Le journaliste et chroniqueur Badara Gadiaga, figure bien connue de l’émission “Jakaarlo Bi” sur la Télévision Futurs Médias (TFM), a bénéficié ce jeudi 11 juillet d’un retour de parquet après sa présentation devant le procureur. Son dossier a été transféré au doyen des juges en vue d’une ouverture d’information judiciaire, signe que l’affaire prend une tournure judiciaire plus complexe.
Initialement poursuivi pour « propos contraires aux bonnes mœurs », à la suite de ses déclarations polémiques lors d’une récente diffusion de l’émission “Jakaarlo Bi”, Gadiaga a vu les accusations pesant sur lui s’alourdir au fil des heures. Le parquet lui reproche désormais également la « diffusion de fausses nouvelles » ainsi que l’« offense à une personne qui exerce une partie des prérogatives du chef de l’État », en référence au Premier ministre Ousmane Sonko.
Ces nouvelles charges renforcent la gravité de l’affaire, qui dépasse désormais le simple cadre de la liberté d’expression dans un débat télévisé, pour s’inscrire dans une logique de protection de l’ordre public et des institutions, selon l’argumentaire du ministère public.
L’interpellation de Badara Gadiaga, survenue en début de semaine, a immédiatement suscité de vives réactions dans l’opinion publique. Plusieurs acteurs de la société civile, des confrères journalistes ainsi que des leaders politiques – notamment Khalifa Sall, le parti Rewmi et d’autres figures de l’opposition – ont dénoncé une atteinte grave à la liberté d’expression et de presse. Pour eux, l’arrestation du chroniqueur s’apparente à une tentative d’intimidation à l’égard des voix critiques.
Du côté du pouvoir, certains responsables estiment au contraire que les propos de Gadiaga ont franchi les limites acceptables dans un État de droit, notamment en portant atteinte à l’image des institutions républicaines.
Le retour de parquet signifie que le procureur ne s’est pas encore prononcé sur un éventuel mandat de dépôt, préférant transmettre le dossier au juge d’instruction. Ce dernier décidera des suites judiciaires à donner : mise en examen, liberté provisoire ou détention préventive.