Le Dakarois Quotidien N°663 – 03/02/2026
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L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a rendu public son rapport mensuel sur le commerce extérieur du Sénégal pour juillet 2025. Ce document met en lumière une baisse significative des exportations sur un mois, contrastée par une évolution globalement positive sur une base annuelle. Il dévoile également une nette hausse des importations et une dégradation du solde commercial par rapport au mois précédent.
Selon les données compilées par l’ANSD, les exportations du Sénégal ont atteint 431,9 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 514,6 milliards en juin, soit une baisse de 16,1 %. Ce recul est essentiellement attribué à la diminution des expéditions de certains produits stratégiques. Parmi eux figurent les produits pétroliers raffinés, dont les ventes sont passées à 88,5 milliards de FCFA, le pétrole brut (76,3 milliards), l’or non-monétaire (75,4 milliards), l’acide phosphorique (23,8 milliards) et les poissons frais de mer (14,4 milliards). Ces produits représentaient une part significative des recettes à l’exportation, et leur repli a impacté négativement les performances du mois.
Les principaux marchés d’exportation restent relativement stables, avec le Mali en tête (17,7 % des exportations), suivi des États-Unis (11,0 %), des Pays-Bas (10,8 %), de la Suisse (10,5 %) et de l’Inde (10,1 %). Toutefois, le rapport note que l’effet de la baisse mensuelle a été quelque peu atténué par la hausse des exportations de certains produits comme l’acide phosphorique, les produits pétroliers raffinés et les conserves de poisson.
En dépit du recul enregistré sur un mois, les résultats annuels sont plus encourageants. Les exportations de juillet 2025 ont en effet progressé de 15,9 % par rapport à juillet 2024. Mieux encore, le cumul des exportations sur les sept premiers mois de l’année s’élève à 3 272,1 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 60 % comparée aux 2 045,4 milliards enregistrés à la même période l’an dernier.
En revanche, les importations ont connu une progression notable, s’établissant à 635,6 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 545,0 milliards le mois précédent, soit une augmentation de 16,6 %. Cette croissance est principalement portée par la reprise des importations de pétrole brut, qui ont atteint 83,3 milliards de FCFA alors qu’aucun achat n’avait été enregistré en juin. D’autres produits ont également vu leurs volumes croître, notamment les sucres bruts et raffinés, les huiles et graisses animales et végétales, ainsi que les camions et camionnettes.
Cependant, cette dynamique haussière a été freinée par la baisse des importations de certains produits, notamment les autres produits pétroliers raffinés, qui sont passés de 155,9 milliards en juin à 131,3 milliards en juillet, ainsi que le riz, dont les importations ont chuté de 20,2 à 8,9 milliards de FCFA.
Par rapport à juillet 2024, les importations ont progressé de 9,4 %. En cumulé, elles atteignent 4 204,4 milliards de FCFA à fin juillet 2025, contre 3 980,1 milliards sur la même période en 2024, soit une hausse de 5,6 %. Les principaux fournisseurs du Sénégal restent la Chine (13,5 %), la France (10,2 %), la Russie (9,2 %), les Émirats Arabes Unis (8,1 %) et le Nigéria (6,7 %).
Le solde de la balance commerciale s’est, pour sa part, considérablement détérioré. Il est passé de -30,3 milliards de FCFA en juin à -203,8 milliards en juillet 2025. Cette aggravation du déficit est notamment due à une forte dégradation du solde commercial avec plusieurs partenaires : le Nicaragua (déficit de 41,3 milliards), le Nigéria (42,2 milliards), la France (60,1 milliards) et surtout la Chine, avec laquelle le déficit s’est creusé à 81,6 milliards de FCFA.
Toutefois, une amélioration a été notée dans les relations commerciales avec les États-Unis et l’Inde. Le Sénégal a enregistré un excédent de 31,8 milliards de FCFA avec les premiers et de 23,4 milliards avec les seconds. Ces gains, bien que significatifs, n’ont pas suffi à compenser le déséquilibre global.
Malgré cette situation, le cumul du déficit commercial sur les sept premiers mois de l’année affiche une amélioration notable. Il s’élève à -932,2 milliards de FCFA contre -1 934,7 milliards à la même période en 2024, ce qui témoigne d’un redressement progressif de la balance commerciale sur le moyen terme.
Le rapport de l’ANSD montre ainsi les limites de la performance mensuelle, mais confirme une dynamique positive sur l’année en cours. Il reste désormais à voir si cette tendance pourra être maintenue dans les mois à venir, notamment dans un contexte international marqué par l’instabilité des prix des matières premières et les incertitudes géopolitiques.
Dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a organisé, ce mercredi 21 mai 2025, un atelier de renforcement des capacités à l’intention des professionnels des médias. L’objectif : outiller les journalistes pour une meilleure compréhension et une utilisation judicieuse des données statistiques.
Cette session de formation marque un tournant dans la relation entre l’ANSD et les médias. Elle vise à renforcer le rôle des journalistes comme vecteurs d’une information fiable et bien interprétée. Antoine Diouf, directeur de eRadio et participant à l’atelier, a salué cette initiative : « Le journaliste n’est pas celui qui sait tout, mais celui qui sait où trouver l’information. Cet atelier nous permet de mieux comprendre le travail de l’ANSD pour interpréter correctement les statistiques. » Il a ajouté que cette formation est essentielle pour transmettre au public des données claires et contextualisées.
Pour Abdou Diouf, directeur général de l’ANSD, cette rencontre s’inscrit dans une stratégie plus large de vulgarisation des données statistiques : « Cette rencontre est la première d’une série que nous souhaitons organiser avec nos partenaires. Elle permet de partager nos méthodes et pratiques pour une meilleure vulgarisation des statistiques auprès du public. » Le directeur général a également mis en lumière la performance du Sénégal, qui se classe 4e en Afrique dans l’indice de performance statistique de la Banque mondiale, soulignant les progrès réalisés dans ce secteur.
Durant l’atelier, plusieurs thématiques essentielles ont été abordées : les méthodes de production des données statistiques, l’interprétation des indicateurs économiques et sociaux, les défis liés à la couverture statistique nationale, ainsi que les bonnes pratiques de communication des données.
« Lorsque les journalistes comprennent bien nos données, ils peuvent mieux les expliquer au public. Cela participe à la transparence et à la bonne gouvernance », a rappelé Abdou Diouf. Il a également évoqué les perspectives d’amélioration du système statistique national, appelant à une meilleure coordination entre les différentes structures productrices de données.
En somme, cette initiative de l’ANSD traduit une volonté affirmée de rapprocher les producteurs et les utilisateurs de données statistiques, afin de garantir une information de qualité, accessible et compréhensible à tous. Un pas de plus vers une société mieux informée et plus engagée dans les enjeux du développement.
Le secteur extractif sénégalais continue de démontrer son potentiel stratégique dans l’économie nationale. Ce vendredi, un nouveau jalon a été posé en matière de gouvernance des ressources naturelles, avec la signature d’une convention-cadre de partenariat entre le Comité National de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (CN-ITIE) et l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD).
Cet accord vise à renforcer la collecte, la gestion et la diffusion des données issues de l’exploitation minière, pétrolière et gazière, dans un souci de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance. Une étape majeure selon Thialy Faye, président du CN-ITIE, qui y voit une avancée concrète vers une meilleure maîtrise des enjeux économiques liés au sous-sol sénégalais.
Parmi les acquis déjà visibles de ce partenariat, figurent la sécurisation et l’hébergement du site web de l’ITIE, ainsi que de sa messagerie sur les serveurs de l’ANSD. L’institution statistique nationale a également mis à disposition un véhicule pick-up pour soutenir les opérations de terrain du CN-ITIE, illustrant ainsi une synergie logistique au service de la transparence.
En perspective, les deux institutions ont annoncé la création prochaine d’une application numérique dédiée à la divulgation automatique des données extractives. Ce dispositif technologique devrait améliorer l’accessibilité publique à l’information sur les flux financiers et les impacts économiques du secteur. Un gestionnaire de données, ingénieur statisticien de formation, viendra également étoffer l’équipe technique du CN-ITIE.
Sur le plan des recettes, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le rapport semestriel 2024 du CN-ITIE, le secteur extractif a généré 236,59 milliards FCFA entre janvier et juin, dont 225,49 milliards FCFA ont été versés au Trésor public, représentant plus de 95 % des revenus globaux. Ce montant équivaut déjà à 64 % de l’ensemble des recettes collectées en 2023, signe d’une croissance soutenue et d’un potentiel en pleine expansion.
Le rapport souligne également un volume total de transactions de 862,8 milliards FCFA entre entreprises extractives et fournisseurs. Sur ce montant, 342 milliards FCFA ont été captés par des entreprises locales, soulignant les retombées économiques internes de la chaîne d’approvisionnement. À cela s’ajoutent 2,57 milliards FCFA de dépenses sociales et 972 millions FCFA alloués à des paiements environnementaux.
Pour Thialy Faye, cette dynamique financière est à coupler avec une exigence accrue de redevabilité : « Notre ambition est claire : faire du CN-ITIE un organe de référence en matière d’expertise technique et de transparence budgétaire, au bénéfice de tous les Sénégalais. »
La convention signée entre le CN-ITIE et l’ANSD va ainsi au-delà d’une simple entente administrative : elle marque une volonté assumée d’institutionnaliser l’accès à l’information, dans un contexte de valorisation stratégique des ressources minières, pétrolières et gazières du pays.
L’économie sénégalaise poursuit sa dynamique de reprise. Au quatrième trimestre 2024, le produit intérieur brut (PIB) réel, corrigé des variations saisonnières, a enregistré une hausse de 4,5% par rapport au trimestre précédent, selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD).
Cette progression notable est tirée par la vigueur du secteur primaire (+15,1%), notamment l’agriculture (+23,5%), ainsi que par la bonne tenue du secteur secondaire (+2,9%) et la contribution régulière du tertiaire (+2,3%).
Le sous-secteur agricole s’impose une fois de plus comme un pilier de la croissance, avec une hausse spectaculaire de 23,5% sur le trimestre. Une performance qui reflète les bons résultats des campagnes agricoles dans plusieurs régions du pays. Toutefois, cette embellie est atténuée par le recul de 7,4% de la pêche, un signal d’alerte sur la persistance des défis liés à la gestion des ressources halieutiques.
Le secteur secondaire progresse globalement de 2,9%, avec un bond spectaculaire du raffinage de pétrole et de la cokéfaction (+36,9%). Les activités extractives (+9,2%) affichent également une croissance soutenue, stimulée par les efforts dans le secteur minier. En revanche, la fabrication de matériaux de construction (-9,3%) et la production d’électricité (-5,2%) freinent quelque peu cette dynamique.
Du côté des services, la croissance est de 2,3%, portée par les services financiers et d’assurance (+13,9%), l’hébergement et la restauration (+7,2%), ainsi que le commerce (+4,7%). Ces chiffres témoignent d’une reprise progressive de l’activité touristique et d’une meilleure fluidité des échanges internes.
Parallèlement, les investissements (FBCF) bondissent de 16,3%, signal fort d’un regain d’activité dans les projets d’infrastructures et les grands chantiers. Les exportations enregistrent un saut de 30,4%, notamment grâce aux performances dans les secteurs énergétiques et agro-industriels.
En revanche, la consommation finale recule de 2,4%, un indicateur à surveiller de près, car il pourrait refléter une certaine prudence ou un essoufflement temporaire de la demande intérieure.
L’ANSD révèle également que le PIB nominal du Sénégal s’élève à 6 164,9 milliards FCFA sur le trimestre. Ce chiffre confirme la résilience de l’économie sénégalaise, malgré les incertitudes liées à la conjoncture régionale et internationale.
Le dernier rapport de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) apporte un éclairage complet sur la trajectoire budgétaire et financière du Sénégal entre 2022 et 2023. Si les chiffres confirment une montée de la dette publique, ils traduisent également une stratégie assumée de mobilisation de ressources pour soutenir les dépenses publiques dans un contexte économique contraint.
En 2022, l’État sénégalais a mobilisé 4 046,1 milliards de FCFA de recettes. Ce montant a connu une progression en 2023, atteignant 4 746,5 milliards de FCFA, traduisant une amélioration notable de la capacité de collecte des ressources fiscales et non fiscales.
Dans le même temps, les dépenses exécutées ont grimpé à 3 957,6 milliards de FCFA en 2022, puis à 4 359,2 milliards de FCFA en 2023. Ce niveau de dépense, soutenu par des politiques publiques ambitieuses, a généré un besoin de financement – autrement dit, un déficit – de 917,3 milliards FCFA en 2022 et 922,8 milliards FCFA en 2023.
Ce déficit, bien que significatif, reste dans les proportions jugées soutenables pour un pays émergent, selon les standards de la surveillance macroéconomique régionale.
Pour combler ce besoin de financement, l’État a eu recours à des accumulations nettes de passifs, à hauteur de 1 436,4 milliards de FCFA en 2022 et 1 728,5 milliards de FCFA en 2023. Ces passifs incluent les dettes contractées aussi bien sur le plan intérieur qu’extérieur.
Une part importante de ce financement provient de la dette extérieure : 772,7 milliards de FCFA en 2022 et 1 090,1 milliards de FCFA en 2023. Cette tendance souligne une dépendance accrue aux financements extérieurs, notamment auprès des bailleurs internationaux, mais également une plus grande diversification des sources de financement.
Comparé à 2021, où l’accumulation nette de passifs était de 1 031,01 milliards de FCFA, le rythme s’est ralenti : baisse de 258,32 milliards en 2022 et de 64,78 milliards en 2023, preuve d’un effort progressif de consolidation budgétaire.
L’encours total de la dette de l’administration publique centrale s’est établi à 11 782,8 milliards de FCFA en 2022, soit 68,4 % du PIB, avant d’atteindre 13 797,8 milliards de FCFA en 2023.
En 2022, la dette extérieure représentait 10 097,9 milliards de FCFA (soit 85,7 % du total) contre 1 684,8 milliards de dette intérieure (14,3 %).
En 2023, la part de la dette intérieure a augmenté pour atteindre 4 553,3 milliards de FCFA, contre 9 244,5 milliards de FCFA de dette extérieure. Cette évolution indique une volonté d’alléger la pression extérieure en renforçant les financements domestiques.
Le recours au marché financier sous-régional a constitué un levier de financement important. En 2022, les émissions de titres ont totalisé 1 042,9 milliards de FCFA, dont 799,2 milliards d’emprunts obligataires et 243,6 milliards de bons du Trésor.
Les titres de créances ont diminué en 2022, passant de 565,9 milliards de FCFA en 2021 à 273,7 milliards de FCFA, traduisant une certaine prudence. Mais en 2023, ce segment a été dynamisé pour atteindre 966,8 milliards de FCFA, grâce notamment à la confiance accrue des investisseurs et à la présence renforcée d’entreprises privées dans ce marché.
Les engagements sous forme de garanties octroyés par l’État se sont établis à 649,0 milliards de FCFA en 2022 et 570 milliards de FCFA en 2023, ce qui montre une gestion relativement stable de ce levier.
Enfin, les ressources de financement mobilisées sont passées de 3 392,0 milliards de FCFA en 2022 à 3 907,84 milliards de FCFA en 2023, soit une hausse de 327,25 milliards de FCFA, équivalente à une croissance relative de 10,2 %.
Ce rapport de l’ANSD, bien que technique, confirme les choix économiques assumés du régime de Macky Sall, fondés sur des investissements massifs dans les infrastructures et les services sociaux de base, souvent au prix d’un endettement croissant.
Mais les indicateurs laissent également apparaître une gestion encadrée du déficit, une diversification des sources de financement et une plus grande implication du marché domestique.
L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a officiellement été affecté à l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) par le président Bassirou Diomaye Faye, selon les informations rapportées par L’AS TV. Cette décision met fin à une période d’incertitude pour l’ex-ministre, qui espérait une réintégration au ministère de l’Économie après le changement de gouvernement.
Après la fin de son mandat ministériel, Pape Malick Ndour avait entamé des démarches pour retrouver son poste au ministère de l’Économie. « J’ai fait toutes les démarches pour reprendre mon poste au ministère de l’Économie. J’attends juste une note de service qui atteste de ma présence. J’ai montré ma disponibilité et attends éventuellement ma réintégration », avait-il déclaré récemment.
Malgré son impatience légitime, l’ancien ministre s’était gardé de tout commentaire polémique et avait adopté une posture de retenue face à la situation. Il avait souligné la complexité des procédures administratives et s’était montré compréhensif quant aux délais nécessaires pour sa réaffectation.
L’affectation de Pape Malick Ndour à l’ANSD marque ainsi un tournant dans son parcours au sein de l’administration publique. En rejoignant cette institution clé, chargée de la collecte et de l’analyse des données statistiques du pays, il aura l’opportunité de contribuer à la production d’indicateurs essentiels pour le développement du Sénégal.
Cette décision reflète la volonté des nouvelles autorités de réorganiser les ressources humaines de l’État tout en maintenant l’intégration des anciens responsables dans la fonction publique. Pour Pape Malick Ndour, il s’agit d’un nouveau défi, qui pourrait lui permettre de mettre à profit son expérience au service de la planification et de l’évaluation des politiques publiques.
L’ancien ministre entame donc une nouvelle étape de sa carrière, avec pour mission de participer aux travaux de l’ANSD, un organe stratégique pour le suivi des performances économiques et sociales du pays.
Face à un taux de chômage de 20,3 % au troisième trimestre de 2024, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le gouvernement sénégalais multiplie les initiatives pour relancer le marché du travail et encourager l’entrepreneuriat. Ce mardi 1ᵉʳ avril 2025, l’État a officiellement lancé Tabax Sénégal, une plateforme numérique qui ambitionne de faciliter l’insertion professionnelle et d’encourager l’investissement dans des projets à fort potentiel de croissance.
Annoncé par le président Bassirou Diomaye Faye, Tabax Sénégal est conçu comme un levier stratégique pour répondre aux défis du chômage et stimuler la croissance économique. Cette plateforme numérique vise à faciliter l’accès à l’emploi en mettant en relation les chercheurs d’emploi avec des opportunités adaptées à leurs qualifications et expériences. Elle accompagne aussi les porteurs de projets et les entrepreneurs en leur offrant des opportunités de financement, de mentorat et de mise en réseau. Enfin, elle cherche à attirer les investisseurs nationaux et étrangers en mettant en avant des projets innovants à fort impact économique et social.
Selon le communiqué officiel, Tabax Sénégal se veut un carrefour dynamique entre employeurs, jeunes diplômés, entrepreneurs et investisseurs, créant ainsi une synergie favorable à la croissance et à l’innovation.
Avec un marché du travail marqué par un taux de chômage élevé et une forte précarité de l’emploi, Tabax Sénégal pourrait constituer une réponse efficace aux difficultés rencontrées par les jeunes diplômés et les entrepreneurs. Selon le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et de l’Entrepreneuriat, cette plateforme permettra de mieux structurer le processus de recrutement, en garantissant une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emploi.
Par ailleurs, l’accompagnement des entrepreneurs et des start-ups représente un volet crucial du projet. Grâce à un accès simplifié aux financements et aux opportunités d’investissement, Tabax Sénégal ambitionne de dynamiser le tissu économique et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs sénégalais.
Accessible via un site web et une application mobile, Tabax Sénégal offre plusieurs services personnalisés aux utilisateurs. Les chercheurs d’emploi pourront y créer un profil professionnel détaillé, accéder à des offres d’emploi ciblées et postuler directement en ligne. La plateforme leur permettra également d’entrer en contact avec des recruteurs et des entreprises locales et internationales. Les entrepreneurs et porteurs de projet, quant à eux, auront accès à un espace dédié pour présenter leurs initiatives et rechercher des financements. Ils pourront aussi bénéficier d’un accompagnement sous forme de mentorat, de mise en réseau et de formations spécialisées. Du côté des investisseurs, Tabax Sénégal leur permettra de découvrir des projets innovants et d’accéder à des informations stratégiques sur les opportunités d’investissement.
L’État prévoit également un accompagnement technique et administratif pour aider les entrepreneurs à formaliser leurs activités et bénéficier des dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat.
Avec Tabax Sénégal, le gouvernement espère non seulement réduire le chômage, mais aussi stimuler l’innovation, renforcer le secteur privé et attirer des investisseurs internationaux. Le président Bassirou Diomaye Faye a affirmé que cette initiative s’inscrit dans une vision à long terme, visant à faire du Sénégal un pôle économique compétitif en Afrique de l’Ouest.
« Nous voulons créer un environnement favorable à l’emploi et à l’innovation. Tabax Sénégal est un premier pas vers une transformation durable de notre économie », a-t-il déclaré lors du lancement officiel.
Le Sénégal s’apprête à opérer un changement significatif dans l’évaluation de son économie. Dans les mois à venir, une augmentation du PIB, une baisse du ratio de la dette et une réduction du déficit budgétaire devraient être annoncées par les nouvelles autorités. Ce phénomène, appelé rebasing, suscite de nombreuses interrogations. Hamidou Anne, essayiste et récent membre de l’Alliance pour la République (APR), apporte des éclaircissements sur cette réforme et ses implications.
Le rebasing consiste à actualiser l’année de référence utilisée pour calculer les principaux agrégats macroéconomiques, afin de mieux refléter la structure actuelle de l’économie. Cette réforme vise notamment à intégrer des secteurs émergents comme le numérique et le commerce en ligne, tout en révisant l’impact des secteurs traditionnels.
« Il s’agit de rebâtir une nouvelle économie en prenant en compte des secteurs stratégiques émergents, tout en ajustant le poids de certaines activités jugées moins productives », explique Hamidou Anne dans une interview accordée à Public.sn.
Selon lui, cette révision permettra une mise à jour du PIB, qui pourrait augmenter de 30 %, passant de 18 000 milliards à environ 24 000 milliards de francs CFA. Par conséquent, le ratio de la dette, actuellement estimé à plus de 99 % du PIB selon les nouvelles autorités, devrait mécaniquement diminuer pour avoisiner les 70 %.
Si cette réforme est portée aujourd’hui par le duo Diomaye-Sonko, Hamidou Anne rappelle qu’elle a été initiée dès 2023 par l’ancien régime sous la supervision de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). « Il ne reste plus que la publication du rapport », précise-t-il.
Le Sénégal n’en est d’ailleurs pas à son premier rebasing. En 2018, une mise à jour basée sur l’année 2014 avait déjà entraîné une hausse du PIB de près de 30 %. Sous Macky Sall, l’année de référence utilisée pour le calcul remontait à 1999. Cette pratique, recommandée par les Nations Unies, est courante à l’échelle internationale et a déjà été appliquée par plusieurs pays de l’UEMOA.
La publication des chiffres du Port autonome de Dakar (PAD) pour l’année 2024 a déclenché une vive polémique entre l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) et la direction du port. Alors que l’ANSD a révélé une baisse significative du trafic maritime, le PAD a rapidement contesté ces données, mettant en cause leur fiabilité.
Le premier rapport de l’ANSD, intitulé « Repères Statistiques », publié le 6 mars 2025, a mis en évidence une baisse notable de l’activité portuaire. Face à ces conclusions, la direction du PAD a vivement réagi, contestant les chiffres avancés par l’agence nationale. Dans un communiqué officiel, le PAD a rejeté ces statistiques, dénonçant une mauvaise interprétation des données et accusant la presse de relayer des informations erronées.
Le directeur général du PAD est même allé plus loin en critiquant publiquement l’ANSD et les médias, affirmant que ces publications portaient atteinte à l’image du port de Dakar et pouvaient impacter négativement ses activités économiques.
Face à la contestation du PAD, l’ANSD a répliqué en publiant, ce vendredi 7 mars, un second rapport plus détaillé intitulé « Bulletin mensuel des statistiques économiques et financières de décembre 2024 ». Ce document, qui confirme les conclusions initiales, renforce la position de l’ANSD et réfute les arguments avancés par le PAD.
Selon les nouvelles données de l’ANSD, le trafic global du port de Dakar a enregistré une baisse de 14,7 % entre 2023 et 2024. Plus précisément, le trafic total (embarquement + débarquement) est passé de 22 446,2 milliers de tonnes en 2023 à 19 141,6 milliers de tonnes en 2024.
Cette diminution est encore plus marquée si l’on compare les chiffres du mois de décembre, avec une baisse de 28,4 % entre décembre 2023 et décembre 2024.
Un point clé de cette polémique réside dans la légitimité des chiffres publiés. Contrairement aux statistiques internes du PAD, celles de l’ANSD sont établies par des agents assermentés. Conformément à l’article 14 du Décret n°2005-436 du 23 mai 2005, les agents de l’ANSD prêtent serment devant le tribunal régional compétent avant d’exercer leurs fonctions.
Cette assermentation leur impose une stricte confidentialité et garantit l’intégrité des données collectées et publiées. Un tel dispositif est également en vigueur pour d’autres corps de l’administration, notamment les douaniers, gendarmes, policiers et agents comptables, afin d’assurer la transparence et la fiabilité des informations officielles.
En s’appuyant sur cette base juridique et éthique, l’ANSD maintient donc la validité de ses chiffres et rejette toute tentative de manipulation des statistiques.
Cette controverse dépasse la simple question des chiffres et met en lumière des enjeux économiques et politiques majeurs. Une baisse du trafic portuaire pourrait être perçue comme un signal négatif pour l’économie nationale, notamment en ce qui concerne les investissements étrangers et les recettes douanières.
De son côté, le PAD cherche à préserver son image et pourrait être tenté de minimiser l’impact réel du ralentissement de l’activité. Cette opposition entre une agence indépendante et une institution sous tutelle de l’État illustre les tensions fréquentes entre la nécessité de transparence statistique et la gestion des intérêts économiques et politiques.
Alors que l’ANSD maintient fermement ses conclusions et que le PAD persiste dans sa contestation, une issue concertée semble nécessaire pour éviter une détérioration de la situation. L’intervention d’une autorité neutre ou d’un comité de médiation pourrait être envisagée afin de clarifier les chiffres et d’apaiser les tensions.
Quoi qu’il en soit, cette affaire met en évidence l’importance des statistiques économiques fiables pour une gouvernance transparente et efficace. La crédibilité des institutions repose sur leur capacité à fournir des données exactes et objectives, au-delà des intérêts sectoriels ou institutionnels.

Le Sénégal a officiellement lancé la révision ordinaire des listes électorales pour l’année 2025. Cette opération, démarrée le 1er février, se poursuivra jusqu’au 31 juillet sur l’ensemble du territoire national. Elle vise à permettre aux citoyens d’accéder à leur droit de vote en s’inscrivant pour la première fois ou en mettant à jour leurs informations électorales. Encadrée par la Direction générale des élections (DGE) et supervisée par la Commission électorale nationale autonome (CENA), cette initiative revêt une importance capitale pour garantir une participation démocratique plus large et inclusive.
La nécessité de cette révision se justifie par l’écart significatif entre la population sénégalaise et le nombre d’électeurs inscrits. Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la population du Sénégal est estimée à environ 18 millions d’habitants, tandis que le fichier électoral ne recense que 7 371 891 électeurs. Cette différence de plus de 10 millions de personnes met en évidence l’enjeu d’une plus grande mobilisation afin d’augmenter le taux d’inscription sur les listes électorales.
La mise à jour du fichier électoral est assurée par des commissions administratives installées dans chaque commune du pays. Ces commissions sont chargées de recevoir et de traiter les demandes d’inscription, de modification ou de radiation des électeurs. Elles sont composées d’un président désigné par l’autorité administrative, du maire ou de son représentant, ainsi que de représentants des partis politiques. Cette diversité dans la composition des commissions vise à garantir un processus transparent et équitable.
Pour s’inscrire sur les listes électorales ou mettre à jour leurs informations, les citoyens doivent se présenter aux commissions avec leur carte nationale d’identité biométrique CEDEAO. Ceux qui ont changé de domicile doivent fournir un document justifiant leur nouvelle adresse, comme une facture d’eau ou d’électricité, ou un certificat de résidence. Les militaires et paramilitaires souhaitant modifier leur statut électoral doivent également présenter une attestation confirmant leur changement de situation.
La révision des listes électorales prend aussi en compte les radiations nécessaires. Les personnes décédées, celles frappées d’incapacité juridique et celles qui souhaitent volontairement être retirées des listes sont concernées par cette procédure. En cas de rejet d’une demande d’inscription ou de modification, les citoyens ont la possibilité de saisir le tribunal d’instance, qui statue dans un délai de dix jours. Les contestations liées à la radiation d’un électeur ou à la publication des listes provisoires peuvent également être portées devant la justice, avec la possibilité d’un recours devant la Cour suprême pour les cas les plus complexes.
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a publié, hier, son rapport sur la Situation économique et sociale nationale (Sesn) 2022-2023. Dans sa section économie et finances, le rapport de l’Ansd confirme les chiffres qui ont été publiés par le défunt ministre des Finances et du budget, Mamadou Moustapha Ba.
Lors de sa conférence de presse du 26 septembre 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko avait accusé l’ancien régime d’avoir maquillé les chiffres des Finances publiques pour cacher sa politique d’endettement effrénée. «Le régime de Macky Sall a menti au peuple, a menti aux partenaires, a tripatouillé les chiffres pour donner une image économique, financière, qui n’a rien à voir avec la réalité», avait chargé le Premier ministre. En attendant la publication du rapport définitif de la Cour des comptes sur la déclaration générale de conformité pour la gestion 2023, pour confirmer ou infirmer les accusations du Premier ministre contre l’ancien régime, les chiffres publiés par l’Agence nationale de la statistique et du développement (Ansd) ne donnent pas raison au Premier ministre. Ils contredisent même les accusations du chef du gouvernement sur un probable maquillage des chiffres des Finances publiques par l’ancien régime. Par contre, l’Ansd qui a publié, ce 4 février 2025, l’édition 2022-2023 de la Situation économique et sociale du Sénégal, confirme les chiffres du défunt ministre des Finances et du budget, Mamadou Moustapha Ba. Dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur du mardi 12 décembre 2023, revenant sur la dette publique du Sénégal, Mamadou Moustapha Ba précisait qu’«en fin décembre 2023, l’encours de la dette publique est projeté à 13 666 milliards FCfa contre 11 782,6 milliards en fin décembre 2022, soit une hausse de près de 16%, ce qui porte la croissance annuelle moyenne de l’encours de la dette à 14,5% sur la période 2012_2023, contre 21,8% entre 2007 et 2012.» Compte non tenu du surfinancement de l’ordre de 604,8 milliards, qui permet au Sénégal de sécuriser en avance une partie de ses besoins de financement de l’année 2024, Moustapha Ba soulignant que le stock de la dette aurait progressé de 10,8% en fin 2023. Rapporté au Produit intérieur brut (Pib) nominal de 2023, l’encours de la dette publique s’élève à près de 72,2% (soit 69,4%, hors surfinancement) en fin décembre 2023 contre 68,2% en fin décembre 2022, soit une hausse de 1,2 point de pourcentage du Pib.
Dans la section du rapport sur l’économie et les finances, l’Ansd renseigne qu’en 2022, les recettes mobilisées par l’Etat du Sénégal ont atteint 4 046,1 milliards FCfa, et s’élèvent à 4 746,5 milliards FCfa en 2023. Au même moment, les dépenses exécutées ont été de 3 957,6 milliards FCfa et 4 359,2 milliards FCfa respectivement, entraînant un besoin de financement de 917,3 milliards FCfa et de 922,8 milliards FCfa, respectivement (Tableau des opérations financières de l’Etat consolidé 2022 et 2023).
«L’encours de la dette publique est arrêté à
11 782,8 milliards de FCfa en 2022 contre 13 797,8 milliards de FCfa en 2023»
Le financement de ce besoin est assuré respectivement par une accumulation nette de passifs d’un montant global de 1 436,4 milliards et 1 728,5 milliards, ainsi que par un passif extérieur de 772,7 milliards et 1 090,1 milliards. Par rapport à l’année 2021, le financement de ce déficit a entraîné une accumulation nette de passifs de 1 031,01 milliards FCfa, soit une diminution de 258,32 milliards en 2022 et de 64,78 milliards en 2023. Ces passifs se répartissent en titres de créances (+273,7 milliards en 2022 et +123,3 milliards FCFA en 2023) et crédits (+498,91 milliards en 2022 et +966,8 milliards FCfa en 2023). Les titres de créances sont passés de 565,9 milliards FCfa en 2021 à 273,7 milliards FCfa en 2022 et 966,8 milliards de FCfa en 2023, soit un recul (absolu) respectif de 292,12 milliards et une augmentation de 400,9 milliards FCfa.
En dépit de la baisse des emprunts obligataires de l’État en 2022, l’Ansd explique que les entreprises privées ont renforcé le marché financier sous régional en mobilisant 261,5 milliards de FCfa. En 2022, les émissions de titres sur le marché régional ont totalisé 1 042,9 milliards FCfa, comprenant 799,2 milliards FCfa pour les emprunts obligataires et 243,6 milliards pour les bons du Trésor. L’encours de la dette de l’administration publique centrale est arrêté à 11 782,8 milliards FCfa, soit 68,4% du PIB en 2022, et à 13 797,8 milliards de FCfa en 2023. En 2022, la dette publique était composée de 10 097,9 milliards FCFA de dette extérieure (85,7%) et de 1 684,8 milliards FCfa de dette intérieure (14,3%). En 2023, la dette extérieure s’élève à 9 244,5 milliards FCfa (67%) et la dette intérieure à 4 553,3 milliards FCfa (33%). Les engagements sous forme de garanties s’élèvent, en cumul, à 649,0 milliards FCfa en 2022 et à 570 milliards FCfa en 2023. Les ressources de financement mobilisées ont atteint 3 392,0 milliards FCfa en 2022 et 3 907,84 milliards FCfa en 2023. Cela représente une augmentation notable de 327,25 milliards FCfa en valeur absolue, soit une progression de 10,2 % en termes relatifs.
La Situation économique et sociale nationale (Sesn) est une publication annuelle qui fait la synthèse des informations statistiques émanant de l’Ansd et des autres structures du Système national statistique (SSN), dans le cadre de l’exécution de leurs tâches quotidiennes. FALLOU FAYE
Publié dans L’observateur du Mercredi 05 Février 2025
L’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a publié son rapport trimestriel sur l’Indice des Coûts de Construction des Bâtiments et des Travaux Publics (IBTP) pour le troisième trimestre 2024. Cette publication met en lumière une légère augmentation de 0,2 % des coûts globaux de construction par rapport au trimestre précédent. Cependant, en comparaison annuelle, une baisse de 0,4 % est enregistrée, traduisant des variations contrastées selon les différents segments du secteur.
Les composantes de l’IBTP présentent des évolutions hétérogènes. Les travaux spécialisés enregistrent une hausse significative de 0,6 %, principalement en raison de l’augmentation de la rémunération des manœuvres (+8,6 %) et, dans une moindre mesure, des ouvriers (+0,8 %). Cette dynamique indique une pression sur les coûts de la main-d’œuvre dans les projets de construction spécifiques.
En revanche, les coûts de construction des bâtiments affichent une légère diminution de 0,1 %. Cette baisse est principalement due à la chute des prix des équipements pour le béton (-5,1 %) et des matériaux tels que le fer à béton et l’acier (-3,9 %). Les bâtiments résidentiels et non résidentiels ont subi respectivement des reculs de 0,1 % et 0,2 %, reflétant une tendance baissière sur le marché des matériaux de construction.
Les ouvrages de génie civil, quant à eux, ont progressé de 0,3 %, notamment grâce à l’augmentation des coûts des travaux de chaussées (+0,4 %) et de construction d’ouvrages d’art (+0,4 %). Cette hausse traduit une accélération des investissements dans les infrastructures publiques et les grands projets de construction.
En rythme annuel, l’IBTP affiche une baisse globale de 0,4 %. Cette réduction est principalement due à la chute de 1,5 % des coûts des bâtiments, qui contraste avec la légère progression des coûts des travaux spécialisés (+0,6 %) et de génie civil (+0,2 %). Ces variations traduisent une pression inflationniste modérée dans certains segments du secteur, tandis que les baisses des coûts des matériaux de construction viennent compenser ces hausses.
Cette tendance baissière sur une base annuelle met en évidence les effets conjugués de la stabilisation des prix des matériaux et de la concurrence accrue entre les entreprises du secteur, notamment dans les projets immobiliers résidentiels et non résidentiels.
L’évolution des coûts de construction reflète les dynamiques économiques et structurelles actuelles du secteur du bâtiment et des travaux publics au Sénégal. La hausse des coûts de la main-d’œuvre et des travaux de génie civil pourrait entraîner une augmentation des budgets alloués aux projets d’infrastructures, tandis que la baisse des coûts des matériaux pourrait alléger le fardeau des promoteurs immobiliers.
L’ANSD souligne que les données de l’IBTP, recueillies auprès d’un échantillon représentatif d’entreprises du secteur, sont une référence essentielle pour les acteurs économiques, publics et privés. Elles permettent d’évaluer l’évolution des coûts de construction et d’ajuster les prévisions budgétaires des projets sur l’ensemble du territoire sénégalais.
Les derniers résultats de l’enquête trimestrielle sur l’emploi publiés par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) font état d’un taux de chômage élargi de 20,3 % au troisième trimestre 2024. Ces chiffres dévoilés ce mardi 7 janvier 2025, marquent une légère augmentation de 0,8 point de pourcentage par rapport aux 19,5 % enregistrés à la même période en 2023.
Au sens strict du Bureau international du travail (BIT), le taux de chômage s’élève à 5,3 % pour le trimestre sous revue. Cependant, les données montrent une tendance à la hausse, avec un taux de 23,2 % au premier trimestre 2024, suivi de 21,6 % au deuxième trimestre.
Selon l’ANSD, le taux de chômage au Sénégal a atteint une moyenne de 18,01 % entre 1994 et 2024. Le record historique de 26,1 % avait été atteint au deuxième trimestre 2020, tandis que le niveau le plus bas, 5,6 %, a été observé au quatrième trimestre 2002.
L’enquête révèle que 58,3 % des personnes en âge de travailler (15 ans ou plus) ont participé au marché du travail au troisième trimestre 2024. Ce chiffre représente une rétractation de 3,1 points de pourcentage par rapport à la même période en 2023.
Le taux de participation reste plus élevé chez les hommes (68,7 %) que chez les femmes (47,7 %), ce qui met en lumière les disparités persistantes entre les sexes sur le marché du travail.
Le taux d’emploi, qui mesure la part des personnes en emploi parmi celles en âge de travailler, s’est établi à 42,8 % au troisième trimestre 2024, marquant une baisse de 1,6 point de pourcentage par rapport aux 44,4 % du troisième trimestre 2023. Là encore, des disparités géographiques et de genre sont à noter :
Chez les hommes, le taux d’emploi atteint 56,4 %, contre seulement 28,8 % chez les femmes. Ces écarts illustrent une problématique récurrente d’inégalité d’accès à l’emploi selon le genre.
Ces chiffres confirment que le marché du travail sénégalais reste marqué par un taux de chômage élevé et des disparités importantes entre les sexes et les zones géographiques. Face à cette situation, les autorités sont appelées à renforcer les politiques d’emploi afin de réduire ces inégalités et d’améliorer l’accès au travail, notamment pour les femmes et les jeunes vivant en milieu rural.
L’activiste Guy Marius Sagna a dénoncé, ce jeudi, une situation préoccupante au sein de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et de la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN). Selon lui, ces deux institutions doivent près de deux mois d’arriérés de salaires à certains agents mobilisés pour une enquête essentielle.
Depuis le 1er octobre 2024, ces agents travaillent à l’extension et à la mise à jour du Registre national unique (RNU), un outil stratégique pour l’identification des bénéficiaires des programmes sociaux de l’État. Pourtant, malgré l’importance de leur mission, ces travailleurs n’ont pas reçu de salaire depuis le début de leur engagement, selon les propos de l’activiste.
Guy Marius Sagna a alerté sur les conséquences de cette situation :
« Ces agents font face à des difficultés majeures. Il est impensable que des personnes, qui accomplissent une tâche aussi cruciale, soient laissées dans une telle précarité. »
Le leader du mouvement Frapp appelle l’ANSD et la DGPSN à prendre des mesures immédiates pour régulariser ces arriérés de salaires. Il exige que les autorités concernées honorent leurs engagements envers les agents impliqués.
« Ces travailleurs méritent une rémunération juste et à temps. Ce n’est pas seulement une question de droit, mais aussi de respect pour leur contribution au développement social », a-t-il martelé.
La déclaration de Guy Marius Sagna pourrait relancer le débat sur les conditions de travail des agents du secteur public, notamment ceux affectés à des missions sur le terrain. Il appelle également les syndicats et la société civile à se mobiliser pour défendre ces agents et veiller à ce que de telles situations ne se reproduisent pas.
Le Registre national unique est un levier clé dans la mise en œuvre des politiques sociales, permettant de cibler efficacement les bénéficiaires des aides publiques. Toutefois, l’efficacité de cette démarche dépend en grande partie de la motivation et des conditions de travail des agents chargés de son actualisation.
Le Dakarois Quotidien N°327 – du 20/11/2024
🔴 NOTE D’ANALYSE TRIMESTRIELLE DE L’ANSD : AUGMENTATION DES PRIX À LA CONSOMMATION DE 1%
🔴 COP29 EN AZERBAÏDJAN – FONDS SPÉCIAL SUR LES PERTES ET PRÉJUDICES : LE SÉNÉGAL MILITE POUR LE RENFORCEMENT DE LA DOTATION
Le Dakarois Sports N°327 – du 20/11/2024
🔴 QUALIFS CAN 2025 – VICTOIRE DU SÉNÉGAL SUR LE BURUNDI : PAPE THIAW CLÔT L’INTÉRIM EN APOTHÉOSE !
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) entreprend une initiative majeure en lançant une enquête nationale sur le secteur informel, prévue du 1er au 31 juillet 2024. Cette enquête, qui s’étendra sur l’ensemble du territoire national, vise à recueillir des données économiques essentielles pour une meilleure compréhension et évaluation de ce secteur clé.

Dr Abdou Diouf, directeur général de l’ANSD, a souligné l’importance de cette enquête lors d’une réunion de sensibilisation avec les acteurs du secteur informel. « Nous nous sommes réunis aujourd’hui avec les acteurs du secteur informel pour partager les objectifs de l’enquête nationale. Cette opération s’inscrit dans le cadre des activités de changement de l’année de base des coûts nationaux du Sénégal », a-t-il déclaré.
L’objectif principal de cette enquête est de recueillir des données économiques détaillées sur le secteur informel afin de mieux comprendre sa contribution à la création de richesse du pays. Ces informations permettront une planification plus efficace des programmes de développement. En établissant une situation de référence, l’ANSD espère obtenir une compréhension approfondie des acteurs du secteur informel, de leurs productions, charges, difficultés, ainsi que des caractéristiques de leur production.
Dr Diouf a souligné que ces données sont cruciales pour intégrer adéquatement le secteur informel dans le changement de l’année de base. Il a rappelé qu’en 2022, 40 % de la valeur ajoutée nationale provenait du secteur informel, démontrant son rôle central dans l’économie nationale. Environ trois millions cinq cent mille personnes étaient actives dans ce secteur en 2022, illustrant son importance dans la production économique du pays.
Khadim Sylla, président de l’association des commerçants et industriels du Sénégal, a salué cette initiative et appelé les acteurs du secteur informel à se montrer accueillants et disponibles pour faciliter le travail des enquêteurs. Selon M. Sylla, les résultats de cette enquête permettront non seulement à l’État d’identifier les acteurs du secteur informel et de comprendre leurs conditions de travail, mais également aux acteurs eux-mêmes de mesurer leur contribution exacte au PIB national.

Préparée depuis le début de l’année 2024, cette enquête sera menée par plus de 200 agents à travers tout le territoire national. Les agents de l’ANSD sont chargés de collecter des données précises et exhaustives auprès des acteurs du secteur informel, garantissant ainsi la fiabilité et l’exactitude des informations recueillies.
L’ANSD encourage tous les acteurs du secteur informel à participer activement à cette enquête, car leurs contributions sont essentielles pour obtenir une image complète et fidèle de la réalité économique du pays. La collaboration de tous est cruciale pour le succès de cette initiative, qui vise à améliorer la compréhension et la gestion du secteur informel, un pilier de l’économie sénégalaise.
En conclusion, l’enquête nationale sur le secteur informel menée par l’ANSD représente une étape cruciale dans la compréhension et l’intégration de ce secteur vital dans les politiques de développement du Sénégal. Les données recueillies permettront de mieux cerner les défis et les opportunités du secteur informel, facilitant ainsi l’élaboration de stratégies adaptées pour soutenir sa croissance et maximiser sa contribution à l’économie nationale.
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a publié son dernier recensement général, mettant en lumière des évolutions significatives dans les domaines de la fécondité et de l’espérance de vie au Sénégal.
Le rapport indique une baisse notable du nombre moyen d’enfants par femme à la fin de sa vie procréative, passant de 5,3 enfants en 2002 à 4,2 enfants en 2023. Cependant, la région de Diourbel fait exception à cette tendance générale.
Les régions les plus urbanisées enregistrent les niveaux de fécondité les plus faibles :
Dakar : 2,8 enfants par femme
Ziguinchor : 4,0 enfants par femme
Thiès : 4,1 enfants par femme
En revanche, les régions moins urbanisées présentent des taux de fécondité plus élevés :
Sédhiou : 6,0 enfants par femme
Kaffrine : 5,8 enfants par femme
Le document révèle également une amélioration de l’espérance de vie à la naissance au niveau national, passant de 64,7 ans en 2013 à 68,9 ans en 2023. Cet indicateur varie selon le sexe et le milieu de vie :
Femmes : 70,0 ans
Hommes : 67,7 ans
Zone urbaine : 71,4 ans
Milieu rural : 67,7 ans
Les régions les plus urbanisées enregistrent les espérances de vie les plus élevées :
Dakar : 72 ans
Thiès : 71,3 ans
Diourbel : 70 ans
Ces données de l’ANSD montrent des tendances importantes en matière de fécondité et d’espérance de vie au Sénégal. La baisse de la fécondité, surtout dans les régions urbanisées, et l’augmentation de l’espérance de vie témoignent des changements socio-économiques et des améliorations dans les conditions de vie et de santé des Sénégalais.
Le 9 juillet 2024, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a dévoilé les résultats détaillés du 5ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-5) pour l’année 2023 au Sénégal. Sous la présidence du ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, et dirigé par le Dr Abdou Diouf, directeur général de l’ANSD, cet événement a mis en lumière plusieurs aspects clés de la composition et des conditions de vie de la population sénégalaise.
La population totale du Sénégal a été estimée à 18 126 390 personnes en 2023, avec une répartition de 50,6% d’hommes et 49,4% de femmes. Ce chiffre reflète une population jeune, où une personne sur deux a moins de 19 ans et 75% ont moins de 35 ans. La majorité de la population (54,7%) est concentrée dans des zones urbaines, avec Dakar, Thiès et Diourbel abritant à elles seules 45% de l’ensemble des habitants.
Le secteur agricole reste prédominant, employant 44,5% de la population active sénégalaise. L’augmentation de l’âge moyen au premier mariage, passant de 21 à 23 ans chez les femmes entre 2002 et 2023, est attribuée en grande partie à la hausse de la scolarisation des femmes.
L’indice synthétique de fécondité a également connu une diminution notable, passant de 5,3 enfants par femme en 2002 à 4,2 enfants en 2023. À Dakar, cette moyenne est encore plus basse, avec 2,8 enfants par femme, illustrant des tendances de fécondité variables selon les régions et les milieux de résidence.
Concernant le logement, une majorité de ménages sénégalais sont propriétaires de leur résidence. Toutefois, en milieu urbain, ce chiffre est légèrement inférieur, avec seulement 55% des ménages propriétaires de leur logement. À Dakar, ce pourcentage descend à 38,8%. L’accès à l’électricité s’améliore progressivement, touchant 77,7% des ménages à l’échelle nationale, avec des disparités régionales marquées.
Le ministre de l’Économie a souligné l’importance capitale de ces données pour orienter efficacement les politiques publiques, en répondant aux besoins spécifiques des différentes régions et catégories socio-économiques de la population sénégalaise. Le RGPH-5, mené tous les dix ans, constitue ainsi une ressource cruciale pour formuler des stratégies ciblées visant à améliorer les conditions de vie et promouvoir le développement inclusif à travers le pays.
la publication des résultats du RGPH-5 offre une vision détaillée et nuancée de la société sénégalaise contemporaine, fournissant un cadre robuste pour l’élaboration de politiques adaptées et éclairées par les réalités démographiques et socio-économiques du pays.