Forum Turquie–Sénégal : Ousmane Sonko trace cinq axes de coopération stratégique avec Ankara

Le 9 août 2025, Istanbul a accueilli le Forum économique Turquie–Sénégal, une rencontre stratégique qui s’inscrit dans l’Agenda National de Transformation 2050 et la Vision Sénégal 2050. Organisé conjointement par le Conseil des relations économiques extérieures de Turquie (DEİK), l’Association des industriels et hommes d’affaires indépendants (MÜSİAD) et l’APIX, l’événement avait pour objectif de renforcer les échanges et de tracer une feuille de route claire pour une coopération renforcée entre Dakar et Ankara.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui conduisait la délégation sénégalaise, a profité de cette tribune pour présenter la nouvelle trajectoire économique du pays, fondée sur la souveraineté, la justice sociale et la prospérité partagée. Il a rappelé que cette orientation repose sur trois piliers majeurs : la transformation locale des ressources, la valorisation du potentiel humain et un ancrage territorial fort.

Dans son discours, Ousmane Sonko a mis en avant cinq axes de coopération qu’il considère comme prioritaires avec la Turquie. Le premier concerne le secteur de l’énergie, notamment à travers la mise en œuvre des stratégies Gas to Power et Gas to Industries, destinées à transformer les ressources gazières nationales en moteur de développement industriel et énergétique. Le deuxième vise à promouvoir l’industrialisation du pays grâce à la création de chaînes de valeur locales capables de stimuler la production nationale et de réduire la dépendance aux importations. Le troisième axe porte sur la transformation numérique, avec la volonté de faire du numérique un levier de compétitivité et d’innovation. Le quatrième domaine concerne l’éducation et la recherche, afin de former une main-d’œuvre qualifiée et d’encourager l’innovation scientifique. Enfin, le cinquième axe est dédié à la souveraineté sanitaire, par le développement de l’industrie pharmaceutique et biomédicale locale.

Pour concrétiser ces ambitions, le Sénégal met en place huit pôles de développement intégrés, reliés par de grandes infrastructures et adossés à un cadre fiscal et juridique compétitif. Le gouvernement mène également d’importantes réformes, parmi lesquelles un nouveau Code des investissements, la refonte du Code général des impôts et du Code des douanes, l’adoption d’une nouvelle loi sur les Partenariats Public-Privé, une loi sur les Zones Économiques Spéciales et un régime d’import-substitution destiné à soutenir la production nationale.

Sur le plan budgétaire, la Loi de Finances Rectificative 2025 fixe quatre priorités : apurer la dette intérieure, relancer l’investissement productif, soutenir le secteur privé à travers les PPP et amorcer la souveraineté alimentaire. Ces priorités sont appuyées par le Plan de redressement Jubbanti Koom, doté de 4 600 milliards de FCFA sur la période 2025-2028, financé à 90 % par des ressources internes. Ce plan repose sur la mobilisation endogène, la renégociation des contrats stratégiques, le recyclage d’actifs publics et une réduction significative du train de vie de l’État.

Ousmane Sonko a également pris trois engagements fermes envers les investisseurs : digitaliser l’administration, stabiliser le cadre réglementaire et instaurer un dialogue régulier avec le secteur privé. Il a invité la Turquie, déjà active dans les infrastructures, l’éducation, le transport aérien et l’industrie, à intensifier sa présence dans l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, les matériaux de construction, la métallurgie, la santé et la pêche.

Le chef du gouvernement a particulièrement insisté sur les opportunités offertes dans les Zones Économiques Spéciales et les Zones Aménagées pour l’Investissement, notamment à Diass, ainsi que sur les projets de co-investissement dans le pipeline gazier, les infrastructures logistiques et l’industrie militaire.

En conclusion, il a appelé les entreprises turques à participer massivement au Forum Invest in Senegal, prévu les 7 et 8 octobre 2025 à Dakar, affirmant que le Sénégal est prêt à accueillir des investissements productifs, à bâtir des partenariats gagnant-gagnant et à devenir, aux côtés de la Turquie, un pôle économique majeur du Sud global.

Erdogan rencontre le chef du Hamas à Ankara : tensions avec Israël

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accueilli ce samedi 20 avril Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, à Ankara. Cette rencontre intervient dans un contexte de vives tensions entre Israël et le Hamas, marquées par les attaques israéliennes sur les terres palestiniennes, en particulier à Gaza.

Les discussions entre Erdogan et Haniyeh ont principalement porté sur la situation en Palestine et la nécessité de garantir un accès à l’aide humanitaire pour la population civile de la bande de Gaza, qui subit de plein fouet les conséquences des récents affrontements.

L’une des déclarations les plus marquantes de Erdogan lors de cette rencontre a été sa ferme condamnation de l’attitude d’Israël envers les Palestiniens. Il a déclaré que « Jérusalem paiera le prix de l’oppression qu’elle inflige aux Palestiniens », exprimant ainsi son soutien indéfectible au peuple palestinien et sa désapprobation des actions israéliennes.

Cette rencontre entre Erdogan et Haniyeh n’a pas manqué de susciter des réactions hostiles de la part d’Israël. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a notamment critiqué Erdogan sur les réseaux sociaux, l’accusant de soutenir les Frères musulmans et dénonçant les actions passées du Hamas, qualifiées de violences brutales.

Il convient de souligner que cette rencontre intervient dans un contexte où la Turquie et Israël entretiennent des relations déjà tendues, notamment en raison des positions divergentes sur la question palestinienne et d’autres enjeux régionaux.

Il est à noter que la Turquie ne considère pas le Hamas comme un mouvement terroriste, mais plutôt comme une organisation de libération, ce qui contribue à alimenter les tensions entre Ankara et Tel-Aviv.

La rencontre entre Erdogan et Haniyeh souligne une fois de plus le rôle de la Turquie en tant qu’acteur majeur dans les affaires du Moyen-Orient et son engagement en faveur de la cause palestinienne, tout en exacerbant les tensions déjà existantes avec Israël.

Victoire de l’opposition aux élections municipales en Turquie : un tournant politique majeur à Istanbul et Ankara

Les élections municipales en Turquie ont pris une tournure historique alors que l’opposition semble sur le point de remporter des victoires significatives à Istanbul et Ankara, selon des résultats partiels diffusés par les médias officiels dimanche soir.

À Istanbul, Ekrem Imamoglu, le maire sortant, maintient une avance avec 50,4% des voix, tandis que son rival recueille 40,9%, sur plus de 71% des bulletins dépouillés. À Ankara, Mansur Yavas est en tête avec 58,6% des voix, contre 33,5% pour son adversaire, sur 46,4% des bulletins de vote.

Ces résultats préliminaires suggèrent un glissement significatif du soutien populaire vers l’opposition dans deux des plus grandes villes du pays. Istanbul et Ankara sont des bastions politiques clés en Turquie, et ces élections municipales revêtent une importance particulière en tant que baromètre de l’opinion publique à l’égard du président Recep Tayyip Erdogan et de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP).

Si ces tendances se confirment, la victoire de l’opposition dans ces villes pourrait marquer un revers significatif pour l’AKP, qui a longtemps dominé la scène politique turque. Cela pourrait également avoir des implications plus larges pour le paysage politique national et la dynamique du pouvoir en Turquie.

Cependant, il convient de noter que ces résultats ne sont que partiels et que la situation pourrait évoluer à mesure que davantage de bulletins de vote sont dépouillés. Il faudra donc attendre les résultats officiels pour confirmer les tendances observées jusqu’à présent lors de ces élections municipales hautement attendues en Turquie.

Les analystes politiques estiment que ces élections municipales pourraient marquer un tournant dans la politique turque, reflétant un mécontentement croissant à l’égard du gouvernement actuel et ouvrant la voie à de nouveaux acteurs sur la scène politique. La victoire de l’opposition pourrait également revitaliser le débat sur la démocratie et les libertés civiles en Turquie, dans un contexte où ces questions ont été de plus en plus contestées ces dernières années.

En fin de compte, l’issue de ces élections municipales aura des répercussions non seulement sur la politique intérieure turque, mais aussi sur les relations du pays avec la communauté internationale. Les observateurs nationaux et internationaux surveilleront de près le déroulement de ces élections et leurs conséquences à long terme.

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