Cybercriminalité bancaire : un développeur arrêté pour plus de 1 400 transactions frauduleuses visant Africa Banque Sénégal

Un nouveau scandale de cybercriminalité secoue le secteur bancaire sénégalais. La Division spéciale de la cybersécurité (DSC) a procédé, le mercredi 28 janvier, à l’arrestation de M. Lô, âgé de 33 ans, développeur informatique et employé dans un autre établissement bancaire. Il est soupçonné d’avoir infiltré le système informatique d’Africa Banque Sénégal (ex-BDK) afin d’y effectuer plus de 1 400 transactions frauduleuses, occasionnant un important préjudice financier.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’enquête a révélé que le mis en cause disposait d’un compte bancaire presque vide, crédité de seulement 5 000 FCFA au moment des faits. Malgré cela, il aurait réussi à exploiter une faille dans le système de sécurité d’Africa Banque Sénégal pour détourner un montant global estimé à 7 209 000 FCFA.

Les investigations menées par les spécialistes de la DSC ont permis de retracer un schéma sophistiqué de transferts d’argent. Après avoir pénétré le système de la banque, le suspect aurait procédé à des virements fractionnés vers plusieurs comptes de services financiers numériques, notamment Wave et Orange Money, afin de dissimuler l’origine illicite des fonds et d’éviter d’éveiller les soupçons.

Interpellé puis placé en garde à vue, M. Lô a dans un premier temps nié toute implication. Toutefois, confronté aux éléments techniques collectés par les enquêteurs – traces numériques, historiques de connexions et correspondances entre les transactions frauduleuses et ses activités en ligne – il a fini par reconnaître les faits.

Dans ses aveux, le développeur a déclaré avoir agi seul, sans la complicité d’autres personnes. Il a également expliqué que l’argent détourné lui aurait servi à régler des dettes personnelles, une justification qui n’a toutefois pas atténué la gravité des accusations retenues contre lui.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les défis majeurs auxquels font face les institutions financières en matière de sécurité informatique. Elle rappelle également la nécessité pour les banques de renforcer en permanence leurs dispositifs de protection, leurs audits de sécurité et leurs mécanismes de détection des intrusions, dans un contexte où les cyberattaques deviennent de plus en plus fréquentes et sophistiquées.

Le suspect devrait être déféré devant le parquet dans les prochains jours pour répondre des faits d’accès frauduleux à un système informatique, de vol et d’escroquerie, ainsi que de blanchiment de capitaux. Une procédure judiciaire qui pourrait servir de signal fort dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal.

Sénégal – Affaire Tahirou Sarr : la justice gèle ses comptes bancaires, ses avocats font appel

Nouveau rebondissement dans le dossier explosif de l’homme d’affaires Seydou Sarr, alias Tahirou. Le juge d’instruction financier a ordonné la saisie des comptes bancaires du mis en cause, domiciliés à NSIA Banque. Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’enquête menée sur un vaste scandale financier estimé à 125 milliards FCFA.

Les avocats de Tahirou Sarr ont immédiatement interjeté appel devant la Chambre d’accusation financière pour contester cette mesure de saisie pénale visant les soldes créditeurs. L’audience, qui devait se tenir ce mardi 9 juillet, a finalement été renvoyée au 23 juillet 2025. Un délai qui pourrait s’avérer décisif dans la stratégie de défense de l’homme d’affaires.

Pour rappel, Tahirou Sarr a été placé sous mandat de dépôt le 28 février dernier, après avoir été épinglé par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) dans le cadre d’opérations jugées suspectes, portant sur un montant total de 125 milliards FCFA. Il est inculpé pour association de malfaiteurs en groupe criminel organisé, escroquerie sur les deniers publics et blanchiment de capitaux, des délits particulièrement graves, portant sur une somme de 91 milliards FCFA.

L’affaire suscite un vif intérêt de l’opinion publique, d’autant plus que Tahirou Sarr est une figure bien connue du monde des affaires sénégalais. Certains y voient le symbole d’une volonté affichée des autorités judiciaires de s’attaquer aux circuits de la corruption financière, tandis que d’autres dénoncent une forme de harcèlement judiciaire.

Sanctions de la commission bancaire de l’UMOA : Trois banques épinglées, dont deux au Sénégal

Lors de sa session du 22 mars dernier, le Collège de supervision de la commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a pris des mesures disciplinaires à l’encontre de trois banques opérant dans la zone. Deux de ces institutions sont basées au Sénégal, tandis que la troisième est établie au Togo.

Cependant, les noms des banques sanctionnées n’ont pas été divulgués, conformément à la tradition de l’organe disciplinaire monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Les fautes reprochées ainsi que la nature des sanctions infligées ont toutefois été rendues publiques après que les dirigeants concernés ont été entendus.

Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition de ce lundi, la première banque établie au Sénégal sanctionnée a été blâmée pour « des manquements et des infractions aux textes légaux et règlementaires applicables aux établissements de crédit ». Ces infractions portent notamment sur des faiblesses en matière de gouvernance, de gestion des risques, de situation financière et prudentielle, ainsi que sur le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. En plus du blâme, cette banque devra s’acquitter d’une amende de 300 millions de francs CFA.

La deuxième banque sénégalaise rappelée à l’ordre devra également payer une amende de 151 millions de francs CFA, en plus du blâme reçu. Les infractions qui lui sont reprochées concernent principalement des manquements dans le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Quant à la troisième institution de crédit épinglée, basée au Togo, elle a été blâmée et condamnée à payer une amende de 300 millions de francs CFA pour non-respect des exigences des autorités monétaires et de contrôle visant le renforcement des fonds propres. Ces mesures visent à mettre l’établissement en conformité avec les normes prudentielles à fin juin 2022.

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