Loi de Finances Rectificative 2025 : Cheikh Diba lève le voile sur une situation budgétaire alarmante

La Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, déposée tardivement à l’Assemblée nationale, intervient dans un contexte économique et budgétaire tendu. Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a livré un exposé sans détour sur l’état des finances publiques du Sénégal, marqué par un creusement du déficit budgétaire, une contraction du PIB et une révision à la baisse des recettes.

Selon Cheikh Diba, cette LFR est le fruit d’un « long processus de réajustement mené dans l’urgence » par les services techniques du ministère. La reprogrammation du cadre macroéconomique s’est imposée à cause de plusieurs facteurs défavorables : la conjoncture économique mondiale défavorable, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la politique commerciale des États-Unis, la volatilité du dollar, ainsi que la découverte de charges non anticipées liées à la dette publique.

Conséquence directe : une baisse significative du Produit intérieur brut (PIB), révisé à la baisse de 907 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les 260 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires attendues ne seront pas au rendez-vous.

Dans un discours volontariste, le ministre a tenu à rassurer quant à sa volonté de transparence : « Je ne serai pas un ministre des Finances qui maquille les chiffres », a-t-il martelé, rejetant toute manipulation comptable consistant à intégrer des recettes postérieures à l’année budgétaire concernée.

Cheikh Diba a indiqué que le déficit budgétaire, qui atteignait 11,6 % en 2024, sera ramené à 7,08 % en 2025, avec un objectif de 5 % à l’horizon 2027. Pour atteindre cette trajectoire, le gouvernement a revu ses priorités et engagé une démarche de rationalisation des dépenses dans tous les ministères. « Ce n’est pas de l’austérité. Il s’agit d’ingénierie budgétaire », a-t-il précisé pour justifier les coupes budgétaires opérées.

Un des points les plus sensibles évoqués par le ministre concerne la découverte de 125 milliards de FCFA de charges d’intérêts issues de dettes contractées hors du circuit budgétaire officiel. Pour éclaircir cette situation, le gouvernement a mandaté un audit confié au cabinet Mazars, permettant d’obtenir une cartographie complète de l’endettement public, y compris la dette bancaire locale, la dette extérieure et les passifs du secteur parapublic.

Cheikh Diba salue cette initiative comme un « acte de responsabilité » visant à asseoir une gestion financière plus rigoureuse.

La gestion active de la dette a permis de dégager 800 milliards de FCFA d’espace budgétaire pour 2025, mais les besoins globaux de financement dépassent les 5 000 milliards, dont plus de 4 000 milliards destinés au remboursement du principal de la dette. Le ministre n’a pas manqué de souligner le caractère hérité de cette charge : « Il faut payer », dit-il, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à honorer ses obligations.

Concernant le recours accru au Fonds monétaire international (FMI), Cheikh Diba a tenu à rassurer : « Le FMI ne nous apprend rien. Il veille simplement au respect des principes fondamentaux de gouvernance budgétaire. »

Cette LFR s’inscrit également dans une dynamique de réforme structurelle. Le ministre a annoncé une refonte de l’architecture budgétaire, avec une restructuration des programmes en lien direct avec l’agenda national de transformation. « Chaque ministère devra intégrer cet agenda dans ses priorités. C’est ainsi que les politiques publiques auront un impact réel », a-t-il expliqué.

Répondant aux interrogations et critiques des parlementaires, Cheikh Diba a affiché une volonté d’ouverture et de dialogue. « Nous acceptons toutes les critiques constructives. Mais évitons les généralisations approximatives. Nous avons une obligation de résultats, vis-à-vis de nos concitoyens, mais aussi des marchés et de nos partenaires », a-t-il conclu.

Maltraitance d’un Enfant Talibé : Un Cas Alarmant Révélé

Un enfant talibé a été sévèrement puni par son maître coranique dans un daara situé sur la route de Darou Moukhty, derrière la mosquée de Serigne Mourtada Mbacké. L’enfant, qui appartient à un certain Serigne Bamba Seck, a trouvé refuge au domicile d’un vieux père de famille, cherchant soulagement pour son dos douloureux.

Le vieux, resté bouche bée devant la situation, a témoigné que l’enfant avait été maltraité parce qu’il n’avait pas réussi à obtenir son pécule quotidien. L’enfant, après s’être déshabillé pour demander un massage, a révélé les marques de violence physique qu’il avait subies.

Cette triste histoire met en lumière les défis persistants liés à la maltraitance des enfants talibés au Sénégal. Dans son rapport d’avril 2024 sur la situation des droits humains dans le monde, Amnesty International a dénoncé le non-respect des droits de l’enfant dans le pays, soulignant notamment la pratique courante de forcer les garçons talibés à mendier.

Le rapport souligne également le fait que le gouvernement sénégalais n’a pas encore adopté le projet de code de l’enfant et le projet de loi sur le statut des daaras, malgré les appels répétés de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme.

Amnesty International recommande ainsi aux nouvelles autorités sénégalaises de prendre des mesures concrètes pour régler la question des enfants talibés, notamment en adoptant le projet de code de l’enfant et le projet de loi sur le statut des daaras. Cette affaire récente souligne l’urgence d’une action immédiate pour protéger les droits et le bien-être des enfants au Sénégal.

Des lacunes dans la promotion de l’égalité des genres dans l’éducation : le rapport alarmant de la Cour des comptes

Un récent rapport de la Cour des comptes a mis en lumière des lacunes significatives dans la gestion des fonds alloués à la promotion de l’égalité des genres dans le secteur de l’éducation. Entre 2012 et 2018, le Programme d’Amélioration, de la Qualité, de l’Équité et de la Transparence dans l’éducation et la formation (PAQUET/EF) a bénéficié de financements considérables, mais l’allocation spécifique des ressources pour la stratégie genre reste floue, selon le rapport.

L’éducation est un pilier fondamental du développement social et économique, et la promotion de l’égalité des genres dans ce domaine est cruciale pour assurer un avenir inclusif et équitable. Cependant, malgré les efforts déployés et les financements importants alloués au secteur de l’éducation, le rapport révèle que les ressources spécifiquement destinées à la stratégie genre ne sont pas clairement identifiées ni tracées.

Ce manque de transparence compromet la capacité à évaluer l’efficacité des initiatives visant à promouvoir l’égalité des genres dans l’éducation. De plus, la distribution des ressources ne prend pas systématiquement en compte les stratégies pour le genre, ce qui remet en question l’engagement réel des autorités à faire progresser cette cause.

Une autre préoccupation soulevée par le rapport est la dépendance excessive aux financements étrangers pour soutenir des initiatives spécifiques en faveur du genre. Bien que les partenariats internationaux puissent jouer un rôle important, ils ne doivent pas remplacer l’engagement financier et politique du gouvernement dans la promotion de l’égalité des genres.

Il est donc impératif que des mesures soient prises pour remédier à ces lacunes. Cela pourrait inclure une meilleure identification et traçabilité des fonds alloués à la stratégie genre, ainsi que le renforcement des mécanismes de coordination entre les acteurs impliqués. De plus, des programmes de sensibilisation et de formation doivent être mis en place pour promouvoir une culture organisationnelle axée sur l’égalité des genres dans tous les aspects de l’éducation et de la formation.

Le rapport de la Cour des comptes met en évidence la nécessité urgente d’une action concertée pour garantir une gestion transparente et efficace des ressources allouées à la promotion de l’égalité des genres dans l’éducation. L’avenir de nos sociétés dépend de la réalisation de progrès tangibles dans ce domaine crucial.

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