fourni aucune précision sur l’origine de l’image ni indiqué qu’il s’agissait d’une photo d’archives. Cette omission peut fausser la perception du public, en donnant l’impression d’une affluence plus importante qu’en réalité lors de la marche de 2025, d’autant plus que les organisateurs ont évoqué une “participation modeste mais symbolique”.

Le photographe à l’origine de l’image, Seyllou, de l’Agence France-Presse (AFP), a confirmé à DUBAWA qu’il avait bien pris ce cliché en 2021. Il a regretté son utilisation non autorisée et hors contexte, affirmant : « En journalisme, une photo non légendée n’est pas une photo de presse. Le plus grave, c’est que ces journaux ne sont même pas abonnés à l’AFP, ce qui signifie clairement que la photo a été piratée. »

Ce n’est pas un cas isolé. Déjà en mai 2025, le journal L’Info avait utilisé pour illustrer une manifestation de la diaspora sénégalaise à Genève une photo prise à Paris en 2021, lors d’un rassemblement du parti Pastef. Face aux critiques, L’Info avait dû publier une note d’excuses.

Conclusion :
L’image diffusée par Les Échos et L’As pour illustrer la manifestation contre l’homosexualité du 23 mai 2025 est une archive datant de mai 2021. Son utilisation hors contexte, sans mention de la date ni de la source, constitue une désinformation visuelle. Ce type de pratique nuit à la rigueur journalistique et induit le public en erreur.

Pikine–Guédiawaye : près de 700 cas de tuberculose recensés entre janvier et juin 2025

La tuberculose continue de sévir dans la banlieue dakaroise, avec une intensité préoccupante. Près de 700 cas ont été officiellement recensés dans les districts sanitaires de Pikine et Guédiawaye au cours du premier semestre 2025. Ces données ont été révélées à l’occasion d’une visite de presse organisée par l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), en partenariat avec les autorités sanitaires locales.

Guédiawaye apparaît comme l’épicentre de cette recrudescence. Selon les chiffres publiés, 489 cas y ont été diagnostiqués entre janvier et juin. Ce total inclut 320 cas détectés au deuxième trimestre, auxquels s’ajoutent les 178 cas enregistrés au cours du premier trimestre, d’après le superviseur communautaire du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), Abdoulaye Diouf, et le médecin-chef du district, Dr Diop.

Malgré une baisse relative par rapport à l’année 2024 — où plus de 900 cas avaient été signalés, dont 670 formes bactériologiquement positives, les plus contagieuses —, le nombre actuel reste alarmant. Pour le Dr Diop, cette persistance de l’épidémie dans la zone s’explique par une combinaison de facteurs défavorables : la forte densité démographique, estimée à environ 32 000 habitants au kilomètre carré, la promiscuité dans les foyers, la précarité économique, ainsi que des freins culturels comme la stigmatisation des malades et un déficit d’information sur les moyens de prévention.

La situation à Pikine n’est guère plus rassurante. Le district y a enregistré 200 cas au deuxième trimestre, selon Ndèye Marie Diagne, infirmière au centre de santé Dominique et point focal tuberculose. Si les chiffres du premier trimestre ne sont pas encore disponibles, les acteurs de santé s’attendent à une tendance comparable à celle de Guédiawaye, tant les conditions de vie et les dynamiques communautaires dans ces deux zones sont similaires.

À ce jour, le cumul des cas de Guédiawaye (498) et de Pikine (200) donne un total provisoire de 698 cas dans la banlieue. Ce chiffre pourrait encore augmenter une fois les données consolidées. Face à cette situation, les autorités sanitaires insistent sur l’importance du dépistage précoce, du traitement gratuit et de la sensibilisation communautaire pour casser la chaîne de transmission de la maladie. En attendant, les populations restent vulnérables, et la vigilance demeure de mise.

Référé sur excès de pouvoir : le ministre de la Communication désavoué par la Cour suprême

Coup de théâtre dans l’affaire opposant le ministère de la Communication au média Public SN. La Cour suprême a ordonné ce jeudi la suspension de la notification de cessation de parution adressée au média dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Une décision symbolique et juridiquement lourde de conséquences.

L’information a été rendue publique par Me Abdou Dialy Kane, avocat de Public SN, qui a confirmé que le juge du référé a prononcé la suspension de l’arrêté ministériel contesté. La décision écrite du tribunal est attendue pour le début de la semaine prochaine, entre mardi et mercredi.

Un arrêté ministériel contesté et désormais suspendu

Pour rappel, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) avait pris, en avril dernier, un arrêté ordonnant la cessation de parution et de diffusion d’une dizaine de médias, jugés non conformes aux critères de reconnaissance officielle établis par ses services. L’acte, très critiqué, avait entraîné la fermeture immédiate de plusieurs entreprises de presse et le licenciement de dizaines de travailleurs.

Un premier recours en référé déposé par les avocats de Public SN avait été rejeté pour vice de forme. Cette fois, la requête fondée sur un excès de pouvoir a été jugée recevable. « Le droit a été dit », se félicite Me Kane.

Une victoire pour la liberté de la presse

La décision de la Cour suprême est interprétée comme un désaveu cinglant pour le ministère de la Communication, dont les actes – notamment les fameuses « listes officielles » de médias agréés – sont désormais frappés de caducité.

« C’est une victoire incontestable pour la liberté de la presse et pour l’État de droit », a réagi Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS). Il appelle les autorités à revoir en profondeur leur politique de régulation des médias et à privilégier le dialogue plutôt que la répression administrative.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°484 – 12/06/2025

🔴 NOUVELLE CARTOGRAPHIE DES PAYS À HAUT RISQUE DE BLANCHIMENT D’ARGENT ET DE FINANCEMENT DU TERRORISME : SÉNÉGAL « OUT », CÔTE D’IVOIRE « IN » !
🔴 BLOCAGE DE LA REVALORISATION STATUTAIRE DES GREFFIERS : DU « SABOTAGE INSTITUTIONNEL », SELON LE SYTJUST

🔴 LIGUE 1 / COURSE AU TITRE : GORÉE, JARAAF ET OUAKAM AU COUDE-À-COUDE
🔴 COUPE DU MONDE DES CLUBS 2025 / GROUPE D’ÉTUDE TECHNIQUE DE LA FIFA : ALIOU CISSÉ PARMI LES MEMBRES

Conseil des ministres : dix nouvelles nominations actées par le président Diomaye Faye

Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de dix nominations dans l’administration publique, couvrant plusieurs secteurs  de l’État. 

À la Primature
Mbaye Sène, médecin de formation, est nommé Secrétaire exécutif du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN), en remplacement du Dr Aminata Diop Ndoye.

Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens
Laurent Sina, consultant en management de la qualité, devient Directeur du Laboratoire national de référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (LNR-BTP). Il remplace Chérif Baldé.

Ministère des Finances et du Budget
Trois nouvelles nominations :

Souadou Dramé, économiste, est nommée Directrice de la Programmation budgétaire.

Serigne Cheikh Mbeguéré, conseiller en planification, est nommé Directeur de l’Ordonnancement des Dépenses publiques, en remplacement de Samba Fall.

Boubacar Camara, administrateur civil principal, prend les fonctions de Directeur de l’Administration et du Personnel à la Direction générale du Budget, succédant à Abdourakhmane Ba, admis à la retraite.

Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
Baba Tall, expert en logistique, est nommé Directeur du Consortium sénégalais d’activités maritimes (COSAMA), en remplacement du Commandant Mactar Fall.

Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines
Mbaye Sène, titulaire d’un master en comptabilité et finances, est désigné Président du Conseil d’administration de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), en remplacement de Mamadou Bamba Ndiaye.

Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
Serigne Ahmadou Bamba Sy, ingénieur centralien et expert en management de projets, est nommé Secrétaire général du ministère, en remplacement de Fatou Bintou Ndiaye.

Ministère de l’Industrie et du Commerce
Abasse Boubou Ndiaye, titulaire d’une licence en gestion de projets, devient Président du Conseil de surveillance de l’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT), succédant à Lakhbouss Diakhaté.

Ministère de l’Éducation nationale
Assane Sow, professeur d’enseignement secondaire, est nommé Directeur de l’Institut national d’Étude et d’Action pour le Développement (INEADE), en remplacement d’Alioune Badara Diop.

Carburant au Sénégal : Thierno Alassane Sall interroge le gouvernement sur le maintien de prix élevés malgré un contexte favorable

Le député Thierno Alassane Sall a soulevé un débat sensible en adressant une question écrite au ministre des Énergies, du Pétrole et des Mines, dénonçant le maintien de prix élevés du carburant à la pompe au Sénégal. Dans une correspondance diffusée sur ses réseaux sociaux, l’ancien ministre s’interroge sur l’absence de révision tarifaire, alors que les conditions économiques internationales et régionales militent clairement en faveur d’une baisse.

Entre le 10 juin 2024 et le 9 juin 2025, le cours du baril de Brent, référence mondiale du pétrole brut, a chuté de plus de 18 %, passant de 81,96 à 67,13 dollars. Dans le même temps, le franc CFA s’est renforcé face au dollar américain, avec un taux de change passant de 607,396 à 574,435 FCFA pour un dollar, soit une amélioration de 5,43 %. Deux facteurs qui, selon Thierno Alassane Sall, devraient mécaniquement entraîner une réduction du coût des importations de carburants.

Pourtant, sur le marché national, les prix à la pompe restent figés. Le litre de super est toujours vendu à 990 FCFA, un niveau qui place le Sénégal en tête des pays les plus chers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso affichent un tarif de 855 FCFA, le Mali 775 FCFA, et le Niger — pays enclavé en crise politique — seulement 540 FCFA. Ce différentiel de prix, qui atteint jusqu’à 45 % avec le Niger, interroge d’autant plus que les importations de carburants dans ces pays passent souvent par le port de Dakar.

Thierno Alassane Sall, également ancien ministre de l’Énergie, s’étonne qu’un pays devenu producteur d’hydrocarbures ne parvienne pas à en faire bénéficier ses citoyens à travers une baisse tangible des prix à la pompe. Il souligne que cette situation constitue une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà affectés par l’inflation, tout en affaiblissant la compétitivité des entreprises sénégalaises. Les secteurs du transport, de l’agriculture, de la pêche ou encore de la logistique, fortement dépendants du carburant, en subissent les conséquences au quotidien.

Le parlementaire invite le gouvernement à s’expliquer de manière transparente sur les critères de fixation des prix à la pompe. Il appelle également à une révision urgente de cette politique, à l’aune des réalités économiques actuelles et du nouveau statut énergétique du Sénégal, désormais producteur de pétrole et de gaz. Cette interpellation relance le débat sur la gouvernance des ressources naturelles et l’impact direct qu’elle devrait avoir sur le bien-être des populations.

Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe
Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe
Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 11 JUIN 2025


Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 11 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations aux communautés musulmane et chrétienne du Sénégal, suite au bon déroulement dans la communion et la solidarité de la fête de Tabaski et de la Pentecôte marquées par le succès de la 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine. Il a magnifié l’exemplarité du dialogue interreligieux au Sénégal et demandé au Gouvernement de mobiliser les moyens adéquats en vue d’accompagner au mieux la modernisation des sites religieux ainsi que l’exercice du culte sur l’étendue du territoire national. Il a informé le Conseil de sa décision d’instituer chaque année une rencontre nationale avec les Guides religieux et Chefs coutumiers.

La bonne préparation de la campagne agricole et l’intensification des efforts de promotion de la souveraineté alimentaire du Sénégal constituent une priorité de l’action gouvernementale.
Le Chef de l’Etat a salué toutes les mesures hardies prises par le Gouvernement, depuis l’année dernière, pour améliorer les conditions de préparation, de déroulement et d’encadrement des campagnes de production agricole. Au regard de l’intensification de la pluviométrie dans plusieurs zones éco-géographiques du pays, il a demandé au Gouvernement, notamment au Ministre en charge de l’Agriculture et au Ministre en charge des Finances, d’accélérer les modalités de mise à disposition des semences, engrais et matériels agricoles sur l’étendue du territoire national. Il a souligné la nécessité d’impliquer davantage et de renforcer le rôle des coopératives agricoles communautaires dans le processus de mise en place du dispositif relatif à la campagne de production agricole. Le Président de la République a réitéré que la montée en puissance du programme national de reconstitution du capital semencier passe par une forte implication de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA), organisme scientifique de premier plan, dont les ressources financières et humaines, ainsi que les moyens techniques d’action doivent être significativement renforcés. L’évaluation de l’organisation et du fonctionnement des services techniques de conseil et d’encadrement agricole dudit institut s’impose également.

Le Président de la République a indiqué au Gouvernement la nécessité de développer les formations professionnelles liées aux métiers agricoles et d’envisager le renforcement des lycées agricoles ou des centres de formation aux métiers de l’agriculture à l’image de l’Ecole nationale supérieure d’Agriculture, socle de la formation d’ingénieurs agricoles. Par ailleurs, il a rappelé au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, l’urgence de développer un programme spécial de renforcement des aménagements agricoles et d’actualiser les lettres de mission de la Société nationale d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), de la Société de Développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) et de la Société de Développement et des Fibres textiles (SODEFITEX), en vue d’une meilleure planification des productions rizicoles, céréalières, cotonnières et des spéculations à haute valeur en termes de commercialisation et de consommation. Il a invité le Gouvernement à accentuer les efforts de relance et d’extension des Domaines agricoles communautaires, mais aussi des Agropoles dont l’implémentation effective dans les sites dédiés doit faire l’objet d’un suivi dans le cadre du monitoring de l’Agenda national de Transformation. Le Chef de l’Etat a, dans le même sillage, invité le Gouvernement à accentuer l’implication et la mobilisation des jeunes dans le développement de l’agriculture et la promotion de la souveraineté alimentaire. A cet égard, il a indiqué au Gouvernement, notamment au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, au Ministre en charge de la Jeunesse et au Secrétaire d’Etat aux
Coopératives et de l’Encadrement paysan, la nécessité de prendre toutes les dispositions pour une bonne organisation, à Dakar, du 30 août au 05 septembre 2025, de la 19ème édition du Forum africain des systèmes alimentaires sous le thème « Jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires ».

Afin de soutenir la transformation durable du système agricole national, le Président de la République a informé le Conseil qu’il effectuera, les 12 et 13 juin 2025, une visite économique et de travail dans la région de Saint Louis, à la rencontre des producteurs et industriels du secteur. Dans la même lancée, il présidera, le 10 juillet 2025, le Conseil supérieur d’orientation agrosylvopastoral.

Le Sénégal est un pays doté de plus de 700 kilomètres de côtes ouvertes sur l’océan atlantique et d’un potentiel maritime exceptionnel. Le Chef de l’Etat a, à cet égard, rappelé au Gouvernement l’urgence de finaliser la nouvelle politique maritime du Sénégal en impliquant l’ensemble des acteurs publics, privés et des populations des zones concernées. Il a indiqué au Premier Ministre, la nécessité d’accentuer le suivi de toutes les infrastructures maritimes et portuaires en service, en cours de réalisation ou en projet avec des partenaires bien identifiés.
Il a également demandé au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre de la stratégie de promotion de l’attractivité et de la compétitivité des ports publics et privés du Sénégal et de définir un cadre renforcé d’évaluation des performances des infrastructures maritimes et portuaires nationales. Par ailleurs, il a souligné l’impératif de renforcer le dispositif de coordination de l’action de l’Etat en mer avec la réalisation urgente d’infrastructures spécialisées sous le contrôle de la Haute Autorité chargée de la Coordination de la Sécurité maritime, de la Sûreté et de la Protection de l’Environnement marin (HASSMAR). Le Président de la République a demandé au Gouvernement de poursuivre les concertations régulières avec les acteurs de la pêche artisanale et ceux de la pêche industrielle ainsi que les scientifiques et chercheurs, en vue d’une maitrise stratégique des zones de pêche, de nos ressources halieutiques et fonds marins, dans le respect des lois et règlements et des conventions internationales en la matière. Au regard de l’acuité de la problématique de la pêche dans la vie nationale et de l’importance des sujets relatifs aux océans, dans l’agenda international, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité d’assurer le suivi de l’ensemble des questions relatives à la mer et au développement de l’économie bleue au Sénégal.

Le tourisme demeure un secteur moteur de la relance économique et de la création d’emplois dans les sites et zones dédiés. Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre du Tourisme et de l’Artisanat de finaliser, sous la supervision du Premier Ministre, avec la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO), l’actualisation des programmes d’aménagement de nouvelles zones touristiques, en vue d’impulser la relance du secteur avec l’implication des professionnels, investisseurs et acteurs concernés. Il a rappelé, l’urgence de la tenue d’une réunion interministérielle sur le tourisme, pour asseoir la mise en œuvre maitrisée de l’agenda de développement du secteur touristique.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera, du 17 au 19 juin 2025 à New York, à la Conférence sur la Palestine et prendra part, le 22 juin 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO.
Evoquant la question du renforcement des capacités dans la gestion de la commande publique, Monsieur le Premier Ministre, après avoir souligné les constats alarmants relevés dans le cadre de la relecture des contrats et conventions, notamment les cas de surfacturation et de graves violations des règles de passation de marchés, a mis l’accent sur l’importance des marchés publics comme moyens d’exécution des missions de l’Etat. C’est ainsi que le Premier Ministre a insisté sur la nécessité d’une formation complète des acteurs à toutes les étapes de la commande publique avec un dispositif de suivi-évaluation des connaissances dispensées.
Le Premier Ministre a retenu que désormais l’exécution correcte des règles relatives à la commande publique, de façon efficace, dans la transparence et dans les délais requis, constitue un critère de performance pour toute entité publique et tout manager public. Le Premier Ministre a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement de proposer, en rapport avec la Direction centrale des Marchés publics (DCMP) et l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), des termes de référence pour une formation en matière de commande publique avec un programme pertinent tenant compte de la préoccupation des acteurs. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Finances et du Budget de prendre toutes les dispositions pour mobiliser les crédits nécessaires à la prise en charge de cette formation.
Abordant la gestion des urgences hospitalières, le Premier Ministre a rappelé que le gouvernement accorde une priorité élevée à l’accès des populations aux soins d’urgence de qualité dans toutes les structures de santé. Il a aussi insisté sur l’attention toute particulière à accorder à l’amélioration de la qualité des services d’accueil d’urgence afin de donner un visage plus humain à la prise en charge des personnes en détresse. Aussi, a-t-il invité le Ministre de la Santé et de l’Action sociale à renforcer le dispositif du SAMU national et à travailler en parfaite synergie avec la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers et les autres structures publiques et privées évoluant dans le secteur.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– Le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur le suivi de l’exécution des travaux engagés en perspective des Jeux olympiques de la Jeunesse (JoJ) Dakar 2026 ;

– Le Ministre de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation de production de semences de prébase de céréales et de légumineuses pour la campagne agricole 2025-2026.

AU TITRES DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre de la Primature
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un diplôme d’état en médecine, est nommé Secrétaire exécutif du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN) en remplacement de Dr Aminata DIOP NDOYE.
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens
– Monsieur Laurent SINA, Consultant en système de management de la qualité, est nommé Directeur du Laboratoire National de référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (LNR-BTP), en remplacement de Monsieur Chérif BALDE. Au titre du Ministère des Finances et du Budget
– Madame Souadou DRAME, Economiste, matricule de solde n°619 499/J est nommée Directeur de la Programmation budgétaire, poste vacant.

– Monsieur Serigne Cheikh MBEGUERE, Conseiller en Planification, matricule de solde n°603 378/E, est nommé Directeur de l’Ordonnancement des Dépenses publiques en remplacement de Monsieur Samba FALL appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Boubacar CAMARA, Administrateur civil principal, matricule n°616
278/H est nommé Directeur de l’Administration et du Personnel de la Direction générale
du Budget, en remplacement de Monsieur Abdourakhmane BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
– Monsieur Baba TALL, Expert en logistique, est nommé Directeur du Consortium sénégalais d’activités maritimes (COSAMA), en remplacement du Commandant Mactar FALL.
Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un master en comptabilité et finances, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), en remplacement de Monsieur Mamadou Bamba NDIAYE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
– Monsieur Serigne Ahmadou Bamba SY, Ingénieur centralien, Expert en management des projets est nommé Secrétaire général du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en remplacement de Madame Fatou Bintou NDIAYE.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
– Monsieur Abasse Boubou NDIAYE, titulaire d’une licence en gestion de projets, est nommé Président du Conseil de Surveillance de l’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT) en remplacement de Monsieur Lakhbouss DIAKHATE.
Au titre du Ministère de l’Education nationale
– Monsieur Assane SOW, Professeur d’Enseignement secondaire, matricule de solde 644
051/J est nommé de Directeur l’Institut national d’Étude et d’Action pour le Développement (INEADE) en remplacement de Monsieur Alioune Badara Diop.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Aliou Cissé : de la tanière des Lions aux coulisses de la FIFA

Aliou Cissé franchit un nouveau cap dans sa carrière d’homme de football. Après avoir dirigé pendant près d’une décennie l’équipe nationale du Sénégal, qu’il a menée au sacre continental en 2022, l’ancien capitaine des Lions va désormais observer le football mondial depuis les coulisses techniques de la FIFA. Il a été nommé membre du Groupe d’Étude Technique (TSG) de la FIFA, chargé d’analyser les matchs de la Coupe du monde des clubs 2025, qui se tiendra aux États-Unis du 15 juin au 13 juillet.

Ce groupe d’élite est présidé par Arsène Wenger, Directeur du développement du football mondial de la FIFA. Il réunit plusieurs personnalités reconnues du monde du ballon rond. Aux côtés d’Aliou Cissé, on retrouve notamment Esteban Cambiasso, Tobin Heath, Jürgen Klinsmann, Roberto Martínez, Gilberto Silva et Pascal Zuberbühler, responsable de la coordination technique du groupe.

Le TSG est chargé de suivre tous les matchs de la compétition afin d’identifier les grandes tendances tactiques, les innovations dans le jeu collectif ou individuel, ainsi que les évolutions des comportements techniques des joueurs et entraîneurs. Ce travail repose sur l’observation de terrain, mais aussi sur l’exploitation de données avancées fournies par les unités de performance de la FIFA. L’objectif est d’établir une analyse complète des dynamiques en cours dans le football de haut niveau.

Cette mission va bien au-delà d’un simple travail d’observation. Il s’agit de dégager des enseignements structurants pour la formation des entraîneurs, le développement de la détection des jeunes talents et la réflexion sur l’évolution du football global. C’est un travail d’influence, souvent discret, mais déterminant dans les orientations prises par la FIFA pour faire évoluer les pratiques.

Pour Aliou Cissé, cette nomination représente une consécration personnelle, mais aussi une reconnaissance du savoir-faire sénégalais sur la scène internationale. Celui qui fut l’un des premiers capitaines africains à mener son pays en finale de Coupe d’Afrique, et qui a ensuite marqué l’histoire en tant qu’entraîneur, accède à un espace stratégique rare, réservé à des figures expérimentées et influentes du football mondial.

Alors qu’il poursuit également sa mission de sélectionneur avec l’équipe nationale de Libye, cette participation au TSG de la FIFA lui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’analyse du jeu, de formation et d’influence technique. C’est aussi un symbole fort pour le continent africain : la voix de l’Afrique s’invite désormais dans les espaces où se pense le football de demain.

Le temps de la vérité budgétaire : pour une Loi de Finances Rectificative (LFR) avant le 30 juin

Le 21 mai 2025, lors du Conseil des ministres, le Président de la République a annoncé la présentation d’une nouvelle stratégie économique, budgétaire et financière de l’État, attendue avant la fin juin, à l’occasion du débat d’orientation budgétaire (DOB).

Cette annonce pourrait susciter l’adhésion si elle n’était pas fondée sur une base budgétaire profondément compromise, reconnue comme telle par les autorités elles-mêmes.

La Loi de Finances Initiale 2025 (LFI 2025), adoptée en décembre 2024, s’appuie, conformément à la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF n°2020-07 du 26 février 2020), sur les données de l’année n–1 c’est-à-dire 2023.

Cependant, ces données ont été dénoncées comme falsifiées dès septembre 2024 par le Premier ministre, qui évoquait une manipulation systématique des chiffres macroéconomiques et budgétaires hérités de l’ancien régime.

Ces accusations ont été appuyées par la Cour des comptes en février 2025, qui a révélé un encours de dette de 18 558,91 milliards FCFA au 31 décembre 2023, représentant 99,67 % du PIB, soit un niveau très supérieur aux chiffres précédemment communiqués.

Le Rapport économique, social et financier (RESF) annexé à la LFI 2025, publié en octobre 2024, repose essentiellement sur des projections pour 2024 et 2025. Toutefois, il ne mentionne aucune révision des données de 2023 ni leur exclusion explicite.

En vertu de l’article 11 de la LOLF, la sincérité budgétaire impose que les résultats de l’année n–1 soient fiables et transparents. Les prévisions budgétaires doivent être sincères, réalistes et prudentes sur la base des informations disponibles.

Le maintien d’une LFI fondée implicitement sur des données contestées constitue donc une entorse manifeste à ce principe fondamental.

Plus encore, l’article 47 de la LOLF impose explicitement au gouvernement de déposer une Loi de Finances Rectificative (LFR) en cours d’année si les équilibres initiaux sont bouleversés, si les recettes s’écartent sensiblement ou si des mesures réglementaires modifient l’exécution budgétaire.

Il se trouve, depuis février 2025, que la falsification des comptes de 2023 est reconnue par la cours des comptes, l’ampleur de la dette est officiellement documentée et des écarts majeurs ont été identifiés dans les engagements financiers. 

Toutes les conditions exigées par l’article 47 sont réunies.

Malgré cela, aucune LFR n’a encore été officiellement adoptée à ce jour. Lors du dernier conseil des ministres début juin, seule une note de cadrage a été mentionnée. L’introduction formelle du projet de LFR se fait donc attendre, alors même que cette initiative aurait dû intervenir bien plus tôt.

Il est impératif, pour respecter les principes de sincérité budgétaire et d’équilibre financier, que le gouvernement introduise cette LFR avant le 30 juin, avant le débat d’orientation budgétaire et la présentation de la nouvelle stratégie économique, budgétaire et financière de l’Etat annoncé par le Président de de la République. 

En l’absence de LFR, le Sénégal s’expose à une perte de crédibilité auprès de ses partenaires techniques et financiers, à une défiance accrue du secteur privé et à une rupture du contrat démocratique avec le peuple.

Organiser un DOB sans avoir corrigé les fondations de la LFI 2025 revient à projeter l’avenir sur une fiction budgétaire.

Ce défaut de sincérité n’est malheureusement pas isolé. Il s’inscrit dans un contexte plus large de manquements à la transparence budgétaire, notamment l’absence de publication des rapports trimestriels d’exécution pour plusieurs périodes, l’absence de traçabilité sur les 150 milliards FCFA annoncés comme récupérés lors de renégociations de contrats publics et l’opacité autour des flux pétroliers et gaziers, notamment sur le champ de Sangomar, sans rapport public détaillé sur leur affectation.

Ces lacunes fragilisent l’édifice institutionnel et vont à l’encontre des principes de bonne gouvernance, de justice fiscale, et de redevabilité.

Une Loi de Finances Rectificative est indispensable pour rétablir la sincérité budgétaire, restaurer la confiance des partenaires et permettre un débat d’orientation sur des bases réelles.

La réforme annoncée ne peut se construire sur une illusion comptable.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Arrestation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une dérive autoritaire

La détention de Moustapha Diakhaté pour offense au chef de l’État continue d’alimenter la controverse au Sénégal. L’ancien parlementaire, interpellé après avoir qualifié le protocole présidentiel de « Gougnafier », a reçu le soutien appuyé de Thierno Bocoum, président du mouvement Agir – Alliance générationnelle pour les intérêts de la République.

Réagissant sur les réseaux sociaux à la même photo qui a valu à Diakhaté ses démêlés judiciaires, Thierno Bocoum a critiqué avec virulence l’attitude des autorités. « Donc, selon nos apprentis dictateurs, il faudrait admirer les sourires et se taire ? », a-t-il lancé avec une pointe d’ironie, dénonçant ce qu’il perçoit comme une intolérance croissante à la critique dans l’espace public sénégalais.

L’opposant a poursuivi en interrogeant la légitimité des poursuites : « Une photo ne doit susciter que des éloges, jamais de réflexion ? ». À travers ce commentaire, il fustige une gouvernance qu’il juge obsédée par le contrôle de l’image présidentielle au détriment de la liberté d’expression.

Dans un ton plus direct, Thierno Bocoum a exigé la remise en liberté immédiate de l’ancien député. « Libérez Moustapha Diakhaté et cessez de vous ridiculiser », a-t-il écrit, estimant que l’emprisonnement pour des propos critiques n’a pas sa place dans une démocratie.

Il a conclu par une critique cinglante du pouvoir en place : « Vous êtes censés diriger un pays, pas fuir la critique ». Une déclaration qui s’inscrit dans une vague plus large d’indignation portée par plusieurs voix politiques et de la société civile, appelant à une révision du délit d’offense au chef de l’État, considéré par beaucoup comme un outil de musellement.

Blocage de la revalorisation statutaire des greffiers : le Sytjust dénonce une « fraude administrative »

Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (Sytjust) hausse le ton face au blocage persistant de la revalorisation statutaire des greffiers et des assistants de greffe et de parquet. En conférence de presse, Me Aya Boun Malick Diop, Secrétaire général du Sytjust, a dénoncé ce qu’il qualifie de « fraude administrative » et de « sabotage institutionnel inadmissible ».

Selon Me Diop, le blocage remonte à 2018, année au cours de laquelle deux décrets avaient été validés en Conseil des ministres pour revaloriser le statut des greffiers. Toutefois, ces textes auraient ensuite été « remplacés en catimini », sans le consentement du président de la République, par d’autres décrets introduisant des conditions nouvelles qui n’étaient ni prévues ni discutées. Pour le syndicaliste, cette manœuvre constitue une grave entorse à la légalité administrative.

« C’est une substitution illégale de décret par des textes frauduleux. Deux décrets ont été signés à l’insu du chef de l’État, introduisant des dispositions contraires à celles initialement arrêtées », a-t-il affirmé. Il pointe du doigt un groupe de juristes au sein de la fonction publique, accusés de bloquer toute tentative de correction à travers des « avis juridiques sans aucune base légale ».

Me Diop évoque une trahison manifeste de la parole de l’État. Il appelle à une réaction forte du chef de l’État, garant des institutions, face à ce qu’il considère comme une dérive grave : « Le président de la République ne saurait rester silencieux. Ce que réclame le Sytjust, c’est simplement le respect d’une décision gouvernementale. »

Face à ce blocage qui dure depuis six ans, le Sytjust en appelle à la « loyauté républicaine » et au respect de l’État de droit. Le syndicat exige la mise en œuvre immédiate des décrets originaux et entend maintenir la pression jusqu’à la réparation complète de ce qu’il considère comme une injustice administrative.

Seydi Gassama réclame la suppression du délit d’offense au chef de l’État

L’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et ex-député, pour offense au chef de l’État continue de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, s’est particulièrement démarquée. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), le défenseur des droits humains a lancé un appel vigoureux à l’abrogation de l’article 254 du Code pénal sénégalais, qui réprime ce qu’on appelle le « délit d’offense au chef de l’État ».

Pour Seydi Gassama, cette infraction relève d’un autre temps. Il la considère comme une atteinte à la liberté d’expression, incompatible avec les standards démocratiques modernes. « Le délit d’offense au chef de l’État (art. 254 du code pénal) doit être supprimé », a-t-il martelé, dénonçant une disposition qu’il juge à la fois archaïque et dangereuse pour la libre critique du pouvoir exécutif.

Plutôt que de maintenir ce régime d’exception, le militant propose une alternative inspirée du droit commun. « Le Président de la République pourra porter plainte s’il estime être diffamé, injurié ou outragé », a-t-il suggéré, estimant que les règles générales du droit pénal suffisent à protéger l’honneur du chef de l’État, comme tout autre citoyen.

Mais au-delà du principe même de cette infraction, Seydi Gassama s’inquiète également des peines encourues. « Les peines de prison pour ces infractions sont disproportionnées et doivent être abandonnées », a-t-il affirmé, s’opposant fermement à l’incarcération pour des délits d’opinion.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une crispation autour des libertés publiques, alors que l’affaire Moustapha Diakhaté est perçue par certains comme une tentative d’intimidation politique. L’ancien député, qui devra comparaître en flagrant délit le 18 juin prochain, est poursuivi pour avoir critiqué ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain par le président de la République.

Le débat relancé par Seydi Gassama pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre respect des institutions et liberté d’expression dans un État démocratique. Reste à savoir si les autorités sénégalaises saisiront cette occasion pour engager une réforme de la législation pénale dans un sens plus protecteur des droits fondamentaux.

Procès en diffamation contre Vicas et Delta : Dr Cheikh Dieng obtient la réouverture du dossier

Le procès opposant Dr Cheikh Dieng, ancien Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), aux entreprises Vicas et Delta connaît un nouveau rebondissement. Initialement jugé par défaut, Dr Dieng a obtenu du tribunal correctionnel de Dakar le report du délibéré qui était prévu le 28 mai 2025. Le dossier sera rouvert, et les débats reprendront le mardi 25 juin, offrant ainsi à l’ex-responsable public la possibilité de présenter sa défense.

À l’origine de ce contentieux, des accusations de diffamation et de propagation de fausses nouvelles formulées contre Dr Dieng, après des déclarations publiques visant les entreprises Vicas et Delta. Selon les informations rapportées ce mercredi par le journal Les Échos, le prévenu entend faire de cette nouvelle audience une tribune pour détailler les raisons qui l’ont poussé à s’exprimer publiquement sur ce qu’il considère comme des dérives graves dans la gestion des marchés de l’ONAS.

Dr Cheikh Dieng affirme que ses accusations sont fondées et s’inscrivent dans une logique de transparence. Il soutient que les sociétés plaignantes sont en réalité des instruments manipulés par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, qu’il accuse d’être à la manœuvre dans ce qu’il qualifie de « prédation organisée ». Il évoque un audit qui aurait mis en lumière des irrégularités financières d’un montant de 440 milliards de FCFA, document qui pourrait constituer un élément central de sa stratégie de défense.

Lors de la dernière audience, à laquelle il n’avait pas assisté, la partie civile avait demandé la condamnation de l’ancien directeur général à verser 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. Les avocats de Vicas et Delta avaient aussi sollicité la publication du jugement dans plusieurs organes de presse à titre de réparation morale. Le parquet, pour sa part, avait requis l’application stricte de la loi pénale à l’encontre de Dr Dieng.

La réouverture du procès intervient donc dans un contexte tendu, où les enjeux économiques se mêlent à des rivalités politiques. L’audience du 25 juin prochain s’annonce cruciale. Elle pourrait marquer un tournant dans cette affaire qui, au-delà du contentieux judiciaire, met en lumière des pratiques opaques dans la gestion de certains marchés publics au Sénégal.

Retour des pèlerins sénégalais du Hajj 2025 : les premiers vols attendus ce mercredi

Le Hajj 2025 touche à sa fin, marquant la clôture d’un moment spirituel fort pour des milliers de fidèles musulmans sénégalais ayant accompli les rites sacrés en Arabie Saoudite. Le retour des pèlerins vers le Sénégal débute ce mercredi 11 juin avec l’arrivée des premiers vols, selon les autorités religieuses et aéroportuaires mobilisées pour l’occasion.

Après plusieurs semaines passées à La Mecque et dans les lieux saints de l’Islam, les pèlerins sénégalais s’apprêtent à retrouver leur pays. C’est ce mercredi que les premiers « Oudiadji », pèlerins transportés par les compagnies privées, fouleront de nouveau le sol national, comme l’a confirmé Mohamed Mansour Ndiaye, Délégué général adjoint au pèlerinage.

Pour assurer un retour sécurisé, digne et sans encombre, la Délégation générale au pèlerinage a mis en place un dispositif d’accompagnement renforcé. Celui-ci inclut la gestion des formalités aéroportuaires, l’encadrement des passagers aux différentes étapes de transit, ainsi que la prise en charge sanitaire des personnes âgées et des pèlerins à mobilité réduite.

Ce retour progressif s’effectuera en plusieurs vagues afin de garantir une meilleure fluidité dans l’accueil et l’orientation des pèlerins. Des équipes médicales et logistiques sont mobilisées dans les principaux aéroports du pays pour veiller à la santé et au confort des voyageurs, souvent éprouvés par les conditions climatiques et l’intensité du Hajj.

La Délégation générale a également rappelé que des dispositions ont été prises en amont avec les compagnies aériennes pour éviter les retards et les désagréments constatés lors des éditions précédentes. L’objectif affiché reste clair : assurer un retour apaisé et sécurisé, dans la continuité de l’organisation générale qui a marqué cette édition 2025 du Hajj.

Alors que le pays s’apprête à accueillir ses pèlerins avec émotion et reconnaissance, les familles, elles, se tiennent prêtes à célébrer ces retrouvailles empreintes de foi et de gratitude.

Contentieux autour de Greentech Sénégal : la maison-mère française poursuit sa filiale et sa présidente Hapsatou Sy

Une bataille judiciaire inédite oppose la société française Greentech SA à sa filiale sénégalaise, Greentech Sénégal SA, et à sa présidente Hapsatou Sy. Le différend, déjà porté devant le tribunal de commerce de Dakar, a été évoqué pour la première fois le 2 juin 2025 avant d’être renvoyé au 23 juin pour un examen plus approfondi du dossier.

À l’origine de cette affaire, un partenariat initié en 2021 entre l’entrepreneure franco-sénégalaise Hapsatou Sy et Jean-Yves Berthon, administrateur de Greentech SA. Cette collaboration s’est concrétisée par la création officielle de la société Greentech Sénégal SA le 24 juin 2022. Dans le pacte capitalistique établi à la naissance de l’entreprise, la maison-mère française détenait 72 % des parts contre 24 % pour Hapsatou Sy, qui assurait également la présidence de la filiale.

Greentech SA affirme avoir injecté un montant de 1,72 million d’euros, soit environ 1,13 milliard de francs CFA, pour permettre à la filiale sénégalaise de lancer ses activités. Selon les déclarations de la société française, ces fonds devaient couvrir l’installation des infrastructures administratives et techniques, l’achat de matières premières, l’acquisition d’un terrain à Diamniadio destiné à accueillir une usine, ainsi que des études de marché et des programmes de formation.

Cependant, près de deux ans après la mise en place de la filiale, les activités sont à l’arrêt complet. Le projet d’usine, élément central de l’ambition industrielle à Diamniadio, n’a jamais vu le jour. Un document officiel daté du 7 janvier 2025 révèle que le terrain supposé accueillir l’infrastructure est toujours sous la propriété de la Direction générale du patrimoine de l’État, jetant ainsi le doute sur la réalité des démarches engagées et sur l’utilisation effective des ressources financières mobilisées.

La société mère, s’estimant lésée, pointe du doigt un manque total de transparence dans la gestion de la filiale. Elle affirme avoir débloqué en plus 353 000 euros, soit environ 231,5 millions de francs CFA, pour couvrir des frais liés au foncier et à des études architecturales. Malgré cela, Greentech SA dit n’avoir jamais pu accéder aux comptes ni obtenir de justificatifs fiables sur l’emploi des fonds. C’est pourquoi elle réclame aujourd’hui la désignation d’un expert judiciaire indépendant chargé de vérifier l’utilisation des ressources investies.

Face à ces accusations, Hapsatou Sy rejette en bloc les reproches de la maison-mère. Elle accuse à son tour Jean-Yves Berthon d’avoir volontairement saboté le projet et abandonné les employés sénégalais, laissant l’entreprise dans une impasse totale. Pour elle, la responsabilité du blocage incombe à la partie française.

Le litige, qui illustre les tensions parfois vives dans les partenariats économiques internationaux, sera de nouveau au cœur des débats judiciaires le 23 juin prochain devant le tribunal de commerce de Dakar. L’issue de ce bras de fer financier pourrait bien influencer d’autres initiatives d’investissement entre sociétés européennes et partenaires africains.

Moustapha Diakhaté placé sous mandat de dépôt : un procès pour offense au chef de l’État prévu le 18 juin

L’ancien ministre-conseiller et ex-député Moustapha Diakhaté a été officiellement placé sous mandat de dépôt ce mardi, à la suite d’une procédure engagée contre lui pour offense au chef de l’État. L’information a été rendue publique ce mercredi 11 juin 2025 par son avocat, Me El Hadji Diouf, au cours d’un point de presse organisé à Dakar.

Selon les explications fournies par la défense, l’ancien parlementaire est poursuivi pour des propos tenus récemment sur les réseaux sociaux et dans certains médias, dans lesquels il critiquait une prétendue entorse au protocole républicain lors d’un événement officiel présidé par le chef de l’État. Ces déclarations, considérées par les autorités comme outrageantes, ont suffi à enclencher une procédure judiciaire rapide, qui a conduit à sa convocation par la Division des investigations criminelles (DIC).

Après sa convocation, Moustapha Diakhaté a été placé en garde à vue le mardi 10 juin, avant d’être présenté au parquet et placé sous mandat de dépôt. Il devra ainsi comparaître en flagrant délit devant le tribunal de Dakar le mercredi 18 juin 2025. Ce procès, prévu dans les délais les plus brefs, suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques, médiatiques et juridiques.

Pour Me El Hadji Diouf, cette procédure repose sur une interprétation abusive de la loi relative à l’offense au chef de l’État. Il affirme que son client n’a fait qu’user de son droit à la liberté d’expression pour alerter sur un manquement aux principes républicains. « Il est accusé d’offense au chef de l’État pour avoir dénoncé publiquement ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain. C’est une procédure vide, une tentative manifeste d’intimidation contre la liberté d’expression dans la République », a martelé l’avocat.

Ce dossier relance une fois de plus le débat sur la place de la critique politique dans l’espace public sénégalais. La mise en détention d’une figure aussi connue du landerneau politique, pour des propos tenus dans le cadre d’un débat public, interroge sur la capacité de la justice à rester indépendante face aux pressions politiques. Elle soulève également la question de la pertinence et de la portée de l’infraction d’« offense au chef de l’État », souvent brandie contre des personnalités critiques du pouvoir en place.

Moustapha Diakhaté, ancien collaborateur du président Macky Sall, devenu par la suite l’un de ses détracteurs les plus virulents, n’est pas à son premier différend avec les autorités. Connu pour ses prises de position tranchées, il s’est régulièrement exprimé sur les dérives institutionnelles qu’il attribue au régime actuel, notamment en matière de gouvernance, de libertés publiques et de respect des principes républicains.

Le procès prévu le 18 juin sera donc suivi avec une attention particulière, tant par les observateurs politiques que par les défenseurs des droits humains. Il constituera un test majeur pour l’indépendance du pouvoir judiciaire, mais aussi pour l’avenir du débat démocratique au Sénégal.

Affaire Samuel Amète Sarr : Une requête pour annuler le renvoi en correctionnelle secoue le dossier West African Energy

Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant Samuel Amète Sarr, Directeur général de la société West African Energy (WAE), à Moustapha Ndiaye, ancien président du Conseil d’administration de la société. Les avocats de M. Sarr ont saisi la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar d’une requête aux fins d’annulation de l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle rendue le 2 juin dernier.

Cette procédure fait suite à une longue instruction ouverte pour des faits présumés d’abus de biens sociaux, sur dénonciation de Moustapha Ndiaye, actionnaire évincé de la société. Le dossier, particulièrement sensible en raison des enjeux énergétiques et financiers qu’il implique — notamment la mise en service récente d’une centrale électrique d’un coût de 283 milliards FCFA — est désormais au cœur d’un débat juridique intense sur le respect des droits de la défense.
Selon la requête déposée par les conseils de M. Sarr, les droits de la défense ont été « gravement violés » au cours de l’instruction. L’ordonnance de clôture, prise le 16 mai 2025, n’aurait pas respecté les délais légaux de communication du dossier aux avocats de la défense, comme le prévoit l’article 169 du Code de procédure pénale. Les conseils n’auraient reçu les récépissés de mise à disposition du dossier que le 19 mai, soit après la transmission du dossier au parquet.
Autre manquement invoqué : l’absence d’avis adressé à l’inculpé détenu, comme l’exige l’article 177 in fine du même code. Samuel Amète Sarr, incarcéré au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, n’aurait jamais été informé formellement de la clôture de l’instruction.
Les avocats du dirigeant contestent également la base factuelle de l’ordonnance de renvoi. Ils reprochent au juge d’instruction d’avoir fondé ses conclusions sur un rapport du cabinet Mazars, obtenu dans le cadre d’une « procédure convenue » à l’initiative du plaignant, sans validation de la société WAE. Ce type de rapport, selon les textes comptables et juridiques, n’a pas valeur d’audit ni de vérification indépendante.
À l’inverse, une expertise judiciaire commandée par le juge lui-même — et menée par l’expert Alioune Touré — aurait conclu à l’absence de tout préjudice financier pour la société. Ledit rapport relève même que M. Sarr, principal développeur du projet de centrale, n’a jamais perçu de salaire alors qu’une rémunération de 10 millions FCFA par mois était prévue.
Estimant que le magistrat instructeur a « instruit exclusivement à charge », les avocats demandent non seulement l’annulation de l’ordonnance de clôture et du renvoi, mais aussi que la Chambre d’accusation évoque l’affaire et ordonne un supplément d’information.
Une telle démarche, encadrée par l’article 199 alinéa 3 du Code de procédure pénale, permettrait selon eux de restaurer l’équilibre procédural dans un dossier où les enjeux judiciaires se croisent avec des intérêts économiques majeurs : la centrale construite par WAE, d’une capacité de 366 mégawatts, injecte déjà 127 MW dans le réseau de la SENELEC depuis le 5 mai 2025.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°483 – 11/06/2025

🔴 REQUÊTE AUX FINS D’ANNULATION D’UNE ORDONNANCE DE RENVOI EN POLICE CORRECTIONNELLE ET D’ÉVOCATION : LES AVOCATS CONTESTENT
🔴 HAUSSE DE 0,3% DE L’INDICE HARMONISÉ DES PRIX À LA CONSOMMATION : UNE INFLATION MAÎTRISÉE !

🔴 MATCH AMICAL SÉNÉGAL VS ANGLETERRE : VICTOIRE ÉCLATANTE DES « LIONS » (3-1)

Le Sénégal renverse l’Angleterre à Nottingham (1-3) : Les Lions ont parlé anglais… et imposé leur loi

Le Sénégal a réussi une prestation de haut vol en s’imposant 3-1 face à l’Angleterre lors d’un match amical international disputé au City Ground de Nottingham. Menés en début de rencontre, les Lions de la Téranga ont su renverser la situation avec sang-froid et lucidité, illustrant à la fois leur caractère et leur maturité collective.

Dès le coup d’envoi, l’Angleterre impose un pressing haut et une forte intensité. Cela porte ses fruits dès la 7e minute de jeu, lorsque Harry Kane, bien placé dans la surface, profite d’un bon service axial pour ouvrir le score. Le but réveille les Lions, qui refusent de céder à la panique. Progressivement, ils retrouvent leurs repères, améliorent leur circulation de balle et gagnent en agressivité dans les duels. Pape Thiaw, le nouveau sélectionneur, voit son équipe prendre confiance au fil des minutes.

À la 40e minute, le Sénégal est justement récompensé. Idrissa Gana Gueye, maître à jouer au milieu de terrain, adresse un centre précis dans la surface anglaise. Nicolas Jackson se bat dans l’axe pour dévier le ballon vers Ismaïla Sarr, qui conclut d’un tir maîtrisé. L’égalisation redonne de l’élan à l’équipe sénégalaise, qui rentre aux vestiaires sur un score de parité, parfaitement mérité.

La seconde période est abordée avec ambition par les Lions, qui haussent encore le rythme. À la 61e minute, Kalidou Koulibaly, capitaine exemplaire, délivre une passe millimétrée dans la profondeur à Habib Diarra. Le jeune milieu offensif ajuste parfaitement Jordan Henderson et permet au Sénégal de prendre l’avantage. S’en suit une période délicate où l’Angleterre tente de revenir. Edouard Mendy, solide dans les buts, rassure les siens avec deux arrêts de grande classe face à des tentatives adverses.

Pour sécuriser le score, Pape Thiaw procède à plusieurs changements tactiques. Les entrées de Pape Gueye, Cheikh Tidiane Sabaly et Boulaye Dia apportent de la fraîcheur et renforcent l’équilibre défensif. L’Angleterre pense avoir trouvé la faille à la 86e minute, mais l’arbitre, après consultation de la VAR, annule le but pour une main de Levi Colwill.

Alors que le match semble se terminer sur une courte victoire, le Sénégal lance une contre-attaque fulgurante dans le temps additionnel. Cheikh Tidiane Sabaly, parfaitement servi dans la surface, conclut d’un tir précis à la 90e+3 minute, scellant définitivement le sort de la rencontre. Le score final de 3-1 consacre une victoire de prestige pour les Lions de la Téranga.

Ce succès face à une sélection anglaise largement composée de titulaires confirme le potentiel de l’équipe sénégalaise. Au-delà de la performance sportive, cette victoire symbolise une montée en puissance tactique et mentale. Les choix du sélectionneur Pape Thiaw, qui a su allier expérience et jeunesse, semblent porter leurs fruits. Le Sénégal envoie un message fort à ses futurs adversaires : il faudra compter sur lui.

Thierno Alassane Sall dénonce une « traque politique » et critique les reniements de Pastef

Dans une récente publication sur le réseau social X, Thierno Alassane Sall, député et président du parti La République des Valeurs, a vivement dénoncé la gestion sécuritaire et judiciaire du régime actuel. Selon lui, au lieu de répondre aux préoccupations majeures des citoyens, notamment en matière d’insécurité, le pouvoir préfère s’acharner sur les opposants politiques.

« L’insécurité est la hantise des populations, les braquages se multiplient, mais le pouvoir s’illustre dans la traque de celles et ceux qui ne pensent pas comme lui », écrit-il avec amertume. Thierno Alassane Sall dénonce une instrumentalisation flagrante de la justice et des institutions répressives, évoquant une année marquée par un nombre record de convocations et d’emprisonnements pour des propos qualifiés d’offensants. Il souligne l’ironie de la situation, venant d’un groupe politique — allusion claire à Pastef — qui s’est lui-même illustré par l’insulte, la calomnie et l’intimidation comme armes politiques, ce qui selon lui « frise le ridicule ».

L’élu n’épargne pas Pastef, dont il critique les contradictions et les reniements. Le parti, qui avait promis la suppression du délit d’offense au chef de l’État, est selon lui loin d’avoir tenu cet engagement. Pire encore, Thierno Alassane Sall reproche à Pastef et à ses députés d’avoir justifié l’amnistie de présumés criminels liés à des événements violents en invoquant les libertés publiques, tout en se montrant eux-mêmes très intolérants à toute critique ne flattant pas leur position.

Pour conclure, il affirme que Moustapha Diakhaté, récemment convoqué et placé en garde à vue, s’ajoute à la liste des « prisonniers politiques », illustrant selon lui l’usage abusif de la justice pour réprimer l’opposition et museler la liberté d’expression dans le pays.

Convocation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une « violation flagrante de la Constitution sénégalaise »

La convocation de Moustapha Diakhaté par la Division des investigations criminelles (DIC) continue de susciter une vague d’indignation dans la classe politique sénégalaise. Thierno Bocoum, président du mouvement Agir et ancien député, a vivement réagi sur sa page Facebook, dénonçant une « violation flagrante de la Constitution » et une atteinte grave à la liberté d’expression au Sénégal.

Dans une publication virulente, l’opposant a souligné que cette convocation marque un tournant inquiétant pour le régime en place. Selon lui, elle ne s’inscrit pas dans une simple démarche administrative, mais révèle une volonté manifeste de réprimer les opinions divergentes. Bocoum invoque explicitement la Constitution sénégalaise, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (article 9), ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 19), pour rappeler que la liberté d’expression est un droit fondamental garanti tant par le droit national que par les conventions internationales auxquelles le Sénégal est partie.

Il estime que rien, dans une République digne de ce nom, ne justifie qu’un citoyen soit inquiété pour avoir exprimé ses opinions, aussi critiques soient-elles, dès lors qu’elles ne constituent pas des appels à la haine ou à la violence. Pour lui, l’État sénégalais répond désormais aux critiques non pas par des réformes, mais par l’intimidation et la répression.

Thierno Bocoum n’a pas épargné le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’avoir renié les principes qu’il incarnait autrefois. « Le Premier ministre, au lieu d’incarner une rupture avec les dérives du passé, s’est tristement mué en effaceur d’opinions, en l’assumant devant l’hémicycle, là où le pays attendait de lui un bâtisseur d’avenir », écrit-il.

Dans une formule lourde de sens, l’opposant affirme que ce n’est pas Moustapha Diakhaté qui est véritablement visé, mais bien la liberté d’expression dans son ensemble. Il accuse le pouvoir de faire preuve de nervosité, de fébrilité, et d’instrumentaliser les institutions judiciaires pour « traquer les mots, surveiller les esprits et réprimer la pensée ». Selon lui, la justice ne doit jamais être utilisée comme un outil politique, mais rester garante des droits et des libertés fondamentales.

La publication se conclut sur un appel clair : « Relâchez Moustapha Diakhaté et l’ensemble des détenus politiques injustement pris en otage… ». Une déclaration qui vient s’ajouter aux nombreuses voix qui réclament une justice indépendante et respectueuse des droits civils au Sénégal, dans un climat politique de plus en plus tendu.

Affaire ANAMO : Maodo Malick Mbaye dément toute arrestation et confirme sa convocation du 23 juin

Maodo Malick Mbaye, ancien Directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), a formellement démenti l’information selon laquelle il aurait été arrêté à Thiès puis relâché. Cette rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux et reprise par certains organes de presse, est qualifiée de « totalement fausse » par l’intéressé lui-même.

Dans une déclaration intitulée « De Rabat, une volonté manifeste de répondre à la justice sénégalaise », M. Mbaye a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité. Il y explique qu’avant même de quitter Rabat, au Maroc, où il dit avoir des engagements internationaux, il a pris l’initiative de se signaler volontairement auprès du greffe du juge d’instruction du 3ᵉ cabinet du Pool Judiciaire Financier (PJF), dans le cadre de l’enquête portant sur sa gestion à la tête de l’ANAMO.

Il précise que l’enquête en question a été ouverte durant son absence du territoire national et qu’il a tenu à montrer sa disponibilité en informant officiellement la justice de son retour prochain à Dakar. « Contrairement aux fausses informations évoquant mon arrestation à Thiès, je tiens à informer que je me suis volontairement signalé au Greffe du juge d’instruction pour manifester ma disponibilité d’être entendu une fois à Dakar », a-t-il écrit.

Maodo Malick Mbaye a également justifié les raisons de son retour au Sénégal. Selon lui, il s’agit d’une part de répondre à une convocation judiciaire fixée au lundi 23 juin 2025 à 11h, et d’autre part de passer la fête de la Tabaski auprès de sa famille.

L’ancien responsable de l’ANAMO affirme par ailleurs être pleinement disposé à ce que toute la lumière soit faite sur les faits qui lui sont reprochés. Il se dit serein et confiant dans le processus judiciaire en cours, réaffirmant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice sénégalaise.

Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures engagées par le Pool judiciaire financier visant plusieurs anciens dignitaires de l’ancien régime, dans le cadre de la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques.

Santé : And Gueusseum déclenche son premier plan d’action ce vendredi

L’Alliance des syndicats autonomes de la Santé (Asas/And Gueusseum) a décidé de passer à l’offensive dans le bras de fer qui l’oppose au gouvernement. Dans un communiqué transmis à la presse, le collectif syndical annonce la mise en œuvre de son premier plan d’action à compter de ce vendredi 13 juin 2025. Cette journée marquera le début d’une série d’activités symboliques et de mobilisation syndicale, sur fond de désaccord persistant avec le ministère de la Fonction publique.

Le vendredi matin, une cérémonie de prières et de recueillement est prévue au cimetière musulman de Yoff, à Dakar, en hommage à Sidya Ndiaye, figure historique du mouvement syndical dans le secteur de la santé et membre fondateur d’And Gueusseum. Cette première étape se veut à la fois un moment de mémoire et une source de motivation pour les militants du syndicat.

Parallèlement, des assemblées seront tenues dans plusieurs régions du pays. Ces rencontres visent à informer les bases syndicales sur l’état des négociations avec les autorités et à renforcer la cohésion autour des revendications portées par la coalition. Ces mobilisations régionales s’inscrivent dans une logique d’alerte sociale, sans pour autant perturber immédiatement le fonctionnement des structures sanitaires.

Dans l’après-midi, une conférence de presse aura lieu pour exposer les griefs du syndicat et expliquer les raisons du lancement de cette phase de lutte. Selon les responsables d’And Gueusseum, le ministre de la Fonction publique fait preuve de mauvaise foi en refusant d’engager un véritable dialogue sur l’application des accords résiduels signés entre les deux parties. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme des manœuvres dilatoires destinées à retarder l’effectivité des engagements pris par l’État.

La tension monte dans le secteur de la santé, alors que les syndicalistes affirment avoir suffisamment patienté. Le plan d’action annoncé ce vendredi pourrait évoluer dans les jours à venir si le gouvernement ne réagit pas. Pour And Gueusseum, le signal est clair : il s’agit d’un avertissement. Mais si aucun geste n’est fait, la coalition se dit prête à passer à une phase de lutte plus radicale, avec des conséquences qui pourraient affecter les services hospitaliers à l’échelle nationale.

Yeumbeul : un commerçant sauvagement tué devant sa famille, la banlieue sous le choc

La localité de Yeumbeul Nord, dans la banlieue de Dakar, est plongée dans la stupeur après un meurtre d’une rare violence survenu jeudi soir. Modou Mbacké, un commerçant de 32 ans, père de deux jeunes enfants et gérant d’une quincaillerie du quartier, a été tué alors qu’il rentrait chez lui aux alentours de 20h30. L’attaque s’est déroulée à quelques pas seulement de son domicile, dans une ruelle sombre et mal éclairée, devant des membres de sa famille impuissants.

D’après les premiers témoignages recueillis sur les lieux, trois individus circulant à moto ont suivi leur victime, ciblant sans doute la recette de sa journée qu’il transportait dans une sacoche. Malgré une tentative de résistance désespérée, le commerçant a été violemment agressé et poignardé à cinq reprises. Les assaillants se sont ensuite enfuis avec la sacoche, laissant Modou Mbacké grièvement blessé. Il a succombé à ses blessures alors qu’il était évacué en ambulance.

Ce drame a provoqué une onde de choc dans le quartier. La scène s’est déroulée sous les yeux d’une sœur de la victime, témoin direct de l’horreur. « Il s’est battu jusqu’au bout pour défendre le fruit de son travail », a-t-elle déclaré, bouleversée.

Au-delà de l’émotion, ce meurtre relance le débat sur l’insécurité persistante dans la banlieue dakaroise. Selon les données récentes, les vols avec violence y ont augmenté de 18 % depuis le début de l’année. Les commerçants de Yeumbeul, rassemblés devant la boutique du défunt, dénoncent l’absence de patrouilles policières régulières et disent vivre dans une peur constante. « Nous travaillons la peur au ventre chaque jour. Cela ne peut plus durer », s’indigne l’un d’eux.

La police du commissariat de Yeumbeul-Comico a ouvert une enquête. Les assaillants, qui auraient agi à visage découvert, ont été captés par une caméra de surveillance installée à proximité. Ces images, exploitées par les enquêteurs, pourraient permettre une identification rapide des auteurs du meurtre.

En attendant, la famille Mbacké et toute une communauté pleurent un homme connu pour son honnêteté et son dévouement au travail, victime d’une violence devenue trop banale dans certains quartiers.

Scandale géotechnique : la société TFG accusée de falsifications massives de données techniques sur des chantiers stratégiques

La société « Tout Faire Géotechnique » (TFG), dirigée par Mme Cissé née Penda Sow, est aujourd’hui au centre d’un scandale majeur de falsification de documents techniques, mettant en cause l’intégrité et la sécurité de nombreux chantiers à travers le Sénégal. L’affaire, révélée par L’Observateur, secoue le secteur du bâtiment et des travaux publics, en raison de la gravité des faits reprochés et de leurs implications potentielles sur des infrastructures stratégiques.

Selon les éléments issus de l’enquête menée par la Section de recherches de Dakar, Mme Penda Sow aurait institutionnalisé une pratique frauduleuse dans sa gestion de l’entreprise. Elle est accusée de faux et usage de faux en écriture privée pour avoir validé, supervisé ou encouragé la production de rapports techniques falsifiés, notamment des rapports de sondages géotechniques et d’analyses de laboratoire. Dans plusieurs cas, les enquêteurs affirment que ces documents n’étaient appuyés sur aucune étude réelle, mais qu’ils avaient été retouchés, tronqués ou simplement inventés.

C’est un chantier mené à Kolda pour le compte de la Société sénégalaise de voirie et des travaux publics (SVTP) qui aurait mis la puce à l’oreille des contrôleurs. Dans ce projet, la TFG aurait déclaré une profondeur de forage de 15 mètres sur un site où les techniciens n’avaient pu descendre au-delà de 13,50 mètres. Ce mensonge volontaire aurait été intégré dans le rapport final destiné au client, dans le but de masquer un échec technique et de préserver la réputation de l’entreprise.

Plus troublant encore, dans un dossier lié à la société chinoise Shanxi Cig (International Construction Group), les enquêteurs ont mis la main sur plusieurs rapports de formulation de béton, de mortier et d’agglomérés, tous signés par la TFG, mais sans qu’aucune analyse réelle n’ait été effectuée. Les documents avaient été remis aux services de contrôle comme s’ils étaient le fruit d’un processus scientifique rigoureux, alors qu’il n’en était rien. L’enquête conclut que cette falsification a été ordonnée expressément par Mme Sow, en violation flagrante des normes en vigueur.

Face à cette dérive, certains techniciens de l’entreprise auraient refusé de participer à la falsification des documents. Mais loin de reconsidérer sa position, la directrice aurait préféré écarter les collaborateurs réticents pour les remplacer par des employés plus dociles, selon les témoignages recueillis.

Dans un autre épisode de cette affaire, des documents techniques liés au chantier de l’autoroute de l’eau, réalisé par la société Sinohydro, comportaient la signature d’un technicien de TFG, Mor Camara, pour des essais prétendument effectués sur du ciment. Or, le technicien en question a nié formellement avoir mené ces tests, ni même avoir autorisé l’utilisation de son nom. Cette usurpation d’identité constitue, aux yeux des enquêteurs, un élément clé dans la démonstration d’une fraude organisée, impliquant directement la direction de la société.

Des spécialistes interrogés estiment que les actes reprochés à la TFG ne relèvent pas uniquement d’une escroquerie technique, mais qu’ils constituent un danger manifeste pour la vie d’autrui. Chaque rapport falsifié représente une faille potentielle dans les fondations d’infrastructures essentielles, telles que les routes, ponts ou bâtiments publics. En maquillant la réalité des sols ou la résistance des matériaux, TFG aurait mis en danger des vies, en fragilisant la base même des structures destinées à durer des décennies.

Mme Cissé Penda Sow a été placée en garde à vue le mardi 3 juin 2025 par la Section de recherches de Dakar. Elle pourrait être poursuivie pour mise en danger de la vie d’autrui, faux et usage de faux, usurpation d’identité et escroquerie aggravée. Ce dossier, à la croisée du droit pénal, de l’ingénierie et de la responsabilité sociale, révèle les failles d’un système de contrôle insuffisant dans un secteur aussi stratégique que celui des grands travaux publics.

Fonds Covid-19 : Sophie Gladima attendue ce mercredi devant la Haute Cour de justice

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, comparaîtra ce mercredi 11 juin devant la Haute Cour de justice, pour une nouvelle audition dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. L’information a été révélée par Les Échos, qui précise que l’ex-ministre sera extraite de prison pour l’occasion.

Poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de ces chefs, Sophie Gladima est accusée d’avoir participé à des irrégularités financières portant sur un montant de 193,07 millions de francs CFA. Cette somme représente une partie du milliard de francs CFA alloué à son département dans le cadre du programme « Force Covid-19 ».

Selon le rapport de la Cour des comptes, plusieurs anomalies ont été relevées dans l’exécution des projets financés par ces fonds, notamment dans la gestion du chantier de construction d’un centre de gravimétrie à Kédougou. L’audit évoque des dépenses sans justification suffisante, des prestations non exécutées, et des procédures de passation de marché non conformes.

Sophie Gladima, première des cinq anciens ministres inculpés à avoir été placée sous mandat de dépôt, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme que l’ensemble des projets a été exécuté dans le respect des règles, et qu’elle n’a bénéficié d’aucun avantage personnel dans le cadre de la gestion de ces fonds.

Mais la tâche s’annonce difficile pour convaincre la commission d’instruction. En effet, l’accusation s’appuie notamment sur les déclarations de son ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Alassane Diallo, actuellement en fuite. Ce dernier, cité dans le rapport comme l’un des principaux gestionnaires du budget incriminé, aurait livré des éléments compromettants avant de disparaître.

Dans ce dossier, plusieurs autres ex-membres du gouvernement Macky Sall font également l’objet de poursuites. Ndèye Saly Diop Dieng a été placée sous contrôle judiciaire, Ismaila Madior Fall porte un bracelet électronique, tandis que Moustapha Diop et Mansour Faye sont, eux aussi, en détention. Cette série de poursuites judiciaires illustre la volonté des autorités de faire la lumière sur l’usage des fonds publics alloués en pleine crise sanitaire.

L’audition de Sophie Gladima devant la Haute Cour de justice devrait donc constituer un moment clé dans cette procédure inédite, qui mobilise l’attention de l’opinion publique, des institutions, et des observateurs du système judiciaire sénégalais.

Affaire Ismaila Madior Fall : les accusateurs remis en liberté sous contrôle judiciaire, l’enquête se poursuit

L’affaire de corruption présumée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, connaît un nouveau tournant avec la libération sous contrôle judiciaire des deux principaux accusateurs. Il s’agit de Cheikh Guèye, gérant de la société Technologie Consulting Service (TCS), et de Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des constructions au ministère de la Justice.

Selon les informations relayées par le quotidien Les Échos dans sa parution de ce mardi, les deux hommes, inculpés et placés sous mandat de dépôt depuis le 19 mai dernier, ont été remis en liberté. Toutefois, ils demeurent sous contrôle judiciaire strict, assorti du port obligatoire d’un bracelet électronique, signe que la justice reste prudente dans le traitement de ce dossier explosif.

L’affaire remonte à plusieurs mois et concerne une série d’accusations graves liées à la gestion d’un projet foncier autour du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye. Cheikh Guèye avait publiquement mis en cause Ismaila Madior Fall, l’accusant d’avoir été impliqué dans un montage frauduleux destiné à détourner des deniers publics à travers des surfacturations et des transactions foncières douteuses.

À la suite de ces révélations, une enquête a été ouverte, et les investigations ont conduit à l’inculpation de Cheikh Guèye et de Mohamed Anas El Bachir Wane. Les charges qui pèsent contre eux sont lourdes : association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, faux et usage de faux, ainsi que corruption. Leur mise en détention provisoire avait suscité de nombreuses réactions, certains y voyant une tentative de faire taire des lanceurs d’alerte, d’autres estimant que la justice devait faire la lumière sur l’ensemble du dossier, quel qu’en soit le coût politique.

La décision de les placer sous contrôle judiciaire relance le débat. Elle indique que les juges d’instruction souhaitent poursuivre les investigations dans un climat apaisé, tout en gardant un œil sur les principaux protagonistes de l’affaire. La présence du bracelet électronique témoigne de la sensibilité du dossier et des risques d’entrave à la procédure.

De son côté, Ismaila Madior Fall, qui n’a pas été formellement inculpé, continue de nier toute implication dans une quelconque affaire de corruption. L’ancien garde des Sceaux, aujourd’hui en retrait de la scène politique, n’a jusque-là pas été entendu par la justice dans le cadre de cette procédure.

Alors que l’opinion publique suit l’affaire de près, notamment en raison du profil des personnalités concernées et des implications potentielles pour la gouvernance publique, les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir judiciaire des deux accusateurs et pour l’éventuelle mise en cause d’autres responsables.

Ce dossier, qui touche le cœur même du système judiciaire, soulève une nouvelle fois la question de la transparence dans la gestion des marchés publics et de la reddition des comptes dans les sphères de décision.

Alerte météo : fortes intempéries attendues ce soir dans le sud et le sud-est du Sénégal

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a lancé ce mardi une alerte concernant des conditions météorologiques dangereuses prévues dans plusieurs régions du sud et du sud-est du Sénégal. Des orages accompagnés de pluies soutenues, de rafales de vent violentes et d’une activité électrique intense sont attendus dès la soirée et durant la nuit.

Les régions concernées sont Kédougou, Tambacounda, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Selon les prévisions, les premières manifestations du phénomène pourraient débuter par des vents forts, capables de soulever de la poussière, notamment dans les zones encore sèches.

L’ANACIM met en garde contre plusieurs risques : des rafales violentes, une forte densité de poussière, des éclairs et coups de tonnerre fréquents, ainsi que des averses de forte intensité pouvant entraîner localement des inondations.

Les autorités appellent à la vigilance et recommandent aux populations de limiter les déplacements non essentiels et de suivre les consignes de sécurité. Cette alerte intervient alors que la saison des pluies s’installe progressivement sur l’ensemble du territoire.

Moustapha Diakhaté placé en garde à vue par la DIC après son audition

L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, Moustapha Diakhaté, a été placé en garde à vue ce mardi 10 juin à l’issue de son audition par la Division des investigations criminelles (DIC), à Dakar.

Selon des sources proches du dossier, M. Diakhaté est poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du chef de l’État, des délits prévus par le Code pénal sénégalais.

Son audition intervient quelques jours après des déclarations virulentes tenues dans la presse et sur les réseaux sociaux, au cours desquelles il avait accusé le régime actuel d’autoritarisme et comparé la gouvernance du parti Pastef à une dérive fascisante. Ces propos ont suscité de nombreuses réactions, tant dans la classe politique que dans l’opinion publique.

Moustapha Diakhaté pourrait être déféré dès demain mercredi devant le parquet, en attendant une éventuelle décision du procureur de la République.

Cette arrestation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal, dans un contexte politique tendu marqué par une polarisation accrue et une montée des tensions entre l’opposition et le pouvoir.

Mboro-sur-Mer : Un violent accident fait 6 morts et 9 blessés

Un drame s’est produit ce mardi à Mboro-sur-Mer, dans la région de Thiès, à proximité immédiate du centre de formation CIFOP. Une collision particulièrement violente impliquant trois véhicules a causé la mort de six personnes, selon un bilan encore provisoire.

L’un des véhicules en cause transportait dix passagers, soit bien au-delà des sept places autorisées, selon les premières informations relayées par le journaliste Ayoba Faye. Cette surcharge pourrait avoir contribué à la gravité de l’accident, même si les circonstances précises restent encore à déterminer.

Neuf blessés ont été recensés sur place, dont plusieurs seraient dans un état critique. La gendarmerie, arrivée rapidement sur les lieux, a entamé les premières constatations. Une ambulance a pu intervenir dans les minutes suivant le drame, en attendant le renfort des sapeurs-pompiers de Tivaouane.

La violence du choc et le nombre élevé de victimes ont semé l’émoi dans la localité de Mboro, déjà confrontée à de nombreuses préoccupations en matière de sécurité routière. Cet accident relance le débat sur le respect des normes de transport et la vétusté de certains véhicules en circulation.

Les autorités locales devraient prochainement communiquer un bilan définitif, ainsi que les résultats des premières investigations sur les causes de ce drame.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°482 – 10/06/2025

🔴 CÉLÉBRATION DE LA TABASKI LE MÊME JOUR À TOUBA, MÉDINA BAYE, TIVAOUANE, YOFF DIAMALAYE, GRANDE MOSQUÉE DE DAKAR, ETC : UNISSON DE LA FOI DANS LES VILLES SAINTES
🔴 137E PÈLERINAGE MARIAL DE POPENGUINE : LA MAURITANIE, INVITÉE D’HONNEUR

🔴 MATCH AMICAL : LE SÉNÉGAL À L’ASSAUT DE L’ANGLETERRE

Amical Angleterre – Sénégal : les Lions défient les Three Lions ce mardi à Nottingham

Le Sénégal affronte ce mardi soir l’Angleterre au City Ground Stadium de Nottingham dans le cadre d’un match amical international. Trois ans après leur lourde défaite en huitième de finale de la Coupe du monde 2022 face aux Three Lions (3-0), les Lions retrouvent leurs bourreaux dans un contexte bien différent, marqué par une phase de transition dans la tanière, avec Pape Thiaw à la tête de l’équipe.

Cette rencontre s’inscrit dans la fenêtre FIFA de juin et servira de test grandeur nature pour le Sénégal. Face à une Angleterre vice-championne d’Europe, désormais dirigée par Thomas Tuchel, les Lions ont l’opportunité de jauger leur niveau à l’approche des deux journées cruciales de qualification pour la Coupe du monde 2026, prévues en septembre. L’équipe anglaise, en pleine préparation pour ses échéances à venir, reste sur une série de six victoires consécutives. Mais son dernier match contre Andorre, remporté péniblement sur le score de 1-0, a provoqué la colère de son sélectionneur, qui a dénoncé un manque criant d’implication de la part de ses cadres. Jude Bellingham, Harry Kane et leurs coéquipiers auront donc à cœur de se racheter devant leur public en affichant un tout autre visage contre le Sénégal.

Côté sénégalais, l’effectif est presque au complet, malgré les absences importantes de Sadio Mané, qui a décliné la convocation pour raisons personnelles, et de Pape Matar Sarr, blessé. L’équipe sort d’un match nul (1-1) face à l’Irlande, vendredi dernier à Dublin. Une prestation en demi-teinte, marquée par une première période difficile durant laquelle les Lions ont été largement dominés. Yehvann Diouf, titularisé pour la première fois, a multiplié les arrêts décisifs avant de céder à la 21e minute. Mais la seconde période a été bien plus convaincante. Entré en jeu, Ismaïla Sarr a permis aux siens d’égaliser à la 81e minute et de ramener un point mérité, fruit d’un sursaut d’orgueil collectif.

Cette réaction encourageante donne des raisons d’espérer pour la confrontation de ce soir. Le match face à l’Angleterre représente non seulement un défi technique et physique, mais aussi une revanche symbolique. Battu sèchement lors du dernier Mondial, le Sénégal veut effacer ce mauvais souvenir et prouver qu’il peut rivaliser avec une grande nation européenne, même en période de reconstruction.

La rencontre sera également l’occasion de voir à l’œuvre plusieurs cadres de l’équipe en forme. Iliman Ndiaye, très remuant contre l’Irlande, Nicolas Jackson, vainqueur de la Ligue Europa Conférence avec Chelsea, Edouard Mendy, récent champion d’Asie avec Al-Ahli, ou encore Idrissa Gana Gueye, auteur d’une saison solide en Premier League, auront à cœur de mener les Lions vers un résultat positif.

Même si le match ne compte pas officiellement, un bon résultat contre une équipe comme l’Angleterre permettrait au Sénégal de renforcer sa confiance, de stabiliser son effectif et de bien se préparer pour les deux prochaines rencontres capitales de qualification au Mondial 2026 face à la RD Congo et au Soudan. La tâche s’annonce ardue, mais les Lions n’ont rien à perdre. L’enjeu est simple : affirmer leur statut, renouer avec l’excellence et démontrer que la nouvelle génération est prête à prendre le relais.

Kolda : Fabouly Gaye brise le silence après son arrestation dans une affaire foncière

L’ancien président du Conseil régional de Kolda et actuel adjoint au maire, Fabouly Gaye, s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis sa mise en garde à vue liée à un différend foncier qui avait suscité beaucoup de spéculations, surtout à la veille de la Tabaski. Devant la presse locale, il a tenu à donner sa version des faits pour lever les zones d’ombre sur cette affaire.

Selon lui, la parcelle à l’origine du litige avait été acquise de manière régulière. Cependant, des modifications apportées ultérieurement par l’administration au plan d’aménagement de la commune ont redéfini cette zone comme un espace public. Ce changement administratif a compliqué la situation pour l’acquéreur de la parcelle, qui envisageait de la revendre, et a indirectement mis en cause l’ancien propriétaire, Fabouly Gaye.

L’homme politique assure toutefois que la situation a été résolue dans le strict respect des règles. « Tout s’est réglé légalement. L’acheteur a pu entrer dans ses droits, comme je l’avais toujours souhaité », a-t-il précisé.

Fabouly Gaye a également tenu à remercier les Koldois pour leur élan de solidarité. Il s’est dit touché par le soutien de nombreux citoyens, même s’il a aussi constaté que certains adversaires ont profité de l’affaire pour souhaiter son isolement ou sa chute politique. « Je ne suis pas fautif, et cela finira par se savoir », a-t-il martelé.

Par cette déclaration, Gaye cherche manifestement à restaurer son image, affirmant que l’affaire repose sur une confusion administrative plutôt que sur une intention frauduleuse. Reste à savoir si cette mise au point suffira à apaiser les tensions et à clore définitivement ce dossier dans l’opinion publique locale.

Pénalisation de la liberté d’expression : Moustapha Diakhaté convoqué à la DIC pour ses déclarations dans la presse

Moustapha Diakhaté, ancien ministre conseiller et figure bien connue de la scène politique sénégalaise, a annoncé avoir reçu une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC) à la suite de propos tenus dans la presse. Cette nouvelle convocation, qu’il relie à ses prises de position publiques, relance le débat sur la liberté d’expression et les méthodes de traitement des voix dissidentes au Sénégal.

Selon ses propres mots, Diakhaté a été contacté par téléphone, le vendredi 6 juin 2025 à 10 heures 37 minutes, par un fonctionnaire de police qui lui demandait de se présenter à la DIC le même jour à 15 heures. L’ancien député a alors exigé une convocation écrite et des précisions sur les motifs exacts de cette demande. Faute de réponse, et après avoir attendu jusqu’à 15 heures 40 minutes, il a choisi d’honorer un autre engagement de longue date.

Ce n’est que trois jours plus tard, le lundi 9 juin à 17 heures 35 minutes, que le délégué de quartier lui a remis la convocation officielle, lui demandant de se présenter à la DIC le mardi 10 juin à 10 heures. Tout en rappelant son attachement au respect des lois de la République, Moustapha Diakhaté a confirmé qu’il répondrait présent à cette convocation.

Mais au-delà des faits, c’est le ton du message de Diakhaté qui frappe. Dans une déclaration largement partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce une politique d’« épuration » orchestrée, selon lui, par le parti Pastef au pouvoir. Il qualifie ce dernier de « premier parti fasciste africain » et accuse l’État dirigé par le président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko de vouloir « faire disparaître toute vraie opposition, toute presse libre, tout État de droit et toute démocratie pluraliste ».

Moustapha Diakhaté affirme que le régime actuel cherche à s’arroger le monopole de l’espace politique sénégalais, dans une logique d’élimination systématique de toute contestation. Il en appelle à un sursaut démocratique, rappelant la leçon de l’histoire européenne et citant les mises en garde de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel à propos de la fragilité des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie. Diakhaté met en garde contre une possible dérive autoritaire du Sénégal, en comparant les dynamiques actuelles à celles qui ont précédé l’instauration des régimes fascistes en Allemagne et en Italie au XXe siècle.

Pour lui, le combat pour les libertés et la démocratie ne saurait être suspendu sous la pression de convocations policières ou de procédures judiciaires. Il affirme, dans un ton résolument combatif, qu’aucune convocation ni condamnation ne l’empêchera de poursuivre sa lutte contre ce qu’il appelle le « pouvoir fasciste, anti-Sénégal, traître à la nation ». Il conclut sa déclaration par une citation de Noam Chomsky, soulignant que les droits ne sont pas accordés mais conquis par la lutte.

Cette sortie médiatique musclée intervient dans un climat politique tendu, marqué par des tensions entre le pouvoir et plusieurs figures de l’opposition, mais aussi par une sensibilité accrue autour de la gestion de la parole publique et des réseaux sociaux. Reste à savoir si cette convocation débouchera sur des poursuites, ou si elle s’inscrit dans une série d’interrogations politiques sur les limites de la liberté d’expression dans le Sénégal post-alternance.

137e Pèlerinage Marial de Popenguine : L’Église de Mauritanie, invitée d’honneur, salue l’Église du Sénégal et magnifie le dialogue islamo-chrétien

La 137e édition du Pèlerinage Marial de Popenguine s’est enrichie cette année d’un symbole fort : la participation, en qualité d’invitée d’honneur, de l’Église de Mauritanie. Conviée par la province ecclésiastique de Dakar, une délégation composée d’une cinquantaine de fidèles mauritaniens, accompagnés de responsables ecclésiastiques du diocèse de Nouakchott, a pris part à l’événement, marquant ainsi une étape importante dans les relations fraternelles entre les Églises du Sénégal et de Mauritanie.

Lors de la cérémonie officielle, Monseigneur Victor Dione, représentant de l’Église de Mauritanie, a pris la parole pour exprimer sa profonde gratitude à l’endroit de l’Église sénégalaise. Dans une allocution empreinte de reconnaissance et d’émotion, il a salué l’hospitalité et la fraternité des évêques du Sénégal, soulignant que cette invitation resterait à jamais gravée dans la mémoire de la communauté chrétienne mauritanienne.

Il a tenu à adresser des remerciements particuliers à l’ambassadeur du Sénégal en Mauritanie, Son Excellence Maguette Sèye, ainsi qu’aux autorités mauritaniennes qui ont facilité le déplacement de la délégation. Par ce geste, c’est toute une dynamique de coopération régionale et d’ouverture religieuse qui se trouve confortée, dans un contexte mondial souvent marqué par les divisions.

Monseigneur Dione a également salué avec force la présence fidèle de dignitaires musulmans aux célébrations de Popenguine. Cette cohabitation pacifique, fruit d’une histoire riche en dialogue et en respect mutuel, a été qualifiée par l’évêque comme un modèle à suivre pour d’autres nations. Il a d’ailleurs cité la sourate 5 du Coran, Al-Ma’ida, pour souligner la beauté spirituelle d’une entente entre croyants fondée sur la reconnaissance mutuelle et la dignité humaine.

À travers cette présence remarquable, l’Église de Mauritanie a rappelé que Popenguine n’est pas seulement un rendez-vous religieux national, mais aussi un creuset régional de fraternité, de foi partagée et d’harmonie interreligieuse. Dans un monde confronté à des tensions identitaires, ce pèlerinage illustre avec éloquence la possibilité d’un vivre-ensemble apaisé, porté par des convictions spirituelles sincères et un engagement commun pour la paix.

Déploiement militaire à Los Angeles : les gouverneurs démocrates dénoncent un « abus de pouvoir alarmant »

Les tensions entre la Maison Blanche et les autorités locales ont franchi un nouveau cap ce dimanche, alors que plusieurs gouverneurs démocrates ont vivement critiqué la décision du président Donald Trump de déployer 2.000 soldats de la Garde nationale à Los Angeles. Cette initiative a été prise contre l’avis du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, suscitant une vague de réprobation au sein des responsables démocrates.

Dans un communiqué conjoint, les gouverneurs ont qualifié la mesure d’ »abus de pouvoir alarmant ». Ils ont souligné qu’il est essentiel de respecter l’autorité exécutive des gouverneurs pour le déploiement et la gestion de leurs propres unités de la Garde nationale. Ce geste unilatéral du président, selon eux, compromet dangereusement l’équilibre des pouvoirs et la gouvernance locale, dans un contexte déjà marqué par une forte polarisation politique.

Les signataires du communiqué ont réaffirmé leur soutien à Gavin Newsom, estimant que ce dernier, en tant que gouverneur élu, est le seul habilité à décider des conditions d’engagement de la Garde nationale sur le territoire californien. Ce nouvel épisode vient accentuer les tensions entre l’administration fédérale et les États démocrates, souvent en désaccord sur les questions de sécurité intérieure et de maintien de l’ordre.

Le pèlerinage de Popenguine est “un creuset du dialogue interreligieux”, selon Jean-Baptiste Tine

Le pèlerinage marial de Popenguine demeure un symbole vivant du vivre-ensemble, du dialogue interreligieux et de la paix, a affirmé ce lundi Jean-Baptiste Tine, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. S’exprimant lors de la cérémonie officielle de la 137e édition, le ministre a souligné que cet événement religieux est sans conteste une source d’inspiration pour bâtir une nation sénégalaise forte et unie, ancrée dans des valeurs de tolérance et d’harmonie.

Jean-Baptiste Tine a profité de l’occasion pour saluer l’engagement constant de l’Église catholique dans le développement du pays, particulièrement dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’encadrement de la jeunesse, ainsi que du soutien aux femmes et aux personnes vulnérables. Il a qualifié cette contribution d’essentielle et hautement appréciée par la République.

Il a également rappelé que cette édition du pèlerinage intervient au lendemain du dialogue national sur le système politique, organisé du 28 mai au 4 juin. Dans ce contexte, il a magnifié la posture sage et constante de l’Église, toujours en faveur de la justice, de la paix et de la démocratie. Pour le ministre, il est impératif de poursuivre cette dynamique de stabilité par la prière et l’engagement citoyen.

S’engageant au nom du gouvernement, Jean-Baptiste Tine a réitéré la volonté ferme de l’État d’achever dans les meilleurs délais les travaux de rénovation, d’extension et de modernisation du sanctuaire marial de Popenguine. Il a estimé que cette œuvre participe à renforcer l’ancrage spirituel du pays et à pérenniser ce rendez-vous annuel qui lie l’Église et la République.

Le thème choisi cette année, “Marie, Mère de l’Espérance, marche avec nous”, a été jugé porteur d’un message fort. Il invite chacun à prendre conscience de ses responsabilités individuelles et collectives pour maintenir l’espérance vivante dans un monde traversé par des mutations profondes.

Enfin, Jean-Baptiste Tine a rappelé que ce pèlerinage, qui coïncide avec la célébration de la Pentecôte, marquant la descente de l’Esprit-Saint sur les apôtres de Jésus, est aussi une occasion pour l’Église du Sénégal d’honorer la Vierge Marie. Il constitue un moment privilégié pour implorer, par son intercession, des grâces et des bénédictions divines en faveur de la paix et du salut du monde. Le ministre a conclu en saluant la cohabitation pacifique et légendaire des communautés religieuses du Sénégal, notamment à travers le dialogue islamo-chrétien, qu’il a qualifié de précieuse exception dans un monde de plus en plus confronté à l’intolérance et à l’extrémisme.

Pentecôte : le Président Diomaye Faye salue la force de la diversité religieuse sénégalaise

Ce lundi de Pentecôte, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé un message empreint de respect et d’unité à l’ensemble de la communauté chrétienne du Sénégal. Publié sur la plateforme X (anciennement Twitter), son message s’inscrit dans une tradition républicaine de reconnaissance et de valorisation du pluralisme religieux, au cœur de l’identité sénégalaise.

Dans sa déclaration, le chef de l’État a formulé ses vœux les plus sincères à l’endroit des fidèles chrétiens. Il a souhaité une excellente fête à tous ceux qui célèbrent la Pentecôte, soulignant l’importance de cette journée de prière et de recueillement, qui représente une occasion précieuse pour renforcer les liens de fraternité entre les citoyens.

Bassirou Diomaye Faye a aussi souligné la portée symbolique du week-end, marqué par la convergence de trois grands événements religieux : la Tabaski, le pèlerinage marial de Popenguine et la fête chrétienne de la Pentecôte. Il y a vu une illustration vivante de la cohabitation pacifique et de la richesse spirituelle du Sénégal. Selon lui, cette simultanéité de fêtes renforce davantage l’image d’un pays où la foi, quelle que soit sa forme, est célébrée dans le respect et la solidarité.

Le président a insisté sur la nécessité de préserver cette diversité religieuse qui fait la fierté du pays. Il a rappelé que le vivre-ensemble est un héritage précieux à transmettre aux générations futures, surtout dans un monde où les divisions religieuses alimentent trop souvent les conflits.

En saluant la communauté chrétienne, mais aussi l’ensemble des Sénégalais, le président Faye a réaffirmé sa vision d’une nation unie, tolérante et respectueuse des croyances de chacun. Ce message s’inscrit dans une démarche plus large de promotion de la paix sociale et de consolidation des valeurs communes qui fondent la société sénégalaise.

Pentecôte 2025 : la jeunesse chrétienne sur les pas de Marie, de Oussouye à Elinkine

En ce dimanche de Pentecôte, la ferveur chrétienne a une nouvelle fois embrasé les sentiers du département d’Oussouye, au sud du Sénégal. De nombreux jeunes croyants ont pris part à un pèlerinage marial reliant Oussouye à Elinkine, en passant par Mlomp. Une marche de foi intense, accomplie sous un soleil de plomb, mais portée par l’espérance et la foi profonde des pèlerins.

Dès l’aube, les fidèles ont entamé leur progression à travers villages et forêts, chapelets à la main et chants spirituels aux lèvres. Cette marche n’est pas qu’un simple déplacement physique ; elle est vécue comme un cheminement intérieur, un temps fort de recueillement, d’offrande et d’engagement. À chaque halte, les pèlerins se sont retrouvés pour prier, méditer et partager un moment de fraternité. Les paroisses traversées ont ouvert leurs bras et offert eau, hospitalité et encouragements à cette jeunesse en marche.

Portés par leur foi et l’amour de la Vierge Marie, les jeunes n’ont pas fléchi face à la chaleur accablante. Certains ont marché plus de vingt kilomètres, sous une température frôlant les quarante degrés, sans jamais perdre leur ferveur. Un jeune participant a confié, le regard habité : « Le soleil était brûlant, mais notre foi rayonnait encore plus fort. Marcher ensemble, c’est aussi se rappeler que nous sommes une Église vivante, et que nous avons un rôle à jouer dans son avenir. »

L’arrivée à Elinkine, village paisible au bord de l’Atlantique, a été accueillie dans une ambiance de joie profonde, teintée de fatigue. Des chants de louange ont jailli spontanément, des danses ont éclaté, et des bénédictions ont été échangées dans l’émotion. La messe de clôture, célébrée en plein air, a rassemblé tous les pèlerins dans un dernier moment de communion spirituelle.

Plus qu’une tradition, ce pèlerinage marial de Pentecôte est devenu un témoignage vivant de l’engagement de la jeunesse chrétienne sénégalaise. En marchant dans les pas de Marie, ces jeunes affirment que leur foi est bien vivante. Ils portent haut les valeurs d’espérance, de solidarité et de paix, faisant de cette marche une expression vibrante de leur attachement à Dieu et à leur Église.

Manchester : un adolescent sénégalais de 14 ans poignardé à mort, quatre suspects arrêtés

Un drame bouleversant s’est produit à Manchester, au Royaume-Uni, où Ibrahima Seck, un adolescent sénégalais âgé de 14 ans, a perdu la vie après avoir été poignardé dans le quartier de Nevin Road, à New Moston, dans le nord de la ville. Les faits se sont déroulés en fin d’après-midi, vers 17 heures (heure locale), selon les autorités britanniques.

Touché grièvement, le jeune garçon aurait tenté de se réfugier dans une maison voisine. Selon les témoignages recueillis par le Manchester Evening News, il aurait supplié : « Je ne veux pas mourir », avant de succomber à ses blessures malgré les tentatives d’assistance.

L’enquête ouverte aussitôt a permis l’interpellation de quatre personnes. D’abord, une adolescente de 14 ans et une femme de 37 ans ont été arrêtées, soupçonnées d’avoir aidé les auteurs présumés après les faits. Par la suite, deux garçons âgés de 14 et 16 ans ont été appréhendés. Ils sont soupçonnés d’implication directe dans l’agression ayant coûté la vie à Ibrahima Seck.

Le chef inspecteur John Charlton, de la police du Grand Manchester, a assuré que la famille du défunt bénéficie d’un accompagnement psychologique et logistique. Il a exprimé la consternation de la communauté locale et promis que toute la vérité sera établie.

« Cet événement a profondément choqué la communauté locale. Nous avons mobilisé d’importantes ressources pour cette enquête pour homicide, ce qui a permis l’identification rapide de suspects. Une présence policière renforcée sera maintenue sur place dans les jours à venir », a-t-il précisé, cité par la BBC.

La nouvelle de la mort brutale du jeune Ibrahima Seck a provoqué l’émoi au sein de la communauté sénégalaise du Royaume-Uni, mais aussi au Sénégal, où la tragédie est suivie avec une vive émotion. Des appels à la justice et au soutien de la diaspora se multiplient sur les réseaux sociaux.

Falémé : un site d’orpaillage clandestin démantelé à Bokodi par les forces armées

La lutte contre l’orpaillage clandestin se poursuit dans l’est du pays. Ce samedi, un nouveau site illégal a été démantelé aux environs de Bokodi, dans le cadre de l’Opération ORIENTALE, conduite par les forces armées dans la zone militaire n°4, selon un communiqué de la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA).

Lors de cette opération de sécurisation, les militaires ont saisi 34 motopompes, 3 groupes électrogènes, ainsi que divers autres équipements servant à l’exploitation illégale de l’or. Le site a été entièrement neutralisé.

Cette intervention s’inscrit dans une série d’actions ciblées menées dans la zone de la Falémé, frontalière avec le Mali, régulièrement affectée par l’orpaillage clandestin. Ces activités, souvent aux mains de réseaux transfrontaliers, causent de graves préjudices à l’environnement, à l’économie locale, mais aussi à la sécurité dans les zones reculées.

Les autorités militaires, engagées dans une démarche de restauration de l’ordre public, réaffirment leur détermination à éradiquer les sites illégaux d’orpaillage qui prolifèrent dans la région. Selon la DIRPA, d’autres opérations sont en cours, et des saisies similaires ont déjà été effectuées au cours des derniers mois.

Falémé / Lutte contre l’orpaillage clandestin : un nouveau site démantelé à Bokodi (Dirpa)
Falémé / Lutte contre l’orpaillage clandestin : un nouveau site démantelé à Bokodi (Dirpa)

Pèlerinage marial de Popenguine 2025 : la Sen’Eau assure l’accès à l’eau sur 286 sites d’hébergement

À l’occasion de la 137e édition du Pèlerinage marial de Popenguine, célébrée du 7 au 9 juin 2025, la société Sen’Eau a déployé un dispositif exceptionnel pour garantir un accès suffisant à l’eau potable aux milliers de pèlerins attendus.

Mansour Khouma, directeur territorial pour la Petite-Côte, a annoncé lors d’un point de presse que la totalité des engagements de Sen’Eau envers le comité d’organisation a été respectée à 100 %. Cela inclut notamment la réactivation de 45 points d’eau et l’équipement de 286 sites d’hébergement répartis dans les villages des marcheurs et aux abords du sanctuaire marial.

« Aujourd’hui, l’intégralité de nos engagements est respectée, y compris la mise en place de cinq nouveaux points d’eau, demandés spécifiquement par le comité pour répondre à la forte affluence », a indiqué M. Khouma. Il a également évoqué un dispositif de renforcement de la capacité de stockage, avec l’installation de sept citernes fixes déployées à des endroits stratégiques.

En complément, sept citernes mobiles ont été mobilisées pour approvisionner les zones périphériques, et des ventouses ont été installées pour améliorer la pression dans le réseau, notamment dans les points les plus éloignés.

Ce dispositif vise à éviter les coupures, limiter les tensions liées à la demande et assurer le confort des fidèles, tout au long de l’événement religieux le plus important du calendrier catholique sénégalais.

Le pèlerinage de Popenguine, placé cette année sous le signe de la foi, de la paix et de la cohésion nationale, mobilise des milliers de fidèles venus de tout le pays et de la sous-région. La qualité de l’accès à l’eau constitue chaque année un enjeu logistique majeur.

Thiaroye : des squelettes et des balles exhumés lors des fouilles sur le massacre de 1944

Près de 80 ans après l’un des épisodes les plus sombres de la colonisation française en Afrique de l’Ouest, des squelettes humains porteurs de balles ont été exhumés dans le cimetière militaire de Thiaroye, près de Dakar. Cette découverte, révélée par l’AFP mercredi 4 juin, survient dans le cadre de fouilles archéologiques inédites, initiées par le gouvernement sénégalais pour faire toute la lumière sur le massacre des tirailleurs africains perpétré le 1er décembre 1944.

Les travaux, entamés début mai, ont permis de localiser des restes humains dans une section du cimetière où reposeraient des victimes de la tuerie. Certaines des balles retrouvées dans les corps sont logées au niveau de la poitrine, et présentent des calibres différents, selon une source proche du dossier. Une expertise balistique est en cours pour identifier les armes utilisées, tandis que des analyses ADN pourraient contribuer à l’identification des victimes.

Le massacre de Thiaroye reste à ce jour l’un des plus grands tabous de la mémoire coloniale française. Les tirailleurs, majoritairement ouest-africains, venaient d’être rapatriés des combats en Europe. Ils réclamaient le paiement de leurs arriérés de solde. En réponse, l’armée française avait ouvert le feu sur eux, sur ordre de sa hiérarchie.

Les autorités coloniales avaient officiellement reconnu 35 morts, mais plusieurs historiens estiment que plus de 300 à 400 soldats africains ont été tués. Le lieu exact des inhumations, tout comme l’identité précise des victimes, reste largement inconnu.

Depuis des années, des chercheurs africains réclamaient la conduite de fouilles sur les lieux, notamment au camp militaire de Thiaroye et dans le cimetière adjacent. Ce n’est qu’en février 2025 que le gouvernement sénégalais a franchi le pas, affirmant vouloir « la manifestation de toute la vérité », face au silence persistant des autorités françaises.

En novembre 2024, la France a reconnu officiellement le massacre, la veille du 80e anniversaire de la tragédie. Une commémoration à grande échelle avait alors été organisée à Dakar par le gouvernement sénégalais, mettant en lumière les enjeux mémoriels et historiques autour de cette tuerie.

En avril 2024, un comité de chercheurs sénégalais a été mis en place pour rédiger un rapport historique. Sa remise au gouvernement, initialement prévue pour le 3 avril, a été reportée sans explication officielle.

Cette campagne de fouilles représente une étape cruciale dans le travail de mémoire et pourrait enfin apporter des preuves matérielles irréfutables du massacre. Elle constitue également un acte de souveraineté mémorielle, dans un contexte où le Sénégal, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, affirme sa volonté de reprendre le contrôle sur les récits historiques qui ont longtemps été occultés ou minimisés.

Incendie au marché central de Linguère : trois cantines ravagées, de lourdes pertes enregistrées

Un incendie d’une rare intensité a frappé le marché central de Linguère, ce samedi après-midi, en pleine célébration de la Tabaski. Le feu, qui s’est déclaré aux environs de 15 heures, a détruit trois cantines, dont des ateliers de tailleurs, ainsi que plusieurs étals de commerçants. Les dégâts matériels sont considérables.

Des machines à coudre, du matériel de couture et de nombreux stocks de marchandises ont été réduits en cendres. Si aucune perte humaine n’a été signalée, l’impact économique est lourd pour les commerçants sinistrés, qui tentaient encore ce dimanche de faire l’inventaire des biens perdus.

Alertée rapidement, la compagnie locale des sapeurs-pompiers s’est mobilisée pour contenir les flammes. « Grâce à leur réactivité, le feu a été circonscrit avant qu’il ne se propage davantage », a indiqué l’adjudant-chef Papa Élimane Ndour, commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers, à l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Sur place, des témoins ont salué le professionnalisme des soldats du feu. « Sans leur intervention, les dégâts auraient été bien plus graves », a confié un tailleur, encore sous le choc, préférant garder l’anonymat.

Pour l’heure, les causes de l’incendie demeurent inconnues. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie afin de déterminer l’origine du sinistre et d’identifier d’éventuelles négligences ou actes malveillants.

En attendant les résultats des investigations, les commerçants touchés interpellent les autorités locales pour un accompagnement rapide, notamment sous forme de soutien matériel ou financier. Certains appellent également à une meilleure sécurisation du marché, régulièrement exposé à des risques liés aux installations électriques vétustes ou aux conditions de stockage.

Tabaski 2025 : le Sénégal dépasse ses besoins en moutons avec un taux de couverture de 114 %

À l’occasion de l’Aïd El-Kébir 2025, le Sénégal a enregistré une performance inédite dans la gestion de l’approvisionnement en moutons. Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a annoncé que les besoins nationaux ont été couverts à 114 %, saluant une mobilisation exemplaire des acteurs de la filière.

« Le marché a été extrêmement bien ravitaillé, avec un taux de couverture dépassant les attentes », a déclaré le ministre, samedi, après la prière de l’Aïd célébrée à la mosquée Massalikoul Jinaan, à Dakar. Cette abondance résulte d’une stratégie de coordination rigoureuse, déployée à travers 296 marchés à bétail répartis sur l’ensemble du territoire.

Le ministre a souligné que l’effort a particulièrement bénéficié aux ménages les plus modestes, qui ont pu accéder plus facilement à un mouton, grâce à une meilleure régulation de l’offre et une relative stabilité des prix.

Cette réussite, selon Mabouba Diagne, s’explique aussi par l’appui direct des plus hautes autorités : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont soutenu les éleveurs en distribuant 2 570 tonnes d’aliments pour bétail, facilitant ainsi la préparation et l’acheminement du cheptel vers les zones de consommation.

Au sortir de la prière, le ministre a formulé des vœux de paix, de prospérité et de cohésion nationale, appelant les Sénégalais à préserver « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui a marqué cette fête. « Continuons de prier pour la stabilité de notre pays et pour le pardon divin », a-t-il conclu.

Avec cette Tabaski réussie sur le plan logistique, le gouvernement confirme sa volonté d’assurer une souveraineté alimentaire progressive et un soutien concret aux producteurs locaux, en droite ligne avec les priorités affichées du nouveau régime.

Tabaski 2025 : Le Président Bassirou Diomaye Faye accorde sa grâce à 1 466 détenus

À l’occasion de la fête de la Tabaski, célébrée ce week-end par des millions de fidèles musulmans à travers le Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a pris une mesure forte de clémence. Conformément à la Constitution et dans le respect de la tradition républicaine, 1 466 détenus ont bénéficié d’une grâce présidentielle, leur permettant de recouvrer la liberté.

Cette décision, prise dans un esprit de pardon, d’humanité et de cohésion sociale, concerne principalement des délinquants primaires, des détenus présentant des garanties de réinsertion, des personnes âgées, gravement malades ainsi que des mineurs. Tous ces profils ont été soigneusement examinés par les services compétents avant d’être retenus dans le cadre de cette mesure exceptionnelle.

Le président Diomaye Faye, fidèle à ses engagements en faveur d’une justice humaniste et réformatrice, a ainsi saisi cette fête symbolique pour offrir une seconde chance à des citoyens, leur permettant de retrouver leurs familles et d’espérer une meilleure réintégration dans la société.

Cette grâce présidentielle s’inscrit dans une volonté de renforcer le tissu social, de promouvoir la paix et de rappeler l’importance du pardon et de la solidarité en cette période de fête. Elle constitue aussi un geste fort en direction des familles éprouvées par l’absence prolongée de leurs proches, et un signal d’espoir pour ceux qui aspirent à une réhabilitation sincère.

Tabaski 2025 à Yoff Diamalaye : L’imam Libasse Laye met en garde contre la banalisation des discours haineux

À l’occasion de la prière de l’Aïd el-Kébir célébrée ce samedi 7 juin 2025 à Yoff Diamalaye, l’imam Libasse Laye a lancé un cri d’alerte contre la recrudescence des propos haineux et injurieux visant les autorités religieuses du pays. En présence du Khalife général des Layènes, Mamadou Lamine Laye, le guide religieux a tenu un discours ferme, appelant à la responsabilité collective face à une dérive verbale qu’il juge dangereuse pour la stabilité sociale et morale du Sénégal.

Dans son sermon, l’imam a exhorté l’État à réagir sans attendre. Il a pointé du doigt la passivité des autorités devant la multiplication des attaques verbales ciblant les figures spirituelles du pays, notamment sur les réseaux sociaux.

« Le gouvernement et les autorités compétentes doivent agir sans délai pour endiguer cette dérive avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il averti, selon des propos rapportés par RTS Digital.

L’imam Libasse Laye a vivement dénoncé une trivialisation des insultes publiques, où certains individus s’attaquent ouvertement à des chefs religieux tout en se filmant, parfois en direct, sans craindre de sanctions. Ce climat, selon lui, contribue à affaiblir l’autorité morale des guides religieux et à fragiliser les repères spirituels de la société.

« Certains vont jusqu’à proférer des insultes publiquement, se faisant parfois filmer sans la moindre pudeur. Cela ne peut plus continuer », a-t-il martelé.

Pour l’imam, ces dérives ne sont pas seulement une question d’éthique personnelle, mais un enjeu national. Il a rappelé que l’islam repose sur des valeurs de respect, de décence et de considération envers les personnes investies d’une mission spirituelle.

L’imam Libasse Laye a ainsi appelé les Sénégalais à un sursaut collectif, au nom de la préservation de la cohésion sociale, de l’harmonie religieuse et du vivre-ensemble.

Alors que la Tabaski est traditionnellement une période de recueillement et de fraternité, le message délivré à Yoff Diamalaye vient rappeler que la paix sociale est fragile, et que la responsabilité citoyenne passe aussi par le respect du sacré et des autorités morales.

Tabaski 2025 à Tivaouane : Le Khalife des Tidianes appelle à l’endurance, à la dignité et à la solidarité

À l’occasion de la célébration de la Tabaski 2025, le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, a délivré un message empreint de sagesse et de spiritualité. Depuis la Grande Mosquée Khalkouss de Tivaouane, le guide religieux a exhorté les fidèles musulmans à faire preuve d’endurance, à préserver leur dignité face aux épreuves et à cultiver la solidarité dans la société sénégalaise.

Le sermon de l’imam, suivi des recommandations du khalife, a été lu et traduit par Pape Makhtar Kébé après la prière dirigée par Serigne Babacar Sy Abdou, selon les informations relayées par Le Soleil.

Dans son message, Serigne Babacar Sy Mansour a mis en lumière le sens profond de la Tabaski, en insistant sur l’importance des zikrs, des invocations et du rappel constant de Dieu. Il a invité les fidèles à éviter les pièges de Satan, à demeurer fermes dans leur foi et à se détourner de toute forme d’ostentation.

« La Tabaski est un jour de grâce. C’est une occasion de gratitude et non de surenchère matérielle », a-t-il rappelé à travers son porte-parole.

Le khalife a particulièrement insisté sur la gestion des dépenses liées à la fête, appelant les fidèles à ne pas céder à la pression sociale. Il a rappelé que le sacrifice d’un mouton n’est pas une obligation pour les chefs de famille envers leurs épouses, soulignant que seuls ceux qui en ont les moyens peuvent s’y engager, sans culpabilité pour les autres.

Un message d’équilibre et de lucidité dans un contexte de tensions économiques où de nombreuses familles peinent à faire face aux exigences sociales de la fête.

S’adressant à la délégation officielle présente, Serigne Babacar Sy Mansour a renouvelé ses appels à la tolérance, au pardon, à la solidarité et à l’entraide entre citoyens. Il a insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale, en rappelant que la foi musulmane s’incarne aussi dans la manière d’agir envers son prochain.

Tabaski 2025 à Médina Baye : Le Khalife Cheikh Mouhamadoul Mahi Niass appelle à la paix, à la solidarité et à l’unité nationale

La communauté musulmane de Médina Baye, à Kaolack, a célébré la Tabaski 2025 dans une ambiance de ferveur religieuse marquée par un fort message de paix, de solidarité et d’unité nationale lancé par le khalife général de la Faydatou Tidjania, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass.

Aux côtés du préfet du département de Kaolack, Latyr Ndiaye, et de nombreux fidèles, le khalife a pris part à la grande prière dirigée par Cheikh Mouhamadoul Mahi Alioune Cissé, imam de la mosquée de Médina Baye. Dans son allocution, le guide religieux a mis l’accent sur les valeurs fondamentales de l’islam, particulièrement en cette période de l’Aïd-el-Kébir.

« Nous devons promouvoir la culture de la paix, de la solidarité et de l’entraide, comme nous le recommande Allah », a déclaré le khalife, appelant les fidèles à renforcer les liens de bon voisinage et à revenir sincèrement vers Dieu.

Cheikh Mouhamadoul Mahi Niass a insisté sur la nécessité, pour les citoyens, d’accompagner les dirigeants du pays dans leurs missions. Il a exhorté les Sénégalais à œuvrer ensemble pour la stabilité et le développement du pays :

« Il nous faut entretenir le respect et la compréhension mutuels entre citoyens, et œuvrer pour hisser notre pays dans le concert des nations les plus enviées du monde », a-t-il souligné.

Dans un contexte social parfois tendu, ces propos résonnent comme une invitation à dépasser les clivages pour bâtir une nation plus unie et prospère.

Le khalife a également formulé des prières pour le bien-être du peuple sénégalais, la paix durable et la cohésion nationale. Il a élargi ses invocations à l’ensemble du monde musulman, en particulier aux pays en crise :

« Nous prions pour tous les musulmans du monde entier, notamment les peuples palestiniens, libyens, soudanais et d’autres pays qui traversent des épreuves », a-t-il confié, selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Tabaski 2025 à Massalikoul Djinane : Pape Djibril Fall appelle à « une vraie politique agricole » et à la prévention des inondations

À l’occasion de la prière de la Tabaski célébrée ce dimanche à la grande mosquée Massalikoul Djinane, le député Pape Djibril Fall a livré un message empreint de spiritualité, de lucidité sociale et de conviction politique. À la fois remerciement au Tout-Puissant et interpellation des décideurs publics, son discours a résonné comme un plaidoyer pour un Sénégal plus solidaire, plus prévoyant et mieux gouverné.

Dans une première partie de son allocution, l’élu a exprimé sa gratitude envers Dieu pour la grâce de la célébration de l’Aïd el-Kébir. Il a salué le sermon de Serigne Moustapha Ibn Serigne Abdou Khadra, qu’il a résumé autour des valeurs fondamentales de l’islam : la reconnaissance divine, le respect mutuel et la cohésion sociale.

Pape Djibril Fall a insisté sur l’urgence de préserver ces valeurs dans un contexte de crise sociale et identitaire, selon lui de plus en plus palpable dans le pays.

Le député a profité de cette tribune pour interpeller directement le gouvernement sur deux priorités : la gestion des inondations à venir et la réforme de la politique agricole.

« Il est temps de passer d’une campagne agricole à une vraie politique agricole », a-t-il martelé, pointant du doigt l’insuffisance des approches actuelles face aux défis structurels de la souveraineté alimentaire. Pour lui, l’agriculture doit cesser d’être un slogan saisonnier pour devenir un pilier stratégique du développement national.

Sur la question des inondations, il a lancé un appel à la prévoyance et à l’action rapide : « Il faut se projeter et mieux protéger les populations », a-t-il exhorté, rappelant les drames récurrents vécus chaque saison des pluies.

En conclusion, Pape Djibril Fall a prié pour un Sénégal uni, stable et prospère, invitant chaque citoyen, chaque responsable et chaque institution à agir avec responsabilité et solidarité, dans l’esprit de la Tabaski.

Tabaski 2025 : Bougane Gueye Dany fustige le ministre de l’Économie – « Le Sénégal étouffe et lui dort »

À l’occasion de la célébration de la Tabaski, Bougane Gueye Dany a profité de la tribune offerte par la fête religieuse pour adresser de sévères critiques au ministre de l’Économie. Le leader du mouvement Guem Sa Bopp a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction face à la crise économique qui secoue le pays, n’épargnant ni la flambée des prix ni la précarisation croissante des populations.

« Le Sénégal ne traverse pas une crise politique, mais bien une crise économique grave. Et c’est au ministre de l’Économie de se lever, mais lui, il dort », a-t-il lancé d’un ton sec, exprimant son exaspération face à ce qu’il perçoit comme un manque de réactivité du gouvernement.

Bougane Gueye Dany n’a pas mâché ses mots en décrivant la dure réalité que vivent de nombreuses familles sénégalaises : « Observez cette Tabaski ! Beaucoup ont souffert comme jamais. Les familles peinent à acheter un mouton, et pendant ce temps, les responsables restent sourds et aveugles. »

Dans une attaque frontale contre le ministre de l’Économie, il a déclaré : « Ce ministre est inutile s’il ne comprend pas l’urgence de relancer l’économie réelle. Les commerçants, les artisans, les vendeurs ambulants ont besoin de souffle, pas de chiffres froids élaborés dans des bureaux climatisés. »

Poursuivant sa charge, Bougane a mis en doute les compétences du ministre en poste :
« Ce que le Sénégal attend aujourd’hui, ce n’est pas un projet théorique, mais une réaction immédiate. Ce n’est pas au ministre des Finances de porter le fardeau seul. Si celui de l’Économie n’est pas à la hauteur, qu’il s’en aille. »

Il conclut avec fermeté : « Ce pays a besoin d’acteurs engagés, pas de figurants. Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre du temps avec des technocrates insensibles pendant que le peuple s’effondre. »

Tabaski 2025 à Touba : le Khalife général des Mourides salue l’élan collectif autour de la rénovation de la Grande Mosquée

À l’occasion de la célébration de l’Aïd el-Kébir (Tabaski) ce samedi 7 juin 2025, le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé sa profonde gratitude envers les fidèles ayant répondu à son appel pour la rénovation de la Grande Mosquée de Touba.

La prière a été dirigée par Serigne Fallou Abdou Khadre Mbacké, en présence du Khalife, de son porte-parole Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, ainsi que de nombreux dignitaires mourides. Le moment a été empreint de spiritualité, de ferveur religieuse et d’unité autour d’un projet à haute portée symbolique.

Dans son message, Serigne Mountakha Mbacké a salué l’engouement populaire suscité par son initiative, qu’il considère comme un signe encourageant de mobilisation communautaire. « Lorsque j’ai émis l’idée de rénover et d’embellir la mosquée, j’ai tout de suite remarqué un grand engouement autour de la réalisation de ce projet. Vous me réconfortez dans l’idée que c’est un programme réalisable. »

Le Khalife a prié pour que Dieu accorde à tous les contributeurs la force et les moyens de mener à bien cette œuvre collective, inscrite dans la continuité de l’héritage spirituel du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba.

Dans son sermon, l’imam a rappelé l’essence spirituelle de la Tabaski, insistant sur la nécessité pour les fidèles de respecter les enseignements religieux et de vivre cette célébration comme une expression de soumission, de sacrifice et de fraternité.

Ainsi, la Tabaski 2025 à Touba aura été marquée non seulement par la prière rituelle, mais aussi par un appel vibrant à l’unité autour d’un projet de foi et de mémoire.

Tabaski 2025 à la Grande Mosquée de Dakar : l’Imam Moussa Samb appelle à l’unité et à la solidarité islamique

À l’occasion de la prière de l’Aïd al-Adha (Tabaski) célébrée ce samedi 7 juin 2025, l’Imam ratib de la Grande Mosquée de Dakar, El Hadj Moussa Samb, a délivré un sermon empreint de spiritualité, de fraternité et de responsabilité collective.

Devant les fidèles réunis pour la fête, l’imam a insisté sur les valeurs fondamentales de l’islam, appelant à « vivre ensemble dans le respect, le partage et la solidarité ». Il a rappelé que les liens religieux doivent primer sur les différences sociales et ethniques : « Dieu nous a déjà montré la voie : nous aimer, nous respecter, nous soutenir. Ce ne sont pas uniquement les liens de sang qui font de nous des proches. En tant que musulmans, nous sommes tous frères. »

S’appuyant sur les leçons du pèlerinage à la Mecque, l’imam a souligné l’universalité de la foi islamique. « Le pèlerinage nous enseigne que, malgré nos différences de langue et de culture, c’est la foi qui nous unit. À la Mecque, que l’on soit Japonais, Américain ou Sénégalais, on devient frères dans la spiritualité. »

Il a aussi mis en garde contre une pratique religieuse déconnectée des valeurs morales et sociales. « La prière seule ne suffit pas. Pour évoluer ensemble, il faut cultiver l’amour sincère, faire le bien autour de nous, bannir la négativité et privilégier l’unité », a-t-il exhorté.

Tabaski 2025 : le président Bassirou Diomaye Faye appelle au dialogue et à la cohésion nationale

En ce samedi 7 juin 2025, jour de célébration de l’Aïd al-Adha (Tabaski) pour la majorité des musulmans au Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a assisté à la prière à la Grande Mosquée de Dakar. À cette occasion, le chef de l’État a lancé un vibrant appel à l’unité, à la solidarité et au dialogue entre les Sénégalais.

« Je voudrais aussi appeler, ce jour béni de Tabaski, l’ensemble des Sénégalais à perpétuer l’esprit de solidarité et de générosité, mais aussi de partage qui sont les valeurs fondamentales que traduit cette fête », a déclaré le président Diomaye Faye, entouré du ministre des Forces armées, Birame Diop, et de son directeur de cabinet, Mary Teuw Niane.

Poursuivant dans le même esprit, le président a évoqué les conclusions récentes du dialogue national pour rappeler l’importance de maintenir le cap de la concertation. « À la suite du dialogue national, j’invite également tous les Sénégalais à maintenir l’esprit de dialogue et de concertation afin que notre pays continue d’avancer dans la concorde et la cohésion, au-delà des divergences que nous pouvons avoir sur les opinions. »

Dans son message, le président a également exhorté les Sénégalais à prier pour la paix et la stabilité du pays : « Que Dieu veille sur notre pays, qu’il préserve la paix sociale et la cohésion nationale. Qu’il consolide notre unité nationale et accorde à nos familles une bonne célébration de la fête de Tabaski. »

Bassirou Diomaye Faye a saisi l’occasion pour remercier tous les acteurs impliqués dans le bon déroulement de la fête. Il a salué le professionnalisme des forces de défense et de sécurité, ainsi que l’engagement des éleveurs et des transporteurs qui ont contribué à un approvisionnement satisfaisant du marché en moutons sur l’ensemble du territoire.

Tabaski à Bignona : des moutons livrés par la DER meurent en masse, colère et indignation chez les bénéficiaires

À Bignona, dans le sud du Sénégal, une initiative de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide (DER) tourne au fiasco. Dans le cadre de l’opération spéciale Tabaski, des moutons ont été distribués à des bénéficiaires via un système de souscription à paiement échelonné. Mais à la grande surprise des receveurs, une hécatombe a été constatée : la quasi-totalité des bêtes est morte peu après leur livraison.

Le drame sanitaire a suscité colère et incompréhension. Ismaila Sané, l’un des bénéficiaires, témoigne dans une vidéo relayée par la chaîne K7 TV et reprise par SEN TV. Il explique avoir rapidement perçu l’état critique de l’animal dès son arrivée. « Mon petit frère m’a appelé pour me dire de venir voir le mouton. Le lendemain matin, il était déjà mort. Nous sommes totalement dépassés », a-t-il déclaré.

D’autres habitants rapportent des pertes similaires. Khadidiatou Camara affirme que certains béliers sont morts le jour même de leur remise. Bacary Danfa Camara évoque quant à lui une vingtaine de moutons perdus, appartenant à lui et à ses collègues. Pour beaucoup, la qualité des bêtes pose question, tout comme le modèle économique proposé. « Même à 50 000 francs, on n’a rien de valable. Ils nous ont proposé de récupérer notre argent », s’indigne Mme Camara.

Face à l’ampleur de la polémique, le promoteur partenaire de la DER dans cette opération, Arona Gallo, est sorti de son silence. Dans une note diffusée sur SEN TV, il parle d’un « incident isolé regrettable » et avance des explications techniques. Selon lui, les 150 moutons convoyés à Bignona sont arrivés le samedi précédent. Ne pouvant être immédiatement remis aux souscripteurs, ils ont été installés dans un enclos improvisé, situé à proximité de plantes toxiques. Ces végétaux auraient été ingérés par les animaux, provoquant de sévères troubles digestifs et la mort de nombreux moutons.

Le promoteur affirme que la distribution dans d’autres zones du pays s’est déroulée sans incident majeur, mais à Bignona, le mal est déjà fait. Les bénéficiaires, désemparés, demandent des comptes et exigent un dédommagement. Pour eux, au-delà du préjudice financier, c’est la promesse d’une fête de Tabaski digne qui s’est évanouie.

Diplomatie : Ousmane Sonko attendu en Chine du 22 au 27 juin 2025 pour une visite officielle

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, se rendra en visite officielle en République populaire de Chine du 22 au 27 juin 2025. L’annonce a été faite ce vendredi à la suite d’une audience accordée à Li Zhigang, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Chine au Sénégal. Cette rencontre a permis de finaliser les derniers préparatifs de ce déplacement de haut niveau, selon un communiqué émanant de la Primature.

Ce voyage du chef du gouvernement sénégalais répond à une invitation officielle de son homologue chinois, Li Qiang, Premier ministre du Conseil des Affaires d’État. À cette occasion, Ousmane Sonko prendra part au Forum économique mondial d’été, prévu à Davos. Il y interviendra au nom du continent africain, signe de la confiance placée en lui par ses pairs ainsi que de l’importance croissante du Sénégal dans les relations internationales.

En marge de sa participation à ce rendez-vous international, Ousmane Sonko effectuera également une visite de travail et d’amitié en Chine, d’une durée de 48 heures. Ce déplacement sera l’occasion de consolider le partenariat stratégique entre le Sénégal et la Chine, tout en intensifiant les échanges bilatéraux dans des domaines clés.

Il est notamment prévu que les discussions portent sur le renforcement des relations économiques et commerciales, l’exploration de nouvelles opportunités de coopération dans des secteurs prioritaires pour les deux pays, ainsi que sur la promotion des échanges culturels et amicaux entre les peuples sénégalais et chinois.

Ce voyage du Premier ministre s’inscrit dans une dynamique diplomatique active, à un moment où le Sénégal entend réaffirmer sa position et son influence sur la scène internationale.

Tabaski 2025 : la Police met en garde contre les arnaques à la vente de moutons sur les réseaux sociaux

À l’approche de la Tabaski, période de grande affluence sur le marché du bétail, la Police nationale alerte les citoyens sur la recrudescence d’escroqueries liées à la vente de moutons sur les réseaux sociaux. Des individus malintentionnés exploitent la frénésie des préparatifs pour soutirer de l’argent à des victimes peu méfiantes.

Selon les autorités, les escrocs opèrent principalement sur des plateformes telles que Facebook, TikTok et Instagram, où ils publient des annonces alléchantes, souvent accompagnées de photos et de vidéos de moutons robustes à des prix attractifs. Ces publications visent à inspirer confiance et à inciter les acheteurs à effectuer des paiements anticipés.

La méthode est bien rodée : après avoir obtenu un virement d’argent pour la livraison ou la réservation de l’animal, les fraudeurs coupent tout contact avec leurs victimes, rendant impossible toute réclamation ou suivi.

Face à cette situation, la Police nationale appelle à la vigilance et recommande aux citoyens de ne jamais envoyer d’argent à des vendeurs rencontrés uniquement en ligne, sans vérification physique de l’animal ni preuve d’identité fiable. Elle encourage à privilégier les circuits traditionnels ou les vendeurs connus pour éviter toute déconvenue en cette période de fête.

Cette alerte s’inscrit dans une série de mesures préventives prises par les autorités pour garantir la sécurité des populations à l’approche de l’Aïd al-Adha, une fête où le commerce informel en ligne connaît une activité intense, parfois au détriment des consommateurs.

Sénégal : une partie de la communauté musulmane célèbre la Tabaski ce vendredi 6 juin

Alors que la majorité des musulmans sénégalais se préparent à célébrer la Tabaski ce samedi 7 juin 2025, une partie de la communauté a commencé les festivités ce vendredi 6 juin, répondant à l’appel de la Coordination des musulmans du Sénégal (CMS), qui a fixé cette date comme jour de l’Aïd El-Kébir.

Cette divergence de dates n’est pas nouvelle au Sénégal, où l’observation du croissant lunaire suscite régulièrement des désaccords entre différentes instances religieuses. La Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire (CONACOC), organe officiel consultatif, avait pour sa part annoncé la fête pour samedi, suite à ses observations et consultations avec les autorités religieuses du pays.

Cependant, plusieurs pays musulmans dans le monde, notamment l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, l’Égypte, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Nigeria, le Mali et la Côte d’Ivoire, ont également retenu la date de ce vendredi 6 juin pour la célébration, sur la base du calendrier islamique unifié et de la vision lunaire confirmée dans la région du Golfe.

Au Sénégal, cette situation reflète une diversité d’approches dans la pratique religieuse, mais elle se déroule généralement dans un climat de tolérance et de respect mutuel. Les autorités publiques, de leur côté, appellent à la retenue et à la cohésion sociale, surtout en ces temps de grande affluence dans les marchés et lieux de culte.

Thiès : quatre individus arrêtés pour vol à Grand Standing, une arme et des objets divers saisis

Alors que les préparatifs de la Tabaski battent leur plein, les autorités redoublent d’efforts pour faire face à la recrudescence des actes de délinquance. Dans ce contexte, le poste de Police des Parcelles Assainies de Thiès a mis la main sur un groupe de présumés cambrioleurs à la suite d’un vol commis dans un domicile au quartier Grand Standing.

Selon les informations relayées par la Direction de la Police nationale, quatre individus ont été interpellés dans le cadre de cette affaire. L’opération, menée avec efficacité par les éléments du poste de police local, a permis non seulement l’arrestation des suspects, mais aussi la perquisition de leurs domiciles, qui a révélé un important butin.

Parmi les objets retrouvés figurent une arme à feu de type revolver, chargée de neuf cartouches, ce qui soulève des inquiétudes sur le niveau de dangerosité du groupe. Outre l’arme, les enquêteurs ont mis la main sur une quinzaine de téléphones portables, un réfrigérateur, une cuisinière, une tablette numérique, ainsi que des articles plus insolites comme un sac d’oignons et un sac de pommes de terre, vraisemblablement issus du même cambriolage.

Les quatre suspects ont été placés en garde à vue, le temps pour les enquêteurs de poursuivre leurs investigations et de déterminer les circonstances exactes du vol, ainsi que l’existence éventuelle d’autres victimes ou complices.

Les forces de sécurité appellent les citoyens à redoubler de vigilance, particulièrement en cette période de fêtes propice aux actes de banditisme. Elles rappellent également l’importance de signaler tout comportement suspect ou toute présence inhabituelle dans les quartiers.

Énergie : des performances contrastées pour Sangomar, GTA et Gadiaga en mai 2025

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a publié son rapport mensuel sur la production des sites énergétiques stratégiques du pays. Le document, qui dresse un état des lieux de l’activité pour le mois de mai 2025, met en lumière des performances soutenues sur le champ pétrolier de Sangomar, une montée en régime progressive du projet gazier GTA, et une activité stable sur le site de Gadiaga.

Le champ pétrolier offshore de Sangomar, au large des côtes sénégalaises, continue de maintenir une cadence élevée. Trois cargaisons — identifiées sous les codes SAN031, SAN032 et SAN033 — ont été levées au cours du mois de mai, représentant un volume total de 2,92 millions de barils de pétrole brut. Ces volumes ont été exportés sur le marché international, conformément aux contrats d’enlèvement conclus avec les acheteurs. Le ministère confirme que les prévisions annuelles de production, évaluées à 30,53 millions de barils pour 2025, restent inchangées à ce stade.

Du côté du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, les opérations de montée en charge se poursuivent dans le cadre de la mise en service des installations de liquéfaction. Le 15 mai 2025, la deuxième cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL), étiquetée GTA_2025_002, a été chargée avec succès. Elle représente un volume de 168 426 m³, soit environ 3,83 millions de MMBtu, selon les chiffres officiels. Cette opération marque une nouvelle étape vers l’optimisation de la capacité de production du site, encore en phase de rodage.

Sur le plan domestique, la production de gaz naturel à Gadiaga, dans la région de Thiès, reste modeste mais régulière. Le rapport indique qu’au premier trimestre 2025, un volume cumulé de 548 078 Nm³ (normaux mètres cubes) a été commercialisé. Pour le seul mois de mai, la production est estimée à 207 737 Nm³. Ce site, bien que de moindre envergure comparé à GTA ou Sangomar, joue un rôle important dans l’approvisionnement des industries locales et la transition vers un mix énergétique plus propre.

Avec ces résultats, le Sénégal poursuit sa dynamique de développement énergétique, fondée à la fois sur l’exploitation de ses ressources naturelles et l’investissement dans les infrastructures. Le gouvernement reste engagé à garantir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion de ces ressources, dans un contexte où les enjeux énergétiques se mêlent étroitement aux impératifs économiques, environnementaux et géopolitiques.

Nécrologie : Le Groupe Futurs Médias en deuil après le décès d’Ibrahima Dieng, son directeur commercial

Le monde des médias sénégalais est en deuil. Ibrahima Dieng, directeur commercial du Groupe Futurs Médias (GFM), est décédé ce jeudi, plongeant ses proches, ses collègues et toute la famille médiatique dans une profonde tristesse.

Le Groupe Futurs Médias a confirmé la nouvelle à travers un communiqué empreint d’émotion, saluant la mémoire d’un homme unanimement respecté. « C’est avec une profonde tristesse que le Groupe Futurs Médias (GFM) a appris le décès de Monsieur Ibrahima Dieng, son directeur commercial. Figure respectée du monde des médias et du marketing, Ibrahima Dieng s’est distingué par son professionnalisme, son engagement et son sens de l’humain », peut-on y lire.

Durant de nombreuses années, Ibrahima Dieng a contribué au développement commercial du groupe avec rigueur, loyauté et passion. Il laisse derrière lui le souvenir d’un collaborateur discret mais déterminant, d’un manager à l’écoute et d’un homme profondément attaché aux valeurs humaines.

Son départ brutal crée un vide immense au sein du GFM, mais aussi parmi ses nombreux partenaires et amis, qui saluent en lui « un homme de valeur », une figure incontournable du secteur.

Le Dakarois adresse ses condoléances émues à la famille d’Ibrahima Dieng, à ses proches ainsi qu’à toute l’équipe du Groupe Futurs Médias.

Rapatriement du Niger : ADHA dénonce une gestion « indigne » des migrants sénégalais

Soixante-huit ressortissants sénégalais ont été rapatriés du Niger ce mardi 4 juin. Si ce retour a été salué sur le plan humanitaire, il soulève aussi une vive controverse. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) fustige les conditions d’accueil réservées aux migrants, qu’elle qualifie de « dégradantes » et contraires aux engagements internationaux du Sénégal.

« Après avoir survécu à l’enfer en Algérie, puis à six mois de détention dans les camps d’Assamaka, d’Arlit et d’Agadez, ces migrants ont été accueillis à Dakar dans un établissement notoirement inadapté, connu pour abriter des activités incompatibles avec la dignité humaine », dénonce l’ADHA. L’organisation s’alarme également de l’absence totale de prise en charge psychologique et médicale, malgré les traumatismes vécus par ces rapatriés.

Selon le communiqué (n°CP016-0625), l’ADHA avait pourtant alerté les autorités sur la nécessité d’un accompagnement adapté, notamment pour les plus vulnérables. « C’est une négligence grave et un affront aux principes fondamentaux des droits humains », estime l’ONG.

Pour ADHA, cette situation traduit un manquement aux obligations juridiques et éthiques du Sénégal, tant au niveau national qu’international. « L’État a le devoir d’assurer à ses ressortissants un retour dans des conditions respectueuses de leur dignité, et non de les reléguer dans l’indifférence », rappelle l’organisation.

L’ONG attire également l’attention sur les dizaines de Sénégalais encore bloqués dans les camps nigériens. Parmi eux, une femme et ses deux enfants vivraient dans des conditions qualifiées d’« extrêmement précaires ». ADHA lance un appel pressant pour un rapatriement rapide et digne de ces personnes.

« Ces migrants sont avant tout des êtres humains, porteurs de rêves et de souffrances. Ils méritent d’être accueillis avec respect, solidarité et compassion », conclut ADHA, en appelant les autorités sénégalaises à revoir en profondeur leur politique migratoire.

Ce nouveau signal d’alerte relance le débat sur la manière dont le Sénégal traite ses citoyens en situation de vulnérabilité à l’étranger, et sur la nécessité d’un dispositif national cohérent et humain de retour et de réintégration.

Cheikh Mbacké Gadiaga interpellé par la Section de recherches après une plainte pour diffamation de Gabrielle Kane

La Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane a interpellé ce jeudi le journaliste Cheikh Mbacké Gadiaga, dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par l’activiste et féministe Gabrielle Kane. Cette dernière accuse le directeur de publication du site Sénégalinfo de diffamation et d’injures publiques.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, Gabrielle Kane affirme être la cible, depuis plusieurs mois, d’une « campagne de discrédit » menée par deux plateformes médiatiques : Le Verdict News, dirigé par Badara Ngom, et Sénégalinfo, dont Gadiaga est responsable. Elle cite notamment un article publié en Une du Verdict News le 7 décembre 2023, qui la présentait sous un titre particulièrement agressif : « Gabrielle Kane, une grosse ratée qui veut assainir son image à travers la magie du petit écran ».

En page intérieure, le contenu allait plus loin, qualifiant l’activiste de « dévergondée » et de « pétasse ratée », dans des termes que les avocats de Gabrielle Kane jugent « insultants, humiliants, mensongers et attentatoires à la dignité humaine ».

La plaignante met l’accent sur la dimension publique de ces propos, publiés dans un média largement diffusé et accessible à un vaste public. Pour elle, il ne s’agit pas d’un simple dérapage journalistique, mais d’une campagne de haine qui a nui à son image, à sa réputation et à son engagement public.

Les faits reprochés sont susceptibles de relever des délits de diffamation et d’injures publiques, conformément aux articles 248 et 258 du Code pénal sénégalais. Gabrielle Kane demande non seulement l’établissement des responsabilités pénales, mais également la réparation intégrale du préjudice moral subi.

Pour l’heure, Cheikh Mbacké Gadiaga est entendu par les enquêteurs. Il devrait être présenté prochainement au procureur si les charges sont jugées suffisamment étayées.

L’affaire relance le débat sur les dérives de la presse en ligne et la régulation de l’espace médiatique, à l’heure où les réseaux sociaux et certains sites d’information s’affranchissent de plus en plus des règles élémentaires de déontologie.

Tragédie sur la route de la Tabaski : un étudiant tué, cinq blessés à Bounkiling

La Tabaski 2025 a été endeuillée dans la région de Kolda par un drame qui a bouleversé la communauté estudiantine et les familles du Fouladou. En route vers leurs localités d’origine pour célébrer l’Aïd El-Kebir, un groupe d’étudiants inscrits à l’Université de Kaolack a été victime d’un accident tragique survenu dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 juin, aux environs de 4 heures du matin, à hauteur de Bounkiling, dans la région de Sédhiou.

Le minibus qui transportait ces jeunes a quitté la route dans des circonstances encore indéterminées, avant de terminer sa course dans un fracas meurtrier. Le bilan provisoire fait état d’un mort sur le coup et de cinq blessés, dont certains dans un état grave.

Les victimes ont été rapidement évacuées vers l’hôpital régional de Sédhiou, où elles reçoivent actuellement des soins intensifs. Informées de l’accident, les familles des étudiants ont accouru, entre angoisse, prières et incompréhension.

Ce drame suscite une vive émotion dans la région de Kolda et au sein de la communauté universitaire. À l’heure où la fête devait rassembler les familles dans la joie, c’est la consternation qui règne.

Une enquête a été ouverte pour élucider les causes précises de l’accident. En attendant, les autorités réitèrent leurs appels à la prudence, particulièrement en cette période de grands déplacements liés aux fêtes religieuses.

À chaque Tabaski, les routes du Sénégal deviennent le théâtre de drames évitables. Une fois de plus, la négligence, la fatigue ou l’excès de vitesse pourraient avoir fauché des vies trop tôt. Les familles endeuillées, elles, tenteront de traverser cette fête avec une douleur indicible.

Candidature à l’ONU : Yassine Fall ferme la porte à Macky Sall

Alors que des rumeurs persistantes évoquent une éventuelle candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies, la ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Yassine Fall, est sortie de sa réserve. Dans un entretien exclusif accordé à Seneweb, la cheffe de la diplomatie sénégalaise a catégoriquement rejeté cette hypothèse, qu’elle qualifie de totalement infondée.

« Macky Sall candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU ? Ceux qui avancent cela ignorent manifestement les critères requis : son passé, son bilan et son profil ne correspondent pas. Lorsque les candidatures seront officialisées, son nom ne figurera même pas sur la liste », a-t-elle déclaré sans ambages.

Cette sortie intervient quelques jours après celle d’Aminata Touré, ancienne Première ministre et figure de proue de la dissidence au sein de l’ancien régime, qui s’était également montrée sceptique quant à une telle ambition prêtée à Macky Sall. Les deux réactions concordantes montrent une volonté du nouveau pouvoir de se désolidariser clairement de l’ancien président, y compris sur le plan symbolique et diplomatique.

C’est le site spécialisé Africa Intelligence qui avait relancé le débat, en affirmant que Macky Sall caressait l’ambition de succéder à António Guterres à la tête des Nations unies à l’expiration de son mandat, prévu pour décembre 2026. Aucune déclaration officielle n’a encore émané de l’ex-chef de l’État, qui garde jusqu’ici le silence sur la question.

Mais pour la diplomatie sénégalaise actuelle, l’affaire semble déjà tranchée. Yassine Fall insiste : « Le Sénégal a une vision claire de ce que représente le poste de Secrétaire général de l’ONU. Il ne s’agit pas d’un refuge politique, mais d’une fonction qui exige rigueur, neutralité et une trajectoire irréprochable sur le plan international. »

Ces déclarations viennent confirmer la rupture assumée entre l’ancienne administration et celle actuellement en place, dans un contexte où la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale est scrutée de près.

Réforme de la protection sociale : Ousmane Sonko plaide pour une fusion de l’IPRES et de la CSS

Lors du Conseil des ministres du mercredi 4 juin 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en lumière les limites du système de sécurité sociale sénégalais. Gouvernance éclatée, couverture insuffisante et prestations peu satisfaisantes : autant de maux qu’il souhaite corriger à travers une refonte structurelle. Il a notamment proposé la fusion de l’IPRES et de la CSS, deux piliers de la protection sociale, et appelé à l’adoption rapide d’un nouveau Code de sécurité sociale.

Dans son adresse, Ousmane Sonko a d’abord pointé les nombreux défis auxquels fait face la sécurité sociale au Sénégal. Il a souligné que la couverture actuelle reste largement incomplète. De larges franges de la population active — notamment les travailleurs indépendants et ceux évoluant dans le secteur informel — ne sont pas pris en charge par les dispositifs existants. Même les initiatives d’extension menées ces dernières années n’ont pas permis de combler les lacunes, laissant des centaines de milliers de Sénégalais hors du système.

Le chef du gouvernement a également évoqué le système de retraite, qu’il juge peu équitable et marqué par la faiblesse des pensions. Selon lui, la qualité des services rendus reste insatisfaisante pour les retraités, dans un contexte de vie chère et d’inflation continue.

Au cœur du problème : une gouvernance jugée inefficiente. La coexistence de plusieurs organes — chacun en charge d’une branche spécifique — rend difficile l’harmonisation des politiques sociales. Ce cloisonnement administratif nuit, selon le Premier ministre, à la cohérence d’ensemble et freine les réformes nécessaires.

Pour répondre à ces dysfonctionnements, Ousmane Sonko a instruit le ministre du Travail de mener une réflexion sur une possible fusion de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) et de la Caisse de Sécurité Sociale (CSS). Cette fusion viserait à créer une « grande institution de protection sociale », plus efficace, plus moderne et capable d’assurer une couverture universelle. Il a également chargé le ministre Secrétaire général du Gouvernement d’accélérer le processus d’adoption du nouveau Code de sécurité sociale, attendu depuis plusieurs années.

Cette annonce marque une volonté politique forte de restructurer en profondeur un système souvent critiqué pour son inadaptation aux réalités sociales du pays. Elle ouvre aussi la voie à un débat de fond sur l’avenir des politiques sociales au Sénégal, à un moment où les attentes des populations en matière de justice sociale, d’équité et de solidarité n’ont jamais été aussi fortes.

À la veille de la Tabaski : Macky Sall envoie une délégation parlementaire à la famille de Farba Ngom

À quelques jours de la fête de la Tabaski, une délégation parlementaire conduite par Me Aïssata Tall Sall s’est rendue au domicile familial du député Farba Ngom. Cette visite de solidarité, empreinte de compassion, intervient dans un contexte marqué par la détention prolongée du maire d’Agnam, actuellement poursuivi dans deux affaires judiciaires majeures.

La Présidente du Groupe Parlementaire Takku Wallu Sénégal (TWS), Me Aïssata Tall Sall, a dirigé cette initiative « au nom des valeurs de fraternité et de partage » qui caractérisent, selon elle, cette période sacrée du calendrier musulman. La délégation, composée de plusieurs députés proches de l’ancien président Macky Sall, a ainsi voulu témoigner sa proximité avec la famille du parlementaire incarcéré depuis le 27 février dernier.

Selon les informations relayées par le quotidien L’AS, cette visite s’inscrit dans le sillage d’un message personnel du président Macky Sall, transmis par Amadou Mame Diop, président de l’Assemblée nationale. Le message, adressé à la famille Ngom, mais aussi aux maires, élus, militants et populations de la région de Matam, se veut un geste de réconfort dans une période éprouvante. La famille de Farba Ngom a salué cette démarche et remercié chaleureusement Macky Sall ainsi que l’ensemble des députés mobilisés.

Farba Ngom, figure emblématique du nord du pays et fidèle parmi les fidèles de Macky Sall, fait l’objet de poursuites judiciaires dans deux dossiers distincts. Le premier le cite comme complice présumé dans un détournement de 91 milliards de FCFA impliquant l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Le second le désigne comme auteur principal présumé d’un autre détournement portant sur une somme de 31 milliards de FCFA.

Ces procédures s’inscrivent dans le cadre d’un vaste processus de reddition des comptes enclenché depuis l’installation des nouvelles autorités. La Haute Cour de Justice et les juridictions ordinaires ont engagé une série de dossiers visant à faire la lumière sur la gestion des finances publiques sous les précédents régimes.

Dans ce contexte judiciaire tendu, la visite des députés à la famille Ngom apparaît aussi comme un signal politique fort : celui de la fidélité et du soutien d’une partie de la classe politique à l’un de ses membres, malgré la gravité des accusations qui pèsent sur lui. Elle rappelle aussi que, au-delà des joutes judiciaires, les équilibres affectifs et régionaux continuent de jouer un rôle de premier plan dans la dynamique politique sénégalaise.

Réforme foncière : Ousmane Sonko veut une solution globale et inclusive face aux litiges

Lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, tenue ce mercredi 4 juin 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en exergue l’urgence de repenser la politique foncière au Sénégal. Confronté à une explosion des conflits liés à la gestion du foncier, le chef du gouvernement a annoncé une réforme d’ampleur, qui se veut à la fois globale, inclusive et centrée sur les citoyens.

Dans sa communication, le Premier ministre a pointé du doigt une situation devenue intenable. Entre 2024 et 2025, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS) a enregistré des milliers de plaintes liées à des litiges fonciers. La plupart restent à ce jour sans issue. À ces chiffres déjà préoccupants s’ajoutent les réclamations incessantes reçues à la Primature, traduisant la profondeur de la crise.

Ousmane Sonko a dénoncé l’accaparement massif des terres en milieux urbain et rural, qu’il a qualifié de « source de troubles graves à l’ordre public, de préjudice à la cohésion sociale et de frein au développement économique ». Il a ordonné aux services compétents de proposer une réponse rapide, rigoureuse et durable à cette problématique qu’il juge cruciale pour l’avenir du pays.

Dans cette optique, le Premier ministre a annoncé la stabilisation des Termes de Référence d’une réforme foncière « globale et inclusive », qui ambitionne de repenser le modèle d’attribution, d’usage et de sécurisation du foncier. Une réforme où le « citoyen-usager » sera placé au centre, garantissant ainsi une transparence accrue et une plus grande équité dans la gestion des terres.

Un accent particulier sera mis sur la récupération des assiettes foncières détournées ou non valorisées, notamment dans le cadre des projets d’aménagement urbain comme le Plan d’Urbanisme de Détail (PUD) de Dakar, les lotissements de Daga Kholpa et de Mbour 4. Ces terres feront l’objet d’une valorisation « judicieuse », notamment pour répondre à la forte demande en logements sociaux.

Le Premier ministre a également précisé que les propriétaires en règle, et ayant pu justifier de la légitimité de leurs titres fonciers, sont en train d’être rétablis dans leurs droits. Un signal fort envoyé à ceux qui, dans la confusion administrative des dernières années, avaient vu leurs parcelles remises en cause.

À travers cette réforme, l’exécutif entend apporter une réponse structurelle à l’une des sources les plus sensibles de tension sociale au Sénégal, tout en posant les bases d’une gouvernance foncière plus juste, plus transparente et tournée vers le développement durable.

Haute Cour de Justice : la Commission d’instruction enclenche l’étape des convocations

La procédure judiciaire engagée contre plusieurs anciens ministres sénégalais connaît une nouvelle évolution. La Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a décidé de franchir une étape cruciale : celle des convocations officielles. Cette phase marque l’entrée dans le cœur du processus d’instruction, avec des auditions attendues qui devraient permettre de faire la lumière sur les dossiers en cours.

Après une première vague d’inculpations ayant concerné des personnalités de premier plan, la justice sénégalaise accélère la cadence. Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines, fait l’objet d’un mandat de dépôt. Ndèye Saly Diop Dieng, ex-ministre de la Femme, a été placée sous contrôle judiciaire. Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice, est soumis à un port de bracelet électronique. Quant à Moustapha Diop et Amadou Mansour Faye, ils sont également incarcérés, sous mandat de dépôt.

Selon les informations relayées par le quotidien Libération, la Commission d’instruction a désormais transmis une série de convocations à la Division des investigations criminelles (DIC), chargée de les notifier aux personnes concernées. Ces convocations visent des individus cités dans les enquêtes en cours, notamment dans l’affaire emblématique impliquant Sophie Gladima. D’après les mêmes sources, certaines de ces personnes sont soupçonnées d’avoir joué un rôle clé dans la chaîne de décisions ou dans la gestion de fonds publics relevant du ministère des Mines.

La démarche marque une intensification des travaux de la Haute Cour, qui semble déterminée à établir toutes les responsabilités, au terme d’un processus rigoureux mais inédit dans l’histoire institutionnelle récente du pays. Cette dynamique judiciaire, inédite à cette échelle, est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où les questions de reddition des comptes et de transparence dans la gestion publique occupent le devant de la scène politique.

Les auditions qui découleront de ces convocations devraient ouvrir une nouvelle séquence, susceptible d’alimenter aussi bien les débats juridiques que les tensions politiques. Pour l’heure, aucun calendrier officiel des auditions n’a été communiqué, mais les convocations notifiées par la DIC laissent présager des développements imminents.

La Haute Cour de Justice, jusque-là rarement mobilisée, devient ainsi un acteur central dans ce qui s’apparente de plus en plus à une vaste opération de moralisation de la vie publique. Reste à savoir jusqu’où cette procédure ira, et quels nouveaux noms pourraient être entendus dans les prochaines semaines.

Trafic de faux médicaments à Thiaroye : 26 sacs saisis, 7 dépôts illégaux démantelés

Une vaste opération de lutte contre le trafic de médicaments contrefaits s’est déroulée ce lundi 2 juin 2026 au marché de Thiaroye. Menée par la Brigade Nationale de Lutte contre la Piraterie et la Contrefaçon (BNLPC), en étroite collaboration avec l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), cette intervention ciblée a permis de démanteler sept dépôts illégaux et de saisir vingt-six sacs remplis de médicaments illicites.

L’opération, soigneusement planifiée, s’inscrit dans le cadre de la riposte nationale contre la prolifération des médicaments falsifiés, un fléau sanitaire en pleine expansion au Sénégal. Les produits saisis étaient destinés à être vendus sur le marché parallèle, échappant à tout contrôle de qualité ou d’origine, mettant ainsi gravement en danger la santé des citoyens. Les médicaments contrefaits, souvent mal dosés, mal conservés ou composés de substances toxiques, peuvent provoquer des effets dévastateurs, voire mortels.

Selon les autorités, les dépôts démantelés étaient habilement dissimulés dans les allées du marché de Thiaroye, et approvisionnaient une filière informelle bien organisée. L’envergure de la saisie témoigne de l’ampleur du phénomène. Ce trafic, aussi discret que lucratif, gangrène à la fois la santé publique et l’économie légale du secteur pharmaceutique. Il affaiblit la confiance dans les circuits de distribution officiels et favorise l’impunité de réseaux transnationaux souvent difficiles à tracer.

À l’issue de cette opération coup de poing, la BNLPC et l’ARP ont réaffirmé leur détermination à intensifier la lutte contre les contrebandiers. Des enquêtes ont été immédiatement ouvertes afin de remonter toute la chaîne logistique impliquée, depuis les fournisseurs jusqu’aux distributeurs finaux. Les autorités n’excluent pas d’éventuelles ramifications internationales.

Par ailleurs, un appel a été lancé aux populations. Les autorités exhortent les citoyens à ne pas acheter de médicaments en dehors des circuits agréés — notamment les pharmacies — et à signaler toute activité suspecte aux forces de l’ordre ou aux services de santé. La vigilance communautaire est jugée essentielle pour freiner la progression de ce commerce clandestin, dont les conséquences peuvent être dramatiques.

LITIGE FONCIER / AFFAIRE FABOULY GAYE : Mame Boye Diao éclaboussé

Un nouveau scandale foncier secoue la haute administration sénégalaise. Au cœur de l’affaire, un terrain qui serait illégalement attribué par Mame Boye Diao, directeur des Domaines à l’époque, à l’homme politique Fabouly Gaye, qui l’a ensuite revendu à un commerçant. À la plus grande surprise de ce dernier, le bien, qui lui a été cédé à 70 millions F CFA, fait en réalité partie du domaine national.

L’histoire commence en 2022. Mame Boy Diao, alors tout-puissant Directeur général des Domaines sous le magistère du président de la République, Macky Sall, signe un acte d’attribution foncière au profit de Fabouly Gaye, figure politique de la région de Kolda et acteur influent de la vie locale. Jusque-là, rien d’extraordinaire dans un pays où les faveurs foncières entre proches du pouvoir se traitent à huis clos et se matérialisent sur du papier à en-tête de la République.
Mais l’affaire prend une tournure explosive lorsque Fabouly Gaye revend le terrain à un commerçant établi à Dakar, désireux de construire un entrepôt pour étendre ses activités. Le commerçant, confiant, engage des frais, prépare son projet, sollicite les autorisations. Et c’est là que le couperet tombe : la direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols (DSCOS) lui notifie que le terrain est classé dans le domaine public, donc inaliénable et inconstructible. Autrement dit, il n’appartient ni à Fabouly Gaye, ni à personne, et ne pouvait légalement faire l’objet d’une transaction.
Le document d’attribution est pourtant formel. Il est signé par Mame Boye Diao en personne, dans l’exercice de ses fonctions de directeur des Domaines. Ce n’est pas un faux, ni une contrefaçon artisanale. Il s’agit d’un acte authentique, mais d’une légalité douteuse, car il attribue à un particulier un bien appartenant au domaine public de l’État ; ce que la loi interdit formellement.
La question est simple, mais explosive : comment un directeur des Domaines a-t-il pu attribuer un terrain non cessible ? Erreur ? Négligence ? Complicité ? Manipulation ? La justice est désormais saisie, mais à ce jour, seul Fabouly Gaye a été arrêté, soupçonné d’escroquerie et de recel de bien public. Pendant ce temps, Mame Boye Diao, signataire de l’acte originel, circule librement, sans convocation judiciaire ni commentaire public.

SYNOPSIS

Vu que Fabouly n’a pas été trouvé chez lui, sa convocation lui a finalement été envoyée via Whatsapp. Par la suite, il l’a transférée à Mame Boye Diao pour lui dire qu’il faut régler cette affaire qui risque de les faire couler tous les deux. C’est ainsi que Mame Boye Diao lui aurait proposé de vendre un terrain qui leur appartiendrait tous les deux pour que le commerçant puisse rentrer dans ses fonds, s’élevant à soixante-dix (70) millions F CFA. Toutefois, Fabouly n’a pas trouvé l’idée ingénieuse car son acolyte est très connue dans les hautes sphères de l’administration publique. Ainsi, lui a-t-il proposé de régler le problème d’une autre manière. Ce que Mame Boye Diao a approuvé. Mais, malheureusement pour Fabouly, il n’aura pas de retour de ce dernier jusqu’à son arrestation hier, mercredi. L’adjoint au maire se trouve actuellement dans les geôles de la gendarmerie de Thiong.
D’après des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », des proches de Mame Boye Diao, jusque vers minuit dans la soirée d’hier, s’affairaient dans les locaux de la gendarmerie afin que l’affaire ne tombent pas entre les mains des journalistes. Ils quémandaient la clémence du commerçant, lui promettant de solder entièrement les 70 millions F CFA. Les négociations n’ont pas abouti. Fabouly a passé la nuit à la brigade de Thiong, en position de garde à vue.
Dans cette affaire, un commerçant qui a cru aux documents officiels de l’État, investi, planifié, s’est retrouvé avec un terrain inexploitable et un projet ruiné. Une situation tristement banale pour de nombreux investisseurs, petits ou grands, dans un pays où le flou administratif et l’arbitraire bureaucratique alimentent une instabilité foncière chronique.
Mais cette fois, le dossier est trop emblématique pour rester dans l’ombre. Car il expose au grand jour le dysfonctionnement au sommet de la gestion foncière nationale. Que vaut une signature d’un commis de l’État si elle ne garantit ni propriété, ni sécurité juridique ? Et que vaut l’égalité devant la loi si seuls les seconds couteaux sont inquiétés, pendant que les auteurs premiers des actes illégaux sont épargnés ?
Le nouveau régime, issu de la rupture politique de 2024, s’est présenté comme le porte-étendard de la moralisation de la vie publique. Cette affaire est un test de crédibilité. En effet, Mame Boy Diao n’est pas un fonctionnaire lambda : il est devenu, depuis son départ des Domaines, une personnalité politique active, proche de certaines composantes de l’actuel pouvoir, voire pressenti dans certains cercles pour des fonctions de plus haut niveau.
Laisser cette affaire se refermer sur Fabouly Gaye seul serait un aveu de continuité dans l’injustice. Et ce serait renoncer à l’État de droit, à la transparence et à la rupture promise. La société sénégalaise, de plus en plus vigilante et connectée, ne se satisfait plus des boucs émissaires. Elle exige la traçabilité des actes et la reddition des comptes.
Mouhamadou CISSÉ

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°481 – 05/06/2025

🔴 LITIGE FONCIER / AFFAIRE FABOULY GAYE : MAME BOYE DIAO DANS LA SAUCE
🔴 DIALOGUE NATIONAL / LES MODES DE SCRUTIN : LE SUJET QUI FÂCHE !

🔴 LIGUE 1 / AS PIKINE VS GUÉDIAWAYE À THIÈS : L’ÉQUILIBRE DE LA TERREUR !
🔴 UEFA U18 / TIRS AU BUT : LE SÉNÉGAL NEUTRALISE LE JAPON

Renouvellement de l’administration publique : des nominations stratégiques au service de l’action gouvernementale

En clôture du Conseil des ministres, le Président de la République a procédé à d’importantes nominations à des postes clés de l’administration, dans le souci de renforcer l’efficacité de l’action publique. Ces décisions, prises après délibération, s’inscrivent dans une logique de continuité républicaine et de redéploiement stratégique des compétences.

Ainsi, Monsieur Malick Ndiaye a été nommé Président du Conseil de surveillance de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Ce choix témoigne de la volonté des autorités de consolider la transparence et la régularité dans la gestion des marchés publics, secteur déterminant pour la moralisation de la vie économique.

À la direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor, c’est Madame Fanta Sène, Inspectrice principale du Trésor, qui prend les commandes. Sa nomination traduit la reconnaissance de son expertise dans le domaine de la gestion budgétaire et financière, au moment où l’État cherche à redynamiser les instruments de gouvernance économique et à renforcer la rigueur dans l’exécution des dépenses publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a nommé Monsieur Matar Diop, Inspecteur principal du Trésor, comme Agent comptable particulier des grands projets du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Une désignation qui reflète l’importance stratégique accordée à la sécurisation financière des projets d’envergure dans le secteur des infrastructures.

Soutien à la production maraîchère et préparation de la Tabaski : une volonté présidentielle d’anticipation et de solidarité

Dans le prolongement de ses orientations économiques, le Président de la République a attiré l’attention du Gouvernement sur la nécessité de consolider les performances du secteur maraîcher, pilier fondamental de la sécurité alimentaire nationale. Soulignant les efforts fournis par les producteurs ces dernières années, notamment dans les zones des Niayes, du Sénégal oriental, du Centre et de la Moyenne Casamance, il a salué l’augmentation notable des volumes de production, particulièrement pour les cultures de tomate, de carotte, de pomme de terre, d’oignon, de pastèque, de melon et de piment.

Le Chef de l’État a toutefois souligné que ces progrès méritaient d’être mieux soutenus. Il a ainsi instruit le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture à renforcer les mesures d’accompagnement en matière d’accès aux intrants, à l’eau, à l’énergie, au foncier et aux circuits de commercialisation. Il a insisté sur la nécessité d’assurer une meilleure organisation des producteurs, notamment à travers des coopératives agricoles plus structurées, afin d’améliorer la rentabilité des exploitations et de favoriser une politique de prix plus juste.

Dans cette même dynamique, à l’approche de la fête de la Tabaski, le Président Faye a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une bonne disponibilité du bétail sur l’ensemble du territoire national. Il a mis l’accent sur l’importance d’un encadrement rigoureux des circuits de distribution, tout en veillant à limiter les pratiques spéculatives susceptibles de pénaliser les ménages.

Le Chef de l’État a instruit les ministres en charge de l’Élevage, du Commerce, de l’Intérieur, des Finances, de l’Agriculture et des Transports terrestres à travailler en synergie, sous la coordination du Premier ministre, pour garantir un bon acheminement du bétail depuis les zones de production jusqu’aux centres urbains, notamment Dakar. Il a par ailleurs demandé un suivi rigoureux de la mise à disposition des espaces de vente, de la sécurité des zones d’exposition, ainsi que de l’accès à l’eau et à l’aliment de bétail.

Dans un esprit de solidarité nationale, le Président de la République a exhorté le Gouvernement à renforcer les initiatives de soutien en faveur des populations vulnérables, en prévision de la Tabaski, afin que cette fête religieuse puisse être célébrée dans la dignité par tous les Sénégalais, quelle que soit leur condition sociale.

Conseil des ministres du 4 juin 2025 : cap sur la modernisation démocratique, le dialogue social et la souveraineté économique

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce mercredi 4 juin 2025 la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, tenue au Palais de la République. À l’ouverture de la séance, le Chef de l’État a adressé ses remerciements à toutes les parties prenantes ayant pris part au Dialogue national sur le système politique. Il a salué l’engagement patriotique, la maturité et le sens des responsabilités dont ont fait preuve les forces vives de la Nation, estimant que cette dynamique de concertation a permis de dégager un consensus durable sur les réformes politiques et institutionnelles à entreprendre.

Dans la continuité de cette démarche participative, le Président Faye a réaffirmé sa volonté, ainsi que celle de son gouvernement, de mettre en œuvre, dans le respect des convictions citoyennes, les recommandations issues du Dialogue. Il s’agit, selon lui, d’une étape déterminante vers l’approfondissement de la démocratie sénégalaise et son arrimage aux exigences modernes de gouvernance.

Abordant la question du dialogue social, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer le triptyque Gouvernement-Syndicats-Patronat, pierre angulaire du Pacte national de stabilité sociale signé le 1er mai 2025. Il a rappelé à l’équipe gouvernementale l’importance stratégique du Haut Conseil du Dialogue social dans le suivi et la vulgarisation des engagements contenus dans ce pacte. Il a, en ce sens, instruit le Premier ministre ainsi que les ministres du Travail et des Finances à renforcer les moyens d’action de cet organe, dans une logique d’accompagnement de l’application des mécanismes de régulation sociale dans tous les secteurs d’activité.

Le Président a ensuite souligné la nécessité de promouvoir une culture préventive des conflits sociaux. Pour ce faire, il a préconisé la mise en place de comités sectoriels et territoriaux de dialogue social dans chaque département ministériel. Il a également insisté sur l’importance d’actualiser et de faire appliquer les conventions collectives dans les différentes branches professionnelles.

Enfin, le Président Faye a exhorté le Gouvernement à rester constamment à l’écoute des acteurs économiques et sociaux. Il a appelé à un renforcement du dialogue avec le secteur privé, dans le respect des lois, pour une meilleure application des droits des travailleurs, une amélioration continue de l’environnement des affaires et une relance économique solide. Dans cette perspective, il a demandé au Premier ministre de finaliser et de faire adopter le projet de loi sur la souveraineté économique, véritable levier pour la transformation structurelle de l’économie nationale et le renforcement de la compétitivité des entreprises sénégalaises.

À l’approche de la Tabaski, le Forum du Justiciable plaide pour des mesures de clémence en faveur de certains détenus

Dans une démarche à la fois humanitaire et pragmatique, le Forum du Justiciable du Sénégal a lancé ce 4 juin 2025 un appel solennel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’aux magistrats instructeurs et procureurs, pour envisager des mesures de clémence à l’endroit de certains détenus, à l’occasion de la fête de la Tabaski.

Dans un communiqué publié ce mercredi, l’organisation rappelle que le chef de l’État dispose, conformément à l’article 47 de la Constitution sénégalaise, du pouvoir de faire grâce. C’est donc sur la base de cette disposition que le Forum invite le président à accorder son pardon à un maximum de détenus, notamment ceux qui présentent des gages de resocialisation, les personnes âgées, les individus atteints de maladies graves ou chroniques, ainsi que les mineurs incarcérés.

Le Forum du Justiciable ne se limite pas à la grâce présidentielle. Il interpelle aussi les acteurs de la chaîne judiciaire, particulièrement les magistrats instructeurs et les procureurs. L’organisation les exhorte à user de leur pouvoir d’appréciation pour accorder la liberté provisoire à toute personne placée en détention préventive et présentant des garanties sérieuses de représentation en justice, ainsi qu’à celles dont l’état de santé est incompatible avec le régime carcéral.

Ce plaidoyer s’inscrit dans une dynamique de désengorgement des prisons, dont la surpopulation constitue une préoccupation récurrente au Sénégal. Il traduit également une volonté de voir les principes de justice s’harmoniser avec les impératifs d’humanité, notamment à l’occasion d’une fête religieuse majeure comme la Tabaski.

En signant cette déclaration, le Bureau Exécutif du Forum du Justiciable espère sensibiliser les autorités sur l’urgence de mesures concrètes et ciblées, dans le respect de la loi et des droits fondamentaux des personnes détenues.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 04 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 04 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a remercié l’ensemble des participants aux travaux du Dialogue national sur le système politique. Il a salué l’esprit patriotique constructif et le sens des responsabilités qui ont animé toutes les forces vives de la Nation et toutes les parties prenantes pendant cette rencontre. Ce qui va permettre d’asseoir, dans le respect des convictions de chaque citoyen, un consensus durable sur les points d’amélioration et les réformes politiques et institutionnelles nécessaires au renforcement du rayonnement démocratique du Sénégal. Il a réitéré sa détermination et celle du Gouvernement à ne ménager aucun effort pour travailler à l’approfondissement et à la modernisation de notre démocratie à travers la mise en œuvre concertée des recommandations consensuelles issues du Dialogue national sur le système politique.

Le Président de la République est revenu sur le renforcement du dialogue social tripartite (Gouvernement, Syndicats, Patronat) et la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Il a rappelé au Gouvernement le rôle fondamental du Haut Conseil du Dialogue social dans la facilitation, la vulgarisation et le suivi de la mise en œuvre des engagements tripartites dudit pacte signé le 1er mai 2025. A ce sujet, il a demandé au Premier Ministre, au Ministre en charge du Travail et au Ministre en charge des Finances, de veiller au renforcement des moyens d’intervention du Haut Conseil du Dialogue social afin de mieux accompagner le respect des mécanismes du dialogue social dans tous les secteurs.

Le Chef de l’Etat a indiqué au Gouvernement l’importance de consolider une culture préventive des conflits en veillant, selon les spécificités de chaque département ministériel, à la mise en place systématique de Comités sectoriels et territoriaux du dialogue social, mais également à l’actualisation et à la signature des conventions collectives dans les branches d’activité.

Dans cet élan de concertation et d’élargissement de la négociation collective, il a demandé au Gouvernement d’être toujours à l’écoute des acteurs économiques et sociaux, d’accompagner, dans le respect des lois, règlements et conventions internationales, l’application des droits des travailleurs, de renforcer le dialogue Etat-secteur privé afin d’assurer l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires et la relance de l’économie nationale. A cet effet, il a rappelé au Premier Ministre la nécessité de finaliser et de faire adopter le projet de loi sur la souveraineté économique, symbole de notre volonté de transformer l’activité économique et de soutenir la compétitivité des entreprises locales. Le Président de la République a abordé la problématique des mesures de sauvegarde pour la commercialisation optimale de la production maraichère locale et de la préservation durable des filières horticoles.

Face à la production maraichère exceptionnelle de cette année qui connait des difficultés de conservation et de commercialisation menaçant la survie de plusieurs filières, il a demandé au Gouvernement, sous la direction du Premier Ministre, de prendre toutes les mesures et d’accomplir les diligences qui s’imposent, afin d’assurer, dans les meilleurs délais, en partenariat avec les acteurs privés nationaux, l’aménagement et l’installation d’unités de stockage et de conservation des produits horticoles dans plusieurs localités du pays.

Il a également exhorté le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, le Ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, à mettre en œuvre une stratégie de commercialisation de la production agricole et horticole nationale, en lien avec l’évolution de la campagne de production.

Il a souligné la nécessité de mieux organiser les marchés des produits agricoles qui doivent se moderniser et s’adosser à la mise en place, à terme, d’une bourse nationale des produits agricoles, impliquant l’intégralité des segments commercialisation, etc.). (financement, production, prix, transformation, A la veille de la fête de Tabaski, le Chef de l’Etat a adressé ses meilleurs vœux à la Oummah islamique, à la communauté musulmane du Sénégal en particulier et prié pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité.

Il a félicité le Gouvernement pour les différentes mesures appliquées, depuis le mois d’avril 2025, en vue d’un approvisionnement correct du pays en moutons et en produits de consommation courante à des prix accessibles. Il a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer un bon déroulement des célébrations, ainsi que des déplacements des populations dans des conditions optimales en veillant à la fluidité et à la sécurité de la circulation routière. La 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine aura lieu les 07, 08 et 09 juin 2025 à l’occasion de la Pentecôte.

Le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations à la communauté chrétienne et demandé au Gouvernement de veiller au déploiement satisfaisant de toutes les mesures sécuritaires et logistiques adéquates afin d’assurer l’encadrement des pèlerins et le bon déroulement des manifestations religieuses sur les sites d’accueil retenus. Ce Conseil des Ministres est le 50ème depuis l’accession à la magistrature suprême de Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

A cette occasion, le Chef de l’Etat a félicité  Monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO pour le travail remarquable et exceptionnel de conception, de mise en œuvre, de redressement et de suivi de l’action gouvernementale, réalisé dans l’ensemble des secteurs. Il a associé dans ses félicitations et encouragements le Gouvernement pour l’engagement et le travail permanent de qualité accompli. Il a demandé au Premier Ministre de prendre toutes les mesures idoines en vue d’accélérer la mise en œuvre du référentiel « Vision Sénégal 2050 ».

En outre, il a souligné l’impératif d’un monitoring mensuel des programmes et projets, relevant de l’Agenda national de Transformation, à travers la mise en place des « delivery units » ministériels. Enfin, le Président de la République a demandé au Premier Ministre d’envisager la tenue d’un séminaire d’évaluation de l’action gouvernementale et d’accélération du déploiement de l’Agenda national de Transformation. Au chapitre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur la visite d’Etat qu’il a effectuée les 26 et 27 mai 2025, en Guinée-Bissau, à l’invitation du Président Umaro Sissoco EMBALO.

Il a remercié son homologue et frère ainsi que le peuple bissau-guinéen pour l’accueil exceptionnel qui lui a été réservé. Il a exprimé sa profonde gratitude au Président EMBALO qui l’a décoré de la Médaille Amílcar CABRAL, plus haute distinction du pays. Il a aussi réaffirmé son attachement aux relations historiques d’amitié et de fraternité qui unissent les deux peuples.

La communication de Monsieur le Premier Ministre a porté sur la gestion des litiges fonciers, la gouvernance du système de protection sociale et la prévention des risques liés à l’hivernage.

S’agissant de la gestion des litiges fonciers, le Premier Ministre a indiqué que de nombreuses réclamations et demandes d’arbitrage sont adressées quotidiennement à la Primature par des concitoyens déterminés à faire respecter leurs droits. A titre illustratif, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS) a reçu entre 2024 et 2025, des milliers de plaintes liées à des litiges fonciers, dont la plupart reste, à ce jour, sans solution.

Le Premier Ministre a déploré l’accaparement des terres en milieux urbain et rural engendrant des troubles graves à l’ordre public, un préjudice à la cohésion sociale et au développement économique. Le Premier Ministre a demandé aux structures concernées d’apporter une réponse adéquate et diligente à cette question aux enjeux cruciaux. Dans ce sens, il a annoncé la stabilisation des Termes de Référence pour une réforme foncière globale et inclusive.

Le Premier Ministre a insisté sur le fait que le citoyen-usager sera placé au cœur de ces réformes. Ainsi, les assiettes récupérées à la suite des vérifications foncières menées dans les projets d’aménagement urbain comme le Plan d’Urbanisme de Détail (PUD) à Dakar, les lotissements de Daga Kholpa et de Mbour 4 feront l’objet d’une valorisation judicieuse, en particulier, dans le cadre du développement de logements sociaux. Dans le même ordre d’idées, les propriétaires ayant justifié de la régularité de leurs attributions sont en train d’être rétablis dans leurs droits.

Le Premier Ministre a ensuite procédé à un diagnostic du système de sécurité sociale sénégalais confronté à plusieurs défis, en particulier, celui de la gouvernance, de l’étendue de la couverture et de la qualité des prestations. En effet, la couverture actuelle des institutions de sécurité sociale laisse à la marge plusieurs catégories de personnes notamment les travailleurs indépendants et ceux de l’économie informelle. Les initiatives prises pour étendre cette couverture laissent encore persister des insuffisances.

Par ailleurs, le système de retraite reste marqué par la faiblesse des pensions et la qualité du service. Le Premier Ministre a constaté que la gouvernance est caractérisée par une pluralité d’organes assurant chacun la gestion d’une branche. Cet émiettement de l’architecture institutionnelle rend difficile la mise en œuvre d’une politique sociale cohérente et unifiée. Pour ce faire, le Premier Ministre a demandé au Ministre en charge du Travail d’engager la réflexion sur une possible fusion de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) et de la Caisse de Sécurité sociale (CSS) en une grande institution et de veiller, en rapport avec le Ministre Secrétaire général du Gouvernement, à l’adoption rapide du nouveau Code de sécurité sociale.

Le Premier Ministre accorde une importance particulière à la prévention des risques graves liés à l’hivernage, dont les plus récurrents sont : les inondations, les crues, les noyades, les maladies hydriques, les accidents électriques notamment ceux liés à la foudre, l’insécurité routière et le péril acridien. A ce titre, plusieurs mesures allant dans le sens d’une gestion préventive et efficace de ces phénomènes ont été déjà prises à l’occasion de Conseils interministériels antérieurs. Toutefois, ces précautions ne nous mettent pas totalement à l’abri de ces risques et de leurs conséquences, surtout dans un contexte de dérèglement climatique. Le Premier Ministre a exhorté les Ministres compétents à prendre les dispositions nécessaires pour les prévenir et, en cas de survenance, d’en limiter les conséquences négatives et d’apporter des solutions pertinentes.

Enfin, l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a été invitée à fournir aux populations, en particulier les agriculteurs, les éleveurs, les usagers de la route, les marins pêcheurs et autres gens de mer, l’accès à temps à l’information météorologique, leur permettant ainsi d’observer les règles minimales de sécurité requises.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre chargé du suivi de l’Agenda national de Transformation a fait une communication sur le pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation ;

– le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur le dispositif de prévention et de gestion des inondations en perspectives de l’hivernage 2025 ;

– le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur l’état de mise en œuvre du « New Deal Technologique ».

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES : le Conseil a examiné et adopté :

– la note de cadrage de la Loi de Finances Rectificative 2025.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES, le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères :

– Général de brigade (2S) Amadou KANE, matricule de solde n°398 392/F, est nommé Haut fonctionnaire de Défense et de Sécurité au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères ;

– Monsieur Ameth DIALLO, titulaire d’un Doctorat en Etudes africaines et Spécialiste en Gestion des Programmes et Projets, est nommé Directeur du Bureau de coordination du Comité permanent pour l’Information et les Affaires culturelles (COMIAC) de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Cheikh Oumar SECK, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :

– Monsieur Mouhamadou Moustapha THIOUNE, Administrateur civil principal, matricule de solde n° 608 875/H, est nommé Inspecteur technique à l’Inspection de l’Administration centrale et territoriale, au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique ;

– Monsieur Idrissa CISSE, Commissaire de police Divisionnaire de classe exceptionnelle, CCAP 519 322/J, est nommé Secrétaire permanent du Comité Interministériel contre la Drogue en remplacement de Monsieur Matar DIOP, Contrôleur général de Police ;

– Monsieur Hamady BALDE, Commissaire de Police Divisionnaire, CCAP 614 499/G, précédemment adjoint au Secrétaire permanent du Comité Interministériel contre la Drogue est nommé Inspecteur principal de l’Inspection Interne de la Police nationale, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines :

– Monsieur Aliou DASYLVA, Professeur d’Histoire et de Géographie, est nommé Président du Conseil d’Administration du Service géologique national du Sénégal (SGNS), en remplacement de Monsieur Malang Seni FATY ; 

– Monsieur Saliou SAMB, Ingénieur géologue, matricule de solde n°670 434/F, est nommé Secrétaire général du Service géologique national du Sénégal (SGNS), poste vacant ;

– Monsieur Saliou Mbaye NIANG, Ingénieur pétrolier, est nommé Directeur du Contrôle et de la Surveillance des Opérations au Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, poste vacant.

Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et Aériens :

– Monsieur Ababacar FALL, Ingénieur en Génie informatique et Spécialiste des transports urbains, précédemment directeur des opérations du Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD), est nommé Directeur Général des transports routiers au Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et Aériens en remplacement de Monsieur Valdiodio NDIAYE ;

– Monsieur Lamine BADJI, Ingénieur en Développement territorial et coopération décentralisée, titulaire d’un Master en transport logistique et mobilité, précédemment Secrétaire général du Conseil départemental de Bignona, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de Sécurité routière (ANASER), en remplacement de Monsieur Boubacar DIOP ;

– Monsieur El hadji Abdoulaye GUEYE, Administrateur Civil, matricule de solde 624 581/J, titulaire d’un MBA en Administration des Entreprises, précédemment Conseiller Technique du Ministre des Finances et du Budget, est nommé Secrétaire Général du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens en remplacement de Monsieur Ahmadou Bamba SY ;

– Monsieur Gora SARR, Consultant, Ingénieur de conception en Génie civil, est nommé Directeur Général du Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD), en remplacement de Monsieur Thierno Birahim AW ;

– Monsieur Diaoula SADIO, Ingénieur Statisticien Economiste, est nommé Directeur Général de la Planification des Statistiques et des systèmes d’information et de la Prospective au Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, poste vacant ;

– Monsieur Jean BIAYE, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde 628 868/B, titulaire d’un Master 2 en Philosophie, précédemment Conseiller technique du Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, est nommé  Directeur du centre de formation des métiers du BTP, en remplacement de Monsieur Djibril THIAW ;

– Madame Khady BADIANE, titulaire d’un Master en Management international des PME et territoires, est nommée Directrice Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement (QHSE), poste vacant ;

– Monsieur Abdoulaye DIOP, Planificateur, matricule de solde 618 402/G, titulaire d’un master 2 en sciences de gestion, précédemment Chef de la division gestion à la Direction de l’Administration générale et de l’Equipement du ministère des Finances et du Budget, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement, en remplacement de Madame Marième GUEYE.

Au titre du Ministère de la Famille et des Solidarités :

– Monsieur Mountaga Bâ, Expert en Analyse et politique économique, matricule 602 649 /C, est nommé Secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités, en remplacement de Monsieur El hadji Ndiogou DIOUF.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement Amadou Moustapha Njekk SARRE                                                                                                                                                                                                                                           

Clôture du Dialogue national : le président Bassirou Diomaye Faye salue un « esprit de dépassement et de maturité démocratique »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a salué, ce mercredi 4 juin 2025, la clôture du Dialogue national sur le système politique, marquant un tournant dans la dynamique de concertation et de réforme institutionnelle engagée depuis son accession au pouvoir. Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l’État a tenu à souligner la qualité des échanges et l’état d’esprit ayant animé les participants.

« Le Dialogue national sur le système politique s’est achevé aujourd’hui, dans un esprit de dépassement et de maturité démocratique », a-t-il écrit, rendant ainsi hommage à l’engagement des différents acteurs politiques, sociaux et institutionnels impliqués dans les travaux.

Le président Faye a insisté sur la nécessité pour les institutions de la République de porter les valeurs fondamentales attendues par les citoyens. « Nos institutions, fondements de notre vivre-ensemble, doivent incarner l’unité, la justice et l’espérance », a-t-il déclaré, dans un discours empreint d’unité et de responsabilité, en écho aux aspirations populaires exprimées ces dernières semaines.

Il a également salué la diversité et la richesse des contributions recueillies au cours de ces consultations, soulignant le rôle central joué par les forces vives de la nation : « Je remercie toutes les forces vives qui ont répondu à l’appel de la République, en apportant leurs idées, leurs convictions et leur sens de l’intérêt général ».

Dans une volonté de rassemblement et de projection vers l’avenir, le président de la République a conclu son message par un appel à l’unité nationale et à l’action concertée : « Ce moment républicain engage notre responsabilité collective : refonder, ensemble, un Sénégal plus fort, plus juste, plus démocratique ».

La clôture de ce dialogue marque ainsi une étape décisive dans le processus de refondation institutionnelle souhaitée par le président Faye, qui entend inscrire son mandat sous le sceau de l’écoute, du consensus et de la réforme durable.

Trafic de drogues : neuf personnes interpellées près du garage « Les Baux maraîchers » à Dakar

Une opération d’envergure menée ce mardi 4 juin 2025 par la Brigade Régionale des Stupéfiants de Dakar, sous la coordination de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants (OCRTIS), a permis l’arrestation de neuf individus impliqués dans un réseau de trafic de drogues opérant aux alentours du garage « Les Baux maraîchers ».

Parmi les personnes interpellées figurent deux Sénégalais et sept ressortissants étrangers. Leur arrestation intervient à la suite de l’exploitation d’un renseignement confidentiel faisant état de l’existence d’un circuit bien organisé de distribution de substances illicites, notamment du Kush — une drogue de synthèse de plus en plus présente sur le marché sénégalais —, du chanvre indien et des comprimés de tramadol.

La fouille menée sur les lieux a permis la saisie de dix-sept képas de Kush, trente comprimés de tramadol, une somme de 33 000 francs CFA en liquide, ainsi que du matériel destiné à l’emballage et à la distribution des produits stupéfiants. Selon les enquêteurs, le réseau utilisait des méthodes discrètes de diffusion à proximité du garage, un lieu fortement fréquenté, servant de point de passage stratégique pour écouler la marchandise.

Les neuf suspects ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Celle-ci devrait permettre de remonter la filière et d’identifier d’autres complices, voire les commanditaires. L’OCRTIS a annoncé que les investigations se poursuivent pour démanteler l’intégralité du réseau et tarir ses sources d’approvisionnement.

Cette nouvelle saisie illustre l’ampleur du phénomène du trafic de drogues à Dakar et la complexité des réseaux transnationaux qui y opèrent. Les autorités appellent à la vigilance citoyenne et réaffirment leur détermination à lutter contre ce fléau qui menace la jeunesse et la sécurité publique.

Drame de l’immeuble effondré à Touba : le propriétaire Mbaye Sarr verse 36,5 millions aux victimes

À Touba, la tragédie de l’effondrement d’un immeuble ayant coûté la vie à onze personnes continue de susciter émotion et solidarité. Face à la gravité de l’événement, Mbaye Sarr, propriétaire du bâtiment effondré, a décidé de verser une importante somme d’argent aux victimes et à leurs familles.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, Mbaye Sarr a débloqué 36,5 millions de francs CFA destinés à soutenir financièrement les familles endeuillées ainsi que les blessés. Ce geste intervient dans un contexte de vive douleur, alors que la cité religieuse pleure la perte de plusieurs de ses fils et filles dans cet accident tragique.

Le montant octroyé par M. Sarr vient s’ajouter à d’autres contributions recueillies auprès de ses proches collaborateurs et de notables mourides, hommes d’affaires pour la plupart, portant l’enveloppe globale à environ 46,5 millions de francs CFA. La répartition a été précisée : chaque blessé recevra une aide d’un million de francs CFA, tandis que chaque famille ayant perdu un proche bénéficiera de trois millions de francs CFA.

Ce geste humanitaire, salué par certains, n’efface toutefois pas les interrogations persistantes sur les conditions de construction et les responsabilités dans l’effondrement du bâtiment. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les causes réelles de l’incident, et déterminer si des manquements techniques ou administratifs sont à l’origine de cette catastrophe.

En attendant les conclusions de l’enquête, la communauté de Touba reste mobilisée pour accompagner les familles touchées. Dans une ville où la solidarité religieuse et communautaire reste très forte, ce soutien financier se veut un premier pas vers la reconstruction morale des victimes, même si le vide laissé par les disparus ne saurait être comblé par l’argent.

Prévention des grossesses précoces à Kolda : le Centre Conseil pour Adolescents mobilise les communautés

À Kolda, la prévention des grossesses précoces et non désirées prend une nouvelle tournure avec le lancement, en ce début de mois de juin, d’une intense campagne de sensibilisation communautaire initiée par le Centre Conseil pour Adolescents (CCA). À travers une série de causeries éducatives déployées dans plusieurs localités du département, le CCA entend renforcer la protection des adolescents, promouvoir la santé reproductive et favoriser une meilleure connaissance des droits liés à la sexualité.

Sous la direction de son coordonnateur Babacar Sy, le CCA de Kolda mise sur une approche inclusive et participative. Les discussions ouvertes se tiennent au cœur des quartiers et des villages, en langue locale – pulaar ou mandingue – afin de garantir l’accessibilité et la compréhension des messages. Les thèmes abordés touchent directement les préoccupations des jeunes et de leurs familles : la puberté et les changements corporels, les moyens de prévenir les grossesses précoces, la planification familiale, la lutte contre les infections sexuellement transmissibles, mais aussi des sujets sensibles comme le VIH/Sida ou les mutilations génitales féminines.

Ces activités, menées avec l’appui de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) et en partenariat avec la Direction de la Promotion Sociale des Jeunes du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, s’inscrivent dans une stratégie plus large de promotion de la santé sexuelle et reproductive. Témoignages, images explicatives et dialogues intergénérationnels font partie des outils employés pour favoriser l’écoute, déconstruire les tabous et encourager l’expression libre.

« Il s’agit d’informer, de sensibiliser, mais aussi d’engager les communautés, notamment les jeunes, les parents, les leaders religieux et coutumiers, à accompagner les adolescents dans la construction d’un avenir sain et responsable », souligne Babacar Sy. Dans les zones rurales comme urbaines, cette dynamique vise à rapprocher les services de santé des populations souvent peu informées et peu enclines à aborder publiquement ces sujets.

À travers cette campagne, le CCA de Kolda ambitionne d’instaurer un changement de comportement durable. En plaçant les jeunes au cœur des échanges et en intégrant les acteurs locaux dans la réflexion, l’objectif est d’offrir à chacun les moyens de faire des choix éclairés, loin de la peur, de la honte ou de la stigmatisation.

Ce travail de proximité, appuyé par une pédagogie respectueuse des réalités culturelles, représente un levier essentiel pour prévenir les drames liés aux grossesses non désirées, à l’abandon scolaire, ou aux violences basées sur le genre. Une étape cruciale pour bâtir une société plus équitable, où la jeunesse koldoise peut espérer grandir en sécurité et dans la dignité.

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Affaire du drame de Témento : Babacar Ndiaye écroué pour le meurtre présumé de Moussa Ndiaye

La quiétude de la commune de Paroumba, dans le département de Vélingara, a été violemment perturbée par une affaire qui continue de bouleverser la région. Babacar Ndiaye, agent de santé communautaire en poste à Témento, a été placé sous mandat de dépôt ce mardi 3 juin par le tribunal de grande instance de Kolda. Il est soupçonné d’avoir commis un crime odieux : le meurtre de Moussa Ndiaye, un opérateur économique très respecté dans le sud du pays.

Le corps sans vie de Moussa Ndiaye a été découvert le 31 mai dernier, dans des circonstances glaçantes. La victime, portée disparue depuis quelques jours, a été retrouvée enterrée dans une fosse sommairement creusée à l’arrière-cour du domicile de Babacar Ndiaye, près des toilettes. Ce lieu sordide, dissimulé aux regards, a été le théâtre présumé d’un drame dont l’horreur a suscité l’émoi dans toute la communauté.

Déféré au parquet de Kolda, Babacar Ndiaye a été entendu par le juge d’instruction en charge du dossier. Durant son audition, il a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. Malgré ses dénégations, les éléments à charge semblent suffisamment graves pour justifier sa mise en détention provisoire. Le magistrat instructeur a ordonné une enquête approfondie afin d’établir la vérité dans cette affaire aux contours encore flous.

Les chefs d’accusation retenus contre l’agent de santé sont d’une extrême gravité. Il est poursuivi pour assassinat, actes de torture et de barbarie, mais également pour violation des règles relatives aux inhumations. À ces faits s’ajoute une accusation d’abus de confiance portant sur une somme de quatre millions de francs CFA. Ce volet financier pourrait révéler un mobile, encore à confirmer par l’enquête.

Dans l’attente des résultats de l’instruction, la douleur est immense du côté de la famille de la victime, qui réclame justice avec force et dignité. À Paroumba et dans les villages environnants, l’indignation est palpable. Les habitants, encore sous le choc, peinent à comprendre comment un tel drame a pu survenir dans leur paisible localité.

Le juge d’instruction poursuit ses investigations. L’autopsie du corps, les expertises médico-légales, les auditions de témoins et les recoupements téléphoniques pourraient être décisifs dans la quête de vérité. En attendant, Babacar Ndiaye passera ses prochains jours derrière les barreaux de la prison de Kolda, où il a passé sa première nuit en détention.

Ce fait divers tragique, au-delà de son caractère choquant, pose une nouvelle fois la question de la prévention des violences graves dans les zones rurales, souvent isolées et peu dotées en moyens d’enquête rapide. La suite de l’instruction dira si les charges sont maintenues, et si un procès s’ouvrira dans les prochains mois pour juger ce dossier qui endeuille et interroge toute une communauté.

« Tendre la main » ne suffit plus : l’opposition appelle le Président Diomaye Faye à des gestes concrets de décrispation

Tous les dialogues initiés par les chefs de l’Etat pour consolider les acquis démocratiques de notre pays, corriger les faiblesses ou lacunes institutionnelles et revigorer les traditions de Péncoo et de Diisoo de notre peuple, ont toujours été marqués par un signal fort et des gages de bonne volonté.

En participant, sans préalable au dialogue national initié par son Excellence M.Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, l’opposition républicaine a posé un acte fort visant à renforcer la cohésion nationale, à consolider les traditions de dialogue démocratique de notre peuple et à bâtir des consensus forts afin de baisser les tensions, pacifier l’espace politique et favoriser un fonctionnement de qualité du système politique et des institutions de la Gouvernance de notre pays.

Du reste, le Président Diomaye FAYE disait, lors de son discours d’ouverture des travaux du dialogue national : « Mon rôle en tant que garant de l’unité nationale est de tendre la main à toutes et à tous, pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays. ».

C’est, pensons-nous, dans le cadre d’une telle vision apaisée de notre démocratie, patrimoine commun à tous les africains fiers de notre pays, que l’opposition démocratique engage le Président de la République à poser des actes d’ouverture, de concorde et de réconciliation en utilisant tous les leviers à sa disposition pour faciliter la libération immédiate des jeunes chroniqueurs, à l’exemple de Abdou NGUER, Oumar SOW, Assane DIOUF et tous ceux qui sont détenus pour « délit d’opinion ». De la même manière, nous lançons au Président de la République un appel pressant pour qu’il rassure nos compatriotes sur le fait que l’Etat de droit au Sénégal doit être compatible avec la protection des libertés.

Ainsi, le Président de la République, clé de voute des institutions, pourrait inviter la justice de notre pays, forte de son indépendance reconnue, à accompagner la pacification de l’espace politique en faisant preuve de magnanimité pour ordonner la fin de toutes les détentions provisoires des hommes et femmes politiques et hauts cadres (anciens ministres, anciens députés, anciens hauts fonctionnaires et autres.).

Le contrôle judiciaire et les restrictions qui l’accompagnent suffisent pour les maintenir à la disposition de la justice qui doit, au nom de la reddition des comptes, faire son travail jusqu’au bout.

Un autre geste fort attendu du Président de la République, c’est qu’il s’érige en bouclier de toutes les libertés y compris la liberté de la presse en protégeant ses institutions et ses vaillants professionnels. La convocation régulière des journalistes à la Police de même que la fermeture illégale de leurs organes soulèvent des condamnations légitimes et affectent grandement la réputation de notre démocratie qui -on le sait- doit énormément aux sacrifices et au dévouement des pionniers et animateurs de nos médias.

Enfin, quasiment tous les acteurs de notre pays s’accordent sur le fait que la « Haute Cour de Justice » ne traduit pas l’aspiration profonde de notre peuple à un État de droit toujours plus fort et exclusivement au service des citoyens et des institutions. Il faut donc réformer en urgence et en profondeur une telle Cour dans sa composition, dans son organisation et dans son fonctionnement pour qu’elle respecte pleinement les droits des justiciables et leur assure le droit à un appel s’ils le désirent.

De telles mesures fortes de Monsieur le Président Bassirou Diomaye FAYE, suite à la conclusion du Dialogue politique national, rejoindront toutes les grandes décisions de ses prédécesseurs, dans les mêmes circonstances, visant à restaurer la confiance de nos compatriotes dans notre système politique.

Vivement alors qu’il entende notre APPEL et se distingue comme un grand contributeur à l’espérance d’un Sénégal meilleur, démocratique, réconcilié et toujours plus grand et plus harmonieux ! 

LE GROUPE DE L’OPPOSITION AU DIALOGUE NATIONAL

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