CNRM : Aïssata Tall Sall et 22 députés saisissent le Conseil constitutionnel pour contester la loi

Un groupe de parlementaires de l’opposition a introduit un recours en inconstitutionnalité contre la loi portant création et organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM). L’initiative est menée par la députée Aïssata Tall Sall, accompagnée de vingt-deux autres députés de l’Assemblée nationale.

Le recours a été officiellement déposé le mardi 10 mars 2026 au greffe du Conseil constitutionnel du Sénégal. L’acte a été formalisé à 13h30 par Maître Cheikh Ahmadou Ndiaye, qui agit au nom du collectif de parlementaires requérants. La requête a été enregistrée sous le numéro 02/C/26 par le chef du greffe, Maître El Hadji Macky Barro.

Dans leur démarche, les députés contestent la constitutionnalité de la loi n°07/2026 adoptée par l’Assemblée nationale le 3 mars 2026. Ce texte prévoit la création et l’organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM), une nouvelle instance appelée à encadrer et réguler le paysage médiatique sénégalais. Cette structure doit, selon les autorités, réorganiser le dispositif de régulation des médias en remplaçant ou en complétant les mécanismes existants.

Pour les parlementaires à l’origine du recours, certaines dispositions du texte pourraient être contraires à la Constitution, ce qui justifie la saisine de la haute juridiction. Conformément aux procédures prévues par la loi, cette démarche pourrait suspendre la promulgation du texte jusqu’à ce que les juges constitutionnels rendent leur décision.

Le Conseil constitutionnel devra désormais examiner les arguments avancés par les requérants et déterminer si la loi est conforme ou non à la Loi fondamentale. La juridiction dispose de délais légaux pour statuer sur les recours introduits par les parlementaires.

Réforme des investissements : Aïssata Tall Sall salue l’initiative mais alerte sur le comité de suivi technique

À l’Assemblée nationale, lors de l’examen des trois projets de loi soumis ce jeudi, la présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu, Aïssata Tall Sall, a livré une appréciation nuancée sur la nouvelle loi relative aux investissements.

« Vingt ans après, l’adoption de cette loi est une bonne initiative. Car, entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts », a-t-elle affirmé, saluant ainsi la volonté de moderniser un dispositif devenu obsolète face aux mutations économiques.

Cependant, la députée a tenu à émettre une réserve sur l’article 47, qui prévoit la création d’un comité de suivi technique. « Je voudrais attirer l’attention des autorités sur la qualité de ce comité et sur sa composition », a-t-elle insisté, soulignant l’importance d’une gouvernance transparente et efficace pour garantir le succès de la réforme.

S’agissant des trois projets soumis à l’examen du jour, Mme Tall Sall les a qualifiés d’« absolument ambitieux ». Mais elle a appelé le gouvernement à mieux équilibrer ses choix économiques et sociaux : « L’État doit cesser de faire pression sur les consommateurs et de brûler le charbon au feu », a-t-elle martelé, en référence à la hausse du coût de la vie et aux politiques fiscales pesant sur les ménages.

LFR 2025 : Aïssata Tall Sall étrille Cheikh Diba et exprime de vifs doutes sur la sincérité budgétaire

Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2025 continue de susciter de vives réactions à l’Assemblée nationale. Ce samedi, Me Aïssata Tall Sall, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, a pris la parole pour adresser un réquisitoire particulièrement critique à l’endroit du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.

Dans son intervention, la députée a mis en doute la cohérence et la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement. Elle a commencé par pointer les signaux qu’elle juge alarmants contenus dans le projet de budget rectificatif. Selon elle, le texte présenté affiche une baisse généralisée des recettes fiscales, combinée à un maintien très limité de l’appui budgétaire et des dons, tout en actant une hausse du déficit public bien supérieure aux plafonds définis par les critères de convergence de l’UEMOA. Elle a souligné que le gouvernement cherchait ainsi à mobiliser plus de 1 140 milliards FCFA de ressources supplémentaires sans garanties sérieuses sur la faisabilité de ces projections.

Aïssata Tall Sall s’est également attardée sur la question de la réduction des dépenses. Elle a estimé que l’effort budgétaire consenti demeurait insuffisant, en rappelant que le gouvernement n’avait abaissé les dépenses que de 0,5 % dans le budget général. À ses yeux, il est contradictoire de prôner une compression rigoureuse des charges publiques tout en affirmant dans le même temps vouloir élargir l’assiette fiscale et porter la pression fiscale à 20 %.

Elle a poursuivi en relevant ce qu’elle considère comme une contradiction flagrante entre les documents officiels transmis aux députés. D’après l’ancienne ministre, un premier texte indique que cet objectif de pression fiscale à 20 % devrait être atteint dès 2025, tandis que le document d’orientation budgétaire précise qu’il ne le sera qu’en 2029. Devant l’hémicycle, elle n’a pas mâché ses mots, lançant au ministre Cheikh Diba qu’il est « un ministre des Finances qui a des problèmes avec les chiffres » et rappelant qu’elle l’avait déjà interpellé sur ces incohérences lors de précédentes sessions.

Aïssata Tall Sall a insisté sur la nécessité de dire la vérité au pays et d’adopter une posture de responsabilité, sans céder aux postures politiciennes. Elle a appelé Cheikh Diba à respecter la tradition républicaine qui veut que les ministres des Finances se tiennent à l’écart des considérations politiques pour se consacrer pleinement à la sincérité et à la précision des comptes publics.

Elle est également revenue sur la dynamique de l’endettement public, en concédant que tous les régimes, y compris celui auquel elle a appartenu, ont eu recours à l’emprunt. Mais elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de frénésie actuelle dans la souscription de nouveaux emprunts. Elle a insisté sur la nécessité de convenir ensemble des points qui nécessitent, selon elle, une prudence accrue pour éviter que la dette ne devienne insoutenable.

En conclusion, Aïssata Tall Sall a affirmé qu’elle ne pouvait pas, dans ces conditions, apporter son suffrage à un texte dont elle doute profondément de la sincérité et de la solidité technique. « Voilà, Monsieur le ministre, les raisons pour lesquelles j’ai des doutes sur la sincérité de votre loi de finances. Je ne peux donc pas la voter », a-t-elle conclu, sous les applaudissements de plusieurs parlementaires de l’opposition.

Assemblée nationale : « Cette mise en accusation est illégale et ne peut pas être votée », selon Aïssata Tall Sall

L’ancienne ministre de la Justice et actuelle députée, Aïssata Tall Sall, a vivement contesté la légalité de la procédure de mise en accusation de cinq anciens ministres du régime de Macky Sall, ce jeudi à l’Assemblée nationale. Lors de son intervention, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme « une entorse grave au droit pénal et au principe de la présomption d’innocence ».

« Ces ministres-là ont inlassablement servi le pays », a-t-elle rappelé, en soulignant que cette résolution viole plusieurs fondements du droit. « De ma conviction en l’impartialité de la loi, de ma foi en l’indépendance des juges, je dis que cette mise en accusation ne peut pas être votée. Elle ne peut pas être votée parce qu’elle est illégale. Elle ne peut pas être votée parce qu’aucune présomption d’innocence n’existe. Elle ne peut pas être votée parce que le jour où on le fera, on portera atteinte à la justice, au droit et à la règle du droit », a-t-elle martelé.

Aïssata Tall Sall a estimé que, par cette décision, l’Assemblée nationale s’arroge les prérogatives du procureur de la République, alors que la Haute Cour de justice statue « en premier et dernier ressort, sans appel ni cassation ». Selon elle, les députés deviennent ainsi les initiateurs directs d’un procès sans retour possible. « Nous sommes aujourd’hui la justice, car c’est nous qui décidons d’ouvrir ou non le procès », a-t-elle souligné.

Elle a tenu à rappeler deux piliers essentiels du droit pénal : la présomption d’innocence et l’indépendance du juge. À ses yeux, les accusations portées contre les anciens ministres reposent essentiellement sur les témoignages des DAGE (directeurs de l’administration générale et de l’équipement), ce qui ne saurait constituer une base juridique suffisante. « On dit que c’est la version des DAGE contre celle des ministres. Mais la présomption ne repose pas sur de simples déclarations. Ce sont des faits tangibles qui permettent de supposer qu’un acte a été commis. »

Elle estime qu’envoyer les ministres devant la Haute Cour sur la base de simples accusations constitue une violation de la Constitution et des grands principes du droit universel. « Nous violons la Constitution, le droit, l’héritage du Bill of Rights de 1689, la Déclaration de 1789, et même notre propre Constitution », a-t-elle averti.

Tout en réaffirmant son respect pour l’indépendance de la justice sénégalaise, elle a mis en garde contre une justice instrumentalisée par la politique. Elle a appelé à laisser la Commission d’instruction travailler dans le respect de la loi et de sa conscience, tout en soulignant que « nous pouvons tous, un jour, être justiciables de cette Cour ».

Loi d’amnistie : Aïssata Tall Sall tacle les « docteurs Diafoirus du droit » et salue la décision du Conseil constitutionnel

La décision du Conseil constitutionnel de rejeter la loi interprétative d’amnistie continue de faire réagir la classe politique. Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu et ancienne ministre de la Justice, a pris la parole sur sa page Facebook pour livrer une réaction cinglante et sans concession.

Dans un ton à la fois juridique et satirique, elle s’en prend aux interprétations divergentes de la loi émanant de certains juristes et analystes. « La justice n’est pas un jeu de Lambi Golo ! », lance-t-elle, dénonçant les « docteurs Diafoirus du droit » qui, selon elle, ont tenté de manipuler le débat à leur guise.

Un rappel à l’ordre académique

Elle affirme que le Conseil constitutionnel a joué son rôle avec rigueur, en ramenant « tranquillement » les juristes partisans « à l’amphithéâtre ». Une façon pour l’ancienne garde des Sceaux de souligner le caractère didactique de la décision, qu’elle considère comme une leçon de droit autant qu’un acte de justice.

Dans son message, elle n’épargne pas ceux qui persistent à remettre en cause la décision du Conseil : « Errare humanum est, perseverare diabolicum », cite-t-elle en latin, insistant sur le danger de l’entêtement idéologique face à une institution qui a tranché en toute légitimité.

Une posture assumée

Avec ce message, Aïssata Tall Sall affirme sa position dans le débat national, tout en réaffirmant son attachement à un droit rigoureux, fondé sur les principes de l’État de droit et non sur les interprétations politiques. Sa sortie ajoute une dimension supplémentaire à une affaire qui cristallise les tensions entre droit, politique et mémoire collective.

« Une loi qui divise la société sénégalaise » : Aïssata Tall Sall s’en prend aux députés de Pastef

L’adoption de la loi interprétative de l’amnistie continue de susciter de vifs débats à l’Assemblée nationale. Lors de la séance plénière du mercredi 2 avril 2025, Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, a vivement critiqué les députés de Pastef, dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de l’amnistie à des fins partisanes.

Après plus de dix heures de discussions intenses, la loi interprétative de l’amnistie a été adoptée par 126 voix pour, 20 contre et aucune abstention. Ce texte, proposé par le député Amadou Ba (Pastef), vise à préciser les contours de l’application de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Il stipule que tous les faits à motivation exclusivement politique, commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, sont amnistiés, y compris ceux ayant été perpétrés via tout support de communication ou lors de manifestations publiques.

Si les partisans de la loi y voient un acte de justice pour des militants persécutés sous le régime précédent, l’opposition, notamment Takku Wallu, estime qu’il s’agit d’un texte orienté visant à garantir une impunité sélective à certains acteurs politiques tout en ignorant d’autres victimes des violences politiques de ces dernières années.

Lors de son intervention, Me Aïssata Tall Sall n’a pas mâché ses mots face aux députés de Pastef. Selon elle, cette loi ne fait que creuser davantage les divisions et ternit l’image de la justice sénégalaise en privilégiant un camp au détriment d’un autre.

« C’est une loi qui divise la société sénégalaise, car elle a simplement été introduite pour des règlements de comptes », a-t-elle martelé, soulignant que cette réforme n’a pas pour objectif une réconciliation nationale sincère, mais plutôt une victoire politique d’un camp sur un autre.

Elle a poursuivi en critiquant l’attitude de certains députés de la majorité, leur reprochant de vouloir se positionner en donneurs de leçons en matière de courage politique et de patriotisme :

« Vous n’êtes pas plus courageux ni plus patriotes que nous. Celui qui a peur de la prison, c’est celui qui a fui alors qu’il devait répondre devant la justice. »

Une déclaration perçue comme une attaque directe contre certains exilés politiques qui bénéficieraient de cette loi.

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, et celui du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, ont défendu la loi en affirmant qu’elle permettrait de tourner définitivement la page des violences politiques et de pacifier le climat social.

Mais pour l’opposition, ce texte est une manœuvre politicienne qui ne répond pas aux exigences d’une véritable justice équitable.

« Cette loi ne fait que renforcer l’impunité et la frustration d’une partie du peuple sénégalais. On ne peut pas parler de réconciliation si on choisit qui mérite d’être amnistié et qui ne l’est pas », a déclaré un député de Takku Wallu.

Malgré ces contestations, le vote a entériné l’adoption du texte, mais sans dissiper les tensions politiques et sociales.

Avec cette loi, le régime de Bassirou Diomaye Faye et son parti Pastef marquent un tournant dans leur gestion des affaires politiques. Toutefois, la fronde de l’opposition, menée par Takku Wallu et Me Aïssata Tall Sall, laisse présager de nouvelles batailles politiques à venir.

Dans son discours de clôture, la présidente du groupe Takku Wallu a adressé un message clair aux députés de la majorité :

« Demain, la vérité triomphera. »

Une phrase qui résonne comme une mise en garde contre les conséquences politiques et judiciaires que cette loi pourrait entraîner à l’avenir.

Convention Sénégal-Maroc sur le transfèrement des détenus : Aïssata Tall Sall démonte les spéculations sur Macky Sall

L’Assemblée nationale du Sénégal a entamé l’examen en plénière du projet de loi ratifiant la Convention d’assistance aux détenus et de transfèrement des condamnés entre le Sénégal et le Maroc. Mais au-delà du contenu juridique du texte, une controverse alimente les débats : celle de l’éventuelle extradition de l’ancien président Macky Sall, actuellement installé au Maroc.

Face à cette polémique, Aïssata Tall Sall, ancienne garde des Sceaux et députée, a tenu à recadrer les discussions avec fermeté et ironie. « Arrêtez les rumeurs ! Macky Sall restera au Maroc tant que ce sera sa volonté, et il reviendra au Sénégal quand il le voudra », a-t-elle martelé devant l’hémicycle.

Dans une charge piquante contre ceux qui lient le texte à la situation de l’ex-chef de l’État, l’ancienne ministre de la Justice a dénoncé des interprétations juridiques hasardeuses : « Pourquoi subitement, il se retrouve au centre de cette discussion ? Parce qu’au Sénégal, des soi-disant juristes, aussi compétents que le médecin du Malade imaginaire, parlent sans rien connaître au droit », a-t-elle ironisé, déclenchant des réactions dans l’assemblée.

Elle a également rappelé qu’un communiqué officiel de la présidente de la Commission avait déjà précisé que Macky Sall n’était en rien concerné par cette convention. « La rumeur a enflé ici, et au Maroc, ils ont peint Macky sur leurs murs pour lui souhaiter la bienvenue. Ça suffit ! », a-t-elle ajouté, visiblement agacée par les spéculations persistantes.

Défendant son vote en faveur de la ratification, Aïssata Tall Sall a recentré le débat sur la portée humanitaire de l’accord. « Être en prison loin de chez soi, c’est une double peine », a-t-elle plaidé, évoquant le sort des nombreux Sénégalais détenus dans les établissements pénitentiaires marocains.

Répondant également aux critiques sur le retard de cette ratification, bien que la convention ait été signée en 2004, la députée a souligné que les considérations diplomatiques évoluent avec le temps : « Pourquoi maintenant et pas avant ? Les relations internationales et la diplomatie dictent le tempo. À l’époque, était-ce notre intérêt ? »

Forte de son expérience, elle a témoigné de la situation des détenus sénégalais lors de ses visites dans les prisons marocaines. « Je sais combien de nos compatriotes y étaient. Aujourd’hui, les priorités ont changé », a-t-elle conclu.

Polémique autour du rapport de la Cour des comptes : Aïssata Tall Sall monte au créneau

L’ancienne ministre de la Justice, Me Aïssata Tall Sall, a vivement critiqué le dernier rapport de la Cour des comptes lors d’un point de presse de l’Alliance pour la République (APR). Rejetant en bloc ce document, elle a dénoncé aussi bien sa forme, son contenu que son objectif, estimant qu’il s’agit d’un réquisitoire dirigé contre l’ancien président Macky Sall et son régime.

Prenant la parole en deuxième position lors de la conférence de presse, Me Aïssata Tall Sall n’a pas mâché ses mots. Selon elle, ce rapport est biaisé et semble avoir été conçu dans le but de discréditer l’ancien chef de l’État. « Nous le rejetons trois fois : d’abord sur la forme, ensuite sur le fond et enfin sur la finalité », a-t-elle martelé.

Sur la forme, l’ancienne garde des Sceaux s’interroge sur l’absence de signature sur le document, alors que le nom du président de la Cour des comptes y est mentionné. « C’est à croire qu’ils ont peur d’assumer leurs affirmations », a-t-elle ironisé.

Sur le fond, elle rappelle que la Cour des comptes avait déjà certifié certaines données contenues dans le rapport, avant de faire volte-face. « Pourquoi revenir sur un travail qu’elle a déjà validé ? », s’interroge-t-elle.

Enfin, sur la finalité, Me Aïssata Tall Sall voit dans ce rapport une volonté manifeste de jeter le régime de Macky Sall « à la vindicte populaire ». Elle estime que dans le contexte actuel, ce document a été utilisé comme un « prétexte » pour attaquer l’ancien pouvoir.

Me Aïssata Tall Sall regrette que la Cour des comptes, qu’elle jugeait autrefois « beaucoup plus sérieuse », en soit arrivée à ce stade. Selon elle, ce rapport controversé ternit l’image de l’institution et met en péril sa crédibilité. « C’est la première fois que la Cour des comptes produit un rapport tant contesté. Avec ce rapport, elle s’est tiré une balle dans le pied », a-t-elle déclaré.

Malgré cette polémique, l’ancienne ministre a tenu à défendre Macky Sall, qu’elle qualifie d’« homme à la parole rare et aux actes incontestables ». Elle rappelle que c’est sous sa présidence que la Cour des comptes a été renforcée, ce qui, selon elle, prouve qu’il n’avait rien à cacher.

Aïssata Tall Sall défend Farba Ngom et dénonce une « parodie de justice »

Dans une déclaration remarquée, Aïssata Tall Sall, Présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, est montée au créneau pour défendre le parlementaire Farba Ngom, au cœur d’une polémique judiciaire. Selon elle, Farba Ngom aurait agi dans le souci de mettre à l’aise ses collègues députés, ce qui expliquerait sa décision de ne pas se présenter lui-même, préférant envoyer un seul représentant dans une affaire qui soulève des interrogations.

Cette prise de position intervient alors que l’affaire de Farba Ngom connaît un nouveau rebondissement. Aïssata Tall Sall a dénoncé ce qu’elle qualifie de « parodie de justice », affirmant avoir reçu pas moins de quatre lettres de transmission présentées comme étant le dossier de l’intéressé. Cette multiplication de documents, selon elle, entache la procédure et soulève des doutes sur la transparence et la régularité des démarches entreprises.

Le cas Farba Ngom a généré des réactions variées dans le paysage politique sénégalais, certains dénonçant une tentative de manipulation politique, tandis que d’autres réclament une justice impartiale et sans entraves. Aïssata Tall Sall, fidèle à sa réputation de défenseuse des droits, insiste sur l’importance de respecter les principes de justice et de préserver l’intégrité des institutions parlementaires.

Cette dénonciation de multiples lettres de transmission illustre, selon la présidente du groupe parlementaire, une volonté de complexifier l’affaire. Elle appelle les autorités compétentes à garantir une procédure claire et équitable afin de ne pas ternir l’image de la justice sénégalaise.

Déclaration de politique générale : Aïssata Tall Sall interpelle le Premier ministre sur les attentes du peuple

Lors de la déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu (opposition) et ancienne ministre des Affaires étrangères, a marqué les esprits par une intervention aussi incisive que symbolique.

D’entrée de jeu, elle n’a pas manqué de souligner le long délai qui a séparé la nomination du Premier ministre et sa première comparution devant les parlementaires. « Enfin, vous voilà ! », a-t-elle lancé, rappelant que malgré les dispositions de l’article 55 de la Constitution et l’engagement écrit du président de la République, il avait tardé à se présenter.

Aïssata Tall Sall a toutefois exprimé sa satisfaction de voir le chef du gouvernement enfin répondre à cette obligation républicaine, tout en mettant l’accent sur les attentes urgentes des Sénégalais. « Vous venez après des élections […] Vous avez en main tous les leviers de la politique économique et sociale du Sénégal. Et les attentes sont grandes, Monsieur le Premier ministre, le peuple est pressé et il a raison d’être pressé », a-t-elle déclaré.

La députée n’a pas manqué de rappeler que les réformes économiques et sociales doivent répondre rapidement aux préoccupations quotidiennes des populations, notamment dans un contexte de crise mondiale marqué par l’inflation et les inégalités sociales grandissantes.

S’exprimant sur le fond de la déclaration de politique générale, l’avocate-députée a émis des critiques sur le contenu du projet gouvernemental. Elle a qualifié la présentation du Premier ministre de « déclamation » et a estimé que des lacunes majeures subsistent dans l’agenda national de développement, en particulier dans le cadre du projet « Sénégal 2050 ».

« Nous avons lu ce projet attentivement. Il contient beaucoup de promesses, mais aussi beaucoup de lacunes », a-t-elle affirmé, appelant à un examen rigoureux des failles pour éviter toute désillusion.

Aïssata Tall Sall a également mis en garde contre deux dangers majeurs qui, selon elle, menacent l’efficacité du projet gouvernemental : la simplification excessive des politiques proposées et la tentation de faire des promesses contradictoires. « Le monde n’est pas manichéen. […] Attention à ne pas tout promettre, une chose et son contraire. Cela s’appelle tout simplement l’hypocrisie », a-t-elle averti.

Amadou Bâ : “Aucune loi d’amnistie ne pourra empêcher la justice de poursuivre les auteurs de crimes de masse”

Amadou Bâ, député du parti Pastef, s’est exprimé avec véhémence contre toute tentative de protéger les responsables des violences survenues sous le régime de Macky Sall. Selon lui, ces actes ne sauraient être couverts ni par une loi d’amnistie, ni par une quelconque immunité.

Dans une réponse directe à l’ex-ministre de la Justice Aïssata Tall Sall, qui évoquait récemment une loi d’amnistie, Amadou Bâ a rappelé que ces crimes pourraient être qualifiés de “crimes intangibles”, en référence aux définitions établies par le Statut de Rome sur la Cour pénale internationale (CPI). “Ces crimes ne peuvent être protégés par une loi d’amnistie, d’amnésie ou d’immunité”, a-t-il déclaré avec fermeté.

Le député nouvellement élu a demandé à ce que les faits soient établis à travers :

• Les rapports d’autopsie ou leur absence concernant les 80 manifestants non armés qui auraient été exécutés de manière coordonnée avec des moyens de répression d’État.

• Les preuves du refus d’enquêtes de la part des autorités judiciaires et politiques, incluant le Procureur, le ministre de la Justice et le Président de la République.

• Les enterrements précipités, qui, selon lui, visaient à dissimuler la vérité aux familles des victimes.

• La démonstration que les victimes – morts, blessés, emprisonnés ou exilés – étaient systématiquement traquées sur l’ensemble du territoire et appartenaient toutes à un même parti politique, Pastef.

Amadou Bâ insiste sur le fait que ces crimes relèvent d’une “répression d’État planifiée” et qu’aucune tentative législative ne pourra faire obstacle à la justice.

Aïssata Tall Sall plaide en faveur de l’autonomisation des femmes : Investir pour accélérer le rythme

À l’occasion de la Journée Internationale des Femmes célébrée le 8 mars, la ministre de la Justice, Aïssata Tall Sall, a accordé un entretien exclusif à Seneweb. Le thème retenu par l’Organisation des Nations Unies pour cette année est « Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme ». La ministre a souligné l’importance de s’interroger sur la manière de concrétiser cet investissement et sur les domaines prioritaires.

Selon Aïssata Tall Sall, investir en faveur des femmes nécessite une réflexion approfondie sur les secteurs à privilégier et les moyens à mettre en œuvre. « En quoi devons-nous investir ; pourquoi devrions-nous investir et comment cet investissement doit se traduire pour les femmes ? », s’interroge-t-elle. Elle estime que l’autonomisation des femmes, notamment sur le plan financier et économique, demeure un objectif majeur.

« Du point de vue de l’autonomisation des femmes, investir dans la capacité des femmes à s’administrer, à se gérer, à prendre en main leurs propres besoins avant ceux de la famille ou du mari me paraît fondamental », affirme la ministre. Elle met ainsi en avant la nécessité de permettre aux femmes d’accéder à une autonomie financière qui les place dans une position de pouvoir sur leur destin.

Cependant, Aïssata Tall Sall souligne qu’il ne faut pas se limiter à l’autonomisation économique des femmes. Elle estime qu’un investissement plus important doit être réalisé dans l’épanouissement politique des femmes. « La vie, ce n’est pas seulement manger, boire et dormir. Il y a un autre épanouissement où il faut se consacrer. C’est l’épanouissement politique. C’est la vie avec les responsabilités publiques, quelles qu’elles puissent être », déclare-t-elle.

La ministre appelle à libérer la parole des femmes, à les encourager à prendre la pleine mesure de leur potentiel et à jouer un rôle actif dans le développement de leur pays. « Que les femmes s’affirment davantage, qu’on leur libère la parole, qu’elles prennent la juste et la pleine mesure de ce qu’elles doivent représenter et ce qu’elles doivent apporter dans le développement de leur pays », insiste Aïssata Tall Sall.

En conclusion, elle souligne que « accélérer le rythme » signifie reconnaître les progrès accomplis tout en continuant à investir et à œuvrer pour l’épanouissement total des femmes.

Aissata Tall Sall défend vigoureusement la loi d’amnistie à l’Assemblée nationale : « Kouma yobbou CPI ma wouyou djila… »

Lors de sa prise de parole à l’Assemblée nationale ce mercredi, la ministre de la Justice, Aissata Tall Sall, a vigoureusement défendu le projet de loi d’amnistie, réfutant les allégations selon lesquelles cette législation servirait d’échappatoire à la Cour pénale internationale (CPI).

D’emblée, la ministre a souligné la nécessité de clarifier le débat autour de la CPI : « Mais il faut savoir de quoi on parle… », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite précisé les circonstances dans lesquelles un État peut être soumis à la juridiction de la CPI, soulignant que le Sénégal est signataire et qu’un État-partie peut être convoqué. Elle a également mentionné le pouvoir du procureur de la CPI et les Nations Unies pour ouvrir une enquête et diligenter une procédure.

Aissata Tall Sall a insisté sur les critères stricts qui permettent d’enclencher une procédure à la CPI, à savoir la présence de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre ou de génocides. Elle a alors interpellé ceux qui évoquent la menace de la CPI par rapport à la loi d’amnistie au Sénégal, demandant : « Qu’est-ce qui s’est produit au Sénégal pour qu’on nous menace avec la CPI ? Quoi ? »

La ministre a également contesté l’idée que la loi d’amnistie serait une manœuvre pour protéger certaines personnalités, soulignant qu’il est erroné de penser que le président Macky Sall a initié cette loi dans ce but précis. Elle a affirmé avec fermeté qu’elle répondrait à toute convocation de la CPI, car elle n’a rien fait qui mérite d’être jugé par cette cour internationale.

La défense de la loi d’amnistie par Aissata Tall Sall s’inscrit dans un contexte de débats houleux autour de cette proposition législative, mettant en lumière les divergences d’opinions au sein de la classe politique sénégalaise quant à ses implications et ses motivations réelles.

Liberté provisoire pour Diomaye Faye : La réponse ferme de Aïssata Tall Sall

Bassirou Diomaye Faye, le candidat choisi par Ousmane Sonko pour « porter le projet », se trouve actuellement en détention. Alors que son dossier de candidature a été validé, des voix se sont élevées en faveur de sa liberté provisoire pour lui permettre de mener sa campagne. Aïssata Tall Sall a répondu à cette question dans l’émission « Point de vue », soulignant que la liberté provisoire est réglementée par la loi.

Aïssata Tall Sall a rappelé que les conditions permettant à un individu d’obtenir une liberté provisoire sont clairement définies par la loi. Elle a souligné que peut-être en tant que candidat, les conditions deviennent impératives pour l’obtenir. Cependant, elle a insisté sur le fait que la décision de la liberté provisoire revient au juge, indépendant de l’influence du ministre ou de l’administration.

« Le juge est là, un juge indépendant, qui n’est pas le procureur. Le procureur peut demander et le juge peut refuser. Le procureur peut ne pas demander, et le juge peut accepter. Tout cela revient au juge », a déclaré Aïssata Tall Sall.

Selon elle, la responsabilité incombe aux avocats de Bassirou Diomaye Faye de s’organiser s’ils veulent obtenir sa liberté provisoire. Ils doivent démontrer au juge que cette mesure est indispensable et solliciter cette liberté de manière appropriée.

Bassirou Diomaye Faye, numéro 2 de l’ex-parti Pastef, a été arrêté par la Division des investigations criminelles (Dic) et placé sous mandat de dépôt le 18 avril dernier. Il est inculpé pour des chefs d’accusation tels que « actes de nature à compromettre la paix publique, outrage à magistrat, et diffamation à l’encontre d’un corps constitué ». Les charges contre lui ont été renforcées à la suite d’un réquisitoire supplétif du parquet et de l’ordonnance de jonction des procédures avec son leader, Ousmane Sonko. Ce dernier est inculpé pour plusieurs chefs, dont « manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique, association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, et complicité d’homicide volontaire », entre autres.

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