Saint-Louis, 19 juillet 2025 – L’université d’été du parti Pastef, tenue à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, a été marquée par une déclaration controversée du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop.
Face à un auditoire de militants et sympathisants, le responsable politique a invité les membres de son parti à répondre aux insultes dirigées contre leurs leaders par des insultes équivalentes.
« Kou saga Ousmane Sonko saga len ko [Qui insulte Ousmane Sonko, insultez-le en retour], kou saga président de la République saga len ko [Qui insulte le président de la République, insultez-le en retour], ndakh féyou dagane na [car la vengeance est permise] », a-t-il déclaré sous les acclamations de certains participants.
Ces propos tenus dans un climat de polarisation politique croissante au Sénégal ne sont pas passés inaperçus. L’appel à « répondre aux insultes par des insultes » a immédiatement suscité des réactions mitigées, certains y voyant un encouragement à l’escalade verbale et à la confrontation directe, contraire aux idéaux d’un débat démocratique fondé sur le respect et l’argumentation.
Au-delà de l’appel à la riposte verbale, Birame Soulèye Diop a aussi profité de l’occasion pour vanter la montée en puissance du Pastef sur la scène politique sénégalaise et son rayonnement au-delà des frontières nationales. Il a évoqué la création de formations politiques inspirées par le Pastef, notamment aux Comores avec le Parti Africain des Comores pour le travail, l’éthique et la fraternité, qu’il a présenté comme une émanation directe de l’influence du parti dirigé par Ousmane Sonko.
« On a construit et Dieu nous a donné une expérience sans égal. On a une personnalité qui fait l’unanimité dans son pays et dans le reste du monde », a-t-il déclaré en parlant du président de la République.
Pour Birame Soulèye Diop, cette montée en puissance suscite des réactions hostiles de la part d’adversaires politiques qu’il qualifie de minoritaires et dépourvus de base populaire :
« On voit des gens qui ne peuvent pas rassembler six personnes, se permettre de vous faire croire que vous ne pouvez pas travailler avec ce Monsieur [le président Sonko]. »
Cependant, cet appel à la riposte verbale, dans un contexte où l’appel au calme et à l’apaisement est plus que jamais nécessaire, fait débat. Des observateurs politiques, des journalistes et des défenseurs des droits civiques s’interrogent sur la responsabilité des acteurs publics dans la modération du discours politique, en particulier au sommet de l’État.
Alors que le Sénégal tente de consolider sa démocratie après des années marquées par des tensions sociales et politiques, de telles déclarations posent la question de la place du respect et de la retenue dans l’espace public. Si certains militants ont salué l’authenticité du message, d’autres voix, y compris dans la société civile, pourraient y voir une banalisation de la violence verbale et une menace pour la stabilité du débat démocratique.