OACI 2025 : l’IATA exige des engagements forts pour une aviation plus sûre et plus verte

À quelques jours de l’ouverture de la 42ᵉ Assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui se tiendra du 23 septembre au 3 octobre 2025 à Montréal, l’Association du transport aérien international (IATA) hausse le ton. L’organisation, qui a soumis quatorze notes de travail pour examen, veut placer la sécurité, la durabilité et l’efficience au centre des priorités des États membres.

Pour Willie Walsh, directeur général de l’IATA, l’heure n’est plus aux discours mais aux décisions concrètes. « Il est essentiel que nous obtenions un soutien plus ferme à la production de carburants d’aviation durables (SAF) et au régime CORSIA, qui sont les facteurs clés de l’engagement de l’aviation d’éliminer ses émissions nettes d’ici 2050 », a-t-il déclaré. L’IATA insiste sur l’importance d’un consensus mondial, rappelant que l’OACI demeure le seul cadre légitime pour définir des règles universelles.

L’un des points névralgiques concerne la montée en puissance de la production de SAF, considérée comme indispensable pour atteindre la neutralité carbone. Malgré les efforts des compagnies, les volumes disponibles restent largement insuffisants face aux besoins du secteur. L’association appelle donc les gouvernements à créer les conditions d’une industrialisation rapide de ces carburants, tout en préservant l’équité entre transporteurs.

Parallèlement, l’IATA met en garde contre l’affaiblissement du régime CORSIA (Compensation et réduction de carbone pour l’aviation internationale), adopté en 2016 et susceptible de générer jusqu’à 17 milliards de dollars d’ici 2035 pour financer des mesures climatiques. L’organisation déplore l’émergence de taxes et régimes nationaux parallèles qui, selon elle, « minent sa crédibilité et font très peu, sinon rien, pour améliorer la durabilité ». Elle exhorte donc les États à réaffirmer leur engagement envers ce dispositif et à garantir un volume suffisant d’unités d’émissions éligibles.

Au-delà du climat, la sécurité aérienne occupe une place centrale dans les notes de travail de l’IATA. L’association plaide pour une publication plus rapide et systématique des rapports d’accidents, comme le prévoit l’Annexe 13 de l’OACI, et pour des mesures renforcées contre les interférences liées aux systèmes GNSS et à l’expansion de la 5G, qui menacent l’intégrité du spectre radioélectrique critique. L’harmonisation des règles de sécurité à l’échelle mondiale reste également une priorité.

Autre proposition phare : l’élévation de l’âge limite des pilotes internationaux de vols en équipage multiple, qui passerait de 65 à 67 ans. Cette mesure serait accompagnée d’un renforcement des contrôles médicaux, afin de tenir compte des progrès en matière de santé et d’espérance de vie, tout en répondant aux besoins croissants en personnels navigants qualifiés.

L’IATA insiste également sur la nécessité de mieux protéger les consommateurs et de renforcer la confiance du public dans le transport aérien. Pour Willie Walsh, la clé réside moins dans l’adoption de nouvelles mesures que dans une application rigoureuse et cohérente des engagements déjà pris. « Tout le monde souhaite que l’aviation soit sécuritaire, efficiente et plus durable. En fait, plusieurs de nos documents demandent simplement aux gouvernements de mettre en œuvre plus efficacement les mesures qu’ils ont déjà adoptées », a-t-il rappelé.

Avec plus de 290 compagnies membres représentant 83 % du trafic aérien mondial, l’IATA espère que cette 42ᵉ Assemblée de l’OACI marquera un tournant et aboutira à des engagements fermes pour relever les défis environnementaux et sécuritaires de l’aviation mondiale.

Aviation : Les contrôleurs aériens menacent de restreindre la circulation pour des raisons de sécurité

L’Association professionnelle des contrôleurs de la circulation aérienne du Sénégal (APCCAS) a annoncé son intention de réduire le trafic aérien dans le pays. Cette mesure, qu’ils qualifient de préventive, vise à garantir la sécurité des voyageurs en réponse à une situation jugée critique.

Dans un communiqué publié ce jeudi 2 janvier 2025, l’APCCAS a exprimé ses préoccupations concernant la vétusté des équipements techniques utilisés pour la navigation aérienne et le manque criant de personnel qualifié. Ces contrôleurs, responsables de la gestion d’un espace aérien de près de quatre millions de kilomètres carrés, dénoncent une charge de travail devenue « difficilement supportable » en raison de moyens insuffisants.

L’association souligne que les moyens techniques actuels sont dans un état de « vétusté avancée », compromettant la qualité des services de navigation aérienne. En parallèle, le déficit d’effectifs au sein du centre ATS, chargé de la surveillance aérienne, aggrave la situation.

Les contrôleurs aériens rappellent qu’ils assurent non seulement la gestion des vols civils et militaires, mais également celle de l’avion présidentiel, ce qui rend leur mission particulièrement sensible.

L’APCCAS affirme avoir alerté les autorités à plusieurs reprises depuis 2019, sans qu’aucune action concrète ne soit entreprise pour remédier aux problèmes soulevés. « Ces deux dernières années, la situation s’est encore aggravée », déplore l’association, ajoutant que leur décision de restreindre le trafic aérien est motivée par la nécessité de maintenir un niveau de sécurité acceptable.

Si les contrôleurs mettent leur menace à exécution, cela pourrait entraîner une perturbation majeure du trafic aérien, affectant à la fois les vols nationaux et internationaux. Cette situation pourrait également avoir des répercussions économiques importantes, étant donné que le transport aérien est un secteur stratégique pour le Sénégal.

L’APCCAS appelle les autorités à prendre des mesures rapides et efficaces pour moderniser les infrastructures de navigation aérienne et renforcer les effectifs. À défaut, la restriction du trafic aérien pourrait devenir inévitable, avec des conséquences imprévisibles pour les voyageurs et l’industrie aéronautique sénégalaise.

AVIATION : L’Aéroport Ousmane Masseck Ndiaye de Saint-Louis rejoint l’ASECNA après une décennie de tentatives

L’aéroport international Ousmane-Masseck-Ndiaye de Saint-Louis a rejoint l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), après une décennie de tentatives infructueuses. Le ministère sénégalais des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens a annoncé cette avancée significative.

« Après une décennie de tentatives infructueuses, le ministre El Malick Ndiaye et ses équipes ont travaillé d’arrache-pied pour corriger les impairs et échanger intensément avec les autorités pendant trois mois, réussissant ainsi à intégrer l’aéroport de Saint-Louis à l’ASECNA », rapporte un communiqué officiel.

La décision a été officialisée lors de la 73ème session du Comité des ministres de l’ASECNA, tenue le 26 juillet 2024 à Ouagadougou, avec la participation de quinze ministres. L’intégration de l’aéroport de Saint-Louis à l’ASECNA a été un point clé de l’ordre du jour. Le ministre sénégalais a convaincu ses pairs grâce au niveau satisfaisant de la mise aux normes de l’OACI de l’aéroport, condition indispensable pour son admission aux activités communautaires de l’ASECNA.

Le comité des ministres a adopté une résolution pour inscrire l’aéroport de Saint-Louis au titre des activités communautaires de l’ASECNA à partir du 1er janvier 2025. Cette décision majeure permettra au Sénégal de réaliser des économies annuelles de près de deux milliards de francs CFA, couvrant les charges de personnel, la maintenance et le calibrage des équipements de navigation aérienne, de météorologie et de sécurité incendie.

« À partir du 1er janvier 2025, l’ASECNA prendra en charge la gestion des services de navigation aérienne, tandis que AIBD SA continuera à s’occuper de la gestion commerciale de l’aérogare de Saint-Louis, en se concentrant sur sa croissance et le développement des activités connexes pour la réalisation des aéropoles », rapporte la source.

Le ministre a également donné son accord de principe pour l’intégration prochaine de la Gambie, une fois les conditions remplies. L’ASECNA, créée à Saint-Louis le 12 décembre 1959, compte aujourd’hui 19 États membres.

La cérémonie d’ouverture de cette session s’est tenue en présence du Premier Ministre du Burkina Faso. Monsieur Anûuyirtole Roland Somba, ministre burkinabé chargé des Transports aériens, a été officiellement installé en tant que nouveau Président du Comité des Ministres, succédant à son homologue congolais. Avant le début des travaux, les ministres ont été reçus par le Président burkinabé, le Capitaine Ibrahim Traoré, Chef de l’État du Faso, et se sont recueillis au mémorial Thomas Sankara.

L’examen et l’approbation des rapports du comité des experts, réunis le 25 juillet 2024 en prélude à la session, ainsi que ceux du Président du Conseil d’administration et du Directeur général, ont permis des discussions approfondies sur des questions cruciales telles que la sécurité, la gestion financière, les ressources humaines, les investissements, et le projet de ciel unique pour l’Afrique.

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