AIBD et Air Sénégal : Les 20 mesures du gouvernement pour sauver le transport aérien sénégalais

Le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko a pris des mesures fortes pour redresser la situation de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) SA et de la compagnie aérienne nationale Air Sénégal SA. Lors d’une réunion interministérielle tenue ce jeudi 3 avril 2025 à la Primature, le chef du gouvernement a annoncé une série de réformes visant à assurer la viabilité financière et opérationnelle de ces deux entités stratégiques.

Face aux difficultés financières récurrentes d’Air Sénégal, le gouvernement a décidé d’un plan de redressement articulé autour de plusieurs axes :

  1. Apurement des dettes d’exploitation d’ici fin juin 2025 ;
  2. Lancement d’un audit complet (opérationnel, financier et organisationnel) pour diagnostiquer les dysfonctionnements ;
  3. Reconstitution des fonds propres avec une injection de liquidités à hauteur de 16 milliards FCFA ;
  4. Redimensionnement du réseau et de la flotte pour l’adapter à la demande réelle ;
  5. Finalisation des plans stratégiques 2025-2029 et contrats de performance d’ici juin 2025 ;
  6. Création d’une filiale, Air Sénégal Express, pour développer les vols intérieurs et régionaux ;
  7. Finalisation de l’acquisition d’avions L410NG pour assurer la connectivité avec les zones enclavées.

L’aéroport international Blaise Diagne, en proie à des difficultés structurelles, fait également l’objet de mesures correctrices :

  1. Audit des marchés en cours et résiliation des contrats jugés non essentiels ;
  2. Achèvement de l’audit organisationnel et restructuration interne ;
  3. Rationalisation des dépenses de fonctionnement avant décembre 2025 ;
  4. Mise en place d’un plan social progressif et négocié ;
  5. Harmonisation des statuts du personnel pour plus d’équité ;
  6. Apurement des passifs de l’ex-ADS et de l’ISA ;
  7. Révision de la convention de concession de l’aéroport Blaise Diagne pour une meilleure gestion ;
  8. Priorisation des projets du Hub aérien à fort potentiel ;
  9. Mécanisme d’apurement de la dette RDIA ;
  10. Exploration de financements alternatifs, notamment via des partenariats public-privé (PPP) et les Sukuk ;
  11. Finalisation de la convention des dettes croisées entre l’État et l’AIBD ;
  12. Développement du fret aérien pour favoriser l’exportation des produits sénégalais ;
  13. Certification des aéroports régionaux de Cap Skirring, Ziguinchor, Matam et Saint-Louis afin d’améliorer la desserte aérienne sur l’ensemble du territoire.

Avec ces réformes, le gouvernement entend assurer la viabilité à long terme d’Air Sénégal et de l’AIBD. L’objectif est d’offrir des services de transport aérien plus efficaces, mieux adaptés aux besoins des usagers et aux standards internationaux. Reste à voir si ces mesures seront appliquées avec rigueur et dans les délais impartis, afin de redonner un nouveau souffle au secteur aérien sénégalais.

Yvelines : un ancien proche de Macky Sall en garde à vue pour détournement de fonds publics

Un scandale financier secoue la diaspora sénégalaise en France. Amadou Daff, ancien ambassadeur itinérant de Macky Sall et coordinateur en France de son parti, l’Alliance pour la République (APR), a été placé en garde à vue, soupçonné d’avoir détourné plus d’un demi-million d’euros de fonds publics. Son épouse a également été interpellée dans le cadre de cette affaire.

L’affaire remonte au début de l’année 2023, lorsque des experts-comptables, mandatés pour auditer plusieurs associations bénéficiant de subventions publiques, ont relevé des irrégularités au sein d’une structure dirigée par Amadou Daff. Cette association, basée à Mantes-la-Jolie, était censée offrir des services de médiation sociale dans les quartiers sensibles. L’audit a mis en lumière un système de fausses factures et de sociétés fictives destinées à siphonner les fonds publics.

Suite à ce signalement, une enquête a été ouverte par le parquet de Versailles. Les investigations ont permis d’identifier plusieurs transferts de fonds suspects et d’établir un préjudice estimé à plus de 500 000 euros sur une période de dix ans.

Amadou Daff est une figure bien connue des Sénégalais de France. Ancien conseiller municipal d’opposition à Mantes-la-Jolie, il a occupé de nombreux rôles associatifs et politiques. Proche de Macky Sall, il avait été nommé ambassadeur itinérant et était chargé de coordonner les activités de l’APR en France.

Cependant, son parcours politique a connu une rupture en 2024 lorsqu’il a été démis de ses fonctions de conseiller municipal par la justice administrative. Cette décision faisait suite à son absence en tant qu’assesseur lors des élections européennes du 9 juin 2024, un manquement ayant entraîné son remplacement par Pierre Bédier, l’actuel président du conseil départemental des Yvelines.

L’association impliquée dans cette affaire a depuis été dissoute, mais les autorités continuent d’investiguer pour établir l’ampleur exacte du préjudice et identifier d’éventuelles complicités. Les perquisitions menées au domicile d’Amadou Daff et dans les anciens locaux de l’association ont permis de saisir plusieurs documents comptables qui sont actuellement passés au crible par les enquêteurs.

Ni l’entourage d’Amadou Daff, ni la mairie de Mantes-la-Jolie, ni le parquet de Versailles n’ont souhaité réagir officiellement à cette affaire. Le principal intéressé, quant à lui, n’a pas encore fait de déclaration publique.

Ce scandale intervient alors que l’ancien président Macky Sall a quitté le pouvoir en mars 2024, laissant place à une nouvelle administration. Si cette affaire concerne avant tout une gestion associative en France, elle pourrait avoir des répercussions sur l’image de l’APR et de ses anciens responsables.

L’enquête se poursuit et pourrait déboucher sur une mise en examen d’Amadou Daff dans les prochains jours. Affaire à suivre.

Tivaouane-Peulh : Trois arrestations pour avortement clandestin

La brigade de proximité de Tivaouane-Peulh a démantelé un réseau impliqué dans un avortement clandestin après la découverte d’une interruption de grossesse de huit mois. Trois personnes, dont un agent de santé et un vendeur en pharmacie, ont été placées sous mandat de dépôt pour avortement illégal, administration de substances nuisibles et complicité.

M. D. Fall, receveuse de bus TATA âgée de 21 ans et déjà mère d’un enfant, est tombée enceinte de son collègue C. Guèye. Souhaitant interrompre sa grossesse tardive, elle a sollicité l’aide de M. D., un vendeur en pharmacie, qui lui a procuré un médicament grâce à la complicité de M. K., un agent de santé en poste à Diamalaye, Yeumbeul.

L’intervention a cependant entraîné des complications médicales, obligeant la jeune femme à se rendre dans une structure sanitaire. Soupçonnant un avortement clandestin, le personnel médical a alerté les autorités, déclenchant l’intervention de la brigade de proximité de Tivaouane-Peulh.

Après son interpellation, la receveuse de bus a avoué les faits et désigné le vendeur en pharmacie comme son complice. Grâce à la collaboration de la brigade de recherches de Keur Massar, M. D. a été arrêté à Yeumbeul avant de révéler l’identité de l’agent de santé qui lui avait fourni le médicament.

L’agent de santé M. K. a également été appréhendé, bouclant ainsi l’enquête qui a permis l’arrestation de trois personnes impliquées dans cette affaire.

L’enquête se poursuit pour déterminer d’éventuelles autres ramifications dans ce réseau d’avortement clandestin.

Saisie de drogue à Rufisque : 46 kg de chanvre indien interceptés par la police

Le commissariat central de Rufisque a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. La brigade de recherches de la sûreté urbaine a mis la main sur une cargaison de 46,25 kg de chanvre indien et une moto, lors d’une opération menée dans la nuit de mercredi à jeudi au niveau de la centrale électrique du Cap des Biches, selon des sources de Seneweb.

L’enquête a démarré sur la base d’informations indiquant un débarquement imminent d’une importante quantité de drogue. Prenant ces renseignements très au sérieux, les éléments de la BR ont monté une mission de surveillance et se sont postés sur les lieux signalés, prêts à intercepter les trafiquants.

Les policiers ont passé la nuit sur la rive, guettant l’arrivée de la pirogue censée transporter la marchandise illicite. Mais les convoyeurs, vraisemblablement alertés par une présence suspecte, ont modifié leur plan et ont déchargé la drogue à la centrale du Cap des Biches avant de disparaître.

Grâce à une fouille approfondie des lieux, les agents ont découvert les 46,25 kg de chanvre indien soigneusement dissimulés, ainsi qu’une moto de marque Suzuki GSX-R, probablement utilisée dans le cadre de l’opération.

Cette nouvelle saisie témoigne de l’engagement des forces de l’ordre dans la lutte contre le trafic de drogue à Rufisque et ses environs. L’enquête se poursuit afin d’identifier et d’arrêter les individus impliqués dans cette affaire.

Surveillance aérienne : vers un repositionnement stratégique de la France en Mauritanie ?

Un article d’Africa Intelligence, publié le 1er avril 2025, suggère que la France envisagerait de relocaliser en Mauritanie ses moyens aériens actuellement déployés au Sénégal. Cette hypothèse intervient alors que l’armée française doit quitter le pays d’ici l’été 2025, à la demande du président Bassirou Diomaye Faye. Selon la publication, « le dispositif de surveillance des côtes mauritaniennes pourrait bientôt être renforcé grâce à l’appui des forces françaises ». Mais cette affirmation mérite d’être nuancée, voire remise en question à ce stade. Explications.

Avant d’évoquer un transfert des moyens aériens français vers un pays voisin, il convient de rappeler que l’armée française est déjà engagée dans une réduction drastique de sa présence au Sénégal. Les Éléments français au Sénégal (EFS), forts de 400 civils et militaires, se concentrent désormais sur un « pôle opérationnel de coopération » à vocation régionale basé à Dakar. Depuis la fermeture de la base aérienne de Ouakam en 2011, aucun avion français n’est stationné en permanence au Sénégal. L’aéroport Léopold Sédar Senghor servait jusqu’alors de point d’escale technique pour divers appareils – Airbus A400M Atlas, CASA CN-235, Dassault-Breguet ATL-2 Atlantique, Dassault Falcon 50 ou encore Lockheed C-130J Super Hercules – sans pour autant les héberger à l’année.

Parmi ces aéronefs, seul le Falcon 50 est actuellement mis à disposition du Sénégal pour des missions spécifiques : surveillance maritime, lutte contre la piraterie et la pêche illicite. Cet appareil joue également un rôle clé dans les opérations de recherche et de sauvetage (« Search & Rescue ») à l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD). Dès lors, envisager sa relocalisation en Mauritanie semble prématuré, d’autant que son maintien à Dakar n’est pas exclu.

L’article d’Africa Intelligence pourrait faire référence à la force aéronavale française qui patrouille dans l’océan Atlantique et le golfe de Guinée en appui aux EFS. Ces moyens seraient-ils redéployés en Mauritanie pour renforcer la surveillance des flux migratoires atlantiques ? À ce jour, aucune confirmation officielle n’étaie cette hypothèse, ni de la part des autorités françaises, sénégalaises ou mauritaniennes.

Si la surveillance maritime et aérienne demeure une priorité pour la Mauritanie, notamment face aux défis sécuritaires et migratoires, l’idée d’une relocalisation des moyens français reste, pour l’instant, incertaine. Sans annonce claire des États concernés, cette interprétation apparaît davantage comme une spéculation qu’une réalité tangible. Affaire à suivre.

Adji Sarr peut-elle être convoquée ? Un juriste éclaire le débat

Lors de l’examen du projet de loi d’interprétation de la loi d’amnistie, adopté ce mercredi 2 avril à l’Assemblée nationale, des députés du parti Pastef ont demandé la convocation de Adji Sarr. Selon eux, ses accusations de viol contre Ousmane Sonko ont été le point de départ des violences politiques meurtrières qui ont secoué le Sénégal entre 2021 et 2023. Une demande qui suscite le débat, notamment sur sa faisabilité juridique.

Interrogé sur la question, le juriste-consultant El Amath Thiam, président de l’association Justice sans frontière, estime que tout dépendra de la décision du juge. « Si le juge décide que Adji Sarr est concernée par un dossier, pour audition en tant que témoin ou en tant que suspecte, il peut la convoquer ou lancer un mandat d’arrêt. Mais le mandat d’arrêt international ne peut être émis que si une personne est en fuite pour se soustraire à l’action de la justice », explique-t-il dans un entretien accordé à L’Observateur ce jeudi 3 avril.

Or, dans le cas de Adji Sarr, cette condition ne semble pas remplie. En quittant le Sénégal peu avant la présidentielle du 24 mars 2024, elle n’était sous le coup d’aucune poursuite judiciaire. Son pays de destination reste inconnu, et aucun mandat de recherche ne pèse sur elle.

Le procès qui opposait Adji Sarr à Ousmane Sonko avait abouti à la condamnation de ce dernier pour corruption de la jeunesse. Selon El Amath Thiam, cette affaire reste d’ordre privé et ne relève pas directement de la loi d’amnistie adoptée par l’Assemblée nationale. « L’affaire Adji Sarr/Ousmane Sonko est privée. Elle ne concerne pas l’amnistie », tranche le président de Justice sans frontière.

Ainsi, malgré la pression exercée par certains députés de l’opposition, la convocation de Adji Sarr demeure incertaine et dépendra uniquement de la volonté des autorités judiciaires. En attendant, le débat autour de cette question continue d’alimenter les discussions politiques au Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°434 – 03 ET 04/04/2025

🔴 ADOPTION DE LA LOI INTERPRÉTATIVE : C’EST FAIT !
🔴 BOULEVARD GÉNÉRAL DE GAULLE : DIOMAYE FAYE L’INTITULE DÉSORMAIS MAMADOU DIA

🔴 LUTTE SÉNÉGALAISE : LAC DE GUIERS 2 ALERTE SUR LES RESTRICTIONS DANGEREUSES
🔴 REIMS EN FINALE : YEHVANN DIOUF ÉLIMINE CANNES DE CHEIKH NDOYE

Assemblée nationale : l’APR dénonce une loi d’interprétation « scélérate » et annonce un recours

L’adoption de la loi interprétative sur l’amnistie continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Dans une déclaration du Secrétariat Exécutif National, l’Alliance Pour la République (APR) a vigoureusement condamné ce texte, qu’elle qualifie de « reniement » et de « violation du serment du président de la République ».

Selon l’APR, la majorité parlementaire, dominée par Pastef, aurait trahi ses engagements en votant cette loi, alors que le parti présidentiel avait promis d’abroger la loi d’amnistie. Le communiqué dénonce une initiative qui viserait à « absoudre les commanditaires et auteurs de délits et de crimes » tout en « indexant les Forces de Défense et de Sécurité » (FDS), accusées d’avoir empêché l’instauration du « projet insurrectionnel » du Pastef.

L’APR reproche au Premier ministre Ousmane Sonko de vouloir instrumentaliser les institutions pour satisfaire une logique de « vengeance et de règlement de comptes ». Pour le parti de l’ex-président Macky Sall, cette loi « dangereuse » rouvre les blessures des crises passées et remet en cause l’égalité entre les citoyens.

Dans sa déclaration, l’APR affirme son soutien indéfectible aux FDS, estimant que ces dernières ont joué un rôle essentiel dans la protection du pays contre une tentative de déstabilisation menée par le Pastef. Le parti appelle les Sénégalais à se « dresser en bouclier » autour des forces de l’ordre, afin de les protéger contre toute tentative de représailles politiques.

« Nulle tentative de faire payer à nos policiers, gendarmes, militaires et magistrats leur engagement qui a permis de vaincre l’insurrection, ne doit prospérer », insiste le communiqué.

L’APR ne compte pas en rester là. Selon le communiqué, les députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal vont saisir le Conseil Constitutionnel pour contester la validité de cette loi. Ils estiment que le texte est « partial, sélectif et contraire au principe d’égalité des citoyens devant la loi ».

Lenteurs judiciaires : Ousmane Diagne défend l’indépendance des magistrats

Face aux critiques sur la lenteur du traitement de certains dossiers judiciaires, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a pris la parole ce mercredi devant l’Assemblée nationale. Répondant aux préoccupations des députés, il a défendu le travail des magistrats et insisté sur le respect des procédures pour garantir une justice équitable.

Interpellé par plusieurs députés sur les délais de traitement des affaires en cours, notamment celles liées aux crimes politiques et aux détournements de fonds publics, Ousmane Diagne a réfuté toute idée d’une justice complaisante ou influencée par des intérêts politiques.

« La justice ne se précipite pas si nous voulons tirer tout au clair. L’objectif doit être de garantir une justice crédible et impartiale », a déclaré le garde des Sceaux. Il a souligné que toute précipitation pourrait compromettre l’équité des jugements et engendrer des erreurs judiciaires.

Le ministre a également rappelé que plusieurs réformes ont été engagées pour renforcer l’efficacité du système judiciaire. Parmi celles-ci, la mise en place du Pool Financier Judiciaire (PFJ), chargé de traiter les affaires économiques et financières, ainsi que l’installation de la Haute Cour de justice en décembre dernier.

« Ces nouvelles structures permettront d’accélérer le traitement des dossiers complexes tout en respectant scrupuleusement les règles de droit », a-t-il expliqué.

Ousmane Diagne a insisté sur l’indépendance de la magistrature, affirmant qu’aucune pression ne sera exercée sur les juges pour accélérer ou ralentir certaines affaires.

« Qu’on ne compte pas sur moi pour influencer les magistrats. La justice doit suivre son cours, sans interférence politique », a-t-il martelé.

Le ministre a également salué le travail des magistrats, les qualifiant de « garants du respect de la loi » et rappelant que leur mission est de traiter chaque dossier avec rigueur et objectivité.

Si les explications du ministre ont rassuré une partie des députés, d’autres restent sceptiques. Certains élus de l’opposition estiment que la justice demeure sélective et que certaines affaires traînent volontairement en longueur.

« Nous constatons que certains dossiers avancent plus vite que d’autres. Il y a une instrumentalisation de la justice », a dénoncé un député de l’opposition.

Adoption de la loi interprétative : « une véritable honte », selon Thierno Bocoum

La récente adoption de la loi interprétative de l’amnistie continue de faire des vagues dans la sphère politique sénégalaise. Parmi les premières voix à s’élever contre cette décision figure celle de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR et ancien député. Dans une déclaration au vitriol, il a qualifié cette loi de « véritable honte » pour le pays, dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du droit.

Pour Thierno Bocoum, la loi interprétative n’est rien d’autre qu’une tentative de manipulation du cadre juridique par le gouvernement. Selon lui, au lieu de laisser la justice jouer son rôle, le pouvoir exécutif cherche à s’ériger en juge suprême, imposant sa propre lecture des textes législatifs pour servir des intérêts partisans.

« Le gouvernement s’est auto-proclamé juge, cherchant à prédire et définir l’interprétation de la loi. C’est une tentative de tromperie qui discrédite notre système judiciaire. »

L’ancien député considère cette démarche comme une atteinte à l’indépendance de la justice, une façon pour l’exécutif d’orienter et de contrôler l’application des lois selon sa convenance.

Dans sa critique acerbe, Thierno Bocoum met en garde contre un dangereux précédent, où les autorités actuelles façonnent la loi à leur avantage, se plaçant ainsi au-dessus des règles républicaines.

« Ce que nous voyons ici, c’est un détournement de pouvoir. Ceux qui sont au sommet de l’État s’exonèrent de leurs propres responsabilités en légalisant des forfaits. »

Il insiste sur un point fondamental : aucun crime ni délit ne doit échapper à la justice, indépendamment de l’identité politique des responsables. L’égalité devant la loi est un principe essentiel d’un État démocratique et ne saurait être bafoué par des manœuvres législatives opportunistes.

Dans son communiqué, Thierno Bocoum fustige également une habitude qu’il juge dangereuse du gouvernement : celle de modifier les lois pour s’absoudre de toute responsabilité.

« Nous assistons à une auto-amendement permanent du pouvoir, où ceux qui détiennent l’autorité se placent constamment au-dessus des règles, se comportant comme des justiciers et non comme des garants de la loi. »

Selon lui, cette attitude témoigne d’un déficit de compétence, d’une ignorance des principes républicains, et d’un manque criant de rigueur dans la gestion de l’État de droit.

Enfin, Thierno Bocoum alerte sur le risque d’une dérive autoritaire, où le gouvernement en place modifie les lois à sa convenance pour se protéger et protéger ses partisans. Cette dynamique, selon lui, éloigne progressivement le Sénégal des principes démocratiques fondamentaux et affaiblit la confiance des citoyens dans leurs institutions.

« À ce rythme, notre pays risque de sombrer dans un système où la justice et l’éthique ne comptent plus, où ceux qui dirigent façonnent la loi selon leurs intérêts du moment. »

Face à cette situation, il appelle les Sénégalais à la vigilance et au refus de toute instrumentalisation des lois au profit d’une élite politique. Pour lui, seule une mobilisation citoyenne forte pourra garantir une justice véritablement indépendante et impartiale.

Loin d’apaiser les tensions, l’adoption de la loi interprétative semble avoir renforcé la fracture politique entre le pouvoir et l’opposition. Avec cette sortie virulente de Thierno Bocoum, le débat sur l’équilibre des institutions et le respect de l’État de droit est plus que jamais relancé.

Cheikh Thioro Mbacké sur les cas de torture : « Dans cette salle, il y a des gens qui ne peuvent plus avoir d’enfants »

Les débats sur la proposition de loi interprétative de l’amnistie ont atteint un niveau de tension extrême, ce mercredi 2 avril 2025, à l’Assemblée nationale. En plein examen du texte présenté par le député Amadou Ba (Pastef/Les Patriotes), le parlementaire Cheikh Thioro Mbacké a pris la parole pour dénoncer avec fermeté les actes de torture subis par des citoyens au cours des événements politiques récents.

Son discours, empreint d’émotion et de gravité, a provoqué une onde de choc dans l’hémicycle, soulignant les séquelles irréparables laissées par les violences de ces dernières années.

Dès le début de son intervention, Cheikh Thioro Mbacké s’est indigné du comportement désinvolte de certains députés surpris à rire au cours des discussions. Dans un ton grave et solennel, il a rappelé le lourd bilan humain des affrontements politiques ayant secoué le pays :

« 83 personnes sont décédées. Dans cette salle, il y a des gens qui ne peuvent plus avoir d’enfants. D’autres, avec tout l’argent du monde, ne retrouveront jamais la santé. Tout cela à cause des tortures. »

Face à la gravité des faits évoqués, une partie de l’hémicycle a réagi avec stupeur, tandis que d’autres députés de l’opposition restaient silencieux.

Poursuivant son intervention, Cheikh Thioro Mbacké a pointé du doigt les dirigeants de l’ancien gouvernement, les accusant d’avoir ordonné ou couvert ces exactions. Il a également mis en cause ceux qui, selon lui, cherchent à minimiser la gravité de ces crimes :

« J’ai entendu des proches de l’ex-gouvernement affirmer que nous ciblons les forces de l’ordre. Donc, ils savent qui a tué nos enfants. Eh bien, c’est le moment de les entendre. »

Ses propos ont immédiatement déclenché une vague d’applaudissements parmi les députés de la majorité, tandis que certains élus de l’opposition baissaient les yeux, visiblement mal à l’aise.

Ce débat intervient dans un contexte particulièrement tendu, où la question de l’impunité et de la justice reste au cœur des préoccupations nationales. La proposition de loi interprétative, introduite par Amadou Ba, vise à clarifier les bénéficiaires de la loi d’amnistie et les crimes concernés.

Alors que la majorité présidentielle insiste sur la nécessité de faire la lumière sur les violences passées, l’opposition et une partie de la société civile dénoncent une tentative de manipulation politique, visant à protéger des militants de Pastef tout en excluant d’autres responsables de poursuites judiciaires.

« Nous allons voter cette loi pour que les coupables soient traduits en justice dès demain », a insisté Cheikh Thioro Mbacké.

Ses paroles ont renforcé la détermination des députés favorables au texte, tandis que l’opposition continue de dénoncer une loi injuste et orientée.

L’intervention de Cheikh Thioro Mbacké illustre à quel point la question des violences passées divise profondément le pays. Entre les appels à la justice et les accusations de manipulation politique, le chemin vers une réconciliation nationale semble encore long et semé d’embûches.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 02 Avril 2025 .

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 02 avril 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a adressé ses chaleureuses félicitations et présenté ses meilleurs vœux à la Oummah islamique, à l’occasion de la célébration de l’Aïd El Fitr (Korité) marquant la fin du mois béni du Ramadan. En ce moment particulier, il a prié avec l’ensemble de la Nation pour un Sénégal de paix, de stabilité, de prospérité, dans la justice et la solidarité. Il a félicité le Gouvernement et les services de l’Etat pour les diligences réalisées en vue d’une maitrise des approvisionnements et des prix sur l’étendue du territoire national.
           Le mardi 02 avril 2024, le Président de la République prêtait serment devant la Nation marquant ainsi son entrée en fonction. En ce mercredi 02 avril 2025, jour anniversaire de son accession à la magistrature suprême, il a adressé ses félicitations au Premier Ministre Monsieur
Ousmane SONKO et à l’ensemble du Gouvernement pour le travail exceptionnel de rectification et de redressement accompli, sans répit, durant cette année charnière. Dans la dynamique de transformation systémique engagée, il a exhorté le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, à faire prendre toutes les mesures requises afin d’accélérer, dans chaque ministère, la mise en œuvre des projets, programmes et réformes en privilégiant le dialogue social conformément aux principes directeurs et objectifs de la Vision pour un Sénégal souverain, juste et prospère.
          Le Chef de l’Etat attache du prix au respect de ses engagements politiques pris devant la Nation. A cet égard, il a réitéré ses directives relatives à l’amélioration soutenue des conditions de vie des populations, particulièrement en milieu rural, en favorisant l’accès aux services sociaux de base (eau, électricité) et la couverture sanitaire universelle tout en assurant une lutte efficace contre la cherté de la vie à travers une régulation optimale des marchés des biens et services.  Dans cet esprit, il a salué les énormes efforts consentis par le Gouvernement qui ont abouti à la baisse, qui entre en vigueur le 04 avril 2025, du prix du kilogramme du riz passant de 450 fcfa à 350 fcfa soit une baisse de 100 fcfa. Il a demandé au Premier Ministre d’accélérer avec le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, le déploiement de la Stratégie nationale de Souveraineté alimentaire par une préparation optimale de la prochaine campagne de production agricole 2025 et la finalisation de la révision de la loi agrosylvopastorale.           Au demeurant, il est impératif de développer tous les mécanismes de consolidation de l’Economie sociale et solidaire, ainsi que des coopératives communautaires lancées et d’intensifier l’implantation effective des Pôles territoires.
           Par ailleurs, le Président de la République a demandé au Premier Ministre et aux Ministres de l’Education nationale, de la Formation professionnelle et technique et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de prendre toutes les mesures nécessaires pour le bon déroulement des enseignements, examens et concours programmés sur l’étendue du territoire national.
           En perspective de la fête du travail, le 1er mai 2025, le Chef de l’Etat a exhorté le Gouvernement et les partenaires sociaux à finaliser le nouveau pacte de stabilité sociale, indispensable pour asseoir, dans les meilleures conditions, l’attractivité du Sénégal, le développement du secteur privé, la relance de l’économie nationale et le déploiement des stratégies et politiques innovantes de promotion de l’emploi. Il a informé le Conseil, qu’il présidera, au cours de ce mois d’avril, l’ouverture de la 4ème Conférence sociale consacrée à la thématique de l’employabilité et de l’emploi des jeunes.
           Le Président de la République a indiqué que dans cette nouvelle phase cruciale de la gouvernance du pays qui s’annonce, l’assainissement exemplaire des finances publiques reste vital. Il en est de même de la restructuration des systèmes de financement de notre économie dans leur globalité et leur diversité. Dès lors, il a demandé au Premier Ministre d’intensifier avec le Ministre des Finances et du Budget et le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, les réformes économiques, budgétaires, financières et administratives impératives pour restaurer et améliorer la crédibilité durable de notre système économique et financier. Dans cet élan de rénovation et de rupture, il a demandé au Gouvernement de préparer au mieux l’agenda législatif, ainsi que le prochain débat d’orientation budgétaire avec une nouvelle stratégie endogène de pilotage des finances publiques. Sur ce même chapitre, il a rappelé au Gouvernement, l’impératif de bâtir, dans le consensus et la confiance des acteurs, un nouveau modèle de gouvernance de notre système économique et financier, de refonder nos administrations et de réformer le secteur public sur la base d’une culture systématique de résultat, afin de matérialiser, dans l’efficacité et l’exemplarité, l’ambition collective d’un Sénégal souverain, juste et prospère.
           Le Sénégal va célébrer, le 04 avril 2025, le 65ème anniversaire de son indépendance qui sera présidé par le Chef de l’Etat, à la Place de la Nation, à Dakar. Cette cérémonie sera ponctuée par une prise d’armes, suivie d’un défilé, en grand format, civil et militaire. La fête nationale est un évènement majeur du calendrier républicain qui magnifie le rôle et la place de l’Armée et de la jeunesse dans la construction et le développement du pays. Le Président de la République a rendu un vibrant hommage à nos anciens combattants, à nos Forces de Défense et de Sécurité qui veillent en permanence à la protection du territoire national, assurent la sécurisation des personnes et des biens et contribuent au rayonnement international du Sénégal.
           Cette année, la fête de l’Indépendance sera marquée d’une pierre blanche par la décision du Chef de l’Etat de donner le nom du Président Mamadou Dia à un axe emblématique de la capitale : le Boulevard Général De Gaulle. Pour rappel, cette artère, anciennement appelée Allées Coursins, a servi de cadre au 2ème défilé du 4 avril (1962) par décision de Mamadou Dia alors Président du Conseil. Mamadou Dia fût surtout avec Modibo Keita le cosignataire des accords de Transferts de compétences du 4 avril 1960 qui ont consacré l’indépendance de la Fédération du Mali (Sénégal et Soudan) avec le Général Charles De Gaulle, Président de la République française et Président de la Communauté française.
           Evoquant la problématique de la préservation de l’attractivité du secteur touristique national, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement l’impératif de prendre toutes les dispositions et mesures requises pour assurer la sécurisation des personnes et des biens dans les sites, zones et établissements touristiques sur l’étendue du territoire national. Au demeurant, il apparait urgent, suite à la réunion conjointe entre le Ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique et le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, de procéder à la création du Commissariat spécial chargé du Tourisme et de renforcer en ressources humaines et en équipements adéquats la nouvelle structure. Les Ministres en charge de l’Intérieur, des Forces armées et du Tourisme veilleront à la mise en œuvre pragmatique d’une nouvelle politique de sécurisation des sites touristiques. La tenue d’un Conseil interministériel sur la relance et le développement du secteur touristique, permettra d’assurer la prise en charge globale de la problématique.
        Dans sa communication, le Premier Ministre a, tout d’abord, au nom du Gouvernement, formulé des prières à l’endroit du Président de la République à l’occasion de l’An 1 de sa prestation de serment, coïncidant exactement à ce 2 avril. Il a exprimé ses félicitations et celles du Gouvernement au chef de l’Etat pour son leadership, sa clairvoyance et sa détermination dans la conduite de sa noble mission. Il lui a renouvelé l’engagement et la loyauté de l’ensemble du gouvernement pour la réalisation de sa vision d’un Sénégal, souverain, juste et prospère.
           Le Premier Ministre a ensuite rendu hommage, au Professeur Fatou Samba NDIAYE,
Cheffe du Service d’Hématologie clinique au Centre hospitalier national Dalal Jamm, et à ses équipes, qui viennent de réussir la première opération de moelle osseuse réalisée au Sénégal. Il s’est félicité de cette performance qui s’inscrit pleinement dans la dynamique de souveraineté nationale prônée par la Vision Sénégal 2050.
          Abordant le premier point de sa communication, le Premier Ministre est revenu sur la problématique lancinante de la régulation des loyers des locaux à usage d’habitation qui demeure sans effet notamment dans la zone urbaine de Dakar en dépit de la réglementation en vigueur depuis 2014. Au regard des tensions persistantes sur le loyer, principal poste de dépenses des ménages dans plusieurs agglomérations du pays, le Premier Ministre a souligné la nécessité de procéder à une analyse approfondie des facteurs qui continuent à entretenir ces tensions. Outre la revue des mécanismes de régulation, la réflexion devra être axée sur la disponibilité de données crédibles sur l’offre et la demande de logements ainsi que sur des instruments alternatifs à explorer pour inciter les propriétaires à fixer des loyers compatibles avec la méthodologie de la surface corrigée. Le Premier Ministre a également relevé les facteurs structurels à prendre en compte, tels que les manquements en termes de politique d’urbanisation et de pôles urbains ainsi que les très faibles réalisations des programmes d’accès aux logements sociaux. 
          Sur la base de ces constats, le Premier Ministre a demandé au Ministre chargé du Commerce, en relation avec le Secrétaire d’Etat à l’Urbanisme et au Logement, le Ministre des Finances et du Budget et le Secrétariat général du Gouvernement, de procéder à l’évaluation approfondie de ce dossier et de proposer, avant la fin du mois de juin 2025, à l’issue d’un processus inclusif avec toutes les parties prenantes, des actions réalistes et efficaces de modification des dispositions réglementaires relatives à la régulation des loyers des locaux à usage d’habitation. 
        Abordant le second point de sa communication, le Premier Ministre a souligné l’urgence attachée au renforcement du dispositif de contrôle interne dans l’administration publique, en vue de prendre en charge les manquements et irrégularités notables et récurrents notés dans la gouvernance du secteur public et parapublic. Il a relevé que cette situation est particulièrement favorisée par les dysfonctionnements dans la mise en œuvre des bonnes pratiques en matière de contrôle interne pour limiter les risques, en général, les risques opérationnels en particulier. 
         À cet égard, le Premier Ministre a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement de mettre en place, autour du Bureau de Suivi et de Coordination de l’Inspection générale d’Etat à la Primature, un groupe de travail chargé de faire l’état des lieux et de proposer un plan d’action visant à améliorer le fonctionnement et l’efficacité des inspections internes des ministères au plus tard fin juin 2025. Dans cette attente, il a demandé aux Ministres de lui transmettre le point du niveau d’exécution du programme de contrôle interne de l’année 2025 au cours du premier trimestre et de la tenue régulière des réunions de coordination des départements ministériels consacrées aux rapports périodiques de contrôle interne.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
•       Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait le point sur les travaux du Conseil national de la Consommation ; 
 
•       Le Ministre de l’Education nationale a fait une communication sur les infrastructures scolaires ;
 
•       Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation de la campagne de commercialisation de l’arachide.

Loi interprétative : Ayib Daffé fustige l’opposition et la société civile lors d’un débat houleux à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a été le théâtre de vifs échanges ce mercredi 2 avril 2025, lors de l’examen de la proposition de loi interprétative de l’amnistie. Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, n’a pas mâché ses mots en s’attaquant à l’opposition et à la société civile, qu’il accuse de vouloir brouiller le débat de fond.

Prenant la parole dans un hémicycle électrique, le député de la majorité a fustigé le manque d’arguments solides avancés par les contestataires de la loi :

« Ils n’ont apporté aucun argument juridique, ni cité aucun article démontrant en quoi cette loi interprétative violerait le droit existant. Ce ne sont que de pures envolées lyriques », a-t-il déclaré.

Selon lui, les opposants tentent d’esquiver le vrai débat autour de la loi d’amnistie. Il a ainsi interpellé les députés de l’opposition sur leur position concernant les violences politiques des dernières années :

« Tout ce tapage vise à éviter la question essentielle : êtes-vous pour ou contre l’impunité des crimes de sang ? »

Outre les députés opposés au texte, Ayib Daffé a également pris pour cible la société civile, dont certains acteurs ont dénoncé une loi taillée sur mesure. Selon lui, ces organisations disposeraient d’un agenda caché et chercheraient à orienter le débat dans un sens politique plutôt que juridique.

Il a également remis en cause l’assiduité des parlementaires opposés au texte, affirmant que certains n’étaient même pas présents aux travaux en commission. Il a qualifié cette attitude de « laxisme » et d’ »absentéisme », estimant que cela affaiblissait leurs critiques sur le contenu du projet de loi.

L’examen de la loi interprétative a suscité des tensions importantes entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition, rendant le débat particulièrement animé et passionné. Le vote final, qui a eu lieu après plusieurs heures de discussions, a vu une large adoption du texte, malgré les protestations des camps opposés.

Assemblée nationale : Le PM Ousmane Sonko face aux députés ce jeudi 10 avril

Le Premier ministre Ousmane Sonko sera confronté aux députés lors d’une séance de Questions d’actualité au Gouvernement, ce jeudi 10 avril 2025 à 10 heures. Cette rencontre, qui se déroulera à l’Assemblée nationale, est un rendez-vous politique majeur qui permettra aux élus de l’interpeller sur les grandes préoccupations nationales.

Selon un communiqué de la cellule de communication de l’Assemblée nationale, cette séance plénière vise à offrir aux parlementaires l’opportunité de questionner le chef du gouvernement et son équipe sur des dossiers sensibles, notamment ceux liés à l’économie, la justice, l’emploi, la sécurité et la gouvernance politique.

Ousmane Sonko, qui occupe la Primature depuis près d’un an, sera amené à défendre le bilan du gouvernement et à préciser les perspectives à venir. Cette séance pourrait être marquée par des échanges musclés, notamment avec les députés de l’opposition, qui critiquent certaines décisions de l’Exécutif, comme l’amnistie politique récemment adoptée.

L’Assemblée nationale a également précisé que l’accès à l’enceinte parlementaire sera strictement encadré. Seuls les journalistes, techniciens et photographes disposant de leur carte nationale de presse et de leur carte d’identification nationale seront autorisés à couvrir l’événement. Cette mesure vise à garantir un bon déroulement de la session, tout en régulant l’affluence autour du Parlement.

Avec les récents débats houleux sur la loi d’amnistie et d’autres réformes en cours, cette séance de Questions d’actualité s’annonce déterminante pour la suite du quinquennat. Ousmane Sonko devra faire face aux critiques, aux attentes et aux revendications des députés, dans un contexte politique marqué par une forte polarisation.

« Une loi qui divise la société sénégalaise » : Aïssata Tall Sall s’en prend aux députés de Pastef

L’adoption de la loi interprétative de l’amnistie continue de susciter de vifs débats à l’Assemblée nationale. Lors de la séance plénière du mercredi 2 avril 2025, Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, a vivement critiqué les députés de Pastef, dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de l’amnistie à des fins partisanes.

Après plus de dix heures de discussions intenses, la loi interprétative de l’amnistie a été adoptée par 126 voix pour, 20 contre et aucune abstention. Ce texte, proposé par le député Amadou Ba (Pastef), vise à préciser les contours de l’application de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Il stipule que tous les faits à motivation exclusivement politique, commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, sont amnistiés, y compris ceux ayant été perpétrés via tout support de communication ou lors de manifestations publiques.

Si les partisans de la loi y voient un acte de justice pour des militants persécutés sous le régime précédent, l’opposition, notamment Takku Wallu, estime qu’il s’agit d’un texte orienté visant à garantir une impunité sélective à certains acteurs politiques tout en ignorant d’autres victimes des violences politiques de ces dernières années.

Lors de son intervention, Me Aïssata Tall Sall n’a pas mâché ses mots face aux députés de Pastef. Selon elle, cette loi ne fait que creuser davantage les divisions et ternit l’image de la justice sénégalaise en privilégiant un camp au détriment d’un autre.

« C’est une loi qui divise la société sénégalaise, car elle a simplement été introduite pour des règlements de comptes », a-t-elle martelé, soulignant que cette réforme n’a pas pour objectif une réconciliation nationale sincère, mais plutôt une victoire politique d’un camp sur un autre.

Elle a poursuivi en critiquant l’attitude de certains députés de la majorité, leur reprochant de vouloir se positionner en donneurs de leçons en matière de courage politique et de patriotisme :

« Vous n’êtes pas plus courageux ni plus patriotes que nous. Celui qui a peur de la prison, c’est celui qui a fui alors qu’il devait répondre devant la justice. »

Une déclaration perçue comme une attaque directe contre certains exilés politiques qui bénéficieraient de cette loi.

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, et celui du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, ont défendu la loi en affirmant qu’elle permettrait de tourner définitivement la page des violences politiques et de pacifier le climat social.

Mais pour l’opposition, ce texte est une manœuvre politicienne qui ne répond pas aux exigences d’une véritable justice équitable.

« Cette loi ne fait que renforcer l’impunité et la frustration d’une partie du peuple sénégalais. On ne peut pas parler de réconciliation si on choisit qui mérite d’être amnistié et qui ne l’est pas », a déclaré un député de Takku Wallu.

Malgré ces contestations, le vote a entériné l’adoption du texte, mais sans dissiper les tensions politiques et sociales.

Avec cette loi, le régime de Bassirou Diomaye Faye et son parti Pastef marquent un tournant dans leur gestion des affaires politiques. Toutefois, la fronde de l’opposition, menée par Takku Wallu et Me Aïssata Tall Sall, laisse présager de nouvelles batailles politiques à venir.

Dans son discours de clôture, la présidente du groupe Takku Wallu a adressé un message clair aux députés de la majorité :

« Demain, la vérité triomphera. »

Une phrase qui résonne comme une mise en garde contre les conséquences politiques et judiciaires que cette loi pourrait entraîner à l’avenir.

Assemblée nationale : la loi interprétative de l’amnistie adoptée avec 126 voix pour

Après un débat marathon de plus de dix heures, l’Assemblée nationale a adopté ce mercredi 2 avril 2025 la proposition de loi n°05/2025, portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Le texte a été validé par 126 voix pour, 20 contre et aucune abstention.

Cette adoption marque une étape clé dans le processus législatif engagé par le député Amadou Ba (Pastef), auteur du projet. Soutenue par la majorité parlementaire, la loi vise à préciser le champ d’application de l’amnistie pour les faits à caractère politique survenus entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024.

Face aux députés, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, et son collègue du Travail et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, ont défendu le texte avec vigueur. « Cette loi clarifie et renforce la portée de l’amnistie, tout en respectant l’esprit de réconciliation nationale », a déclaré le garde des Sceaux.

Mais l’opposition n’a pas manqué d’exprimer son inquiétude. Plusieurs parlementaires ont dénoncé une interprétation biaisée, qui pourrait favoriser certains acteurs politiques au détriment d’autres. « Cette loi risque d’ouvrir la voie à une justice sélective », a martelé un député de la coalition Wallu Sénégal.

Cependant, la majorité parlementaire a balayé ces critiques, estimant qu’aucun argument solide n’a été avancé pour remettre en cause l’adoption du texte.

Malgré son adoption, la loi interprétative de l’amnistie continue de diviser. Des voix s’élèvent déjà dans la société civile et chez certains juristes pour dénoncer une lecture partiale de la loi initiale. L’ancien magistrat Ibrahima Hamidou Deme a, par exemple, dénoncé une politique des deux poids, deux mesures qui profiterait principalement aux proches du parti Pastef.

Avec ce vote, le gouvernement espère refermer un chapitre judiciaire et politique sensible. Mais au vu des contestations persistantes, l’application de cette loi pourrait bien raviver les tensions entre les différents camps politiques.

Loi interprétative de l’amnistie : le juge Deme dénonce une « politique des deux poids, deux mesures »

À quelques heures du débat à l’Assemblée nationale sur la proposition de loi interprétative de l’amnistie, l’ancien magistrat et homme politique Ibrahima Hamidou Deme a pris la parole pour exprimer son inquiétude. Dans une publication sur Facebook, il critique vivement le texte proposé par le député Amadou Ba (Pastef), qu’il perçoit comme une tentative d’accorder une impunité sélective à certains acteurs politiques.

Dans son message, le juge Deme met en doute la sincérité des députés et leur engagement en faveur d’une justice équitable. « Quel député de bonne foi pourra nier demain, lors de l’examen de la loi Amadou Ba par l’Assemblée nationale, que l’on n’est pas sorti du cercle vicieux de la politique des deux poids, deux mesures ? », écrit-il.

L’ancien magistrat estime que cette loi favoriserait uniquement les partisans de Pastef, en leur évitant d’éventuelles poursuites judiciaires. Il y voit un prolongement des pratiques qu’il dénonçait sous l’ancien régime, où les décisions de justice étaient souvent perçues comme orientées par des considérations politiques.

Ibrahima Hamidou Deme va plus loin en soulignant une coïncidence troublante entre l’examen de cette loi et la date anniversaire de l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye. Il y voit un décalage entre les promesses de rupture faites par le nouveau pouvoir et les réalités politiques actuelles.

Cette prise de position illustre la polarisation du débat autour de cette loi d’amnistie interprétative. D’un côté, ses promoteurs assurent qu’elle vise à clarifier l’application de l’amnistie et à tourner la page des violences politiques. De l’autre, des voix comme celle du juge Deme dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins partisanes.

Le débat à l’Assemblée nationale, prévu pour ce mercredi 2 avril 2025, s’annonce particulièrement tendu, avec des enjeux politiques et judiciaires majeurs en perspective.

Loi d’amnistie : Ayib Daffé répond à la société civile et confirme le débat en séance plénière

Le débat autour de la loi portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 continue d’agiter la scène politique sénégalaise. À la veille de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, des organisations de la société civile ont appelé les autorités à suspendre son adoption. Thiat, membre du mouvement Y’en a marre, a notamment exhorté les députés à rejeter ce texte, estimant qu’il pourrait entraver la justice et le devoir de mémoire concernant les violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

Face à cette levée de boucliers, Ayib Daffé, président du Groupe parlementaire Pastef, a tenu à répondre aux critiques. Dans une publication sur Facebook, le député du parti au pouvoir a affirmé que la loi suivrait son cours démocratique normal et serait débattue en séance plénière.

“Après un mois de discussions et d’examen démocratique en bureau, en conférence des présidents et en commission des lois, la loi d’interprétation de la loi d’amnistie – déposée par Amadou Ba n°2 – sera débattue en séance plénière ce mercredi 2 avril 2025 par l’Assemblée nationale souveraine du peuple sénégalais”, a-t-il écrit.

Il a également assuré que le Parlement jouerait pleinement son rôle dans la quête de vérité sur les violences des années précédentes :

“Nous remplirons notre mandat en exigeant que la lumière soit faite sur les crimes de sang commis entre 2021 et 2024 sous le régime de Macky Sall, par les meurtriers, assassins, tortionnaires et leurs complices.”

Cette déclaration marque une prise de position ferme de la majorité parlementaire, qui semble déterminée à aller jusqu’au bout du processus législatif, malgré les protestations de la société civile et de certains acteurs politiques.

La séance de ce mercredi 2 avril s’annonce donc déterminante pour l’avenir de cette loi et de son application. Les débats risquent d’être vifs à l’hémicycle, entre partisans de l’amnistie et défenseurs d’un impératif de justice pour les victimes des violences politiques.

Débat sur l’interprétation de la loi d’amnistie : L’Assemblée nationale en session cruciale

L’Assemblée nationale du Sénégal se réunit ce mercredi 2 avril 2025 pour examiner la proposition de loi n°05/2025, portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Cette session plénière, convoquée par le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, pourrait avoir un impact significatif sur l’application de la loi d’amnistie et les poursuites judiciaires liées aux événements politiques récents.

Le texte soumis au débat a été initié par le député Amadou Bâ (Pastef/Les Patriotes), qui souhaite préciser la portée de la loi adoptée en mars 2024. Il affirme que son initiative vise à amnistier de plein droit tous les faits susceptibles d’être qualifiés d’infractions criminelles ou correctionnelles, à condition qu’ils soient exclusivement motivés par des considérations politiques.

Cette proposition couvre notamment les actes commis entre le 1ᵉʳ février 2021 et le 25 février 2024, qu’ils aient été perpétrés au Sénégal ou à l’étranger. L’un des points sensibles du texte concerne les manifestations publiques. Elles ne seraient couvertes par l’amnistie que si elles sont explicitement reconnues comme ayant une motivation politique. Cette disposition pourrait relancer les débats sur les événements qui ont secoué le pays ces dernières années et sur le sort des détenus politiques.

Le député Amadou Bâ a procédé à d’importantes modifications de son texte initial. À l’origine, il présentait simplement une nouvelle « loi d’amnistie ». Mais dans sa version amendée, il précise qu’il s’agit désormais d’une proposition de loi portant interprétation de la loi n°2024-09. Cette distinction est essentielle, car elle limite le champ d’application du nouveau texte à l’interprétation des articles 1 et 3 de la loi initiale.

Cet amendement vise à lever toute ambiguïté juridique qui pourrait exister sur l’application de la loi d’amnistie de mars 2024, notamment en ce qui concerne la nature des actes couverts et les personnes éligibles à cette mesure.

Cette séance plénière se tient dans un climat politique chargé, où l’interprétation de la loi d’amnistie pourrait avoir des conséquences majeures sur plusieurs dossiers judiciaires en cours. Certains analystes estiment que la clarification apportée par cette proposition de loi pourrait permettre la libération de plusieurs détenus politiques, tandis que d’autres craignent qu’elle ne crée un précédent en matière de justice et d’immunité pour les acteurs politiques.

Les débats s’annoncent houleux à l’Assemblée nationale, tant les enjeux sont cruciaux pour l’avenir politique et judiciaire du Sénégal. L’opposition, la majorité et la société civile suivront de près l’issue de cette session, qui pourrait redessiner le paysage juridique des affaires politiques de ces dernières années.

Tabax Sénégal : Une nouvelle plateforme pour booster l’emploi et l’entrepreneuriat

Face à un taux de chômage de 20,3 % au troisième trimestre de 2024, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le gouvernement sénégalais multiplie les initiatives pour relancer le marché du travail et encourager l’entrepreneuriat. Ce mardi 1ᵉʳ avril 2025, l’État a officiellement lancé Tabax Sénégal, une plateforme numérique qui ambitionne de faciliter l’insertion professionnelle et d’encourager l’investissement dans des projets à fort potentiel de croissance.

Annoncé par le président Bassirou Diomaye Faye, Tabax Sénégal est conçu comme un levier stratégique pour répondre aux défis du chômage et stimuler la croissance économique. Cette plateforme numérique vise à faciliter l’accès à l’emploi en mettant en relation les chercheurs d’emploi avec des opportunités adaptées à leurs qualifications et expériences. Elle accompagne aussi les porteurs de projets et les entrepreneurs en leur offrant des opportunités de financement, de mentorat et de mise en réseau. Enfin, elle cherche à attirer les investisseurs nationaux et étrangers en mettant en avant des projets innovants à fort impact économique et social.

Selon le communiqué officiel, Tabax Sénégal se veut un carrefour dynamique entre employeurs, jeunes diplômés, entrepreneurs et investisseurs, créant ainsi une synergie favorable à la croissance et à l’innovation.

Avec un marché du travail marqué par un taux de chômage élevé et une forte précarité de l’emploi, Tabax Sénégal pourrait constituer une réponse efficace aux difficultés rencontrées par les jeunes diplômés et les entrepreneurs. Selon le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et de l’Entrepreneuriat, cette plateforme permettra de mieux structurer le processus de recrutement, en garantissant une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emploi.

Par ailleurs, l’accompagnement des entrepreneurs et des start-ups représente un volet crucial du projet. Grâce à un accès simplifié aux financements et aux opportunités d’investissement, Tabax Sénégal ambitionne de dynamiser le tissu économique et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs sénégalais.

Accessible via un site web et une application mobile, Tabax Sénégal offre plusieurs services personnalisés aux utilisateurs. Les chercheurs d’emploi pourront y créer un profil professionnel détaillé, accéder à des offres d’emploi ciblées et postuler directement en ligne. La plateforme leur permettra également d’entrer en contact avec des recruteurs et des entreprises locales et internationales. Les entrepreneurs et porteurs de projet, quant à eux, auront accès à un espace dédié pour présenter leurs initiatives et rechercher des financements. Ils pourront aussi bénéficier d’un accompagnement sous forme de mentorat, de mise en réseau et de formations spécialisées. Du côté des investisseurs, Tabax Sénégal leur permettra de découvrir des projets innovants et d’accéder à des informations stratégiques sur les opportunités d’investissement.

L’État prévoit également un accompagnement technique et administratif pour aider les entrepreneurs à formaliser leurs activités et bénéficier des dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat.

Avec Tabax Sénégal, le gouvernement espère non seulement réduire le chômage, mais aussi stimuler l’innovation, renforcer le secteur privé et attirer des investisseurs internationaux. Le président Bassirou Diomaye Faye a affirmé que cette initiative s’inscrit dans une vision à long terme, visant à faire du Sénégal un pôle économique compétitif en Afrique de l’Ouest.

« Nous voulons créer un environnement favorable à l’emploi et à l’innovation. Tabax Sénégal est un premier pas vers une transformation durable de notre économie », a-t-il déclaré lors du lancement officiel.

Réformes universitaires : Abdourahmane Diouf annonce une rationalisation des bourses et un enseignement hybride

Le monde universitaire sénégalais s’apprête à connaître de profondes réformes. Invité à l’émission Point de Vue sur RTS 1, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a dévoilé une série de mesures destinées à moderniser le système universitaire, rationaliser les dépenses et accélérer l’orientation des nouveaux bacheliers.

Parmi les changements majeurs annoncés, le ministre a mis en avant l’introduction d’un modèle d’enseignement hybride bimodal, combinant cours en présentiel et à distance. « En 2025, l’enseignement ne se limite plus aux amphithéâtres. Il doit s’adapter aux nouvelles réalités technologiques », a-t-il déclaré. Cette approche vise à désengorger les universités publiques, souvent confrontées à un afflux massif d’étudiants et à des infrastructures saturées.

Ce modèle s’inscrit dans une volonté plus large de rationaliser les ressources des établissements universitaires. Actuellement, les universités sénégalaises consacrent une grande partie de leur budget aux dépenses sociales, notamment la restauration et l’hébergement des étudiants. À titre d’exemple, l’État subventionne 30 millions de repas par an pour un coût total de 45 milliards de francs CFA, alors que la contribution des étudiants ne couvre qu’environ 4,5 milliards.

« Il est essentiel de mieux gérer ces dépenses tout en continuant à soutenir les étudiants qui en ont réellement besoin », a affirmé le ministre, soulignant l’importance de réorienter une partie de ces ressources vers la pédagogie, la recherche et l’innovation.

Dr Abdourahmane Diouf a également annoncé une réforme du système de bourses universitaires, un sujet sensible qui concerne une majorité d’étudiants. Actuellement, 70 % des étudiants sénégalais bénéficient d’une allocation d’études, un niveau difficilement soutenable pour l’État.

« Tout le monde ne peut pas bénéficier d’une bourse. Il n’y a aucun pays au monde où tous les étudiants sont boursiers », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de définir des critères plus stricts pour l’octroi des aides financières.

Les bourses seront désormais attribuées selon trois catégories :

  • Les bourses sociales, destinées aux étudiants issus de familles défavorisées,
  • Les bourses d’excellence, pour récompenser les meilleurs résultats académiques,
  • Les bourses normales, attribuées selon des critères académiques et financiers.

« Nous ne remettons pas en cause le principe des bourses, mais nous devons nous assurer qu’elles vont à ceux qui les méritent réellement, que ce soit sur le plan social ou pédagogique », a insisté le ministre.

L’une des grandes avancées annoncées par le ministre concerne l’orientation des nouveaux bacheliers, un processus qui souffre depuis des années de retards importants. Traditionnellement, les étudiants attendent six mois, voire un an, avant d’être affectés à une université.

Cette année, une première avancée a été réalisée avec une orientation finalisée deux mois seulement après l’obtention du Bac. « C’est une première depuis 10 ans », a souligné Dr Diouf. L’objectif est désormais d’anticiper le processus d’orientation avant même l’examen du Baccalauréat, afin que les affectations soient connues dans les semaines qui suivent les résultats.

La stabilisation du calendrier universitaire représente un autre enjeu majeur. Selon le ministre, les grèves et perturbations qui déstabilisent l’année académique coûtent 40 milliards de francs CFA par an à l’État.

Les réformes annoncées s’inscrivent donc dans une volonté plus large de moderniser l’enseignement supérieur sénégalais, d’en optimiser le financement et d’améliorer les conditions d’apprentissage des étudiants. Reste à voir si ces mesures parviendront à concilier rationalisation budgétaire et accessibilité de l’éducation pour tous.

Recherche et innovation : Le Sénégal veut s’imposer comme un hub technologique en Afrique francophone

Le Sénégal affiche de grandes ambitions en matière d’innovation et de recherche scientifique. Pour la première fois de son histoire, le pays participera sous pavillon officiel au Salon international des inventions et de l’innovation de Genève, le plus prestigieux événement mondial dédié aux avancées technologiques. Cette participation marque un tournant stratégique et témoigne de la volonté du gouvernement de faire du Sénégal un acteur clé dans le domaine de la recherche et de la technologie en Afrique francophone.

Le Sénégal sera le seul pays africain représenté officiellement lors de cette rencontre internationale. Pour sélectionner ses représentants, le gouvernement a lancé un appel à candidatures à l’échelle nationale, ciblant les inventeurs disposant de brevets reconnus par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). À l’issue d’un processus rigoureux, douze inventeurs sénégalais ont été retenus pour exposer leurs innovations et se confronter aux meilleurs talents mondiaux.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, salue cette première participation qui, selon lui, envoie « un signal fort » quant à l’engagement du Sénégal à promouvoir l’innovation. « Nous sommes dans un pays où les gens innovent, mais ne sont ni reconnus ni accompagnés. En participant à ce salon, nous montrons que l’État prend ses responsabilités pour valoriser et soutenir ses chercheurs », a-t-il déclaré.

Au-delà de cette vitrine internationale, le ministère a mis en lumière un défi majeur : l’existence d’un grand nombre d’inventeurs sénégalais dont les travaux restent non brevetés, faute de suivi et de soutien administratif. « Nous avons découvert un stock important d’innovateurs qui, en raison d’un manque d’accompagnement, n’ont pas encore obtenu de brevets de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) ou de l’OMPI. Nous allons les encadrer et les structurer pour qu’ils intègrent pleinement l’écosystème de l’innovation », a assuré Dr Diouf.

L’ambition du ministère ne se limite pas à une simple participation à des événements internationaux. Dr Abdourahmane Diouf veut positionner le Sénégal, et plus particulièrement les pôles de Dakar et Diamniadio, comme un centre de référence en matière d’innovation pour l’Afrique francophone.

« Nous avons l’ambition de faire du Sénégal, de Dakar, de Diamniadio et des grandes villes environnantes un hub de l’innovation en Afrique francophone. Et nous travaillons activement pour y parvenir », a-t-il affirmé.

Cette vision repose sur un ensemble de réformes et d’initiatives visant à améliorer l’environnement de la recherche scientifique. Le ministre a notamment évoqué la nécessité d’un financement accru pour la recherche, une meilleure structuration des inventeurs locaux et un partenariat renforcé avec le secteur privé et les institutions internationales.

L’innovation ne peut prospérer sans une base solide dans l’enseignement supérieur. Conscient des défis que rencontre l’université sénégalaise, le ministre assure que des solutions ont été identifiées et que des actions concrètes sont en cours. « Nous connaissons les problèmes, nous avons les solutions, et nous mobilisons les financements nécessaires. Si la communauté universitaire nous accompagne, nous irons vers des lendemains meilleurs », a-t-il déclaré.

Interprétation de la loi d’amnistie : La société civile exige des concertations avant le vote

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner une proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie, vingt organisations de la société civile sénégalaise montent au créneau pour réclamer des concertations inclusives. Elles estiment que cette loi ne doit pas devenir un instrument de blanchiment juridique au détriment des droits des victimes et de la lutte contre l’impunité.

Adoptée le 13 mars 2024 sous la présidence de Macky Sall, la loi d’amnistie vise à effacer les faits criminels ou correctionnels liés aux événements politiques ayant secoué le Sénégal entre le 1ᵉʳ février 2021 et le 25 février 2024. Aujourd’hui, une proposition de loi déposée par le député Amadou Ba, membre du parti au pouvoir, entend préciser certaines dispositions du texte initial. Cependant, cette initiative suscite de vives inquiétudes chez de nombreuses organisations de défense des droits humains.

Dans un communiqué commun, des structures telles que le COSCE, Y en a marre, AfrikaJom Center, la Ligue Sénégalaise des Droits Humains, l’ONG 3D et la RADDHO dénoncent une démarche précipitée et appellent à une concertation plus large. « L’amnistie ne doit pas être un moyen d’enterrer la vérité et d’absoudre certains responsables sans que justice ne soit rendue aux victimes », préviennent-elles.

Ces organisations soulignent la nécessité de garantir une justice équitable et formulent plusieurs exigences. Elles réclament la recherche de la vérité sur les événements survenus entre 2021 et 2023, la lutte contre l’impunité, l’indemnisation des victimes et l’adoption de réformes structurelles pour prévenir la répétition de telles crises. De plus, elles demandent la suspension de l’examen de la proposition de loi afin de permettre un débat national inclusif sur ses implications.

Les signataires interpellent le gouvernement, les parlementaires et l’ensemble des acteurs politiques pour qu’un dialogue transparent et accessible soit organisé. « Cette loi concerne toute la nation et ne peut être adoptée sans une réelle consultation des citoyens et des parties prenantes », insistent-ils.

À l’approche du vote, la pression monte sur les autorités. Si leurs revendications ne sont pas prises en compte, ces organisations pourraient accentuer leur mobilisation pour éviter ce qu’elles considèrent comme une manipulation législative risquant de compromettre la réconciliation nationale.

La société civile exige des concertations sur la proposition de loi interprétant l’amnistie

Vingt organisations de la société civile sénégalaise ont lancé un appel pressant pour des concertations inclusives avant l’adoption de la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie. Ce texte, présenté comme un moyen de lutter contre l’impunité, de garantir l’indemnisation des victimes et de favoriser la réparation des préjudices, suscite de vives inquiétudes quant à son application et ses éventuelles dérives.

Parmi les signataires figurent des mouvements influents tels que Y’en a Marre, AfrikaJom Center et la Ligue sénégalaise des droits humains. Selon eux, « face aux défis persistants liés à l’impunité et aux souffrances des victimes », il est impératif d’organiser un dialogue élargi pour assurer une mise en œuvre juste et équitable de cette amnistie.

Les organisations mettent en garde contre une interprétation biaisée de la loi qui risquerait de conduire à « une justice non équitable ». Elles soulignent la nécessité de respecter six principes fondamentaux pour encadrer ce processus. D’abord, elles insistent sur « la recherche de la vérité » concernant les événements survenus entre 2021 et 2023, période marquée par des tensions sociopolitiques et des affrontements ayant causé des pertes humaines et des violations des droits humains. Ensuite, elles rappellent l’importance de « la lutte contre l’impunité », afin de garantir que les responsables de ces violences soient identifiés et tenus pour responsables.

Un autre point crucial mis en avant est « l’indemnisation des victimes », à travers un mécanisme de compensation adéquat, permettant une reconnaissance et une réparation des préjudices subis. Les organisations appellent également à « l’adoption de réformes structurelles » pour éviter que de telles violences ne se reproduisent à l’avenir. Elles insistent sur « la participation inclusive » des victimes et des acteurs sociaux dans le processus décisionnel et demandent enfin « un sursis à l’examen de la proposition » afin de garantir une réflexion approfondie et une justice impartiale.

« Nous appelons à la création d’un espace où les voix des victimes, des organisations de la société civile et d’autres acteurs sociaux sont écoutées et prises en compte », déclarent-elles dans leur communiqué. Elles exhortent le gouvernement, les parlementaires et l’ensemble des parties prenantes à engager « un dialogue constructif », transparent et accessible, permettant aux citoyens d’exprimer leurs préoccupations et d’apporter leurs contributions.

Les signataires de cet appel, parmi lesquels figurent la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), l’ONG 3D, LEGS-Africa et le Forum du justiciable, réaffirment leur engagement en faveur d’une justice équitable et d’une réparation intégrale des préjudices subis. Pour eux, toute loi portant sur l’amnistie ne saurait être adoptée sans une large consultation nationale et un véritable débat sur ses implications.

Le BTP en crise au Sénégal : une chute brutale des commandes sous le nouveau régime

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) traverse une période difficile au Sénégal. Confrontées à une baisse des investissements publics, aux impayés de l’État et à une réduction drastique des commandes, plusieurs entreprises de construction sont aujourd’hui en difficulté. L’impact est direct sur l’emploi, les grands chantiers et l’économie nationale. Un an après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, qui avait promis une rupture avec l’ancien système, les effets sur le secteur sont préoccupants.

Dans les locaux du Consortium d’Entreprises du Sénégal (CSE), l’une des plus grandes sociétés de BTP du pays, les machines sont à l’arrêt. Les ouvriers, jadis très sollicités, sont de plus en plus nombreux à craindre pour leur avenir. Selon Souleymane Camara, syndicaliste au CSE, les chiffres illustrent la gravité de la situation. Le carnet de commandes est passé de 140 milliards à seulement 20 milliards de FCFA en moins d’un an, et les effectifs de l’entreprise ont chuté de 3 000 à 1 700 employés, forçant de nombreux travailleurs au chômage technique. Il déplore que depuis 11 mois, les activités aient fortement ralenti, causant la perte de plus de la moitié de la charge de travail et la multiplication des licenciements.

Le BTP représente environ 6 % du PIB sénégalais et génère des milliers d’emplois. Sous l’ancien président Macky Sall (2012-2024), plusieurs projets ambitieux avaient été lancés, notamment le Train Express Régional (TER), la construction d’autoroutes, le développement de pôles urbains comme Diamniadio et Lac Rose, ainsi que des infrastructures hospitalières et scolaires. Toutefois, ces projets avaient souvent bénéficié à des entreprises étrangères, suscitant la frustration des entreprises locales. Avec l’arrivée du nouveau gouvernement, une réorientation des priorités a été amorcée, mettant de nombreux chantiers en suspens.

Le ralentissement du secteur est confirmé par Kader Ndiaye, un responsable patronal, qui souligne que les arrêts de chantiers ont durement frappé le secteur. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le chiffre d’affaires de la construction a chuté de 2,6 % en 2024 par rapport à 2023, et la tendance reste négative.

L’un des problèmes majeurs rencontrés par les entreprises du BTP est lié aux factures impayées par l’État. Selon des estimations relayées par la presse locale, les dettes publiques envers le secteur dépasseraient 300 milliards de FCFA (environ 457 millions d’euros). Cette situation empêche les entreprises de payer leurs employés, d’honorer leurs contrats et de poursuivre leurs projets. Le gouvernement, conscient du problème, a récemment annoncé une accélération du règlement de cette dette, mais les entreprises restent sceptiques sur le calendrier des paiements. Par ailleurs, l’audit foncier lancé par l’État a entraîné la suspension de plusieurs projets immobiliers, notamment à Dakar. Pour Kader Ndiaye, si l’objectif de transparence du gouvernement est compréhensible, ces arrêts ont mis de nombreuses entreprises en difficulté et ont conduit à des licenciements massifs.

Depuis son investiture, le président Bassirou Diomaye Faye a plusieurs fois dénoncé l’état des finances publiques laissé par l’ancien régime. En janvier 2025, il déclarait que l’État disposait de marges budgétaires quasi inexistantes, compliquant la mise en œuvre de ses politiques publiques. Un rapport de la Cour des comptes, publié le 12 février, a révélé que la dette publique sénégalaise atteignait 99,67 % du PIB, bien au-delà des 75 % annoncés précédemment. Le déficit budgétaire réel de 2023, recalculé à 12,3 % contre 4,9 % officiellement déclaré par l’ancien gouvernement, a aggravé la situation. Cette crise budgétaire a conduit à une dégradation de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s, rendant plus difficile l’accès aux financements internationaux.

Face à cette situation préoccupante, le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment pris la parole pour appeler à un pacte de stabilité sociale. Le 27 février 2025, il a insisté sur la nécessité de réduire le train de vie de l’État pour libérer des fonds pour les secteurs prioritaires, d’auditer la fonction publique et de rationaliser les institutions coûteuses. Cependant, pour de nombreux acteurs du BTP, ces annonces restent insuffisantes. Les entreprises attendent avant tout des actions concrètes, notamment le paiement des dettes et la reprise des grands chantiers.

Pour espérer une relance du BTP au Sénégal, plusieurs pistes sont envisagées. L’accélération du paiement des dettes publiques pourrait soulager les entreprises et éviter de nouvelles faillites. La définition d’un plan de relance du secteur permettrait de prioriser les chantiers essentiels comme les infrastructures routières, scolaires et hospitalières. L’encouragement des investissements privés pourrait compenser la baisse des financements publics, tandis qu’une réforme de l’attribution des marchés publics favoriserait les entreprises locales et dynamiserait l’économie.

Alors que le gouvernement cherche encore un équilibre entre rigueur budgétaire et relance économique, les entreprises du BTP attendent avec impatience des décisions fortes. L’avenir du secteur dépendra largement de la capacité de l’État à honorer ses engagements et à relancer la machine économique.

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L’État du Sénégal récupère un terrain de près de 60 hectares à Niakhar ( Document )

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a signé un décret officialisant la désaffectation et l’appropriation par l’État d’un terrain d’une superficie de 591 741 m², situé à Kandiou, dans la commune de Niakhar, département de Fatick.

Selon le document officiel, l’État a décidé d’immatriculer cette parcelle dans son patrimoine foncier. Cette démarche vise à faciliter une attribution future par voie de bail, ouvrant ainsi la possibilité d’une exploitation dans un cadre légal et structuré.

Ce décret, pris fin décembre 2024, s’inscrit dans une politique de gestion et de valorisation des terres publiques. Il pourrait répondre à des projets d’aménagement ou de développement local, bien que les précisions sur l’usage exact du terrain n’aient pas encore été rendues publiques.

La récupération de ce terrain par l’État soulève toutefois des interrogations quant à l’éventuel impact sur les populations locales, notamment en ce qui concerne les usages antérieurs de la parcelle. Les autorités locales et les parties prenantes devront suivre de près l’évolution de ce dossier pour garantir une gestion équitable et transparente du foncier.

Aminata Touré : « Le Franc CFA va bientôt être de l’histoire ancienne »

Un an après l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence du Sénégal, la question de la souveraineté monétaire reste au centre des préoccupations du gouvernement. L’ancienne Première ministre et actuelle haute représentante du chef de l’État, Aminata Touré, s’est exprimée sur ce sujet lors d’un entretien accordé à Russia Today (RT) en français. Elle a affirmé que le franc CFA, utilisé dans plusieurs pays africains, est voué à disparaître. Selon elle, cette monnaie ne correspond plus aux ambitions économiques du Sénégal et de la région ouest-africaine. Elle a souligné que le maintien du franc CFA constitue un frein à l’indépendance économique et qu’il est urgent d’adopter une monnaie plus adaptée aux réalités du continent.

Dans son intervention, Aminata Touré a insisté sur la nécessité pour les pays africains de reprendre le contrôle de leur politique monétaire. Elle a rappelé que le projet de l’éco, future monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), est en cours d’étude et constitue une alternative crédible au franc CFA. Elle a réaffirmé la volonté du Sénégal de jouer un rôle moteur dans cette transition monétaire, qui devrait permettre aux pays de la sous-région de renforcer leur souveraineté économique et de mieux faire face aux défis du développement.

Toutefois, la mise en place de l’éco demeure un sujet de débat au sein de la Cédéao. Si certains pays, comme le Sénégal, plaident en faveur d’une adoption rapide, d’autres estiment que des préalables techniques et économiques doivent être remplis avant toute transition. Les questions liées à la convergence des économies, à la gestion des réserves de change et aux critères de stabilité macroéconomique restent des points de discussion majeurs. Malgré ces obstacles, Aminata Touré a affirmé que l’abandon du franc CFA n’était qu’une question de temps et que la volonté politique pour y parvenir était bien présente.

L’ancienne Première ministre a également évoqué l’importance d’une monnaie capable d’accompagner la transformation économique du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest. Pour elle, le franc CFA est un vestige du passé colonial et ne répond plus aux exigences du développement actuel. La transition vers une monnaie propre à la région permettrait aux États de mieux contrôler leur inflation, de favoriser l’industrialisation et de renforcer le commerce intra-africain.

À travers cette déclaration, Aminata Touré confirme que la réforme monétaire reste une priorité pour l’administration du président Bassirou Diomaye Faye. Le gouvernement sénégalais entend œuvrer activement aux côtés de ses partenaires régionaux pour accélérer l’avènement de l’éco et mettre fin à l’usage du franc CFA, une monnaie de plus en plus contestée sur le continent.

Émigration irrégulière : 92 candidats interceptés dans le delta du Saloum

En ce jour de Korité, les forces de défense et de sécurité ont déjoué une tentative d’émigration clandestine dans le delta du Saloum. Une pirogue, transportant 92 migrants, a été interceptée ce 31 mars 2025, grâce à l’intervention coordonnée de la marine nationale, des commandos-marins, de la gendarmerie de Foundiougne et des sapeurs-pompiers.

Selon un communiqué officiel, cette interception a eu lieu à Mar-Lodj, une île du Sine-Saloum, connue pour être un point de départ fréquent des migrants tentant de rejoindre l’Espagne par voie maritime. L’opération a permis de stopper une embarcation où se trouvaient :

  • 1 Nigérien
  • 5 Ivoiriens
  • 7 Gambiens
  • 8 Sénégalais
  • 13 Maliens
  • 58 Guinéens

L’intervention rapide des autorités a empêché une traversée périlleuse qui aurait pu coûter la vie à ces migrants, souvent victimes des conditions précaires et des dangers en haute mer.

Cette nouvelle interception témoigne de la recrudescence des départs clandestins, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et les dangers évidents. Le delta du Saloum, avec ses multiples bras de mer et ses îles, demeure un point stratégique utilisé par les réseaux de passeurs pour échapper à la surveillance des forces de l’ordre.

Les autorités sénégalaises ont réaffirmé leur engagement à lutter contre l’émigration clandestine et à intensifier la surveillance des côtes pour protéger les vies humaines. Mais la persistance de ce phénomène met également en lumière les difficultés économiques et le manque d’opportunités qui poussent de nombreux jeunes Africains à risquer leur vie pour un avenir incertain.

Tivaouane : Serigne Mbaye Sy Abdou exhorte au retour aux valeurs et à la relance économique

Après avoir dirigé la prière de l’Eid El Fitr à Khalkhouss, dans la ville sainte de Tivaouane, Serigne Mbaye Sy Abdou, plus connu sous le nom de Ndiol Fouta, a lancé un appel fort à la prise de conscience collective et au retour aux valeurs traditionnelles. En présence du gouverneur de Thiès, Saër Ndao, il a mis l’accent sur l’importance de la droiture et du respect des préceptes de l’Islam dans un monde en pleine mutation.

Dans un discours prononcé par Serigne Pape Mactar Kébé, le fils de Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh a insisté sur la nécessité d’un retour aux valeurs fondamentales de la société sénégalaise. Il a exhorté les fidèles à adopter une conduite exemplaire, à cultiver la droiture, l’honnêteté et le respect des principes islamiques et culturels.

« Le retour à nos valeurs, c’est adopter un bon comportement, être droit, respecter les préceptes de l’Islam et les valeurs traditionnelles. C’est ainsi que nous pourrons être de bons musulmans et des exemples pour la société. »

Cet appel, qui résonne dans un contexte marqué par des changements sociaux et économiques, vise à renforcer la cohésion nationale et les liens entre les générations.

En écho à ce message spirituel, Saër Ndao, gouverneur de Thiès, a mis en avant la nécessité d’un développement endogène basé sur les ressources locales. Selon lui, la relance économique passe par la valorisation des pôles territoires.

« Le développement commence par nos localités. Si nous exploitons les potentialités de nos terroirs, nous pourrons véritablement impulser un essor économique. »

Il a souligné que ces pôles territoires sont une opportunité pour favoriser un développement durable et inclusif. Cette approche s’inspire des traditions économiques du passé, où chaque région misait sur ses propres ressources pour assurer sa prospérité.

Au-delà des considérations économiques et sociales, Serigne Mbaye Sy Abdou a prié pour un Sénégal de paix et de prospérité. Il a invité les Sénégalais à cultiver l’unité, la solidarité et le respect mutuel afin de faire face aux défis de l’heure.

Universités privées : Le ministre Abdourahmane Diouf sonne la fin du désordre

L’enseignement supérieur privé au Sénégal est dans le viseur du gouvernement. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Docteur Abdourahmane Diouf, a annoncé une réforme en profondeur pour assainir le secteur des universités privées. Lors de son passage dans l’émission Point de Vue sur la RTS, ce dimanche 30 mars 2025, il a dénoncé des dysfonctionnements graves et affirmé sa volonté de mettre de l’ordre.

L’intervention du ministre a mis en lumière une situation alarmante :

« Sur les 298 universités privées existant au Sénégal, au moins une centaine ne remplissent pas les conditions d’agrément, d’habilitation et d’accréditation. Pourtant, des étudiants pris en charge par l’État y ont été affectés par le passé. »

Autrement dit, un tiers des universités privées du pays ne répondent pas aux exigences minimales en matière d’enseignement supérieur. Ce constat est d’autant plus préoccupant que ces établissements continuent à délivrer des diplômes, alors même qu’ils ne sont pas reconnus officiellement.

Le ministre a dénoncé des cas où des étudiants, après avoir payé leurs études et obtenu leurs diplômes, découvrent sur le marché du travail que ces derniers ne sont pas valides. Une situation inacceptable, selon lui, qui doit cesser immédiatement.

Conscient des enjeux sociaux et économiques liés à cette réforme, Abdourahmane Diouf veut privilégier le dialogue avant de prendre des mesures drastiques :

« L’approche de l’État n’est pas celle du gendarme qui ferme tout. Nous allons tendre la main, envoyer des mises en demeure, discuter avec les établissements concernés. Mais à la fin, nous devons avoir un enseignement privé assaini. »

L’objectif est clair : garantir que les diplômes délivrés par les universités privées aient la même reconnaissance que ceux des universités publiques.

Pour mener cette réforme, le ministère travaille en étroite collaboration avec l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur (ANAQSUP). Un travail d’audit a déjà été engagé pour identifier les établissements non conformes et établir une feuille de route pour la restructuration du secteur.

« Des rapports ont été établis et serviront de base aux prochaines décisions du gouvernement. Si nous ne mettons pas de l’ordre, nous continuerons à produire des diplômes sans valeur. Il est impératif d’agir maintenant. »

Avec cette annonce, le ministre Abdourahmane Diouf envoie un signal fort : l’enseignement supérieur privé ne peut plus être un secteur sans contrôle ni régulation. Cette réforme devrait redonner de la crédibilité aux diplômes et garantir aux étudiants un avenir professionnel plus serein.

Reste à voir comment les universités concernées vont réagir et si les mesures annoncées seront suivies d’effets concrets. En attendant, le ministère affiche une détermination sans faille : le désordre ne sera plus toléré.

« Le constat ne suffit plus, il faut des solutions concrètes » : Karim Wade somme le régime d’agir

À l’occasion de la célébration de la Korité, Karim Wade a adressé un message fort aux Sénégalais. Dans un texte publié ce dimanche 30 mars 2025, il a formulé des vœux de paix, de santé et de prospérité à l’ensemble de ses compatriotes. Mais loin d’être un simple message de circonstance, son discours a pris une tonalité plus engagée, interpellant le gouvernement sur la crise économique et sociale que traverse le pays.

Dès l’entame de son message, Karim Wade a mis en avant la dimension spirituelle du mois de Ramadan, qui cette année encore coïncide avec le carême chrétien. Il souligne la force des valeurs communes à ces deux périodes de jeûne :

« Le jeûne, qu’il soit musulman ou chrétien, nous enseigne la patience, l’humilité, la solidarité et le dépassement de soi. »

Il rappelle que ces enseignements sont plus que jamais nécessaires pour affronter les difficultés économiques et sociales auxquelles sont confrontés de nombreux Sénégalais.

Karim Wade ne s’est pas limité aux considérations spirituelles. Il a mis l’accent sur la situation économique alarmante du Sénégal, une réalité qui, selon lui, n’est plus niable même par les nouvelles autorités. Toutefois, il insiste sur le fait que le simple constat ne suffit plus :

« Ce constat ne suffit plus. Le peuple sénégalais attend des solutions concrètes, rapides et durables. »

Il pointe du doigt une pression fiscale devenue insoutenable, qui étouffe aussi bien les ménages que les entreprises. Il met également en avant la précarité croissante qui affecte une large frange de la population et estime que l’heure n’est plus aux discours, mais aux actes concrets.

« Il est impératif de mettre en place des mesures courageuses et responsables, capables d’adresser les causes profondes de cette crise. »

Face à la crise, Karim Wade en appelle à l’unité nationale. Il affirme que dans une période aussi difficile, les Sénégalais ne peuvent plus se permettre d’être divisés par des querelles politiciennes.

« Dans un contexte aussi difficile, l’unité nationale n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. »

Il appelle donc à mettre un terme aux invectives et aux divisions, insistant sur le fait que seul un véritable sursaut collectif pourra permettre au pays de surmonter les défis qui l’attendent.

Dans la dernière partie de son message, Karim Wade a eu une pensée particulière pour les Sénégalais les plus vulnérables. Il met en avant le courage et la résilience des femmes et des jeunes, qui, malgré les difficultés, continuent de se battre pour leur avenir.

« Nos femmes si résilientes et notre jeunesse si courageuse sont la force vive de notre nation. »

Il rend également hommage à tous ceux qui, au quotidien, luttent pour vivre dignement, malgré les épreuves économiques et sociales.

Enfin, son message se termine sur une note d’espoir et de prière :

« Qu’Allah accepte notre jeûne, exauce nos prières et guide notre pays sur le chemin de la paix, de l’unité et du progrès. »

Avant de conclure en souhaitant une bonne fête de Korité à tous les Sénégalais et en élargissant ses salutations à toute l’Afrique.

Prière de Korité à Agnam Wouro Ciré : une ferveur intacte malgré l’absence de Farba Ngom

Ce dimanche 30 mars 2025, la prière de Korité à Agnam Wouro Ciré s’est déroulée dans une ambiance de ferveur et de piété, marquée toutefois par l’absence remarquée du maire et député Farba Ngom.

Lors de son prêche, l’imam ratib de la grande mosquée a mis l’accent sur la signification profonde du Ramadan, insistant sur l’importance de l’union des cœurs et du rejet des discours de division.

Bien que privé de liberté, Farba Ngom est resté présent dans tous les esprits. La majorité des imams de la commune ont tenu à exprimer leur solidarité envers lui. Ils ont salué son engagement pour la communauté et formulé des prières pour sa libération rapide.

Prenant la parole à l’issue de la cérémonie, l’adjoint au maire, Abdoul Aziz Diop, a rendu un vibrant hommage à celui qu’il décrit comme « un fils prodige qui fait la fierté des populations ». Il a rappelé que le lieu de prière même où s’est déroulée la célébration a été entièrement financé par Farba Ngom, un symbole de son attachement indéfectible à sa communauté.

Malgré l’absence du maire, l’engagement des habitants des Agnams envers lui demeure intact. « Cette absence, bien que ressentie, n’a en rien altéré la fidélité indéfectible des populations envers lui, un soutien qui perdurera éternellement, comme par le passé », a affirmé Abdoul Aziz Diop.

Cette célébration de la Korité a donc été marquée par un fort sentiment d’unité et de solidarité, témoignant de l’impact et de la place centrale qu’occupe Farba Ngom dans le cœur des habitants de sa commune.

Le SYNPICS organise son 15e Congrès ordinaire à Dakar : un nouveau secrétaire général sera élu

Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) organise, ce samedi 30 mars 2025, son 15e Congrès ordinaire à la Maison de la presse Babacar-Touré à Dakar. À partir de 9 heures, les membres du syndicat se réuniront pour élire un nouveau secrétaire général et renouveler le bureau.

Le thème central de cette édition est : “Application de la Convention collective : 5 ans après”. Ce choix met en lumière les avancées et les défis liés à l’application de ce texte essentiel, qui encadre les droits et devoirs des travailleurs du secteur de l’information et de la communication au Sénégal. Adoptée en 2019, la convention collective devait permettre d’améliorer les conditions de travail et de garantir davantage de protections aux journalistes et aux professionnels des médias.

Cinq ans plus tard, le bilan de son application reste contrasté. Si certaines avancées ont été notées, notamment en termes de régulation et de protection sociale, des défis subsistent, notamment sur la précarité de l’emploi, le respect des grilles salariales et la protection des journalistes face aux pressions politiques et économiques.

Ce congrès marque également la fin du mandat de Ahmadou Bamba Kassé, secrétaire général du SYNPICS depuis 2019, qui ne briguera pas un nouveau mandat. Cette décision ouvre ainsi la voie à une nouvelle équipe dirigeante qui devra poursuivre la mission de défense des droits et des intérêts des professionnels de la communication au Sénégal.

L’élection d’un nouveau secrétaire général suscite beaucoup d’attentes, notamment chez les journalistes et techniciens des médias qui espèrent un renforcement de la lutte syndicale pour de meilleures conditions de travail et une plus grande protection des travailleurs du secteur.

Korité 2025 : La Coordination des Musulmans du Sénégal célèbre l’Aïd el-Fitr ce dimanche 30 mars

La Coordination des Musulmans du Sénégal (CMS) a annoncé, ce samedi 29 mars, que la lune a été aperçue sur le territoire national. Par conséquent, la Korité sera célébrée ce dimanche 30 mars 2025, marquant la fin du mois de Ramadan pour une partie des musulmans sénégalais.

Réunie à son siège à la Grande Mosquée de Dakar, la CMS a déclaré avoir recueilli des témoignages d’observation du croissant lunaire dans plusieurs localités du Sénégal, notamment Ngane (Kaolack), Agnam (Fouta), Louga et Foundiougne.

L’annonce a été faite après une vérification auprès de correspondants nationaux et internationaux. L’apparition du croissant lunaire a également été confirmée dans plusieurs autres pays musulmans, dont la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Mali, la Guinée, le Cameroun, l’Éthiopie, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis.

Malgré cette déclaration de la CMS, une autre partie de la communauté musulmane attend encore la décision officielle de la Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire (CONACOC), l’organe chargé de trancher sur la date officielle de l’Aïd el-Fitr au niveau national.

Comme chaque année, cette divergence sur l’observation de la lune pourrait conduire à une célébration de la Korité à des dates différentes au Sénégal, un phénomène récurrent qui alimente le débat sur l’unification du calendrier religieux dans le pays.

Sénégal : La Coordination des Musulmans célèbre la Korité ce dimanche 30 mars

Birahime Seck dénonce un ciblage dans la loi interprétative de l’amnistie : « Une initiative partiale qui promeut l’impunité »

Le coordonnateur du Forum Civil, Birahime Seck, a vivement réagi aux déclarations du ministre Abdourahmane Diouf, invité ce dimanche de l’émission Point de vue sur la RTS. Dans un message publié sur X, il a dénoncé ce qu’il considère comme un ciblage assumé dans la loi interprétative de l’amnistie, y voyant une nouvelle preuve de son caractère partial et controversé.

Réagissant à l’émission animée par Oumar Gning, Birahime Seck a exprimé un constat alarmant : « Ce ciblage affirmé et assumé par un membre du gouvernement est d’une gravité extrême. » Selon lui, cette approche prouve que l’initiative parlementaire sert avant tout à promouvoir l’impunité, en faveur de certaines personnalités.

Il a insisté sur le fait que c’est au juge d’apprécier la gravité d’un crime, et non à une loi interprétative dictée par des considérations politiques. « Une loi ne peut se substituer au pouvoir judiciaire pour décider de l’innocence ou de la culpabilité d’un individu », a-t-il martelé.

De son côté, Abdourahmane Diouf, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a défendu la nécessité de cette loi. Selon lui, elle permet de « rendre justice », là où une simple abrogation ou annulation de l’amnistie laisserait « l’impunité entière ».

Mais pour le Forum Civil, cette approche soulève de sérieuses inquiétudes sur le respect de l’État de droit et des principes fondamentaux de la justice. En assumant un ciblage dans cette loi interprétative, le gouvernement s’expose à de nouvelles critiques sur sa gestion du dossier de l’amnistie et son impact sur le climat politique et judiciaire au Sénégal.

Démantèlement d’un site d’orpaillage clandestin et saisie de bois par la Zone Militaire N°4

Dans le cadre d’une vaste opération de sécurisation, les éléments de la Zone Militaire N°4 ont mené une action décisive ce samedi aux environs de Tenkoto, sur la Falémé. L’intervention a permis le démantèlement d’un site d’orpaillage clandestin, avec l’interpellation de six individus et la saisie de plusieurs motos utilisées pour leurs activités illégales.

Les patrouilles militaires ont également abouti à la confiscation d’une importante quantité de bois illicite, confirmant l’ampleur du trafic de ressources naturelles dans cette région frontalière. Ces opérations s’inscrivent dans la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et forestières, un phénomène qui menace l’environnement et l’économie locale.

L’exploitation artisanale illégale de l’or est une problématique récurrente dans la zone de la Falémé. Outre les risques d’effondrement des galeries souterraines et les conflits liés à la gestion des sites, ces activités entraînent une déforestation massive et la pollution des cours d’eau par l’usage incontrôlé de produits chimiques comme le mercure et le cyanure.

Les autorités sénégalaises, conscientes de ces enjeux, multiplient les efforts pour éradiquer ces pratiques. L’intervention de la Zone Militaire N°4 illustre cette volonté de restaurer l’ordre et de protéger les ressources naturelles du pays.

En parallèle, la saisie de bois illicite met en lumière une autre menace pour l’écosystème local : l’exploitation forestière illégale. Les forêts sénégalaises, notamment dans les zones frontalières, subissent une forte pression en raison du trafic de bois, souvent destiné à l’exportation clandestine vers les pays voisins. Cette surexploitation accélère la désertification et impacte négativement les communautés locales qui dépendent de ces ressources.

Les opérations militaires menées dans cette région stratégique visent non seulement à démanteler les réseaux d’exploitation illégale, mais aussi à dissuader les contrevenants. Les autorités appellent à une collaboration entre forces de défense, services de l’environnement et populations locales pour lutter efficacement contre ces activités illicites.

Le démantèlement du site d’orpaillage et la saisie de bois témoignent de l’engagement des forces de défense et de sécurité à préserver les ressources naturelles du pays. La lutte contre ces fléaux doit être intensifiée pour garantir une gestion durable et équitable des richesses du territoire sénégalais.

Badara Gadiaga revient sur son avenir à Tfm : « Ma décision de partir remonte à trois mois »

Le chroniqueur Badara Gadiaga a clarifié sa position concernant son avenir à Tfm, affirmant que son souhait de quitter la chaîne ne date pas de la récente polémique autour de son altercation avec le député Amadou Ba. Il assure avoir exprimé son intention de démissionner il y a trois mois, bien avant que cette affaire n’éclate.

Invité sur le plateau de Quartier Général, Gadiaga a révélé qu’il avait discuté de son départ avec Bouba Ndour, directeur des programmes de Tfm, bien avant que les tensions actuelles ne surgissent.

« J’avais vu Bouba Ndour pour lui faire part de mon intention de quitter la chaîne. Je recevais des critiques, ce qui ne me posait aucun problème, mais je ne voulais pas que cela affecte le personnel de la Tfm », a-t-il déclaré.

Cette précision intervient alors que certains observateurs attribuaient sa volonté de quitter la chaîne aux appels au boycott de Tfm, lancés par des militants de Pastef à la suite de son vif échange avec Amadou Ba.

Malgré la pression médiatique et politique, Badara Gadiaga affirme qu’il n’est pas affecté par les controverses qui entourent son nom.

« Je suis un éternel combattant. Ces polémiques ne me font aucun effet pour ceux qui me connaissent. Je ne suis pas non plus à la recherche des plateaux ou de la télévision », a-t-il insisté.

Connu pour son franc-parler, Badara Gadiaga reste fidèle à son style direct et engagé. Son avenir médiatique, notamment à Tfm, demeure cependant incertain.

Sénégal : Reprise de la couverture sécuritaire des combats de lutte à partir du 1er avril

Le monde de la lutte sénégalaise peut souffler. À compter du 1er avril 2025, la couverture sécuritaire des combats de lutte sera réinstaurée, après une suspension décrétée par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique le 18 février dernier.

Dans un communiqué officiel, la Division de la communication de la police nationale a annoncé que cette décision fait suite aux discussions engagées entre les acteurs du secteur de la lutte, le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, ainsi que le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

« À l’issue des discussions, un accord a été trouvé sur tous les points soulevés et des engagements fermes ont été pris par les acteurs impliqués quant au respect des recommandations édictées », précise le communiqué.

Sur cette base, le ministre de l’Intérieur a décidé de lever la suspension et invite tous les acteurs à respecter les engagements pris afin d’éviter de nouvelles sanctions.

La mesure de suspension avait été prise à la suite d’incidents graves survenus lors du combat opposant Franc à Ama Baldé, qui s’était tenu à l’Arène nationale. Ces événements avaient mis en lumière des manquements sécuritaires jugés préoccupants par les autorités, poussant le ministère à suspendre l’accompagnement des forces de l’ordre pour les compétitions de lutte sur l’ensemble du territoire national.

Cette décision avait eu un impact majeur sur la tenue des combats, mettant en péril plusieurs affiches de grande envergure et fragilisant l’organisation des promoteurs.

La levée de la suspension est une bouffée d’oxygène pour les lutteurs, promoteurs et amateurs de ce sport, qui constitue une véritable institution culturelle au Sénégal. Elle permet désormais la reprise normale des combats avec l’assurance d’un dispositif sécuritaire renforcé.

Toutefois, les autorités restent vigilantes et insistent sur le respect strict des règles de sécurité afin d’éviter de nouveaux incidents susceptibles de compromettre la tenue des futures compétitions.

Dernier hommage à Me Cheikh Khoureyssi Bâ : Un départ dans la dignité (PM O. Sonko)

La levée du corps de Me Cheikh Khoureyssi Bâ, avocat éminent du Barreau sénégalais, s’est tenue ce samedi 29 mars 2025 à l’Hôpital Principal de Dakar. Il a été inhumé le jour même au cimetière de Yoff, en présence de nombreux proches, collègues et amis venus lui rendre un dernier hommage. Les condoléances seront reçues à la maison familiale située à Sicap Baobab, derrière la mairie de Mermoz Sacré-Cœur.

Parmi les personnalités présentes à la cérémonie, le Premier ministre Ousmane Sonko a rendu un vibrant hommage au défunt avocat, soulignant son rôle central dans les combats politiques et judiciaires du Sénégal. Il a rappelé que la nouvelle du décès de Me Bâ avait profondément marqué le gouvernement.

« Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a appris la nouvelle mercredi en Conseil des ministres. Il a interrompu la séance pour l’annoncer au gouvernement, qui a ensuite formulé des prières pour le défunt. Cela montre à quel point il respectait Me Khoureyssi Bâ. Il viendra personnellement présenter ses condoléances à la famille dans les jours à venir. »

Ousmane Sonko a également insisté sur l’importance de Me Cheikh Khoureyssi Bâ dans l’histoire politique récente du Sénégal. Il l’a décrit comme un membre informel du gouvernement, malgré son absence officielle au sein du Pastef.

« Me Cheikh Khoureyssi Bâ était un membre informel du gouvernement. Aucun ministre ne mérite plus que lui d’y siéger, tant il a œuvré pour notre ascension au pouvoir. Il n’a jamais acheté la carte du parti Pastef, mais aucun militant n’a accompli ce qu’il a fait. Nous avons perdu une figure majeure. »

L’avocat a été un soutien indéfectible du Pastef, intervenant à plusieurs reprises pour défendre ses dirigeants face aux attaques judiciaires sous l’ancien régime de Macky Sall.

Le Premier ministre a partagé des confidences sur sa relation avec Me Bâ, qui dépassait largement le cadre professionnel. Il a raconté comment l’avocat se rendait régulièrement chez lui, parfois tard dans la nuit, pour s’assurer qu’il allait bien.

« Ce comportement dépassait largement celui d’un simple avocat. Il était un grand frère pour moi, comme s’il était de mon propre sang. »

Il a aussi révélé que Me Bâ avait combattu sa maladie avec discrétion, sans en informer son entourage.

« Il est parti dans la dignité, sans que personne ne sache qu’il était gravement malade, même ses collègues avocats. C’est seulement lorsqu’il était très affaibli que sa femme a contacté la mienne pour l’informer de son état. Il a toujours aidé les autres, mais refusait que l’on s’inquiète pour lui. »

Ousmane Sonko a invité les Sénégalais à tirer une leçon de vie du parcours de Me Bâ, insistant sur l’importance de la solidarité et de la bienveillance.

« La mort de Cheikh Khoureyssi Bâ doit nous rappeler l’importance de prendre des nouvelles les uns des autres, de nous soucier de ceux qui nous entourent. Il était un homme de valeurs, un modèle d’engagement et d’humanité. »

Il a conclu en adressant ses prières pour le repos de l’âme de l’avocat.

« Que Dieu lui accorde son pardon et que la terre lui soit légère. »

Né le 15 août 1956 à Dakar, Me Cheikh Khoureyssi Bâ était le fils du juge Tidiane Bâ. Ayant grandi dans un environnement marqué par la rigueur et la justice, il s’est imposé comme l’un des avocats les plus influents du Sénégal.

Il a joué un rôle clé dans plusieurs grandes affaires judiciaires, notamment en tant que défenseur du Pastef lorsque le parti était dans l’opposition. Il s’est toujours battu pour ses convictions, quitte à s’attirer l’hostilité des autorités de l’époque.

Il est décédé le mercredi 26 mars 2025 à Istanbul, en Turquie, des suites d’une maladie. Son départ laisse un vide immense dans le paysage judiciaire et politique sénégalais.

Affaire Mansour Faye : Me El Hadj Amadou Sall dément les rumeurs sur un recours en rétractation

Me El Hadj Amadou Sall, avocat de Mansour Faye, a catégoriquement démenti les informations selon lesquelles l’État du Sénégal aurait déposé un recours en rétractation après la décision de la Cour suprême en faveur de son client.

Dans une déclaration faite sur X (anciennement Twitter), Me Sall s’est interrogé sur la véracité d’un tel recours : « Comment une décision de justice rendue hier à 18h, alors que le greffe avait déjà fermé ses bureaux, pourrait-elle faire l’objet d’un recours ? »

L’avocat a dénoncé la propagation de fausses informations, affirmant que « des fake news circulent sur une prétendue requête en rétractation déposée après la fermeture de la Cour suprême, alors que la décision n’a même pas encore été notifiée ».

Il a également rappelé un point essentiel du droit civil, précisant que « devant la Cour suprême, aucun recours n’a d’effet suspensif », ce qui signifie que l’État ne peut empêcher l’exécution de la décision rendue en faveur de Mansour Faye en invoquant une quelconque procédure en cours.

Pour rappel, la Cour suprême a ordonné, ce vendredi 29 mars 2025, au ministre de l’Intérieur de notifier officiellement à Mansour Faye les motifs de son interdiction de sortie du territoire national, ou, à défaut, de le laisser voyager librement.

L’Aïd el-Fitr fixé au lundi 31 mars 2025 dans plusieurs pays

Les autorités de Malaisie, de Brunei, d’Indonésie et d’Australie ont officiellement annoncé que l’Aïd el-Fitr sera célébré le lundi 31 mars 2025. Cette décision repose sur des observations astronomiques précises confirmant la fin du mois de Ramadan à cette date.

Selon le Centre international d’astronomie, les calculs montrent que l’apparition du croissant lunaire marquant le début du mois de Chawwal sera visible dans plusieurs régions du monde le dimanche 30 mars. Ainsi, le jeûne du Ramadan prendra fin ce jour-là, et l’Aïd el-Fitr sera célébré le lendemain, lundi 31 mars.

En Australie, le Conseil de la fatwa a précisé dans un communiqué que le dernier jour du Ramadan sera observé le dimanche 30 mars. Par conséquent, le lundi 31 mars marquera officiellement le début des festivités de l’Aïd el-Fitr, une journée de prière, de partage et de célébration pour les musulmans du pays.

Cette annonce suit la méthodologie adoptée par ces pays, qui s’appuie sur l’observation du croissant lunaire et les données astronomiques pour déterminer la date de l’Aïd el-Fitr. D’autres pays devraient confirmer prochainement leur propre date de célébration en fonction de leurs observations locales.

Reprise du projet « Sénégal Power Compact » après la levée du gel des financements américains

Le projet Sénégal Power Compact redémarre après avoir été suspendu en raison du gel des financements américains en février dernier. Selon Afrik.com, le gouvernement des États-Unis a accordé une dérogation exceptionnelle pour permettre sa reprise. Ce programme, considéré comme essentiel pour le développement économique du Sénégal, vise à améliorer l’accès à l’électricité, notamment dans les zones rurales et à moderniser le réseau haute tension autour de Dakar.

Le feu vert pour la relance du projet a été donné le 18 mars par le département d’État américain, répondant ainsi à une demande pressante du ministère sénégalais de l’Économie. Lancé en 2021, ce programme, d’une durée de cinq ans, bénéficie d’un financement de 600 millions de dollars (environ 550 millions d’euros). Il représente une initiative majeure pour renforcer l’infrastructure énergétique du Sénégal et favoriser une croissance économique durable.

La suspension de l’aide américaine en février dernier, décidée sous l’administration de l’ancien président Donald Trump, avait paralysé plusieurs projets d’envergure au Sénégal et dans d’autres pays africains. Ce gel de 90 jours concernait notamment des initiatives humanitaires et des programmes liés au processus de paix en Casamance, ainsi qu’à la lutte contre le VIH/Sida.

La reprise du Sénégal Power Compact constitue une exception qui témoigne de l’importance stratégique de ce programme. Son impact est attendu sur plusieurs fronts, notamment en matière d’électrification des zones rurales, un enjeu clé pour le développement socio-économique du pays. Avec la modernisation du réseau haute tension de Dakar, ce projet vise aussi à améliorer la fiabilité de la fourniture électrique et à accompagner la croissance urbaine et industrielle de la capitale.

Cette levée du gel des financements américains marque ainsi une avancée majeure pour le Sénégal, qui pourra poursuivre ses efforts en matière d’électrification et de développement des infrastructures énergétiques.

Échec du dialogue social : le G7 met en garde le gouvernement et exige le respect de ses revendications

Les tensions entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation nationale atteignent un niveau critique. Le G7, qui regroupe les sept syndicats représentatifs du secteur de l’éducation et de la formation, a tenu une conférence de presse ce vendredi pour exprimer son mécontentement face à ce qu’il considère comme une attitude d’immobilisme, de mépris et de dilatoire de la part des autorités.

Alors que le gouvernement souhaite la signature d’un pacte de stabilité sociale, le G7 s’y oppose fermement tant que ses revendications ne seront pas satisfaites. Dans cette optique, les syndicats ont délibérément boycotté une rencontre prévue avec les autorités, jugeant plus opportun de s’adresser directement à l’opinion publique à travers la presse. Ce rejet catégorique traduit une profonde frustration quant à la lenteur des négociations et au manque d’engagement concret du gouvernement.

Le dialogue social, pourtant institutionnalisé par l’arrêté 17094 sur la représentativité syndicale dans l’éducation et la formation, est actuellement à l’arrêt. Les syndicats déplorent que leur demande d’audience avec le président de la République soit restée sans suite. Ils rappellent également que le Premier ministre s’était engagé à les recevoir, mais cette promesse n’a toujours pas été honorée. Pour eux, cette absence de concertation traduit un manque de volonté politique qui freine toute avancée vers une résolution durable des problèmes du secteur.

Les réformes structurelles tant attendues peinent également à se concrétiser. Lors de la grande rencontre tripartite du 27 février 2025, des engagements avaient été pris pour améliorer le système éducatif, mais aucune avancée significative n’a été enregistrée depuis. Selon les syndicats, cette inertie gouvernementale constitue un frein au développement de l’éducation et compromet sérieusement la qualité de l’enseignement.

Par ailleurs, les accords précédemment conclus restent en grande partie inappliqués. Jusqu’à présent, seule la revalorisation des rémunérations a commencé à être mise en œuvre, mais elle ne corrige toujours pas les disparités salariales dénoncées par les syndicats. D’autres engagements, pourtant jugés essentiels, restent en suspens. La gestion des carrières et des formations des enseignants, qui devait être améliorée, n’a pas évolué. L’octroi du prêt au logement destiné aux enseignants demeure bloqué, ce qui empêche ces derniers d’accéder à un logement décent. La mise en place des passerelles professionnelles, censée faciliter l’évolution des carrières, n’a pas été finalisée. L’institutionnalisation du corps des administrateurs tarde également à voir le jour, tout comme la régularisation du concours des Inspecteurs de l’Éducation et de la Formation (IEMs), un levier pourtant crucial pour garantir un encadrement efficace du système éducatif.

Au-delà des questions purement techniques, le G7 dénonce une exclusion systématique des syndicats représentatifs des discussions sectorielles. Il accuse le ministère du Travail d’adopter une démarche partiale en écartant les syndicats des rencontres stratégiques, tout en excluant également les ministères de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle de certaines discussions clés. Cette mise à l’écart renforce le sentiment de mépris ressenti par les syndicats et compromet sérieusement toute tentative de pacification de l’espace scolaire.

Face à cette situation, le G7 exige que le gouvernement respecte l’arrêté sur la représentativité syndicale et révise son agenda des rencontres afin d’intégrer toutes les préoccupations du secteur. Il réclame également la participation des ministères de l’Éducation et de la Formation professionnelle aux discussions et insiste sur la nécessité de maintenir le format de la grande rencontre tripartite. Selon les syndicats, l’implication des organisations de la société civile dans le processus de dialogue est également indispensable pour garantir plus de transparence et d’équilibre dans les négociations.

Les membres du G7 rappellent que seul le respect des accords signés et l’ouverture de nouvelles négociations permettront d’assurer la stabilité du secteur de l’éducation et de la formation. À défaut, ils laissent planer la menace d’un durcissement de leur mouvement, ce qui pourrait gravement perturber la fin de l’année scolaire et accentuer la crise que traverse actuellement l’école sénégalaise.

Mbour : un immeuble de Luc Nicolaï sera mis en vente aux enchères publiques le 17 avril prochain

Un immeuble appartenant au promoteur de lutte Luc Nicolaï, situé à Saly Portudal, dans la région de Mbour, sera mis en vente aux enchères publiques le jeudi 17 avril à partir de 08 heures. Cette procédure judiciaire a été ordonnée par le juge des criées du tribunal de grande instance de Mbour, à la demande de l’hôtelier Bertrand Touly, rapporte le journal Enquête.

Le bien en question, enregistré sous le titre foncier 3498/MB, fait l’objet d’une saisie résultant d’un contentieux judiciaire lié à une affaire de trafic de drogue dans laquelle Luc Nicolaï avait été impliqué et condamné en 2017. Cette vente aux enchères vise à couvrir les dommages et intérêts dus à Bertrand Touly.

L’affaire remonte à 2012, lorsqu’un scandale éclate à Saly impliquant le promoteur de lutte. Luc Nicolaï avait été accusé d’avoir introduit de la drogue dans les bureaux de Bertrand Touly, propriétaire du Lamantin Beach Hôtel. Ce dossier avait entraîné une longue bataille judiciaire, aboutissant à la condamnation de Nicolaï en 2017 par la Cour d’appel de Saint-Louis. Il avait écopé d’une peine de cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et d’une amende de 300 millions de FCFA à verser à Bertrand Touly.

Ne s’étant pas acquitté du paiement de cette somme, la justice a procédé à la saisie de son immeuble afin de couvrir la dette. Cette vente judiciaire marque un nouveau tournant dans cette affaire qui a secoué le monde du sport et des affaires au Sénégal.

Enseignement supérieur : le SAES se dégage de toute responsabilité en cas d’échec de l’année académique

Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) sonne l’alerte sur la situation préoccupante du calendrier universitaire et prévient qu’il ne prendra aucune responsabilité en cas d’échec de l’année académique 2023-2024. Dans un entretien accordé à l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), le secrétaire général du syndicat, David Célestin Faye, a exprimé son inquiétude face aux perturbations qui menacent la stabilité du système universitaire sénégalais.

Le SAES pointe du doigt le manque de réaction des autorités face aux nombreuses propositions formulées par le syndicat pour résorber le chevauchement des années académiques, un problème récurrent dans l’enseignement supérieur sénégalais. Selon David Célestin Faye, les enseignants du supérieur ont, à maintes reprises, alerté sur la nécessité de mettre en place des solutions durables, mais ces suggestions ont été ignorées. « Malgré nos multiples alertes, beaucoup de propositions n’ont pas été prises en compte », a-t-il déploré.

Le syndicat insiste sur l’importance d’un dialogue soutenu avec les autorités pour éviter une année blanche ou toute autre forme d’échec académique. « Seul un dialogue continu et la mise en œuvre des mesures suggérées pourraient garantir la stabilité du système universitaire », a souligné son secrétaire général.

Face à la persistance du problème et à l’absence de mesures concrètes, le SAES prévient qu’il n’assumera pas les conséquences d’une éventuelle paralysie du système universitaire. « Nous avons maintes fois soulevé les problèmes et proposé des solutions concrètes », rappelle M. Faye, qui regrette l’inaction des autorités compétentes.

Alors que l’année universitaire 2023-2024 se poursuit sous tension, le SAES appelle à une prise de conscience urgente des responsables de l’enseignement supérieur afin d’éviter une crise aux conséquences lourdes pour les étudiants et l’ensemble du secteur éducatif.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°433 – 29 ET 30/03/2025

🔴 LOI INTERPRÉTATIVE PORTANT AMNISTIE : PASTEF NE RECULE DEVANT RIEN !
🔴 DÉCISION DE LA COUR SUPRÊME SUR L’INTERDICTION DE SORTIE DU TERRITOIRE NATIONAL : LE JUGE DES RÉFÉRÉS « DÉLIVRE » MANSOUR FAYE

🔴 BACARY CISSÉ RÉVÈLE UN SACRIFICE DE SADIO MANÉ POUR SON PAYS : « [IL] DÉPENSE 130 MILLIONS F CFA POUR VENIR EN SÉLECTION »
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : LES AFFICHES DES QUARTS DÉVOILÉES

Dr Amsatou Sow Sidibé nommée présidente de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH)

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye, a procédé, par le biais du Décret n° 2025-581, à la nomination de Madame Amsatou Sow Sidibé à la tête de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH). Cette décision a été officialisée le jeudi 27 mars 2025.

Madame Amsatou Sow Sidibé, professeur titulaire des Facultés de droit à la retraite, est reconnue pour ses nombreuses années d’engagement dans la promotion des droits de l’homme et sa contribution significative au domaine du droit. Sa nomination intervient conformément à la loi n° 2024-14 du 18 septembre 2024, qui régit le fonctionnement de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH), notamment en son article 9.

Cette nomination vient renforcer le rôle de la CNDH dans la protection et la promotion des droits fondamentaux des citoyens sénégalais, ainsi que dans l’accompagnement des réformes relatives aux droits de l’homme au niveau national et international. La prise de fonction de Madame Sow Sidibé à ce poste marque un moment important pour la défense des libertés individuelles et des principes républicains dans le pays.

Son expérience et son expertise dans le domaine du droit devraient jouer un rôle clé dans le renforcement des mécanismes de surveillance et de protection des droits humains au Sénégal, notamment en ce qui concerne les questions relatives à la justice, à l’égalité des droits et à la lutte contre les discriminations.

Doudou Ka : Solutions pour sortir de la crise économique du Sénégal liée aux eurobonds

Le Sénégal traverse une crise économique sans précédent, notamment marquée par la chute des eurobonds émis en 2018. Ces eurobonds, qui devaient être remboursés en 2048, ont connu une décote de 35 % à la Bourse de Londres, et les taux d’intérêt ont atteint des niveaux record proches de 15 %. Cette dévaluation intervient après une visite du FMI et un audit controversé de la Cour des comptes, lesquels ont mis en lumière la mauvaise gestion des finances publiques, accentuant ainsi la perte de confiance des investisseurs.

L’impact immédiat de cette crise sur les marchés financiers est considérable. Les investisseurs exigent désormais une décote élevée pour l’achat des titres sénégalais, ce qui complique davantage l’accès aux financements externes et compromet l’avenir des émissions d’eurobonds futures.

Le Sénégal se trouve dans une situation où son accès aux marchés internationaux devient de plus en plus difficile, les investisseurs exigeant des rendements supérieurs à 10 % pour acheter des eurobonds sénégalais, ce qui plongerait le pays dans un endettement excessif.

Le besoin de financement extérieur pour 2025 a été estimé à 1 875 milliards de F CFA, et une partie de ce financement devait provenir de l’émission d’eurobonds. Cependant, avec l’état actuel des marchés financiers, cette option est désormais largement compromise. Le pays a déjà dû recourir à une levée d’urgence de 300 millions de dollars en octobre 2024, avec un taux d’intérêt de 6,33 % sur trois ans, une solution coûteuse.

Doudou Ka, ancien ministre de l’Économie, considère cette situation comme un tournant économique majeur pour le Sénégal. Il attribue la crise à deux causes principales : une mauvaise communication du gouvernement sur l’état réel des finances publiques et une polémique excessive alimentée par l’opposition. Selon lui, ces facteurs ont amplifié l’inquiétude des investisseurs et contribué à la dégradation de la signature souveraine du pays.

Pour remédier à cette situation, Doudou Ka propose une série de solutions économiques :

  1. Créer un Front National pour la Défense Économique (FNDE)
    Doudou Ka plaide pour la création d’un front national qui rassemblerait toutes les forces vives du pays pour faire face à la crise économique. Ce front aurait pour objectif de mettre de côté les querelles politiques et de concentrer l’énergie nationale sur la résolution de la crise. Il insiste sur la nécessité d’unité pour surmonter les secousses économiques qui frappent les fondements de l’économie sénégalaise.
  2. Recalculer la dette publique
    Doudou Ka propose de revoir la méthode de calcul de la dette publique du Sénégal. Il suggère de soustraire les crédits relais à court terme déjà couverts par des financements extérieurs, ainsi que les dettes contingentes des structures parapubliques, qui ne présentent pas de risques pour l’État central. Ce recalcul permettrait de réduire artificiellement le taux d’endettement et de rendre la situation financière du pays plus favorable.
  3. Actualiser le PIB (Rebasing)
    Le rebasing du PIB est une autre mesure essentielle dans la proposition de Doudou Ka. Le rebasing du PIB, qui a été entamé en avril 2023 par le ministère de l’Économie, permettrait de disposer d’un PIB actualisé et de recalculer plus précisément le taux d’endettement du pays. Cela constituerait une base solide pour gérer la dette publique, permettant ainsi de réduire plus efficacement le taux d’endettement du Sénégal.
  4. Une gouvernance centralisée des emprunts publics
    Doudou Ka préconise également une gestion centralisée des emprunts publics pour éviter les dérives financières. Cette mesure vise à renforcer le contrôle sur l’endettement et à garantir que les emprunts sont utilisés de manière responsable et transparente.

Au-delà des mesures économiques techniques, Doudou Ka insiste sur l’importance de l’unité nationale pour surmonter cette crise. Il affirme que le Sénégal ne pourra pas sortir de cette situation sans une véritable communiation républicaine. Il appelle à une union des forces politiques et sociales du pays pour prioriser l’intérêt supérieur du pays plutôt que des intérêts partisans.

Il insiste sur le fait que l’union nationale ne doit pas se confondre avec l’union politique et que personne ne devrait chercher à capitaliser politiquement sur l’échec du gouvernement actuel. Selon lui, l’intérêt national doit primer, et tous les acteurs doivent travailler ensemble pour trouver des solutions concrètes à la crise.

Bien qu’opposant au gouvernement actuel, Doudou Ka se considère comme un loyal défenseur des valeurs républicaines. Il refuse toute tentative d’instrumentalisation de la crise à des fins politiques et affirme que l’unité nationale doit être fondée sur des principes de justice et de transparence.

En conclusion, Doudou Ka appelle à un consensus national pour adopter des solutions réalistes et inclusives, afin de restaurer la confiance des investisseurs et de remettre l’économie sénégalaise sur une trajectoire de croissance durable.

Les propositions de Doudou Ka reposent sur une gestion plus responsable de la dette publique, une révision de la méthode de calcul du taux d’endettement, et une actualisation du PIB pour permettre au Sénégal de sortir de l’impasse économique. Sa vision place l’unité nationale et l’engagement collectif au centre du processus de redressement économique, affirmant que seul un effort commun pourra permettre au pays de surmonter cette crise profonde et de garantir un avenir économique plus stable pour ses citoyens.

Mbour Justice critique la loi interprétative de Pastef : « Nous devons vous accompagner, mais dans la vérité et la justice »

Le débat autour de la loi interprétative de la loi d’amnistie, portée par le parti Pastef, s’intensifie, notamment avec la prise de position du mouvement citoyen Mbour Justice. Ce dernier, qui suit avec attention cette question, soulève de nombreuses interrogations sur les implications juridiques de cette loi et la façon dont elle pourrait affecter les citoyens sénégalais, particulièrement en ce qui concerne la gestion des actes de violence et de torture.

Au centre des préoccupations de Mbour Justice se trouvent les critères flous définissant ce qu’est un acte de torture, d’inhumanité ou de violence policière dans le cadre de cette loi interprétative. Lors d’un point de presse, Bakary Diémé, coordonnateur du mouvement, a demandé des éclaircissements sur les situations qui relèveraient de ces qualifications :

  • Qu’est-ce qui sera considéré comme acte de torture ?
  • Qu’est-ce qui constituerait un acte inhumain ou dégradant ?
  • À quel niveau d’agressivité un acte peut-il être qualifié d’acte de torture ?

Mbour Justice semble notamment préoccupé par le traitement juridique des événements survenus lors des manifestations de 2024, où des actes violents ont été commis, notamment l’incendie d’institutions publiques et des saccages dans des lieux comme l’Université Cheikh Anta Diop ou encore des gendarmeries. Le mouvement citoyen s’interroge : les manifestants responsables de ces actes violents seront-ils considérés comme des bandits, des nervis ou de simples manifestants ?

Dans ce contexte, Bakary Diémé critique la possibilité d’une distinction faite entre les violences policières exercées par certains membres des forces de défense et de sécurité (FDS) et les actes de vandalisme commis par les manifestants. Selon lui, « l’action de torturer un manifestant par un FDS » serait-elle juridiquement plus grave que celle d’incendier une gendarmerie ou de saccager une université ? Diémé demande alors pourquoi ces actes violents seraient-ils tolérés et moins punis que d’autres formes de violence.

Mbour Justice critique vivement la sélectivité de la loi interprétative, qu’il considère comme discriminatoire et injuste. Le mouvement soulève des préoccupations concernant la manière dont la loi semble privilégier certains types de violences tout en minimisant la gravité d’autres. Ils pointent notamment du doigt la protection des auteurs de violences, notamment ceux qui ont commis des actes de dégradation dans les institutions publiques et privées.

Bakary Diémé va plus loin en dénonçant une politique de “loi des vainqueurs”, estimant que cette loi ne serait en réalité qu’une tentative de protéger les fautifs politiques au détriment de l’équité et de la justice. Selon lui, la loi pourrait effectivement protéger certains responsables politiques tout en poursuivant les opposants du régime Pastef. Une telle situation risquerait de déstabiliser les principes républicains du pays, et de créer un clivage dangereux au sein de la population.

Le mouvement Mbour Justice évoque également une situation où certaines violences graves commises par des groupes armés ou des nervis seraient amnistiées, tandis que les membres des forces de sécurité qui ont exercé des actes de torture ou de brutalité seraient jugés et punis, ce qui soulignerait une discrimination évidente. Cette question soulève une inquiétude majeure : quels actes doivent être considérés comme « plus graves » et comment équilibrer les jugements dans un contexte aussi complexe ?

Au-delà des questions juridiques, le mouvement appelle à un débat national sur l’avenir du Sénégal. Bakary Diémé déplore que la classe politique soit davantage préoccupée par ses querelles internes que par les véritables défis auxquels le pays est confronté. Il mentionne ainsi la situation socio-économique difficile, où plus de 500 jeunes meurent chaque année en mer, tandis que d’autres prennent des risques en traversant le désert pour chercher une vie meilleure à l’étranger.

Pour Mbour Justice, les problèmes qui secouent le pays, tels que la précarité de l’emploi, les difficultés sociales et l’effondrement du système de santé, doivent être priorisés, bien au-delà des batailles politiques internes. Le mouvement plaide pour un retour à l’unité nationale, où l’intérêt général primerait sur les intérêts partisans. Ils invitent le gouvernement à mettre de côté ses ambitions personnelles et à concentrer ses efforts sur le développement économique et social du pays, au service du peuple sénégalais.

Le message de Mbour Justice est clair : ils demandent une révision de la loi interprétative de Pastef, afin qu’elle soit rééquilibrée et ne favorise pas certains acteurs au détriment de la justice et des principes républicains. Le mouvement insiste sur la nécessité de garantir que tous les actes de violence, qu’ils soient commis par des manifestants ou des membres des forces de sécurité, soient jugés équitablement, dans le respect de la loi et des droits humains.

En conclusion, Mbour Justice appelle à la mobilisation citoyenne pour soutenir la révision de la loi interprétative et pour que le pays retourne aux valeurs républicaines qui permettent d’assurer l’égalité devant la loi et de préserver la paix sociale dans le Sénégal.

Fonds de dotation de la décentralisation : une hausse de plus de 5 milliards pour les collectivités territoriales en 2025

Le gouvernement sénégalais a pris des mesures pour renforcer la décentralisation et soutenir le développement local en augmentant considérablement les moyens financiers alloués aux communes et régions. Lors du Conseil national de développement des collectivités territoriales qui s’est tenu jeudi sous la présidence de Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement du Territoire, les grandes lignes du financement des collectivités pour l’année 2025 ont été dévoilées.

L’enveloppe globale destinée aux collectivités territoriales pour l’année 2025 est passée de 74,6 milliards de FCFA en 2024 à 79,6 milliards de FCFA en 2025, marquant ainsi une augmentation de plus de 5 milliards de FCFA, soit une hausse significative de près de 7%. Cette augmentation vise à répondre aux besoins croissants des collectivités en matière de développement et à soutenir leur autonomie financière.

Le ministre Moussa Bala Fofana a souligné que, bien que ces ressources restent insuffisantes, l’État reste engagé dans sa volonté d’accompagner les collectivités. « L’État maintient ses engagements en augmentant l’enveloppe allouée, mais il faut également une grande réforme de la décentralisation, notamment la révision de la fiscalité locale et le financement des collectivités territoriales », a-t-il précisé, visant à donner davantage de moyens aux entités locales pour mieux gérer leurs projets.

Dans le détail, le Fonds de dotation de la décentralisation (Fdd) bénéficiera de 36,9 milliards de FCFA en 2025, contre 33,8 milliards de FCFA en 2024, soit une augmentation de 9%. Ce fonds est principalement destiné à couvrir les charges liées au transfert de compétences et à assurer le bon fonctionnement des collectivités.

Le Fonds d’équipement des collectivités territoriales (Fect), quant à lui, verra une augmentation de 4%, passant de 40,7 milliards de FCFA en 2024 à 42,7 milliards de FCFA en 2025. Le Fect est destiné principalement aux investissements nécessaires pour réaliser des projets structurants en matière de développement économique, social et culturel.

Ces financements ont pour objectif de renforcer la capacité des collectivités territoriales à réaliser des projets d’envergure qui favoriseront le développement économique, social et culturel des territoires. Le Fdd permet ainsi aux collectivités de mieux gérer leurs charges de fonctionnement, tandis que le Fect soutient l’investissement dans des infrastructures et projets essentiels au bien-être des populations locales.

Conflits fonciers : Alain Diouf alerte sur les failles de la loi de 1964 et appelle à une réforme urgente

Les conflits fonciers au Sénégal sont devenus de plus en plus fréquents ces dernières années, affectant presque tout le territoire national. Lors d’une récente interview accordée à l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), Alain Diouf, coordonnateur technique du Projet Cadastre et Sécurisation Foncière (PROCASEF), a mis en lumière les nombreuses failles de la loi de 1964 qui régit actuellement la gestion des terres au Sénégal.

Alain Diouf n’a pas mâché ses mots en soulignant que la loi de 1964 contient de nombreuses incohérences et des éléments qui sont devenus obsolètes. « La loi recèle plein d’incohérences, d’incomplétudes, et d’anachronismes », a-t-il déclaré. Selon lui, les textes d’application de cette loi évoquent des centres d’expansion rurale et des comités ruraux qui ne sont plus en activité depuis longtemps. De plus, la loi attribue des compétences aux gouverneurs dans des domaines où ils ne jouent plus aucun rôle aujourd’hui. Ces décalages rendent l’application de la loi particulièrement difficile et inadaptée aux réalités actuelles du terrain.

L’une des principales critiques formulées par l’expert concerne les dispositions relatives à la propriété et à l’exploitation des terres. La loi de 1964 stipule que pour être propriétaire d’une parcelle à usage d’habitation, il faut être résident de la commune où cette parcelle se trouve. Or, Alain Diouf souligne qu’un grand nombre de Sénégalais vivent dans une commune et exploitent des terres dans une autre, ce qui rend cette règle quasi impossible à respecter et témoigne de l’anachronisme de la loi.

La loi impose également des restrictions sur l’exploitation des terres, autorisant les propriétaires à exploiter leurs terres uniquement à titre individuel ou exclusivement avec leur famille. Cette règle, jugée obsolète, empêche l’évolution des pratiques agricoles, qui se sont adaptées à des formes plus modernes et collectives de gestion des terres.

Face à ces défis, les autorités sénégalaises ont tenté à plusieurs reprises de réformer cette loi. Alain Diouf a rappelé les tentatives de réformes, notamment le plan d’action de 1996 et l’adoption en 2004 de la loi agrosylvopastorale, ainsi que la création de la Commission de réforme foncière en 2005 et la Commission nationale de réforme foncière en 2012. Cependant, malgré ces efforts, la loi de 1964 demeure toujours en vigueur, exacerbant les tensions et conflits fonciers dans le pays.

L’un des principaux arguments d’Alain Diouf réside dans l’évolution technologique rapide que connaît le pays. « Aujourd’hui, on est à l’ère du numérique, de la digitalisation et même de l’intelligence artificielle », a-t-il expliqué, soulignant que la loi encadrant la gestion des terres doit absolument être mise à jour pour s’adapter à ces nouvelles réalités. Il estime qu’une réforme foncière moderne et numérique pourrait permettre de résoudre une partie des conflits fonciers en offrant une meilleure gestion, traçabilité, et sécurité des terres.

Les propos de Alain Diouf soulignent l’importance de réformer en profondeur la loi foncière de 1964, afin qu’elle soit mieux adaptée aux enjeux actuels du pays, notamment en matière de développement rural, de gestion des terres, et de transformation numérique. La modernisation de cette loi semble être la clé pour réduire les conflits fonciers et garantir une meilleure gestion des terres à l’avenir. Les autorités sénégalaises devront donc prendre en compte ces recommandations afin de mettre en place une réforme qui réponde aux besoins du Sénégal moderne.

Loi d’amnistie : Pastef persiste et signe pour l’adoption de sa proposition de loi interprétative

Le parti Pastef se montre résolument déterminé à faire adopter sa proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie, prévue pour être votée le 2 avril prochain à l’Assemblée nationale. Cette décision a été réaffirmée par Ismaela Diallo, premier vice-président de l’Assemblée nationale et membre du parti, qui a déclaré que rien ne pourra empêcher le passage de ce texte.

Lors d’une prise de parole, Ismaela Diallo a minimisé la vague de contestation entourant cette proposition de loi, portée par le député Amadou Ba. Il a assuré que le parti est prêt à aller de l’avant, convaincu que leur démarche est légitime et nécessaire. Selon lui, la loi interprétative est la meilleure solution, contrairement aux appels à l’abrogation de la loi d’amnistie, qui, selon le vice-président, ne serait pas rétroactive et perdrait son sens.

« Nous voulons éclaircir certains articles de la loi, notamment l’article 1, qui n’était pas suffisamment clair. Nous sommes les législateurs, et notre rôle est de proposer des solutions juridiques adaptées », a ajouté Diallo.

Le projet de loi interprétative a été présenté par Pastef comme un moyen de clarifier certains points de la loi d’amnistie pour éviter toute ambiguïté dans son application. Pour Ismaela Diallo, il s’agit avant tout d’un ajustement juridique nécessaire pour une meilleure compréhension et une mise en œuvre plus cohérente de la loi.

« Le contenu de cette proposition a été soigneusement réfléchi. L’objectif n’est pas de revenir sur la loi d’amnistie, mais de la rendre plus compréhensible et de clarifier des éléments qui étaient flous », a-t-il expliqué.

Ismaela Diallo a aussi rappelé que le collectif des victimes, qui a soutenu la proposition, renforce la légitimité de cette démarche. « Le 2 avril, nous allons voter cette loi. Nous sommes sereins et confiants, et les opposants doivent respecter les règles », a-t-il insisté.

Malgré les critiques, Pastef se dit déterminé à poursuivre sa dynamique législative. Cette proposition de loi interprétative, qui suscite de vives discussions, semble avoir le soutien de la majorité à l’Assemblée nationale, et le débat du 2 avril pourrait marquer un tournant politique majeur.

La proposition de loi interprétative de Pastef a des implications importantes, tant sur le plan juridique que politique. Elle pourrait avoir un impact considérable sur la loi d’amnistie et sur le climat politique sénégalais. La prochaine session législative sera donc cruciale pour déterminer si cette initiative sera adoptée et comment elle influencera les relations entre les différents acteurs politiques.

Guédiawaye : un logisticien se fait gruger la somme de 67 millions de FCFA par un « faiseur de miracles »

Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a jugé ce mercredi, Cheikh M. Ndiaye, un marabout de 35 ans accusé d’avoir escroqué un jeune logisticien, Dominique Diop, d’une somme de 67 millions de FCFA. Sous couvert de rituels mystiques, le prévenu aurait manipulé sa victime en lui promettant réussite et prospérité, avant de l’entraîner dans une spirale de dépenses insoutenables.

Les faits remontent à 2023, lorsque Dominique Diop, un jeune logisticien de 25 ans travaillant dans l’entreprise familiale, rencontre Cheikh M. Ndiaye. Ce dernier se présente comme un marabout doté de pouvoirs mystiques extraordinaires. Il lui affirme que des « forces occultes » bloquent sa réussite et qu’il est le seul capable de l’aider à les surmonter. Séduit par cette promesse de prospérité, Diop accepte de se soumettre à un processus de purification censé lever ces « blocages spirituels ».

Au début, les recommandations spirituelles du marabout semblent inoffensives, mais elles prennent rapidement une tournure contraignante et coûteuse : bains mystiques nocturnes sur la plage de Yoff, offrandes d’objets de valeur, et transferts d’argent réguliers. À chaque nouvelle étape, le marabout avertit Diop que l’arrêt du processus entraînerait ruine et malédictions sur sa famille, renforçant ainsi son emprise psychologique.

Pris au piège, Dominique Diop commence à vider ses économies personnelles, utilise les fonds de l’entreprise familiale, et finit par emprunter de l’argent à ses proches. En tout, il remet au marabout un total de 67 millions de francs CFA.

Inquiets des nombreux retraits bancaires effectués par leur frère, son frère et sa sœur décident d’intervenir. Ils arrachent la vérité à Diop et décident de porter plainte. L’enquête ouverte par la brigade de recherches de Keur Massar permet de retracer les transactions suspectes, et le stratagème est mis à jour. Dominique Diop feint alors un dernier paiement et fixe un rendez-vous avec le marabout au rond-point Manoumbé. Cheikh M. Ndiaye, sûr de lui, se rend sur place et tombe dans le piège tendu par les autorités.

Arrêté le 6 mars à 20 heures, Cheikh M. Ndiaye a tenté de minimiser sa responsabilité en affirmant n’avoir reçu que 18 millions de francs CFA. Il rejette la faute sur un certain « Boly », un guide spirituel basé à Touba, actuellement introuvable. Cependant, l’enquête révèle que Ndiaye est un récidiviste, déjà condamné pour des faits similaires dans le passé.

Lors du procès, les preuves contre le marabout sont accablantes : relevés bancaires montrant des transferts suspects, enregistrements audio compromettants dans lesquels il négocie des sommes importantes et des remises d’or. Ces éléments ont permis de construire un dossier solide contre lui. Le procureur a requis une peine de prison ferme d’un an, le remboursement des 67 millions de FCFA et une indemnisation de 5 millions de FCFA pour le préjudice moral subi par la victime.

L’affaire a été mise en délibéré pour ce vendredi, et la décision finale sera rendue après examen des éléments du dossier.

Éducation : le G7 alerte sur les revendications non satisfaites et met en garde contre d’éventuelles perturbations

Le secteur de l’éducation au Sénégal est à nouveau sous tension, alors que le G7, un regroupement des syndicats les plus représentatifs du secteur, a exprimé de vives préoccupations lors d’une conférence de presse ce vendredi. Les syndicats dénoncent le non-respect de plusieurs de leurs revendications, restées sans réponse depuis longtemps. Ils mettent en garde les autorités publiques et l’opinion sur les possibles perturbations dans le système éducatif si la situation persiste.

Le G7 rappelle que lors de la dernière rencontre avec le Premier ministre, celui-ci s’était engagé à organiser des concertations sectorielles approfondies, impliquant tous les acteurs du secteur éducatif. Cependant, les syndicats constatent que ces promesses n’ont pas été tenues. Ndongo Sarr, secrétaire général du Cadre unitaire des syndicats d’enseignants du moyen-secondaire (CUSEMS), a déploré ce manque de suivi des engagements pris par le gouvernement.

« Nous souhaitons alerter sur un certain nombre de décisions prises par le gouvernement, qui risquent de nous valoir des difficultés dans le système. Lors de notre dernière rencontre avec le Premier ministre, il avait promis des concertations sectorielles approfondies avec tous les acteurs concernés. Pourtant, nous constatons que ces discussions n’ont pas été inclusives, » a déclaré Ndongo Sarr. Ce dernier a également souligné l’exclusion de certains syndicats qui ne font partie d’aucune centrale syndicale, une situation qui compromet selon lui la pertinence du dialogue social.

Le G7 estime que le processus actuel de concertation entre les autorités et les syndicats ne permet pas d’apporter des solutions durables aux problèmes du secteur. Les enseignants pointent du doigt un manque de véritable inclusivité dans les discussions. Ils considèrent que les décisions prises ne tiennent pas suffisamment compte des préoccupations réelles des acteurs de l’éducation.

« Le processus actuel ne permet pas de véritables concertations susceptibles d’apporter des solutions durables. Nous avons voulu alerter et dénoncer tout cela et nous prendrons nos responsabilités, car notre rôle est de défendre les revendications de nos camarades, » a ajouté Ndongo Sarr sur les ondes de Sud FM.

Les syndicats ne cachent pas leur mécontentement et avertissent qu’en l’absence de réponses concrètes, des perturbations dans le système éducatif pourraient se produire. Le G7 souligne qu’il a pris toutes les mesures nécessaires pour faire entendre ses revendications et qu’il s’engage à défendre les intérêts des enseignants, quitte à passer à des actions plus fermes si la situation ne s’améliore pas rapidement.

La situation dans le secteur de l’éducation est devenue de plus en plus tendue, et les enseignants, regroupés au sein du G7, n’hésitent pas à avertir le gouvernement et l’opinion publique des risques de perturbations futures. Le manque de concertation véritable et la non-satisfaction des revendications sont perçus comme des obstacles à un dialogue constructif et à l’amélioration des conditions de travail dans le secteur éducatif.

Attaques contre Mansour Faye : Aminata Guèye demande à Reug Reug Bodian d’arrêter son « Oupadiam »

L’ancienne députée et adjointe au maire de Saint-Louis, Aminata Guèye, a vivement réagi aux récentes attaques verbales contre Mansour Faye, ex-ministre et membre influent de l’Alliance pour la République (APR). Dans une déclaration, Guèye a appelé Reug Reug Bodian, une figure politique locale, à cesser ce qu’elle considère comme un comportement déplorable envers ceux qui critiquent la gestion de l’ancien régime.

Aminata Guèye n’a pas mâché ses mots et a critiqué sévèrement Reug Reug Bodian, en l’accusant de déverser une haine démesurée sur ceux qui osent remettre en question les actions de Mansour Faye. Guèye s’est particulièrement attaquée à ce qu’elle considère comme une agitation stérile de la part de Bodian.

« Reug Reug Bodian, n’est pas Wali qui veut. Je demande à Reug Reug Bodian d’arrêter son ‘Oupadiam’ et de réserver l’énergie qu’il emploie pour s’attaquer avec une haine démentielle à ceux qui critiquent le ‘porozet’ à trouver des solutions concrètes et efficaces pour redresser le Port autonome de Dakar, » a-t-elle affirmé.

Aminata Guèye met également en lumière la situation préoccupante du Port autonome de Dakar, une infrastructure clé pour l’économie nationale. Elle déplore le manque d’action face à une situation qui pourrait mener à la banqueroute de cette institution stratégique pour le pays.

« Le temps que tu consacres aux menaces et à l’attaque des adversaires devrait servir à résoudre les problèmes que tu as créés et qui coulent progressivement le Port Autonome de Dakar, » a-t-elle lancé, soulignant que la gestion actuelle du port semble être en échec.

S’adressant directement à Reug Reug Bodian, Aminata Guèye a insisté sur le fait que Mansour Faye n’a aucune raison de fuir face à ses détracteurs. Elle a remis en cause les accusations qui circulent à son encontre et les considère comme étant basées sur des mensonges et promesses non tenues.

Elle a conclu son intervention en accusant Ousmane Sonko, leader du Pastef, d’avoir nommé une personne “d’une grande vacuité mentale et professionnelle” à la tête du Port autonome de Dakar, une décision qu’elle qualifie de désastreuse pour l’économie maritime du pays.

« C’est à ton mentor, Son Altesse Sérénissime, alias demi-Dieu, princesse de Sweet beauté, Sonkolait, qui nous doit des comptes pour avoir nommé un individu d’une aussi grande vacuité mentale et professionnelle à la tête d’un fleuron de notre économie maritime. »

Loi interprétative de l’amnistie : la coalition « Ensemble pour Demain » rejette la proposition d’Amadou Ba et plaide pour un pacte de stabilité sociale

La proposition de loi interprétative de l’amnistie, portée par le député Amadou Ba, continue de susciter de vives réactions. Ce jeudi, la Coalition Ensemble pour Demain, à travers un communiqué, a exprimé son refus catégorique de cette initiative, dénonçant une tentative de modification des principes de la loi initiale adoptée sous le régime précédent.

La coalition, dont l’ancienne députée Adji Mbergane Kanouté est l’une des figures de proue, rappelle que la loi d’amnistie de 2024 a été adoptée dans un objectif clair de pacification politique et sociale.

« En votant cette loi, il s’agissait de favoriser l’apaisement du climat politique et social, de renforcer la cohésion nationale et de consolider le dialogue national », indique le communiqué.

La coalition insiste sur le fait que l’amnistie a permis à plusieurs acteurs politiques de retrouver leurs droits et de participer au jeu démocratique. Elle considère que cette décision a évité des tensions inutiles et a garanti la stabilité du pays à un moment où le Sénégal traversait une crise politique et institutionnelle.

L’initiative d’Amadou Ba, qui vise à préciser le champ d’application de l’amnistie, est perçue par la coalition comme une manœuvre dangereuse pour l’équilibre judiciaire.

« Cette proposition de loi cherche à dicter au juge comment appliquer l’amnistie, en orientant son interprétation dans un sens bien précis. Or, la justice doit garantir l’équilibre et non prendre position », regrette Adji Mbergane Kanouté.

La coalition s’interroge sur l’utilité réelle de cette loi interprétative, estimant que le peuple sénégalais n’a jamais demandé une réinterprétation de l’amnistie à travers les urnes.

« Le Sénégal a gagné en paix et en image avec cette amnistie. Les électeurs ont fait un choix clair en élisant le PASTEF, qui avait promis une abrogation pure et simple de cette loi. Pourquoi alors introduire une loi d’interprétation qui risque de semer la confusion et d’alimenter de nouvelles tensions ? », s’interroge la coalition.

Dans un contexte marqué par des tensions économiques et sociales, la coalition appelle à la responsabilité des acteurs politiques. Elle estime que la proposition d’Amadou Ba risque de remettre en cause un fragile équilibre et exhorte le gouvernement à privilégier le dialogue et la cohésion nationale.

« Le gouvernement prône aujourd’hui un pacte de stabilité sociale avec les organisations syndicales et patronales. Il ne faut pas, en parallèle, remettre en question le pacte de stabilité politique instauré par la loi d’amnistie », prévient la coalition.

Enfin, la coalition insiste sur une autre approche dans la reddition des comptes. Pour elle, l’emprisonnement systématique des acteurs politiques ou économiques n’est pas la seule voie pour lutter contre la corruption et les fautes de gestion publique.

« La médiation pénale est un instrument efficace qui permet de sanctionner sans forcément recourir à la prison. Elle doit être utilisée comme une alternative pour garantir une gestion plus responsable des affaires publiques », suggère Ensemble pour Demain.

Polémique sur la dette cachée : l’APR défie le gouvernement et interpelle le FMI

L’affaire de la « dette cachée » de 4 000 milliards de FCFA continue de secouer la scène politique sénégalaise. L’ancien ministre Papa Malick Ndour, membre influent de l’Alliance pour la République (APR), rejette catégoriquement les accusations portées contre le régime de Macky Sall et interpelle le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un arbitrage sur cette affaire. Selon lui, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye utilise cette controverse pour détourner l’attention des difficultés économiques actuelles du pays.

Dans une interview accordée à France 24, Papa Malick Ndour a dénoncé une instrumentalisation politique visant à discréditer l’ancien régime. Il met en cause le rapport de la Cour des comptes, qui aurait révélé l’existence d’une dette non déclarée d’environ 7 milliards de dollars sous le gouvernement de Macky Sall.

« Ce sont des accusations infondées et mensongères. Il n’existe aucune dette cachée. La gestion budgétaire du Sénégal a toujours été transparente et encadrée par des institutions comme le FMI et la Banque mondiale. Si une telle somme existait sans être déclarée, ces organismes l’auraient relevée bien avant », a-t-il martelé.

L’ancien ministre reproche également au gouvernement actuel de ne pas avoir respecté le principe du contradictoire en publiant le rapport sans donner la possibilité aux anciens responsables financiers de se défendre.

« Un audit sérieux exige que toutes les parties concernées soient entendues. Or, nous n’avons même pas été consultés avant la publication du rapport. C’est une attaque politique déguisée sous une prétendue quête de transparence », a-t-il dénoncé.

L’APR alerte sur les conséquences économiques et financières de cette polémique. Selon Papa Malick Ndour, ces accusations risquent de ternir la réputation du Sénégal auprès des investisseurs et des institutions de financement international.

« Le gouvernement actuel a créé un climat d’incertitude économique en lançant ces accusations à la légère. Résultat : les agences de notation et les bailleurs s’interrogent sur la stabilité financière du pays. Cela pourrait entraîner une baisse de la note souveraine du Sénégal, une augmentation des taux d’intérêt sur les emprunts et des restrictions sur l’accès aux financements internationaux », a-t-il averti.

Cette situation, selon lui, fragilise l’économie nationale et compromet la mise en œuvre des projets d’infrastructures financés par des emprunts internationaux.

Face à la polémique, Papa Malick Ndour défie le gouvernement en demandant une confrontation devant le Fonds monétaire international (FMI). Selon lui, cette instance dispose des outils nécessaires pour vérifier la véracité des accusations et trancher le débat.

« Nous avons l’opportunité unique de démontrer les contrevérités du gouvernement devant le FMI. Si cette dette cachée existait réellement, alors qu’ils en apportent la preuve devant cette institution », a-t-il lancé.

Il a également affirmé que l’APR est prête à organiser un débat public sur la gestion financière du Sénégal avec les experts économiques du parti au pouvoir.

« Nous invitons les ‘4 000 cadres’ du PASTEF à un débat technique et factuel. Qu’ils viennent nous expliquer où est cette dette, qui en sont les créanciers, et pourquoi elle n’a jamais été révélée auparavant », a-t-il ajouté.

Cette affaire de dette cachée est devenue un véritable chantier politique entre le nouveau et l’ancien régime. D’un côté, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko accuse Macky Sall d’avoir laissé un fardeau financier dissimulé, rendant plus difficile la mise en place de leurs réformes économiques. De l’autre, l’APR dénonce une tentative de diversion pour masquer l’inexpérience et l’échec du gouvernement actuel dans la gestion économique du pays.

Dans un contexte où le Sénégal négocie avec le FMI et la Banque mondiale pour maintenir sa stabilité financière, cette controverse pourrait avoir des conséquences à long terme sur la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.

Polémique sur une « dette cachée » de 7 milliards de dollars : Hamidou Anne accuse Ousmane Sonko de mettre en péril la souveraineté nationale

La révélation d’une dette non déclarée de plus de 4 000 milliards de FCFA (environ 7 milliards de dollars) par la Cour des comptes continue de susciter des réactions au Sénégal. Cette affaire, qui alimente un vif débat sur la gestion des finances publiques, oppose le gouvernement en place et l’opposition. Hamidou Anne, essayiste et membre de l’Alliance pour la République (APR), accuse le Premier ministre Ousmane Sonko d’aggraver la situation en mettant en péril la souveraineté économique du pays.

Pour Hamidou Anne, les accusations du gouvernement sur une soi-disant dette dissimulée sous le régime de Macky Sall ne sont qu’un prétexte politique visant à discréditer l’ancien pouvoir. Il estime qu’il est impossible de cacher une telle somme dans les comptes publics, puisque les créanciers sont connus, les remboursements en cours et les documents accessibles aux organismes de contrôle. Il affirme que cette accusation est une stratégie pour détourner l’attention des véritables défis économiques du pays et que le gouvernement actuel cherche des boucs émissaires au lieu d’apporter des solutions.

Il dénonce également ce qu’il considère comme une tentative de manipulation de l’opinion publique en pointant du doigt l’ancien régime pour justifier d’éventuelles difficultés économiques à venir.

Cette révélation pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’économie sénégalaise. Une dette jugée excessive ou mal gérée par les partenaires financiers pourrait entraîner une baisse de la note souveraine du Sénégal, ce qui rendrait plus coûteux les futurs emprunts de l’État sur les marchés internationaux.

Hamidou Anne craint également que le pays ne soit contraint de se soumettre aux exigences du Fonds monétaire international (FMI), ce qui pourrait entraîner des mesures d’austérité, telles que la suppression des subventions sur les produits de première nécessité, l’augmentation des taxes et impôts, et des restrictions budgétaires affectant les services publics. Selon lui, Ousmane Sonko est en train de fragiliser la position financière du Sénégal en exposant le pays aux pressions du FMI, ce qui risquerait d’aboutir à une austérité qui frappera les ménages les plus modestes.

Face à cette situation, Hamidou Anne appelle à un débat public entre les experts économiques de l’APR et ceux du Pastef afin de faire la lumière sur cette affaire. Il invite également le gouvernement à publier l’ensemble des documents financiers pour prouver ses accusations. Il affirme que si le gouvernement est sincère, il doit accepter un débat technique et publier les preuves de cette soi-disant dette cachée, et que l’APR est prête à confronter ses chiffres pour démontrer que cette polémique est infondée.

Il propose également une rencontre entre les cadres de l’APR et le FMI afin de clarifier la situation et protéger la crédibilité financière du Sénégal sur la scène internationale.

Alors que l’économie sénégalaise fait face à des défis majeurs, cette controverse accentue les tensions entre le gouvernement et l’opposition. La question de la dette publique et de la gestion budgétaire pourrait bien devenir un sujet central dans le débat politique des prochains mois.

Le gouvernement pourra-t-il convaincre de la réalité de cette « dette cachée » ? Ou assiste-t-on à une nouvelle bataille politique où chaque camp tente d’imposer sa version des faits ? Seul l’avenir le dira.

INTERDICTION DE SORTIE DU TERRITOIRE NATIONAL : Mansour Faye gagne l’acte 1 devant le ministre de l’Intérieur

L’ancien ministre des Infrastructures et des Transports du régime du président Macky Sall a gagné son bras de fer avec le ministère de l’Intérieur. Éconduit à deux reprises par la police des frontières de l’aéroport international Blaise Diagne, Mansour Faye avait porté plainte à la Cour Suprême. C’est ainsi que le juge des référés lui a donné raison en enjoignant le ministère de l’intérieur de lever cette interdiction ou encore lui notifier cette mesure administrative.
Éconduit à deux reprises à l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, l’ancien ministre des Transport peut désormais prendre les airs pour honorer ses voyages sur l’international. Mansour Faye après ses refoulements a saisi la Cour Suprême pour dénoncer ces faits et pour exiger la notification des motivations de ces interdictions. Ainsi, le juge des référés de la Cour suprême a ordonné, ce vendredi 28 mars 2025, au ministre de l’Intérieur d’instruire la Police de l’Air et des Frontières de le laisser voyager librement. De cette injonction, le maire de la ville de Saint-Louis remporte ainsi l’acte 1 de son bras de fer avec les nouvelles autorités.
L’information a été donnée par son conseiller juridique, Me El Hadji Amadou Sall. « Injonction a été faite par le juge des référés liberté de laisser Mansour FAYE voyager librement. Autrement dit, le juge a ordonné au Ministre de l’Intérieur de demander à la Police de l’Air et des Frontières de le laisser vaquer à ses occupations », se réjouit la robe noire sa salue ainsi la posture Républicaine du juge des référés qu’il estime avoir tout simplement dit le droit.
Pour rappel, au-delà de l’ancien ministre des Transports d’autres pontes de l’ancien régime du président Macky Sall ont aussi été éconduits par la police des frontières de l’aéroport international Blaise Diagne pour des raisons qu’ils ignorent si on en croit à leurs propos relayés dans la presse. L’ancien ministre de l’urbanisme a été une fois aussi éconduit. Mais Abdoulaye Saydou Sow a finalement voyagé avec les Lions du Sénégal qui partaient en compétions pour des qualifications de tournois internationaux.

« CET HIVERNAGE N’EST PAS LE NÔTRE », DÉCLARAIT CHEIKH TIDIANE DIÈYE EN 2024 : Les mesures de Diomaye Faye pour rectifier le tir en 2025

Critiqué pour la gestion chaotique de l’hivernage 2024, marqué par de graves inondations à Touba et des crues dévastatrices des fleuves Sénégal et Gambie, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, entend cette fois-ci anticiper. Ce qui paraît être une manière pour lui de rectifier le tir en 2025, surtout après la bourde de Cheikh Tidiane Dièye à Touba suite à sa visite aux sinistrés à l’époque.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, semble cette fois-ci déterminé à prendre le taureau par les cornes pour anticiper au mieux l’hivernage 2025. Lors du Conseil des ministres du mercredi 26 mars, il a donné des instructions fermes pour éviter que son gouvernement ne reproduise les erreurs de l’année précédente, qui avaient provoqué une vague d’indignation. L’hivernage 2024, marqué par des inondations dévastatrices à Touba et par des crues meurtrières des fleuves Sénégal et Gambie, avait exposé les limites de la gestion gouvernementale, suscitant de vives critiques à l’encontre du régime fraîchement installé.
En septembre 2024, les inondations à Touba avaient mis à rude épreuve la réactivité du Gouvernement. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, s’était attiré les foudres des sinistrés par une déclaration maladroite : « Cet hivernage n’est pas le nôtre, nous l’avons trouvé ici. » Une sortie qui avait été perçue comme un aveu d’impuissance et un désengagement face aux souffrances des populations. Accueilli sous les huées à Keur Niang, il avait tardé à descendre de son véhicule avant de promettre des mesures de soutien aux victimes. Mais sur le terrain, les attentes étaient immenses et les résultats en deçà des espoirs, relayaient nos confrères de seneactu.net à cette occasion.
Outre le drame de Touba, les crues des fleuves Sénégal et Gambie avaient causé des dégâts considérables, notamment dans le Nord et l’Est du pays. Pourtant, après ces catastrophes, le Président Diomaye Faye s’était rendu uniquement dans les localités de l’Est, laissant de côté le Nord, pourtant le plus durement touché. Ce qui avait suscité une vive incompréhension et alimenté un sentiment d’abandon chez les populations concernées.
Conscient probablement de ces lacunes, le chef de l’État a ainsi décidé d’adopter une approche plus proactive pour la saison des pluies à venir. Il a ordonné au ministre de l’Hydraulique de lancer sans délai les opérations pré-hivernage sur l’ensemble du territoire national, avec un accent particulier sur le curage des ouvrages d’assainissement sous la supervision de l’ONAS (Office National de l’Assainissement du Sénégal). Il a également insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux du réseau hydrographique national en collaboration avec les organismes de bassins comme l’OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal) et l’OMVG (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie), afin d’anticiper d’éventuelles crues.
En outre, le président de la République a mis l’accent sur l’achèvement des travaux de lutte contre les inondations dans les zones critiques comme Keur Massar et Touba, tout en ordonnant une intensification du plan d’entretien des infrastructures routières et des ouvrages de franchissement dans les zones à risque.
Dans cette même dynamique, il a instruit son Premier ministre, Ousmane Sonko, d’organiser, dès avril prochain, un Conseil interministériel consacré à la prévention des inondations et à la relance des actions du Comité national de prévention des inondations.
Reste à voir si cette nouvelle stratégie portera ses fruits lorsque l’hivernage frappera à la porte du Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°432 – 28/03/2025

🔴 RECOMMANDATIONS PHARES EN CONSEIL DES MINISTRES : DIOMAYE « S’APPROPRIE » L’HIVERNAGE 2025
🔴 LOI PORTANT AMNISTIE / « LES PROPOSITIONS DE LOI ‘INTERPRÉTATIVE’ SONT JURIDIQUEMENT LAMENTABLES ET MORALEMENT INJUSTES » : BIRAHIM SECK EXIGE L’ABROGATION

🔴 ORGANISATION DE LA CAN U20 2025 : L’ÉGYPTE SE PRÉPARE À L’ACCUEIL
🔴 LUTTE / REUG REUG VS BOY NIANG 2 : NOUVELLE DATE POUR UN FACE-À-FACE

L’Etat du Sénégal lance un emprunt obligataire de 150 milliards pour financer ses investissements en 2025

Dans une initiative visant à renforcer les ressources internes pour financer ses projets de développement, l’État du Sénégal a lancé ce jeudi son premier emprunt obligataire par appel public, en partenariat avec Invictus Capital & Finance SA. Ce lancement s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de mobilisation de fonds locaux pour soutenir les investissements prévus dans le budget de l’année 2025. Le montant de l’emprunt s’élève à 150 milliards de FCFA.

Cet emprunt obligataire, d’une importance capitale, représente une démarche symbolique du gouvernement sénégalais, qui mise sur le patriotisme économique pour mobiliser l’épargne nationale en faveur du financement de projets structurants pour le pays. À travers cette initiative, le gouvernement cherche à assurer une stabilité financière tout en soutenant les grands chantiers de développement dans des secteurs essentiels comme les infrastructures, l’éducation et la santé.

Les obligations émises offrent des taux d’intérêt attractifs, variant entre 6,40 % et 6,95 %, un taux compétitif qui devrait susciter l’intérêt des investisseurs, aussi bien institutionnels que particuliers. Cette levée de fonds est un moyen de sécuriser un financement à long terme pour l’État, tout en garantissant des rendements intéressants aux investisseurs.

L’opération sera pilotée par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT), sous la supervision du Ministère des Finances et du Budget. Le rôle d’arrangeur principal et de chef de file a été confié à Invictus Capital & Finance, une société de renommée sur le marché financier régional de l’UEMOA. Ce partenariat stratégique avec Invictus Capital & Finance témoigne de la confiance placée dans leur expertise pour gérer cette opération d’envergure.

Les obligations émises dans le cadre de cet emprunt seront cotées à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), ce qui garantit leur liquidité et les rend particulièrement attractives pour les investisseurs. Ce choix de cotation à la BRVM permet également d’assurer une certaine transparence dans la gestion des fonds récoltés.

Si cet emprunt connaît le succès escompté, il pourrait jouer un rôle clé dans la réduction du déficit budgétaire de l’État, tout en soutenant des investissements vitaux pour la croissance économique du pays. Il permettra également de garantir une stabilité budgétaire à long terme, à condition que les ressources récoltées soient utilisées de manière optimale et transparente, contribuant ainsi à renforcer la confiance des marchés financiers.

Invictus Capital & Finance, qui n’en est pas à sa première opération d’envergure sur le marché financier de l’UEMOA, a déjà piloté plusieurs emprunts obligataires pour des entités comme le Port Autonome de Dakar, Sonatel, et même pour l’État du Sénégal. Ces précédentes opérations témoignent de l’expérience et du savoir-faire de la société, qui joue un rôle clé dans le dynamisme du marché financier régional.

Ce premier emprunt obligataire de 150 milliards de FCFA, lancé dans un contexte économique en évolution, marque une étape importante pour l’État du Sénégal, qui espère ainsi renforcer sa capacité à financer ses projets de développement tout en attirant davantage d’investissements dans le pays.

Diamniadio : Démantèlement d’un réseau Qnet, sept membres en garde à vue

Le mercredi 26 mars 2025, la brigade de gendarmerie de Diamniadio a mené une opération de grande envergure pour démanteler un réseau d’escrocs affilié à QNET, une entreprise très controversée en raison de ses pratiques commerciales, souvent accusées d’être liées à un système de vente pyramidale. Cette intervention fait suite à une plainte déposée par un individu dont la disparition avait éveillé des soupçons d’implication dans les activités frauduleuses du réseau.

L’enquête menée par les autorités a permis d’identifier un domicile situé à Darou Salam Sant Yallah, une localité proche de Diamniadio, qui servait de base d’opérations pour le réseau. Lors de l’intervention des gendarmes, une trentaine de personnes ont été découvertes sur place. Parmi elles, se trouvaient seize (16) ressortissants de Guinée-Bissau et vingt-deux (22) Sénégalais, dont onze (11) femmes. Ces individus se retrouvaient dans cette maison après avoir été attirés par les promesses d’une formation et d’opportunités d’investissement via les produits prétendument proposés par QNET.

Cependant, ces victimes se sont rapidement aperçues qu’elles avaient été dupées. Au total, elles auraient versé des sommes considérables atteignant jusqu’à 2,5 millions de FCFA en échange de formations et de produits qui ne leur ont jamais été livrés. Les escrocs promettaient des gains rapides et élevés, mais ces promesses se sont avérées être des leurres destinés à soutirer de l’argent à des personnes vulnérables.

Dans le cadre de cette opération, sept (07) membres du réseau ont été arrêtés et placés en garde à vue. Ces arrestations ont permis de démanteler une partie de l’organisation, mais le principal instigateur du réseau a réussi à fuir avant l’arrivée des gendarmes. Des recherches sont actuellement menées pour localiser cet individu, qui est désormais activement recherché par les forces de l’ordre.

L’intervention a été saluée pour sa rapidité et son efficacité, mettant en lumière un phénomène d’escroquerie de grande envergure qui touche de nombreuses personnes à travers le pays. Ce type de fraude est particulièrement pernicieux, car il exploite la crédulité des victimes en leur offrant des perspectives de richesse facile, avant de les laisser dans une situation financière précaire, sans aucun recours.

La brigade de gendarmerie de Diamniadio a déclaré poursuivre ses efforts pour démanteler les autres réseaux similaires et sensibiliser le public aux dangers de ces pratiques frauduleuses. La gendarmerie a également invité les citoyens à signaler toute activité suspecte liée à QNET ou d’autres systèmes semblables.

Cette opération de la gendarmerie de Diamniadio constitue un rappel important de l’importance de rester vigilant face aux offres commerciales qui semblent trop belles pour être vraies et met en exergue la nécessité de renforcer les mesures de contrôle et de répression contre les arnaques financières dans le pays.

Université Assane Seck de Ziguinchor : Le recteur annonce la réception imminente des nouveaux espaces pédagogiques

Le recteur de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), le Professeur Alassane Diédhiou, a annoncé une excellente nouvelle concernant les chantiers de l’institution. Ces derniers, entamés en 2015 dans le cadre du Programme de gouvernance et de financement de l’enseignement supérieur (PGF-SUP), sont désormais sur le point d’être réceptionnés.

Les nouveaux espaces pédagogiques, conçus pour améliorer les conditions d’enseignement, comprennent des infrastructures modernes pour deux Unités de Formation et de Recherche (UFR) : l’UFR des Sciences et Technologies (ST) et l’UFR des Sciences Économiques et Sociales (SES). Ces équipements comprennent 46 bureaux, un amphithéâtre de 500 places entièrement équipé, ainsi que plusieurs amphithéâtres de 150 places en cours d’aménagement. Des salles de travaux dirigés (TD) et de travaux pratiques (TP) sont également prévues, toutes dotées de climatisation, de connexion Wi-Fi et de mobilier neuf.

Le recteur, satisfait de la qualité des équipements installés, a précisé que les derniers ajustements nécessaires dans les amphithéâtres de 150 places seront finalisés avant la reprise des cours. Il a également évoqué un retard dans l’occupation des locaux, dû à des problèmes d’alimentation électrique. Toutefois, ce blocage a été récemment levé grâce à l’installation de deux transformateurs fournis par le ministère de l’Énergie.

Avec la résolution de cette problématique, M. Diédhiou a affirmé que l’une des principales revendications des étudiants était désormais réglée. Avant la rentrée du 7 avril, tous les bâtiments seront réceptionnés et trois UFR pourront démarrer leurs cours dès ce mois. Une avancée significative pour l’université, qui renforce ainsi son engagement en faveur de l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal.

La dérive du pouvoir : « Depuis quand dire à un menteur qu’il ment est devenu une insulte ? », par Mansour Faye

En août 2023, un groupe d’intellectuels sénégalais avait lancé une pétition dénonçant ce qu’ils appelaient des « dérives » du Président Macky Sall, qu’ils jugeaient nuisibles pour les acquis démocratiques du Sénégal. Leur mobilisation était animée par des préoccupations légitimes concernant l’État de droit et les libertés publiques, mais un an après, force est de constater que leurs accusations n’ont pas été étayées par des preuves solides. Aujourd’hui, face à l’absence de faits concrets, il est légitime de se demander si ces intellectuels n’ont pas été manipulés eux-mêmes par des forces occultes, un jeu de pouvoir savamment orchestré par le président Macky Sall et ses alliés.

Les accusations de « dérives » portées contre le gouvernement de Macky Sall semblent, avec le recul, reposer uniquement sur des suspicions et non sur des éléments factuels. Aucun rapport officiel n’a validé ces allégations. Cela soulève une question cruciale : pourquoi tant d’efforts pour accuser sans fondement un régime qui, malgré ses controverses, semble maîtriser les rouages de l’État à son avantage ?

Il est nécessaire de rappeler certains faits : Le président Macky Sall, surnommé « SAS demi-dieu » par ses détracteurs, a fait preuve à plusieurs reprises de comportements qui laissaient à désirer. Entre simulations de maladies et gestes calculés pour attiser les tensions sociales, le président a semblé vouloir manipuler l’opinion publique et créer un climat de crise. Son arrestation et ses provocations, comme celle des menottes ostensibles lors de sa première convocation, ont provoqué des émeutes et un véritable chaos dans le pays.

Les scènes de Bignona, où le président faisait semblant de tomber malade, sont devenues des symboles de son stratagème pour manipuler les masses. Pendant ce temps, les conséquences de ses actions ont affecté non seulement la stabilité du pays, mais aussi sa réputation internationale.

Pire encore, l’attitude du président pendant la période de couvre-feu, lorsqu’il a évoqué un mal de dos imaginaire pour justifier ses actions, montre bien l’écart entre la réalité des faits et les justifications publiques données par le gouvernement. Ces manipulations, loin d’être isolées, témoignent d’un mode opératoire qui cherche à détourner l’attention du peuple et à détourner les critiques.

La situation ne se limite cependant pas à ces dérives personnelles. De nombreuses personnalités de l’opposition, telles que Farba Ngom et Moustapha Diakhaté, ont été emprisonnées pour des accusations infondées, mettant en lumière une gestion autoritaire et injuste. Quant à mon propre cas, je fais l’objet d’une privation de liberté sans justification légale, ce qui traduit l’ampleur de la dérive autoritaire actuelle.

Le plus préoccupant reste l’attaque contre la cohésion sociale. Un ministre de l’État a publiquement exprimé ses frustrations en mentionnant « enfin, un Diola », un propos qui semble anodin, mais qui revêt un caractère extrêmement inquiétant dans un pays qui a toujours mis en avant l’unité nationale. Ce discours ethnique, qui divise plutôt que de rassembler, ne fait qu’exacerber les tensions sociales et fragilise davantage la stabilité du Sénégal.

Face à cette situation, il est évident que le pays est pris dans un tourbillon de populisme et d’inefficacité gouvernementale. Les réformes économiques imposées par le FMI, tout en étant nécessaires, risquent de précipiter le pays dans une crise encore plus profonde. Le Sénégal, autrefois un modèle en Afrique de l’Ouest, se trouve dans une situation de plus en plus inconfortable.

Aujourd’hui, il est impératif que le peuple sénégalais se réveille et prenne conscience de l’urgence de la situation. Il est temps d’agir pour stopper cette dérive qui menace les fondements mêmes de notre société. Le Sénégal mérite un avenir où les valeurs de justice, d’intégrité et d’unité nationale sont respectées, et non un avenir dominé par l’arrogance du pouvoir et la division.

Le Sénégal doit retrouver sa grandeur. Les citoyens doivent se lever pour défendre ce qui reste de notre démocratie et faire en sorte que le pays ne sombre pas dans l’abîme de l’autoritarisme. Que Dieu bénisse notre nation et guide les actions de ses dirigeants vers un avenir plus prospère et juste.

Baisse du prix du riz brisé : le gouvernement renforce les contrôles pour garantir son application

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, a présidé une réunion cruciale du Conseil national de la Consommation ce jeudi à Dakar, lors de laquelle une nouvelle décision concernant le prix du riz brisé a été prise. En effet, après des discussions approfondies, il a été décidé de réduire le prix du riz brisé, fixant désormais le kilogramme à 350 FCFA, contre 410 FCFA auparavant, soit une réduction de 60 FCFA par rapport aux prix pratiqués en janvier. Cette baisse représente une réduction de 22,5 % du prix, une mesure qui vise à alléger le pouvoir d’achat des Sénégalais face aux prix des produits de consommation courante. En termes concrets, cette réduction se traduit par une baisse d’environ 5 000 FCFA sur le prix du sac de riz, qui était jusque-là vendu aux alentours de 22 000 FCFA et sera désormais proposé à environ 17 000 FCFA.

Pour garantir l’application effective de cette nouvelle mesure et veiller à ce que la réduction du prix soit respectée par tous les acteurs du secteur, le ministre Serigne Gueye Diop a annoncé un renforcement des dispositifs de contrôle des prix à travers tout le territoire national. Le ministère du Commerce met en place plusieurs initiatives pour surveiller cette baisse de prix. Tout d’abord, en plus des 1 000 volontaires déjà recrutés, les « Badiene Gokh » et les délégués de quartiers seront impliqués pour effectuer des contrôles sur le terrain et s’assurer que les commerçants respectent bien les nouveaux tarifs fixés par le gouvernement. Ces contrôles visent à éviter les augmentations illégales et à s’assurer que le prix du riz reste stable à 350 FCFA le kilogramme.

De plus, le gouvernement met en place des outils numériques pour renforcer la lutte contre les hausses illégales des prix. Une application en ligne sera lancée par les associations de consommateurs, permettant à chaque citoyen de signaler toute anomalie de prix et de contacter directement le ministère du Commerce pour signaler des abus.

Pour compléter ces mesures, le gouvernement a également décidé de renforcer son dispositif de contrôle économique en créant 11 nouveaux services de contrôle dans les régions. En effet, avant cette décision, le pays ne comptait que 33 services de contrôle économique répartis sur 46 départements, un dispositif jugé insuffisant face à l’ampleur des enjeux économiques actuels. Les 11 nouveaux services permettront d’améliorer la surveillance et la régulation des prix à travers l’ensemble du pays, en particulier dans les zones où la présence des services économiques était limitée.

Ces mesures ambitieuses visent non seulement à réduire le prix du riz brisé, mais aussi à garantir que cette réduction soit effective et respectée partout au Sénégal. Le gouvernement entend ainsi soulager les Sénégalais tout en veillant à préserver l’équilibre économique du secteur.

Exploitation d’argile et de calcaire : le Président Diomaye Faye annule deux décrets en faveur de Ciments du Sahel

Le Président Bassirou Diomaye Faye a décidé d’abroger deux décrets qui renouvelaient les concessions minières accordées à Ciments du Sahel (CDS) pour l’exploitation de l’argile et de la latérite à Thicky ainsi que du calcaire à Kirène. Ces décrets, signés le 26 mars 2024, soit deux jours après l’élection présidentielle, avaient soulevé de nombreuses interrogations quant à leur légalité et leur conformité avec la législation en vigueur.

Les concessions minières attribuées à Ciments du Sahel remontent à l’année 2000, avec l’octroi d’un premier décret d’exploitation basé sur le Code minier de 1988. Cependant, le décret n° 2024-782, qui renouvelait cette concession pour 25 ans à compter du 23 février 2025, se fondait sur une législation obsolète, pourtant abrogée depuis plus de 20 ans.

En effet, le Code minier de 1988 a été remplacé successivement par la loi n° 2003-36 du 24 novembre 2003, puis par la loi n° 2016-32 du 08 novembre 2016, en vigueur au moment de la signature du décret. De plus, les dispositions du Code minier communautaire de l’UEMOA, adoptées en juin 2023, stipulent clairement que la durée maximale d’un permis d’exploitation est de 20 ans, avec un renouvellement limité à 10 ans.

Ainsi, le décret 2024-782, accordant une prolongation de 25 ans, était contraire aux textes législatifs nationaux et communautaires, ce qui a justifié son annulation par le Président Diomaye Faye.

Le même raisonnement a été appliqué au décret n° 2024-783, qui renouvelait pour 25 ans la concession minière de Ciments du Sahel à Kirène, lui permettant d’exploiter le calcaire. Là encore, l’acte ne respectait pas les nouvelles réglementations en vigueur et a donc été annulé par le chef de l’État.

Au-delà des irrégularités juridiques, c’est le contexte de signature des décrets qui a également attiré l’attention. Ces décisions ont été prises le 26 mars 2024, deux jours seulement après l’élection présidentielle qui a vu Bassirou Diomaye Faye être élu à la tête du Sénégal.

Cette coïncidence troublante soulève des questions sur les motivations réelles ayant conduit à la signature de ces actes administratifs en toute fin de mandat. Selon le journal Libération, ces décisions auraient pu être prises dans la précipitation, favorisant ainsi Ciments du Sahel au détriment du respect strict des lois en vigueur.

Avec l’abrogation de ces deux décrets, Ciments du Sahel se retrouve sans autorisation légale pour poursuivre l’exploitation de ces ressources minières à Thicky et Kirène. L’entreprise devra probablement soumettre une nouvelle demande et se conformer aux nouvelles réglementations, notamment celles du Code minier communautaire de l’UEMOA.

Cette décision illustre la volonté du Président Diomaye Faye d’assainir la gestion des ressources naturelles et de mettre fin aux pratiques opaques dans l’octroi des concessions minières. Elle pourrait également impacter d’autres entreprises opérant dans le secteur minier, si d’autres irrégularités venaient à être découvertes.

L’annulation de ces décrets envoie un signal fort sur la nouvelle approche du gouvernement en matière de gestion des ressources naturelles. Elle marque une rupture avec certaines pratiques du passé, où des décisions stratégiques étaient prises sans tenir compte des nouvelles lois et réglementations.

Cette affaire pourrait également relancer le débat sur la transparence dans l’exploitation des ressources minières, un secteur clé pour l’économie sénégalaise, mais souvent critiqué pour son manque de rigueur dans l’attribution des permis.

Désormais, toutes les entreprises exploitant des ressources naturelles au Sénégal pourraient être soumises à une réévaluation stricte afin de s’assurer du respect des lois et des intérêts nationaux.

Affaire Abdou Nguer : Convoqué au Commissariat central de Dakar, le chroniqueur entendu puis relâché

Le chroniqueur Abdou Nguer a été convoqué au Commissariat central de Dakar ce mercredi 26 mars 2025 dans le cadre d’une plainte pour injures déposée par Azoura Fall. Après près de sept heures d’audition, il a finalement regagné son domicile, sans être placé en garde à vue. Cette convocation, qui a suscité une vive attention médiatique, s’inscrit dans un climat de tensions verbales entre les deux hommes.

L’affaire prend sa source dans des échanges houleux entre les deux protagonistes. Azoura Fall accuse Abdou Nguer de l’avoir insulté publiquement à travers des déclarations considérées comme diffamatoires et offensantes. Ce dernier, bien connu pour ses prises de parole tranchantes dans le paysage médiatique sénégalais, aurait tenu des propos jugés dégradants et injurieux, ce qui a poussé Azoura Fall à porter plainte.

D’après les premiers éléments de l’enquête, la tension entre les deux hommes aurait débuté lorsque Azoura Fall a critiqué les employés de TFM et de Sen TV, les qualifiant de “nafekh” (hypocrites en wolof). Une attaque qui n’a pas laissé Abdou Nguer indifférent. En réponse, ce dernier aurait répliqué en remettant en question la légitimité et les origines d’Azoura Fall, tout en l’invitant à prouver ses affirmations.

Convoqué dans l’après-midi, Abdou Nguer s’est présenté aux enquêteurs accompagné de son avocat, Me Moussa Diop. Pendant plusieurs heures, il a été interrogé sur la nature exacte de ses propos et sur les intentions qui les sous-tendaient.

Face aux policiers, le chroniqueur n’a pas cherché à atténuer ses déclarations. Au contraire, il a assumé ses propos et a refusé de présenter des excuses à Azoura Fall. Selon Me Moussa Diop, son client considère que ses déclarations étaient une réponse à une attaque personnelle et qu’il ne faisait que défendre son honneur face à des accusations injustifiées.

Les enquêteurs ont tenté de comprendre si ces propos relevaient d’un simple échange verbal entre figures médiatiques ou s’ils constituaient une véritable infraction aux yeux de la loi.

Après son audition, Abdou Nguer a été autorisé à repartir librement. Les forces de l’ordre n’ont pas jugé nécessaire de le placer en garde à vue, estimant que la situation ne présentait pas de caractère urgent ou menaçant.

Cependant, l’affaire est loin d’être close. La plainte d’Azoura Fall suit son cours et il appartiendra à la justice de trancher sur une éventuelle poursuite contre le chroniqueur.

Cet épisode illustre une fois de plus les tensions qui règnent dans le paysage médiatique sénégalais, où les chroniqueurs et figures publiques n’hésitent pas à s’attaquer frontalement, parfois au détriment de la courtoisie et du respect mutuel. Il relance également le débat sur la liberté d’expression et ses limites dans un contexte où les médias sociaux amplifient les polémiques.

Si Abdou Nguer a pu rentrer chez lui après son audition, son bras de fer avec Azoura Fall pourrait bien se poursuivre devant les tribunaux.

Annulation de l’amnistie : les familles des victimes réclament justice

Un an après l’adoption de la loi d’amnistie du 6 mars 2024, qui a effacé les poursuites judiciaires liées aux violences politiques entre 2021 et 2024, le Collectif des familles des victimes refuse de tourner la page. Ce jeudi 27 mars 2025, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux d’Amnesty International Sénégal à Dakar, les membres du collectif ont réaffirmé leur opposition à cette loi, dénonçant un « déni de justice » et réclamant la traduction en justice des responsables.

Face à la presse, un membre du collectif a pris la parole, exprimant la détresse et la colère des familles endeuillées : « Nous ne demandons rien d’autre que la justice pour nos enfants, nos frères et nos maris tombés sous les balles ou disparus dans ces violences politiques. » Pour eux, l’amnistie ne fait qu’enterrer la vérité et empêche l’établissement des responsabilités.

Ce rejet catégorique de la loi est partagé par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui estiment qu’elle pourrait favoriser l’impunité et encourager de nouvelles violences. En exonérant de toute responsabilité les auteurs présumés, la loi d’amnistie prive les familles des victimes de leur droit légitime à la justice.

Au-delà de leur combat pour la justice, les membres du collectif ont également pointé du doigt certaines pratiques opportunistes. Ils ont dénoncé l’émergence de groupes accusés d’exploiter leur cause à des fins personnelles.

« Il est inacceptable que certaines personnes créent des collectifs au nom des familles des victimes uniquement pour s’enrichir », ont-ils fustigé, appelant à la vigilance et à la transparence dans la gestion des fonds et du soutien apporté aux victimes.

Malgré les obstacles, le Collectif des familles des victimes reste déterminé à poursuivre son combat. Leur objectif est clair : obtenir justice pour leurs proches et empêcher que de telles tragédies ne se reproduisent.

« Nous voulons que nos proches reposent en paix, mais cela ne sera possible que lorsque justice leur aura été rendue. »

Le débat autour de la loi d’amnistie reste brûlant au Sénégal, et la pression des familles des victimes pourrait bien remettre en question cette mesure controversée.

Lutte antidrogue : la police frappe un grand coup contre les trafiquants

Depuis quelques semaines, les forces de l’ordre sénégalaises ont intensifié la lutte contre le trafic de drogue à travers le pays. De Dakar aux confins du territoire, une série d’opérations d’envergure a permis de mettre la main sur d’importantes quantités de stupéfiants et de démanteler plusieurs réseaux actifs. Les trafiquants sont traqués sans relâche, et les saisies de drogues se multiplient, envoyant un message clair aux criminels.

Parmi les plus grosses prises de cette opération coup de poing figure l’arrestation d’Assane Bill, un trafiquant notoire bien connu des services de police. Son nom est associé à plusieurs affaires de drogue, et ses allers-retours en prison ne l’ont jamais vraiment dissuadé de reprendre son business.

En novembre 2024, il avait été arrêté à Ngor en possession de 100 grammes de haschich, 2,5 grammes de cocaïne et 10 doses de skunk. Après une brève incarcération, il avait choisi de relocaliser son trafic à Mbacké, pensant échapper à la surveillance des forces de l’ordre. Mais la traque ne s’est jamais arrêtée. Le 20 mars dernier, les policiers l’ont de nouveau interpellé, cette fois avec 18 grammes de cocaïne et deux galettes de crack. Son dossier, désormais entre les mains de la justice, pourrait cette fois-ci sceller son sort.

L’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) a poursuivi sa traque avec une vigilance accrue. À Dieuppeul, un dealer a été mis hors d’état de nuire avec 42 pierres de crack, une quantité non négligeable sur le marché noir.

Plus à l’est, dans le village de Sékoto, près de Saraya, deux Maliens tentant d’approvisionner un réseau local ont été arrêtés avec 2 paquets de kush, 400 comprimés de tramadol et 5 cornets de chanvre. Ces arrestations témoignent d’une stratégie d’expansion des trafiquants qui tentent d’essaimer leurs activités en dehors des grandes villes.

Les quartiers populaires de la capitale sont des places fortes du trafic de chanvre indien. Face à cette réalité, les forces de l’ordre ont multiplié les descentes à Pikine, Thiaroye, Keur Massar et Maristes.

Le 20 mars dernier, la plus grosse prise a été réalisée avec 81 kg de chanvre saisis lors d’une opération coup de filet. Deux jours plus tard, à Keur Massar, cinq trafiquants ont été arrêtés alors qu’ils utilisaient un véhicule de transport en commun pour dissimuler leur cargaison.

Loin de la capitale, la répression s’est également intensifiée. Dans la forêt de Porokhane, à Kaolack, 85 kg de chanvre en provenance de Casamance ont été interceptés. À Thiès, 105 kg de drogue ont été saisis entre Joal, Nianing, Mballing et Diamniadio. Même les zones reculées ne sont pas épargnées : à Fatick, 7 kg de chanvre et 140 grammes de haschich ont été confisqués à deux individus tentant de prendre la fuite à moto.

Ces saisies massives et les multiples arrestations montrent que la guerre contre la drogue ne faiblit pas au Sénégal. En seulement neuf jours, les forces de l’ordre ont réalisé des coups de filet stratégiques qui ont porté un coup sévère aux réseaux de trafic.

Comme le souligne L’Observateur, cette offensive policière est un signal fort envoyé aux trafiquants : désormais, ils devront redoubler de prudence, car les forces de sécurité ont bien l’intention de poursuivre cette traque impitoyable. Pour les autorités, l’objectif est clair : frapper fort et dur afin d’éradiquer ces circuits clandestins qui gangrènent la jeunesse sénégalaise.

Proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie : la société civile appelle les députés à surseoir à l’examen du texte et privilégier le dialogue

La proposition de loi visant à interpréter la loi d’amnistie suscite de vives réactions au sein de la société civile sénégalaise. Dans un communiqué publié ce mercredi 26 mars 2025, plusieurs organisations ont exprimé leurs préoccupations face aux tensions croissantes autour de ce débat juridique et politique. Elles exhortent l’Assemblée nationale à suspendre l’examen du texte et à mettre en place un cadre de concertation impliquant tous les acteurs concernés.

Depuis l’adoption de la loi d’amnistie n°2024-09, la question de son interprétation ou de son éventuelle abrogation continue d’alimenter le débat public. Cette loi, promulguée dans un contexte politique marqué par des tensions et des affrontements, visait à apaiser le climat national en annulant certaines poursuites judiciaires liées aux événements sociopolitiques des dernières années.

Cependant, des divergences sont apparues sur son application et son interprétation. Certains estiment que la loi a été votée sans une prise en compte équitable des différentes parties impliquées. D’autres considèrent qu’elle constitue une entrave au droit à la justice pour les victimes des violences couvertes par l’amnistie.

C’est dans ce contexte que des députés ont récemment déposé une proposition de loi interprétative visant à clarifier certains aspects du texte initial. Ce projet a immédiatement suscité des réactions contrastées, notamment de la part de la société civile, qui y voit une menace pour la stabilité sociale et appelle à la prudence.

Dans son communiqué, la société civile sénégalaise met en garde contre le climat de crispation qui entoure cette initiative législative. Elle souligne « l’existence d’un climat tendu autour de la question de l’abrogation ou de l’interprétation de la loi d’amnistie », une situation qui, selon elle, pourrait accentuer les divisions au sein de la société.

Face à ces tensions, elle appelle l’Assemblée nationale à « surseoir à l’examen de la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie » et à favoriser une approche concertée, impliquant notamment les députés, les autorités judiciaires, les leaders religieux, ainsi que les représentants de la société civile.

Cette démarche viserait à éviter une nouvelle fracture sociale en privilégiant un dialogue inclusif, où toutes les parties prenantes pourraient exprimer leurs préoccupations et propositions dans un cadre structuré.

Par ailleurs, la société civile exhorte les acteurs politiques et les médias à adopter une attitude responsable dans leurs prises de position publiques. Elle insiste sur la nécessité d’un discours apaisé, qui respecte les textes en vigueur et les droits fondamentaux des citoyens.

« La société civile invite les acteurs politiques et les médias à faire preuve de responsabilité dans toute prise de position publique, conformément aux textes en vigueur et dans le strict respect des droits et libertés fondamentales des citoyens », indique le communiqué.

Ce rappel s’adresse particulièrement aux figures politiques et aux analystes médiatiques dont les déclarations ont parfois contribué à envenimer le débat.

Enfin, la société civile exprime son attachement au respect des principes de justice et d’équité dans l’application de la loi d’amnistie. Elle insiste sur le fait que tout acte de nature criminelle ou correctionnelle couvert par cette loi doit être examiné de manière impartiale, sans distinction et conformément aux engagements internationaux du Sénégal.

Elle rappelle que l’État sénégalais a ratifié plusieurs conventions internationales garantissant les droits des victimes et l’obligation de rendre justice, notamment en cas de violations graves des droits humains.

« La société civile reste soucieuse de voir sanctionner tous les faits de nature criminelle ou correctionnelle couverts par la loi d’amnistie n°2024-09, sans aucune distinction et quels qu’en soient les auteurs, dans le respect des conventions et accords internationaux signés et ratifiés par l’État du Sénégal », conclut le communiqué.

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités étatiques ou des députés à l’origine de la proposition de loi n’a été enregistrée. Toutefois, cette sortie de la société civile pourrait accentuer la pression sur l’Assemblée nationale et influencer les décisions à venir.

Dans les prochains jours, il sera déterminant d’observer si les parlementaires maintiendront l’examen du texte ou s’ils opteront pour une concertation nationale, comme le réclame la société civile. Une chose est certaine : cette question ne manquera pas de marquer l’actualité politique sénégalaise dans les semaines à venir.

AFFAIRE DE LA PRÉSUMÉE « DETTE CACHÉE » : L’APR met sur la table du FMI plus de 100 kg de documents explosifs !

Dans un contexte de tensions politiques et économiques, l’Alliance pour la République (APR) déploie une offensive pour contrer les accusations de leurs successeurs sur une présumée « dette cachée ». Selon des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », le parti met en avant plus de 150 kg de documents afin de se défendre. Une lettre confidentielle a été adressée au FMI, dans laquelle l’APR exige une rencontre pour clarifier les enjeux liés à la gestion de la dette publique et mettre en lumière ce qu’elle considère comme des manipulations.

L’Alliance pour la République (APR) semble plus que déterminée à contester vigoureusement les accusations formulées par leurs successeurs à la tête du Sénégal. Selon des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », une rencontre stratégique avec le Fonds monétaire international (FMI), minutieusement négociée au plus haut niveau, est en train de se mettre en place. Celle-ci serait accompagnée de pas moins de cent cinquante (150) kilogrammes de documents considérés comme des « preuves accablantes » contre le tandem Diomaye-Sonko, à en croire notre interlocuteur. Ces documents, dont le contenu demeure jusqu’à présent confidentiel, devraient permettre à l’APR de remettre en cause les conclusions du rapport de la Cour des comptes et d’éclairer certains aspects de l’enquête.
En effet, l’objectif affiché par l’APR est de rétablir la vérité et de clarifier certains points cruciaux sur la gestion des finances publiques. Le parti entend ainsi prouver que les accusations formulées contre les anciens responsables de l’exécutif sont basées sur des faits incomplets ou déformés.
D’après notre source, leur parti va mettre en lumière les « manipulations destinées à nuire à son image et à celle de ses membres ». En effet, rappelle-t-elle, le rapport de la Cour des comptes mis à la disposition du public ne comporte pas de signature et tous les présidents de chambre n’ont pas participé à son élaboration. Elle insiste sur le fait que les documents que l’APR s’apprête à soumettre au FMI pourraient mettre en exergue les incohérences dans le rapport de la Cour des comptes, notamment en ce qui concerne les procédures suivies dans l’enquête. La formation politique critique particulièrement l’absence de consultation des anciens ministres et directeurs des Finances, arguant que ce manquement porte atteinte à l’un des principes fondamentaux de la justice, à savoir le respect du contradictoire.

LA MISSIVE

Une lettre confidentielle, envoyée hier, mercredi, par l’APR à Majdi Debbich, le représentant résident du FMI à Dakar, souligne ces points susmentionnés et demande expressément une rencontre avec les experts du Fonds pour discuter des conclusions du rapport de la Cour des comptes. Le contenu de cette lettre est une attaque directe contre la gestion des statistiques économiques et financières par les actuelles autorités gouvernementales, et ce, en particulier concernant la dette publique. Le parti met en cause les manipulations présumées du Gouvernement « Sonko 1 » faisant croire à l’opinion que le FMI aurait validé les conclusions du rapport de le Cour des comptes. Ce qui n’est, d’après l’APR, absolument pas le rôle de cette institution financière.
L’APR insiste sur le fait que le FMI n’a pas pour prérogative de valider officiellement les chiffres de la dette publique, mais qu’il se limite à discuter avec les autorités sénégalaises et à proposer des réformes en fonction de l’état des finances publiques. En ce sens, le parti dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du FMI par le Gouvernement pour appuyer ses propres conclusions et discréditer les anciens responsables de l’administration publique.
Pour terminer, la source du « Dakarois Quotidien » affirme que pour l’APR, il ne s’agit pas simplement de défendre une position, mais de rétablir la vérité et de préserver la réputation du Sénégal sur la scène internationale. Elle précise que, contre vents et marées, leur parti va défendre la transparence car cette situation dépasse les simples enjeux politiques internes, et qu’elle pourrait avoir des conséquences considérables pour la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale.
In fine, si les accusations formulées par la Cour des comptes sont jugées fondées par les partenaires internationaux du Sénégal, le pays pourrait se retrouver isolé sur le plan diplomatique et économique.
La rencontre avec le FMI, qui devrait prochainement avoir lieu, pourrait avoir un nouveau rebondissement dans cette affaire. Ce dossier est loin d’être clos et les enjeux sont de taille !

Penda THIAM

LIBERTÉ PROVISOIRE DE LAT DIOP : Ballon-sonde ou réelle issue ?

Lat Diop, ancien Directeur Général de la LONASE, incarcéré depuis septembre 2024, a bénéficié d’une mesure de liberté provisoire. Toutefois, cette décision n’est pas définitive et s’accompagne de conditions strictes, notamment le port d’un bracelet électronique. Alors que certains ont laissé entendre qu’il aurait déjà quitté la prison, il apparaît en réalité que Lat Diop reste sous écrou, en attendant l’éventualité d’un recours en cassation par le parquet général.
Une situation qui amène à se poser une question : est-ce une manœuvre visant à sonder l’opinion, plus précisément des « pastefiens », quant à cette décision de liberté provisoire ?
Il convient de noter que la décision de libération pourrait être annulée si le parquet général décide de former un pourvoi en cassation. Ce dernier dispose, en effet, d’un délai de six jours pour contester la mesure devant la Cour suprême. Ce qui laisserait le sort de Lat Diop suspendu, en fonction de l’issue de ce recours.
Si le parquet ne fait pas appel de la décision, l’ancien ministre des Sports pourrait passer la fête de la Korité auprès de sa famille, dans l’intimité de son domicile.


La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°431 – 27/03/2025

🔴 RENCONTRE AVEC LE FMI POUR « RÉTABLIR LA VÉRITÉ » : L’APR BRANDIT 150 KG DE DOCUMENTS EXPLOSIFS !
🔴 LIBERTÉ PROVISOIRE PRONONCÉE PAR LA CHAMBRE D’ACCUSATION FINANCIÈRE : LAT DIOP « TENU EN OTAGE » PAR LE PARQUET

🔴 SÉNÉGAL VS TOGO : DES INCIDENTS ONT FAILLI GÂCHER LA RENCONTRE
🔴 COUPE DE LA LIGUE (5e J.) : L’AS KAFFRINE SURPREND CASA SPORTS

Gestion du prochain hivernage : Le Président Diomaye Faye appelle à une préparation rigoureuse pour prévenir les inondations

Dans le cadre de la gestion du prochain hivernage et face à la menace des inondations, le Président Diomaye Faye a lancé un appel à une préparation rigoureuse, en mettant en avant la nécessité d’une anticipation, d’une organisation méticuleuse et de mesures immédiates pour faire face aux défis à venir. Lors de la réunion hebdomadaire des ministres tenue à la Présidence de la République, il a abordé de manière détaillée les actions à mettre en place pour éviter les conséquences dramatiques des inondations, qui ont causé de nombreux dégâts lors des précédents hivernages.

Selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Njekk Sarré, le Président Faye a donné des instructions fermes au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Ce dernier est chargé d’engager sans délai les opérations de pré-hivernage sur l’ensemble du territoire national. Il a insisté sur l’importance de réaliser les opérations de curage des ouvrages d’assainissement en temps voulu, sous le contrôle de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), afin de prévenir les risques d’inondations.

Le Président Faye a également souligné la nécessité d’adopter une approche systémique dans la gestion des inondations. Cela implique une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués dans la gestion des risques et des ouvrages hydrauliques, notamment avec les organismes de bassins tels que l’OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal) et l’OMVG (Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Gambie). Le suivi du réseau hydrographique national devra intégrer les prévisions de risques de crues dans la stratégie nationale de prévention.

Le Chef de l’État a également attiré l’attention sur les zones particulièrement vulnérables aux inondations, telles que les départements de Keur Massar et Mbacké. Il a insisté sur la nécessité de finaliser les projets et programmes en cours dans ces zones sensibles, en particulier à Keur Massar Sud et dans les Unités 3 des Parcelles Assainies, ainsi qu’à Touba, dans le département de Mbacké.

Le Président Faye a également donné des instructions au Ministre en charge des Infrastructures pour accélérer l’exécution du Plan d’entretien et de réhabilitation des ouvrages de franchissement dans les zones vulnérables, afin de garantir une circulation fluide et sécurisée en période de fortes pluies.

Dans un souci de coordination et de mise en œuvre efficace des stratégies, le Président a demandé au Premier Ministre de tenir, au courant du mois d’avril 2025, un Conseil interministériel sur la prévention des inondations. Ce Conseil permettra de renforcer les actions de terrain du Comité national de prévention des inondations, et de mettre en place des mesures pratiques pour protéger les populations et leurs biens contre les risques d’inondations.

Le Président Diomaye Faye a réitéré l’importance d’une préparation rigoureuse et d’une vigilance constante pour limiter les effets des inondations. En mettant l’accent sur la planification précoce et la mobilisation des ressources nécessaires, il a encouragé les ministères concernés à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir une gestion optimale de la saison des pluies. Ce dispositif préventif vise à renforcer la résilience des infrastructures et des communautés face aux catastrophes naturelles liées à l’hivernage, et à limiter les pertes humaines et matérielles.

Conseil des ministres : le Premier ministre insiste sur l’accélération des projets stratégiques

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des projets prioritaires inscrits dans le référentiel Vision Sénégal 2050. Il a exhorté l’ensemble des ministères à travailler de manière coordonnée afin de favoriser l’émergence rapide de résultats concrets à travers les projets catalytiques et les projets « quick wins », considérés comme des leviers stratégiques pour le développement du pays.

Le Premier ministre a insisté sur douze chantiers prioritaires, englobant des secteurs tels que l’agriculture, le numérique, la santé et l’environnement. L’objectif est d’intégrer ces projets dans une démarche budgétaire cohérente, alignée sur l’Agenda national de transformation du Sénégal.

Les projets catalytiques concernent les grandes réformes structurelles et initiatives à fort impact économique et social, tandis que les quick wins visent des résultats rapides et tangibles, notamment en matière d’infrastructures, de modernisation des services publics et d’appui aux populations vulnérables.

Dans le cadre du renforcement de l’équité sociale, le gouvernement a activé les programmes PROGRES et 1000 coopératives solidaires, visant particulièrement les femmes, les jeunes et les populations vulnérables.

Face à la persistance de la pauvreté en milieu rural, le Premier ministre a annoncé la mise en place d’un nouveau cadre de gouvernance destiné à optimiser les interventions des pouvoirs publics et des partenaires au développement.

Le Premier ministre a également évoqué la nécessité d’une maîtrise rigoureuse des dépenses publiques. Il a rappelé les instructions du président de la République concernant la rationalisation des coûts de fonctionnement de l’État et l’optimisation des recettes fiscales.

Dans cette optique, le gouvernement travaille à la modernisation du système de collecte des recettes, en misant notamment sur la digitalisation. Cette réforme permettra d’améliorer la transparence, de lutter contre la fraude fiscale et d’augmenter les ressources disponibles pour financer les projets stratégiques du pays.

À travers ces mesures, le gouvernement réaffirme sa volonté d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles, tout en garantissant un développement inclusif et durable. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité pour tous les ministères de travailler en synergie, afin d’assurer une mise en œuvre efficace des projets, dans une logique de résultats concrets et mesurables.

Dette publique et rapport de la Cour des Comptes : l’APR demande une réunion avec le FMI

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) a officiellement saisi le Fonds Monétaire International (FMI) pour solliciter une réunion de travail sur les conclusions du rapport de la Cour des Comptes portant sur la gestion des finances publiques entre 2019 et 2023. L’APR conteste vigoureusement les accusations formulées contre l’ancien régime et dénonce une procédure qu’elle juge biaisée et non conforme aux règles de transparence.

Selon le communiqué du SEN, le FMI a publié un compte-rendu de sa mission au Sénégal et a précisé qu’il n’avait en aucun cas validé les chiffres du rapport de la Cour des Comptes. L’organisation financière aurait uniquement constaté et analysé les données fournies par le gouvernement actuel, sans se prononcer sur leur exactitude.

L’APR insiste sur le fait que le FMI ne joue pas un rôle de validation officielle des statistiques de la dette publique, mais se limite à discuter des chiffres avec les autorités et à proposer des réformes. Dans cette optique, le parti dénonce des manipulations orchestrées par le gouvernement pour faire croire que le FMI aurait confirmé les conclusions du rapport.

Face à cette situation, l’APR a adressé une lettre officielle au représentant résident du FMI à Dakar, Majdi Debbich, pour contester le rapport de la Cour des Comptes et demander une rencontre avec les experts du FMI. Cette réunion devrait permettre aux anciens ministres et hauts responsables du régime de Macky Sall de présenter leurs arguments et de réfuter les accusations.

L’APR évoque plusieurs manquements dans la procédure d’audit menée par la Cour des Comptes, notamment :

  • Le non-respect du Code de transparence dans la gestion des finances publiques, en vigueur depuis 2012.
  • L’absence de consultation des anciens ministres et directeurs des Finances durant l’enquête, en violation du principe du contradictoire.

Le parti affirme disposer d’éléments de preuve irréfutables pour démonter ce qu’il considère comme une manœuvre politicienne et rétablir la crédibilité de la signature du Sénégal sur la scène internationale.

Cette prise de position du parti de l’ancien président Macky Sall intervient alors que la question de la dette cachée de plus de 4000 milliards de FCFA continue de susciter un vif débat au Sénégal. Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko ont pointé du doigt une mauvaise gestion des finances publiques sous l’ancien régime, ce qui a conduit à la suspension des discussions sur un nouveau programme d’aide avec le FMI.

L’APR, de son côté, perçoit ces accusations comme une instrumentalisation politique visant à ternir son bilan et à justifier les difficultés économiques actuelles.

L’issue de cette confrontation dépendra en grande partie de la réaction du FMI et des éléments que l’APR pourra apporter lors de la réunion demandée. En attendant, ce dossier continue de polariser le débat politique et économique au Sénégal, avec en toile de fond les conséquences de la gestion passée et les défis financiers du nouveau régime.

Aliou Tine interpelle les anciens ministres : « Où sont passés les 4000 milliards de dette cachée ? »

L’affaire de la dette cachée de plus de 4000 milliards de francs CFA continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Aliou Tine, président d’Afrikajom Center, a interpellé les anciens ministres du régime de Macky Sall, leur demandant des comptes sur cette dette qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) et la Cour des Comptes, aurait été dissimulée entre 2019 et 2024.

Dans une déclaration publiée sur X (anciennement Twitter), Aliou Tine a exigé des explications claires et transparentes sur cette affaire qui jette le doute sur la gestion financière de l’ancien gouvernement. Il a notamment appelé Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse et proche du pouvoir déchu, à s’expliquer sur l’usage de ces milliards dissimulés. « Nous devons savoir ce qu’on a fait de cette dette cachée », a-t-il lancé, ajoutant que le silence des responsables de l’ancien régime était inacceptable face aux attentes des Sénégalais.

Le rapport de la Cour des Comptes, publié en février 2025, a révélé que le gouvernement précédent avait faussé les chiffres du déficit budgétaire et de la dette publique entre 2019 et 2024. Selon ce document, la dette réelle du Sénégal aurait été volontairement sous-évaluée, permettant ainsi à l’État de contracter davantage de prêts auprès des partenaires financiers internationaux.

Le chef de mission du FMI au Sénégal, Edward Gemayel, a confirmé ces manipulations budgétaires, expliquant que le gouvernement de Macky Sall avait utilisé des méthodes opaques pour masquer l’ampleur de l’endettement. Selon lui, cette dette cachée s’élèverait à environ 7 milliards de dollars (plus de 4000 milliards de FCFA), un montant colossal qui pèse lourdement sur les finances publiques.

Avec la publication de ces informations et les révélations du FMI, la pression monte sur les anciens dignitaires du régime de Macky Sall. Pourquoi ces dettes ont-elles été dissimulées ? Qui a pris ces décisions et dans quel but ? Autant de questions qui restent sans réponse officielle à ce jour.

Alors que le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye tente de rééquilibrer les finances du pays, les attentes sont fortes du côté de l’opinion publique. Certains observateurs estiment que des poursuites judiciaires pourraient être engagées si des responsabilités individuelles étaient établies dans cette affaire.

En attendant, Aliou Tine et de nombreuses voix de la société civile continuent d’exiger la vérité et un examen approfondi des comptes de l’État. Cette affaire de dette cachée pourrait bien devenir l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire récente du Sénégal.

Sénégal – FMI : Un resserrement du financement et des réformes incontournables avant un nouveau programme

La mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Édouard Gemayel, a achevé son séjour à Dakar avec un constat préoccupant : le resserrement du financement du Sénégal s’accentue, aggravé par les tensions sur les marchés régionaux, le retard des soutiens financiers extérieurs et un recours excessif aux emprunts de court terme à coût élevé.

Selon le FMI, cette situation fragilise davantage la stabilité économique du pays et impose une stratégie crédible d’assainissement budgétaire pour éviter une crise financière prolongée.

D’après Gemayel, le retour à un déficit budgétaire conforme aux critères de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) est impératif. Actuellement, la dette publique sénégalaise est jugée excessivement élevée, avec une estimation de 105,7 % du PIB à fin 2024.

Face à cette situation, le FMI recommande des réformes structurelles fortes, notamment :

  • La rationalisation des exonérations fiscales, qui coûtent des milliards à l’État chaque année.
  • La suppression progressive des subventions énergétiques, jugées « coûteuses et non ciblées ».

Ces mesures, bien que difficiles sur le plan social et politique, permettront selon le FMI de réduire les vulnérabilités macroéconomiques et de préserver les marges de manœuvre budgétaires pour les priorités de développement.

Les autorités sénégalaises ont exprimé leur volonté de négocier un nouvel accord financier avec le FMI. Toutefois, l’institution monétaire reste prudente : elle exige que le Sénégal tire les enseignements de l’audit récemment publié sur les irrégularités budgétaires de la période 2019-2023, avant de discuter d’un nouveau programme.

Le FMI a affirmé qu’il n’engagera pas de nouvelles discussions avant que des mesures correctrices ne soient mises en place pour remédier aux erreurs de déclaration budgétaire. L’examen du dossier par le Conseil d’administration du FMI sera une étape clé avant d’envisager un quelconque soutien financier.

Avec ces nouvelles exigences du FMI, le gouvernement sénégalais est désormais confronté à un défi de taille : convaincre les institutions financières internationales de sa capacité à restaurer la discipline budgétaire, tout en évitant de plomber la croissance et de fragiliser les populations par des mesures d’austérité impopulaires.

Le Sénégal, qui a connu une croissance soutenue ces dernières années grâce à l’exploitation des hydrocarbures, devra trouver un équilibre entre rigueur budgétaire et développement économique pour regagner la confiance de ses partenaires internationaux et assurer sa stabilité financière à long terme.

Sénégal – Dette publique : le FMI veut comprendre les écarts budgétaires et exiger des réformes

La mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal, dirigée par Edward Gemayel, s’est achevée ce mardi 26 mars 2025 avec un constat préoccupant : des incohérences majeures ont été relevées dans la gestion des finances publiques sénégalaises entre 2019 et 2023. Les experts du FMI ont cherché à comprendre les mécanismes ayant conduit à ces écarts significatifs sur la dette et le déficit budgétaire, alors que le rapport de la Cour des comptes publié le 12 février 2025 a révélé des données erronées transmises par l’ancien gouvernement.

D’après les conclusions du FMI, le déficit budgétaire moyen a été réévalué à la hausse de 5,6 points de PIB, tandis que la dette de l’administration centrale est passée de 74,4 % à 99,7 % du PIB à la fin de l’année 2023. L’un des aspects les plus préoccupants est la découverte de passifs non déclarés et d’emprunts cachés, représentant 25,3 points de PIB.

« Ces conclusions mettent en lumière de graves lacunes dans le contrôle budgétaire et la reddition des comptes, soulignant l’urgence de mettre en œuvre des réformes structurelles », indique le FMI dans sa déclaration.

En 2024, l’économie sénégalaise a affiché une croissance de 6 %, portée par la montée en puissance du secteur des hydrocarbures. L’inflation est restée faible, autour de 0,8 %, favorisant une certaine stabilité des prix. Cependant, le déficit budgétaire s’est établi à 11,7 % du PIB, un niveau jugé préoccupant par le FMI.

Pire encore, la dette de l’administration centrale a été estimée à 105,7 % du PIB à fin 2024, soit un niveau bien au-delà des seuils recommandés pour un pays comme le Sénégal.

Au-delà du constat, le FMI a discuté avec les nouvelles autorités sénégalaises sur les mesures correctrices à adopter. L’objectif est d’assurer plus de transparence dans la gestion des finances publiques et d’éviter que de telles pratiques ne se reproduisent à l’avenir.

La question d’une éventuelle dérogation ou d’un remboursement partiel des fonds accordés par le FMI a été évoquée, mais aucune décision officielle n’a encore été prise.

Avec ce rapport, la pression s’accentue sur le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, qui devront redoubler d’efforts pour restaurer la confiance des institutions financières internationales tout en maintenant une stabilité économique et sociale au Sénégal.

Décès de Me Khoureychi Bâ : Le barreau sénégalais en deuil

Le Sénégal vient de perdre l’une de ses figures emblématiques du monde judiciaire. Me Cheikh Khoureychi Bâ, avocat engagé et défenseur de nombreuses causes, est décédé ce mercredi 26 mars 2025 à Istanbul, des suites d’une maladie.

Me Khoureychi Bâ s’était illustré par son impliqué dans plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux liés à l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko et à d’autres affaires politiques de grande envergure. Connu pour sa droiture, son éloquence et son dévouement à la justice, il était une voix influente au sein du barreau sénégalais.

Tout au long de sa carrière, il a défendu des dossiers complexes, souvent au cœur de l’actualité nationale, et s’est battu pour le respect des droits et libertés fondamentales au Sénégal. Sa disparition est une grande perte pour la communauté judiciaire et pour tous ceux qui ont bénéficié de son expertise et de son engagement.

L’annonce de son décès a suscité une vive émotion au sein de la classe politique, du monde judiciaire et au sein du grand public. De nombreux hommages lui ont été rendus, saluant un homme de principes, un avocat dévoué et un ardent défenseur des causes qu’il portait.

En cette douloureuse circonstance, Ledakarois.sn présente ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble du barreau sénégalais. Que son âme repose en paix.

Lat Diop en passe d’obtenir une liberté provisoire sous bracelet électronique

L’ancien directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (Lonase), Lat Diop, pourrait bientôt retrouver la liberté, sous conditions. Selon des informations relayées par Dakaractu, la chambre d’accusation financière aurait donné une suite favorable à sa demande de liberté provisoire, assortie d’un port de bracelet électronique.

Toutefois, cette décision reste suspendue à un éventuel pourvoi en cassation du parquet, qui pourrait bloquer la procédure et retarder sa mise en liberté.

Lat Diop, également ancien ministre des Sports, est actuellement poursuivi dans une affaire de détournement présumé de fonds publics liés à la gestion de la Lonase. Son incarcération avait fait grand bruit, tant en raison de son poids politique que des accusations portées contre lui.

L’annonce de sa possible remise en liberté intervient alors que plusieurs figures de l’ancien régime font face à des poursuites judiciaires dans le cadre des enquêtes sur la mauvaise gestion des finances publiques.

Si ses proches et ses partisans voient dans cette décision un signe d’apaisement, d’autres estiment qu’il ne devrait pas bénéficier de cette mesure tant que l’affaire n’a pas été totalement jugée.

L’issue de ce dossier dépendra désormais de la réaction du parquet, qui pourrait décider de saisir la Cour de cassation pour contester cette décision et maintenir Lat Diop en détention.

En attendant, l’ancien ministre reste dans l’incertitude quant à son avenir judiciaire, alors que le Sénégal continue de vivre une période marquée par de nombreuses affaires liées à la reddition des comptes.

Le CDEPS dénonce le communiqué du CNRA et appelle à la préservation de la liberté de la presse

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a vivement réagi au récent communiqué du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), mettant en garde certains médias après une altercation entre un chroniqueur et un responsable politique lors d’une émission télévisée.

Dans une déclaration officielle publiée ce mercredi 26 mars 2025, le CDEPS exprime sa « profonde inquiétude » face à cette mise en garde, qu’il considère comme une tentative d’ingérence dans le travail des rédactions.

Le CDEPS rappelle que les injures, les propos diffamatoires et les atteintes à la dignité observés dans l’espace public ne sont pas un phénomène nouveau. Pourtant, le CNRA ne s’en est jamais officiellement préoccupé jusqu’à présent. L’organe de presse estime que cette réaction du CNRA fait suite à la pression d’un parti politique, ce qui compromet sa neutralité.

« Ce rappel aux médias, fait par le Président du CNRA, dans le fond comme dans la forme, est une manière insidieuse de mettre au pas la presse et de s’immiscer dans le fonctionnement interne des rédactions », souligne le CDEPS.

Le CDEPS va plus loin en dénonçant une série d’atteintes à la liberté de la presse depuis l’installation du nouveau régime. Il cite notamment des inquisitions fiscales, la privation de publicités, le non-paiement de prestations déjà effectuées, ainsi que les coupures de signaux de certaines chaînes de télévision.

Face à cette situation, le CDEPS refuse toute tentative de soumission des médias à une « liberté surveillée » et exige l’installation immédiate des huit nouveaux membres du collège du CNRA pour garantir le bon fonctionnement de l’institution.

« Ce communiqué de son Président est la preuve d’un fonctionnement bancal, voire illégal, de l’organe », dénonce le CDEPS, qui estime que le CNRA, en tant qu’instance de régulation, doit se montrer plus indépendant et impartial dans ses interventions.

Dans sa déclaration, le CDEPS réaffirme son attachement indéfectible à la liberté de la presse, qu’il considère comme un pilier essentiel de la démocratie. Il interpelle directement les autorités en leur demandant de prendre des mesures urgentes pour :

  • Garantir la sécurité des journalistes et des médias face aux menaces et aux pressions politiques ;
  • Rétablir le fonctionnement indépendant du CNRA en procédant à la nomination des membres manquants ;
  • Mettre fin aux intimidations et autres formes de répression contre la presse.

Cette prise de position marque un nouveau bras de fer entre les médias et le pouvoir. Alors que le Sénégal traverse une période de tension politique et sociale, la liberté de la presse semble être de plus en plus mise à l’épreuve.

Le CDEPS, en tant que principal représentant des médias privés au Sénégal, entend maintenir la pression sur les autorités pour défendre l’indépendance journalistique et empêcher toute tentative de museler la presse.

Communiqué du CNRA aux médias : Le CDEPS exprime son inquiétude, relève des manquements du régulateur et l’appelle à faire preuve de responsabilité.

Sénégal : Les douanes saisissent plus de 4,5 milliards FCFA en billets noirs

Les services des Douanes sénégalaises ont récemment réalisé plusieurs saisies de billets noirs d’une valeur totale dépassant 4,5 milliards FCFA, selon un communiqué de la Division de la Communication et des Relations publiques de la Direction Générale des Douanes (DGD). Ces opérations ont été menées dans plusieurs localités du pays, confirmant l’ampleur du phénomène de blanchiment de faux billets sur le territoire.

L’une des plus importantes saisies a été effectuée par la Brigade commerciale des Douanes de Sénoba, dans la région de Kolda. Les agents douaniers, alertés sur un individu transportant des billets noirs dans la localité de Ndiaye (Sédhiou), ont mené une opération d’interception.

Le suspect a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à blanchir une somme de 4 millions d’euros, soit environ 2,624 milliards FCFA. Ces fonds illicites étaient répartis comme suit :

  • 2 000 billets de 500 €
  • 15 000 billets de 200 €

Le mis en cause est actuellement en garde à vue, et une enquête est en cours pour identifier d’éventuels complices impliqués dans ce réseau de falsification de devises.

Dans la région de Kaolack, deux importantes saisies ont été réalisées par les douanes.

Le 14 mars, la Brigade mobile des Douanes du Pont Serigne Bassirou Mbacké a intercepté deux individus en possession de 1,007 milliard FCFA en billets noirs (dollars et euros) à Keur Madiabel.

Quelques jours auparavant, la Brigade commerciale de Keur-Ayip avait arrêté un faussaire tentant de blanchir 59 millions FCFA en faux billets à Boulédjé (Nioro du Rip).

Le 13 mars 2025, une opération conjointe entre la Brigade des Douanes de Pikine (Dakar-extérieur) et le Groupement polyvalent de Recherche et de Répression de la Fraude (GPR) de Thiès a permis de déjouer une tentative de blanchiment de 850 millions FCFA en billets noirs à Mékhé.

Les billets contrefaits, comprenant des coupures en euros, dollars et francs CFA, étaient destinés à une vaste opération de blanchiment. Trois personnes, dont une femme, ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

Depuis début mars, les douanes sénégalaises ont déjà mis la main sur 2,284 milliards FCFA en billets noirs lors d’opérations menées à Dakar, Gandigal et Louga.

Au total, depuis le début de l’année, près de 7 milliards FCFA en faux billets ont été saisis sur le territoire national. Ces chiffres montrent l’ampleur du phénomène du blanchiment de fausse monnaie au Sénégal et la nécessité de renforcer la surveillance aux frontières et sur l’ensemble du territoire.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 26 Mars 2025 .

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre de la Présidence de la République

Monsieur Aboubacar Djamil SANE, titulaire d’une maîtrise en Economie, est nommé Président du Conseil de surveillance de la Délégation générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), poste vacant ;
Au titre de la Primature

Monsieur Mohamed Lat Sack DIOP, Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, Maître de conférences titulaire à l’Ecole des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD), est nommé Directeur des Archives du Sénégal, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
Monsieur Mame Birame Wathie, titulaire d’un Diplôme d’Etudes supérieures en Communication et Multimédia, journaliste, est nommé Président du Conseil d’administration de la Société Sénégalaise de Presse et de Publication – Le Soleil (SSPP- Le Soleil), poste vacant. 
Monsieur Birame Khoudia LO, Enseignant, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Maison de la presse « Babacar TOURE », en remplacement de Monsieur Alioune DRAME.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
Monsieur Samba Camara, titulaire d’un Master en Nutrition, Qualité et Hygiène agro-alimentaire est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA) en remplacement de Monsieur Ismaila Mbengue Fall ;
Madame Aïcha Selbé SAGNE, Spécialiste en Gestion commerciale et Marketing est nommée Président du Conseil de surveillance de l’Agence sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX), en remplacement de Madame Mame Marième BABOU.

Au titre du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI)

Monsieur Tafsir Babacar NDOYE, Biologiste, Coordonnateur du Fonds d’Impulsion de la Recherche scientifique et technique (FIRST), matricule de solde 615 391O est nommé Directeur du Financement de la Recherche et du Développement technologique en remplacement de madame Soukeyna Dia TINE admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
Madame Benoit TINE, Professeur assimilé en Sociologie est nommée Directeur de l’Enseignement supérieur privé en remplacement de monsieur Cheikh SÈNE ;

Monsieur Ansoumana SAMBOU, Professeur des Sciences de la Vie et de la Terre, matricule de solde 696 641  Z est nommé Président du Conseil d’Orientation de l’Autorité Nationale de Biosécurité (ANB) en remplacement de monsieur Yéro Deh.


Au titre du Ministère de l’Economie sociale et solidaire

Madame Ndela DIOUF, titulaire d’un Master en Ingénierie financière, Gestionnaire de projets, est nommée Directeur du Fonds d’Impulsion de la Microfinance en remplacement de monsieur Ndiamé NDIAYE.

Au titre du Ministère de l’Education nationale
Monsieur Baba THIAM, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde 516192, précédemment Inspecteur de l’Education et de la Formation de Mbour 1, est nommé Directeur des Ressources Humaines au ministère de l’Education nationale, en remplacement de Monsieur Serigne Saïbou BADIANE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement du Territoires

Monsieur Ousmane KEBE, Professeur d’Enseignement secondaire, est nommé Président du Conseil de surveillance de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics en remplacement de Monsieur Baba NDIAYE ;

Monsieur Baye Mayoro DIOP, Chancelier des Affaires étrangères, titulaire d’un Master en Gestions des conflits, est nommé Directeur de la Coopération décentralisée au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoires, en remplacement de monsieur Pape Ngor THIAO, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur Mouhamadou Lamine DIAGNE, titulaire d’un MBA en Gouvernance et Relations internationales est nommé Président du Conseil d’Orientation du Fonds d’Habitat Social en remplacement de madame Anta  Sarr DIACKO ;

Madame Khadija Mahécor DIOUF, titulaire d’un Master en Suivi évaluation, est nommée Président du Conseil de surveillance de l’Agence de Développement Local (ADL), poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique

Monsieur Abou BA, Administrateur civil, matricule de solde 661 348/F, est nommé Directeur des Libertés publiques et de la Législation, poste vacant ;
Monsieur Ibrahima BALDE Administrateur civil, matricule de solde 722 162/J, est nommé Directeur de la Formation et de la Communication à la Direction générale des Elections, poste vacant ;
Madame Khoudia LEYE, Administrateur civil, matriculede solde n°744 884/, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjoint au Gouverneur de la région de SaintLouis chargé du Développement, poste vacant.

Monsieur Christian Fernand Jonhson Tiburce DIATTA, Administrateur civil, matricule de solde n°618 678/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Préfet du Département de Bambey, région de Diourbel, poste vacant ;
Monsieur          Amadou          KA,     Secrétaire          d’Administration,          matricule          de          solde 
n° 661 447/F, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Mbour, région de Thiès, est nommé SousPréfet d’arrondissement de Kataba 1, Département de Bignona, en remplacement de Monsieur Alassane ANNE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
Monsieur         Diadji         GUEYE,         Secrétaire         d’Administration,         matricule         de         solde 
n° 661 425/F, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Thiès, est nommé Sous-Préfet d’arrondissement de Koudiaba Ouoloff, Département de Koumpentoum, poste vacant ;
Monsieur Mouhamadou Lamine DIOP, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 681 468/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Ziguinchor, est nommé Sous-Préfet d’arrondissement de Ndande, Département de Kébémer, en remplacement de Monsieur Mamadou BADIANE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
Monsieur Mamadou Lamine NGOM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 666 130/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Dakar, est nommé Sous-Préfet d’arrondissement de Lambaye, Département de Bambey, en remplacement de Monsieur Cheikh Anta DIENG, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
Monsieur Moustapha NIANG, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 681 469/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Pikine, est nommé Sous-Préfet d’arrondissement de Djibanar, Département de Goudomp, en remplacement de Monsieur Amadou GOUDIABY, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
Monsieur Issakha TANDIAN, Maitre d’enseignement technique professionnel, matricule de solde n° 615 477/F, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Salemata, est nommé Sous-Préfet d’arrondissement de Nguélou, Département de Guinguinéo, en remplacement de Monsieur Mohamed Fadel SARR, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
Monsieur         Moussa         SAMB,         Secrétaire         d’Administration,         matricule         de         solde 
n° 681 463/B, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Tambacounda, est nommé Sous-Préfet d’arrondissement de Boyaguel Bamba, Département de Goudiry, en remplacement de Monsieur Babacar Ibra MAR, appelé à d’autres fonctions.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 26 Mars 2025

​Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 26 mars 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a exprimé sa tristesse suite au décès de Maitre Cheikh Koureyssi BA. Le Sénégal perd un avocat de talent, une voix singulière du barreau, un homme de principe profondément attaché à la justice et aux libertés. 
 
Le Président de la République a évoqué l’anniversaire de son accession à la magistrature suprême suite à la troisième alternance démocratique au Sénégal. En effet, le 24 mars 2024, le peuple sénégalais souverain l’a élu Président de la République, au premier tour, avec 54,28 % des suffrages exprimés. Cette confiance s’est confirmée avec la majorité parlementaire absolue de 130 députés accordée à la liste PASTEF conduite par le Premier Ministre Ousmane SONKO aux élections législatives du 17 novembre 2024. 
 
Le Chef de l’Etat a, une fois de plus, exprimé sa profonde gratitude au vaillant peuple sénégalais pour sa confiance et sa mobilisation permanente, aux côtés du Gouvernement, afin d’asseoir dans la paix, la concorde nationale et le sens des responsabilités, un Sénégal souverain, juste et prospère. Il a réitéré son engagement et celui du Gouvernement, au moment où il entame la deuxième année de son mandat, à ne ménager aucun effort pour accélérer les réformes, la reddition des comptes et le redressement du pays, mais surtout la relance des activités économiques et sociales conformément à l’Agenda national de Transformation lancé le 14 octobre 2024. 
 
Revenant sur les préparatifs de l’Eid al fitr qui marque la fin du mois béni de Ramadan, le Président de la République a demandé au Gouvernement, notamment aux Ministres en charge de l’Intérieur, des Forces armées, des Transports terrestres et aériens, du Commerce et des Transports maritimes, de prendre toutes les dispositions adéquates en vue de l’approvisionnement correct des marchés, ainsi que du bon déroulement des célébrations de la fête de Korité sur l’ensemble du territoire national.
 
Parlant du rapport annuel 2023-2024 du Médiateur de la République qu’il a reçu le jeudi 20 mars 2025, le Chef de l’Etat a félicité, à nouveau, l’autorité indépendante pour le travail remarquable visant à protéger les droits des citoyens et usagers du service public, mais également à l’amélioration du fonctionnement et des performances des administrations. Il a demandé à chaque membre du Gouvernement d’exploiter les recommandations contenues dans le rapport et de répondre systématiquement aux saisines, de désigner des référents du Médiateur de la République dans chaque ministère et de veiller, dans les régions et collectivités territoriales, au cadre d’exercice des Délégués du Médiateur. Tirant les enseignements du rapport 2023-2024 du Médiateur de la République, il a indiqué au Gouvernement la nécessité d’accorder une attention spéciale à l’amélioration continue des conditions de détention en veillant à la prise en charge de la situation des enfants à besoins spéciaux. Le Gouvernement s’attachera également à la régularisation de la situation administrative des agents et retraités concernés par les dossiers déjà traités par le Médiateur de la République et au traitement diligent des réclamations relatives à l’amélioration de l’environnement institutionnel, économique et social de l’entreprise. 
 
Le Président de la République a abordé la problématique de la gestion optimale du prochain hivernage qui appelle une anticipation, une préparation minutieuse et une organisation à toute épreuve. Il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de prendre toutes les dispositions requises pour engager, sans délai, les opérations préhivernage sur l’étendue du territoire national. Il a rappelé l’importance de réaliser, à temps, les opérations préventives de curage des ouvrages d’assainissement sous le contrôle de l’ONAS, mais également de renforcer la mise en œuvre d’une démarche systémique de prévention et de gestion des inondations. Dès lors, il est impératif de veiller au suivi du réseau hydrographique national avec les organismes de bassins (OMVS et OMVG) pour intégrer les prévisions de risques de crues dans la stratégie nationale de prévention et de gestion des inondations. 
 
Le Chef de l’Etat a souligné l’urgence d’accorder une attention particulière à la finalisation des travaux prévus dans les projets et programmes de lutte contre les inondations, notamment dans les zones sensibles des départements de Keur Massar (Keur Massar Sud, Unité 3 Parcelles assainies) et de Mbacké (Touba). Dans le même sillage, il a indiqué au Ministre en charge des Infrastructures l’impératif d’intensifier l’exécution du Plan d’entretien et de réhabilitation des ouvrages de franchissement notamment dans les zones et sites vulnérables. Il a demandé au Premier Ministre de tenir, courant avril 2025, un Conseil interministériel sur la prévention des inondations et de relancer les actions de terrain du Comité national de Prévention des Inondations. 
 
Le Sénégal va célébrer, le 04 avril 2025, le 65ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, une occasion pour le Président de la République d’insister sur le nécessaire consensus autour de la dénomination des infrastructures et espaces publics. Il a rappelé au Gouvernement, que les infrastructures routières, notamment les avenues, boulevards, rues, ainsi que les places et espaces publics de nos villes et communes, doivent représenter des lieux symboliques de l’histoire du Sénégal et de l’Afrique. Ils doivent incarner la perpétuation de la mémoire collective sur les faits et personnalités qui ont marqué la vie de la Nation, ainsi que l’intégration et l’unité du continent.
 
Dans sa communication, le Premier Ministre a fait le point sur le pilotage de l’Agenda national de Transformation systémique du Sénégal, en rappelant l’articulation parfaite à assurer entre les projets stratégiques et les dynamiques territoriales. Il s’est félicité des résultats satisfaisants des sessions de lancement thématiques des projets et programmes qui sont de nature à garantir le succès de la coordination intersectorielle indispensable à l’approche filières et chaînes de valeur adoptée pour l’Agenda Sénégal 2050. Il a insisté sur l’attention particulière à accorder aux projets dits catalytiques et ceux à mettre en œuvre rapidement.
 
Le Premier Ministre a ensuite exhorté les Ministres à enclencher la phase opérationnelle en finalisant les feuilles de route du portefeuille de projets retenus à l’issue de ces sessions de lancement thématiques et à ajuster sur cette base, au besoin, leurs Lettres de Politique sectorielle (LPS), en perspective de la première Loi de Finance rectificative 2025. Dans ce cadre, il a fait part, dans le contexte actuel des finances publiques, des arbitrages budgétaires qu’il soumettra au Président de la République après concertation avec les Ministres en charge du budget et de l’économie.
 
Abordant le deuxième point de sa communication, le Premier Ministre est revenu sur le contexte de la cérémonie de lancement simultané du Programme d’Appui aux Acteurs de l’Economie sociale et solidaire (PROGRESS) et du Programme de 1000 Coopératives solidaires (PCS) qu’il a présidée. À cet égard, il a relevé le défi persistant de l’éradication de la pauvreté au Sénégal que l’Agenda national de Transformation ambitionne de réaliser. À l’appui des résultats de l’enquête harmonisée de l’ANSD sur les conditions de vie des ménages entre 2019 et 2022 publiée l’année dernière, le Premier Ministre a mis en exergue, outre l’augmentation du nombre de personnes vivant dans la pauvreté, un taux de pauvreté très élevé dans le monde rural ainsi qu’une forte corrélation avec notamment l’âge avancé, le niveau de revenus et les conditions d’accès aux services de base tels que la santé, l’eau potable, l’éducation et l’électricité.
 
Fort de ce constat, le Premier Ministre a demandé au Ministre chargé du Plan de faire procéder à la mise à jour de ces statistiques afin de disposer d’une situation de référence actualisée pour la gestion du pays. Il a également noté la nécessité de mettre en synergie les dispositifs de lutte contre la pauvreté pour créer un écosystème plus efficace dans la lutte contre la pauvreté. Dans cette perspective, il a décidé de mettre en place, sous la coordination de la Primature, un cadre de concertation entre les Ministres impliqués, notamment ceux en charge des solidarités, de la santé, de l’action sociale, de l’économie sociale et solidaire, de l’agriculture et de l’élevage. Il a souligné, parmi les dossiers urgents à prendre en charge, celui de la gestion de la période de soudure dans le monde rural, y compris pour le cheptel, en demandant que des mesures précises lui soient soumises dans les plus brefs délais.
 
Enfin, le Premier Ministre a rappelé aux Ministres le strict respect des délais qu’il a fixés pour lui soumettre des propositions de mesures de rationalisation du train de vie de l’Etat. Il a également pris note des diligences en cours, au niveau du ministère chargé des Finances, en vue de recourir à la plateforme de paiement instantané en cours de mise en place par la BCEAO pour le paiement des impôts et des droits de douane.
 
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
 
•       Le Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur : – l’état de mise en œuvre du Fonds d’Appui et de Péréquation pour les Collectivités territoriales ;
–      l’état de mise en œuvre du Fonds de Réhabilitation des Sites miniers et de Carrières ;
–      l’état d’avancement du processus de mise en place d’un système déclaratif pour le recouvrement de la redevance minière.
 
•       Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait le point sur l’approvisionnement du marché en denrées de première nécessité ; 
 
•       Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation de la campagne de commercialisation de l’arachide et le suivi de la campagne horticole.

REPLI DE 7,2 POINTS DANS LE SECONDAIRE ET LE TERTIAIRE : Le climat des affaires en chute libre en un une année

Le climat des affaires au Sénégal s’est nettement détérioré, reflétant les difficultés croissantes des entreprises du secteur secondaire et tertiaire. Entre concurrence accrue, problèmes de recouvrement des créances et pression fiscale, les acteurs économiques évoluent dans un environnement de plus en plus incertain.

Une conjoncture morose s’annonce-t-elle ? Quel que soit le cas, l’économie sénégalaise traverse une période de turbulences marquées par une nette détérioration du climat des affaires, d’après le « Point mensuel de conjoncture janvier 2025 » publié en mars 2025 par la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee). En effet, selon le document, l’indicateur synthétique, fondé sur les soldes d’opinion des chefs d’entreprise, a reculé de 10,4 points en un mois et de 7,2 points en un an. Cette situation alarmante est exacerbée par la crise de confiance des acteurs économiques, frappés de plein fouet par des difficultés structurelles et conjoncturelles qui entravent la croissance dans leurs domaines respectifs.
Dans le secteur industriel, les chefs d’entreprise font face à des obstacles majeurs, notamment le recouvrement difficile des créances (31 %), la concurrence (28 %), les problèmes d’approvisionnement en matières premières (25 %), l’insuffisance de la demande (19 %) et la pression fiscale (9 %). Ces contraintes ont conduit à une baisse de 1,7 point du climat des affaires dans ce sous-secteur, traduisant les inquiétudes des industriels quant aux commandes, aux stocks de produits finis et à la production attendue.
Le secteur des services n’est pas en reste. L’intensification de la concurrence (35 %), la complexité du recouvrement des créances (45 %), la faiblesse de la demande (36 %) et une fiscalité jugée contraignante (27 %) pèsent lourdement sur l’activité. Dans ce contexte, les prestataires se montrent particulièrement pessimistes quant à l’évolution des tarifs, des commandes, du chiffre d’affaires et des perspectives globales. Ce climat morose se reflète dans l’indicateur du sous-secteur, qui a plongé de 18,5 points en un mois.
Dans le commerce, les difficultés sont encore plus criantes. Le recouvrement des créances apparaît comme la principale entrave (78 %), suivi par une concurrence jugée déloyale (67 %), une fiscalité lourde (56 %), une demande insuffisante (44 %) et des difficultés d’approvisionnement en marchandises (11 %). En conséquence, le climat des affaires dans ce sous-secteur s’est contracté de 1,3 point, révélant un pessimisme grandissant quant aux stocks de produits finis et aux perspectives de chiffre d’affaires.

PRESSING DU FMI

Les ennuis s’enchaînent pour le Sénégal. Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment gelé un programme de 1,8 milliard de dollars, soit plus de 1 000 milliards de francs CFA, en raison des incertitudes sur la viabilité des finances publiques. Le FMI refuse pour l’instant de négocier un nouvel accord avec le Sénégal, exigeant d’abord des clarifications sur les « faux chiffres » avancés par le Premier ministre, Ousmane Sonko. En février, la Cour des comptes a révélé que la dette publique atteignait en réalité près de 100 % du PIB, bien au-delà des quelque 74 % officiellement annoncés sous l’ère de Macky Sall.
Cette révélation a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers et a entraîné une dégradation de la note souveraine du pays. L’agence de notation Moody’s a abaissé la note du Sénégal de Ba3 à B1, signalant une augmentation significative du risque de défaut. Peu après, Standard & Poor’s a emboîté le pas, aggravant davantage la perception du risque pays. Avec ces nouvelles notations, le Sénégal se retrouve dans une position délicate : pour emprunter sur les marchés internationaux, il devra désormais accepter des taux d’intérêt beaucoup plus élevés qu’auparavant ; ce qui risque d’accentuer la pression sur les finances publiques et d’aggraver la crise économique.
Dans un climat d’incertitude, avec une détérioration des fondamentaux macroéconomiques et une méfiance croissante des investisseurs, il y a un ralentissement de l’activité dans les principaux secteurs productifs. La nécessité de restaurer la crédibilité des finances publiques et de mettre en place des réformes structurelles devient plus que jamais impérative afin de redresser la situation pour éviter un enfoncement encore plus profond de l’économie.


Penda THIAM

LONASE et LSFP s’associent pour le développement du football sénégalais

Un nouveau partenariat stratégique vient renforcer le football professionnel sénégalais. La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) et la Ligue Sénégalaise de Football Professionnel (LSFP) ont conclu un important contrat de sponsoring, visant à dynamiser les compétitions locales et à améliorer les conditions des clubs engagés en Ligue 1 et Ligue 2.

La LONASE s’engage à verser 200 millions de FCFA par an à la LSFP dans le cadre de ce partenariat, qui couvrira les saisons sportives 2025-2026 et 2026-2027. Ce financement vise à améliorer la gestion des compétitions, renforcer la visibilité du championnat et apporter un soutien financier aux équipes engagées dans les différentes compétitions organisées par la LSFP.

En tant que sponsor officiel, la LONASE bénéficiera d’une large exposition à travers le « naming » des compétitions de Ligue 1 et Ligue 2, qui seront désormais appelées « LONASEBET LIGUE 1 » et « LONASEBET LIGUE 2 ». Ce partenariat inclut également une forte présence de la marque sur les équipements des clubs, les infrastructures sportives et les plateformes numériques de la LSFP.

Dans le cadre de cet accord, la LONASE s’engage à soutenir directement les équipes engagées en championnat. Ainsi, chaque club de Ligue 1 recevra une subvention de 5 millions de FCFA, tandis que les équipes de Ligue 2 bénéficieront de 2,5 millions de FCFA. L’équipe championne de Ligue 1 se verra attribuer un chèque de 20 millions de FCFA, tandis que le vainqueur de la Ligue 2 recevra 10 millions de FCFA.

La LONASE contribuera également au fonctionnement de la LSFP à travers une série de financements dédiés, incluant un budget pour l’organisation du « Sargal Foot Pro », un événement majeur célébrant les performances du football professionnel sénégalais.

En contrepartie de cet investissement, la LONASE bénéficiera d’une visibilité accrue à travers divers supports promotionnels lors des matchs et événements organisés par la LSFP. Cela inclut l’affichage de la marque sur les panneaux publicitaires des stades, les maillots des équipes engagées en compétitions internationales, ainsi que les conférences de presse et les interviews d’après-match.

Un volet digital est également prévu avec la présence du logo de la LONASE sur les plateformes en ligne de la LSFP, assurant ainsi une communication continue et ciblée auprès des supporters et du grand public.

Ce partenariat illustre la volonté de la LONASE de s’investir activement dans le développement du sport sénégalais, en apportant un soutien financier conséquent aux clubs et en renforçant l’attractivité des compétitions nationales. De son côté, la LSFP bénéficie d’un appui solide pour améliorer la gestion et la promotion de ses compétitions.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°430 – 26/03/2025

🔴 BAISSE DE 7,2 POINTS DANS LES SECTEURS SECONDAIRE ET TERTIAIRE EN UN AN : UN CLIMAT DES AFFAIRES MAUSSADE !
🔴 LOI PORTANT INTERPRÉTATION DE LA LOI PORTANT AMNISTIE : LE PROJET DE LOI SE HEURTE AU MUR CITOYEN

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 : LES « LIONS » SORTENT LES GRIFFES FACE AUX « ÉPERVIERS »
🔴 CONTRIBUTION : SADIO MANÉ EST-IL DEVENU DISCUTABLE (Par M’Bagnick Dione)

Éliminatoires Mondial 2026 : Le Sénégal s’impose 2-0 face au Togo et reste en course pour la qualification

Le Sénégal a retrouvé le chemin de la victoire en battant le Togo (2-0) ce mardi soir au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio. Un succès important qui permet aux Lions de rester en course pour une qualification à la Coupe du Monde 2026, malgré un début de match laborieux et une première mi-temps marquée par des imprécisions techniques.

Dès le coup d’envoi, les hommes de Pape Thiaw ont montré une certaine fébrilité dans leur jeu. Le manque de spontanéité dans les passes et les nombreuses pertes de balle ont rendu difficile la construction offensive. À la 11e minute, une légère altercation entre Lamine Camara et un défenseur togolais dans la surface aurait pu aboutir à un penalty, mais l’arbitre a laissé jouer.

Le Togo a su exploiter les erreurs sénégalaises. À la 17e minute, une perte de balle de Lamine Camara a permis aux Éperviers de lancer un contre rapide. Heureusement, Édouard Mendy, vigilant, a réalisé une belle parade pour maintenir le score vierge. Malgré une possession favorable, les Lions n’arrivaient pas à inquiéter sérieusement la défense togolaise, se contentant de tentatives lointaines sans réel danger.

Le tournant du match est intervenu à la 34e minute. Pape Matar Sarr, bien servi par Habib Diallo, a exécuté une frappe croisée imparable, trompant le portier togolais et permettant au Sénégal d’ouvrir le score (1-0). Ce but a donné un nouvel élan aux Lions, qui ont terminé la première période avec plus de confiance, bien que les erreurs techniques aient persisté.

Au retour des vestiaires, le Sénégal a affiché un visage plus conquérant. L’équipe a gagné en intensité et en précision, mettant davantage de pression sur la défense togolaise. À la 49e minute, Habib Diallo a failli doubler la mise après une nouvelle erreur défensive adverse, mais son tir a manqué de précision.

L’entrée en jeu d’Antoine Mendy et d’Assane Diao a apporté un nouveau souffle à l’équipe. Diao, en particulier, s’est montré très actif, tentant plusieurs percées individuelles pour déstabiliser la défense togolaise.

Le second but sénégalais est intervenu à la 67e minute, sur un coup franc puissant tiré par Lamine Camara. Kevin, défenseur togolais, a involontairement dévié le ballon dans ses propres filets, portant le score à 2-0. Ce but a définitivement scellé le sort de la rencontre, le Togo ne parvenant pas à réagir face à une défense sénégalaise bien organisée.

Avec cette victoire, le Sénégal se repositionne dans son groupe, mais reste néanmoins deuxième derrière la République Démocratique du Congo, qui continue de dominer les éliminatoires. Si la première mi-temps a montré des lacunes dans l’animation offensive, la seconde période a rassuré sur la capacité des Lions à rebondir et à s’adapter aux défis du match.

Les hommes de Pape Thiaw devront confirmer cette performance lors des prochaines rencontres pour espérer décrocher une qualification directe pour le Mondial 2026. Cette victoire 2-0 leur permet de conserver toutes leurs chances dans cette course effrénée, où chaque point sera décisif.

Touba : Arrestation d’un individu en possession de 6 kg de chanvre indien à Khaïra

Les forces de l’ordre ont procédé, ce mardi vers midi, à l’interpellation d’un individu en possession de six kilogrammes de chanvre indien au poste de contrôle de Khaïra, à Touba. Cette arrestation a été confirmée par les services de la police sénégalaise, qui ont détaillé les circonstances de cette saisie.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme, identifié sous les initiales M. T, se présentait comme un maçon de passage à Touba. Il était à bord d’un mini-car en provenance de Ndoffane et venait de descendre au niveau du poste de contrôle de Khaïra. Après avoir quitté son véhicule, il s’est dirigé vers le rond-point à la recherche d’un moyen de transport pour Ndindy.

Cependant, son comportement agité et nerveux a attiré l’attention des agents en faction au poste de contrôle. Ceux-ci ont alors décidé de l’interpeller pour un contrôle de routine. À peine approché par les forces de l’ordre, M. T a brusquement abandonné sa valise et tenté de prendre la fuite.

Après une brève course-poursuite, il a été rattrapé par les agents et immédiatement conduit au poste de contrôle. L’inspection de la valise qu’il avait laissée sur place a révélé la présence de six blocs de chanvre indien, soigneusement emballés, pesant un total de six kilogrammes.

Le suspect a été placé en garde à vue et sera poursuivi pour trafic intérieur de drogue. Les autorités ont ouvert une enquête afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler le réseau auquel il pourrait appartenir.

Amélioration de l’accès aux services essentiels : Les acteurs territoriaux des régions du sud en quête de solutions à Kolda

L’accès aux services sociaux de base demeure un défi majeur pour les populations vivant dans les zones reculées du Sénégal, en particulier pour les femmes et les adolescents des régions du sud. Dans cette perspective, une rencontre de restitution des consultations communautaires s’est tenue ce lundi à Kolda. Cet événement a réuni divers acteurs territoriaux des régions de Kolda, Sédhiou, Ziguinchor et Tambacounda afin de discuter des solutions à mettre en place pour pallier les manquements identifiés.

Lors des échanges, plusieurs obstacles ont été mis en avant par les participants, mettant en évidence les difficultés persistantes que rencontrent les populations locales pour accéder aux services essentiels. Il a été signalé que de nombreuses communautés souffrent du manque d’infrastructures de santé et d’éducation, rendant l’accès aux soins et à l’instruction difficile pour des milliers de familles. La méconnaissance des services disponibles et de leurs missions constitue également une problématique majeure, empêchant de nombreux citoyens de bénéficier des prestations auxquelles ils ont droit.

L’enclavement et l’éloignement des zones rurales constituent d’autres entraves majeures. Plusieurs villages sont situés à des distances considérables des centres de santé et des écoles, et le mauvais état des routes rend les déplacements particulièrement compliqués. Ces conditions créent un véritable parcours du combattant pour les populations qui doivent parcourir de longues distances afin d’obtenir des soins ou d’effectuer des démarches administratives essentielles.

L’analphabétisme et le manque d’informations sur les procédures administratives figurent parmi les défis majeurs soulevés lors des discussions. De nombreux parents rencontrent des difficultés pour enregistrer leurs enfants à l’état civil, un problème qui a des répercussions sur leur accès futur à l’éducation et aux services de santé. Une habitante de la région de Sédhiou a témoigné de cette réalité en expliquant que plusieurs familles ignorent les démarches nécessaires pour obtenir des documents d’état civil, ce qui constitue un véritable frein à l’insertion sociale et scolaire des enfants.

Cette rencontre de restitution s’inscrit dans le cadre du programme Fankanta, qui vise à encourager l’engagement des adolescents, des jeunes et des femmes dans l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base. L’initiative met un accent particulier sur le dialogue communautaire en vue d’identifier les principaux défis auxquels sont confrontées les populations et de proposer des solutions adaptées.

Les autorités locales présentes ont souligné l’importance de prendre des mesures urgentes pour corriger ces manquements. Parmi les pistes de solutions envisagées, des actions concrètes seront mises en œuvre pour renforcer la présence des services de santé et d’éducation dans les localités les plus éloignées. Il est également prévu de mettre en place des campagnes de sensibilisation afin d’informer les populations sur leurs droits et les démarches administratives essentielles, notamment en ce qui concerne l’enregistrement des naissances.

L’amélioration des infrastructures routières et des moyens de transport a également été évoquée comme une priorité, car elle permettrait de faciliter les déplacements des populations vers les centres de services essentiels. Les participants ont insisté sur la nécessité d’un engagement fort des collectivités territoriales pour assurer le suivi et la mise en œuvre des recommandations issues de cette consultation.

Le FMI face au Sénégal : une dérogation ou un remboursement de la dette cachée ?

Le Fonds Monétaire International (FMI) pourrait adopter deux options face à la situation financière actuelle du Sénégal : accorder une dérogation ou exiger un remboursement. C’est ce qu’a révélé Edward Gemayel, chef de la mission du FMI pour le Sénégal, lors d’une interview accordée à Radio France Internationale (RFI) ce mardi 25 mars 2025.

Les discussions entre Dakar et le FMI sont suspendues depuis que l’institution financière a mis en lumière l’existence d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (environ 4000 milliards de FCFA), accumulée entre 2019 et 2024 sous la présidence de Macky Sall. Cette découverte a conduit à la suspension du programme d’aide financière accordée au Sénégal.

La situation est jugée préoccupante car le FMI ne peut plus avancer dans les discussions sur un nouveau programme d’appui tant que les données économiques transmises par le précédent gouvernement ne sont pas rectifiées.

Les conclusions du rapport de la Cour des comptes sénégalaise confirment ces irrégularités. Selon ce document, la dette publique a été sous-estimée et certaines obligations financières du pays n’ont pas été déclarées de manière transparente. Ce manque de rigueur budgétaire a contribué à la dégradation des finances publiques et à l’incertitude actuelle.

Pour le FMI, il est impératif de rétablir la crédibilité des chiffres économiques du Sénégal avant de discuter d’un quelconque nouvel accord. Cette exigence de transparence s’inscrit dans une volonté de garantir une gestion plus rigoureuse des finances publiques.

Selon Edward Gemayel, deux options sont sur la table :

  1. L’octroi d’une dérogation : le FMI pourrait décider de passer outre cette irrégularité en accordant une dérogation exceptionnelle au Sénégal. Cela permettrait de maintenir le partenariat financier entre l’institution et le pays, en évitant une rupture brutale des financements internationaux.
  2. L’exigence d’un remboursement : dans ce cas, le FMI pourrait demander au Sénégal de rembourser une partie des fonds déjà débloqués, en guise de compensation pour la fausse déclaration des finances publiques. Cette option compliquerait encore davantage la situation économique du pays, qui fait déjà face à des tensions budgétaires.

Cette incertitude économique place le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye dans une position délicate. L’administration actuelle, qui a promis plus de transparence et une gestion rigoureuse des finances publiques, doit maintenant gérer l’héritage économique du régime précédent.

Le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà dénoncé ces données falsifiées et annoncé un audit général des finances publiques pour identifier les responsabilités. Mais cela suffira-t-il à convaincre le FMI de ne pas exiger un remboursement immédiat ?

Le Président Diomaye Faye reçoit une délégation du FMI pour discuter de la situation économique du Sénégal

Le Président Bassirou Diomaye Faye a reçu ce mardi 25 mars 2025 une délégation du Fonds Monétaire International (FMI) au Palais présidentiel. La mission était conduite par Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, accompagné de Majdi Debbich, représentant résident de l’institution à Dakar. Cette rencontre intervient alors que le Sénégal traverse une période économique délicate, notamment avec les récentes révélations sur la dette cachée sous l’ancien régime.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, son gouvernement fait face à d’importants défis financiers. L’un des points les plus sensibles concerne la suspension du programme d’aide du FMI, après que l’institution a révélé l’existence de 7 milliards de dollars de dette non déclarée entre 2019 et 2024 sous la présidence de Macky Sall. Cette découverte a contraint le FMI à geler le programme de financement du Sénégal, en attendant des clarifications sur la situation budgétaire du pays.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a déjà évoqué ces irrégularités et demandé un audit approfondi des finances publiques. De son côté, le FMI a insisté sur la nécessité de corriger les fausses déclarations avant toute nouvelle discussion sur un programme d’appui financier.

Lors de cette audience, plusieurs sujets cruciaux ont été abordés :

  • La clarification des finances publiques : Le gouvernement sénégalais doit apporter des éléments de réponse sur la gestion des 4000 milliards de FCFA de dette cachée et les mesures prévues pour redresser la situation.
  • Le maintien de la coopération avec le FMI : Malgré les tensions autour de la dette, le Sénégal cherche à renégocier un accord financier avec le FMI pour assurer la stabilité de ses finances publiques.
  • Les réformes économiques prioritaires : Le président Diomaye Faye veut mettre en place une nouvelle politique économique, axée sur la souveraineté financière et la transparence budgétaire.

Si le FMI salue la volonté du nouveau gouvernement de faire la lumière sur les comptes publics, l’institution attend des engagements concrets avant de débloquer de nouveaux financements. L’enjeu est donc de rassurer les partenaires économiques internationaux tout en préservant l’indépendance financière du Sénégal.

Propos grossiers dans les débats télévisés : Le CNRA met en garde les médias contre les injures

Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a exprimé ce mardi 25 mars 2025 son inquiétude face à la multiplication des dérives verbales dans les débats télévisés. L’organe de régulation pointe du doigt l’usage des insanités, injures et propos grossiers sur certains plateaux, notamment de la part de chroniqueurs invités à commenter l’actualité.

Dans un communiqué officiel, le CNRA dénonce des comportements qui, selon lui, portent atteinte aux institutions de la République, à la moralité publique, ainsi qu’à l’image, l’honneur et la réputation des personnes visées. Il estime que ces dérives sont de nature à fragiliser la stabilité nationale et la cohésion sociale, en transformant les médias en tribunes d’invectives plutôt qu’en espaces de débats responsables.

L’organe de régulation rappelle que ces pratiques constituent une violation des règles en vigueur, notamment celles inscrites dans le Cahier des charges des médias audiovisuels. Il insiste sur le fait que les chaînes de télévision, de radio et les plateformes de diffusion sont responsables de la qualité des contenus qu’elles proposent.

Dans ce cadre, le CNRA exhorte les directeurs de médias et animateurs d’émissions à prendre les dispositions nécessaires pour éviter la prolifération de discours offensants et irresponsables.

Le communiqué précise également que le non-respect de ces obligations pourrait entraîner des sanctions sévères, conformément à la législation en vigueur. Ces sanctions peuvent aller de mises en demeure et suspensions de programmes à des interdictions de diffusion ou des amendes conséquentes.

Le CNRA rappelle aux acteurs des médias audiovisuels qu’ils ont un rôle fondamental dans l’éducation citoyenne et la préservation des valeurs démocratiques. En permettant des échanges respectueux et constructifs, ils contribuent à une information équilibrée et à un climat apaisé dans le pays.

Il invite ainsi les chaînes de télévision, les radios et les plateformes numériques à veiller scrupuleusement au respect de la déontologie journalistique, afin d’éviter que leurs espaces de diffusion ne deviennent des lieux d’incitation à la haine ou à la violence verbale.

Cette mise en garde du CNRA intervient dans un contexte où le débat public au Sénégal est de plus en plus marqué par des affrontements verbaux, souvent exacerbés par les tensions politiques et sociales. L’organisme de régulation semble donc vouloir renforcer son contrôle sur les contenus audiovisuels, en réaffirmant son engagement à préserver l’éthique et la responsabilité médiatique.

Baccalauréat 2025 : Dernier délai fixé au 5 avril pour les candidats sans pièces d’état civil

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MESRI) a annoncé ce mardi 25 mars 2025 que les candidats au Baccalauréat 2025 dont les dossiers ont été rejetés pour défaut de pièces d’état civil disposent d’un délai supplémentaire pour régulariser leur situation. Cette décision vise à leur permettre de compléter leur dossier administratif et de pouvoir se présenter aux épreuves de l’examen national.

À compter du lundi 24 mars 2025, les candidats concernés peuvent se rendre à l’Office du Baccalauréat afin de soumettre les documents manquants. Le dernier délai pour déposer les pièces d’état civil a été fixé au samedi 5 avril 2025 à 12h00. Passé ce délai, aucun dossier incomplet ne sera pris en compte, et les candidats risquent d’être définitivement exclus des épreuves.

Le ministère encourage les candidats concernés à se rendre rapidement dans les services administratifs compétents pour obtenir leurs extraits de naissance ou toute autre pièce d’identité nécessaire afin d’éviter toute exclusion injustifiée.

Cette mesure exceptionnelle a été prise suite à la réunion du Conseil interministériel du 18 mars 2025, présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Lors de cette rencontre, il a été convenu que des dispositions spéciales seraient mises en place pour accompagner les élèves confrontés à des difficultés administratives et éviter que ces derniers ne soient pénalisés à cause de problèmes d’état civil.

Le Premier ministre a souligné l’importance d’une scolarité inclusive et accessible à tous, plaidant pour des solutions rapides et efficaces afin de permettre aux élèves de se concentrer pleinement sur leurs études.

Chaque année, de nombreux élèves se retrouvent dans une situation précaire à cause de l’absence de documents administratifs à jour. Ce problème, souvent lié aux dysfonctionnements dans l’enregistrement des naissances, prive plusieurs jeunes de la possibilité de passer des examens officiels.

Le gouvernement a réitéré son engagement à trouver une solution durable en facilitant l’accès aux pièces d’état civil, notamment à travers des campagnes de sensibilisation et des opérations de régularisation accélérées.

Guy Marius Sagna exige le jugement de Macky Sall pour haute trahison

Le député et activiste Guy Marius Sagna est monté au créneau ce mardi pour dénoncer ce qu’il qualifie de « dissimulation frauduleuse de dette publique » sous le régime de l’ancien président Macky Sall. Selon les révélations du Fonds monétaire international (FMI), une dette cachée de 7 milliards de dollars (plus de 4000 milliards de FCFA) aurait été accumulée entre 2019 et 2024, sans que les institutions internationales et le peuple sénégalais n’en soient informés.

Face à cette révélation, Guy Marius Sagna estime que Macky Sall et ses collaborateurs doivent répondre de leurs actes devant la justice pour haute trahison. Dans une déclaration virulente, il pointe du doigt « une gestion opaque et irresponsable des finances publiques », tout en appelant à une action judiciaire ferme contre les responsables de cette situation.

Le FMI, qui a récemment audité les finances publiques du Sénégal, a révélé que cette dette massive n’avait pas été correctement déclarée aux institutions financières et aux bailleurs de fonds internationaux. Pourtant, selon Guy Marius Sagna, des signaux d’alerte avaient déjà été lancés.

« Nous le savions déjà, car le Premier ministre Ousmane Sonko et la Cour des comptes avaient déjà informé le peuple », affirme-t-il.

L’ancien président Macky Sall et son gouvernement auraient ainsi dissimulé des engagements financiers majeurs, exposant aujourd’hui le pays à une situation budgétaire critique et à de potentielles restrictions de financement extérieur.

Loin de se contenter de dénoncer, Guy Marius Sagna rejette catégoriquement l’idée que le peuple sénégalais doive supporter le poids de cette dette.

« Ces 7 milliards de dollars sont une dette illégitime et odieuse que le peuple sénégalais ne doit pas payer », martèle-t-il.

Il exhorte le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, à renégocier ces engagements financiers, voire à refuser de les honorer si des irrégularités sont avérées.

Dans son discours, Guy Marius Sagna ne ménage pas non plus le FMI, qu’il accuse d’avoir fermé les yeux sur cette situation pendant plusieurs années.

« Où était et que faisait le FMI pendant tout ce temps ? » s’interroge-t-il, mettant en cause la responsabilité des institutions financières internationales dans la surveillance des engagements budgétaires des États.

Alors que certains acteurs politiques et économiques critiquent la gestion du nouveau gouvernement face à cette dette, Guy Marius Sagna appelle à la solidarité et au soutien envers Ousmane Sonko et l’équipe en place.

« Au lieu de critiquer ceux qui ont révélé cette dette de plus de 4000 milliards de FCFA, Ousmane Sonko et son gouvernement, nous devons tous les soutenir, les protéger et les motiver », insiste-t-il.

Pour lui, les véritables coupables ne sont pas ceux qui mettent à nu les scandales financiers, mais bien ceux qui en sont responsables et qui doivent, selon lui, être jugés pour leurs actes.

Si pour l’instant aucune procédure judiciaire officielle n’a été engagée contre Macky Sall et son entourage, les appels à des enquêtes approfondies se multiplient. Certains acteurs politiques demandent une audition de l’ancien président et de ses anciens ministres des Finances, tandis que d’autres réclament une commission parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Olivier Boucal alerte sur les disparités dans l’administration : « Les femmes ne représentent que 24 % des effectifs »

Le Sénégal fait face à un problème persistant d’inégalité dans l’accès aux postes administratifs et aux responsabilités au sein de la fonction publique. Lors de la clôture d’une session de formation dédiée aux femmes, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, a mis en lumière les fortes disparités de représentation entre hommes et femmes dans l’administration sénégalaise.

Selon une enquête menée par son ministère, les femmes ne représentent que 24 % des effectifs globaux de la fonction publique. Ce chiffre diminue drastiquement à mesure que l’on monte dans la hiérarchie administrative, atteignant moins de 8 % aux postes les plus élevés. Cette réalité, selon le ministre, résulte d’une combinaison de barrières socioculturelles, d’un manque de formations adaptées et d’un réseau institutionnel peu favorable à l’émergence des femmes dans la haute administration.

Face à cette situation préoccupante, le gouvernement sénégalais a lancé une initiative forte pour corriger ces disparités, notamment à travers l’Académie de leadership féminin « Ndatte Yalla ». Cette académie a pour objectif d’outiller les femmes cadres de l’administration pour qu’elles puissent accéder à des postes de décision et exercer un leadership transformationnel.

Lors de cette cérémonie de clôture de la session de formation de vingt femmes bénéficiaires, Olivier Boucal a rappelé l’engagement du président de la République à renforcer la place des femmes dans la fonction publique. Il a précisé que cette initiative ne serait pas un programme ponctuel, mais une politique pérenne qui s’inscrira dans le plan de travail annuel du ministère.

Le programme ne se limite pas à une formation théorique. Il comprend un accompagnement personnalisé permettant aux bénéficiaires d’accéder progressivement à des postes de responsabilité. En plus du renforcement des compétences techniques et relationnelles, l’Académie met un accent particulier sur le développement du leadership, afin de favoriser une transformation durable de l’administration publique.

Dans cette dynamique, la coopération allemande, à travers la GIZ, joue un rôle clé dans l’accompagnement du Sénégal dans la modernisation de son administration et la promotion de l’égalité des genres. Nina Neubecker, première secrétaire de la coopération de l’Ambassade d’Allemagne au Sénégal, a souligné l’importance de la participation des femmes aux décisions stratégiques. Selon elle, un leadership équilibré et inclusif est un levier essentiel pour garantir une gouvernance efficace et durable.

Les défis restent nombreux pour atteindre une parité réelle dans l’administration. Il est impératif de briser les pesanteurs socioculturelles, d’offrir davantage d’opportunités aux femmes, et de garantir une égalité de traitement dans les promotions. Le ministre Olivier Boucal a réaffirmé sa volonté de poursuivre ces réformes pour bâtir une administration plus équitable, performante et inclusive.

Olivier Boucal sur les disparités dans l'administration : « Les femmes représentent que 24 % des effectifs »
Olivier Boucal sur les disparités dans l'administration : « Les femmes représentent que 24 % des effectifs »

Drame à Mbour : Une mère empoisonne ses deux enfants avec du « Khémé »

Une tragédie secoue le quartier Médine de Mbour, où une mère a été arrêtée et placée en garde à vue après avoir avoué avoir empoisonné ses deux enfants, âgés d’un et quatre ans, avec une substance toxique connue sous le nom de « Khémé » (cristaux de soude).

L’affaire a pris un tournant dramatique après la publication des résultats du certificat de genre de mort, qui ont révélé que les deux enfants ont ingéré un repas contenant du « Khémé », une substance hautement toxique souvent utilisée dans le nettoyage industriel.

Les enquêteurs ont rapidement orienté leurs soupçons vers la mère, Y. Tine, qui a reconnu son geste lors de son interrogatoire. Cependant, les raisons qui l’ont poussée à commettre cet acte abominable restent encore floues.

Selon les sources policières, après le décès de ses enfants, Y. Tine a tenté de mettre fin à ses jours en ingérant une autre substance toxique. Elle a été retrouvée inanimée et transportée d’urgence à l’hôpital où elle a reçu des soins intensifs. Une fois son état stabilisé, elle a été immédiatement placée en garde à vue et devra répondre de ses actes devant la justice.

Ce drame a provoqué une onde de choc à Médine, où les habitants restent sidérés par l’ampleur de l’horreur. Des voisins décrivent une mère discrète et sans antécédents de violence apparente, rendant son acte encore plus incompréhensible.

« Nous n’aurions jamais imaginé qu’une telle chose puisse arriver ici. Nous sommes sous le choc », confie un habitant du quartier.

Si Y. Tine a reconnu avoir tué ses enfants, les enquêteurs s’interrogent encore sur ses motivations profondes. Des experts en psychiatrie pourraient être sollicités afin d’évaluer son état mental et de comprendre les circonstances qui l’ont poussée à commettre cet infanticide.

En attendant la suite des investigations, elle risque de lourdes charges judiciaires, notamment pour homicide volontaire sur mineurs.

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