Baisse du prix du riz brisé : le cri de colère des boutiquiers détaillants du Sénégal

La récente décision des autorités de baisser le prix du riz brisé continue de susciter des remous au sein des acteurs du commerce de proximité. L’Association des Boutiquiers Détaillants du Sénégal (ABDS) est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une démarche unilatérale du ministère du Commerce, prise sans concertation avec les principaux concernés et porteuse de risques sérieux pour la survie économique des petites boutiques.

À l’origine de la colère, la tenue du Conseil national de la consommation, qui a entériné la nouvelle grille tarifaire du riz brisé, aliment de base pour des millions de Sénégalais. Si l’objectif affiché par l’État est de soulager le pouvoir d’achat des ménages, l’ABDS estime que la méthode employée fragilise dangereusement le maillon le plus vulnérable de la chaîne de distribution.

S’exprimant sur les ondes de iRadio, le président de l’ABDS, Aliou Ba, n’a pas caché son amertume. Il déplore l’exclusion de son organisation des discussions ayant conduit à la fixation des nouveaux prix. Selon lui, l’absence des représentants des boutiquiers lors de ce conseil constitue une erreur à la fois stratégique et démocratique. « Le ministre du Commerce a présidé récemment le Conseil national de la consommation sans inviter l’ABDS, qui est pourtant l’association la plus légitime et la plus représentative des boutiquiers au niveau national », a-t-il regretté.

Pour l’ABDS, cette mise à l’écart pose un problème de fond : comment appliquer efficacement une décision prise sans consulter ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre au quotidien ? Aliou Ba estime que fixer des prix de manière administrative, sans tenir compte des réalités du terrain, creuse un fossé entre les autorités et les commerçants. À ses yeux, cette approche risque d’entraîner des difficultés d’application, voire des résistances silencieuses sur les marchés.

Au-delà du problème de concertation, l’association met surtout en garde contre l’impact économique de la mesure sur les détaillants. La nouvelle grille tarifaire, selon elle, entraîne une réduction significative des marges bénéficiaires des boutiquiers, alors même que leurs charges ne cessent d’augmenter. Loyers, factures d’électricité, coûts de transport et frais d’approvisionnement pèsent de plus en plus lourdement sur ces petits commerçants, dont beaucoup peinent déjà à maintenir l’équilibre financier de leurs activités.

L’ABDS précise qu’elle n’est pas opposée au principe de stabilisation ou de baisse des prix des denrées de première nécessité. Au contraire, elle se dit consciente des difficultés que traversent les ménages sénégalais. Toutefois, Aliou Ba insiste sur le fait que cet effort ne doit pas se faire au détriment du commerce de proximité, qu’il juge en net recul ces dernières années. « On ne peut pas protéger le consommateur en sacrifiant le boutiquier », résume-t-il en substance.

Selon l’association, la disparition progressive des petites boutiques de quartier aurait des conséquences sociales et économiques lourdes, notamment dans les zones périphériques et rurales où ces commerces constituent souvent le principal point d’accès aux produits de première nécessité. Elle redoute que des décisions répétées, prises sans dialogue, accélèrent la faillite de nombreux détaillants.

Face à cette situation, l’ABDS appelle les autorités à instaurer une concertation réelle, inclusive et permanente avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution. Elle plaide pour une révision de la méthode de fixation des prix, afin qu’elle tienne compte non seulement du pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi des charges et des contraintes auxquelles font face les boutiquiers.

À défaut d’un dialogue franc et constructif, l’association avertit que l’efficacité des mesures de baisse des prix pourrait être compromise sur le terrain, confrontée aux dures réalités économiques du commerce de quartier. Pour les boutiquiers, l’enjeu est clair : préserver à la fois l’accessibilité des produits pour les consommateurs et la survie d’un secteur qui demeure un pilier de l’économie locale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°530 – 05/08/2025

🔴 EXPORTATIONS DE GRAINES D’ARACHIDE : BAISSE DE 1,7% DES RECETTES
🔴 INONDATIONS DANS LA RÉGION DE KAOLACK : LES POPULATIONS LAISSÉES À LEUR SORT

🔴 FSF / FOOT FÉMININ : AÏCHA HENRIETTE NDIAYE AUX MANETTES
🔴 FSF / ALIOU GOLOKO APRÈS SA DÉFAITE : « JE NE ME RETIRE PAS. JE ME REDRESSE »

Baisse du prix du riz brisé : une bouffée d’oxygène pour les ménages sénégalais

À l’approche de la fête de la Korité, le gouvernement sénégalais annonce une nouvelle qui soulagera de nombreux ménages : le prix du kilogramme de riz brisé ordinaire passera de 410 F CFA à 350 F CFA à compter du 3 avril 2025. Cette baisse de 15 % a été confirmée lors du Conseil national de la consommation, tenu hier sous la présidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop.

Cette décision s’inscrit dans un environnement marqué par plusieurs évolutions favorables sur le marché mondial du riz. La production en Asie du Sud-Est – notamment en Thaïlande, au Vietnam et au Myanmar – connaît une forte hausse, contribuant à une augmentation des stocks mondiaux qui atteignent 60 millions de tonnes, soit 11 % de la production mondiale. Par ailleurs, l’Inde, principal fournisseur du Sénégal, a récemment levé ses restrictions d’exportation, facilitant l’approvisionnement à des prix plus compétitifs.

Face à ces opportunités, le gouvernement sénégalais a mené d’intenses négociations avec l’Inde pour garantir un approvisionnement stable et à moindre coût. Deux missions officielles ont été envoyées à New Delhi depuis novembre 2024, aboutissant à la signature d’un accord direct avec la National Commercial Rice of India (NCL). Ce contrat permet au Sénégal d’acheter du riz à un tarif oscillant entre 380 et 400 dollars la tonne, soit environ 240 000 F CFA en mode Free On Board (FOB).

Grâce à cet accord, le gouvernement a pu fixer une grille tarifaire permettant de répercuter la baisse des prix sur toute la chaîne de distribution :

• 315 000 F CFA la tonne pour les importateurs,

• 319 000 F CFA pour les grossistes,

• 325 000 F CFA pour les demi-grossistes.

En conséquence, le prix au détail sera ajusté à 350 F CFA le kilogramme contre 410 F CFA auparavant.

Pour éviter toute spéculation et garantir l’application effective de cette baisse, l’État a mis en place un dispositif de surveillance renforcé. Celui-ci repose sur :

• Le déploiement de 1 000 volontaires de la consommation, appelés « Bajenu Gox »,

• L’implication des délégués de quartier et des associations de consommateurs,

• L’utilisation de l’application « Yollé », qui permettra aux citoyens de signaler en temps réel toute tentative de hausse abusive des prix.

De plus, onze nouveaux services de contrôle économique seront créés à travers le pays pour assurer un suivi rigoureux de l’évolution des prix sur le marché.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des mesures économiques adoptées en avril 2024 sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre. À cette période, le gouvernement avait déjà pris des dispositions pour alléger le coût de la vie, en réduisant les prix de plusieurs produits essentiels :

• Huile de palme raffinée,

• Sucre cristallisé,

• Farine de blé,

• Riz brisé.

Ces mesures ont été soutenues par des subventions publiques et la suspension de certains droits de douane, pour un coût global de 73 milliards de F CFA sur 2024 et 2025.

La baisse du prix du riz brisé, denrée de base pour de nombreux Sénégalais, est accueillie avec soulagement par les ménages, particulièrement en cette période de Ramadan où les dépenses alimentaires sont en forte hausse. Toutefois, le ministre Serigne Guèye Diop insiste sur la nécessité d’un équilibre entre pouvoir d’achat et viabilité économique :

« Cette réduction ne doit pas se faire au détriment des autres acteurs économiques. Importateurs, grossistes, détaillants et commerçants doivent pouvoir préserver leurs marges et assurer la rentabilité de leurs activités. »

Avec cette nouvelle baisse des prix et le renforcement des mécanismes de contrôle, le gouvernement espère stabiliser durablement le marché et offrir un répit aux consommateurs face aux fluctuations économiques mondiales.

Polémique sur une supposée baisse des salaires des fonctionnaires : clarification de l’économiste Aliou Ndiouck

Ces derniers jours, un débat intense a émergé autour d’une supposée baisse des salaires des fonctionnaires, alimentant les inquiétudes et la grogne sociale. Cependant, selon l’économiste Aliou Ndiouck, cette perception résulte d’une mauvaise interprétation des réformes en cours. Intervenant sur iRadio, il a tenu à clarifier la situation en expliquant qu’il ne s’agit pas d’une réduction généralisée des salaires, mais plutôt d’une rationalisation des dépenses publiques à travers une réforme des agences d’exécution.

L’économiste a rappelé que le Premier ministre a demandé une évaluation des agences d’exécution, ce qui peut entraîner un reclassement de certaines d’entre elles. « Lorsqu’une agence passe d’une catégorie 1 à une catégorie 2, 3 ou 4, cela doit impliquer une baisse des rémunérations du Directeur général, du Président du Conseil d’Administration (PCA) et des agents concernés. Mais cela ne signifie en aucun cas une baisse généralisée des salaires pour l’ensemble des fonctionnaires », a-t-il précisé.

Cette démarche vise à maîtriser les charges de l’État en ajustant les rémunérations en fonction du statut et de la mission des agences. Ainsi, les baisses de salaire éventuelles ne concerneraient qu’un nombre restreint d’agents occupant des postes spécifiques dans ces structures.

Aliou Ndiouck reconnaît toutefois que le climat social est actuellement marqué par une forte tension, ce qui explique certaines inquiétudes. Il identifie deux facteurs principaux à l’origine de cette crispation :

1. Le contrôle des charges salariales par l’État : Dans un contexte économique difficile, les autorités cherchent à limiter les dépenses publiques, ce qui pousse certaines directions à revoir leurs effectifs et à freiner les recrutements en Contrat à Durée Indéterminée (CDI), en particulier ceux réalisés avant les élections.

2. Les difficultés du secteur privé : Le secteur du BTP ainsi que certains segments du secteur tertiaire connaissent une stagnation, voire une baisse d’activité. Cette situation entraîne une pression sur les salaires et contribue à alimenter la perception d’un recul général des revenus.

Face aux craintes exprimées par certains travailleurs, Aliou Ndiouck insiste sur l’importance d’une communication plus claire de la part du gouvernement afin d’éviter toute confusion. « Il est essentiel d’expliquer les mesures en cours et de rassurer les fonctionnaires sur le fait que leurs salaires ne seront pas impactés par une réduction généralisée », a-t-il conclu.

Le Coût de l’Électricité Bientôt Révisé à la Baisse : Une Bonne Nouvelle pour les Consommateurs Sénégalais

Le ministre de l’Énergie a annoncé ce jeudi une nouvelle qui réjouira sans doute de nombreux ménages sénégalais : une baisse prochaine du coût de l’électricité. Cette annonce a été faite en marge d’un colloque sur la transition énergétique pour un développement durable en Afrique, où les avancées en matière de réduction des prix de l’électricité et des hydrocarbures ont été mises en avant.

Depuis son entrée en fonction, le ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, affirme avoir travaillé rigoureusement à réduire le coût d’accès à l’électricité, ainsi qu’à celui des hydrocarbures, en particulier l’essence. Selon ses propos, des efforts considérables ont été consentis pour parvenir à une baisse significative, et les conclusions de ce travail sont désormais proches. Toutefois, il a précisé qu’une communication officielle du gouvernement sera faite dans les prochains jours pour présenter les résultats définitifs.

« Nous n’allons pas maintenant présenter les conclusions définitives, parce que nous sommes ministres, il faudra que le gouvernement soit informé de l’état d’avancement du projet », a-t-il déclaré. Il a également indiqué que des discussions intenses sont en cours avec la Senelec pour apporter des corrections nécessaires, tout en assurant que ces ajustements sont pris très au sérieux.

Une des problématiques majeures soulevées est celle des subventions mal ciblées, bénéficiant parfois à des étrangers ou à des acteurs qui n’en ont pas véritablement besoin. Le ministre a souligné que ces irrégularités sont en cours de correction, afin que les subventions profitent davantage aux populations locales qui en ont le plus besoin.

« Le Sénégal est en train de subventionner des étrangers qui ne contribuent pas au Sénégal. On peut faire un meilleur ciblage », a-t-il affirmé, tout en promettant que des conclusions sur ce sujet seront rendues publiques très prochainement.

Cette annonce représente une avancée notable pour les ménages et les entreprises, qui devraient bientôt bénéficier de coûts réduits en matière d’énergie, un levier essentiel pour soutenir l’économie nationale et améliorer le pouvoir d’achat des Sénégalais. La transition énergétique vers un développement durable se présente ainsi comme un pilier central des réformes en cours, avec des impacts positifs attendus sur la vie quotidienne et l’environnement du pays.

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