Dans une déclaration empreinte de gravité et de lucidité, l’ancien maire de Thiès, Talla Sylla, est revenu sur les causes profondes de la rupture entre le régime de Macky Sall et le peuple sénégalais. Pour le président du parti Jëf-Jël, la sanction électorale infligée à l’ancien pouvoir ne s’explique pas uniquement par les politiques économiques ou sociales, mais surtout par un bilan immatériel désastreux, marqué par les atteintes aux libertés et à la justice.
« Le Sénégal : une nation ancrée dans la liberté et la justice. Si le régime de Macky Sall a été sanctionné, c’est principalement en raison de son bilan immatériel », a-t-il affirmé.
Talla Sylla insiste sur la maturité démocratique du peuple sénégalais, qui a démontré à plusieurs reprises qu’il ne se laisse ni dominer, ni intimider durablement.
« Il ne faut jamais confondre un peuple silencieux avec un peuple qui se tait », a-t-il averti, en référence à ceux qui pensent que l’absence de soulèvement équivaut à l’acceptation.
L’homme politique rappelle que le Sénégal est le fruit de combats historiques pour la démocratie, et qu’il n’a pas attendu l’alternance de 2012 ou l’arrivée au pouvoir de Macky Sall en 2014 pour exister politiquement.
« Le Sénégal n’est pas né en 2014. Nous en sommes à la troisième alternance démocratique, fruit du combat et des sacrifices de générations entières face à des adversités bien plus grandes. »
Dans une confession personnelle rare, Talla Sylla est revenu sur son propre parcours, marqué par la persécution politique.
« J’ai été interpellé, arrêté, emprisonné et même victime de tentatives d’assassinat à plusieurs reprises. Mais je suis resté inébranlable aux côtés des authentiques républicains et démocrates. »
Son engagement, dit-il, a toujours reposé sur la défense des principes républicains et la volonté de bâtir un Sénégal juste et équitable.
Talla Sylla se veut également pédagogique, citant une maxime comme une mise en garde contre les dérives autoritaires :
« D’une petite erreur on peut toujours faire une erreur monstrueuse, il suffit d’y insister, de lui trouver des justifications profondes, de la mener à son terme. »
Il appelle ainsi à rompre définitivement avec toute stratégie politique basée sur la domination et la peur :
« Il est grand temps de tourner le dos à une approche vouée à l’échec : celle de soumettre les Sénégalais. »
L’ancien ministre conseiller conclut son intervention par un appel clair à la nouvelle gouvernance, l’invitant à ne pas s’endormir sur le rejet du passé, mais à répondre aux attentes urgentes des citoyens.
« Notre peuple ne suivra que pour des avancées concrètes et palpables. Les Sénégalais aspirent à mieux se nourrir, mieux se soigner, mieux se loger et mieux s’instruire. »