Assemblée nationale : Abdou Mbow accuse le gouvernement d’avoir « un agenda LGBT » et de renier ses engagements

Le débat autour du projet de loi visant à durcir la répression de l’homosexualité au Sénégal continue de susciter de vives tensions sur la scène politique. Ce mercredi 11 mars, le député de l’opposition Abdou Mbow, figure influente de Alliance pour la République (APR), a vivement critiqué le gouvernement lors des discussions parlementaires, accusant le régime en place d’avoir « un agenda LGBT en poche » et d’avoir renié ses engagements pris devant les Sénégalais.

Au cours de son intervention, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme un revirement politique du pouvoir dirigé par PASTEF. Selon lui, les autorités actuelles n’auraient pas respecté leurs promesses de campagne concernant la criminalisation de l’homosexualité, un sujet particulièrement sensible dans la société sénégalaise. « Vous êtes un régime qui ne dit pas la vérité. L’histoire nous a donné raison. L’histoire a montré que vous avez renié vos engagements », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale, provoquant de vives réactions et des protestations de la part des députés de la majorité.

Dans la suite de son intervention, Abdou Mbow a affirmé que, sous couvert de la nouvelle législation en discussion, le gouvernement aurait en réalité rendu l’homosexualité « permissive » au Sénégal. « La conclusion est que, sous prétexte de cette nouvelle loi, on a rendu l’homosexualité permissive au Sénégal. C’est exactement ça l’agenda LGBT. Et s’il y a un gouvernement aujourd’hui qui a l’agenda LGBT en poche, c’est le vôtre », a-t-il lancé à l’endroit des membres du pouvoir.

Le député de l’opposition a également reproché au gouvernement d’avoir accueilli au Sénégal, en mai 2024, le leader politique français Jean-Luc Mélenchon, qu’il qualifie de promoteur des droits LGBT. Pour Abdou Mbow, cette visite illustre selon lui l’orientation idéologique du pouvoir actuel. « Le Sénégal a des valeurs à protéger », a-t-il insisté, appelant à une criminalisation claire et explicite de ce qu’il qualifie d’« acte contre nature ».

Au cœur du débat figure un projet de loi destiné à remplacer une législation datant de 1965. Le nouveau texte prévoit des peines allant de cinq à dix ans de prison pour les auteurs d’actes qualifiés d’« actes contre nature ». Toutefois, Abdou Mbow estime que ces dispositions ne constituent pas une réelle rupture juridique. « En matière criminelle, c’est une peine déjà courante », a-t-il ironisé, ajoutant qu’il ne voit dans ce texte rien d’autre que « la promotion » de l’homosexualité.

Face à ces critiques, le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà réagi au début du mois de février 2026. Reconnaissant que la criminalisation de l’homosexualité figurait parmi les engagements politiques pris lors de la campagne électorale, il avait toutefois assuré que le durcissement des peines prévu dans la nouvelle législation produirait « les mêmes effets » que la criminalisation réclamée par certains acteurs politiques et sociaux.

Ce débat parlementaire met en lumière les profondes divergences qui traversent la classe politique sénégalaise sur cette question sensible, mêlant considérations juridiques, valeurs sociétales et engagements politiques. Alors que le projet de loi poursuit son examen, il continue d’alimenter les tensions entre majorité et opposition, chacune accusant l’autre de trahir ou de déformer les attentes de la population.

Ousmane et Diomaye nominent sans sélection, Publication des rapports OFNAC, Alerte de JAMRA contre l’agenda LGBT

Dans un contexte politique chargé, marqué par des nominations gouvernementales controversées et des révélations sur la corruption, le paysage médiatique sénégalais s’anime de débats et d’interrogations.

La décision du Premier Ministre Ousmane Sonko et du Président Bassirou Diomaye Faye de procéder à des nominations directes, sans appel à candidature, suscite des critiques acerbes. Parmi les personnalités nommées se trouvent des figures telles que Pape Alé Niang et Cheikh Bamba Dièye, déclenchant des débats sur la transparence et l’intégrité des engagements électoraux. Cet épisode met en lumière les tensions entre les promesses électorales et la réalité du pouvoir politique.

Parallèlement, le rapport de l’OFNAC 2022, révélant des cas de corruption et de fraude au sein du gouvernement, alimente les discussions sur la gestion des ressources publiques. Les révélations sur les non-déclarations de patrimoine de certains responsables politiques soulèvent des inquiétudes quant à l’honnêteté et à la probité des dirigeants.

Dans un autre registre, l’alerte lancée par l’organisation islamique JAMRA contre l’agenda LGBT met en lumière les tensions sociales et culturelles autour des questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre. Cette alerte souligne les défis auxquels est confrontée une société conservatrice comme le Sénégal, où les valeurs traditionnelles entrent en conflit avec les normes occidentales.

En parallèle de ces événements majeurs, d’autres sujets brûlants continuent de marquer l’actualité sénégalaise, notamment les défis liés à la sécurité routière, les luttes syndicales dans le secteur médiatique, et les enquêtes sur la gestion municipale dans certaines localités.

À travers ces différents sujets, c’est la vitalité démocratique et la volonté de transparence qui se trouvent au cœur des débats, reflétant les aspirations d’une société en quête de justice, d’intégrité et de progrès.

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