La présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Aïssata Tall Sall, est sortie de sa réserve pour commenter la décision rendue par le Conseil constitutionnel déclarant contraire à la Constitution la proposition de loi de révision constitutionnelle n°18/2026, portée par la majorité parlementaire.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, la députée de l’opposition a salué une décision qui, selon elle, réaffirme la primauté du droit sur le rapport de force politique au sein de l’Assemblée nationale. Pour l’ancienne ministre de la Justice, cette décision constitue un rappel clair des limites du pouvoir de la majorité parlementaire.
« La majorité fait le nombre, mais certainement pas la Loi ! », a-t-elle écrit, estimant que la détention d’une majorité, même qualifiée, ne confère pas le pouvoir de s’affranchir des exigences constitutionnelles.
Selon Aïssata Tall Sall, le Conseil constitutionnel vient ainsi de rappeler au parti Pastef que la légitimité politique ne saurait prévaloir sur les règles de droit. Elle soutient que disposer d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale ne suffit pas à faire adopter des réformes lorsqu’elles sont, selon les juges constitutionnels, incompatibles avec les dispositions de la Constitution.
L’avocate considère que cette nouvelle décision s’inscrit dans une série de rappels adressés à la majorité sur le respect des principes juridiques et institutionnels. Elle s’est d’ailleurs interrogée sur la capacité de ses adversaires politiques à tirer les enseignements de ce revers.
« Combien de déconvenues faudrait-il à nos collègues pour enfin le comprendre ? », a-t-elle conclu, laissant entendre que la majorité devrait revoir son approche dans la conduite des réformes institutionnelles.