À l’approche de la campagne agricole, le président des opérateurs de la filière agricole de Kaolack, Elhadji Bou Goumbala, a lancé un appel pressant aux producteurs, les exhortant à ne pas mélanger les arachides avec du sable lors de la vente.
« Nous félicitons le gouvernement du Sénégal pour les engagements pris concernant la campagne agricole 2025-2026, dont l’objectif est d’accompagner le monde rural », a déclaré M. Goumbala.
Selon lui, chaque année, l’État du Sénégal débloque plusieurs milliards de francs CFA pour soutenir le secteur agricole.
« Il y a quelques années, l’enveloppe était de 100 milliards, puis 120 milliards. Aujourd’hui, elle a connu une hausse pour atteindre 130 milliards », a-t-il précisé, avant de souligner que ce budget n’a pas encore été voté et que cela se fera en 2026.
M. Goumbala a rappelé que les 120 milliards exécutés au titre de la campagne 2024-2025 ont commencé à être payés depuis un mois aux ayants droit.
« Le gouvernement sait que nous, opérateurs privés, collaborons avec les institutions financières pour contracter des crédits et jouer pleinement notre rôle. Nous contribuons ainsi à fluidifier la commercialisation et à assurer un écoulement rapide de la production », a-t-il expliqué.
Il a également salué les efforts de l’État dans l’acheminement des semences et engrais jusqu’aux points de distribution, tout en reconnaissant que cet appui ne couvre pas totalement les besoins des producteurs.
« Les semences d’arachide tournent autour de 75 000 tonnes, couvrant environ 500 000 hectares. Pourtant, le Sénégal compte près de 3,4 millions d’hectares de zones de production, dont 2,4 millions seulement sont exploités », a-t-il précisé.
Le président des Opérateurs Privés Stockeurs de Kaolack a par ailleurs félicité le gouvernement pour la subvention des engrais :
« Le 6/20-10 coûtait 8 000 F, mais cette année il est à 6 000 F. L’urée, qui valait 15 000 F, est désormais à 10 000 F. »
Grâce à la bonne répartition des premières pluies et à un meilleur accès aux intrants, M. Goumbala se dit optimiste :
« Nous espérons une récolte abondante cette année. Les champs de mil, de maïs et d’arachide présentent de bonnes perspectives. Cette saison pourrait marquer un nouveau souffle pour la production nationale et renforcer la sécurité alimentaire du pays. »
Alors que la campagne de commercialisation de l’arachide s’annonce, M. Goumbala a tiré la sonnette d’alarme face à certaines pratiques qui nuisent à la qualité du produit :
« Nous invitons les paysans à bien sécher et nettoyer leurs arachides avant de les livrer. Le mélange avec du sable rend le produit moins compétitif et entraîne des pertes importantes au moment du pesage. »
L’année précédente, lors de la campagne de commercialisation, les frontières étaient fermées et seule la SONACOS intervenait, avec 150 500 tonnes d’arachide commercialisées pour une valeur de 52 milliards de francs CFA.
« À l’heure où je vous parle, la SONACOS ne doit plus rien à aucun producteur », a-t-il affirmé.
Les opérateurs avaient alors signalé un taux de perte de 3,5 %, tandis que la SONACOS, après son propre tri, avait enregistré une perte de 9 %, soit environ 14 000 tonnes d’impuretés sur un volume total de 150 000 tonnes.























