Le Dakarois Quotidien N°420 – 14/03/2025
Étiquette : BAD
La BAD lance une mission de dialogue au Sénégal pour la préparation de la stratégie de développement 2026-2030
Le lundi 17 février 2025, une équipe de la Banque africaine de développement (BAD) a démarré une mission de dialogue importante à Dakar. Cette mission s’inscrit dans le cadre de la préparation du rapport d’achèvement de la stratégie de développement 2021-2025 de la BAD pour le Sénégal. Dirigée par Mohamed Cherif, responsable du bureau de la BAD au Sénégal, l’équipe comprend plusieurs experts en développement et se poursuivra jusqu’au 24 février 2025.
La mission a pour objectif essentiel de poser les bases de la nouvelle stratégie de développement de la BAD pour le Sénégal, couvrant la période 2026-2030. Ce dialogue stratégique vise à définir les orientations du futur document de stratégie pays, en tenant compte des besoins réels de développement du Sénégal. Ce processus d’élaboration de la nouvelle stratégie s’inscrit dans une démarche visant à répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux spécifiques du pays. La BAD met également un accent particulier sur l’alignement de la stratégie avec les priorités de l’Union africaine et des Objectifs de Développement Durable (ODD), garantissant ainsi que les interventions de la BAD contribuent à un développement durable et inclusif à l’échelle du Sénégal et du continent.
Cette mission est considérée comme une étape essentielle pour renforcer la collaboration entre le Sénégal et la Banque africaine de développement. En effet, la BAD cherche à affiner ses actions pour mieux répondre aux défis de développement du pays à l’horizon 2030. L’objectif est de soutenir le Sénégal dans la mise en œuvre de ses priorités de développement et de garantir que la nouvelle stratégie sera en phase avec les aspirations du pays pour un développement durable et inclusif.
Le processus de dialogue a également un caractère inclusif, avec une volonté de travailler étroitement avec les autorités sénégalaises, les acteurs économiques et la société civile. Cette approche vise à mieux comprendre les priorités locales et à adapter les solutions proposées aux réalités du terrain, tout en garantissant l’efficacité des actions mises en place.
Un autre aspect important de cette mission est l’alignement des interventions de la BAD avec les grands objectifs mondiaux. Cela inclut notamment l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui aspire à transformer le continent africain d’ici 2063, et les ODD, qui guideront la communauté internationale vers un développement plus équitable et durable d’ici 2030. Cet alignement garantit que les actions de la BAD contribuent non seulement aux objectifs du Sénégal, mais aussi aux grands objectifs globaux de développement.
La BAD finance le Programme de Promotion des Lampes d’Éclairage Efficace au Sénégal
La Banque africaine de développement (BAD) vient d’approuver un financement de 8,51 millions d’euros, soit environ 5,55 milliards de FCFA, pour le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace du Sénégal (PPLEEF). Ce projet phare, qui établit un précédent en matière d’efficacité énergétique en Afrique, se concentre sur la réduction de la consommation électrique et l’amélioration de la durabilité énergétique dans le pays.
Le PPLEEF, premier investissement de la BAD dédié exclusivement à l’efficacité énergétique du côté de la demande, cible près de 700 000 ménages et 80 000 petites entreprises. Les régions bénéficiaires prioritaires incluent Dakar, Thiès et Diourbel. Le programme prévoit le remplacement des ampoules à incandescence obsolètes par des lampes LED modernes et économes en énergie.
Cette transition permettra non seulement de réduire les coûts d’électricité pour les ménages et les entreprises, mais aussi de diminuer considérablement les émissions de carbone, contribuant ainsi aux objectifs climatiques du Sénégal.
Un aspect innovant du projet est son modèle de financement : les consommateurs pourront rembourser le coût des nouvelles ampoules grâce aux économies réalisées sur leurs factures d’électricité mensuelles. Cette approche inclusive garantit un impact social et économique positif pour les bénéficiaires.
Selon Mame Coumba Ndiaye, directrice générale de l’Agence de l’énergie, ce programme devrait permettre une économie annuelle de plus de 189 GWh, réduisant ainsi la pression sur le réseau électrique national. Elle a également souligné les avantages financiers pour les ménages et les petites entreprises, qui verront leurs factures d’énergie diminuer.
Pour sa part, Jalel Chabchoub, chargé de l’efficacité énergétique à la BAD, a qualifié cette initiative de “percée majeure” dans le développement durable et l’accès universel à l’énergie. Il a également mentionné que ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires.
Ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large portée par des initiatives comme “Mission 300”, soutenue par la BAD et la Banque mondiale, qui vise à garantir un accès énergétique universel en Afrique.
Avec cet investissement, le Sénégal renforce son rôle de leader en matière de transition énergétique sur le continent, tout en mettant en œuvre des solutions innovantes pour améliorer le quotidien de ses citoyens et réduire son empreinte écologique.
Sénégal : China Henan International exclue des Appels d’Offres de la BAD pour Fraude
Une récente enquête menée par le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption de la Banque africaine de développement (BAD) a mis en lumière des pratiques frauduleuses de la part de China Henan International, une entreprise attributaire de plusieurs projets au Sénégal. Cette révélation a entraîné l’exclusion de l’entreprise des appels d’offres de la BAD pour une période de 12 mois.
L’enquête a révélé que China Henan International Cooperation Group Company Limited avait omis de divulguer l’utilisation d’un commissionnaire lors de la soumission d’une offre dans le cadre d’un appel d’offres portant sur des travaux de génie civil pour la mise aux normes bitumineuses de la route Rukungiri-Kihihi-Ishasha/Kanungu, un projet soutenu par la BAD en Ouganda.
Cette omission a été considérée comme une pratique frauduleuse par le Bureau de l’intégrité de la BAD, qui a sanctionné China Henan International en l’excluant des appels d’offres pour une année entière.
Selon les informations rapportées par Libération, cette exclusion signifie que China Henan International ne pourra pas participer à des appels d’offres financés par la BAD jusqu’à ce qu’elle mette en œuvre un programme de conformité en matière d’intégrité conforme aux directives de la Banque.
Cette décision de la BAD souligne l’importance de la transparence et de l’intégrité dans les processus d’attribution de marchés publics, et envoie un message fort aux entreprises qui cherchent à contourner les règles établies.
Les répercussions de cette exclusion pourraient être significatives pour China Henan International, ainsi que pour d’autres entreprises qui opèrent dans le secteur des appels d’offres internationaux financés par des institutions telles que la BAD.
Un prêt de plus 48 milliards FCFA de la BAD au Sénégal pour soutenir son tissu industriel
La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, vendredi, avoir accordé un prêt de plus de 74,5 millions d’euros (48 421 067 500 de francs CFA) au Sénégal pour appuyer la mise en œuvre de la première phase du Programme d’appui à la mobilisation des ressources et au développement industriel (PAMRDI-I).
« Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a accordé, le 1er décembre 2023 à Abidjan, un prêt de 74,5 millions d’euros (48 421 067 500 de francs CFA) au Sénégal pour appuyer la mise en œuvre de la première phase du Programme d’appui à la mobilisation des ressources et au développement industriel (PAMRDI-I) », indique un communiqué reçu à l’APS.
L’institution bancaire panafricaine précise que « le programme cible plusieurs objectifs : élargir l’assiette fiscale, améliorer l’efficience dans le contrôle et le recouvrement des impôts et taxes, rendre le pays plus attractif aux investissements privés, promouvoir le secteur privé et sa formalisation, et renforcer la compétitivité industrielle ».
Le PAMRDI-I ‘’permettra également de mettre en œuvre la stratégie de développement du secteur privé, la Politique et la stratégie industrielle du pays, ainsi que la Stratégie nationale intégrée de formalisation de l’économie informelle’’, peut-on lire dans le texte.
« Le nombre d’opérateurs économiques du secteur informel ayant le statut d’entreprenant devrait s’accroître pour passer de 0 en 2022 à 30 000 en 2024, dont 30 % de femmes. De même, la part du secteur manufacturier dans le produit intérieur brut du pays devrait passer de 15,6 % en 2021 à 17,6 % en 2024 », indique-t-on dans le communiqué.
« Ce nouveau programme (…) vise à améliorer le cadre macroéconomique et financier du Sénégal à travers l’amélioration de la mobilisation des ressources domestiques », souligne Mohamed Chérif, responsable du bureau-pays de la BAD au Sénégal, cité dans le texte.
Son objectif, a-t-il fait savoir, est de « permettre au gouvernement de disposer davantage de ressources pour financer les projets et programmes structurants du Plan Sénégal émergent et améliorer ainsi les conditions de vie des populations ».
Le Sénégal dispose de potentialités qui offrent d’importantes perspectives de développement industriel à travers notamment les Zones économiques spéciales et les agropoles.
« Le 31 octobre 2023, le Groupe de la Banque africaine de développement disposait d’un portefeuille actif de 35 projets dans le pays, pour des engagements de 2,1 milliards d’euros », rappelle l’institution financière.
aps