Avortement médicalisé : Le Sénégal a ratifié le Protocole de Maputo, mais peine à l’appliquer

En 2004, le Sénégal ratifiait le Protocole de Maputo, un texte fondamental de l’Union africaine qui garantit aux femmes des droits spécifiques, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive. Pourtant, plus de deux décennies plus tard, la réalité sur le terrain reste figée. L’article 14 de ce protocole, qui permet l’accès à l’avortement médicalisé dans des cas exceptionnels — viol, inceste ou danger pour la santé ou la vie de la mère — demeure largement ignoré dans le dispositif législatif sénégalais.

Le Protocole de Maputo n’a pas été signé à la légère. Il s’agit d’un engagement juridique international qui impose aux États signataires, dont le Sénégal, de mettre en œuvre des mesures concrètes pour protéger la santé des femmes. Pourtant, dans la pratique, l’avortement est toujours considéré comme un délit pénal. L’article 305 du Code pénal sénégalais punit toute personne impliquée dans un avortement — qu’il s’agisse de la femme enceinte ou du personnel médical — de six mois à deux ans d’emprisonnement, avec des amendes allant de 20 000 à 100 000 francs CFA.

Les conséquences de cette législation sont dramatiques. Chaque année, selon les chiffres des ONG et des professionnels de la santé, plus de 30 000 femmes et filles risquent leur vie en recourant à des avortements clandestins. Ces pratiques, non encadrées médicalement, exposent les patientes à de graves complications : infections, hémorragies, stérilité, voire la mort. Dans les zones rurales ou reculées, où l’accès aux soins est déjà limité, le danger est encore plus grand. La peur de la prison, la stigmatisation sociale, l’isolement familial, tout cela pèse lourdement sur des victimes déjà vulnérables.

Face à ce constat, plusieurs organisations de la société civile ont décidé de se mobiliser. Une Task Force pour l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste s’est constituée. Composée de juristes, de médecins, de féministes, d’associations et de journalistes, elle mène un plaidoyer intense pour que le Sénégal respecte enfin les dispositions du Protocole de Maputo. Sa mission est double : sensibiliser les décideurs politiques et informer l’opinion publique.

Dans ce cadre, un atelier de mise à niveau a été organisé à Dakar, à l’attention des professionnels des médias. L’objectif : lever les tabous, corriger les malentendus, et fournir aux journalistes des outils fiables pour couvrir cette question délicate. Aïssatou Ndiaye, coordinatrice de la Task Force, a insisté sur la nécessité d’harmoniser le langage et de clarifier les objectifs du plaidoyer. « Ce que nous demandons, ce n’est pas la légalisation généralisée de l’avortement. Il s’agit uniquement d’une autorisation spéciale, encadrée, pour les cas extrêmes prévus par le Protocole », a-t-elle expliqué.

Elle a aussi pointé les blocages persistants. « Au Sénégal, la question de l’avortement est perçue à travers un prisme moral et religieux, souvent déconnecté de la réalité vécue par les femmes. Il faut sortir de cette approche culpabilisante pour adopter une perspective de santé publique, de droit et de dignité humaine. » Pour la Task Force, le moment est crucial. Avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement, un espoir renaît. Les militantes veulent rouvrir le dialogue avec les autorités, présenter leurs propositions, évoquer les avancées déjà obtenues, mais aussi rappeler les attentes encore non satisfaites.

Le plaidoyer pour l’application de l’article 14 du Protocole de Maputo n’est pas un combat marginal. Il s’agit d’une exigence de justice, de santé, et de respect des engagements internationaux du Sénégal. Il est urgent que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités face à une question qui touche à la vie et aux droits fondamentaux de milliers de citoyennes.

Kédougou sous haute surveillance : la Gendarmerie frappe fort avec l’opération « Fanganta 3 »

La région de Kédougou est désormais sous très haute surveillance. Depuis le 18 avril 2025, la Gendarmerie nationale y mène une vaste opération sécuritaire baptisée « Fanganta 3 », visant à assainir les zones d’orpaillage clandestin, devenues de véritables foyers d’activités illicites et de criminalité.

Dans un communiqué rendu public, le Haut-commandement de la Gendarmerie a précisé que cette opération s’inscrit dans une stratégie de sécurisation durable du Sud-Est du pays, où les activités minières informelles prospèrent en marge de la légalité. Les zones ciblées incluent notamment Bougouda et Bantaco, connues pour abriter des centaines de diouras — ces camps de fortune utilisés par les orpailleurs clandestins — ainsi que des établissements illégaux.

À la date du 20 avril, les résultats enregistrés par les forces de sécurité sont significatifs. Plusieurs sites illégaux ont été démantelés, et les saisies sont à la hauteur des attentes : 72 groupes électrogènes, 55 marteaux piqueurs, 5 panneaux solaires, 10 bidons de 20 litres de gazole, une motocyclette, 4,5 kg de chanvre indien, ainsi que de nombreuses caisses de boissons alcoolisées et de cigarettes de contrebande.

Ces saisies témoignent non seulement de l’importance du trafic et des installations en place, mais aussi du lien évident entre orpaillage clandestin, insécurité et criminalité organisée. En effet, ces zones sont souvent le théâtre de trafics de drogue, de violences, voire de conflits entre groupes armés ou bandes rivales.

En lançant « Fanganta 3 », la Gendarmerie nationale entend non seulement démanteler les réseaux illicites mais aussi restaurer l’autorité de l’État dans une région où les forces de l’ordre sont parfois débordées par l’ampleur du phénomène. Cette opération pourrait également ouvrir la voie à une meilleure régulation du secteur aurifère, longtemps livré à lui-même, avec des conséquences économiques, sociales et environnementales désastreuses.

Reste à voir si cette action s’inscrira dans la durée et si elle sera suivie d’un dispositif permanent de surveillance, couplé à des initiatives de développement pour offrir des alternatives viables aux populations locales, souvent attirées par les mirages de l’orpaillage illégal.

Mountaga Sy répond à Thierno Lo : une sommation interpellative en vue

L’ancien Directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX), Mountaga Sy, n’entend pas laisser passer les propos tenus récemment par Thierno Lo, ancien ministre et ex-président du Conseil d’administration de la Société nationale des transports ferroviaires (SENTER).

Lors d’un passage sur la chaîne YouTube de SansLimites, Thierno Lo a affirmé que Mountaga Sy, également maire de la commune d’Aéré Lao, aurait quitté le pays. « Il a fui. Il est présentement à l’étranger. J’avais demandé à ce que sa gestion soit auditée avant que je prenne fonction à la SENTER parce que sa gestion ne me convainquait pas. Il y avait beaucoup de choses à dénoncer… », a-t-il déclaré publiquement.

Des accusations jugées graves par Mountaga Sy, qui dément catégoriquement les affirmations de Thierno Lo et annonce une sommation interpellative. Selon ses proches, l’ancien DG de l’APIX est bel et bien au Sénégal, et il souhaite obtenir des éclaircissements sur ces propos, qu’il considère comme diffamatoires et attentatoires à sa réputation.

La sommation interpellative, une procédure légale utilisée pour obtenir des réponses officielles sous serment devant un huissier, vise ici à contraindre Thierno Lo à confirmer ou à se rétracter par rapport à ses accusations, en apportant les éléments de preuve correspondants. Cette démarche marque une volonté ferme de Mountaga Sy de défendre son honneur et de mettre fin à ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement.

Ce nouvel épisode ravive les tensions déjà existantes entre les deux hommes, dont les relations semblent s’être dégradées depuis la période de transition à la tête de la SENTER. Pour l’heure, Thierno Lo n’a pas encore réagi à l’annonce de cette sommation, mais cette affaire pourrait rapidement prendre une tournure judiciaire si aucun démenti ou éclaircissement n’est fourni.

Le président Diomaye Faye salue la mémoire du pape François : « Une espérance vivante pour des millions d’âmes »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé ce lundi sa profonde tristesse à l’annonce du décès du pape François, survenu en ce lundi de Pâques au Vatican. Dans une déclaration empreinte de gravité et de respect, le chef de l’État a rendu hommage à « une figure spirituelle majeure » dont l’impact a transcendé les frontières religieuses.

« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Sa Sainteté le Pape François. Le monde perd une figure spirituelle majeure.

Par son engagement en faveur des plus vulnérables et son appel constant au dialogue entre les peuples et les religions, il aura incarné une espérance vivante pour des millions de croyants et d’hommes de bonne volonté.

Au nom du peuple sénégalais, j’adresse mes condoléances les plus attristées à l’Église catholique, à la communauté catholique du Sénégal et d’ailleurs, ainsi qu’à toutes celles et ceux que son message a inspirés. »

Cette déclaration s’inscrit dans la vague d’émotion mondiale suscitée par la disparition du 266e souverain pontife, premier pape jésuite, premier latino-américain et premier non-européen depuis des siècles. Très engagé en faveur des plus pauvres, du dialogue interreligieux et de la fraternité universelle, le pape François a profondément marqué son époque.

Le président Diomaye Faye a rappelé que le message du pape résonnait bien au-delà des cercles catholiques, porteur d’un humanisme actif qui a touché croyants comme non-croyants. Ce geste de solidarité nationale réaffirme les valeurs de tolérance, de dialogue et de respect interconfessionnel qui caractérisent la société sénégalaise.

Décès du pape François : Macky Sall rend hommage à « un homme de foi et grand humaniste »

Suite au décès du pape François, survenu ce lundi de Pâques 2025, les hommages affluent du monde entier. Parmi eux, celui de l’ancien président sénégalais Macky Sall, qui a exprimé ses condoléances à la communauté catholique à travers un message solennel publié sur les réseaux sociaux.

« Je présente mes condoléances émues à la communauté catholique suite au décès de Sa Sainteté le Pape François @Pontifex_fr. Homme de foi et grand humaniste, il était co-parrain du Prix Zayed pour la fraternité humaine. Je garde un excellent souvenir de notre audience au Vatican en décembre 2024 en compagnie des autres membres du Jury du Prix. Je salue sa mémoire et rends hommage à son illustre œuvre au service de l’humanité. »

Ce message témoigne de la relation de respect mutuel entre le leader sénégalais et le souverain pontife, qui partageaient une vision commune de la fraternité entre les peuples. Le pape François et Macky Sall s’étaient rencontrés en décembre 2024 au Vatican, dans le cadre du Prix Zayed pour la fraternité humaine, dont ils étaient tous deux impliqués dans le jury international.

L’ancien chef de l’État sénégalais a tenu à souligner l’héritage spirituel et humaniste du pape, qu’il qualifie d’« illustre œuvre au service de l’humanité ». En rendant hommage à Sa Sainteté, Macky Sall s’inscrit dans la longue liste des dirigeants ayant salué l’action du 266e pape de l’histoire de l’Église catholique.

Le pape François, né Jorge Mario Bergoglio, restera dans les mémoires comme un pasteur des humbles, engagé pour la justice sociale, le dialogue interreligieux et la fraternité universelle.

Décès du pape François : un pontificat d’humilité et de réformes au service des plus vulnérables

Le pape François s’est éteint ce lundi de Pâques 2025, au Vatican, à l’âge de 88 ans. Premier pape originaire d’Amérique latine, premier jésuite à accéder au trône de Saint Pierre et premier non-européen depuis des siècles, Jorge Mario Bergoglio laisse derrière lui un pontificat de plus de dix ans, marqué par l’humilité, des réformes audacieuses et une attention constante portée aux plus démunis.

Élu le 13 mars 2013 pour succéder à Benoît XVI – pape émérite encore vivant à l’époque – François avait surpris par sa simplicité dès ses premiers mots. « Mes frères cardinaux sont allés chercher un pape presque au bout du monde », avait-il déclaré en apparaissant au balcon, vêtu sobrement, sans les insignes dorés traditionnels.

Choisissant le nom de François en hommage à saint François d’Assise, il annonçait d’emblée son ambition : faire de l’Église « une Église pauvre pour les pauvres ». C’est ce cap qu’il n’a cessé de tenir tout au long de son pontificat.

Né en 1936 à Buenos Aires, fils d’immigrés italiens, Jorge Bergoglio entre dans la Compagnie de Jésus à 22 ans. Devenu archevêque, puis cardinal, il refuse les honneurs, prend les transports en commun et choisit de vivre dans un modeste appartement plutôt que dans le palais épiscopal. Une attitude qu’il conserve au Vatican, préférant la Maison Sainte-Marthe au Palais apostolique.

Il restera célèbre pour ses gestes inattendus : embrassant des malades, lavant les pieds de migrants lors du Jeudi saint, ou encore se rendant en Corse pour participer à un colloque sur la foi populaire, tout en refusant de prendre part à l’inauguration de Notre-Dame de Paris avec Emmanuel Macron, qu’il jugeait trop institutionnelle.

Dès les débuts de son pontificat, François place les migrants au centre de ses préoccupations. En 2013, il se rend à Lampedusa pour dénoncer « la mondialisation de l’indifférence ». À Marseille, dix ans plus tard, il plaide pour une « culture de l’humanité et de la fraternité » face à la crise migratoire. Il accueille personnellement plusieurs familles de réfugiés au Vatican.

Plus largement, il n’a eu de cesse de dénoncer les inégalités sociales, le chômage de masse, les ravages de l’économie libérale. À Naples, en 2015, il affirme : « Gagner 600 euros par mois, c’est de l’esclavage. »

François n’a pas bouleversé la doctrine catholique, mais il a infléchi son application. Il permet la bénédiction de couples homosexuels remariés, autorise le baptême des personnes transgenres et réaffirme que les personnes LGBTQ+ doivent être accueillies dans l’Église. Toutefois, il reste ferme sur l’avortement, qu’il compare à un « contrat avec un tueur à gages ».

Côté environnement, il marque l’histoire avec Laudato si’, son encyclique de 2015 sur l’écologie intégrale, puis réitère son appel à la sauvegarde de « notre maison commune » dans Laudate Deum en 2023.

Malgré une santé déclinante – une mobilité réduite depuis 2022 et une pneumonie bilatérale en février dernier – François est resté actif jusqu’à ses derniers jours. Son message de paix, de fraternité et d’espérance continue de résonner, même après sa disparition.

Fonds Covid-19 : Les ex-DAGE déférés seront fixés sur leur sort mardi prochain

La tempête judiciaire déclenchée par le rapport 2022 de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds de riposte contre la Covid-19 continue de faire des vagues. Vendredi 18 avril, plusieurs anciens Directeurs de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) ont été déférés au parquet de Dakar. Leur sort sera scellé mardi prochain, à l’issue d’une décision du juge d’instruction, après un premier retour de parquet.

Parmi les personnalités dans la tourmente figurent Ndèye Aminata Loum Ndiaye, ex-DAGE du ministère du Développement industriel et des PME, Djiby Diakhaté, ancien DAGE du ministère de la Famille, ainsi que trois de ses collaborateurs : Ndongo Mbaye, Mamadou Guèye Dramé et Omar Ngalla Faye, selon les informations rapportées par Le Quotidien.

Dans le même sillage, Aliou Sow, ancien DAGE du ministère du Développement communautaire, a été interpellé par la Division des investigations criminelles (DIC). Il est soupçonné d’être impliqué dans une opération de surfacturation de riz destiné aux populations vulnérables, pour un montant estimé à 2,75 milliards de FCFA. Un opérateur économique, Moustapha Ndiaye, cité dans cette affaire, a quant à lui promis de répondre à la convocation de la DIC dans les jours à venir.

Autre dossier : Pierre Malick Ndong, un ancien comptable, a été inculpé pour détournement de deniers publics. Le juge d’instruction du 2e cabinet l’a placé sous contrôle judiciaire après le paiement d’une caution de 720 000 FCFA.

Ces actions judiciaires s’inscrivent dans le cadre de l’exploitation, par le parquet de Dakar, de huit rapports de la Cour des comptes. Ces derniers couvrent autant de ministères, dont ceux des Mines, de la Culture, de la Jeunesse, des Sports, de la Santé, de la Femme, de l’Industrie-PME et du Développement communautaire. À ce jour, cinq dossiers impliquant d’anciens ministres ont été transmis à l’Assemblée nationale pour traitement.

Maodo Malick Mbaye rompt le silence : « Je n’ai jamais posé d’acte délictuel dans la gestion de l’ANAMO »

Après une longue période de silence, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANAMO), est enfin sorti de sa réserve. Dans une déclaration publique, il a tenu à laver son honneur face aux accusations implicites ou supposées liées à sa gestion à la tête de l’ANAMO.

« Je n’ai posé aucun acte délictuel dans la gestion du dossier en question », a-t-il affirmé d’emblée, balayant d’un revers de main toute idée de malversation ou de faute de gestion. Plus précis encore, il ajoute : « S’il y’a imitation de signature, le coupable est clairement identifié », mettant en évidence une éventuelle falsification indépendante de sa volonté ou de son implication.

Mbaye insiste sur le fait que le dossier en question « ne concerne pas les Fonds COVID ni aucun corps de contrôle ». Une manière pour lui de dissiper toute confusion avec les nombreux scandales financiers liés à cette période trouble de la pandémie.

Revenant sur son départ de l’ANAMO, Maodo Malick Mbaye rappelle : « Après ma démission volontaire de la tête de l’ANAMO, je suis resté 8 mois au Sénégal pour tout besoin post-fonction ». Il précise également qu’il n’a « jamais été convoqué par la justice avant » son départ du pays, rejetant ainsi l’idée d’une fuite ou d’un départ précipité.

Depuis trois ans, il affirme diriger une organisation de médiation de droit marocain, basée à Rabat. « Ma prise de fonction à Rabat a été rendue publique. Et l’ambassade du Sénégal au Maroc est informée de mon séjour », conclut-il, insistant sur la transparence de ses activités actuelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°447 – 19 ET 20/04/2025

🔴 PRÉSUMÉ DÉTOURNEMENT D’OBJECTIF DES FONDS RELATIFS À LA COUVERTURE DE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE DES LÉGISLATIVES 2024 À L’APS : PLUMES BRAQUÉES SUR MOMAR DIONGUE
🔴 DEMANDE D’AVIS AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR UNE TROISIÈME CANDIDATURE DE MACKY SALL : LES « 7 SAGES » REFROIDISSENT AMADOU BA

🔴 REMISE DE DRAPEAUX AUX SÉLECTIONS NATIONALES : LA MINISTRE GALVANISE LES TROUPES
🔴 CHAMPIONNANT NATIONAL DE JUDO DU SÉNÉGAL : L’ASFA CÉLÉBRÉE

CAP et CEAP : Fin de l’attente pour 2 432 enseignants, 21 nouveaux arrêtés signés

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a signé vendredi 21 arrêtés d’admission au Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP) et au Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP), apportant une grande satisfaction à 2 432 enseignants à travers le pays. Cette décision met fin à une longue période d’attente pour de nombreux professionnels du secteur éducatif.

Cette nouvelle vague d’admissions fait suite à une série de progrès significatifs réalisés depuis mai 2024. En moins d’un an, ce sont 10 512 enseignants qui ont obtenu leurs arrêtés, un chiffre bien supérieur à celui des années précédentes, avec seulement 6 517 admissions en 2022 et 5 727 en 2023. Cette augmentation représente une amélioration notable et traduit la volonté des autorités de répondre de manière plus efficace aux attentes du corps enseignant.

Cette avancée s’inscrit dans le cadre d’une volonté globale de moderniser et de réformer le système éducatif sénégalais. Parmi les initiatives en cours, la mise en place de la plateforme numérique XPV est l’un des projets phares. Cette plateforme vise à dématérialiser les procès-verbaux relatifs aux examens professionnels, réduisant ainsi les délais de traitement et apportant une plus grande transparence dans les procédures administratives liées aux concours.

Le développement de cette plateforme s’inscrit dans un processus plus large de digitalisation des procédures de gestion des examens et concours. Ce projet vise à résoudre l’un des problèmes récurrents signalés par les syndicats : les lenteurs administratives. En facilitant l’accès et le traitement des informations via des outils numériques, le ministère espère ainsi fluidifier les processus et offrir une gestion plus rapide et plus efficace des examens pédagogiques.

Cette initiative a été saluée par une partie du personnel enseignant, qui attend désormais la mise en œuvre concrète de ces réformes sur le terrain. Le ministre Guirassy a souligné que cette évolution vers une gestion plus transparente et numérique des examens et des concours devait marquer un tournant dans le système éducatif, pour répondre aux attentes des enseignants, mais aussi garantir un meilleur suivi des parcours professionnels.

Trois questions, trois ministères : les clarifications du gouvernement à Guy Marius Sagna

Le député Guy Marius Sagna a récemment obtenu des réponses officielles à trois questions écrites adressées à différents ministères. Ces questions portent sur trois sujets sensibles : un projet de dépotoir à Tobor dans la région de Ziguinchor, les soupçons de financement d’organisations LGBT par le Canada, et les retards de paiement des enseignants vacataires du Centre de Formation Artisanale (CFA) de Dakar. Les ministères concernés ont apporté des éléments de réponse, dévoilant certains aspects de la gestion gouvernementale et des tensions sociales en cours.

Dans une lettre transmise au ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Daouda Ngom, a clarifié la situation du projet de dépotoir à Tobor. Il a précisé que « la gestion des ordures ménagères relève du ministère de l’Urbanisme à travers la SONAGED ».

Après la fermeture de la décharge de Mamatoro, les autorités locales avaient envisagé trois sites alternatifs : Baghagha, Coubalan et Tobor. C’est finalement ce dernier qui a été retenu à l’issue d’une concertation menée avec certaines franges de la population. Toutefois, le ministre reconnaît que le rejet du projet par d’autres habitants démontre « la complexité de la problématique de la gestion des déchets » et appelle à une démarche plus inclusive, pour éviter les tensions sociales et garantir l’acceptabilité des projets d’infrastructure.

Dans une autre réponse, le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a abordé les allégations selon lesquelles le Canada financerait des organisations faisant la promotion des droits LGBT au Sénégal. Le ministère affirme n’avoir reçu « aucune information ou donnée pertinente » permettant d’étayer cette thèse.

Il a souligné que le Sénégal reste « fermement attaché à ses valeurs culturelles et religieuses », et que toutes les coopérations internationales se déroulent dans le respect strict des lois sénégalaises. Le ministère a également cité une déclaration du président Macky Sall à la tribune de l’ONU : « Aucune nation ne devrait imposer aux autres ses pratiques ou ses valeurs comme des normes universelles ». Enfin, le ministère se dit disposé à ouvrir des enquêtes si des cas avérés sont portés à sa connaissance.

La troisième question concernait les retards de paiement des enseignants vacataires du Centre de Formation Artisanale de Dakar. Dans sa réponse, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a reconnu que les enseignants n’ont pas encore été payés en raison de « contraintes budgétaires ».

Les fonds destinés au paiement de ces vacataires sont logés dans le Fonds d’Appui à l’Artisanat. Cependant, le budget de l’année 2024 n’a pas permis de débloquer les crédits nécessaires. Le ministère assure avoir pris les dispositions pour intégrer cette dépense dans le cadre de la loi de finances 2025, bien que le compte concerné ne soit toujours pas alimenté à ce jour. Il promet que « toutes les dispositions seront prises dès que les fonds seront disponibles » afin de régler la situation dans les meilleurs délais.

Badara Gadiaga défie Ousmane Sonko : « La peur a changé de camp »

Le ton monte dans le landerneau politico-médiatique sénégalais. Après le placement sous mandat de dépôt du chroniqueur Abdou Nguer, le célèbre analyste Badara Gadiaga a réagi avec vigueur, pointant du doigt une dérive autoritaire du pouvoir en place. Dans un message empreint d’émotion et de détermination, le chroniqueur de l’émission Jakaarlo Bi n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko.

« Je manifeste tout mon soutien à mon frère cadet Abdou Nguer. L’effaceur a décidé qu’il va nous effacer. Il a dépêché ses chroniqueurs, ses députés, ses directeurs généraux et ses ministres avant de sortir lui-même », a-t-il déclaré, dans une allusion à ce qu’il considère comme une stratégie délibérée de musellement des voix critiques.

Badara Gadiaga va plus loin, estimant que le pouvoir a perdu l’initiative dans la bataille de l’opinion :

« La peur a changé de camp car il a finalement abdiqué », a-t-il lâché, en réponse à la récente sortie musclée d’Ousmane Sonko contre les chroniqueurs, qu’il accuse de propager de fausses nouvelles ou de nuire à l’action du gouvernement.

Selon Gadiaga, les attaques contre les journalistes et analystes ne sont rien d’autre que des « aveux d’échec » de la part du Premier ministre. Pour lui, la démocratie sénégalaise, bien qu’ébranlée par ces événements, continue de résister :

« Le Premier ministre souffre et suffoque parce que la démocratie va continuer à respirer… la puissance ne réside qu’en Allah », a-t-il martelé, mêlant foi et conviction républicaine.

Cette sortie intervient dans un contexte tendu, où la liberté de la presse et d’expression est au cœur des préoccupations. L’arrestation d’Abdou Nguer, accusé de « diffusion de fausses nouvelles », suscite de nombreuses réactions au sein de la société civile et des milieux médiatiques. Pour Badara Gadiaga, ce climat délétère est révélateur d’une volonté de réduire au silence les voix dissidentes, alors même que la démocratie sénégalaise a toujours été citée en exemple dans la sous-région.

Entre les chroniqueurs et les autorités, le bras de fer semble désormais ouvert. D’un côté, les analystes comme Gadiaga dénoncent une dérive autoritaire ; de l’autre, le pouvoir tente de faire respecter ce qu’il considère comme les limites de la liberté d’expression. Le débat promet de rester vif dans les prochains jours, surtout si d’autres figures médiatiques venaient à être inquiétées.

Crise à l’APS : les agents réclament leurs indemnités de campagne

Le climat social se dégrade à l’Agence de presse sénégalaise (APS), où les agents dénoncent une gestion opaque et des promesses non tenues. Ce mardi 15 avril, un mouvement de protestation a été observé sur l’ensemble du territoire, marqué par le port de brassards rouges aussi bien à Dakar que dans les régions. Une mobilisation inédite initiée par le Collège des délégués du personnel pour exiger le paiement des indemnités liées à la couverture de la campagne électorale des législatives du 17 novembre 2024.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi, les délégués ont salué une adhésion massive des agents au mot d’ordre. Selon eux, l’action avait pour but d’alerter l’opinion sur les manquements persistants de la Direction générale. Au cœur de la grogne : les indemnités de campagne qui n’ont été réglées qu’en partie. « Seuls 25.000 francs CFA ont été versés à chaque agent, alors que 21 jours de travail restent impayés », précisent les représentants du personnel.

Mais les tensions vont bien au-delà de cette question financière. Le Collège des délégués pointe également un manque de transparence dans la gestion des fonds reçus pour la couverture de la campagne. D’après leurs déclarations, la Direction aurait affirmé que les montants « n’ont fait que transiter » dans les comptes de l’APS. Une explication jugée insuffisante, voire suspecte, par les délégués, qui affirment qu’une partie des fonds aurait été redirigée vers le budget de fonctionnement de l’entreprise.

Face à cette situation, les travailleurs de l’APS réclament non seulement le paiement intégral des indemnités dues, mais aussi une amélioration générale de leurs conditions de travail. Ils dénoncent un mépris des préoccupations du personnel et un « déni de responsabilité » de la part de la direction. « Nous nous réservons le droit d’amplifier la mobilisation par tous les moyens légaux », préviennent les représentants syndicaux.

La crise à l’APS s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales dans plusieurs secteurs publics, où les revendications salariales et les dénonciations de mauvaise gestion se multiplient. En attendant une réponse concrète de la Direction générale ou des autorités de tutelle, le malaise au sein de la principale agence de presse du pays continue de grandir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°446 – 18/04/2025

🔴 AFFAIRE DES FONDS COVID-19 : LA JUSTICE SORT LES GRIFFES
🔴 RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES : PAPE MALICK NDOUR RIPOSTE

🔴 RÉVOLTE DANS L’ARÈNE : BRAS DE FER AUTOUR DES HORAIRES
🔴 D1 FÉMININE : AIGLES DE LA MÉDINA TIENT LA BARRE

Fonds Covid-19 : 27 personnes présentées au procureur en 48 heures

Les enquêtes sur la gestion des fonds Covid-19 s’accélèrent au Sénégal. En l’espace de seulement deux jours, 27 personnes ont été déférées au parquet dans le cadre des investigations en cours. L’annonce a été faite ce jeudi 17 avril 2025 par le procureur financier El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, lors d’un point de presse organisé au Tribunal de Dakar.

Ces nouvelles interpellations s’inscrivent dans un dispositif plus large de lutte contre la délinquance financière mis en place par le Pool judiciaire financier (PJF), organe dédié à la traque des détournements de deniers publics. Le rythme des auditions témoigne de la volonté du parquet d’apporter des réponses concrètes aux attentes des citoyens en matière de justice et de transparence.

Depuis sa mise en place, le PJF a enregistré des résultats significatifs : 292 dossiers ouverts, 262 personnes arrêtées, et des saisies estimées à plus de 15 milliards de francs CFA. Selon le procureur Sylla, ces avancées démontrent l’efficacité du mécanisme judiciaire mis en œuvre pour faire la lumière sur la gestion des ressources allouées à la pandémie.

Ce processus judiciaire de grande ampleur, lancé à la suite des révélations du rapport de la Cour des comptes, vise à situer les responsabilités et, si nécessaire, sanctionner les auteurs de malversations. Il s’inscrit également dans une démarche plus globale de reddition des comptes et de restauration de la confiance entre l’État et les citoyens.

Alors que les auditions se poursuivent, les autorités judiciaires promettent de ne ménager aucun effort pour récupérer les fonds détournés et rendre justice au peuple sénégalais.

Rapport de la Cour des comptes : Pape Malick Ndour conteste et publie un ouvrage pour se défendre

Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques continue de susciter des réactions. Ce jeudi 17 avril 2025, Pape Malick Ndour, figure de l’Alliance pour la République (APR) et ancien ministre de la Jeunesse, a tenu une conférence de presse pour exprimer ses réserves sur le document et présenter son ouvrage intitulé « Explications et mises au point ».​

Dans son livre, Pape Malick Ndour vise à apporter des éclaircissements sur les points soulevés par la Cour des comptes. Il critique notamment l’absence de respect du principe du contradictoire, affirmant que les anciens ministres des Finances n’ont pas été consultés pour répondre aux interpellations du rapport. Il souligne également des modifications inexpliquées dans la mission d’audit, remettant en question la transparence du processus.

Pape Malick Ndour a exhorté la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire pour examiner les méthodes ayant conduit à l’élaboration du rapport de la Cour des comptes. Il estime que les conclusions de ce document sont surprenantes et méritent d’être éclaircies. ​

L’ancien ministre a également pointé du doigt des incohérences dans le rapport, notamment en ce qui concerne l’analyse de la dette publique. Il accuse le nouveau gouvernement d’avoir tenté d’intégrer dans la dette publique des financements privés et des facilités bancaires, ce qui irait à l’encontre des normes comptables habituelles. ​

La publication de « Explications et mises au point » par Pape Malick Ndour marque une nouvelle étape dans le débat autour du rapport de la Cour des comptes. En appelant à une commission d’enquête parlementaire et en critiquant la méthodologie du rapport, l’ancien ministre cherche à défendre la gestion financière du précédent régime et à remettre en question les conclusions de la Cour des comptes.​

Mise en accusation de Macky Sall : Pape Malick Ndour charge le régime et défend l’ancien président

Alors que l’Assemblée nationale est secouée par une proposition de loi introduite par le député Guy Marius Sagna visant à mettre en accusation l’ancien président Macky Sall pour haute trahison, son parti, l’Alliance pour la République (APR), a réagi vigoureusement ce jeudi 17 avril 2025.

Pape Malick Ndour, figure montante de l’APR et ancien ministre de la Jeunesse, a pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie d’acharnement politique. Selon lui, cette initiative portée par Pastef et soutenue par certains députés de la coalition au pouvoir n’aurait qu’un seul but : ternir l’image d’un homme d’État qui continue de briller à l’international.

« Depuis l’arrivée de ce régime, leur seul programme, c’est de salir la réputation de Macky Sall », a déclaré Pape Malick Ndour devant la presse.

Pour le responsable apériste, les réalisations de l’ancien président, tant sur le plan national que dans les sphères internationales, dérangent. Il estime que Macky Sall est victime d’un regard envieux de la part du nouveau pouvoir, qui peine à faire oublier ses débuts laborieux en matière de gouvernance.

L’ancien ministre rappelle que Macky Sall reste actif sur la scène diplomatique, participant à plusieurs sommets internationaux et assurant un leadership africain reconnu. Il appelle ainsi à « plus de responsabilité » de la part des nouvelles autorités, en évitant de transformer les institutions républicaines en « tribunaux politiques ».

Pape Malick Ndour n’a pas manqué de pointer ce qu’il considère comme une manœuvre de diversion destinée à masquer l’absence de résultats concrets de l’équipe dirigeante actuelle.

Pour rappel, la proposition de mise en accusation déposée par Guy Marius Sagna repose essentiellement sur la gestion de la dette publique sous Macky Sall, notamment dans le cadre de projets comme l’exploitation du gaz, l’endettement extérieur et la gestion des ressources naturelles.

Affaire Covid-19 : Plus de 258 millions de francs CFA versés en cautionnement pour obtenir la liberté provisoire

Dans le cadre des poursuites judiciaires liées à la gestion des fonds alloués à la lutte contre la Covid-19, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté ce jeudi 17 avril des précisions majeures sur l’évolution de l’affaire.

Lors d’une conférence de presse tenue par le Parquet de Dakar, le magistrat a annoncé qu’un montant total de 258 448 233 francs CFA a été versé à titre de cautionnement. Une somme consignée par des personnes poursuivies dans le cadre de cette vaste opération judiciaire, dans le but d’obtenir une liberté provisoire.

« L’objectif n’est pas de mettre des gens en prison, mais de prendre en charge le phénomène criminel de manière efficace et surtout de rétablir la confiance dans la gestion des ressources publiques », a souligné Ibrahima Ndoye.

Le procureur a précisé que les personnes concernées ont d’abord été arrêtées puis présentées au parquet avant de procéder, de manière spontanée et volontaire, au versement des sommes demandées. Il a insisté sur le fait que la restitution des fonds constitue une condition préalable à l’obtention de toute mesure de liberté.

Ces sommes sont désormais déposées à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), une manière de sécuriser les ressources récupérées et de garantir qu’elles soient restituées à l’État du Sénégal.

Cette sortie du procureur intervient dans un contexte où la justice sénégalaise, à travers le Pôle Financier Judiciaire, affiche une ferme volonté de lutter contre la délinquance financière. Plus de 15 milliards de francs CFA ont déjà été saisis, selon le dernier bilan dévoilé, en plus de dizaines de véhicules, titres fonciers, et autres biens matériels.

Pour rappel, le Fonds Force-Covid-19 avait été mis en place au plus fort de la pandémie afin de soutenir les secteurs affectés, assurer la prise en charge des malades et soulager les ménages vulnérables. Plusieurs rapports, dont ceux de la Cour des comptes, ont relevé des irrégularités majeures dans la gestion de ces ressources.

La justice promet de continuer les investigations jusqu’à ce que tous les acteurs impliqués soient identifiés et poursuivis conformément à la loi.

Fonds Covid : « Ces deniers publics ont été injustement, illégalement et indignement spoliés », dénonce le procureur Ibrahima Ndoye

Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, Ibrahima Ndoye, est monté au créneau ce jeudi 17 avril lors de la conférence de presse organisée par le parquet. Face à la presse nationale, le magistrat est revenu avec fermeté sur les détournements présumés de deniers publics liés à la gestion du Fonds de riposte contre le Covid-19.

Dans une déclaration marquée par un ton grave, il a pointé du doigt des pratiques frauduleuses orchestrées par certains responsables publics durant la pandémie. « Ces deniers publics ont été injustement, illégalement et indignement spoliés », a dénoncé le procureur, visiblement outré par l’ampleur des faits.

Selon Ibrahima Ndoye, plusieurs personnes ont déjà été identifiées et poursuivies dans le cadre de cette affaire. Mais les investigations sont loin d’être closes. « Les recherches se poursuivent et tous ceux qui seront impliqués devront répondre de leurs actes », a-t-il prévenu.

L’enquête est menée par le Pôle Judiciaire Financier (PFJ), qui multiplie les auditions et recoupe les informations contenues dans les différents rapports d’audit, notamment ceux de la Cour des comptes, de l’Inspection générale d’État (IGE), de la CENTIF et de l’OFNAC.

Le procureur a insisté sur la nécessité de faire respecter la loi et de rendre des comptes aux Sénégalais : « Il n’est pas acceptable qu’en pleine crise sanitaire, certains se soient enrichis de manière indue au détriment du peuple. »

Cette prise de parole intervient alors que le parquet a déjà communiqué sur les premiers résultats du PFJ, qui fait état de 262 personnes impliquées dans 293 dossiers, avec plus de 15 milliards de francs CFA saisis, ainsi que 92 véhicules, 11 titres fonciers et plusieurs biens matériels.

La déclaration d’Ibrahima Ndoye vient confirmer la volonté des nouvelles autorités judiciaires de marquer une rupture nette avec l’impunité. Pour lui, la gestion des ressources publiques, en particulier celles destinées à faire face à une urgence sanitaire, ne saurait souffrir d’aucune tolérance.

À l’heure où les Sénégalais exigent davantage de transparence et d’exemplarité, la justice entend jouer pleinement son rôle, jusqu’à ce que toutes les responsabilités soient établies.

Cautionnement dans les procédures financières : « L’objectif principal, c’est de sauver les intérêts de l’État, pas de mettre les gens en prison » (Procureur Ibrahima Ndoye)

Alors que les affaires de délinquance financière se multiplient devant le Pôle Financier Judiciaire (PFJ), la question du cautionnement judiciaire revient régulièrement dans le débat public. Face à certaines critiques estimant que certains inculpés « achètent » leur liberté, le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, a tenu à clarifier les choses. Selon lui, le cautionnement n’est pas une faveur, encore moins un passe-droit, mais un instrument légal destiné à protéger les intérêts de l’État.

S’exprimant en marge de la conférence de presse du PFJ, le magistrat a rappelé que le cautionnement est encadré par l’article 140 du Code de procédure pénale, qui prévoit cette possibilité dans certaines conditions bien précises, notamment lorsque l’inculpé présente des garanties suffisantes de représentation, ou lorsque sa détention provisoire ne se justifie plus.

« Si je dis que nous avons accepté ces propositions et que les juges d’instruction ont également accepté cela, c’est que la loi prévoit, dans l’article 140, la possibilité de solliciter son habilitation, son éligibilité ou s’il y a des contestations sérieuses », a expliqué Ibrahima Ndoye.

Le but du cautionnement, a-t-il poursuivi, est double : il permet d’éviter la détention systématique dans certaines affaires tout en garantissant que l’État puisse recouvrer ses avoirs en cas de condamnation. Dans les dossiers de crimes économiques, où les préjudices financiers sont souvent massifs, le versement d’un cautionnement peut permettre à l’État d’avoir une sécurité financière immédiate, avant même l’issue du procès.

« Le cautionnement est une garantie qui permet au juge de s’assurer de préserver les intérêts de l’État. L’objectif principal, c’est de faire en sorte que les intérêts de l’État soient préservés, pas de mettre les gens en prison », a insisté le chef des poursuites.

Pour le procureur Ndoye, la prison ne doit pas être une fin en soi. Ce qui importe le plus dans ce type de procédure, c’est la traçabilité des fonds publics, la réparation du préjudice et la restauration de la confiance des citoyens dans leurs institutions. Il ne s’agit pas uniquement de punir, mais aussi de récupérer l’argent du contribuable.

Cette position du parquet financier s’inscrit dans une dynamique de justice plus efficace, mais aussi plus stratégique. Face aux critiques sur certains cas de libération provisoire, le magistrat a tenu à rappeler que chaque décision est fondée sur l’évaluation précise de la situation de l’inculpé, de la gravité des faits, et surtout, de la capacité du cautionnement à couvrir le montant supposé détourné ou volé.

Ainsi, la notion de « liberté contre caution » n’est pas une libération gratuite. Elle impose à l’inculpé un engagement financier réel, et en cas de manquement, la caution est confisquée et les poursuites se poursuivent.

Délinquance économique et financière : Le Pôle Financier Judiciaire dresse un premier bilan retentissant après sept mois d’activité

Sept mois après son opérationnalisation, le Pôle Financier Judiciaire (PFJ) a présenté, ce jeudi 17 avril 2025, les résultats de ses investigations, révélant l’ampleur de la lutte engagée contre la délinquance financière au Sénégal. Lors d’une conférence de presse organisée au tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le procureur Abdoulaye Sylla, coordonnateur du PFJ, accompagné des procureurs Mbacké Fall et Ibrahima Ndoye, a livré un rapport détaillé sur les actions menées depuis la mise en place de cette structure spécialisée.

Selon le procureur Sylla, 293 dossiers ont été ouverts, impliquant 262 personnes, toutes poursuivies pour divers délits financiers, notamment la corruption, le détournement de deniers publics, le blanchiment d’argent, l’enrichissement illicite, la fraude fiscale, ou encore la falsification de documents administratifs. Ces enquêtes sont issues, entre autres, de 20 rapports transmis par la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières) et de 8 rapports provenant de l’OFNAC (Office national de lutte contre la fraude et la corruption).

Le bilan présenté est éloquent. Le PFJ a réussi à saisir 11 titres fonciers répartis dans plusieurs localités du pays, notamment à Rufisque, Thiès et Mbour. Deux de ces titres fonciers ont d’ores et déjà été enregistrés provisoirement au nom de l’État du Sénégal, ce qui marque une étape importante dans la récupération des biens issus de pratiques illicites. En plus des biens immobiliers, 92 véhicules ont été immobilisés, ainsi que plusieurs pirogues et moteurs, souvent utilisés dans des circuits de blanchiment de capitaux ou acquis à travers des détournements.

Le volet financier du bilan n’est pas moins impressionnant. Si, il y a deux mois à peine, le montant total des sommes saisies s’élevait à environ 2 milliards de francs CFA, le procureur Sylla a annoncé que ce chiffre a été multiplié par plus de sept pour atteindre aujourd’hui plus de 15 milliards de francs CFA. Ces fonds sont le fruit de procédures de saisie conservatoire, de blocages de comptes bancaires et de recouvrements en cours.

Dans son adresse, le procureur a tenu à insister sur la complexité du travail du PFJ, affirmant que « la lutte contre la délinquance financière ne se règle pas en un jour ». Il a évoqué une chaîne d’enquête et de vérification rigoureuse, qui nécessite une collaboration étroite entre plusieurs institutions : la justice, les services de renseignements financiers, les corps de contrôle, la gendarmerie, la police judiciaire, mais aussi les banques et les notaires.

Le PFJ, qui agit dans le cadre du Parquet national financier, bénéficie aujourd’hui d’un soutien fort des plus hautes autorités judiciaires. Il a pour mission d’identifier, de documenter, de poursuivre et de sanctionner les crimes économiques qui, selon Abdoulaye Sylla, « sapent les fondements de la République, minent la confiance des citoyens dans l’État et freinent le développement du pays ».

Cette sortie du parquet financier intervient dans un contexte marqué par une volonté politique affirmée de rupture avec les pratiques du passé. La lutte contre la corruption et l’impunité figure parmi les priorités du nouveau régime en place. En dressant un tel bilan après seulement sept mois, le Pôle Financier Judiciaire affiche clairement sa volonté de restaurer l’autorité de l’État, de récupérer les fonds publics détournés et de dissuader toute tentative future d’enrichissement illicite.

Des procès pourraient bientôt s’ouvrir, et certaines affaires très médiatisées sont déjà dans le viseur des enquêteurs. Avec ce rythme soutenu, les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir de la justice financière au Sénégal.

Emploi et employabilité des jeunes : Le directeur de l’Emploi dévoile les grands axes de la Conférence sociale

En prélude à la quatrième édition de la Conférence sociale qui se tiendra à Diamniadio les 24 et 25 avril prochains, la Direction de l’Emploi a organisé un petit-déjeuner de presse ce jeudi 17 avril 2025. Cette rencontre avec les journalistes visait à présenter les grandes orientations de cette conférence placée sous le thème : « Emploi et employabilité des jeunes pour un Sénégal souverain, juste et prospère ».

Ce thème, selon Babacar Sy, directeur de l’Emploi au Ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, reflète une réalité urgente. Le chômage des jeunes demeure l’une des principales préoccupations nationales, comme en attestent les chiffres alarmants communiqués par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Face à ce constat, le gouvernement, en collaboration avec les partenaires au développement, les organisations patronales et syndicales ainsi que la société civile, entend réfléchir sur des solutions concrètes pour renverser la tendance.

Les travaux porteront notamment sur la question de l’adéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi, la nécessité de moderniser les dispositifs d’accompagnement à l’insertion professionnelle, et le rôle de l’innovation technologique dans la création d’emplois. Une attention particulière sera accordée aux opportunités qu’offre le numérique dans un contexte de mondialisation, mais aussi aux défis que cela pose pour une jeunesse souvent mal préparée aux exigences des métiers de demain.

Autre volet important de cette conférence : la migration. Il s’agira d’analyser les causes profondes de l’émigration irrégulière, de réfléchir à des politiques d’encadrement de la mobilité professionnelle et de proposer des alternatives viables à l’exode rural. Pour Babacar Sy, la priorité est de créer des opportunités d’emploi localement tout en offrant des voies de migration légale et sécurisée à ceux qui souhaitent partir. Cela implique une meilleure valorisation du monde rural, souvent négligé, mais pourtant porteur de nombreuses potentialités économiques.

La Conférence sociale ambitionne donc d’aboutir à une feuille de route pragmatique, fondée sur les échanges entre les différents acteurs. Il s’agit de restaurer la confiance des jeunes dans les institutions, d’encourager l’entrepreneuriat, et de bâtir une politique d’emploi inclusive, adaptée aux réalités du Sénégal.

Thierno Alassane Sall : « Abdou Nguer agace parce qu’il n’a ni la vulgarité des chroniqueurs du Projet, ni leur servilité aveugle »

Après l’emprisonnement du chroniqueur Abdou Nguer, placé ce jeudi sous mandat de dépôt par le juge du 3e cabinet, une vague de soutiens lui est manifestée. Le député Thierno Alassane Sall en fait partie. Pour le président de la République des Valeurs (RV), cet emprisonnement était prévisible. « Tous les Sénégalais savaient que son arrestation n’était qu’une question de jours. Abdou Nguer agace parce qu’il n’a ni la vulgarité des chroniqueurs du Projet, ni leur servilité aveugle », a indiqué TAS, remarquant que le jeune chroniqueur allie « une (im)pertinence caustique à une maîtrise de ses sujets qui insupportent au plus haut point l’exécutif, le Pastef et bon nombre de ses militants habitués à en proférer des vertes et des pas mûres ».

Au Sénégal, peste Thierno, « seuls les tribunaux pour mal-pensants tournent à plein régime. Pendant ce temps, l’économie piétine, les entreprises se languissent, et l’enseignement supérieur accumule près d’une année de retard. »

Le député pense qu’il faut s’inquiéter pour la croissance économique, qui prendra des proportions inquiétantes avec « des procès politiques qui font tourner les tribunaux à plein régime et qui vont hisser sans doute le Sénégal à des sommets encore jamais atteints. »

Lutte contre le gaspillage : Ousmane Sonko veut une administration exemplaire

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce jeudi une cérémonie d’installation des gestionnaires de l’énergie dans les administrations publiques. Un acte fort qui s’inscrit dans sa volonté affirmée de rationaliser les dépenses de l’État, particulièrement celles liées à la consommation d’énergie.

Face à un public composé de cadres de l’administration, de techniciens et d’observateurs de la vie publique, Ousmane Sonko a tenu un discours sans concession sur ce qu’il qualifie de « gaspillage structurel » dans les services de l’État.

Mobilier de bureau superflu, matériel informatique renouvelé sans justification, usage abusif des véhicules de fonction, déplacements non essentiels, consommation excessive d’eau et d’électricité… Le chef du gouvernement a énuméré les nombreuses dérives qui pèsent lourdement sur les finances publiques.

« Si nous voulons inciter les Sénégalais à adopter des comportements responsables, l’administration doit d’abord montrer l’exemple », a-t-il martelé, appelant à une véritable transformation culturelle au sein de la fonction publique.

Selon les chiffres avancés par le Premier ministre, le gaspillage énergétique dans les bâtiments publics coûterait chaque année près de 71 milliards de francs CFA à l’État. Une somme qu’il juge « colossalement injustifiée » et qui pourrait être réorientée vers des secteurs stratégiques comme l’éducation, la santé ou les infrastructures.

Prenant son propre comportement comme exemple, Ousmane Sonko a raconté :

« Si vous allez dans mon bureau au 8ᵉ étage en ce moment, vous n’y trouverez ni climatiseur ni lampe allumés. Ce sont de petits réflexes que nous devons intégrer et qui peuvent nous permettre d’économiser des milliards. »

Le Premier ministre a rappelé qu’il n’en est pas à son premier cri d’alerte. Dans son ouvrage publié en 2018, il dénonçait déjà les excès dans la gestion des ressources publiques. Une fois nommé chef du gouvernement, il dit avoir agi rapidement :

« Dès mon arrivée, j’ai signé une circulaire pour rationaliser plusieurs aspects de la gestion publique, malgré certaines résistances. »

Il cite même des exemples concrets : « Dans cette salle, il aurait suffi de baisser les rideaux pour éviter d’allumer les lumières. Ce ne sont pas de grosses chaleurs. Ce sont ces petits gestes, répétés partout, qui peuvent générer des milliards d’économies. »

Au-delà des mesures techniques et réglementaires, Ousmane Sonko a insisté sur la dimension éthique et civique du changement qu’il appelle de ses vœux. « La bonne gouvernance commence dans les détails », a-t-il conclu, appelant à une prise de conscience généralisée dans toutes les sphères de l’administration.

Cette sortie intervient dans un contexte où l’opinion publique attend des signaux forts en matière de rigueur budgétaire, d’exemplarité et de rupture avec les pratiques anciennes.

Accrochage armé à Mongone : un militaire blessé, un autre porté disparu

Une situation tendue prévaut actuellement dans le département de Bignona, plus précisément dans la localité de Mongone, où des affrontements ont opposé les forces de défense à un groupe armé. L’incident survient dans le cadre d’une opération militaire de grande envergure lancée par la Zone militaire n°5, suite à des exactions perpétrées à Djinaki dans la nuit du 13 avril.

Selon les informations communiquées par l’armée, un détachement militaire a été pris à partie par des hommes armés le 16 avril, alors qu’il menait une mission de ratissage. Le bilan provisoire fait état d’un militaire blessé et d’un autre porté disparu.

« Tous les moyens sont actuellement mobilisés pour retrouver notre frère d’armes », a indiqué une source militaire sous couvert d’anonymat. Le soldat blessé a été évacué vers une structure sanitaire et son état serait stable.

L’intervention militaire dans cette zone frontalière s’inscrit dans un contexte de résurgence de violences attribuées à des groupes armés non identifiés. Ces derniers auraient récemment ciblé des populations civiles et détruit des biens à Djinaki, semant la peur dans plusieurs villages environnants.

Les opérations de ratissage se poursuivent et les forces de défense entendent renforcer leur présence dans cette partie sud du pays pour restaurer la sécurité et rassurer les habitants.

La Zone militaire n°5 invite les populations locales à la vigilance, à la collaboration avec les forces de défense, et au calme, en attendant l’issue des opérations en cours.

Le cas Abdou NGuer : un symptôme alarmant d’un pouvoir fébrile

L’arrestation d’Abdou Guer illustre une fois de plus la fébrilité du régime actuel, incapable de tolérer la moindre critique. Cette panique, teintée de revanche et d’intolérance, révèle une incompétence manifeste, incapable de tenir des promesses, même celles sans coût financier ou dont les délais sont déjà dépassés.

Après avoir emprisonné Bougane Gueye Dany, Abou Diallo, Bah Diakhaté, Moustapha Diakhaté, Oumar Sow, Ahmet Suzanne Camara, Ardo Gningue, Assane Diouf…et envisageant probablement d’autres arrestations, le régime franchit une ligne rouge.

Comment justifier l’amnistie de ceux qui ont incendié des maisons, détruit des édifices publics, insulté des citoyens honnêtes, et volé des biens, tout en emprisonnant ceux qui osent exprimer une opinion divergente ?

Lorsque des dirigeants, condamnés pour contre-vérités avérées, sont tolérés, ils devraient avoir la décence de ne pas museler leurs compatriotes sous prétexte de diffusion de fausses nouvelles.

Thierno Bocoum
Ancien parlementaire
Président AGIR

« Diffusion de fausses nouvelles » : Abdou Nguer et son « fan » placés sous mandat de dépôt

Le chroniqueur de SenTV, Abdou Nguer, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi à l’issue de sa présentation devant le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il passera sa première nuit en prison, poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles », à la suite de propos tenus après le décès de Mamadou Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel.

Mais il n’est pas le seul à être derrière les barreaux. Pape Amadou Ndiaye Diaw, identifié comme l’administrateur du compte TikTok « Abdou Nguer Seul », a également été inculpé et écroué. Devant le juge, il a reconnu avoir publié sous ce pseudonyme le commentaire « une autopsie exigée », jugé provocateur et infondé.

Tout est parti de la sortie polémique d’Abdou Nguer, relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle il évoquait un climat d’insécurité dans le pays, citant le décès de Mamadou Badio Camara. Cette déclaration a conduit à l’autosaisine du procureur de la République, qui a rapidement ouvert une enquête.

Interrogé par les enquêteurs, le chroniqueur a nié être à l’origine du commentaire controversé, affirmant ne pas maîtriser suffisamment la langue française pour l’avoir écrit. Il a également déclaré ne pas être lié au compte ayant diffusé les propos en question.

Mais les investigations ont mené à Pape Amadou Ndiaye Diaw, qui a reconnu en être l’auteur. Il s’est présenté comme un simple fan d’Abdou Nguer, expliquant qu’il partageait régulièrement ses vidéos. Il a soutenu avoir repris un commentaire d’un autre internaute sans mauvaise intention, ce que n’a pas retenu la justice.

Les deux hommes font désormais l’objet d’une information judiciaire, ouverte pour diffusion de fausses nouvelles. Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des influenceurs et des internautes sur les réseaux sociaux, et sur les limites de la liberté d’expression dans un contexte politique et social sensible.

Entre exigence de justice et piège politique : la demande de mise en accusation de Macky Sall Par Souleymane Jules SENE

La demande de mise en accusation de l’ancien Président Macky Sall, portée par une frange de l’opinion et certains acteurs politiques, pourrait à première vue apparaître comme un acte de justice réparatrice. Mais à y regarder de plus près, elle porte en elle les germes d’un piège politique soigneusement tendu : celui d’enfermer le parti Pastef dans une logique revancharde, susceptible de fracturer davantage la société sénégalaise.

Car au-delà de la dimension juridico-politique, c’est bien le terrain de la politique politicienne qui est visé par certains. En acculant le pouvoir actuel à prendre une décision aussi lourde de conséquences, certains acteurs cherchent à tester sa cohérence, voire à provoquer un clivage entre l’élan populaire qui a porté Pastef au pouvoir et les réalités de l’exercice étatique. En somme, l’objectif caché pourrait être de faire vaciller la légitimité du pouvoir sur la base d’une promesse non tenue ou perçue comme reniée.

Face à cela, il est essentiel de reposer le débat sur une base sociale et démocratique solide. Il ne s’agit pas uniquement de juger un homme, mais de réconcilier le pays avec une gouvernance éthique, transparente et responsable. La question fondamentale devient alors : comment bâtir une justice transitionnelle qui serve l’intérêt général et non les intérêts partisans ?

En associant cette demande à une grande concertation citoyenne sur les mécanismes de redevabilité des anciens gouvernants, le Pastef pourrait repositionner cette affaire sur le terrain de la maturité politique. Plutôt qu’une simple mise en accusation, il s’agirait d’ouvrir un chantier national sur l’impunité, la vérité et la réparation, impliquant la société civile, les victimes, les institutions et les forces vives de la nation.

Ainsi, le piège se transforme en opportunité au lieu d’être vu comme un parti en quête de « vengeance », Pastef incarnerait une nouvelle vision de la justice, apaisée, inclusive et tournée vers l’avenir. Une justice sociale qui restaure la confiance, plutôt qu’elle ne creuse davantage les divisions.

Le Professeur Abdou Niang élu Président de l’Association Africaine de Néphrologie (AFRAN)

[Tunis, Tunisie Le 16 avril 2025] — L’Association Africaine de Néphrologie (AFRAN) a le plaisir d’annoncer l’élection du Professeur Abdou Niang à sa présidence, à l’issue de l’Assemblée générale qui s’est tenue ce 16 avril 2025. Il succède à ce poste l’égyptien, le Prof Mohamed H. Hafez. Cette nomination consacre l’engagement constant du Professeur Niang en faveur du développement de la néphrologie sur le continent africain.
Professeur de médecine, néphrologue de renommée et chercheur reconnu, Abdou Niang a consacré une grande partie de sa carrière à l’amélioration de l’accès aux soins rénaux en Afrique, à la formation des jeunes professionnels de santé, et à la promotion de la recherche clinique adaptée aux réalités africaines.
« Je reçois cet honneur avec humilité et sens du devoir. Mon ambition est de faire de l’AFRAN une plateforme encore plus inclusive, dynamique et influente dans les politiques de santé rénale à l’échelle africaine et internationale », a déclaré le Professeur Niang à l’issue de son élection.
Durant son mandat, le Professeur Niang s’est engagé à :
• Renforcer la coopération entre les sociétés nationales de néphrologie africaines ;
• Promouvoir la recherche collaborative et la publication scientifique sur les maladies rénales en Afrique ;
• Soutenir la formation et l’encadrement des jeunes néphrologues et paramédicaux ;
• Encourager des politiques publiques en faveur de la prévention des maladies rénales chroniques.
L’AFRAN félicite chaleureusement le Professeur Niang et lui souhaite plein succès dans ses nouvelles fonctions. L’association remercie également le président sortant pour son leadership et son dévouement au service de la communauté néphrologique africaine.

Affaire de fausses nouvelles sur le décès de Badio Camara : Abdou Nguer et son « fan » face à la justice

Poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles, le chroniqueur Abdou Nguer et Pape Amadou Ndiaye Diaw, présenté comme son admirateur, ont été déférés au parquet mercredi. L’affaire, qui a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, a été confiée au juge du troisième cabinet, avec un réquisitoire du ministère public demandant leur placement sous mandat de dépôt.

Auditionné par les gendarmes, Abdou Nguer a reconnu être propriétaire de deux comptes TikTok : « Abdou Nguer Officiel » et « Awa Nguer ». Il a toutefois nié être l’auteur du message polémique publié sur un autre compte intitulé « Abdou Nguer seul », dans lequel on pouvait lire : « Le peuple réclame une autopsie du défunt Badio Camara ».

L’intéressé s’est défendu en affirmant qu’il ne sait pas écrire en français au point de produire un tel message. Il a également soutenu que son propos sur le fait que « le pays n’est plus sûr » faisait référence à l’actualité du moment, notamment l’affaire Moustapha Ba, présumé tué selon certaines déclarations officielles, le décès du directeur du Budget, ou encore le cambriolage au Trésor.

Quant à Pape Amadou Ndiaye Diaw, il a reconnu être le propriétaire du compte « Abdou Nguer seul ». Il a déclaré n’avoir aucun lien personnel avec Abdou Nguer, mais se considère comme un fan, qui partageait régulièrement ses vidéos sur TikTok.

Interrogé sur le commentaire incriminé, Diaw a indiqué avoir simplement capturé une réaction d’un autre abonné, sans en mesurer la portée. Une défense jugée insuffisante par le parquet, qui a transmis le dossier au juge d’instruction avec demande de mise en détention provisoire.

Abdou Nguer et Pape Amadou Diaw seront fixés sur leur sort ce jeudi, à l’issue de leur passage devant le juge d’instruction. Cette affaire relance le débat sur la responsabilité numérique, notamment autour des propos tenus sur les réseaux sociaux à propos de figures publiques, en particulier dans un contexte sensible comme le décès de Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel.

Visa Schengen : le Forum du justiciable dénonce une dérive préoccupante autour de VFS Global

Le Forum du justiciable monte au créneau pour dénoncer une situation jugée intenable pour les Sénégalais souhaitant obtenir un visa Schengen. Dans un communiqué, l’organisation pointe du doigt VFS Global, prestataire privé mandaté par plusieurs ambassades européennes à Dakar pour la collecte des demandes, accusé de dérives graves dans la gestion des rendez-vous.

Selon le Forum, l’accès aux rendez-vous via la plateforme de VFS Global est devenu un véritable parcours du combattant. Les délais sont si longs que nombre de citoyens se tournent vers des circuits informels, parfois illégaux, pour obtenir un créneau. Ces pratiques nourrissent un système parallèle où des intermédiaires revendraient les rendez-vous entre 100 000 et 500 000 francs CFA.

« Les délais d’attente anormaux poussent certains citoyens désespérés à recourir à des intermédiaires. C’est une forme de délinquance organisée », fustige l’organisation, qui évoque une inégalité flagrante d’accès aux services consulaires, notamment pour les personnes modestes.

Face à cette situation, le Forum du justiciable interpelle directement les ambassades européennes concernées, les appelant à « revoir le système de gestion des rendez-vous » et à mettre en place des mécanismes transparents, équitables et sécurisés. L’organisation estime que cette crise de confiance ne peut être résolue sans une réforme structurelle.

L’appel est aussi adressé à l’État du Sénégal. Le Forum demande l’ouverture d’une enquête pour identifier les auteurs de ces trafics de rendez-vous et les traduire en justice, tout en invitant les citoyens à signaler tout abus et à refuser toute tentative d’extorsion.

Ce n’est pas la première fois que VFS Global est au centre de polémiques sur le continent africain. Implanté dans plus de 60 pays, le géant indien de la sous-traitance consulaire a déjà fait l’objet de critiques similaires à Abidjan, Bamako ou encore Kinshasa, pour des pratiques opaques et des délais anormalement longs.

Dans un contexte où les politiques migratoires européennes se durcissent et où les démarches administratives deviennent de plus en plus complexes, le Forum du justiciable rappelle que l’accès équitable aux visas est un droit fondamental, qu’il faut garantir à tous, sans discrimination.

L’organisation conclut en demandant une reprise en main du système de prise de rendez-vous, avec un meilleur contrôle par les ambassades et les États partenaires, afin de restaurer la confiance dans un processus devenu selon elle « arbitraire et discriminatoire ».

Grand Tortue Ahmeyim : Le Sénégal et la Mauritanie deviennent exportateurs de gaz naturel liquéfié

C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le Sénégal et la Mauritanie dans le secteur énergétique. British Petroleum (BP) a annoncé le chargement réussi de la toute première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) issue du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), marquant ainsi l’entrée officielle des deux pays dans le cercle restreint des exportateurs mondiaux de GNL.

Dans un communiqué publié ce jeudi, BP s’est félicité de cette avancée majeure dans le cadre de la phase 1 du projet GTA, situé à la frontière maritime entre la Mauritanie et le Sénégal. Cette étape marque un tournant stratégique, non seulement pour le géant pétrolier britannique, mais également pour toute la région ouest-africaine. En effet, le gaz extrait à plus de 2 850 mètres de profondeur est traité à bord d’un navire FLNG (Floating Liquefied Natural Gas), situé à une dizaine de kilomètres au large, avant d’être exporté à l’international.

À pleine capacité, la phase 1 du projet devrait produire 2,4 millions de tonnes de GNL par an, avec une partie destinée aux marchés internationaux et une autre réservée aux besoins domestiques du Sénégal et de la Mauritanie. Cette répartition stratégique permettra non seulement de générer des devises, mais aussi de renforcer la souveraineté énergétique des deux pays.

Ce développement survient dans un contexte où BP ambitionne de lancer dix projets énergétiques majeurs d’ici fin 2027. Gordon Birrell, vice-président exécutif de la production et des opérations de BP, a salué l’aboutissement de ce projet. Il a tenu à remercier les gouvernements mauritanien et sénégalais, ainsi que les partenaires du projet — Kosmos Energy, Petrosen, et SMH — pour leur soutien indéfectible.

« C’est l’aboutissement de plusieurs années de travail. Félicitations à tous ceux qui ont contribué à franchir cette étape en toute sécurité », a-t-il déclaré.

Classé comme « projet d’importance nationale stratégique » par Dakar et Nouakchott, GTA représente un défi technologique considérable, notamment du fait de l’exploitation en eaux ultra-profondes, à plus de 120 kilomètres des côtes. Cette réussite est le fruit de plusieurs années de coopération entre acteurs publics et privés, tant locaux qu’internationaux.

Depuis le démarrage des travaux en 2017, le projet a généré plus de 3 000 emplois locaux et favorisé le partenariat avec environ 300 entreprises mauritaniennes et sénégalaises. Dave Campbell, vice-président senior de BP pour la Mauritanie et le Sénégal, n’a pas caché sa fierté :

« Ce moment historique est le fruit de relations solides avec les gouvernements, les communautés locales et nos partenaires. Nous comptons les renforcer davantage à mesure que le projet avance. »

Avec cette première exportation, le projet Grand Tortue Ahmeyim ouvre une nouvelle ère énergétique pour l’Afrique de l’Ouest, tout en posant les bases des phases futures de développement. Dans un contexte mondial de transition énergétique, le Sénégal et la Mauritanie se positionnent désormais comme des acteurs crédibles et stratégiques sur le marché du gaz naturel liquéfié.

Situation économique et sociale 2022-2023 : L’ANSD conforte le bilan de Macky Sall et valide les prévisions de Mamadou Moustapha Ba

Le dernier rapport de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) apporte un éclairage complet sur la trajectoire budgétaire et financière du Sénégal entre 2022 et 2023. Si les chiffres confirment une montée de la dette publique, ils traduisent également une stratégie assumée de mobilisation de ressources pour soutenir les dépenses publiques dans un contexte économique contraint.

En 2022, l’État sénégalais a mobilisé 4 046,1 milliards de FCFA de recettes. Ce montant a connu une progression en 2023, atteignant 4 746,5 milliards de FCFA, traduisant une amélioration notable de la capacité de collecte des ressources fiscales et non fiscales.
Dans le même temps, les dépenses exécutées ont grimpé à 3 957,6 milliards de FCFA en 2022, puis à 4 359,2 milliards de FCFA en 2023. Ce niveau de dépense, soutenu par des politiques publiques ambitieuses, a généré un besoin de financement – autrement dit, un déficit – de 917,3 milliards FCFA en 2022 et 922,8 milliards FCFA en 2023.
Ce déficit, bien que significatif, reste dans les proportions jugées soutenables pour un pays émergent, selon les standards de la surveillance macroéconomique régionale.
Pour combler ce besoin de financement, l’État a eu recours à des accumulations nettes de passifs, à hauteur de 1 436,4 milliards de FCFA en 2022 et 1 728,5 milliards de FCFA en 2023. Ces passifs incluent les dettes contractées aussi bien sur le plan intérieur qu’extérieur.
Une part importante de ce financement provient de la dette extérieure : 772,7 milliards de FCFA en 2022 et 1 090,1 milliards de FCFA en 2023. Cette tendance souligne une dépendance accrue aux financements extérieurs, notamment auprès des bailleurs internationaux, mais également une plus grande diversification des sources de financement.
Comparé à 2021, où l’accumulation nette de passifs était de 1 031,01 milliards de FCFA, le rythme s’est ralenti : baisse de 258,32 milliards en 2022 et de 64,78 milliards en 2023, preuve d’un effort progressif de consolidation budgétaire.
L’encours total de la dette de l’administration publique centrale s’est établi à 11 782,8 milliards de FCFA en 2022, soit 68,4 % du PIB, avant d’atteindre 13 797,8 milliards de FCFA en 2023.
En 2022, la dette extérieure représentait 10 097,9 milliards de FCFA (soit 85,7 % du total) contre 1 684,8 milliards de dette intérieure (14,3 %).
En 2023, la part de la dette intérieure a augmenté pour atteindre 4 553,3 milliards de FCFA, contre 9 244,5 milliards de FCFA de dette extérieure. Cette évolution indique une volonté d’alléger la pression extérieure en renforçant les financements domestiques.
Le recours au marché financier sous-régional a constitué un levier de financement important. En 2022, les émissions de titres ont totalisé 1 042,9 milliards de FCFA, dont 799,2 milliards d’emprunts obligataires et 243,6 milliards de bons du Trésor.
Les titres de créances ont diminué en 2022, passant de 565,9 milliards de FCFA en 2021 à 273,7 milliards de FCFA, traduisant une certaine prudence. Mais en 2023, ce segment a été dynamisé pour atteindre 966,8 milliards de FCFA, grâce notamment à la confiance accrue des investisseurs et à la présence renforcée d’entreprises privées dans ce marché.
Les engagements sous forme de garanties octroyés par l’État se sont établis à 649,0 milliards de FCFA en 2022 et 570 milliards de FCFA en 2023, ce qui montre une gestion relativement stable de ce levier.
Enfin, les ressources de financement mobilisées sont passées de 3 392,0 milliards de FCFA en 2022 à 3 907,84 milliards de FCFA en 2023, soit une hausse de 327,25 milliards de FCFA, équivalente à une croissance relative de 10,2 %.
Ce rapport de l’ANSD, bien que technique, confirme les choix économiques assumés du régime de Macky Sall, fondés sur des investissements massifs dans les infrastructures et les services sociaux de base, souvent au prix d’un endettement croissant.
Mais les indicateurs laissent également apparaître une gestion encadrée du déficit, une diversification des sources de financement et une plus grande implication du marché domestique.

CONTRIBUTION RÉPUBLICAINE : Vérité sur les poursuites liées au Fonds FORCE COVID-19 – Halte à la désinformation orchestrée par le PASTEF

Contexte :
Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds FORCE COVID-19 n’a pas été initié sous la pression d’un quelconque groupe ou par une exigence populaire incontrôlée. Il a été diligenté par le Président Macky SALL lui-même, dans un souci de transparence, avec la volonté clairement exprimée de faire toute la lumière sur la gestion de ces ressources exceptionnelles mobilisées en pleine pandémie mondiale. Il avait d’ailleurs déclaré que « toute personne reconnue coupable sera traduite en justice », preuve d’une volonté de rendre des comptes aux Sénégalais, sans complaisance.

Rappel des faits et des chiffres :
Au lieu des 1000 milliards brandis avec fracas dans l’espace public comme étant prétendument “détournés”, la réalité budgétaire est tout autre et mérite d’être rappelée avec clarté :
• 651 milliards FCFA ont été mobilisés par les partenaires techniques et financiers,
• 102 milliards FCFA ont été apportés par l’État du Sénégal,
• 20 milliards FCFA ont été collectés grâce à la participation citoyenne.

Ce qui donne un total de 740 milliards FCFA, bien loin du fantasme agité d’un soi-disant « détournement de 1000 milliards ». Ceux qui continuent de marteler ce chiffre mensonger participent consciemment à une vaste entreprise de manipulation de l’opinion publique.

Les faits judiciaires :
L’enquête préliminaire a été lancée par la Division des Investigations Criminelles (DIC) dès janvier-février 2023. Elle a été clôturée en juillet 2023, avec à la clé un rapport d’enquête complet transmis au parquet. Ce travail sérieux et méthodique a permis de remonter les responsabilités potentielles, avec des auditions, des recoupements, des vérifications de documents et de procédures.

Et aujourd’hui, les premières poursuites viennent d’être engagées. Cela prouve que la justice suit son cours.

Une campagne de désinformation orchestrée par le PASTEF :
Il est temps de dire les choses telles qu’elles sont : le PASTEF a été au cœur d’une campagne de désinformation massive, utilisant les réseaux sociaux, certains relais médiatiques acquis à sa cause et des influenceurs démagogues pour faire croire à une spoliation généralisée de 1000 milliards. Ce mensonge éhonté a été ressassé, manipulé, retourné dans tous les sens pour instiller un climat de haine et de rejet envers les institutions de l’État.

Le but ? Affaiblir les fondements de la République, saper la confiance des citoyens envers leurs institutions, et capter un mécontentement populaire à des fins purement électoralistes.

Pourtant, la vérité est têtue : selon les informations officielles, les montants en cause dans les irrégularités ou soupçons de détournement s’élèveraient à environ 6 milliards FCFA. C’est grave, et c’est condamnable. Mais c’est infiniment loin de l’escroquerie intellectuelle des 1000 milliards disparus.

Notre position :
Nous le réaffirmons avec force : toute personne ayant détourné ou mal géré des deniers publics, quelle que soit sa position ou son appartenance politique, doit être poursuivie, jugée, et sanctionnée conformément à la loi. Il n’y a aucune tolérance possible pour la corruption, les malversations ou les abus de pouvoir.

Mais nous refusons que la justice soit instrumentalisée à des fins de règlements de comptes politiques, ou que des mouvements populistes comme le PASTEF, qui ont fait de la manipulation leur arme principale, continuent d’empoisonner le débat public avec des fake news et des approximations grossières.

Conclusion :
La transparence ne peut se construire sur le mensonge.
La justice ne peut se rendre dans la clameur et l’agitation partisane.
Et la République ne se bâtit pas sur la haine et la manipulation.

Le peuple sénégalais mérite mieux. Il mérite la vérité. Il mérite la justice. Il mérite la République.

R Les Républicains – Pour une nouvelle République de vérité, de justice et de responsabilité.

Mouhamadou Moustapha MANE
Président R LES RÉPUBLICAINS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°445 – 17/04/2025

🔴 SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2022-2023 : LA VÉRITÉ DES CHIFFRES
🔴 RAPPORT SUR LES FINANCES PUBLIQUES : LA JUSTICE PASSE À L’ACTION

🔴 IMPACT DES JOJ : L’ANSD ET LE COJOJ SORTENT LES OUTILS
🔴 LIGUE DES CHAMPIONS : PARIS-ARSENAL ET BARÇA-INTER EN DEMIES

Affaire Fonds Force Covid-19 : Massaly porte plainte contre Le Thié pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation

Le climat politique et médiatique s’échauffe à nouveau autour de l’affaire des Fonds Force Covid-19. Ce mercredi 16 avril 2025, l’homme politique Massaly a officiellement déposé une plainte contre le chroniqueur Le Thié, l’accusant de diffusion de fausses nouvelles et de diffamation. Une action judiciaire initiée par son pool d’avocats dirigé par Me Moustapha Dieng.

En cause, une sortie médiatique de Le Thié dans l’émission Tolérance Zéro – qu’il rebaptise ironiquement Tolérance Zéro – durant laquelle il a formulé de graves accusations à l’encontre de Massaly. Selon ses propos, ce dernier aurait vendu des maisons, et blanchi la somme de 800 millions de francs CFA issus des fonds Force Covid-19, avec la complicité supposée de « toubabs », terme souvent utilisé pour désigner des partenaires occidentaux.

Des allégations que Massaly qualifie de mensongères et calomnieuses, niant toute implication dans une quelconque affaire de détournement ou de blanchiment. « Trop, c’est trop », a-t-il lancé, noir de colère, avant de confirmer avoir saisi la justice pour laver son honneur.

« Il ne s’agit pas seulement de défendre mon nom, mais aussi de mettre fin à cette culture de l’accusation facile sans preuve. La diffamation ne doit plus être un outil politique ou médiatique », a-t-il déclaré.

L’affaire promet de faire du bruit dans les jours à venir. Reste à savoir quelle suite la justice réservera à cette plainte. Une chose est sûre : la tension est à son comble, et le dossier des Fonds Covid-19 est loin d’avoir livré tous ses secrets.

« Fonds Force Covid-19 » : retour de parquet pour Abdou Aziz Mbaye, contrôle judiciaire pour Baba Hamdy Diawara

L’affaire du détournement présumé des Fonds Force Covid-19 continue de faire tomber des noms connus. Deux nouvelles personnalités sont au cœur de l’actualité judiciaire : Abdou Aziz Mbaye, communicateur traditionnel bien connu, et Baba Hamdy Diawara, artiste musicien. Tous deux ont été interpellés dans le cadre de cette vaste opération de reddition des comptes.

Selon les informations relayées par Seneweb, Abdou Aziz Mbaye a fait l’objet d’un retour de parquet après sa première audition. Il comparaîtra de nouveau ce jeudi, devant le juge du 5e cabinet, qui pilote ce dossier emblématique depuis plusieurs semaines. Le mystère plane encore sur l’issue de cette nouvelle comparution, mais la tension est palpable autour de son sort.

De son côté, Baba Hamdy Diawara a été présenté au même juge, qui a décidé de le placer sous contrôle judiciaire. L’artiste est poursuivi pour détournement de deniers publics, après que le parquet a relevé un montant de 112 millions FCFA dans le cadre de ses prestations liées à la riposte contre le Covid-19.

Entouré de ses avocats – Mes Arona Bass, Alioune Badara Fall, Takha Cissé et Adja Cissé –, Baba Hamdy a tenté de justifier les dépenses engagées. Toutefois, un manque de 2 116 873 FCFA subsiste, qu’il n’a pas pu justifier. Il a par ailleurs versé une caution de 2 millions FCFA, ce qui a permis au juge de ne pas ordonner son placement en détention, préférant la mesure de contrôle judiciaire.

Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un contexte où le dossier du Fonds Force Covid-19, mis en place en 2020 sous le régime de Macky Sall pour atténuer les effets de la pandémie, continue de secouer les milieux politiques, administratifs, culturels et sportifs. Doté de 1000 milliards de FCFA, ce fonds est aujourd’hui au cœur d’une traque pour faire la lumière sur de présumés détournements.

Plusieurs personnalités issues de différents horizons ont déjà été interpellées, certaines placées sous mandat de dépôt, d’autres sous contrôle judiciaire ou en attente d’un retour de parquet. Pour l’opinion publique, la gestion de ces fonds symbolise l’exigence d’un nouveau rapport à la gouvernance et à la transparence des deniers publics.

Pression sur la justice : l’Union des magistrats du Sénégal vole au secours du ministre Ousmane Diagne

Dans un contexte politique tendu, où les accusations de pression sur la justice se multiplient, l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) est sortie de sa réserve. À travers la voix de son président, Ousmane Chimère Diouf, le syndicat des magistrats a exprimé un soutien ferme au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, tout en réaffirmant son attachement à l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Invité de la Radio Futurs Médias (RFM), Ousmane Chimère Diouf a tenu à clarifier le rôle que joue le gouvernement dans la conduite de la politique pénale, face aux nombreuses critiques visant l’exécutif. « La politique pénale est indiscutable. Elle est définie par le Gouvernement. Tous les magistrats le savent. Mais il faut rappeler que, malgré cela, son application revient aux magistrats. Chacun a son rôle à jouer », a-t-il expliqué.

Le président de l’UMS a salué la posture du garde des Sceaux, Ousmane Diagne, lors de la séance plénière du 21 février 2025 à l’Assemblée nationale. Interpellé sur la lenteur de certains dossiers judiciaires, le ministre avait affirmé que « le temps de la justice n’est pas celui des hommes ». Une déclaration que l’UMS juge conforme à l’essence même de la justice. « C’est ce qu’on nous a enseigné. La justice ne rime pas avec précipitation ni calcul politique. Aucun magistrat n’acceptera d’être mis sous pression pour accomplir sa mission », a réaffirmé Ousmane Chimère Diouf.

Face aux accusations récurrentes d’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique, l’UMS a tenu à faire une mise au point essentielle : il existe une séparation claire entre les magistrats du parquet et ceux du siège. « Le ministre n’a aucune prérogative sur les magistrats du siège. Il en a sur le parquet, c’est vrai, car c’est ce dernier qui initie les poursuites. Mais une fois le procès lancé, cela ne relève plus de l’Exécutif », a précisé Ousmane Chimère Diouf.

Cette clarification vise à couper court à une confusion entretenue par certains observateurs et acteurs politiques, qui assimilent toute action judiciaire à une volonté politique. « Il faut distinguer les rôles et respecter l’indépendance des magistrats. Le juge du siège, une fois saisi, ne reçoit d’instructions de personne », a martelé le président de l’UMS.

Au-delà des pressions supposées du pouvoir politique, l’UMS met également en garde contre les jugements populaires qui faussent la perception du travail des juges. « Lorsque les décisions sont favorables, on parle d’indépendance. Lorsqu’elles ne le sont pas, on crie à la manipulation. C’est une interprétation populaire qui ne reflète pas la réalité du fonctionnement judiciaire », a déploré Ousmane Chimère Diouf.

Affaires judiciaires : le CORED appelle les journalistes à plus de discernement et de prudence

Alors que l’actualité nationale est fortement marquée par des affaires judiciaires sensibles, notamment autour de la gestion du Fonds Force Covid-19, le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les Médias (CORED) appelle les professionnels des médias à faire preuve d’une grande vigilance. Dans un communiqué publié ce mercredi 16 avril, l’organe de régulation interne de la profession journalistique au Sénégal invite les journalistes à respecter strictement les règles éthiques dans la couverture de ces dossiers complexes.

Le CORED rappelle que le traitement de l’information judiciaire, surtout lorsqu’elle concerne des personnalités connues ou des questions d’intérêt public, exige une approche responsable. « Les consœurs et confrères sont invités à traiter avec discernement et beaucoup de prudence les affaires judiciaires qui font et feront l’actualité dans les jours à venir », peut-on lire dans le communiqué. Ce rappel est d’autant plus nécessaire que les interpellations, convocations ou mises en examen de plusieurs acteurs liés à la gestion des fonds publics sont largement relayées et commentées dans les médias.

Dans ce contexte, le CORED insiste sur la nécessité de concilier la liberté de la presse avec les exigences de rigueur professionnelle. Il appelle ainsi à une vérification stricte des sources, notamment des images d’illustration. Il n’est pas rare que des personnes portant les mêmes noms ou prénoms soient confondues dans certains articles ou reportages, créant des torts irréparables. Le Conseil recommande donc aux rédactions de faire preuve d’une extrême prudence avant toute diffusion ou publication.

Autre point souligné : la précision lexicale et la justesse des termes utilisés. Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais d’informer de manière juste, équilibrée et respectueuse des droits fondamentaux. Dans cette dynamique, le CORED insiste sur le respect strict de la présomption d’innocence, principe cardinal de l’État de droit. Toute personne mise en cause, convoquée, placée en garde à vue ou sous mandat de dépôt reste présumée innocente tant qu’elle n’a pas été jugée coupable par une juridiction compétente.

À cet effet, le CORED rappelle aux professionnels des médias l’article 13 du Code de la presse, qui stipule : « Le journaliste et le technicien des médias ne doivent pas publier des informations, des documents, des images et des sons dont l’origine ne leur est pas connue. » Une disposition claire qui appelle à bannir le sensationnalisme et à privilégier l’objectivité dans le traitement de l’information, en particulier lorsqu’il s’agit de sujets judiciaires susceptibles d’influencer l’opinion publique ou de nuire à la réputation d’individus encore non jugés.

Ce rappel intervient dans un contexte où la frontière entre journalisme professionnel et contenus viraux sur les réseaux sociaux devient de plus en plus poreuse. Le CORED, en tant que gardien de l’éthique et de la déontologie, souhaite ainsi maintenir la crédibilité des médias sénégalais, tout en protégeant les droits des citoyens.

Kolda : bras de fer entre commerçants et municipalité autour d’une foire commerciale

Une vive tension secoue le marché central de Kolda depuis l’annonce d’une foire commerciale organisée par un opérateur privé, avec l’aval de la municipalité. En guise de protestation, les commerçants ont décidé de suspendre le paiement de la taxe municipale jusqu’à nouvel ordre. Une décision forte, qui marque leur profond désaccord avec la gestion de l’espace commercial local par le maire Mameboye Diao.

Les commerçants dénoncent une « concurrence déloyale » encouragée, selon eux, par les autorités locales. La colère est née de l’autorisation accordée à un opérateur économique d’organiser une foire dans le centre-ville, alors même que les produits proposés sont identiques à ceux vendus dans les boutiques du marché central. Pour ces commerçants, il s’agit d’un véritable coup de massue, dans un contexte économique déjà difficile.

« Ce n’est ni plus ni moins qu’un marché parallèle », fustige Ibra Sahko, délégué du marché central, visiblement très remonté. Face à la presse, il n’a pas mâché ses mots : « C’est une injustice. Nous payons nos taxes, nous subissons la cherté des loyers et des produits, et voilà que la municipalité vient autoriser une foire qui nous met directement en concurrence avec des commerçants de passage. C’est un marché noir officiel ! »

Les commerçants affirment que cette foire va entraîner une baisse de leur chiffre d’affaires, et estiment que la mairie aurait dû d’abord consulter les acteurs économiques locaux avant d’autoriser une telle initiative. Pour eux, c’est un manque de considération inacceptable.

Face à cette fronde, la mairie n’a pas tardé à réagir. Abdou Salam Diallo, directeur de cabinet du maire Mameboye Diao, a défendu la décision municipale en insistant sur les prérogatives de la commune en matière d’organisation d’événements commerciaux. Il a également condamné l’initiative des commerçants de suspendre le paiement des taxes, qualifiant leur décision de « goutte de trop ».

« Le paiement de la taxe municipale est une obligation. Il ne peut être suspendu unilatéralement. Le recouvrement va se poursuivre, avec l’appui de la police municipale. Tout commerçant qui refusera de payer s’exposera à une évacuation pure et simple de son emplacement », a martelé M. Diallo.

L’affrontement est désormais ouvert entre les deux parties. Les commerçants, déterminés à aller jusqu’au bout, ont annoncé de nouvelles formes de mobilisation si la municipalité ne revient pas sur sa décision. De son côté, la mairie reste inflexible et refuse de céder à ce qu’elle considère comme une pression inacceptable.

Dans les rues de Kolda, l’inquiétude grandit. De nombreux habitants redoutent que cette crise ne perturbe durablement l’approvisionnement du marché central, principal poumon commercial de la ville. Certains appellent déjà à l’ouverture d’un dialogue franc et direct entre les commerçants et la mairie, pour éviter une escalade qui pourrait se répercuter sur l’ensemble de la population.

Fonds Covid-19 : Ngom Niang et Sadiya Gueye libérés après avoir consigné 200 millions de F CFA

L’affaire du détournement présumé des ressources du Fonds Force Covid-19 continue de livrer ses développements. Ce jeudi, deux figures citées dans ce dossier emblématique de la reddition des comptes sous le régime de Bassirou Diomaye Faye ont bénéficié d’une liberté provisoire, sous réserve d’un contrôle judiciaire strict. Il s’agit de l’ancienne DAGE du ministère des Sports, Ngom Niang, et de la styliste bien connue du milieu de la mode sénégalaise, Alimatou Sadiya Gueye.

Selon des sources judiciaires, le juge du 5e cabinet, chargé de l’instruction du dossier, a accordé la liberté provisoire aux deux prévenus, après qu’ils ont consigné une caution totale de 200 millions F CFA. Ngom Niang a versé la somme de 150 millions de francs CFA, tandis que Sadiya Gueye a été libérée après avoir déposé 50 millions FCFA.

Tous deux sont poursuivis pour détournement de deniers publics, une accusation qui pèse sur plusieurs personnes dans cette affaire tentaculaire. L’enquête s’inscrit dans le cadre de la traque des responsabilités liées à la gestion du Fonds Force Covid-19, mis en place en 2020 par l’ancien président Macky Sall pour faire face à la pandémie. D’un montant initial de 1000 milliards de francs CFA, ce fonds était destiné à soutenir les ménages vulnérables, les entreprises affectées, et renforcer le système de santé.

Mais depuis la publication du rapport de la Cour des Comptes, de nombreuses zones d’ombre ont été mises en lumière, notamment des irrégularités dans la passation de marchés, des surfacturations et des dépenses jugées injustifiées. Le rapport a également pointé du doigt des cas de gestion opaque et de non-respect des règles de procédure dans l’attribution des marchés publics liés au Fonds.

L’ancien DAGE du ministère des Sports, Ngom Niang, est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans des opérations financières douteuses concernant des achats d’équipements et de matériel, en lien avec les activités du ministère durant la crise sanitaire. Quant à Sadiya Gueye, elle aurait bénéficié de marchés attribués de manière non conforme, selon les premiers éléments de l’enquête.

D’autres personnes, impliquées dans cette vaste affaire, sont actuellement sous contrôle judiciaire, en garde à vue, ou en attente de leur audition. Des retours de parquet ont été notés, et le Pôle judiciaire financier poursuit ses investigations pour déterminer les responsabilités exactes de chacun.

Alors que le gouvernement affiche une volonté ferme de lutter contre l’impunité et de récupérer les biens mal acquis, cette affaire constitue l’un des dossiers tests du nouveau régime en matière de gouvernance, de transparence et de justice. La suite des procédures devrait permettre d’en savoir davantage sur l’ampleur des détournements présumés et sur l’implication d’autres figures publiques ou opérateurs économiques.

Médina : une circoncision pratiquée à domicile tourne au drame

Un drame s’est récemment déroulé dans le quartier de la Médina, à Dakar, mettant en lumière les risques associés à la pratique de la circoncision à domicile. Un garçon de 5 ans a perdu la vie des suites d’une infection grave qui serait survenue après une circoncision effectuée par son propre père à leur domicile.

Les faits se sont produits à la rue 6, angle 21, où, après la procédure de circoncision réalisée à la maison, l’état de santé de l’enfant a rapidement empiré. Selon des sources locales, l’enfant a montré des signes de détérioration grave peu après l’intervention. Face à l’aggravation de son état, il a été transporté d’urgence à l’hôpital Abass Ndao, mais malgré les efforts des équipes médicales, il n’a pas survécu.

Cette tragédie soulève de nombreuses questions sur les pratiques de circoncision non médicalisées et sur les dangers potentiels qu’elles représentent, notamment en l’absence de conditions d’hygiène appropriées et d’une surveillance médicale adéquate. En outre, elle met en exergue les risques encourus par les enfants dans le cadre de telles pratiques, qui, bien que culturelles pour certains, sont effectuées parfois dans des conditions non sécurisées.

Le père de l’enfant, responsable de la procédure, pourrait se retrouver sous enquête pour déterminer les circonstances exactes du décès tragique et les éventuelles responsabilités. Les autorités locales ont annoncé qu’une enquête serait ouverte afin de faire toute la lumière sur cette affaire et de s’assurer que justice soit rendue.

Le décès de cet enfant souligne l’importance d’une réglementation stricte concernant les pratiques de santé, notamment la circoncision, et la nécessité de sensibiliser davantage les populations sur les risques d’une telle intervention lorsqu’elle est réalisée dans des conditions non conformes. Les experts en santé publique rappellent régulièrement que ces procédures doivent être effectuées par des professionnels qualifiés et dans des structures adaptées pour éviter de tels drames.

Cette tragédie a profondément choqué la communauté locale, et la famille endeuillée vit un immense deuil après la perte de l’enfant, victime d’une pratique qui, dans de nombreuses situations, devrait être effectuée sous surveillance médicale stricte. Les autorités compétentes, ainsi que les associations de défense des droits des enfants, attendent des mesures concrètes pour encadrer de manière plus stricte cette pratique dans l’intérêt de la santé et de la sécurité des enfants.

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Sébikotane : le CEM Sébi Gare sous menace de fermeture pour loyers impayés

Un vent d’inquiétude souffle actuellement sur la communauté éducative de Sébikotane, située à moins de 45 kilomètres de Dakar. Le Collège d’Enseignement Moyen (CEM) de Sébi Gare, établissement public qui accueille plusieurs centaines d’élèves, se trouve au cœur d’une situation pour le moins inédite. Le bâtiment qui abrite cet établissement scolaire est en effet sous la menace d’une fermeture imminente en raison d’arriérés de loyers impayés au propriétaire des locaux. Celui-ci a d’ores et déjà exprimé son intention de reprendre possession du bâtiment, à défaut de paiement.

C’est le député Guy Marius Sagna qui a lancé le cri d’alarme en dénonçant cette situation préoccupante dans une question écrite adressée au ministre de l’Éducation nationale. Le parlementaire met en lumière une anomalie grave : le CEM Sébi Gare serait, à ce jour, le seul établissement public dans tout le Sénégal à être logé dans des locaux privés et à devoir s’acquitter d’un loyer mensuel. Cette situation a conduit à l’accumulation de dettes, et le propriétaire n’hésite pas à menacer de fermer l’établissement.

« Sébi Gare est le seul CEM du Sénégal, à ma connaissance, qui paie un loyer chaque mois. Résultat : des arriérés de paiement. Le propriétaire vient régulièrement menacer ou expulser les élèves », a déclaré Guy Marius Sagna, soulignant l’injustice flagrante de la situation. Il a ajouté que ce type de gestion est particulièrement inacceptable à l’approche des examens de fin d’année.

Le député fait part de son inquiétude quant à l’absence de réaction appropriée du gouvernement. Selon lui, les réponses obtenues du ministère de l’Éducation nationale ne sont pas à la hauteur de l’urgence de la situation. « Le ministère de l’Éducation ne prend pas en charge ma préoccupation, qui est pourtant celle des élèves, des enseignants et des parents », a-t-il déploré, insistant sur le fait que les autorités compétentes doivent agir rapidement pour éviter une crise éducative de plus grande ampleur.

Les élèves, les enseignants et les parents d’élèves vivent donc dans une angoisse quotidienne, à l’ombre de la menace d’une fermeture imminente. Le député a révélé que le propriétaire des locaux a exigé récemment la copie des clés de l’établissement, ce qui est perçu comme un signe de plus qu’une expulsion est sur le point de se concrétiser. « Il pourrait changer les serrures à tout moment, empêchant ainsi des centaines d’élèves de poursuivre leur apprentissage », a précisé Guy Marius Sagna, faisant écho à la gravité de la situation.

Cette menace de fermeture soulève des questions plus larges sur la gestion du patrimoine immobilier scolaire au Sénégal. Comment est-il possible qu’un établissement public dépend encore d’un bail locatif privé pour son fonctionnement, exposant ainsi les élèves et le corps enseignant à une instabilité constante ? Dans un contexte où l’accès à l’éducation est un droit fondamental et où les infrastructures scolaires sont déjà insuffisantes, cette situation apparaît comme une anomalie criante.

Le député Guy Marius Sagna a annoncé son intention de réécrire au ministère de l’Éducation nationale pour insister sur la nécessité d’une solution rapide et définitive pour le CEM Sébi Gare. À ses yeux, il ne s’agit pas simplement de résoudre un problème de loyers impayés, mais d’assurer à ces enfants, à leurs enseignants et à leurs parents une sécurité minimale dans l’exercice du droit à l’éducation. Il a d’ailleurs interpellé l’État sur le besoin d’un cadre juridique et financier plus stable pour les établissements scolaires publics, afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.

Le cas du CEM Sébi Gare illustre une fragilité structurelle dans la gestion du secteur éducatif. En attendant une réaction gouvernementale forte, la situation est d’autant plus préoccupante que les élèves de cet établissement sont en période de révision pour leurs examens, et une interruption de leurs études pourrait avoir des conséquences désastreuses pour leur avenir académique.

Les parents d’élèves et le personnel éducatif sont en effet dans une situation d’incertitude totale. Le CEM Sébi Gare, qui se trouve déjà dans un bâtiment locatif, ne bénéficie donc pas de la stabilité nécessaire pour fonctionner normalement. Si des mesures correctives ne sont pas prises en urgence, des centaines d’élèves pourraient se voir privés de leurs droits à l’éducation.

Rapport de la Cour des Comptes : Le parquet financier saisit la DIC pour enquête

L’affaire prend une tournure judiciaire. À la suite du rapport accablant de la Cour des Comptes sur la gestion des finances publiques du Sénégal entre 2019 et le 31 mars 2024, le parquet du Pôle judiciaire financier est officiellement entré en action. Dans un communiqué diffusé ce mercredi, le procureur de la République financier a annoncé avoir reçu, le 3 avril dernier, un référé aux fins d’ouverture de procédures pénales, transmis par le Procureur général près la Cour d’appel de Dakar.

Ce référé fait suite à des constats graves contenus dans le rapport d’audit publié par la Cour des Comptes. Le document a en effet relevé plusieurs actes et faits susceptibles de qualifications pénales, notamment des irrégularités dans la gestion des fonds publics, des soupçons de détournements, et des manquements manifestes dans le respect des procédures de passation de marchés ou d’exécution budgétaire.

Le parquet financier, désormais saisi, a décidé de confier le dossier à la Division des investigations criminelles (DIC). La saisine a eu lieu le 14 avril 2025, avec pour mission d’ouvrir une enquête approfondie sur l’ensemble des points soulevés dans le rapport transmis par la Cour des Comptes. Les enquêteurs devront ainsi faire la lumière sur les faits reprochés, identifier les auteurs ou complices présumés, et établir d’éventuelles responsabilités pénales.

La mobilisation de la DIC dans cette affaire marque une étape importante dans la volonté des autorités judiciaires d’apporter une réponse ferme aux questions de gouvernance, de transparence et de reddition des comptes. Pour rappel, la Cour des Comptes, dans son rapport, avait pointé une série d’anomalies portant sur des milliards de francs CFA, en insistant sur la nécessité de poursuites pénales dans plusieurs cas.

Ce développement intervient dans un contexte où les nouvelles autorités ont fait de la lutte contre l’impunité et la bonne gouvernance un pilier central de leur politique. La saisine du parquet financier, suivie de l’ouverture d’une enquête judiciaire, pourrait donc marquer le début d’un vaste chantier de responsabilité publique, avec à la clé d’éventuelles inculpations ou poursuites devant les juridictions compétentes.

Pour l’heure, aucun nom n’a été officiellement cité, mais la procédure suit son cours. Les conclusions de la DIC seront déterminantes pour la suite des événements, et toute la classe politique ainsi que l’opinion publique attendent désormais de voir si cette enquête se traduira par des sanctions exemplaires ou des réformes structurelles durables dans la gestion des finances de l’État.

Saint-Louis : des pêcheurs artisanaux dénoncent l’arraisonnement de douze pirogues en pleine campagne du projet gazier GTA

Les tensions montent à Saint-Louis, où les pêcheurs artisanaux de la Langue de Barbarie dénoncent une série d’incidents maritimes survenus dans le cadre de l’exécution du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Dans un communiqué rendu public ce mercredi 16 avril 2025, l’Association des pêcheurs artisanaux de la ligne de Saint-Louis alerte les autorités sur ce qu’elle qualifie de « situation préoccupante », évoquant une menace grave sur la paix sociale et les moyens de subsistance de centaines de familles vivant de la pêche.

Selon les responsables de l’association, les faits remontent au 5 avril dernier. Ce jour-là, douze pirogues appartenant à des pêcheurs originaires de Guet Ndar et de Santiaba ont été arraisonnées en mer par des agents de sécurité opérant autour du périmètre du projet gazier. Ce que les pêcheurs dénoncent avec vigueur, c’est que les embarcations se trouvaient, selon eux, à près de deux kilomètres en dehors de la zone d’exclusion maritime définie et balisée autour du site GTA. Ils estiment que ces arraisonnements sont non seulement injustifiés, mais ont également été accompagnés d’actes de sabotage. Filets endommagés, cordages coupés, matériel inutilisable : les dégâts sont importants, et à ce jour, aucune explication officielle ne leur a été fournie.

Dans leur lettre adressée au gouverneur de la région de Saint-Louis, les pêcheurs affirment avoir tenté, sans succès, d’obtenir des réponses de l’Inspecteur régional des pêches, de la Direction de la surveillance des pêches (DPS) et du Conseil local de pêche artisanale (CLPA). Ce silence institutionnel ne fait, selon eux, qu’aggraver le sentiment d’injustice ressenti par les communautés touchées, déjà éprouvées par la réduction progressive de leurs zones d’activité depuis le début des travaux du projet gazier.

La colère est d’autant plus vive que ces incidents surviennent à un moment particulièrement crucial de l’année. Les mois d’avril, mai et juin constituent une période appelée localement « Thiorone », pendant laquelle la pêche devient intense dans la zone de DJATARA, un espace maritime riche en ressources halieutiques. Pour les pêcheurs artisanaux, c’est une phase décisive, car elle leur permet de sécuriser l’essentiel de leurs revenus annuels et de garantir la sécurité alimentaire de leurs familles. La perte de matériel en pleine saison pourrait ainsi avoir des conséquences dramatiques sur leur survie économique.

Dans leur communiqué, l’Association des pêcheurs artisanaux exprime une vive inquiétude face à l’absence de mesures de prévention et de concertation. Elle appelle les autorités à ne pas sous-estimer les risques d’explosion sociale dans une zone déjà sensible, où les frustrations liées à l’accès à la mer se multiplient. Les pêcheurs redoutent que, sans intervention rapide, la situation ne dégénère en affrontements ouverts, voire en blocages des opérations du projet GTA.

Face à cette crise naissante, ils demandent l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante sur les événements du 5 avril, afin d’établir les responsabilités et d’apporter des réparations aux pêcheurs lésés. Ils exigent également la mise en place d’un dispositif d’alerte rapide impliquant les forces de sécurité maritime, les autorités locales et les représentants des pêcheurs, pour prévenir de nouveaux incidents. Enfin, ils appellent à la convocation urgente du Comité Régional de Concertation sur le projet GTA, afin d’examiner ces faits à la lumière de la tension actuelle et de proposer des mesures correctives avant l’intensification des activités en mer.

Alors que le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim est présenté comme un symbole du décollage économique du Sénégal, les communautés côtières de Saint-Louis réclament aujourd’hui un traitement équitable et une reconnaissance de leurs droits historiques sur la mer. Si leurs doléances ne sont pas entendues, elles avertissent que le prix à payer pourrait être lourd, non seulement pour leur survie, mais aussi pour la stabilité sociale de toute la région nord.

Trafic de drogue : 58 kg de chanvre stoppés net entre Casamance et Touba

Une nouvelle saisie de drogue vient renforcer la série de coups de filet lancés ces dernières semaines contre les trafiquants opérant à travers le pays. Cette fois, c’est la Brigade Régionale des Stupéfiants (BRS) de Kaolack qui a réussi un gros coup, en interceptant 58 kilogrammes de chanvre indien transportés depuis la Casamance vers la ville sainte de Touba.

Selon le communiqué publié ce mercredi par la Police nationale, l’opération a été menée par les éléments de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS). Agissant sur la base de renseignements précis, les agents ont mis la main sur la cargaison au terme d’une filature méthodique entre plusieurs localités du centre-sud du pays.

Les 58 kg de chanvre étaient soigneusement dissimulés à bord d’un véhicule de transport banalisé. L’intervention a permis également l’interpellation de quatre individus, qui se trouvent actuellement en garde à vue. D’après les premiers éléments de l’enquête, ces derniers seraient des courriers agissant pour le compte d’un réseau plus large, encore en activité.

Les autorités ont ouvert une enquête visant à identifier l’ensemble des ramifications de ce réseau, notamment les commanditaires présumés et les destinataires finaux de la marchandise à Touba. L’objectif est de démanteler la chaîne complète, de la zone de production ou de stockage jusqu’aux points de distribution.

Cette opération intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises – Police comme Gendarmerie – renforcent la lutte contre les narcotrafiquants, à travers une série d’actions coordonnées sur le territoire national. Rien qu’en l’espace de quelques jours, plus de 390 kg de drogues ont déjà été saisis dans plusieurs régions du pays, dont 80 kg de cocaïne à Dakar, 300 kg de chanvre à Fimela et 11 kg à Sokone, comme l’a récemment rappelé la Gendarmerie.

La saisie de Kaolack met à nouveau en lumière l’axe Casamance-centre comme l’un des corridors sensibles du trafic de drogue. La zone, souvent utilisée pour son maillage routier peu contrôlé, est aujourd’hui dans le viseur des services de sécurité. La destination finale de la marchandise – Touba – interpelle aussi, dans un contexte où la ville attire un flux constant de personnes, facilitant parfois la dissimulation de certaines activités illégales.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°444 – 16/04/2025

🔴 MISE EN ACCUSATION DE MACKY : GUY MARIUS LANCE L’ASSAUT !
🔴 DÉTOURNEMENTS PRÉSUMÉS FONDS COVID : LA JUSTICE FRAPPE DES NOMS CONNUS

🔴 LIGUE DES CHAMPIONS – 1/4 DE FINALE RETOUR : LE BARÇA ET LE PSG FILENT EN DEMI-FINALES
🔴 VICTOIRE NETTE DU MALI : 2-0 CONTRE LE BURKINA FASO, DIRECTION LA FINALE !

projet de mise en accusation de Macky Sall : Takku Wallu Sénégal dénonce une « forfaiture »

Le Groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « grave dérive politique » à la suite de la proposition de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall, récemment évoquée à l’Assemblée nationale. Dans un communiqué transmis à la presse ce mardi, les parlementaires de ce groupe d’opposition condamnent fermement cette initiative, qu’ils considèrent comme une tentative de déstabilisation politique et un précédent dangereux pour la démocratie sénégalaise.
Selon Takku Wallu, c’est « avec stupéfaction » qu’ils ont appris, par voie de presse, l’intention de mettre Macky Sall en accusation devant la Haute Cour de Justice. Ils rejettent catégoriquement ce qu’ils appellent une « énième affirmation gratuite » émanant d’un député de la majorité, sans mentionner nommément Guy Marius Sagna, l’auteur de la proposition.
Dans son communiqué, le groupe parlementaire appelle l’opinion publique nationale et internationale à mesurer la gravité de ce qu’il qualifie de « forfaiture », estimant que cette démarche porte atteinte à la stabilité institutionnelle et à l’image démocratique du Sénégal. « C’est la première fois dans l’histoire politique de notre pays, marquée par des alternances pacifiques, qu’un pouvoir en place tente d’atteindre un ancien chef d’État avec une telle violence », déplore le texte.
Takku Wallu Sénégal rappelle que la Constitution n’autorise la poursuite d’un ancien président de la République que pour des faits de haute trahison, et non pour la gestion des affaires publiques, dont il n’était plus directement responsable. En s’attaquant à Macky Sall, le groupe estime que le pouvoir actuel cherche surtout à nuire à un homme d’État dont le leadership dépasse les frontières du Sénégal. « C’est une manœuvre politicienne basse, destinée à salir l’image d’un grand Africain salué partout dans le monde », fustigent-ils.
Face à cette situation, les députés de Takku Wallu annoncent leur détermination à faire obstacle à ce qu’ils qualifient de « justice de vainqueurs ». Ils assurent qu’ils useront de tous les moyens légaux pour barrer la route à cette tentative « destructrice du modèle démocratique sénégalais ».
Enfin, le groupe lance un appel à l’ensemble des citoyens « épris de paix et de justice » à se mobiliser pour défendre la cohésion nationale, menacée selon eux par une démarche qui ouvre la voie à l’instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de comptes politiques.

Papa Djibril Fall tacle Ousmane Sonko : « Un chef de gouvernement aérien, incapable de résoudre les urgences de ce pays »

Mardi 15 avril 2025, le député Papa Djibril Fall, président du mouvement politique « Les Serviteurs », a tenu une conférence de presse où il a violemment critiqué le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’inefficacité et de désintérêt pour les urgences nationales.

Revenant sur son intervention lors de la séance plénière à l’Assemblée nationale la veille, le parlementaire a estimé qu’il était de son devoir d’exposer « les manquements graves » du gouvernement face à la situation actuelle du pays.

Parmi les sujets abordés, la question des licenciements au sein de l’administration publique a occupé une place centrale. Selon lui, ces renvois sont non seulement injustes, mais aussi incohérents, surtout dans un contexte où des recrutements continuent dans certaines directions. « On ne peut pas, d’un côté, renvoyer des agents au nom d’une prétendue rationalisation, et de l’autre côté, enregistrer de nouvelles embauches. Cela n’a aucun sens », a-t-il martelé.

Le député n’a pas mâché ses mots à l’endroit d’Ousmane Sonko, qu’il accuse d’être complètement déconnecté des réalités du pays. « Le Premier ministre a déclaré que les urgences étaient encore « aériennes ». C’est parce qu’il est lui-même un chef de gouvernement aérien, loin du terrain, loin des souffrances du peuple, et incapable de poser des actes concrets face aux crises », a-t-il lancé.

Papa Djibril Fall a également dénoncé ce qu’il qualifie d’acharnement du Premier ministre contre l’opposition, au détriment des véritables priorités du pays. « Il passe plus de temps à régler des comptes politiques qu’à résoudre les problèmes de gouvernance, de justice sociale ou de relance économique. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un chef de gouvernement », a-t-il insisté.

Il révèle par ailleurs détenir des documents qui, selon lui, prouvent que certaines décisions prises par l’exécutif, notamment en matière de gestion des ressources humaines, sont basées sur des informations erronées ou incomplètes. « Le gouvernement avance souvent à l’aveugle, sans données fiables, ce qui accentue les injustices », a-t-il dénoncé.

Au-delà des licenciements, Papa Djibril Fall a évoqué la crise dans la justice, la gestion approximative des finances publiques, et la manière dont certaines institutions sont aujourd’hui dirigées. Pour lui, l’incompétence dans la mise en œuvre des actes de gouvernance devient préoccupante. « Il y a une volonté de rupture affichée, mais dans les faits, les résultats tardent à venir et les choix opérés sont souvent maladroits », regrette-t-il.

Il avertit que son mouvement et ses alliés ne laisseront pas faire : « Nous serons vigilants et rigoureux dans notre rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Nous n’allons pas nous taire pendant que des erreurs graves se répètent au sommet de l’État. »

En conclusion, le député a lancé un appel à la responsabilité du gouvernement. Il demande une réorientation urgente des priorités vers des politiques concrètes en faveur des populations, dans la transparence et la concertation. Pour lui, « il ne s’agit pas de critiquer pour critiquer, mais de rappeler aux dirigeants que la gestion d’un pays ne se fait pas dans les discours, mais dans l’action, l’écoute et la vérité ».

Souveraineté alimentaire : Ousmane Sonko annonce une « révolution agricole » pour la campagne 2025

Ce lundi 15 avril 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé un Conseil interministériel d’envergure consacré à la préparation de la campagne agricole 2025. Tenu à Diamniadio, ce conclave gouvernemental a réuni les principaux ministères concernés, des représentants du monde rural, des chercheurs, des organisations paysannes et des partenaires techniques et financiers. Un seul mot d’ordre a traversé les débats : faire de l’agriculture la clé de la souveraineté nationale.

Dès l’entame de son discours, Ousmane Sonko a donné le ton : « L’agriculture ne doit plus être considérée comme un secteur d’assistance, mais comme un pilier stratégique de notre souveraineté économique, alimentaire, sociale et environnementale. »

Le Premier ministre, fidèle à ses engagements de campagne et à la vision du président Bassirou Diomaye Faye, a martelé l’urgence de rompre avec les logiques de dépendance et de précarité dans lesquelles sont enfermés les producteurs sénégalais depuis des décennies.

L’État entend frapper fort : plus de 450 milliards de FCFA seront mobilisés pour la campagne agricole 2025, soit une hausse significative de plus de 30 % par rapport à l’exercice précédent. Cette enveloppe servira notamment à subventionner les semences certifiées, les engrais bio et minéraux, les équipements agricoles et l’irrigation. Un fonds spécial de mécanisation doté de 50 milliards de FCFA est également prévu.

« Chaque producteur, quelle que soit sa taille, doit avoir accès aux intrants de qualité, aux équipements et à la formation », a insisté le Premier ministre. Pour cela, l’État mettra fin aux intermédiaires douteux et instaurera un système de distribution basé sur des registres fiables et transparents.

Dans une logique de souveraineté, le Conseil interministériel a identifié cinq filières prioritaires : le riz, le mil, le maïs, l’arachide et le niébé. Ces cultures dites « de souveraineté » seront soutenues de manière ciblée, avec des objectifs de production chiffrés et un suivi rigoureux.

Pour le riz, par exemple, l’objectif affiché est clair : atteindre l’autosuffisance d’ici 2027. Cela passera par une extension massive des périmètres irrigués dans la vallée du fleuve Sénégal, une meilleure organisation des producteurs et une implication accrue des collectivités territoriales.

« Produire, c’est bien. Vendre dignement, c’est mieux. » Ousmane Sonko a dénoncé les abus dans les circuits de commercialisation où les producteurs sont souvent les grands perdants. Un nouveau mécanisme de régulation des prix planchers, couplé à un appui logistique pour le stockage et le transport, sera mis en place.

Le Premier ministre a annoncé la création d’une Agence nationale pour la souveraineté alimentaire (ANSA), chargée de coordonner l’ensemble des politiques agricoles et de renforcer la planification stratégique du secteur.

Le Conseil a aussi insisté sur la sécurisation du foncier agricole, un problème récurrent. Des mesures seront prises pour garantir l’accès à la terre aux jeunes, aux femmes et aux exploitants familiaux. L’État entend également renforcer les instituts de formation agricole et promouvoir des pratiques agroécologiques, adaptées aux réalités climatiques et environnementales.

« Nous n’avons pas vocation à importer indéfiniment ce que nous pouvons produire. Notre ambition, c’est de nourrir le Sénégal par le Sénégal », a conclu Ousmane Sonko.

Cette nouvelle orientation est accueillie favorablement par les acteurs du monde rural, qui espèrent toutefois que les promesses se traduiront concrètement sur le terrain. Plusieurs producteurs ont salué « un discours de rupture », mais réclament une mise en œuvre rapide et rigoureuse.

Le gouvernement a promis un dispositif d’évaluation trimestrielle et la publication de rapports publics pour assurer la transparence dans la gestion des ressources et des résultats.

Criminalité financière : les chefs d’Interpol en Afrique de l’Ouest planchent sur de nouvelles stratégies à Dakar

La capitale sénégalaise a abrité ce lundi 14 avril la 10e réunion des Chefs des Bureaux Centraux Nationaux (BCN) d’Interpol de la région Afrique de l’Ouest. Une rencontre de haut niveau organisée sous l’égide de l’Inspecteur général de Police Mame Seydou Ndour, Directeur général de la Police nationale du Sénégal.

Tenue dans un contexte marqué par une montée des menaces liées à la criminalité financière et à la corruption, cette réunion a permis aux responsables des forces de l’ordre des pays ouest-africains de faire un état des lieux des défis sécuritaires dans la sous-région, tout en définissant des stratégies communes pour y faire face.

Les échanges ont essentiellement porté sur le renforcement des capacités opérationnelles d’Interpol en Afrique de l’Ouest, notamment en matière de prévention, de détection et de répression des infractions économiques. Les participants ont également évalué la mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente réunion, tout en définissant de nouvelles orientations pour améliorer la coopération policière régionale.

« Dans un monde où les réseaux criminels deviennent de plus en plus sophistiqués et transnationaux, notre riposte doit être collective, coordonnée et innovante », a déclaré un des participants, soulignant l’importance de la collaboration entre les Bureaux Centraux Nationaux.

La corruption, le blanchiment d’argent, la fraude fiscale, ou encore les détournements de fonds publics figurent parmi les principales menaces évoquées par les responsables présents à Dakar. Des crimes qui sapent les bases des économies ouest-africaines, compromettent les politiques de développement et alimentent, dans certains cas, l’instabilité sociale et politique.

Les experts d’Interpol ont ainsi mis l’accent sur la nécessité de mutualiser les ressources, de partager les informations en temps réel, et de mettre en place des outils technologiques communs pour traquer les réseaux criminels transnationaux.

Cette 10e édition de la réunion des BCN se veut aussi un espace de partage d’expériences et de bonnes pratiques. Elle a réuni des délégations venues de plusieurs pays de la sous-région, avec une volonté commune : hisser le niveau de la coopération policière à un standard plus performant face à des menaces qui ignorent les frontières.

La rencontre de Dakar s’inscrit ainsi dans une dynamique d’harmonisation des stratégies sécuritaires ouest-africaines, dans l’espoir de juguler efficacement la criminalité économique et financière, considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands défis du continent.

Licenciements au Grand Théâtre : 23 ex-employés dénoncent une « injustice flagrante » et saisissent les autorités

Le Grand Théâtre national de Dakar est au cœur d’une vive polémique. Ce mardi 15 avril, vingt-trois anciens agents de l’établissement culturel se sont rassemblés devant l’entrée principale pour dénoncer des licenciements qu’ils jugent « arbitraires » et « injustifiés ». Brandissant des pancartes et scandant des slogans, ces ex-employés disent avoir été « sacrifiés » sur l’autel d’une restructuration dont ils ignorent les critères.

Selon le Collectif des licenciés, dirigé par Abdourahmane Kanté, les lettres de licenciement sont tombées le 1er mars dernier. La direction aurait invoqué des raisons économiques pour justifier cette décision. « Mais comment peut-on parler de crise financière quand, parallèlement, de nouvelles personnes sont recrutées ? », s’insurge M. Kanté, soulignant que le directeur du Grand Théâtre, Serigne Fall Guèye, procède à des embauches sans que les critères soient connus.

La majorité des licenciés comptent entre 5 et 15 ans d’ancienneté. Certains travaillaient dans la technique, d’autres dans l’administration ou encore dans l’accueil du public. Pour ces anciens agents, cette décision brutale a eu des conséquences dramatiques. « Je suis père de famille, j’ai des enfants à nourrir. On nous a jetés dehors sans explication crédible. C’est inhumain », témoigne un ex-employé, visiblement ému.

Le collectif ne s’est pas contenté de protester devant les grilles du Grand Théâtre. Il a adressé des courriers au président de la République Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’à plusieurs députés. Dans ces correspondances, ils demandent l’ouverture d’une enquête administrative et la réintégration des agents injustement licenciés.

Par ailleurs, plusieurs syndicats du secteur culturel ont commencé à exprimer leur solidarité, appelant à « une gestion plus humaine » des institutions culturelles publiques.

Jusqu’ici, le directeur du Grand Théâtre, Serigne Fall Guèye, n’a pas réagi officiellement à la polémique. Contactée par la presse, la direction n’a donné aucune suite, laissant les spéculations se multiplier. En interne, certaines sources évoquent une volonté de « renouveler les équipes » dans le cadre d’un nouveau projet managérial, mais sans fournir davantage de détails.

Face à l’absence de réaction, les ex-agents envisagent désormais de porter l’affaire devant les juridictions compétentes. « Nous avons déjà consulté des avocats et nous nous préparons à aller en justice. Ce qui s’est passé est une violation de nos droits », affirme un membre du collectif.

Tribunal de Dakar : Baba Hamdy, Abdou Aziz Mbaye, Alimatou Sadiya Gueye, Tange Tandian et d’autres déférés au parquet dans l’affaire des fonds Covid-19

L’étau judiciaire se resserre autour des personnalités citées dans le scandale des fonds Force Covid-19. Ce mardi 15 avril, plusieurs figures connues, interpellées la veille par la Division des investigations criminelles (DIC), ont été déférées au parquet de Dakar dans le cadre de l’enquête sur la gestion présumée frauduleuse des fonds alloués à la lutte contre la pandémie.

Parmi les personnes déférées figurent l’artiste-compositeur Baba Hamdy, la styliste Alimatou Sadiya Gueye, le communicateur traditionnel Abdou Aziz Mbaye, et Mamadou Ngom Niang, ancien directeur de l’Administration générale et de l’équipement (DAGE) au ministère des Sports. L’animateur bien connu du monde people, Tange Tandian, convoqué ce matin à la DIC, a lui aussi été présenté au procureur de la République.

Selon le reporter sur place au tribunal de Dakar, tous ces individus sont actuellement dans le bureau du procureur, où ils devraient être entendus dans les prochaines heures. Les chefs d’accusation pourraient inclure détournement de deniers publics, escroquerie, ou encore complicité de fraude, en fonction des éléments du dossier.

Cette série de déférés s’inscrit dans une vaste opération judiciaire visant à faire la lumière sur les nombreuses irrégularités relevées par la Cour des comptes dans son rapport sur les fonds Covid-19. Ce rapport avait mis en évidence des anomalies portant sur plusieurs milliards de francs CFA, attribués à des structures, personnalités ou entreprises dans des conditions jugées opaques.

L’enquête continue et d’autres convocations sont attendues dans les jours à venir. Le parquet pourrait également ordonner l’ouverture d’informations judiciaires contre certains des mis en cause. Le dossier est suivi de très près par l’opinion publique, qui réclame transparence et justice dans la gestion de ces ressources publiques cruciales en période de crise sanitaire.

Fonds Force Covid-19 : Le directeur de l’Hôpital Dalal Diam, Moussa Sam Daff, auditionné par la DIC

L’affaire des Fonds Force Covid-19 continue de faire tomber des têtes. Ce mardi 15 avril, c’est au tour de Moussa Sam Daff, directeur de l’hôpital Dalal Diam de Guédiawaye, de se présenter devant les enquêteurs de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Il fait partie d’un groupe de hauts responsables du ministère de la Santé convoqués dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds mobilisés durant la pandémie.

Selon plusieurs sources médiatiques, Moussa Sam Daff est auditionné sur des soupçons de détournement de deniers publics et de falsification de documents. Ces accusations découlent du rapport explosif publié par la Cour des comptes, qui a relevé de nombreuses irrégularités dans la gestion des ressources allouées au ministère de la Santé entre 2020 et 2021.

L’audition de M. Daff intervient dans un contexte de grande mobilisation judiciaire autour de ce dossier. Plusieurs responsables d’hôpitaux, directeurs de structures sanitaires et comptables ont déjà été entendus par les enquêteurs. Le rapport de la Cour des comptes évoque notamment des cas de surfacturations, de dépenses injustifiées, ainsi que des marchés passés dans des conditions jugées opaques.

Pour rappel, près de 1000 milliards de francs CFA avaient été mobilisés dans le cadre de la riposte contre le Covid-19. Aujourd’hui, la traque des responsables présumés de malversations semble s’accélérer, avec de nouvelles convocations attendues dans les jours à venir.

L’affaire est suivie de près par l’opinion publique, qui attend des réponses claires sur l’utilisation de ces fonds censés aider le pays à faire face à une crise sanitaire sans précédent. Les auditions se poursuivent au sein de la DIC, qui travaille en étroite collaboration avec le parquet pour faire toute la lumière sur ce dossier aux multiples ramifications.

Yoro Dia raille la mise en accusation de Macky Sall : « Une vendetta systémique de Pastef, le ridicule ne tue pas »

L’ancien ministre-conseiller Yoro Dia a vivement réagi à la proposition de mise en accusation de l’ex-président Macky Sall, formulée récemment par le député Guy Marius Sagna. Selon lui, cette démarche, portée par le parti Pastef, ne serait rien d’autre qu’une « vendetta systémique » contre l’ancien chef de l’État.

Sur son compte X, Yoro Dia a exprimé son indignation en qualifiant la procédure de mise en accusation de « ridicule ». Il a souligné que l’ancien président avait encore une chance, étant donné qu’il reste au centre de l’agenda politique, même un an après sa présidence. « Macky Sall a beaucoup de chance. L’agenda de Vendetta Systémique de Pastef le maintient au cœur de la vie politique un an après », a-t-il écrit avec ironie.

L’ancien ministre a poursuivi sa réflexion en évoquant un argument particulièrement sarcastique : « Faut jamais interrompre un adversaire qui se trompe. Haute trahison pour déficit public, donc la guillotine pour Macron et Biden. » Yoro Dia a ainsi taclé la proposition en soulignant qu’il serait absurde d’étendre une telle qualification de haute trahison à des leaders mondiaux comme le président français Emmanuel Macron et le président américain Joe Biden, qui ont eux aussi géré des déficits publics.

La réaction de Yoro Dia s’inscrit dans un contexte politique tendu où les accusations et les tensions entre partis se multiplient, particulièrement autour de la gestion de la dette publique et des finances publiques sous le mandat de Macky Sall. Selon ses détracteurs, cette proposition de mise en accusation semble être un prolongement des combats politiques engagés par l’opposition, notamment le parti Pastef dirigé par Ousmane Sonko.

Fonds Covid-19 : Abdou Aziz Mbaye, les 150 millions de Fcfa alloués aux communicateurs traditionnels et l’absence de justificatifs

Interpellé ce lundi, Abdou Aziz Mbaye se retrouve impliqué dans la gestion controversée des 150 millions de FCFA destinés aux communicateurs traditionnels, alloués en deux tranches. Selon ses déclarations, ce montant aurait été distribué entre les bénéficiaires sur la base de listes et de montants définis par le sous-comité en accord avec les présidents des régions.

Cité par le journal Libération, Abdou Aziz Mbaye avait souligné que le réseau des communicateurs traditionnels aurait fourni tous les justificatifs sur la gestion de ces fonds, à l’ancien directeur de cabinet du ministre de tutelle, en l’absence du DAGE (Direction de l’Administration générale et de l’Equipement), avant d’ajouter qu’il n’a jamais été question pour leur sous-comité de fournir des Pv de fin de travaux, encore moins des critères d’éligibilité.

Il soutient qu’un partage consensuel et équitable des fonds aurait été opéré entre les bénéficiaires. Toutefois, plusieurs éléments matériels contredisent cette version des faits.

DIC : Mansour Faye officiellement notifié de son interdiction de sortie du territoire

L’ancien ministre Mansour Faye, par ailleurs maire de Saint-Louis et beau-frère de l’ex-président Macky Sall, a été officiellement notifié de son interdiction de sortie du territoire national, ce lundi 14 avril 2025.

Selon des sources médiatiques concordantes, l’ancien membre du gouvernement s’est rendu vers 11 heures à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ), accompagné de son avocat, Me Oumar Youm. C’est dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC) qu’il a été formellement informé de la mesure administrative prise à son encontre.

Après avoir pris connaissance de la décision, Mansour Faye a quitté les lieux sans faire de déclaration à la presse.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte marqué par l’ouverture de plusieurs enquêtes visant d’anciens responsables sous le régime précédent, notamment sur la gestion des fonds publics durant la pandémie de Covid-19. Elle soulève par ailleurs des débats sur la légalité des interdictions administratives de sortie du territoire, plusieurs voix, dont celle du défenseur des droits humains Alioune Tine, ayant récemment rappelé que seules les autorités judiciaires sont habilitées à prendre ce type de décision.

Scandale Fonds Covid-19 : six hauts responsables du ministère de la Santé convoqués par la DIC ce mardi

L’affaire de la gestion des Fonds Covid-19 continue de faire des vagues au Sénégal. Ce mardi, six hauts cadres du ministère de la Santé et de l’Action sociale sont convoqués à la Division des investigations criminelles (DIC), dans le cadre de l’enquête ouverte sur de présumés détournements de deniers publics et falsifications de documents.

Parmi les personnes attendues figurent notamment Ousseynou Ngom, directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère de la Santé, Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention, ainsi que Babacar Sène, directeur de l’hôpital régional de Kaffrine. Sont également convoqués Moussa Sam Daff, directeur de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye, Lamine Diallo, comptable à l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque, et Alioune Badara Diop, comptable à l’hôpital de Pikine.

Leur convocation fait suite à un rapport explosif de la Cour des comptes, publié il y a quelques mois, qui a révélé de nombreuses irrégularités dans la gestion des fonds alloués à la lutte contre la pandémie de Covid-19 entre 2020 et 2021. Le document met en cause des pratiques de surfacturation, des dépenses non justifiées, dont une enveloppe de 19 milliards de francs CFA qui n’aurait aucun lien direct avec la pandémie, ainsi que des marchés passés dans des conditions jugées opaques. La Cour a également relevé des écarts suspects entre les revenus déclarés de certains agents de l’État et leur patrimoine réel.

Face à la gravité des faits constatés, l’institution de contrôle a recommandé au Garde des Sceaux l’ouverture d’une information judiciaire pour des fautes jugées graves. L’enquête, confiée à la DIC, mobilise des moyens considérables. À ce jour, près de 200 auditions ont été réalisées, neuf rapports transmis au parquet, et les éléments de preuve sont compilés dans un dossier qui pèserait plus de 400 kilos selon le journal L’Observateur.

Cette nouvelle vague de convocations s’inscrit dans la volonté affichée par les autorités de faire toute la lumière sur les dérives présumées dans la gestion des fonds publics durant la crise sanitaire. Plusieurs fournisseurs et hauts fonctionnaires seraient également sous surveillance, dans ce qui s’annonce comme l’un des plus grands scandales financiers de la décennie au Sénégal.

Lutte contre la migration irrégulière : Ousmane Sonko veut durcir les sanctions contre les passeurs

Face à la recrudescence des drames liés à la migration irrégulière, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, lundi à l’Assemblée nationale, l’intention du gouvernement de renforcer les sanctions contre les passeurs. Une déclaration qui s’inscrit dans une volonté claire de l’État de mieux encadrer la lutte contre ce phénomène préoccupant.

« Aucun pays responsable ne doit abdiquer face au phénomène de l’émigration irrégulière. Nous sommes en train de réfléchir à comment corser les sanctions », a déclaré le chef du gouvernement en réponse à une question d’un député. Il a fermement pointé du doigt les convoyeurs de migrants, qu’il accuse d’exploiter la détresse de jeunes désespérés à la recherche d’un avenir en Europe.

Pour Ousmane Sonko, ces pratiques doivent être fermement réprimées. « L’État durcira les sanctions contre ceux qui organisent ces départs dangereux. C’est un impératif de sécurité et de justice pour notre jeunesse », a-t-il ajouté.

Toutefois, le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’une réponse plus globale. « La répression seule ne suffira pas. Il faut co-construire des solutions durables avec le peuple sénégalais, en misant sur la formation, l’emploi et le développement local », a-t-il souligné.

Quelques jours plus tôt, le président Bassirou Diomaye Faye s’était aussi exprimé sur le sujet lors d’une interview à l’occasion de la fête de l’indépendance. Il avait reconnu que, malgré l’espoir suscité par sa récente élection, les départs vers l’Europe n’avaient pas diminué. Pour inverser la tendance, il a annoncé l’ouverture prochaine d’un dialogue national sur l’emploi et les perspectives économiques pour les jeunes.

Avec ces nouvelles orientations, l’exécutif sénégalais entend adopter une stratégie à la fois ferme et inclusive pour freiner l’émigration irrégulière et offrir des alternatives viables à la jeunesse.

Ziguinchor : une boutique attaquée par des hommes armés non identifiés à Djinaky

Une scène de violence a semé la peur lundi soir dans le village de Djinaky, situé dans l’arrondissement de Kataba 1, au nord-ouest du département de Bignona. Vers 20 heures, des hommes armés non identifiés ont pris d’assaut une boutique appartenant à un commerçant étranger, suscitant l’inquiétude au sein de la population locale.

Selon des témoignages recueillis sur place, les assaillants ont d’abord maîtrisé toutes les personnes présentes avant de confisquer leurs téléphones portables, empêchant ainsi toute alerte rapide aux forces de sécurité. Ils ont ensuite forcé l’entrée du commerce, dont les détails sur les pertes ou les éventuels blessés ne sont pas encore connus.

Pour l’instant, aucune autorité administrative ou sécuritaire n’a encore communiqué officiellement sur l’incident, laissant planer le flou autour des circonstances exactes de l’attaque. Ce silence entretient un climat d’incertitude et d’inquiétude dans cette zone déjà fragile.

Les habitants de Djinaky appellent à un renforcement de la sécurité et à l’ouverture rapide d’une enquête pour identifier les auteurs de cette attaque et garantir la protection des populations.

Sénégal : Alioune Tine dénonce les interdictions de sortie du territoire et appelle au respect de la justice

Le fondateur du think tank Afrikajom Center, Alioune Tine, monte au créneau pour dénoncer les interdictions de sortie du territoire imposées à d’anciens responsables du régime de Macky Sall. Selon lui, ces mesures sont illégales car elles ne reposent sur aucune décision judiciaire.

« Les interdictions administratives de sortie du territoire sont totalement illégales. Il n’y a qu’un juge pour interdire à un citoyen sénégalais de quitter le pays, soit en le plaçant en résidence surveillée, soit sous contrôle judiciaire. Le ministère de l’Intérieur ne peut pas s’arroger ce pouvoir », a martelé Alioune Tine au micro de la RFM.

Prenant exemple sur le cas de l’ancien ministre Mansour Faye, à qui un juge aurait autorisé un voyage à l’étranger, Alioune Tine a exprimé son incompréhension face à l’ingérence administrative : « Si un juge autorise Mansour Faye à quitter le territoire, il doit pouvoir le faire. L’administration ne peut pas passer outre une décision de justice. »

L’intellectuel et défenseur des droits humains rappelle également qu’il avait dénoncé avec la même fermeté l’assignation à résidence d’Ousmane Sonko lorsqu’il était sous le coup de mesures restrictives. « Nous avions critiqué ces pratiques lorsqu’elles visaient des opposants. Il serait incohérent de les accepter aujourd’hui contre d’anciens dignitaires. Le principe de justice s’applique à tous », insiste-t-il.

Alioune Tine appelle les autorités à se conformer strictement aux procédures judiciaires. « Les personnes soupçonnées de détournement de fonds ou de mauvaise gestion doivent répondre devant la justice. Mais toute restriction à leur liberté de mouvement doit être décidée par un juge et notifiée selon les règles. »

Ce rappel à l’ordre intervient alors que plusieurs anciens ministres et directeurs sont actuellement visés par des enquêtes liées à la gestion des fonds publics, notamment ceux alloués au Fonds Force Covid-19. Un contexte tendu qui appelle, selon Tine, au respect scrupuleux de l’État de droit.

Fonds Force Covid : Mouhamadou Sène, ex-DAGE du ministère de la Jeunesse, placé en garde à vue à la DIC

L’enquête sur la gestion des Fonds Force Covid-19 continue de faire tomber des têtes. Mouhamadou Sène, ancien directeur de l’Administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère de la Jeunesse, a été placé en garde à vue à la Division des Investigations Criminelles (DIC), après son audition ce lundi.

Selon des sources proches du dossier, Mouhamadou Sène fait partie d’une liste d’anciens responsables publics entendus dans le cadre des investigations ouvertes autour de l’utilisation des fonds mobilisés par l’État du Sénégal en 2020 pour faire face à la pandémie de Covid-19. Plus d’une dizaine de personnes ont déjà été convoquées et interrogées par les enquêteurs de la DIC.

La procédure s’inscrit dans un vaste chantier de reddition des comptes lancé par les nouvelles autorités, soucieuses de faire la lumière sur la destination de ces ressources exceptionnelles. Le rapport de la Cour des comptes, publié en 2022, avait révélé de nombreuses irrégularités dans la gestion de ces fonds, notamment au niveau de plusieurs ministères.

L’audition et la garde à vue de Mouhamadou Sène marquent une étape importante dans ce processus de clarification. D’autres convocations sont attendues dans les prochains jours, alors que les autorités judiciaires semblent déterminées à faire toute la lumière sur ce dossier qui a longtemps nourri la polémique.

Dette cachée et gestion opaque : Guy Marius Sagna réclame la mise en accusation de Macky Sall pour haute trahison

Le débat sur la dette cachée du Sénégal prend une tournure inédite. Le député Guy Marius Sagna vient de franchir un cap décisif en proposant officiellement à l’Assemblée nationale la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall pour haute trahison. Une initiative fondée sur les révélations accablantes de la Cour des comptes, qui pointent une gestion financière jugée hors-la-loi, opaque et périlleuse pour la stabilité du pays.

Dans un document déposé ce lundi à l’Assemblée, Guy Marius Sagna s’appuie sur l’article 101 de la Constitution sénégalaise ainsi que sur la loi organique relative à la Haute Cour de justice. Il y accuse l’ancien chef de l’État d’avoir engagé le pays dans une spirale d’endettement dissimulée, échappant à tout cadre légal et à tout contrôle parlementaire.

Selon le rapport de la Cour des comptes cité dans la proposition de résolution, plus de 2 517 milliards de francs CFA ont été contractés en dehors des circuits budgétaires habituels, sans que ces engagements ne fassent l’objet d’un vote au Parlement. Pire encore : un usage massif et irrégulier des comptes de dépôts au Trésor (SNPE), à hauteur de 2 562 milliards, aurait permis de financer des dépenses échappant totalement à la traçabilité exigée par la loi.

Guy Marius Sagna dénonce des pratiques comptables douteuses, des manipulations volontaires des chiffres publics, et un maquillage du déficit réel de l’État. Alors que celui-ci était officiellement estimé à 6,5 % du PIB pour l’année 2022, les corrections de la Cour font état d’un déficit supérieur à 10 %. De même, la dette publique, présentée comme représentant 74 % du PIB, dépasserait en réalité les 100 %, plaçant le Sénégal dans une zone rouge en matière de soutenabilité financière.

Pour le député, ces agissements traduisent une volonté manifeste de dissimuler l’état réel des finances du pays aux citoyens, aux parlementaires, et même aux partenaires techniques et financiers du Sénégal. Il accuse l’ancien président Macky Sall d’avoir mis en place un système de gouvernance financière dissimulatrice, en violation directe des principes de transparence, de sincérité et de bonne gouvernance qui fondent la République.

Dans sa proposition, il appelle l’Assemblée nationale à assumer ses responsabilités et à enclencher la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice. Une décision qui nécessiterait l’approbation des trois cinquièmes des députés.

Cette initiative relance avec force le débat sur l’héritage économique laissé par le régime sortant. Elle ouvre aussi une séquence politique délicate, où la question de la reddition des comptes devient plus que jamais centrale. La majorité présidentielle actuelle, en quête de rupture avec l’ancien système, osera-t-elle aller jusqu’au bout de cette logique de transparence et de justice, au risque d’installer une tension durable dans le climat institutionnel ?

En tout cas, la balle est désormais dans le camp des parlementaires.

Dette cachée - « falsification » de chiffres : le député Guy Marius Sagna introduit à l’Assemblée nationale une proposition de mise en accusation de Macky Sall
Dette cachée - « falsification » de chiffres : le député Guy Marius Sagna introduit à l’Assemblée nationale une proposition de mise en accusation de Macky Sall
Dette cachée - « falsification » de chiffres : le député Guy Marius Sagna introduit à l’Assemblée nationale une proposition de mise en accusation de Macky Sall
Dette cachée - « falsification » de chiffres : le député Guy Marius Sagna introduit à l’Assemblée nationale une proposition de mise en accusation de Macky Sall

Samuel Sarr, ou l’affaire d’un pouvoir qui veut faire un exemple : L’agneau du sacrifice?

Il est des silences plus bruyants que des discours. Et des déclarations qui, sous des airs anodins, révèlent l’essence même d’un pouvoir. Celle du Premier ministre Ousmane Sonko, prononcée ce lundi, devant la Représentation nationale, en dit long : « Nous avons pris ce dossier en main, et nous faisons ce que nous devons faire. »
De quoi s’agit-il ? De l’affaire Samuel Sarr. Ancien ministre sous Wade, promoteur principal de la centrale électrique West Africa Energy, homme de réseaux, mais surtout, désormais, homme en détention. En détention politique ?
Officiellement, il est poursuivi pour abus de biens sociaux, à la suite d’un rapport d’audit. Sauf que depuis, une contre-expertise a été ordonnée par le juge d’instruction, et celle-ci, selon les fuites relayées par la presse, l’aurait blanchi. Et pourtant, l’homme reste en prison. Pourquoi ?
La réponse vient peut-être de la bouche même du chef du gouvernement. En affirmant s’être personnellement saisi du dossier, Sonko lève un coin du voile : la justice est désormais sous ses ordres. On s’y attendait, mais l’aveu est brutal. Le pouvoir ne s’en cache même plus. Pire, il en fait une posture politique.
On comprend dès lors que Samuel Sarr ne paie pas uniquement pour les fautes qu’on lui reproche. Il paie pour un symbole, lui la tête de gondole de ce qui est pompeusement appelé « le Système ». Il est vu en effet comme ce chaînon d’un ancien régime qu’on veut briser, cette vitrine d’une bourgeoisie politico-économique que l’on veut pulvériser pour certainement en créer une autre. Il est le message envoyé à tous ceux qui ont prospéré à l’ombre de l’État : le temps de l’impunité est révolu. Soit. Mais à condition que la justice reste impartiale, qu’elle s’applique avec rigueur, et non avec vengeance.
Or, dans cette affaire, des faits gênants subsistent. Une contre-expertise favorable balayée d’un revers de main par la Justice. Une plainte déposée par Samuel Sarr, curieusement ignorée par le Procureur de la République. Et maintenant, un discours assumé de pilotage politique par le Premier ministre. Le doute n’est plus permis : on ne juge plus selon le droit, on règle des comptes.
Le Sénégal a-t-il changé de régime pour tomber dans les travers qu’il prétendait corriger ? Le nouveau pouvoir, qui s’est bâti sur un discours de justice et de probité, ne peut pas se permettre de tomber dans l’arbitraire. La rupture ne peut pas être une revanche. Ni se muer en règlements de comptes.

Mamadou Cissé

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°443 – 15/04/2025

🔴 SONKO, JOURNALISTES ET CHRONIQUEURS : LE TON MONTE
🔴 AFFAIRE SAMUEL SARR : FAIRE UN EXEMPLE, À TOUT PRIX ?

🔴 LIGUE 1 (19e J.) : GÉNÉRATION FOOT ET JARAAF BRILLENT
🔴 CAN U20 / INTÉGRATION DE LA TUNISIE DANS LA COMPÉTITION : LE SÉNÉGAL PROTESTE ET SAISIT LA CAF

Section de recherches : Abdou Nguer placé en garde à vue, deux journalistes de Source A TV relâchés

La Section de recherches de la gendarmerie a placé en garde à vue le chroniqueur Abdou Nguer, ce lundi, après son audition dans le cadre d’une enquête ouverte suite à une émission diffusée sur Source A TV. Les deux autres journalistes convoqués, Fatima Coulibaly et Oumar Ndiaye, ont été entendus avant d’être libérés sans poursuite immédiate.

Le dossier fait suite à une autosaisine du procureur de la République, après la diffusion d’un épisode de l’émission Sen Dose, dans lequel le décès du président du Conseil constitutionnel, Mamadou Badio Camara, était abordé de manière jugée sensible. La vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, aurait soulevé des interrogations sur le respect du traitement de l’information dans un contexte marqué par une forte charge émotionnelle.

Selon des sources proches du dossier, les autorités judiciaires s’interrogent notamment sur les intentions prêtées aux chroniqueurs et sur la véracité des propos tenus à l’antenne.

Abdou Nguer reste donc en garde à vue en attendant la suite de la procédure. À ce stade, aucune inculpation n’a encore été formellement annoncée. En revanche, cette affaire remet sur la table la question de la responsabilité des médias dans le traitement de sujets sensibles, et alimente le débat sur les limites de la liberté d’expression dans le paysage audiovisuel sénégalais.

Sénégal 2050 : L’Africa Finance Corporation débloque 900 millions d’euros pour accélérer les projets stratégiques du pays

Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu, ce lundi 14 avril 2025, au Palais de la République, une délégation de haut niveau de l’Africa Finance Corporation (AFC), conduite par son président-directeur général, M. Samaïla Zubairu. L’audience marque une étape importante dans le renforcement des relations entre le Sénégal et cette institution panafricaine de financement du développement.

À l’issue de la rencontre, un engagement financier de 900 millions d’euros (soit environ 590 milliards de FCFA) a été annoncé pour appuyer les projets structurants inscrits dans la Vision Sénégal 2050, feuille de route stratégique du gouvernement visant la transformation économique et sociale du pays à long terme.

Selon les informations disponibles, les fonds annoncés serviront à soutenir les projets relevant de secteurs névralgiques :

  • Infrastructures : L’AFC entend accompagner le Sénégal dans la modernisation de ses infrastructures routières, portuaires et ferroviaires. Des investissements sont prévus notamment dans les corridors logistiques, les zones industrielles et la réhabilitation d’infrastructures stratégiques.
  • Énergie : Une part importante du financement sera orientée vers les énergies renouvelables (solaire, éolien, gaz naturel) avec comme objectif de renforcer l’autonomie énergétique du pays, tout en facilitant l’accès à une électricité abordable pour les ménages et les entreprises.
  • Transport : Des projets liés au transport urbain et interurbain (bus rapides, extensions ferroviaires, plateformes logistiques) figurent également dans les discussions, dans une logique d’amélioration de la mobilité et de désenclavement.
  • Industrialisation : Le soutien de l’AFC devrait contribuer à la montée en puissance de secteurs industriels porteurs, notamment l’agro-industrie, le textile, et les matériaux de construction, avec un accent sur la transformation locale des ressources naturelles.

Créée en 2007, l’Africa Finance Corporation est une institution financière panafricaine spécialisée dans le financement des infrastructures et de l’industrialisation sur le continent. Elle opère dans plus de 35 pays et a déjà mobilisé plusieurs milliards de dollars dans divers projets.

M. Samaïla Zubairu, à la tête de la délégation, a salué « la vision claire du gouvernement sénégalais », ajoutant que l’AFC était disposée à accompagner le pays sur le long terme, avec des solutions sur mesure, incluant des investissements directs, des prêts, des garanties financières et des conseils techniques.

Pour le gouvernement, cet engagement est un signal fort de confiance dans la nouvelle trajectoire économique du pays. Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, présent lors de l’audience, a souligné que cette enveloppe « sera alignée avec les priorités définies par la Vision Sénégal 2050 », en lien avec les objectifs de souveraineté économique, de justice sociale et d’aménagement du territoire.

Affaire des fonds Covid-19 : Baba Hamdy dément toute garde à vue

Une fausse rumeur s’est répandue ce lundi sur les réseaux sociaux et certains sites d’information, affirmant que l’artiste Baba Hamdy aurait été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur les fonds Covid-19. Une information formellement démentie par l’intéressé.

Joint par PressAfrik, le célèbre musicien a clarifié sa situation : il n’a jamais été arrêté ni gardé à vue à la Division des investigations criminelles (DIC). « Je suis chez moi », a-t-il précisé, expliquant avoir simplement été sollicité par les enquêteurs pour fournir un complément de dossier dans le cadre des investigations en cours.

Cette mise au point de Baba Hamdy vient ainsi contredire une information largement relayée sans vérification, alimentant la confusion autour de cette affaire sensible.

Alors que la justice poursuit ses investigations sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19, plusieurs noms ont été évoqués ou cités à tort dans les réseaux sociaux. Ce cas rappelle la nécessité, pour les médias et les internautes, de vérifier les faits avant toute publication, surtout lorsque des réputations sont en jeu.

Thierno Alassane : l’opposant sur (dé) mesure (Par Amadou Ba député Pastef )

M. Thierno Alassane Sall veut profiter d’une prime à l’école buissonnière en embrayant précipitamment sur la possibilité d’un débat direct avec le Premier ministre Ousmane Sonko sur les ressources naturelles.

Vous ne pouvez pas boycotter une séance aussi importante que la question d’actualité au Gouvernement, prévue par l’article 92 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, une véritable trahison des électeurs et des citoyens, et espérer un tête-à-tête avec le Premier ministre dans un débat direct ´.

Le Premier ministre a été très clair, il est ouvert au débat, MAIS DANS L’HÉMICYCLE, lors des questions d’actualité au Gouvernement.
L’hémicycle est le cœur nucléaire de la démocratie. Si par mépris, vous la croyez indigne de votre présence, n’espérez pas quelque couronnement politique avec un face-à-face avec le Premier ministre.

Vous allez attendre le mois prochain, lors de la prochaine séance de questions d’actualité au Gouvernement, pour échanger avec le Premier ministre.
Auriez-vous été le chef de l’opposition, ou Président d’un groupe parlementaire, qu’un débat avec le Premier ministre ne paraîtrait pas risible, eu égard à votre poids électoral lilliputien.

Je vous rappelle, que des acteurs politiques de la 25e heure, ont réussi à vous surclasser en nombre de députés. Ils sont beaucoup plus légitimes que vous à prétendre à un débat direct, hors Assemblée nationale, avec le Premier ministre.

Je m’engage à solliciter le Premier ministre de vous accorder cette faveur, si vous acceptez le débat direct avec le DG de l’Aser, Jean Michel Séne, que vous avez accusé d’irrégularités dans le contrat AEE POWER portant sur plus de 90 milliards de FCFA.
À toutes fins utiles, Maïmouna Ndour Faye avait tout prévu pour ce débat, avant votre éclipse de dernière minute.

Ne brûlez pas les étapes et arrêtez les piteuses tentatives de chapardages politiciennes et autres maraudages parlementaires pour vous construire un manteau de Chef de l’opposition trop large et trop disproportionné par rapport à votre poids électoral. 

Simon Pierre Faye libéré mais placé sous contrôle judiciaire

Après plusieurs jours sous le feu des projecteurs, le journaliste Simon Pierre Faye a été remis en liberté ce lundi, mais reste placé sous contrôle judiciaire. Le rédacteur en chef de SenTv et Zik Fm, appartenant au groupe D-Media, avait été placé en garde à vue vendredi dernier à la suite d’une convocation à la Brigade des Affaires Générales (BAG), située au palais de justice de Dakar.

Le journaliste avait été auditionné en lien avec un article publié sur une plateforme affiliée au groupe D-Media. Le texte en question évoquait une supposée convocation du Premier ministre Ousmane Sonko par le président ivoirien Alassane Ouattara. Une information qui, selon le parquet, relèverait de la « diffusion de fausses nouvelles », une infraction que le procureur a officiellement retenue contre Simon Pierre Faye.

Sa mise en liberté, assortie d’un contrôle judiciaire, signifie que le dossier est encore entre les mains de la justice. Le journaliste devra ainsi répondre à d’éventuelles convocations du juge en attendant l’issue de la procédure.

Cette affaire intervient dans un contexte tendu entre le gouvernement et une partie de la presse, marqué par plusieurs convocations et arrestations de journalistes au cours des dernières semaines. Des voix se sont élevées pour dénoncer une atteinte à la liberté de la presse, tandis que les autorités, de leur côté, évoquent la nécessité de réguler les dérives médiatiques et de lutter contre la désinformation.

L’évolution du dossier Simon Pierre Faye sera donc suivie de près, à la fois par les professionnels des médias et par les défenseurs des libertés publiques.

Ousmane Sonko, tes intimidations ne passeront pas ( par Mouhamadou Lamine Massaly )

Ce lundi matin, 14 avril 2025, les Sénégalais ont eu droit à un show digne du président du Pastef, à l’Assemblée nationale. Le président des Patriotes africains pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), s’est dans un « one man show », comme il a l’habitude de le faire, s’est défoulé comme pas possible.

Il s’énerve. Il s’emporte. Il outrage même alors qu’il occupe une place délicate qui devrait l’amener à plus de retenue. La réaction qu’il a servie est l’expression d’une arrogance et d’un dédain préjudiciable. Ces menaces ne passeront pas. Ces propos puérils et graves pour un chef de gouvernement, c’est surtout la preuve que cet homme ne prend pas la mesure des responsabilités qui l’incombent.

Parlant de Napoléon Bonaparte qui a transformé la République française en royaume par la restauration de l’Empire, Victor Hugo mettait en garde en ces termes « Avec vous, on s’attable au pouvoir et on mange le pays, c’est ainsi qu’un filou devient un homme d’Etat ».

Cette attaque hugolienne a amené un frère de Napoléon à remettre sa démission pour ne point faire partie de ceux qui, parce que leur père, oncle, ou frère est au pouvoir, s’engagent à ses côtés pour régner par la mitre et le hausse col.

Avec ce comportement indigne d’un Premier ministre, l’espoir a disparu pour ce régime. Il s’agit d’un gouvernement incompétent et inélégant qui veut faire de la manipulation une arme de distraction massive. Nous avons tous un devoir et une responsabilité de sauver le Sénégal. Sonko occupe une responsabilité politique ostentatoire. Se sentant diffamé, il peut décider d’ester en justice. C’est sont droit, son honneur étant atteint. Mais menacer les gens n’ébranle pas le Sénégal. Elle ne fait pas piaffer les citoyens. Avoir conséquemment une réaction impulsive et impétueuse rend susceptible.

Mais quand on est touché par le goût du pouvoir et de l’avoir, on évolue en homme méconnaissable, se mettant à incommoder la Nation et la classe politique. Notre PM, arrivé au Pouvoir est devenu irascible et atrabilaire, avec une spirale de bourdes qui importune le peuple et même ses propres militants.

Les plus vils, les plus abjects et les plus arrogants du champ politique sont devenus des auxiliaires de son régime. Et il ne leur suffit pas de tenir des propos altiers et condescendants. Ils vont jusqu’à convoquer le nom de la Première Dame dans la gouvernance institutionnelle sans jamais être rappelés à l’ordre ou sanctionnés.

Ces nombreux impaires créent au Sénégal des clivages manifestes dans l’aire sociale, dans le champ religieux et dans l’espace politique et même dans certains organes de presse, autrefois objectifs et impartiaux, le régime ne cessant de fomenter des coups et des contrecoups, afin de diviser pour régner.

Mais tant qu’il occupe encore ses fonctions, il fera l’objet de toutes sortes d’attaques et d’accusations. Ainsi est le jeu politique sénégalais. C’est un fait et on ne peut rien contre ce fait.

NB : Nous n’avons aucune leçon de morale à recevoir de vous. C’est vous et vos affidés qui ont inauguré l’ère des insultes envers les magistrats, les Forces de défense et de sécurité, bref les institutions de la République.

Mouhamadou Lamine Massaly

Président du parti Union pour une Nouvelle République (UNR)

Barthélémy Dias répond à Sonko : « Nos égos ne pèsent rien face aux urgences du peuple »

L’ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias, a réagi avec fermeté aux récentes déclarations d’Ousmane Sonko faites ce lundi à l’Assemblée nationale. Dans un message publié sur sa page Facebook, le leader de la coalition « Yewwi Askan Wi » a tenu à recentrer le débat sur les préoccupations essentielles du peuple sénégalais, tout en répondant aux attaques du Premier ministre à l’endroit de l’opposition.

« Nos égos ne pèsent rien face aux urgences du peuple », a affirmé Barthélémy Dias, qui a ensuite appelé ses concitoyens à ne pas se laisser distraire par les querelles politiques. Il a également insisté sur la nécessité de rester concentrés sur les véritables priorités du pays : « Restons concentrés et mobilisés vers l’essentiel. Cap sur 2029. »

Son message semble être un appel à l’unité et à l’action collective pour aborder les défis majeurs qui attendent le Sénégal dans les années à venir. Le député a clairement fait savoir qu’il ne souhaite pas se laisser entraîner dans des affrontements stériles et qu’il préfère orienter son énergie et celle de ses partisans vers les enjeux futurs, notamment les élections de 2029.

Cette réaction de Barthélémy Dias intervient dans un climat politique tendu, marqué par des échanges acerbes entre le gouvernement et l’opposition. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, avait notamment critiqué l’opposition, l’accusant de détourner le débat public et de privilégier des attaques personnelles. Mais Barthélémy Dias semble appeler à une rupture avec cette dynamique, mettant en avant l’importance de rester unis pour relever les défis du pays.

Avec ces nouvelles déclarations, le discours de l’opposition semble se recentrer sur les questions qui affectent directement la vie des Sénégalais, en particulier à l’approche des élections à venir. Reste à voir si cette attitude pourra fédérer les forces de l’opposition et constituer une alternative crédible face au gouvernement.

Thierno Alassane Sall répond à Ousmane Sonko : « Sa méthode est connue, j’accepte le débat »

La tension continue de monter entre le Premier ministre Ousmane Sonko et l’opposition sénégalaise, et cette fois, c’est le député Thierno Alassane Sall qui s’attaque à la méthode de gouvernance du chef du gouvernement. En réponse aux déclarations de Sonko lors de la séance de questions d’actualité du lundi 14 avril 2025, Sall a dénoncé une nouvelle fois ce qu’il considère comme une stratégie de communication basée sur « la calomnie et l’insulte ».

« Encore une fois, Ousmane Sonko s’égare des vraies préoccupations des Sénégalais pour s’adonner à son sport favori : la calomnie », a déploré le président de la République des Valeurs. Sall estime que la méthode de Sonko est bien connue : « Insulter, accuser sans preuve, puis défier en public avant de fuir le débat par des prétextes honteux ».

Le député n’a pas tardé à réagir à l’invitation de Sonko, qui avait suggéré un débat public sur des sujets comme les contrats gaziers, un domaine où des divergences entre le gouvernement et l’opposition sont particulièrement vives. « Depuis l’Assemblée nationale, il m’invite à débattre des contrats gaziers et de tout autre sujet de son choix. J’accepte et je demande à la presse d’organiser ce débat. J’ose croire qu’il ne se dérobera pas. Qu’il ait le courage de ses mots », a affirmé Thierno Alassane Sall.

Avec cette invitation, le député semble vouloir forcer Sonko à clarifier ses accusations et à engager un véritable échange sur les sujets qui divisent le pays, loin des attaques personnelles et des accusations non fondées. L’issue de ce débat, qui pourrait être médiatisé par la presse, reste incertaine, mais il s’annonce comme un moment clé dans la dynamique politique actuelle.

Cet appel au débat intervient dans un contexte déjà marqué par une opposition virulente contre le gouvernement, notamment sur des questions de gouvernance et de politique énergétique. Les discussions promettent d’être tendues, alors que l’opposition, de son côté, semble déterminée à remettre en question certaines des actions du gouvernement, notamment en matière de contrats gaziers et de gestion des ressources naturelles.

Le défi est lancé : Ousmane Sonko aura-t-il le courage de se rendre à ce débat tant attendu ? Les prochains jours devraient nous donner la réponse.

Ousmane Sonko et la presse : Madiambal Diagne contre-attaque

Les relations déjà tendues entre le Premier ministre Ousmane Sonko et une partie de la presse sénégalaise se sont davantage crispées ce lundi 14 avril, à la suite d’une déclaration du chef du gouvernement à l’Assemblée nationale. Lors de la séance dédiée aux questions d’actualité, Sonko a vivement dénoncé ce qu’il a qualifié de « dérives médiatiques » et de comportements « irresponsables » de certains professionnels de l’information.

« Le Sénégal ne peut plus tolérer les comportements qui fragilisent la cohésion nationale. Nous allons veiller à l’application stricte de la loi contre la manipulation de l’information ou l’incitation à la haine », a déclaré le Premier ministre, dans un ton ferme qui semblait s’adresser autant aux médias qu’à certains acteurs politiques.

Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir. Le journaliste Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication, a pris la parole sur le réseau social X (anciennement Twitter) pour dénoncer une « posture incohérente » du chef du gouvernement. Dans un message au vitriol, il s’interroge sur la mémoire sélective du leader de Pastef :

« Arrive-t-il à Sonko de se souvenir de ce qu’il a pu dire dans ce pays ? Les médias qu’il stigmatise n’ont jamais été jusqu’à appeler à un coup d’État ou à une insurrection, ou à dépecer un Chef d’État, ou à tuer des juges, ou à brûler des maisons ou à mettre à sac des domiciles de citoyens. Pourtant, lui et ses partisans l’ont fait », a-t-il accusé.

Cette passe d’armes intervient dans un contexte déjà tendu, où plusieurs journalistes et chroniqueurs sont convoqués par la justice, notamment pour « diffusion de fausses nouvelles » ou « atteinte à la sûreté de l’État ». Une situation qui suscite des inquiétudes sur l’état de la liberté de la presse au Sénégal.

En ciblant certains contenus jugés diffamatoires ou déstabilisateurs, le gouvernement dit vouloir mettre fin à l’impunité et restaurer le respect dans le débat public. De leur côté, les professionnels des médias craignent une dérive autoritaire et une volonté de museler toute voix critique.

Le duel à distance entre Ousmane Sonko et Madiambal Diagne reflète ainsi les lignes de fracture d’un pays où le dialogue entre pouvoir et presse devient de plus en plus difficile. Alors que les institutions sont appelées à jouer la carte de l’apaisement, le climat semble, pour l’heure, loin d’une décrispation.

Assemblée nationale : Sonko dévoile quatre projets de loi pour renforcer la transparence

Lors de la séance plénière consacrée aux questions d’actualité au gouvernement, ce lundi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a levé le voile sur une série de réformes législatives majeures. Il a annoncé l’introduction imminente de quatre projets de loi, tous centrés sur la transparence, la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.

Le chef du gouvernement a précisé que ces textes concerneront la réforme de l’OFNAC (Office national de lutte contre la fraude et la corruption), la protection des lanceurs d’alerte, l’accès à l’information administrative et la déclaration de patrimoine. « Nous allons dans le sens de la bonne gouvernance. Dans les prochains jours, nous soumettrons à l’Assemblée un ensemble de projets de loi : la réforme de l’OFNAC, un projet de loi pour les lanceurs d’alerte, un autre sur l’accès à l’information, et enfin un projet de loi sur la déclaration de patrimoine », a-t-il énuméré, affirmant ainsi la volonté du gouvernement de refonder la relation entre les citoyens et l’État.

Profitant de sa tribune, Ousmane Sonko a également répondu à ses détracteurs, notamment dans les rangs de l’opposition. Il a accusé certains responsables politiques de détourner le débat public de ses objectifs fondamentaux pour l’enliser dans des affrontements stériles. « Il n’y a pas matière à s’opposer. Nous avons fait des choix stratégiques pour assurer la souveraineté économique du pays. Mais certains préfèrent plonger le débat dans des querelles de personnes. La haine ne peut être un moteur politique. Je suis politiquement indestructible », a-t-il lancé, visiblement agacé par les attaques répétées.

Tout en réaffirmant son ouverture au dialogue, le Premier ministre a appelé à une opposition républicaine, tournée vers les préoccupations des populations. « Parlez-nous d’agriculture, d’élevage, de programmes, d’objectifs. Nous sommes ouverts au débat contradictoire, mais nous ne nous laisserons pas entraîner dans des débats stériles et personnels », a-t-il conclu, dans un ton mêlant fermeté et appel à la responsabilité.

Ces annonces marquent une nouvelle étape dans la mise en œuvre des engagements de la nouvelle équipe gouvernementale, portée par une vision de rupture avec les pratiques du passé. Le Parlement est désormais attendu pour examiner ces textes, dont l’adoption pourrait constituer un tournant dans la gouvernance publique au Sénégal.

Sonko hausse le ton : « À partir d’aujourd’hui, j’assume… »

Ce lundi 14 avril, lors de la séance plénière consacrée aux questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a saisi l’occasion pour faire une série de mises au point, mêlant fermeté, critiques à l’endroit de l’opposition et rappel à l’ordre pour les auteurs d’insultes et de diffamations sur les réseaux sociaux.

Interpellé par le député Pape Djibril Fall sur le rôle de la justice, le chef du gouvernement a défendu la légitimité de la pression populaire sur le système judiciaire. Selon lui, il est incohérent de vouloir sanctuariser la justice alors que les autres institutions de la République peuvent être interpellées publiquement. « Le peuple a le droit de faire pression sur la justice. Pourquoi pourrait-on interpeller le président de la République, le Premier ministre ou les députés, et pas la justice, alors qu’elle est rendue au nom du peuple ? », a-t-il martelé. Il a ensuite insisté sur la nécessité de rendre la justice avec célérité, affirmant que « le temps de la justice est le temps des hommes ». Pour Ousmane Sonko, il est impératif de restaurer la crédibilité de cette institution trop longtemps instrumentalisée. « Elle a été discréditée depuis des années. Des magistrats ont été instrumentalisés, et tout le monde l’a vu. Aujourd’hui, il est temps de la reconstruire sur des bases solides. »

Face au boycott d’une partie de l’opposition parlementaire, le Premier ministre a préféré ironiser, estimant que cette attitude témoigne d’un manque de vision politique. « Je me réjouis de constater que certains opposants s’accrochent à tout ce qu’ils peuvent. Leur dernier cheval de bataille ? Prendre la défense du ministre de la Justice dans une prétendue tension avec l’exécutif. Qu’ils trouvent autre chose à dire », a-t-il lancé devant les députés.

Mais c’est surtout sur les questions liées aux insultes en ligne et aux dérives verbales que le chef du gouvernement a durci le ton. Selon lui, une partie de l’opposition a déserté le terrain politique classique pour mener une campagne d’attaques personnelles par jeunes interposés. « L’opposition s’est éclipsée pour laisser place à des jeunes qu’elle instrumentalise pour proférer des insultes, porter atteinte à l’honneur et à la dignité des citoyens. Nous ne laisserons plus passer ces dérives », a-t-il averti avec gravité.

Répondant enfin aux accusations le liant aux récentes arrestations de journalistes ou chroniqueurs, Ousmane Sonko a tenu à clarifier sa position. Il a nié avoir ordonné quelque interpellation que ce soit, tout en assumant désormais une posture plus ferme. « On dit que je suis derrière les arrestations. Ce n’est pas le cas. Je suis informé comme tout le monde. Mais désormais, à partir d’aujourd’hui, j’assume pleinement. Ceux qui se livrent à des insultes commanditées seront traités comme il se doit. Nous n’allons pas reculer », a-t-il conclu.

Ousmane Sonko sur les arrestations de journalistes : « Je n’y suis pour rien, mais je ne laisserai pas insulter impunément »

Face aux députés lors de la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a apporté des précisions sur les récentes arrestations de journalistes et chroniqueurs. Tout en niant toute implication personnelle dans ces affaires, il a réaffirmé son engagement pour la liberté d’expression… à condition qu’elle respecte les limites fixées par la loi.

Ousmane Sonko a d’abord tenu à rappeler le cadre constitutionnel :

« L’article 10 de la Constitution garantit à chacun le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions, tant que cela ne porte pas atteinte à l’honneur d’autrui ni à l’ordre public. »

Pour le chef du gouvernement, il est donc hors de question de restreindre arbitrairement les libertés publiques. Mais il a aussi averti : la liberté de presse ne doit pas servir de prétexte à des campagnes de diffamation ou à des manipulations politiques.

« On m’impute tout »

Dans une prise de parole très directe, Sonko s’est défendu de toute implication dans les affaires judiciaires récentes visant la presse :

« On associe mon nom à tout ce qui se passe dans ce pays. Qu’un journaliste soit arrêté, on dit ‘C’est Sonko’. Une arrestation pour motifs financiers ? On me l’impute encore. Je n’ai jamais ordonné l’arrestation de qui que ce soit. »

Il a également précisé qu’il avait appris l’information en même temps que l’opinion publique, et a invité le ministre de la Justice Ousmane Diagne à en témoigner.

L’arrestation de Simon Faye, rédacteur en chef du groupe D-Média, a été évoquée dans l’hémicycle. Le Premier ministre a rappelé que, selon la loi, les responsables éditoriaux sont tenus légalement pour les publications de leur média. Il a en outre critiqué la confusion croissante entre militantisme politique et journalisme :

« Certains dirigeants de presse ont des partis politiques qui n’ont pas 1% de l’électorat. Ils importent leur militantisme dans les rédactions. Cela relève de la politique, et ils doivent l’assumer. »

Sur un ton ferme, Ousmane Sonko a déclaré qu’il ne tolérerait plus les attaques gratuites ni les accusations infondées :

« Désormais, j’assume. Tout ce que j’entreprendrai sera connu de tous. Nous ne laisserons pas ce pays sombrer dans la diffamation et le mensonge. »

Mort de Ngagne Mbaye au Brésil : Ousmane Sonko exige des comptes et interpelle la diaspora

Le Premier ministre Ousmane Sonko a réagi ce lundi à l’Assemblée nationale sur la mort tragique de Ngagne Mbaye, un ressortissant sénégalais tué par la police brésilienne le vendredi 11 avril à São Paulo. L’affaire, qui suscite une vive émotion au sein de la diaspora, a été évoquée lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement.

En réponse à une interpellation du député Al Amine Diouf, le chef du gouvernement a tenu à rassurer sur le suivi du dossier. Il a informé que la ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Yassine Fall, s’est saisie du cas dès les premières heures. « Elle a réagi dès le premier jour en annonçant que des démarches diplomatiques sont en cours, à travers notre représentation à São Paulo, pour élucider les circonstances du drame », a-t-il précisé.

Ousmane Sonko a également souligné la coopération des autorités brésiliennes, précisant que le policier mis en cause a été arrêté. Les représentants consulaires sénégalais ont même pu accéder aux images de l’intervention, renforçant l’espoir d’une enquête rigoureuse et transparente.

Au-delà du suivi diplomatique, Ousmane Sonko a profité de cette tribune pour adresser un message de fermeté à l’endroit de la diaspora sénégalaise. Insistant sur le respect des lois locales, il a déclaré :

« Respectez les lois et règlements des pays dans lesquels vous vivez. Au Sénégal, aucun commerçant étranger ne se permettrait de défier les forces de l’ordre. »

Reconnaissant que la réaction des forces de l’ordre brésiliennes était disproportionnée, le Premier ministre a réaffirmé que le Sénégal allait prendre toutes les mesures nécessaires pour faire éclater la vérité. Toutefois, il a appelé à éviter les comportements pouvant mener à des confrontations dangereuses, soulignant les limites de l’action diplomatique dans certaines situations.

Fidèle à son style direct, Ousmane Sonko a conclu son intervention par un appel au réalisme et à la responsabilité collective :

« Lorsqu’on est appelé à diriger un pays, il faut aussi avoir le courage de dire la vérité à ses concitoyens. »

Assemblée nationale : Sonko révèle une économie de 60 milliards FCFA grâce à la renégociation des marchés publics

Lors de la séance de questions d’actualité tenue ce lundi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un message fort en matière de gouvernance économique. Selon lui, le gouvernement a réussi à économiser plus de 60 milliards FCFA grâce à une vaste opération de renégociation des marchés publics, ciblant essentiellement les contrats conclus sous l’ancien régime.

Le chef du gouvernement a mis en lumière des pratiques de surfacturation dans les secteurs de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. « Certains marchés affichaient des surcoûts de 20 milliards par-ci, 10 milliards par-là », a-t-il révélé. Grâce aux preuves rassemblées par l’exécutif, plusieurs entreprises ont reconnu ces dépassements et accepté de réajuster les montants perçus, ce qui a permis une restitution significative au budget de l’État.

Il a toutefois précisé que ces opérations de renégociation ne concernent, pour le moment, que les secteurs éducatifs, laissant présager d’autres économies substantielles une fois que les contrats relatifs aux ressources naturelles auront été passés au crible.

Dans le domaine des ressources naturelles, Ousmane Sonko a annoncé une nouvelle approche pour l’exploitation du phosphate de Matam, rompant avec les anciennes pratiques basées sur l’exportation brute. Désormais, le gouvernement compte privilégier la transformation locale grâce à la création d’unités industrielles nationales : « Nous n’exporterons que l’excédent. C’est notre nouveau modèle économique », a-t-il affirmé.

Cette politique s’inscrit dans la volonté de réaffirmer la souveraineté du Sénégal sur ses ressources, un axe central du programme de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye.

Abordant la question de la dette publique, le Premier ministre a reconnu que le pays devra mobiliser 1 195 milliards FCFA en 2025 pour combler ses besoins de financement. Toutefois, il a rassuré sur une réduction progressive de ces montants : 498 milliards en 2026, 155 milliards en 2029. Il s’agit, selon lui, de compléments ponctuels aux recettes déjà prévues par l’État.

Ousmane Sonko a ainsi appelé les Sénégalais à la patience et à l’effort collectif pendant les deux prochaines années, afin de permettre un redressement durable : « Ce sera difficile, mais ce n’est qu’une étape. Le but est de repartir sur des bases solides. »

Pour conclure, le chef du gouvernement a fustigé les anciennes pratiques de gestion qu’il juge responsables de la situation actuelle. Il a notamment évoqué les « chiffres maquillés » et l’« empressement » des gouvernants passés, appelant à tirer les leçons du passé pour éviter les dérives futures.

De la parole forte à l’action faible : le piège de l’arrogance au pouvoir ( Par Thierno Bocoum )

Le Premier ministre entretient une confusion constante entre des concepts pourtant fondamentaux : le peuple et les partisans, la justice et la clameur populaire, la responsabilité gouvernementale et le militantisme politique. Ce brouillage délibéré le pousse à substituer le débat par la dispute, à préférer l’affrontement à la pédagogie. Le pugilat devient son langage favori, alors que les membres du gouvernement devraient s’attacher à éclairer les citoyens.

Il s’agace, même face à ceux qui ne font que le ramener à ses devoirs. Même le silence semble l’importuner, tant il devient hypersensible à toute forme de contradiction.

Privé d’actes tangibles pour accompagner ses discours enflammés, il s’enferme dans la diversion. Il allume des contrefeux pour fuir les vraies responsabilités, au lieu d’assumer les attentes légitimes de la population.

Ce Premier ministre semble d’ores et déjà mal engagé dans ce qui prend des allures de mandat présidentiel par procuration. Il donne l’impression de n’avoir ni la mesure des défis à relever, ni l’humilité nécessaire pour s’ouvrir à des cercles de réflexion, proches ou éloignés.

Évoquer la pression populaire sur la justice comme une forme de régulation démocratique relève d’un populisme primaire inquiétant. Il conviendrait de lui demander par quel mécanisme cette pression pourrait s’exercer sans compromettre l’indépendance de la justice, dont la réactivité dépend avant tout des moyens et des réformes que l’État est censé impulser.

Se glorifier de baisses de prix liées aux fluctuations du marché mondial, sans jamais en assumer les hausses quand elles surviendront, relève d’un opportunisme simpliste. Il serait plus responsable d’expliquer les choix économiques à travers une lecture structurelle — en évoquant les subventions, les mécanismes d’ajustement, ou des mesures durables — plutôt que de se contenter d’un discours conjoncturel et simplifié.

Ce qui est inacceptable, c’est de brandir les limites de la liberté d’expression pour faire taire les critiques, tout en orchestrant — par le biais de sa majorité parlementaire — l’amnistie d’auteurs de violences, d’incendies d’édifices publics, d’agressions verbales et d’actes de vandalisme. Cette posture incarne un double discours flagrant, entre le « Coumba am ndéyisme » et le « Coumba amoul ndéyisme ».

Réduire toute forme d’opposition à de la haine personnelle est non seulement simpliste, mais hypocrite, surtout de la part de quelqu’un qui n’a jamais eu de scrupules à adresser des critiques virulentes à ses prédécesseurs sans jamais être taxé de haineux.

La multiplication de slogans, d’éléments de langage et de diversions ne suffira pas à masquer les carences manifestes en matière de gouvernance et de maîtrise des enjeux nationaux.

Thierno Bocoum
Ancien parlementaire 
Président AGIR

Interpellation d’une équipe d’Al Jazeera en Casamance : l’APES dénonce une entrave à la liberté de la presse

L’interpellation d’une équipe de la chaîne internationale Al Jazeera, ce dimanche 13 avril 2025, en Casamance, suscite une vive indignation dans le milieu de la presse. L’Association de la presse étrangère au Sénégal (APES) a vivement réagi, dénonçant un acte qu’elle qualifie de « sans précédent » dans l’histoire du journalisme au Sénégal.

Selon le communiqué de l’APES, l’équipe, composée de Nicolas Haque, chef du bureau d’Al Jazeera à Dakar, et de sa collaboratrice Magali Rochat, était en mission de reportage sur le retour des déplacés de guerre dans leurs villages d’origine, dans le sud du pays. Munis d’une accréditation officielle, ils ont été interpellés dès leur arrivée à l’aéroport de Cap Skirring par les services de police.

Relâchés dans un premier temps, les deux journalistes ont été de nouveau interpellés après leur installation à l’hôtel, cette fois par des éléments de la gendarmerie nationale. Ils ont été conduits à la brigade locale pour un interrogatoire séparé d’environ une heure, principalement centré sur les raisons de leur présence en Casamance.

À la suite de cette audition, l’équipe d’Al Jazeera a été libérée, mais son matériel de tournage – caméras, cartes mémoire, enregistrements – ainsi que ses passeports ont été saisis. Pire encore, les autorités leur ont notifié leur expulsion vers Dakar, dès le lendemain matin, à bord du premier vol disponible.

Pour l’APES, cette attitude constitue une grave atteinte à la liberté de la presse, d’autant plus qu’il s’agit d’une équipe officiellement reconnue par les autorités sénégalaises.

« En plus de soixante ans d’existence, jamais l’Association de la presse étrangère au Sénégal n’a vécu un tel épisode », indique le communiqué. L’APES déplore une rupture dans les relations historiquement cordiales entre journalistes étrangers et autorités sénégalaises, et appelle à un retour immédiat à cette tradition de coopération.

L’organisation exige par ailleurs la restitution immédiate et sans conditions du matériel de l’équipe d’Al Jazeera, ainsi qu’une clarification sur les raisons ayant motivé cette double interpellation.

Enfin, l’APES en appelle aux valeurs fondamentales du pays : hospitalité, ouverture, tolérance et respect de la liberté d’expression, des piliers qui ont longtemps fait du Sénégal un modèle en Afrique pour l’exercice du journalisme.

Licenciements au Port de Dakar et dans d’autres directions : Birame Souleye Diop dément toute chasse aux sorcières

Accusé par une partie de l’opinion de procéder à des licenciements politiques, le nouveau pouvoir est désormais sous pression. Ce lundi à l’Assemblée nationale, Birame Souleye Diop, ministre de l’Énergie, s’exprimait au nom de son collègue Abass Fall, ministre en charge de la Fonction publique, actuellement hors du territoire. Il a répondu aux critiques autour de plusieurs départs jugés abusifs dans des structures comme le Port autonome de Dakar, l’AIBD ou encore certaines directions sous tutelle de l’État.

« Zéro tolérance » : Ousmane Sonko veut en finir avec les dérives médiatiques et numériques

Devant l’Assemblée nationale ce lundi matin, le Premier ministre Ousmane Sonko a été clair : « la diffusion de fausses nouvelles et toute autre infraction pénale » ne resteront plus impunies. Dans un ton ferme, le chef du gouvernement a annoncé l’adoption d’une politique pénale de « zéro tolérance », ciblant particulièrement les dérives constatées sur les plateaux télé, dans les radios, mais aussi sur les réseaux sociaux.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°442 – 14/04/2025

🔴 REDDITION DES COMPTES : VERS UNE JUSTICE OU UNE DÉRIVE ?
🔴 CHANGEMENT DE CAP CHEZ Y EN A MARRE : THIAT AUX COMMANDES

🔴 TIRAGE CAN U20 : LA CAF REBAT LES CARTES, LE SÉNÉGAL HÉRITE DU GROUPE C
🔴 LIGUE 1 (19E J.) : LA LINGUÈRE BAT TEUNGUETH FC (1-0) ET RELANCE SA SAISON

Justice : Mansour Faye attendu ce lundi à la DIC

L’ancien ministre Mansour Faye, également gendre de l’ex-président Macky Sall, est attendu ce lundi 15 avril à la Division des Investigations Criminelles (DIC). Selon des informations obtenues par Dakaractu, il devra répondre à une convocation officielle, dans un contexte où plusieurs figures de l’ancien régime sont dans le viseur de la justice sénégalaise.

La DIC aurait cherché à entrer en contact avec Mansour Faye depuis vendredi dernier, selon la même source. Des policiers se seraient rendus à son domicile sans succès. Ce n’est qu’après avoir été informé par ses proches que l’ancien ministre aurait décidé de prendre lui-même contact avec les enquêteurs, pour leur confirmer sa disponibilité.

Il est donc attendu ce lundi matin dans les locaux de la DIC, où il devra probablement fournir des explications sur des faits qui n’ont, pour l’instant, pas été précisés par les autorités compétentes.

Cette convocation intervient dans un contexte de traque aux biens mal acquis et de renforcement des mécanismes de reddition des comptes, amorcé par le nouveau régime du président Bassirou Diomaye Faye. Plusieurs responsables de l’ancienne majorité présidentielle sont scrutés par la justice, certains ayant déjà été entendus ou empêchés de quitter le territoire.

Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, puis ministre des Transports terrestres et du Désenclavement, a été un acteur central du régime précédent. Sa gestion de plusieurs programmes sociaux, notamment le programme de résilience alimentaire et nutritionnelle, pourrait faire l’objet d’investigations.

Jusqu’à présent, aucune déclaration publique n’a été faite ni par l’intéressé ni par les autorités policières ou judiciaires sur les motifs exacts de cette convocation. Ce silence contribue à alimenter les spéculations autour d’une possible opération judiciaire d’envergure ciblant plusieurs personnalités politiques proches de l’ancien président Macky Sall.

Questions d’actualité : Tafsir Thioye refuse de boycotter Ousmane Sonko

Alors que certains députés de l’opposition envisagent de boycotter la séance plénière de ce lundi 14 avril à l’Assemblée nationale, le député non-inscrit Tafsir Thioye prend le contre-pied. Invité ce dimanche de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal internationale (RSI), il a affirmé qu’il n’a aucune intention de se soustraire à cette rencontre avec le Premier ministre Ousmane Sonko, dans le cadre des questions d’actualité prévues à 10 heures.

« Je ne boycotterai pas la plénière. Le Parlement est un espace de débat. Nous devons échanger, questionner, confronter nos idées, et non fuir le dialogue », a déclaré le député.

Pour Tafsir Thioye, la démocratie sénégalaise ne peut progresser sans une culture de débat républicain dans l’enceinte même qui incarne la souveraineté populaire. Selon lui, les différends politiques ne doivent pas se transformer en obstruction systématique :

« Le Premier ministre, quel qu’il soit, doit répondre devant les représentants du peuple. Il est de notre devoir, à nous députés, de lui poser des questions et d’écouter ses réponses. C’est l’essence même de notre mandat. »

L’élu a par ailleurs exprimé des réserves sur les appels au boycott lancés par certains parlementaires issus de l’opposition, estimant que cette posture est contre-productive et nuit au bon fonctionnement des institutions :

« Ceux qui refusent de venir poser leurs questions ou de débattre avec le chef du gouvernement prennent le risque d’abandonner le terrain à d’autres. Le peuple attend des réponses. Nous devons être à la hauteur. »

La séance de ce lundi 14 avril marquera la première apparition officielle du Premier ministre Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale depuis sa nomination. Ce moment est très attendu par l’opinion publique, tant pour le fond des réponses qu’il apportera aux députés que pour la forme de son interaction avec une Assemblée aux sensibilités politiques diverses.

Sortie du territoire : Racine Sy finalement autorisé à embarquer

Après avoir été empêché de quitter le territoire samedi 12 avril, Mamadou Racine Sy, vice-président du Conseil national du patronat (CNP) et maire de Podor, a finalement été autorisé à embarquer ce dimanche 13 avril à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Cette nouvelle a été confirmée par Madiambal Diagne, patron du Groupe Avenir Communication, sur son compte X (anciennement Twitter), aux alentours de 18h27.

« Des sources proches du ministère de l’Intérieur viennent de m’indiquer que Mamadou Racine Sy, qui avait été empêché de voyager, a finalement pu embarquer à l’aéroport de Dakar. Tant mieux. Le respect des lois doit rester un impératif républicain », a écrit Madiambal Diagne sur sa page.

Le déplacement de Racine Sy au Maroc s’inscrivait dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée entre la ville de Meknès et celle de Podor, dont il est le maire. Selon les informations recueillies par PressAfrik, cet accord de partenariat devait être signé le mardi suivant, mais le voyage de Racine Sy a été compromis par un incident qui l’a empêché de quitter le territoire le samedi.

Malgré cette situation, Mamadou Racine Sy a rejeté l’idée d’une interdiction formelle de sortie du territoire, expliquant qu’il s’agissait d’un simple problème technique. Il a ainsi écarté toute notion d’une décision gouvernementale l’empêchant de voyager.

À ce jour, aucune communication officielle n’a été émise pour expliquer les raisons de l’empêchement initial ni pour clarifier les raisons de sa levée. Ce manque de transparence laisse place à des spéculations concernant les éventuelles motivations politiques ou administratives derrière cette situation.

Cet incident soulève la question des interdictions de sortie du territoire, un sujet devenu sensible ces dernières semaines, notamment à la suite des mesures prises contre plusieurs personnalités politiques et économiques. Bien que Mamadou Racine Sy ait pu embarquer ce dimanche, l’absence d’explications claires sur la raison de son empêchement initial et sa levée rapide laisse place à des interrogations sur la gestion de ce type de décisions.

Le respect des lois et des procedures légales continue d’être un sujet de discussion dans le cadre de la gouvernance actuelle, et cet incident illustre une fois de plus les tensions existantes entre les autorités et certains acteurs du secteur privé et politique.

Me Doudou Ndoye au Grand Jury : « Le chef de l’État ne devrait pas siéger au Conseil supérieur de la magistrature »

Lors de son passage ce dimanche à l’émission Grand Jury de la RFM, Me Doudou Ndoye, ancien ministre de la Justice et avocat de renom, a livré une analyse sans équivoque sur la structure et le rôle du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), une institution clé dans le fonctionnement du système judiciaire sénégalais. Dans un contexte où la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice sont des enjeux majeurs pour la stabilité politique du pays, les propos de Me Ndoye risquent de susciter un large débat.

Me Doudou Ndoye a d’emblée pris position contre la présence du chef de l’État au sein du Conseil supérieur de la magistrature, une institution prévue par la Constitution pour garantir l’indépendance de la justice.

« Si j’avais un choix à faire, je dirais que le chef de l’État ne serait pas membre du Conseil supérieur de la magistrature », a déclaré l’ancien ministre de la Justice.

Cependant, Me Ndoye précise que cette position n’implique pas une exclusion totale du président de la République du processus décisionnel. Selon lui, toute décision du Conseil supérieur de la magistrature devrait être soumise au chef de l’État pour contrôle et approbation avant sa mise en œuvre.

« Toute décision du conseil supérieur de la magistrature lui sera soumise afin qu’il puisse contrôler et apporter son visa avant qu’elle ne soit appliquée. »

Cette nuance semble vouloir concilier l’idée d’une justice indépendante avec le rôle de contrôle que le président doit exercer en tant que garant de l’État.

Pour Me Ndoye, la question dépasse le cadre du Conseil supérieur de la magistrature. Il appelle à une réforme structurelle ambitieuse de la fonction présidentielle au Sénégal.

« Je veux à la tête du Sénégal un véritable chef d’État », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité d’une gouvernance plus forte et plus équilibrée.

L’ancien ministre estime qu’un chef de l’État fort et légitime doit pouvoir exercer son autorité, tout en respectant les principes fondamentaux de l’indépendance des institutions judiciaires. Cela implique, selon lui, une révision des rapports entre le pouvoir exécutif et le judiciaire, afin d’éviter toute forme de pression ou de confusion.

Interrogé sur la possibilité d’élargir le Conseil supérieur de la magistrature à d’autres secteurs de la société, Me Doudou Ndoye a fermement rejeté cette idée.

« Non. Absolument pas. »

L’avocat rappelle que le CSM est une institution spécialisée dans la gestion de la carrière des magistrats, et qu’elle doit donc rester sous la responsabilité exclusive des magistrats eux-mêmes. Il insiste sur le fait que l’intégrité et l’indépendance de cette institution doivent être préservées en la laissant entre les mains de ceux qui en connaissent les arcanes.

« Le magistrat est le magistrat. Le magistrat est un corps ferme, un corps qu’on doit respecter. »

En conclusion, Me Ndoye exprime une position radicale sur la question : le CSM, comme l’Assemblée nationale, ne peut être constitué que de ceux qui en sont les acteurs directs.

« Le Conseil supérieur de la magistrature, qui s’occupe de la carrière des magistrats, ne peut être constitué que par des magistrats, tout comme l’Assemblée nationale ne peut être composée que de députés. »

Cette prise de position marque une volonté de protéger l’autonomie des magistrats et de garantir leur liberté de jugement sans ingérence extérieure.

Les propos de Me Doudou Ndoye s’inscrivent dans un débat plus large sur la réforme des institutions sénégalaises et la préservation de l’indépendance de la justice. Bien que l’idée de réformer le CSM et les relations entre l’exécutif et le judiciaire ne soit pas nouvelle, elle prend une nouvelle résonance dans le contexte actuel, où la transparence, l’intégrité et la justice indépendante sont plus que jamais des enjeux fondamentaux pour la démocratie sénégalaise.

Interdictions de sortie du territoire : Guy Marius Sagna met en garde contre « l’arbitraire » et appelle au respect strict de la loi

Depuis plusieurs semaines, des figures de l’ancien régime font face à des restrictions de mouvement, notamment des interdictions de sortie du territoire qui semblent se multiplier à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Après l’ancien ministre Mansour Faye, c’est au tour d’autres personnalités comme Mamadou Racine Sy, vice-président du Conseil national du patronat, d’avoir été empêchées de voyager.

Face à cette situation, Guy Marius Sagna, député de la coalition au pouvoir et membre actif de la société civile, a réagi ce dimanche 14 avril via une publication sur ses réseaux sociaux. Dans un ton à la fois critique et républicain, il appelle le gouvernement à faire preuve de rigueur juridique dans l’application de ces mesures, au nom du respect des droits fondamentaux.

Dans sa déclaration, Guy Marius Sagna ne rejette pas l’idée d’imposer des interdictions de voyage à certaines personnalités soupçonnées d’avoir détourné des fonds publics. Il insiste cependant sur la nécessité absolue de respecter les règles de droit.

« Tous ceux qui ont géré l’argent des Sénégalais et dont la gestion fait l’objet d’une enquête doivent être interdits de sortir du territoire sénégalais », affirme-t-il d’emblée.

Mais il ajoute :

« Cette interdiction doit respecter le droit, notamment par une notification formelle à l’intéressé ».

Pour lui, une décision même justifiée sur le fond perd toute légitimité si la forme est négligée ou arbitraire. Il déplore que les autorités ne procèdent à aucune notification préalable, laissant les concernés découvrir l’interdiction au moment de l’embarquement.

Le parlementaire estime que l’attitude actuelle du gouvernement risque de miner la crédibilité des institutions. Il juge inacceptable que ce soit aux citoyens de devoir saisir la justice pour faire appliquer la loi.

« Je ne suis pas d’accord que le gouvernement viole la loi jusqu’à ce qu’un citoyen saisisse la justice. Et même quand le juge ordonne, il faut que l’État obéisse à cette décision », insiste-t-il.

En référence à l’ordonnance de la Cour suprême du Sénégal autorisant Mansour Faye à voyager, Guy Marius Sagna considère que l’État se trouve hors-la-loi s’il s’entête à bloquer ses déplacements malgré cette décision judiciaire.

Au-delà de la législation nationale, l’ancien activiste du mouvement Frapp rappelle également la jurisprudence de la Cour de Justice de la CEDEAO, qui condamne systématiquement les restrictions à la liberté de circulation non fondées légalement.

« Les restrictions au droit de circuler librement doivent reposer sur une base légale. Leur absence constitue une violation des droits de l’homme », dit-il.

Il souligne que le Sénégal, en tant que membre de cette communauté, s’est engagé à respecter ces principes – un engagement qu’il juge aujourd’hui mis à mal par des décisions administratives arbitraires.

Dans une position empreinte de principes républicains, Guy Marius Sagna tient à rappeler une règle essentielle dans toute démocratie : le respect des droits ne doit pas être conditionné par le passé d’une personne.

« Le propre des droits, c’est d’être appliqués scrupuleusement, même pour ceux qui les auraient violés allègrement », insiste-t-il, soulignant ainsi que l’État doit rester impartial.

En conclusion, Guy Marius Sagna regrette que l’exécutif s’enferme dans des logiques de communication politique ou de représailles, plutôt que dans une gestion méthodique des dossiers judiciaires et institutionnels.

« Nous assistons à ce que Schumpeter appelait du “gaspillage de l’énergie gouvernementale” », conclut-il, faisant allusion à une administration qui préfère les coups d’éclat à une gouvernance fondée sur le droit.

Cette prise de position est d’autant plus notable que Guy Marius Sagna est aujourd’hui un député de la majorité présidentielle, après avoir longtemps milité contre le pouvoir sous Macky Sall. Son intervention peut être perçue comme une alerte interne, adressée aux nouvelles autorités, pour éviter de reproduire les erreurs du passé.

Dialakoto : face à l’absence de professeurs de sciences, les parents menacent de retenir leurs enfants à la maison

À Dialakoto, localité située dans la région de Tambacounda, la colère gronde. Ce samedi matin, parents d’élèves, élèves et habitants ont battu le pavé pour dénoncer une situation jugée inacceptable : l’absence totale de professeurs dans plusieurs disciplines scientifiques au sein du collège local.

Depuis le début de l’année scolaire, les élèves n’ont toujours pas reçu de cours en mathématiques, sciences de la vie et de la terre (SVT) ou encore en physique-chimie. Une pénurie de professeurs qui compromet sérieusement leur formation et menace leur avenir académique.

« Depuis la création du collège en 2006, les conditions sont restées précaires. Aujourd’hui, la salle des professeurs est toujours un abri provisoire, et les bulletins du premier semestre sont à moitié vides », déplore Mamadou Fadia, porte-parole des parents d’élèves.

Outre le manque de personnel enseignant, les infrastructures sont dans un état de délabrement avancé. Le collège ne dispose pas d’électricité, les toilettes sont inutilisables et les conditions d’apprentissage sont jugées déshumanisantes. Face à ce constat, les parents exigent le départ du principal, accusé de passivité et d’inaction.

« Il n’y a pas d’électricité, pas de sanitaires dignes, et aucune volonté apparente de redresser la situation. Le principal n’assume pas ses responsabilités, nous demandons son départ immédiat », martèle Mamadou Fadia.

Excédés par des années de promesses non tenues, les parents d’élèves ont lancé un ultimatum de 15 jours aux autorités éducatives. Passé ce délai, ils menacent de retirer tous les enfants des établissements scolaires de la commune, bloquant ainsi l’ensemble du système éducatif local – du préscolaire au secondaire.

« Si rien n’est fait dans les deux semaines, plus aucun enfant ne mettra les pieds à l’école. C’est la seule manière de nous faire entendre », préviennent-ils.

Les habitants de Dialakoto interpellent directement le ministre de l’Éducation nationale, l’appelant à réagir en urgence. Ils réclament le déploiement immédiat de professeurs dans les disciplines scientifiques, la réhabilitation des infrastructures et un audit sur la gestion de l’établissement.

Exclusif – AIBD : Après Mansour Faye, Racine Sy empêché de quitter le territoire

Les restrictions de sortie du territoire semblent s’étendre au Sénégal. Après l’ancien ministre Mansour Faye, c’est au tour de Mamadou Racine Sy, maire de Podor et figure majeure du secteur privé, de se voir refuser l’embarquement à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) dans la nuit du samedi 12 avril, selon des informations recueillies par PressAfrik.

M. Sy devait s’envoler pour le Maroc, dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée entre les villes de Meknès et Podor. À la clé : un accord de partenariat devant être signé le mardi 16 avril. Une partie de la délégation sénégalaise, voyageant via Royal Air Maroc, est d’ores et déjà arrivée sur place. Le retour collectif était prévu pour mercredi.

Contacté, un proche du maire de Podor s’est dit stupéfait par cette mesure, soulignant qu’elle pourrait compromettre un accord à fort enjeu économique pour la région nord du Sénégal. L’homme d’affaires avait pourtant voyagé sans difficulté vers Paris il y a quelques mois, ce qui rend cette situation d’autant plus surprenante pour son entourage.

De son côté, Mamadou Racine Sy rejette fermement l’idée d’une interdiction de sortie du territoire (IST). Il évoque plutôt « un problème technique », qui l’aurait momentanément empêché de voyager. Le président du Conseil d’administration du King Fahd Palace n’exclut pas de rejoindre sa délégation dans les prochains jours, si la situation le permet.

Selon nos sources, plusieurs personnalités publiques pourraient désormais figurer sur une liste rouge gouvernementale. Une mesure discrète, mais aux effets visibles sur le terrain, notamment à l’AIBD, où les contrôles semblent s’intensifier ces derniers jours.

Alors que le maire de Podor est également vice-président du Conseil national du patronat (CNP), cette situation soulève des interrogations : s’agit-il d’un durcissement ciblé de la gouvernance, ou d’un simple concours de circonstances ?

L’affaire relance en tout cas le débat sur la liberté de circulation des responsables publics, dans un contexte où l’exigence de reddition des comptes semble s’intensifier.

Respect des libertés fondamentales : l’ADHA exige la libération du journaliste Simon Faye

L’arrestation de Simon Faye, rédacteur en chef du groupe D-Media (Sen TV, Zik FM), suscite une vague d’indignation dans le milieu des droits humains et des médias. Dans un communiqué rendu public, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) dénonce vigoureusement une atteinte à la liberté de la presse et aux principes de l’État de droit.

« Cette interpellation, survenue dans un climat tendu entre les autorités et les médias, interroge sur le respect des principes essentiels de l’État de droit, particulièrement la liberté de la presse – socle de toute démocratie », peut-on lire dans la déclaration.

L’organisation rappelle que Simon Faye n’est ni l’auteur ni le premier diffuseur du contenu à l’origine de son arrestation. Dès lors, sa détention serait non seulement juridiquement contestable, mais relèverait aussi d’une tentative d’intimidation contre la presse.

« Des pratiques rappelant les heures sombres de notre histoire récente : convocations abusives, détentions arbitraires et pressions sur la presse », déplore l’ADHA.

Elle dénonce une série d’agissements incompatibles avec les engagements du Sénégal en matière de protection des libertés fondamentales, notamment ceux ratifiés au plan international.

Dans un appel solennel, l’ADHA formule trois exigences urgentes :

  1. La libération immédiate de M. Simon Faye, dont l’état de santé nécessite des soins appropriés.
  2. La libération de M. Aliou Top, responsable du média en ligne Sunugal 24.
  3. Le recours au tribunal des pairs, seule instance légitime pour trancher les différends liés à l’exercice du journalisme.

L’organisation invite l’État à adopter une posture plus ouverte envers la presse, condition indispensable pour éviter toute dérive autoritaire. Elle plaide pour un climat de transparence, où les médias peuvent jouer leur rôle de contre-pouvoir sans crainte de représailles.

« La liberté de la presse et les droits humains doivent aller de pair avec la responsabilité professionnelle, dans un État véritablement démocratique », conclut le communiqué.

Alors que les tensions entre les autorités et les médias semblent s’intensifier, cet appel de l’ADHA vient raviver le débat sur les droits fondamentaux au Sénégal, en pleine mutation politique.

Ziguinchor : l’UNAPAS remet en service 25 ambulances pour sauver des vies

Dans une opération à fort impact social, l’Union nationale des professionnels de l’automobile du Sénégal (UNAPAS) a procédé à la réparation gratuite de 25 ambulances en panne dans la région de Ziguinchor, ce vendredi 12 avril. Cette action s’inscrit dans le cadre de son ambitieux programme national baptisé « Zéro ambulance en panne » (ZAP).

L’initiative vise à restaurer la capacité d’intervention des structures sanitaires à travers tout le pays, en assurant que plus aucun véhicule d’évacuation ne reste immobilisé faute de réparation.

« C’est une initiative sociale qui consiste à réparer toutes les ambulances en panne. Elle entre dans le cadre du ZAP, Zéro Ambulance en Panne, pour sauver des vies. L’étape de Ziguinchor est la quatrième édition de notre tournée nationale. À mi-journée, nous avions déjà reçu 25 ambulances, un chiffre record comparé aux autres régions », a déclaré Bamba Niang, président de l’UNAPAS.

Les professionnels de l’automobile mobilisés pour cette campagne ont démontré leur engagement, non seulement par leur expertise technique, mais aussi par leur sens du service public. En remettant en état ces véhicules essentiels au transport des malades et blessés, ils contribuent directement à réduire les délais d’intervention médicale et à renforcer le système de santé de proximité.

Cette étape à Ziguinchor vient après celles réalisées dans d’autres régions, avec le même objectif : faire de chaque ambulance un outil pleinement opérationnel, au service des populations.

Dans un pays où l’évacuation médicale rapide peut faire la différence entre la vie et la mort, ce geste solidaire de l’UNAPAS est largement salué. Il met aussi en lumière l’importance d’un partenariat entre acteurs techniques et institutions sanitaires pour pallier les failles logistiques du système de santé.

Présidentielle au Gabon : Brice Oligui Nguema en tête selon les premiers résultats partiels

À l’issue d’un scrutin marqué par une mobilisation exceptionnelle, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de la transition et désormais « président-candidat », semble en passe de consolider son pouvoir au Gabon. Les premiers résultats partiels diffusés par des médias officiels, notamment Gabon 24 et CTRI News, le placent largement en tête dans plusieurs provinces du pays.

Il s’agissait de la première élection présidentielle organisée depuis le coup d’État d’août 2023, qui a mis fin à plus de cinq décennies de règne de la famille Bongo. Pour la première fois, le général Oligui Nguema, qui avait promis un retour à l’ordre constitutionnel, se présentait devant les électeurs pour solliciter un mandat présidentiel de sept ans.

Samedi 12 avril, les Gabonais ont massivement répondu à l’appel des urnes. Le ministère de l’Intérieur a fait état d’un taux de participation de 87,21 % à 18h30, un chiffre qualifié d’« historique » par les analystes locaux. De longues files d’attente ont été observées devant les 3.037 bureaux de vote à travers le pays et dans la diaspora, signe d’un regain de confiance dans le processus électoral.

À Libreville, la capitale, l’ambiance était à la fois calme et empreinte d’espoir. « Ça faisait longtemps que je n’avais pas voté, mais cette fois-ci, j’ai senti que ça valait le coup », a confié Olivina Migombe, 58 ans, rencontrée à la sortie de la messe du dimanche des Rameaux. Comme elle, de nombreux citoyens affirment avoir voté pour Brice Oligui, dans l’espoir de voir enfin se matérialiser un changement attendu depuis longtemps.

Durant la nuit électorale, les images diffusées par la télévision publique ont montré des bulletins s’accumulant en faveur du candidat Oligui, les chiffres étant inscrits à la craie sur des tableaux noirs dans les centres de dépouillement. Dans plusieurs bureaux de vote, tant au Gabon qu’à l’étranger, des pourcentages atteignant 100 % en sa faveur ont été rapportés.

Le ministère de l’Intérieur, par la voix d’Hermann Immongault, devrait annoncer les résultats provisoires dans la journée de dimanche. Mais déjà, la tendance semble se dessiner : Oligui Nguema serait en route vers une victoire confortable face à ses sept adversaires, restés pour la plupart très discrets pendant la campagne. Son principal challenger, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie By Nze, n’a pas réussi à fédérer une opposition forte.

Fait notable : les autorités gabonaises ont autorisé, pour la première fois, les médias privés et internationaux à filmer le processus de dépouillement. Des observateurs internationaux, présents tout au long de la journée, n’ont signalé aucun incident majeur. Cette ouverture, saluée par plusieurs chancelleries étrangères, vise à restaurer la crédibilité des institutions électorales après des décennies de scrutins contestés.

Si la victoire de Brice Oligui Nguema venait à se confirmer, il devra rapidement s’attaquer à une série de défis structurels. Le pays, riche en ressources naturelles mais miné par des décennies de mauvaise gouvernance, reste confronté à un chômage endémique, des infrastructures dégradées, des pannes récurrentes d’électricité, des coupures d’eau, des hôpitaux et écoles en souffrance, ainsi qu’une dette publique estimée à plus de 73 % du PIB en 2024.

Les 2,3 millions d’habitants du Gabon, longtemps tenus à l’écart des décisions publiques, attendent désormais des résultats concrets. Le changement promis par Oligui Nguema ne pourra s’accomplir qu’au prix de réformes profondes, d’une lutte effective contre la corruption et d’un redressement des finances publiques.

En attendant la proclamation des résultats définitifs, l’heure est à l’observation prudente. Pour beaucoup de Gabonais, cette élection symbolise une rupture avec un passé politique lourd de frustrations. Reste à savoir si l’ancien général saura incarner durablement l’espoir de renouveau démocratique qui semble s’être exprimé dans les urnes.

Marée humaine à Dakar : Le Sénégal crie son indignation contre le génocide à Gaza

Ce dimanche 13 avril 2025, la capitale sénégalaise a vibré sous le poids de l’émotion et de la détermination. Des milliers de citoyens se sont mobilisés à Dakar pour manifester leur solidarité avec le peuple palestinien, victime d’une guerre meurtrière dans la bande de Gaza.


La manifestation a démarré au rond-point de l’École Normale et s’est étendue jusqu’au terminus de Liberté 5, en passant par Bourguiba, Jet d’Eau et les allées Ababacar Sy. Tout au long de ce parcours, l’ambiance était aussi grave que solennelle. Des drapeaux palestiniens flottaient au vent, des pancartes dénonçaient les crimes de guerre et des slogans exigeaient l’arrêt immédiat de l’agression israélienne. On pouvait lire : « Stop au génocide », « Justice pour Gaza », « Palestine libre » ou encore « Le silence est complice ».
La mobilisation a réuni toutes les composantes de la société : simples citoyens, militants, religieux, leaders politiques et membres de la société civile. Tous partageaient une même indignation face aux horreurs qui se déroulent à Gaza.
Ayib Daffé, député du groupe parlementaire Yewwi Askan Wi et cadre du parti Pastef, a prononcé un discours fort en émotions et en convictions. Parlant au nom du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, du Premier ministre Ousmane Sonko et de tout le gouvernement, il a réaffirmé la position historique du Sénégal : un soutien inconditionnel au peuple palestinien.
« Ce n’est pas un conflit. C’est un génocide à ciel ouvert. Ce que vit Gaza, c’est l’horreur, la barbarie, la négation de l’humanité. Le Sénégal dit non. Non à l’occupation, non à l’impunité, non à l’hypocrisie de la communauté internationale », a-t-il lancé devant une foule qui scandait « Palestine vaincra ! ».
Ayib Daffé a également dénoncé les blocages systématiques au Conseil de sécurité de l’ONU, le soutien militaire des grandes puissances à Israël et le mépris affiché pour les décisions de la Cour pénale internationale. Selon lui, « si les puissants de ce monde foulent aux pieds le droit international, alors plus aucun peuple n’est en sécurité ».
Ce rassemblement, intervenu dans le sillage de la fête de l’indépendance du Sénégal célébrée le 4 avril, a ravivé les valeurs de résistance, de liberté et de souveraineté qui fondent l’identité du peuple sénégalais. De nombreux manifestants ont d’ailleurs tracé un parallèle entre la lutte anticoloniale de leurs ancêtres et le combat actuel des Palestiniens pour l’autodétermination.
« Le Sénégal a arraché sa liberté au prix de sacrifices. Nous ne pouvons rester muets quand un autre peuple est écrasé, exterminé sous les bombes. Gaza, c’est notre devoir de mémoire, notre devoir d’humanité », a lancé un jeune militant de la société civile.
Des responsables religieux présents ont également pris la parole pour rappeler l’importance de la solidarité avec les peuples opprimés, au-delà des clivages religieux ou idéologiques. Ils ont exhorté les fidèles à prier pour les victimes de Gaza et à soutenir toutes les initiatives humanitaires.
Le mot d’ordre général de la manifestation était simple : il faut arrêter le bain de sang. Les participants ont exhorté les Nations Unies, l’Union africaine et les grandes puissances à prendre leurs responsabilités pour imposer un cessez-le-feu immédiat, lever le blocus de Gaza, protéger les populations civiles et engager des négociations sérieuses pour la création d’un État palestinien libre, indépendant et viable.
« La justice n’est pas négociable. La liberté n’est pas un privilège. La Palestine ne doit pas être un cimetière à ciel ouvert pendant que le monde détourne les yeux », a conclu Ayib Daffé sous les applaudissements.
Ce rassemblement pourrait marquer un tournant dans l’engagement diplomatique du Sénégal sur la question palestinienne. Le président Diomaye Faye, connu pour son attachement aux principes de justice internationale, pourrait prochainement porter la voix de l’Afrique au sein des instances internationales pour réclamer des sanctions contre les auteurs de crimes de guerre à Gaza.

Décès du Khalife général des Layènes : Le Président Diomaye présente ses condoléances à Yoff

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu ce samedi 12 avril 2025 à Yoff pour exprimer ses condoléances à la communauté Layènes suite au décès du Khalife général Serigne Mouhamadou Makhtar Laye. Le chef de l’État, accompagné de son équipe, a marqué sa solidarité envers les proches du défunt et l’ensemble de la communauté spirituelle des Layènes, avec un message empreint de respect et de déférence.

Dans un communiqué publié par la Présidence de la République, le Président Diomaye a salué la mémoire de Serigne Mouhamadou Makhtar Laye, qualifiant ce guide spirituel d’une grande élévation. Il a souligné l’impact profond de son engagement envers la paix, la foi et l’unité nationale du Sénégal. « Serigne Makhtar Laye a incarné les valeurs de solidarité, de tolérance et de respect, qui ont contribué à renforcer l’harmonie et la cohésion sociale de notre pays », a déclaré le président.

Le chef de l’État a également adressé ses prières et ses encouragements au nouveau Khalife général, Seydina Mouhamadou Lamine Laye, exprimant ses vœux de succès dans l’exercice de sa nouvelle fonction. Dans ce contexte, il a réaffirmé l’engagement de la République à maintenir le dialogue avec les foyers religieux, gages de la stabilité et du vivre-ensemble au Sénégal.

Cette visite marque un moment de recueillement et de solidarité nationale, en hommage à une figure religieuse majeure du pays.

Décès du Khalife général des Layènes : le Président Diomaye s'est rendu à Yoff pour présenter ses condoléances
Décès du Khalife général des Layènes : le Président Diomaye s'est rendu à Yoff pour présenter ses condoléances

Abdou Nguer convoqué par la Section de Recherches : un dossier lié au décès de Mamadou Badio Camara

Le chroniqueur Abdou Nguer est convoqué ce lundi 14 avril 2025 à 12h à la Section de Recherches (SR) de Colobane. Cette convocation intervient après que le parquet se soit auto-saisi des propos du journaliste concernant le décès de Mamadou Badio Camara, le président du Conseil constitutionnel du Sénégal.

Les déclarations de Nguer, qui ont suscité l’attention médiatique, sont au centre de cette procédure. Selon des informations relayées par la presse, l’enquête vise à faire toute la lumière sur les circonstances de ces propos, leur contenu et leurs répercussions.

En parallèle, deux journalistes du quotidien Source A sont également attendus à la Section de Recherches le même jour. Leurs convocations font suite aux investigations en cours sur le même sujet.

Cette affaire attire l’attention, non seulement en raison des personnalités impliquées, mais aussi en raison de la nature des déclarations en question, qui pourraient avoir des implications sur la liberté d’expression et le journalisme au Sénégal.

Décès d’un Sénégalais au Brésil : Yassine Fall mobilise la diplomatie pour faire la lumière sur le drame

Le gouvernement sénégalais a réagi avec gravité au décès tragique de Ngagne Mbaye, un jeune ressortissant sénégalais établi à São Paulo, au Brésil. La nouvelle, survenue le vendredi 11 avril 2025, a suscité émotion et incompréhension au sein de la communauté sénégalaise vivant à l’étranger.

Dans un communiqué rendu public, la ministre de l’Intégration Africaine et des Affaires Étrangères, Yassine Fall, a exprimé sa profonde tristesse et présenté ses condoléances à la famille du défunt, à la communauté sénégalaise du Brésil, ainsi qu’à l’ensemble de la diaspora sénégalaise.

« C’est avec tristesse et consternation que j’ai été informée du décès tragique de notre compatriote Ngagne Mbaye à São Paulo, République fédérative du Brésil, le vendredi 11 avril 2025. En cette douloureuse circonstance, je tiens à exprimer, au nom du Gouvernement du Sénégal, mes condoléances émues à la famille du défunt », a déclaré la ministre dans le communiqué officiel.

Face à la douleur et aux interrogations qui entourent ce drame, Yassine Fall a assuré que toutes les démarches nécessaires ont été engagées pour comprendre les circonstances exactes du décès. « Les démarches sont entreprises, via notre représentation diplomatique, pour faire la lumière sur les circonstances de ce drame. Que l’âme du défunt repose en paix », a-t-elle ajouté.

Le ministère des Affaires Étrangères a par ailleurs réitéré son engagement à défendre les droits et la sécurité des Sénégalais établis à l’étranger, tout en promettant un accompagnement diplomatique et consulaire actif dans cette affaire.

Crise financière de la presse : un fonds d’urgence de 300 millions FCFA pour soulager les entreprises en difficulté

Dans un contexte marqué par de sérieuses difficultés économiques pour les entreprises de presse, l’État sénégalais annonce une bouffée d’oxygène. Le Directeur de la Communication, Habibou Dia, a révélé ce week-end la mise en place d’un fonds d’urgence de 300 millions FCFA destiné à soutenir les organes de presse en difficulté.

L’annonce a été faite à l’occasion de l’Assemblée générale de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), où Habibou Dia a pris la parole devant un auditoire de professionnels des médias. « L’autre confidence que je vous fais ici », a-t-il glissé, « c’est qu’avec la nouvelle directrice de l’ADPME (Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises), nous avons, depuis quelques semaines, engagé des réflexions pour venir en aide, en urgence, aux entreprises en difficulté. »

Fruit de ces concertations, le fonds devrait être opérationnel dès la semaine prochaine ou au plus tard celle d’après. Une douzaine d’entreprises de presse sont concernées par cette première vague d’assistance.

Mais cette initiative ne se limite pas à une aide financière ponctuelle. Elle ambitionne aussi de renforcer la gestion interne des entreprises bénéficiaires. « Il s’agit d’aider et d’accompagner véritablement les patrons de presse sur les éléments de gouvernance financière », a précisé M. Dia, insistant sur l’importance d’un diagnostic préalable pour garantir la pertinence des aides attribuées.

À l’heure où de nombreux organes de presse peinent à survivre face aux contraintes économiques et à l’évolution des modèles économiques du secteur, cette enveloppe apparaît comme un signal fort de l’engagement des autorités à préserver un écosystème médiatique libre et viable.

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