Bilan stratégique du nouveau gouvernement sénégalais (près d’un an de pouvoir)

Par, Dr. Abdourahmane Ba

Près d’un an après l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye (avril 2024), le Sénégal dresse un premier bilan de l’action de son nouveau gouvernement. Élu sur une plateforme de rupture (anticorruption, souveraineté, justice sociale), Faye – appuyé par son mentor devenu Premier ministre, Ousmane Sonko – a entrepris des réformes tous azimuts. Ce bilan passe en revue les avancées, défis et critiques sectoriels, notamment en économie, gouvernance, développement social, infrastructures, politique énergétique/environnementale et diplomatie.

  1. Économie et finances publiques

1.1. Croissance et finances

Le nouveau pouvoir hérite d’une situation macroéconomique délicate. Un audit de la Cour des comptes révèle un endettement public de 99,7 % du PIB fin 2023 et un déficit budgétaire recalculé à 12,3 % du PIB (contre 4,9 % annoncé par l’ancien régime)​. Autrement dit, les comptes étaient plus dégradés qu’admis sous Macky Sall. Face à ce constat « particulièrement catastrophique et inquiétant », le gouvernement Sonko-Faye a opté pour la transparence et l’action plutôt que l’occultation​. Le Premier ministre Sonko a publiquement appelé à un « vrai sursaut » pour sortir les finances de l’ornière, tout en assurant qu’il n’imposerait pas de cure d’austérité brutale​.

En pratique, le ministre de l’Économie a martelé que la dette, bien qu’élevée, reste soutenable, en misant sur un rebond économique futur​. D’ailleurs, la Banque mondiale et le FMI anticipent un choc de croissance en 2025 (≈9-10 %), porté par l’entrée en production des ressources pétro-gazières​. Cette manne à venir – par exemple le champ pétrolier de Sangomar, exploité depuis mi-2024 et générant 950 millions US $ dont 15 à 40 % pour l’État​ – devrait booster le PIB et offrir de nouvelles marges de manœuvre.

1.2. Gestion budgétaire et réformes

Confronté à des comptes « dans le rouge », le gouvernement a pris des mesures d’économies ciblées plutôt que des coupes sociales. Pour réduire le train de vie de l’État, il envisage une baisse des salaires des ministres et dirigeants d’entreprises publiques, et a supprimé des organes jugés coûteux et redondants​. Dès décembre 2024, la nouvelle Assemblée a voté la dissolution du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), structures considérées comme « budgétivores » par le président Faye​.

Parallèlement, pour éviter un étranglement financier, l’exécutif innove en diversifiant ses sources de financement. Le budget 2025 introduit ainsi des « diaspora bonds », des obligations destinées aux Sénégalais de l’extérieur, afin de mobiliser l’épargne diaspora pour des projets d’infrastructure, de santé et autres secteurs prioritaires​. Cette approche est vue positivement par les milieux d’affaires, d’autant que le gouvernement multiplie les signaux de bonne gouvernance – comme la publication des audits et un discours de vérité sur la situation budgétaire​.

Des économistes saluent cette communication franche qui traduit la volonté d’« assainir les finances publiques » et peut rassurer investisseurs et bailleurs​. Par exemple, en février, Dakar a accueilli une rencontre entre l’APIX (agence de promotion des investissements) et le patronat français (Medef) pour encourager les affaires, signe que le Sénégal reste attractif malgré ses défis​. Toutefois, la conjoncture demeure tendue : l’agence Moody’s a abaissé la note souveraine sénégalaise à B3 fin février 2025, ce qui illustre la perte de confiance due aux déséquilibres persistants​. Le pouvoir doit donc réaliser un subtil équilibrage entre restauration de la soutenabilité budgétaire et maintien de la dynamique économique.

1.3. Réformes économiques sectorielles

Dans son programme de « transformation systémique », l’équipe Faye-Sonko met l’accent sur la souveraineté économique et la relance de secteurs clefs. L’agriculture en est un exemple : le Sénégal veut réduire sa dépendance alimentaire et mieux valoriser ses filières. Dès la première année, le gouvernement a soutenu les agriculteurs via l’épurement de leurs dettes, une distribution accrue et équitable de semences de qualité, ainsi qu’une hausse du prix plancher de l’arachide pour mieux rémunérer les paysans​. Cette dernière mesure répond à une revendication rurale, mais s’accompagne d’une politique plus interventionniste sur la filière arachidière.

À l’automne 2024, le ministre de l’Agriculture a brièvement annoncé la suspension des exportations d’arachide brute afin de privilégier la transformation locale et éviter que les acheteurs étrangers (notamment chinois) ne concurrencent la collecte nationale​. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement des huileries locales (Sonacos et autres) pour monter en gamme. Cependant, cette initiative a suscité l’inquiétude de nombreux producteurs, pour qui l’export direct assure des revenus supérieurs (300–500 FCFA/kg à l’export contre ~280 FCFA sur le marché intérieur la saison précédente)​. Face à la grogne sous les « arbres à palabres », le gouvernement a dû assouplir sa position​. Ce cas illustre la difficulté de concilier souveraineté économique et protection des revenus paysans à court terme.

En parallèle, l’État renégocie des accords internationaux jugés défavorables : ainsi, les accords de pêche avec l’Union européenne, permettant à des chalutiers étrangers dans les eaux sénégalaises, ont été revus pour réserver les 12 milles aux pêcheurs artisans et exiger une meilleure compensation écologique et financière​. C’était l’un des premiers actes posés par le gouvernement selon le président de l’Assemblée nationale​.

Globalement, la ligne directrice est de « reprendre en main » l’économie nationale (contrats miniers, pêche, grands projets) et d’accroître la part de valeur ajoutée captée localement. Cette orientation volontariste est saluée par les partisans du patriotisme économique, mais elle doit composer avec les réalités du marché et les partenaires en place. D’ailleurs, une frange du parti au pouvoir (PASTEF) insiste pour éviter toute « tentation austéritaire dictée par le FMI ou la Banque mondiale », avec une crainte d’un ajustement aux dépens du social​. Le pouvoir doit donc prouver qu’il peut restaurer les équilibres financiers tout en respectant ses promesses sociales et réformes de structure.

  1. Gouvernance et réformes institutionnelles

2.1. Lutte contre la corruption et transparence

Le leitmotiv du nouveau régime est la rupture avec les pratiques de gouvernance passées. Concrètement, dès avril 2024, le président Faye a ordonné une batterie d’audits dans presque toutes les structures publiques (pétrole, gaz, mines, finances, projets immobiliers, etc.)​. Les rapports d’audit des dernières années ont été publiés au grand jour et ont exposé des dérives financières sous Macky Sall et son entourage​. Par exemple, la Cour des comptes a pointé des dépenses sans base légale et des maquillages budgétaires de la présidence sortante​.

La nouvelle équipe a tenu à renforcer les mécanismes de contrôle pour prévenir le mésusage des deniers publics​. Cette transparence active – une première à cette échelle – est perçue comme un signal fort de gouvernance vertueuse. Néanmoins, les résultats concrets se font attendre : les audits sont en cours et leurs conclusions ne sont pas toutes connues après un an​. Le gouvernement promet des suites judiciaires en cas de malversations avérées, mais doit veiller à ce que la reddition de comptes ne tourne pas à la chasse aux sorcières politiques.

En interne, certains reprochent déjà au pouvoir d’agir de manière unilatérale sur certains cas sensibles. Un exemple cité est l’interdiction de sortie du territoire imposée à d’anciens barons (tel un beau-frère de l’ex-président) sans décision de justice formelle – une mesure défensive pour éviter des fuites, mais critiquée par l’opposition comme arbitraire. Malgré ces débats, de nombreux Sénégalais saluent l’élan anticorruption incarné par Faye et Sonko, d’anciens opposants farouchement engagés contre les scandales (affaires PétroTim, contrats gaziers, etc.) de l’ère précédente.

Les assises nationales sur la justice tenues fin 2024 ont également accouché d’une dizaine de recommandations pour renforcer l’indépendance judiciaire et l’état de droit​. Si le programme de refonte de la justice est encore en gestation, ces pas initiaux montrent une volonté d’attaquer la corruption à la racine – y compris via un projet de loi de protection des lanceurs d’alerte, promis avant mi-mai 2024 mais retardé depuis​. En somme, sur le front de la gouvernance, l’intention de rompre avec l’impunité est nette, mais le vrai test sera l’aboutissement effectif des poursuites et réformes institutionnelles annoncées.

2.2. Réformes institutionnelles et vie démocratique

Politiquement, la première année de Faye a été marquée par une reconfiguration majeure des institutions. Élu avec 54 % des voix dès le 1er tour (mars 2024)​, le nouveau président ne disposait initialement que d’une minorité parlementaire – son parti PASTEF et ses alliés n’ayant qu’une quarantaine de députés sur 165, contre une centaine pour la coalition du sortant. Cette cohabitation forcée a très vite paralysé l’action publique : l’ancienne majorité (Benno Bokk Yaakaar) a boycotté fin juin le débat d’orientation budgétaire, empêchant son adoption​. Elle a aussi bloqué des réformes emblématiques (refusant par exemple de voter la suppression du HCCT et du CESE en septembre)​.

Face à ce « culte du blocage » institutionnel​, Bassirou Faye a utilisé l’arme constitutionnelle à sa disposition : dissoudre l’Assemblée nationale dès que la loi l’autorisait (deux ans après les législatives de 2022, soit le 12 septembre 2024)​. Dans une allocution télévisée ce jour-là, il a convoqué des élections législatives anticipées le 17 novembre en demandant aux Sénégalais une nouvelle majorité pour « donner corps à la transformation systémique » promise​. Ce coup de théâtre, bien que prévisible, a suscité des réactions mitigées. Du côté du pouvoir, on invoquait la nécessité de lever les obstacles au changement voulu par le peuple.

L’opposition y a vu une manœuvre pour contourner le Parlement et éviter de justesse une motion de censure menaçant le PM Sonko (dont la Déclaration de politique générale, prévue le 13 septembre, a été court-circuitée par la dissolution la veille)​. Il n’en demeure pas moins que le processus fut légal et validé par le Conseil constitutionnel​. Le scrutin de novembre 2024 a débouché sur un raz-de-marée en faveur du parti présidentiel : les Patriotes du Sénégal (PASTEF) ont remporté 130 sièges sur 165​, reléguant loin derrière les coalitions d’opposition (16 sièges pour la liste pro-Macky Sall, 7 pour celle d’Amadou Ba, etc.​). Cette nouvelle Assemblée acquise au pouvoir depuis début 2025 a voté sans tarder les réformes bloquées auparavant (suppression du CESE/HCCT, budget 2025, etc.)​.

2.3.Renforcement démocratique

Paradoxalement, le recours à la dissolution – perçu initialement comme un passage en force – a abouti à redonner la parole au peuple et à clarifier le jeu démocratique. Le président Faye a désormais tous les leviers institutionnels alignés pour appliquer son programme, ce qui est plus conforme à l’esprit du quinquennat présidentiel. La stabilité politique s’en trouve renforcée, même si une opposition affaiblie dénonce une concentration excessive des pouvoirs.

À cet égard, certaines nominations administratives ont suscité des critiques : malgré la promesse de ruptures, le gouvernement a nommé plusieurs dizaines de directeurs d’agences et d’entreprises publiques sans appel à candidature, ce qui a maintenu des pratiques de patronage partisan. Ces entorses aux principes méritocratiques ont fait grincer des dents, y compris chez des soutiens de Faye attachés à plus de transparence. Le pouvoir s’en défend en invoquant l’urgence à combler les postes vacants et en soulignant que l’assainissement des institutions prime.

Par ailleurs, en signe d’apaisement, le nouveau président a prôné la réconciliation nationale après les tensions des années précédentes. Rappelons que lui-même et Ousmane Sonko ont bénéficié d’une amnistie politique in extremis (fin mars 2024) pour sortir de prison et pouvoir concourir​. Dans le même esprit, Faye a évoqué des réparations aux victimes des troubles 2019–2023 (manifestations réprimées) : une commission d’indemnisation devait voir le jour, mais sa création a pris du retard​. Quant aux opposants emblématiques du régime Sall condamnés par le passé (Khalifa Sall, Karim Wade), leur sort reste en suspens ; aucune amnistie élargie ne s’est matérialisée en 2024, ce qui alimente le débat sur une “justice sélective”.

En définitive, le bilan institutionnel du gouvernement Faye après un an est contrasté : volontarisme réformateur (nettoyage des agences, justice, parlementarisme restauré) mais aussi premières frictions (procédures expéditives, soupçons de favoritisme dans les nominations). La seconde année de mandat sera cruciale pour traduire les recommandations d’assises et légiférer sur les garde-fous promis (loi sur les lanceurs d’alerte, réforme du Conseil supérieur de la magistrature, etc.), afin de consolider un État de droit exemplaire comme annoncé.

Le président Bassirou Diomaye Faye, investi en avril 2024, a promis une gouvernance intègre et une « transformation systémique » du Sénégal. Un an plus tard, son gouvernement revendique des avancées en matière de transparence et de réformes, malgré les critiques sur la lenteur de certaines promesses.​

  1. Développement social (santé, éducation, emploi, social)

3.1. Politiques sociales et pouvoir d’achat

Répondre aux urgences sociales a été une priorité affichée dès les 100 premiers jours. Confronté à un coût de la vie élevé, le gouvernement a pris des mesures rapides pour soulager les ménages. Ainsi, dès juin 2024, il a imposé une baisse des prix sur plusieurs produits alimentaires de base (pain, huile, sucre, etc.)​. Cette initiative, saluée par la population, visait à honorer une promesse de campagne de Sonko et Faye de « casser » la vie chère par des subventions ou contrôles de prix.

De même, les tarifs de l’électricité ont été réduits en 2025 à la faveur de la baisse des coûts de production (consécutive à la renégociation de certains contrats énergétiques)​. Combinée à l’extension des branchements dans les zones mal desservies, cette mesure améliore directement le budget des foyers modestes.

En parallèle, le gouvernement a maintenu des programmes sociaux existants tels que les bourses de sécurité familiale ou la couverture maladie universelle et a garanti leur financement malgré les contraintes budgétaires. Aucune remise en cause brutale des filets sociaux de l’ère précédente n’a eu lieu – au contraire, l’équipe Faye cherche à accroître l’équité dans leur distribution.

L’eau potable a également fait l’objet d’un plan d’urgence : le projet « Eau potable pour tous » a été lancé pour intensifier les forages, châteaux d’eau et conduites dans les zones rurales et périurbaines, ce qui assure désormais un accès quotidien à l’eau à des milliers de foyers supplémentaires. Ces avancées concrètes améliorent la qualité de vie et renforcent la cohésion sociale, arguments que le pouvoir met en avant. Toutefois, certains chantiers sociaux annoncés patinent : par exemple, la création d’un mécanisme d’indemnisation des victimes des troubles politiques (2012–2023) est toujours en attente​, ce qui déçoit des familles endeuillées.

3.2. Santé et éducation

Sur le plan de la santé publique et de l’éducation, le nouveau gouvernement se heurte aux limites imposées par la crise financière de l’État. Les besoins sont immenses (hôpitaux, personnels, écoles, etc.) et les syndicats veillent au grain. En février 2025, le régime a fait face à sa première crise sociale : les médecins du secteur public se sont mis en grève pour réclamer des recrutements massifs, rapidement suivis par les enseignants du supérieur, exaspérés par le sous-effectif et le manque de moyens​.

Ces mouvements ont mis en lumière le dilemme du gouvernement : comment embaucher davantage de fonctionnaires et augmenter les salaires dans la santé/éducation, tout en tentant de réduire le déficit public ? Le ministre de l’Économie a assuré qu’il n’y aurait pas de coupes sombres dans les budgets sociaux et qu’au contraire, la dette serait réaménagée sans sacrifier les services essentiels​.

Un dialogue tripartite Gouvernement –Syndicats –Patronat a été initié fin février 2025 pour trouver des compromis, Sonko demandant aux syndicats de « mettre de côté un temps les grèves » le temps de redresser les comptes​. En réponse, quelques gestes ont été posés : déconcentration de certains recrutements, règlement de primes en retard, etc.

Le budget 2025 voté en décembre a aussi sanctuarisé des postes pour la santé et l’éducation, financés en partie par les économies réalisées ailleurs (train de vie de l’État) et par de nouveaux financements (emprunts ciblés, fonds de la Banque mondiale, etc.). Malgré cela, l’impatience sociale demeure. Les enseignants du primaire et secondaire attendent une revalorisation de leurs indemnités, pendant que les étudiants réclament de meilleures conditions pédagogiques.

Le gouvernement s’appuie sur les Assises de l’éducation (tenues juste avant l’alternance) pour guider ses actions, mais n’a pas encore lancé de grande réforme structurelle du système éducatif. Sur le front de la santé, il a promu la couverture maladie universelle bis (élargie aux personnes vulnérables non encore couvertes) et inauguré quelques centres de santé en zones rurales. Mais la promesse d’une refonte du système hospitalier attendra probablement le retour à plus de marge budgétaire.

En somme, le bilan social est mitigé : de bonnes intentions et quelques mesures symboliques (baisse des prix, accès eau/électricité) ont évité une grogne immédiate en 2024, mais les revendications de fond (emplois, salaires, qualité des services) persistent. Le défi pour Faye est de prouver que la rigueur budgétaire actuelle n’est que transitoire et que les fruits de la croissance future seront bien réinvestis dans le capital humain (écoles, hôpitaux, emplois jeunes) afin de réduire durablement la pauvreté (qui touche ~37% de la population) et le chômage des jeunes (presqu’un tiers des jeunes étaient sans emploi sous Macky Sall)​. Les attentes populaires restent élevées pour voir se concrétiser le slogan du « Sénégal nouveau » inclusif et solidaire.

  1. Infrastructures et aménagement du territoire

4.1. Grands projets et transports

Le nouvel exécutif s’est retrouvé à piloter des méga-projets hérités tout en imprimant ses priorités en matière d’infrastructures. Le Sénégal étant engagé dans l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse 2026 (JOJ), le président Faye a exigé d’accélérer l’achèvement des chantiers liés à cet événement​. Lors du Conseil des ministres du 24 octobre 2024, il a enjoint le Premier ministre Sonko de « prendre toutes les mesures immédiates » pour livrer dans les délais les infrastructures sportives, de transport, touristiques et logistiques promises pour les JOJ​. Une coordination interministérielle renforcée a été mise en place afin de respecter scrupuleusement les cahiers des charges fixés avec le CIO​.

Concrètement, cela concerne la finition du complexe sportif olympique de Diamniadio, l’amélioration des voiries et du système de transport entre Dakar et Diamniadio, ainsi que la préparation d’infrastructures d’accueil (hébergements, centre de presse, etc.). Le chef de l’État a insisté sur la rigueur budgétaire et le respect des échéances, conscient que la vitrine des JOJ ne doit pas se faire au prix de dérapages financiers​.

Cette pression semble avoir porté ses fruits : fin 2024, plusieurs projets ont été remis sur les rails avec de nouveaux calendriers resserrés. Par exemple, la Phase 2 du Train Express Régional (TER) de Dakar (extension jusqu’au centre-ville et à l’aéroport) a bénéficié de l’arrivée de nouvelles rames en décembre 2024, ce qui rapproche l’objectif de desservir complètement Diamniadio avant 2026. De même, des routes d’accès et le viaduc vers le nouveau stade olympique ont été déclarés « priorité nationale ».

Le Ministre des Infrastructures a multiplié les visites de chantiers pour résoudre les blocages (expropriations, paiements d’entreprises) et activer les financements. On note que le gouvernement, malgré ses critiques initiales envers certains projets phares de l’ancien régime, n’a pas stoppé les grands travaux en cours : autoroutes Ila Touba et vers Saint-Louis, port de Ndayane, Bus Rapid Transit de Dakar, etc., sont tous poursuivis – avec l’ambition affichée de mieux en maîtriser les coûts et la qualité.

4.2. Aménagement du territoire et urbanisation

L’équipe Faye entend également corriger les déséquilibres territoriaux. Alors que l’ère Sall avait beaucoup misé sur Dakar et Diamniadio, le nouveau pouvoir parle de désenclavement des régions. Profitant des fonds dégagés via les « diaspora bonds » et de la future rente pétrolière, le gouvernement a annoncé vouloir investir dans les infrastructures de base en zones rurales (pistes, adductions d’eau, électrification)​. Les projets Eau pour tous et électricité rurale déjà mentionnés s’inscrivent dans cette vision.

En outre, l’État s’attaque à l’urbanisation anarchique qui menace l’environnement et la sécurité. Un exemple notable : dès mai 2024, le Président a ordonné la suspension de tous les chantiers de construction sur le domaine public maritime (côtes) le temps de vérifier leur conformité​. Cette décision a mis à l’arrêt des projets immobiliers littoraux potentiellement illégaux et en violation des normes environnementales. Une commission d’audit des titres fonciers côtiers a été créée, marquant la volonté de protéger le littoral de la bétonisation sauvage.

L’aménagement urbain durable figure également dans le discours : le gouvernement promet de revoir les plans directeurs des grandes agglomérations (Dakar, Thiès, Mbour, etc.) pour mieux organiser l’urbanisme, intégrer les transports en commun et éviter les inondations chroniques. Quelques actions concrètes ont été engagées : des études ont été lancées pour un schéma directeur de Grand Dakar intégrant logements sociaux et espaces verts, le projet de pôles urbains régionaux a été relancé afin de déconcentrer l’attractivité économique hors de Dakar, et une réforme du code de l’urbanisme a débuté pour clarifier les procédures de lotissement.

Toutefois, ces chantiers structurels en sont aux phases préparatoires. Sur le terrain, les Sénégalais ont surtout constaté la continuité des infrastructures visibles (routes, ponts, trains) et le ralentissement de certains projets non-essentiels le temps de la revue générale. Par exemple, le très coûteux projet de hub administratif de Diamniadio a été mis en veille d’évaluation, afin de prioriser des investissements jugés plus urgents (écoles, centres de santé dans les régions).

En somme, le bilan infrastructurel du gouvernement Faye combine des accomplissements notables (accélération des projets JOJ, extension des services de base dans les zones défavorisées) et une orientation plus équilibrée du développement territorial, mais aussi des défis persistants (bouclage du financement des grands projets sans creuser la dette, maîtrise de l’urbanisation galopante de Dakar, etc.). Les experts estiment que si la croissance annoncée se confirme grâce au pétrole/gaz, le Sénégal pourra simultanément moderniser ses infrastructures structurantes et améliorer le quotidien des populations, à condition de maintenir une gestion rigoureuse et inclusive des projets​.

  1. Politique énergétique et environnementale

5.1. Transition énergétique et souveraineté

Sur le front de l’énergie, le gouvernement navigue entre deux impératifs : exploiter les nouvelles ressources fossiles pour le développement économique et préparer la transition vers des énergies plus propres. Le président Faye a clairement affiché la priorité de la souveraineté énergétique. Il a chargé son ministre du Pétrole et des Mines de renégocier tous les contrats pétroliers et gaziers jugés désavantageux, « pour les aligner sur l’intérêt public »​. Cette renégociation dépend étroitement des audits lancés dès le lendemain de l’investiture dans le secteur extractif​.

En particulier, les conditions d’exploitation du gaz Grand Tortue Ahmeyim (offshore avec la Mauritanie) et du pétrole de Sangomar par des compagnies étrangères (BP, Woodside…) sont passées au crible. L’ambition est d’augmenter la part des revenus de l’État et de renforcer les retombées locales (contenu local, emplois). Pour autant, malgré les discours en faveur du climat, il n’est pas question de freiner l’essor de l’industrie pétrogazière naissante au nom de la réduction des émissions​.

Le Sénégal compte sur ces hydrocarbures pour financer son développement : le Premier ministre Sonko l’a assumé, expliquant que le pays doit utiliser cette manne comme levier de transformation économique​. En parallèle, le gouvernement promet d’accélérer les investissements verts. Le programme énergétique inclut un volet renouvelables avec le déploiement de nouvelles centrales solaires (par exemple à Touba et Kahone) et éoliennes, ainsi que la modernisation du réseau pour intégrer ces sources intermittentes.

Le ministre de l’Énergie a annoncé fin 2024 un objectif de 40 % d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2030, tout en soulignant que le mix ne saurait être dicté de l’extérieur​. Dakar a ainsi pris l’engagement d’adhérer à un Partenariat pour une transition énergétique juste, soutenu par des pays développés, afin de mobiliser 2,5 milliards € en faveur du verdissement du secteur électrique. Cet engagement devrait être entériné lors des grandes conférences climatiques, ce qui reflète la volonté du Sénégal de s’imposer comme un modèle de transition en Afrique.

Concrètement, dès 2025, une enveloppe de l’Union européenne et de la France doit appuyer l’électrification rurale bas-carbone (mini-réseaux solaires) et la conversion de certaines centrales du fioul vers le gaz (moins émetteur). Ici encore, la ligne de crête du gouvernement est d’allier pragmatisme et ambition verte : utiliser le gaz domestique comme énergie de transition (pour réduire les coûteuses importations de fuel et charbon) tout en bâtissant progressivement un parc renouvelable conséquent.

Les ONG environnementales restent vigilantes et soulignent que les plans gouvernementaux privilégient encore la mécanisation agricole et l’usage des engrais chimiques, fortement consommateurs d’énergie fossile, au détriment d’une transition vers l’agroécologie à grande échelle. Elles appellent le pouvoir à mieux concilier sa stratégie d’industrialisation avec les impératifs climatiques globaux.

5.2. Protection de l’environnement et ressources naturelles

Le Sénégal de Faye fait face à d’importants défis environnementaux exacerbés par le changement climatique : désertification au nord, érosion côtière à l’ouest, salinisation des terres et raréfaction des poissons​. Durant la campagne, ces thèmes ont été relativement discrets, mais le nouveau président – qui vient d’un milieu rural – a intégré dans son programme quelques mesures d’adaptation. En agriculture, on note des initiatives pour la diversification des cultures (afin de réduire la monoculture d’arachide), la création d’un Observatoire du monde rural chargé d’alerter les agriculteurs en cas d’aléas climatiques (sècheresse, inondations)​, ainsi que la promotion du « consommer local ».

Ces orientations vont dans le sens d’une plus grande résilience climatique, estiment des experts, mais devront être concrétisées et amplifiées​. En effet, certains choix parallèles – comme continuer à subventionner massivement les engrais chimiques ou encourager la motorisation agricole sans précaution – semblent en contradiction avec l’objectif d’agriculture durable prôné par les scientifiques​. Le gouvernement devra préciser sa stratégie agroécologique s’il veut réellement préserver la fertilité des sols à long terme.

Sur le littoral et la mer, l’action la plus remarquée a été la lutte contre la surpêche. Comme mentionné, Faye a décidé de réserver les 12 milles nautiques aux pêcheurs artisanaux, ce qui a contraint les chalutiers industriels à s’éloigner des côtes. Il a également promis de rediscuter les accords de pêche UE pour mieux protéger les stocks halieutiques et obtenu le déploiement de récifs artificiels afin de favoriser la reproduction des poissons​. Les spécialistes saluent ces mesures comme des pas importants pour reconstituer des écosystèmes marins durement touchés (les captures de certaines espèces ont chuté de moitié en 20 ans). Toutefois, ils soulignent qu’il faudra un suivi strict : la réussite dépendra de la capacité à faire respecter les restrictions (lutte contre la pêche illégale) et à renforcer les moyens techniques des pêcheurs locaux, sans quoi la diminution des licences étrangères pourrait n’avoir qu’un effet limité​.

En matière de biodiversité terrestre, le gouvernement a promis d’étendre les aires protégées et de lutter contre la déforestation (notamment en Casamance). La participation active du Sénégal à l’initiative de la Grande Muraille Verte sahélienne se poursuit, avec des campagnes annuelles de reboisement. De plus, Faye a insisté sur la « santé des écosystèmes » dans une approche Une Seule Santé, reliant la protection de la nature à celle des communautés humaines​. Des projets pilotes d’agroforesterie et de conservation des mangroves ont été relancés en collaboration avec des ONG locales.

Globalement, le bilan environnemental après un an montre une prise de conscience progressive au sommet de l’État : ce qui était un angle mort de la campagne tend à devenir un volet non négligeable de l’action publique. La nomination en 2024 d’un ministre de l’Environnement engagé (un ancien cadre d’ENDA Pronat) et l’intégration de la dimension climatique dans la Vision Sénégal 2050 confirment cette évolution. Cependant, les critiques estiment que les investissements “verts” demeurent modestes comparés aux dépenses engagées dans les hydrocarbures ou les infrastructures classiques.

Le président Faye a beau proclamer vouloir « épargner aucun effort pour l’unité africaine et l’indépendance nationale » y compris sur le plan environnemental​, il devra arbitrer entre des intérêts parfois divergents : par exemple, autoriser ou non de nouvelles explorations minières dans des zones écologiquement sensibles (le débat se pose pour le zircon de Casamance). Pour l’heure, la feuille de route environnementale se précise : freiner les abus (pêche prédatrice, constructions illégales), adapter l’agriculture et capitaliser sur la transition énergétique juste. Le véritable test sera la mise en œuvre soutenue de ces politiques sur le moyen terme, au-delà de l’effet d’annonce.

  1. Relations internationales et diplomatie

6.1. Positionnement régional et panafricain

Le changement de leadership à Dakar a eu des répercussions notables sur l’orientation diplomatique du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye, dans son discours d’investiture, a juré de défendre « l’indépendance nationale » et de travailler à « l’unité africaine »​. Ce credo panafricaniste s’est traduit symboliquement par le changement de nom du ministère des Affaires étrangères, rebaptisé Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères​.

L’accent est mis sur la coopération régionale : le Sénégal version Faye veut renforcer la CEDEAO et l’Union africaine, et privilégier le règlement africain des crises africaines. Par exemple, lors du sommet extraordinaire sur le Niger (coup d’État de 2023), Dakar, autrefois aligné sur une ligne dure sous Macky Sall, a adopté une posture plus nuancée en privilégiant le dialogue et une solution négociée. De même, les relations avec les voisins jadis froides (Mali, Guinée) montrent des signes de dégel : les nouveaux dirigeants de ces pays, hostiles à l’ordre régional ancien, voient d’un bon œil l’arrivée d’un pouvoir sénégalais moins inféodé aux puissances occidentales.

Faye a ainsi rétabli des canaux de discussion avec Bamako et Conakry, en mettant l’accent sur la solidarité sahélienne pour renforcer la lutte antiterroriste et la stabilité sous-régionale. Son gouvernement a aussi intensifié les échanges avec la Gambie et la Mauritanie (coopération transfrontalière et énergétique, notamment pour le gaz offshore commun). Ce repositionnement afro-centré vise à asseoir le Sénégal en leader régional progressiste, aux côtés d’autres figures du renouveau politique africain.

Sur la scène continentale, le président sénégalais soutient activement l’agenda 2063 de l’UA et plaide pour une représentation accrue de l’Afrique dans la gouvernance mondiale (il appuie par exemple la demande d’un siège de l’UA au G20, obtenue en 2023, et la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU).

6.2. Alliances et nouveaux partenariats

Tout en réaffirmant son ancrage africain, le Sénégal de Faye n’entend pas rompre ses alliances traditionnelles, mais souhaite les rééquilibrer sur la base du respect mutuel. « Le Sénégal restera l’allié sûr et fiable de tout pays… respectueux », a déclaré le nouveau président après son élection​. Ce message s’adressait tant aux partenaires occidentaux (France, UE, États-Unis) qu’aux puissances émergentes (Chine, Turquie, pays du Golfe).

En pratique, la coopération militaire avec la France et les États-Unis se poursuit (exercices conjoints, base française de Ouakam maintenue), mais Dakar affiche une plus grande autonomie de ton. Par exemple, le gouvernement a exprimé sa volonté d’autonomie monétaire vis-à-vis du Trésor français : le ministre de l’économie Abdourahmane Sarr a appelé à plus d’indépendance pour la BCEAO (banque centrale de l’Union ouest-africaine) et à une politique monétaire plus adaptée aux besoins locaux​. Cela s’inscrit dans le projet à moyen terme de la monnaie ECO ou d’une réforme du franc CFA, en coordination avec les autres pays de l’UEMOA.

Sur le plan économique, le Sénégal cherche à diversifier ses investisseurs et alliés. En octobre 2024, le président Faye s’est rendu au forum d’affaires de Riyad (FII) où il a présenté la Vision Sénégal 2050 axée sur industrialisation, infrastructures et transition énergétique, et a invité les investisseurs internationaux (notamment saoudiens) à y prendre part​. Cette ouverture proactive vers le Moyen-Orient a déjà débouché sur des promesses d’investissements saoudiens et émiratis dans l’agro-industrie et la logistique au Sénégal.

De même, Dakar renforce ses liens avec la Turquie (chantier de coopération portuaire), la Chine (infrastructures et importation d’arachide, bien que Faye veuille rééquilibrer les termes de cet échange) et le Maroc (partenariats dans la formation professionnelle). Avec l’Union européenne, les relations demeurent bonnes mais sur un nouveau pied d’égalité : la révision des accords de pêche en est un exemple concret, et l’UE a par ailleurs accueilli favorablement les efforts anticorruption de Faye en promettant un soutien technique.

L’administration Faye-Sonko mise aussi sur sa diaspora comme relai diplomatique et économique. L’émission de diaspora bonds​, en plus d’un outil financier, est un moyen d’engager la diaspora dans le développement national et de renforcer les liens entre le Sénégal et ses ressortissants à l’étranger (quelque 3 à 4 millions de personnes). Le ministère des Sénégalais de l’extérieur a été rattaché à la présidence pour accentuer cette priorité.

6.3. Impact sur les politiques nationales

La nouvelle diplomatie a déjà des répercussions internes. Par exemple, la quête de financements alternatifs via le Golfe a permis de nouer des accords qui alimenteront des projets sociaux (un fonds koweïtien finance actuellement des forages dans le nord, suite à des discussions entamées en 2024). Le positionnement panafricaniste, lui, conforte la légitimité du gouvernement auprès d’une jeunesse sénégalaise sensible aux discours de souveraineté et de dignité.

En revanche, ce positionnement peut parfois inquiéter les milieux économiques traditionnels : certaines entreprises françaises ou occidentales s’interrogent sur la pérennité de leur accès au marché sénégalais. Jusqu’ici, Faye a veillé à ne pas envoyer de signal négatif aux investisseurs étrangers établis ; au contraire, il les a rassurés sur la stabilité des affaires tout en insistant qu’il n’hésiterait pas à défendre les intérêts du pays en cas de contrat léonin. Dans les faits, aucune expropriation ni rupture unilatérale de contrat n’a eu lieu pendant cette première année, malgré la rhétorique parfois sourcilleuse.

Un équilibre semble se dessiner : le Sénégal veut “décoloniser” sa politique étrangère sans tomber dans l’isolement. Il se pose en partenaire indépendant, capable de dire non (par ex. vote à l’ONU où Dakar a maintenu une ligne non-alignée sur certains dossiers) mais aussi en allié actif lorsqu’il s’agit de principes partagés (démocratie, lutte contre le terrorisme, climat). À ce titre, Faye a soutenu sur la scène internationale des causes panafricaines comme la lutte pour la restitution des avoirs illicitement placés à l’étranger ou l’annulation de la dette africaine – des thèmes qui rejoignent ses politiques internes d’assainissement financier et de justice sociale.

En résumé, après un an de pouvoir, le bilan diplomatique du gouvernement Faye se caractérise par un rééquilibrage des partenariats (moins de dépendance vis-à-vis de l’ancienne métropole, plus d’ouverture vers d’autres horizons)​, et par une mise en cohérence de la politique extérieure avec le projet national de souveraineté. Cela a globalement renforcé l’image du Sénégal sur la scène africaine, où il apparaît désormais comme un acteur de la nouvelle vague de dirigeants soucieux de « refonder le pacte post-colonial ». Les défis demeurent de préserver les investissements et l’aide précieuse des partenaires traditionnels tout en affirmant une voix autonome. Mais aux yeux de nombreux observateurs, Dakar réussit pour l’instant à rester ce « partenaire fiable » qu’il revendique, sans renier l’esprit de changement qui l’a porté au pouvoir​

  1. Conclusion

Le nouveau gouvernement sénégalais affiche un bilan contrasté mais non négligeable après un an d’exercice. Parmi les avancées, on compte la restauration de la transparence budgétaire, des mesures pro-pouvoir d’achat et anti-corruption, la remise en marche des institutions (avec une solide majorité parlementaire) et une diplomatie plus affirmée. La croissance économique s’annonce vigoureuse grâce aux ressources naturelles, et l’exécutif a posé des jalons pour que ces richesses profitent davantage au pays​.

Cependant, les défis sont tout aussi clairs : redresser des finances exsangues sans briser l’élan social, concrétiser les réformes légales promises, satisfaire des attentes populaires énormes en matière d’emploi, de services publics et de gouvernance exemplaire. Les critiques pointent la lenteur ou l’absence de certains changements annoncés (loi sur les lanceurs d’alerte retardée, nominations controversées, résultats tangibles des audits encore attendus), ainsi qu’un risque de dérives autoritaires malgré le vernis démocratique (accaparement de tous les pouvoirs par le parti au pouvoir).

Néanmoins, au regard de l’ampleur des obstacles hérités, la coalition Faye-Sonko a su éviter l’instabilité et maintient le cap de son projet de « Sénégal nouveau, souverain, juste et prospère », selon ses propres termes​. La deuxième année de mandat sera décisive pour transformer l’essai : il lui faudra accélérer la mise en œuvre des réformes socio-économiques et institutionnelles, tout en continuant de fédérer les énergies (administration, secteur privé, partenaires extérieurs) autour de sa vision stratégique. Les Sénégalais, de leur côté, continueront d’exercer leur vigilance citoyenne pour que le changement promis reste au service du peuple, dans la tradition d’une démocratie sénégalaise vivante et exigeante.

Dr. Abdourahmane Ba
Expert en Développement International, Évaluation des Politiques publiques, Suivi et Évaluation de Programmes

NB. Toute utilisation ou reproduction de tout ou partie de ce texte doit au préalable recevoir l’autorisation de l’auteur. Envoyez vos requêtes à
Dr. Abdourahmane Ba, aba@inform-africa.com, ou rahurahan@gmail.com

Accidents routiers : la Gendarmerie dresse son bilan pour 2024

La Gendarmerie nationale a présenté ce mercredi son bilan annuel pour 2024, mettant en évidence une augmentation préoccupante des accidents de la route, notamment ceux impliquant des motos. Selon les statistiques fournies, les accidents de motos ont augmenté de 3 % par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre de décès liés à ces accidents a progressé de 6 %.

Au total, 5 212 accidents ont été recensés sur l’ensemble du territoire sénégalais en 2024. Ces accidents ont entraîné 687 décès et 8 547 blessés, un bilan qui témoigne de l’ampleur du problème et de la nécessité d’une réaction rapide et efficace des autorités.

La capitale, Dakar, demeure la région la plus touchée par ces accidents, avec 2 841 cas enregistrés. La forte densité du trafic urbain, le non-respect du code de la route et l’augmentation du nombre de mototaxis sont des facteurs qui contribuent à cette situation. Les régions de Thiès et Saint-Louis, bien que moins peuplées que Dakar, ne sont pas épargnées. Thiès a enregistré 431 accidents et Saint-Louis 257. Ces chiffres, bien qu’inférieurs à ceux de la capitale, révèlent que l’insécurité routière est un problème national qui touche aussi bien les centres urbains que les zones périphériques et rurales.

L’augmentation des accidents, notamment ceux impliquant des motos, est une source d’inquiétude majeure pour la Gendarmerie nationale. De nombreux facteurs expliquent cette tendance, notamment l’imprudence des conducteurs, l’état dégradé des infrastructures routières et le non-respect des règles de circulation. Face à cette situation, la Gendarmerie appelle à une prise de conscience collective et insiste sur la nécessité de renforcer les contrôles routiers, d’intensifier les campagnes de sensibilisation et de mettre en place des mesures plus strictes pour limiter les excès de vitesse et le non-port du casque.

Les experts en sécurité routière recommandent plusieurs actions pour inverser cette tendance. Le renforcement des sanctions contre les infractions routières, notamment le non-port du casque et l’excès de vitesse, est une priorité. L’amélioration des infrastructures routières, avec la réhabilitation des routes endommagées et la mise en place d’une meilleure signalisation, est également essentielle. Une régulation plus stricte du transport en deux-roues, notamment par l’obligation d’enregistrement des motos et une meilleure formation des conducteurs, pourrait réduire les risques. Par ailleurs, l’intensification des campagnes de sensibilisation est cruciale pour encourager une conduite plus responsable.

“Gestion de Djibril Sonko à Ziguinchor : Le FRAPP dénonce un bilan désastreux”

Il y a quelques mois, Djibril Sonko, adjoint, remplaçait Ousmane Sonko à la tête de la Mairie de Ziguinchor. Cependant, sa gestion a été dénoncée par le collectif Frapp de Ziguinchor. 

Dans un communiqué reçu à Seneweb, Frapp reproche à l’édile de la ville d’avoir trahi la population de Ziguinchor. Les activistes ont même énuméré 8 points qui, selon eux, traduisent l’échec du maire Djibril Sonko. Voici l’intégralité de leur communiqué. 

« Le Maire de Ziguinchor, un échec pour les attentes des populations !

La population de Ziguinchor, qui a porté haut le parti PASTEF Les Patriotes, se sent trahie par l’inaction et le manque de résultats visibles de la gestion de Monsieur Djibril Sonko à la tête de la mairie. Après avoir dressé un état des lieux, il est évident que rien n’a changé depuis son arrivée, et il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme.

Nous rappelons au Maire Djibril Sonko que les attentes des populations sont immenses, et que leur patience a atteint ses limites. Si vous n’avez pas les compétences requises pour gérer efficacement cette mairie, il serait judicieux d’en tirer les conclusions et de remettre cette institution à des mains plus compétentes.

Un maire se doit de travailler en équipe pour le bien-être de ses administrés. Or, votre méfiance envers vos adjoints a rendu leur présence inutile, et vous semblez ignorer qu’une commune ne se gère pas de manière unilatérale.

Voici quelques points qui traduisent l’échec criant de votre gestion :

1. Le marché Saint-Maure en inondation chronique, affectant les commerçants et les riverains,

2. Le mur de clôture du cimetière de Santhiaba délabré, un mépris pour la mémoire des défunts,

3. La question des lotissements suspendus, pénalisant les habitants en quête de logement,

4. Le manque d’éclairage public dans plusieurs quartiers, compromettant la sécurité des citoyens,

5. L’absence de grands travaux structurants, qui auraient dû être amorcés pour le développement de la ville,

6. Les délégations de signature non attribuées, paralysant le fonctionnement administratif,

7. Le mur de clôture de l’école Boulotte Est délabré, mettant en danger les élèves,

8. Les inondations persistantes à Belfort, un problème non résolu malgré les nombreuses alertes.

La population de Ziguinchor est en droit de se demander : où passe le budget de la commune ?

En conclusion, il apparaît clairement que Monsieur Djibril Sonko n’a ni la compétence ni la volonté de répondre aux aspirations des Ziguinchorois. Nous exigeons une gestion transparente, efficace et au service des habitants. Il est temps que cela change !

Le FRAPP Ziguinchor reste mobilisé pour défendre les intérêts des populations.

Cheikh SY Almakhtoum Coordonnateur FRAPP Ziguinchor »

Bambey : Assane Dia dresse son bilan et annonce des projets ambitieux d’ici 2027

Le Maire de Bambey, Assane Dia, se distingue par sa modestie, sa simplicité et son exemplarité dans ses relations humaines. Gestionnaire et auditeur de profession, son expérience et sa rigueur se reflètent dans sa gestion municipale. Fidèle à une démarche de transparence et de bonne gouvernance, il a présenté son bilan à mi-parcours après deux ans et quelques mois de mandat (février 2022 à décembre 2024).

L’objectif de cet exercice est de mettre en lumière les réalisations majeures dans divers secteurs, de partager les perspectives pour la suite de son mandat, et de renforcer l’engagement de la municipalité envers les citoyens de Bambey.

Une approche participative dès le début
Dès sa prise de fonction, après son installation par Madame le Préfet, Assane Dia s’est immédiatement engagé dans une démarche d’écoute active en allant à la rencontre des doléances des populations. Selon lui, cette approche est une exigence de la démocratie moderne.

Le maire a précisé que le programme de travail mis en œuvre à Bambey repose sur une démarche participative. « Conçu avec les Bambeyois et pour les Bambeyois, ce programme place l’humain au cœur de nos priorités », a-t-il ajouté.

Réalisations notables (février 2022 – décembre 2024)

  1. Infrastructures et urbanisme :
    • Construction du mur de clôture de la gare routière et de 8 blocs sanitaires (8 millions FCFA).
    • Réfection du marché de bétail (daral) et construction de 8 autres blocs sanitaires au marché central (10 millions FCFA).
    • Remblayage et curage des voiries pour prévenir les inondations.
    • Organisation de campagnes de reboisement avec le soutien des services des eaux et forêts et de la population.
  2. Éducation :
    • Réfection de deux écoles maternelles pour un montant de 5 millions FCFA.
    • Construction de quatre salles de classe (24 millions FCFA) dans deux écoles élémentaires.
    • Dotation annuelle de fournitures scolaires (10 millions FCFA) et appui financier pour le désherbage des écoles.
    • Réhabilitation de l’école Cheikh Awa Mballa Mbacké (24 millions FCFA).
    • Recrutement d’un enseignant pour le nouveau daara moderne de Wakhaldiam.
    • Soutien aux amicales estudiantines (2 millions FCFA).
  3. Sport et culture :
    • Subvention annuelle des ASC (7 millions FCFA).
    • Avancées sur les travaux du stade départemental, désormais accessible à la jeunesse.
    • Organisation de la Coupe du Maire, avec une forte mobilisation.
  4. Santé :
    • Dotation d’une ambulance médicalisée.
    • Recrutement de personnel soignant et acquisition d’équipements médicaux (radioscopie, bloc opératoire en cours de finalisation).
    • Projet de construction d’un hôpital de niveau 2 ou 3, en collaboration avec le ministère de la Santé.
  5. Environnement et cadre de vie :
    • Réalisation de 11 km de routes bitumées (3 km déjà achevés, coût total : 794 millions FCFA).
    • Construction d’une Maison de la Jeunesse (1,2 milliard FCFA).
    • Extension de 12 km de réseau d’eau dans les quartiers périphériques (405 millions FCFA).
    • Aménagement de la Place de l’Indépendance (10 millions FCFA) et des marchés secondaires.
  6. Volet social :
    • Appui régulier lors des grandes fêtes religieuses et traditionnelles.
    • Soutien inconditionnel à la population lors des moments difficiles, renforçant la proximité entre le maire et ses concitoyens.

Perspectives pour 2027
Assane Dia a annoncé des projets structurants pour la seconde moitié de son mandat :

  • Finalisation de l’hôpital de niveau 2 ou 3 dès 2025.
  • Pavage des abords du marché central.
  • Acquisition de camions de vidange pour renforcer le système d’assainissement.
  • Création d’une nouvelle école élémentaire.
  • Lancement d’un partenariat avec EDK pour la création d’une structure générant plus de 200 emplois pour les jeunes de Bambey.

Avec cette vision claire et des actions concrètes, Assane Dia s’impose comme une figure majeure de l’histoire de Bambey.

Le Président Macky Sall : un bilan exemplaire face aux critiques injustes ! (Par Ibrahima Baba Sall)

Depuis l’élection présidentielle du 24 mars 2024, les tenants actuels du pouvoir, élus avec 54,7 % des voix dès le premier tour, n’ont de cesse de critiquer l’ancien Président Macky Sall et son régime. Tout ceci cache mal leur incapacité à traduire en actes concrets leurs promesses électorales.
En effet, devant la réalité politique, ils ont du mal à s’adapter à l’exercice du pouvoir.
Ainsi, pour trouver des justifications à leurs difficultés à faire tourner la machine, ils s’en prennent honteusement et maladroitement au président Macky Sall et à son régime.
Pourtant, il est crucial de rappeler que le bilan de Macky Sall après douze années de gouvernance est exceptionnel et mérite des applaudissements nourris et des félicitations à la place de ces critiques insensées.

Un Bilan Infrastructurel Sans Précédent
Sous la présidence de Macky Sall, le Sénégal a connu une transformation infrastructurelle inédite. En seulement douze ans, le pays a vu la réalisation de projets d’infrastructures de dernière génération dans de nombreux domaines :
•    Santé : Construction et rénovation d’hôpitaux modernes, dotés d’équipements de pointe, permettant un accès plus large et de meilleure qualité aux soins de santé.
•    Éducation : Édification de nouvelles écoles, lycées et universités, accompagnées de programmes éducatifs innovants, renforçant l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants sénégalais.
•    Sport : Mise en place d’infrastructures sportives de haut niveau, dont le stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, le Complexe Arena, l’arène nationale pour la lutte, la réhabilitation des stades régionaux, permettant de promouvoir le sport à tous les niveaux et de mieux préparer les équipes sénégalaises aux compétitions internationales. C’est ce qui nous a valu notre premier trophée en coupe d’Afrique des nations remporté avec brio par notre équipe nationale de football lors de la CAN de 2021 jouée au Cameroun.
•    Transports : Développement de réseaux routiers et de transport en commun, incluant des autoroutes, ponts et autoponts, le TER et le BRT, facilitant ainsi la mobilité et stimulant l’économie.
•    Culture et Environnement :Promotion des initiatives culturelles et environnementales pour préserver le patrimoine sénégalais et lutter contre les effets du changement climatique.

Une Politique Sociale Équitable
Le Président Macky Sall a également œuvré avec détermination pour l’équité sociale et territoriale. Sa politique a permis de réduire les inégalités entre les différentes couches sociales et de favoriser un développement équilibré entre les régions. Des programmes d’aide sociale et de soutien aux familles vulnérables tels que les Bourse familiales ou la carte d’égalité des chances ont été mis en place, contribuant à améliorer les conditions de vie de nombreux Sénégalaises et Sénégalais. 

Les Promesses Non Réalisées des Nouveaux Dirigeants
Les nouvelles autorités, qui ont pris le relais avec des promesses mirobolantes, doivent maintenant prouver leur capacité à tenir leurs engagements. Parmi ces promesses, on trouve:
•    Réduction du coût de la vie : Une attente cruciale pour les Sénégalais qui subissent les effets de l’inflation.
•    Appel à candidature aux postes de directeurs généraux : Une mesure censée promouvoir la transparence et la méritocratie dans l’administration publique.
•    Suppression des fonds politiques de la Présidence de la République :Une promesse visant à réduire les dépenses inutiles et à favoriser une gestion plus transparente des ressources publiques.
Il est temps pour eux de s’attaquer aux véritables problèmes du pays et de prouver qu’ils sont à la hauteur des attentes des électeurs.

Une Fierté Nationale et Internationale
Le Président Macky Sall reste une fierté pour le Sénégal, l’Afrique et le monde entier. Son leadership et ses réalisations ont placé le Sénégal sur la voie du développement durable et de la modernisation. Plutôt que de critiquer son héritage, les nouvelles autorités devraient s’inspirer de ses succès pour poursuivre le progrès et le bien-être du peuple sénégalais.
En conclusion, défendre le bilan de Macky Sall, c’est reconnaître les avancées significatives qu’il a apportées au Sénégal. Les critiques injustes des nouveaux dirigeants ne doivent pas ternir l’héritage d’un président qui a travaillé avec acharnement pour son pays, et par ricochet l’image du Sénégal sur la scène internationale. Les défis sont nombreux, et il appartient aux nouvelles autorités de prouver leur capacité à les relever, tout en respectant et en bâtissant sur les bases solides établies par   Président Macky Sall.
Monsieur le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Monsieur le Premier ministre Ousmane Sonko, mettez en œuvre votre « projet », si tant est qu’il existe réellement !

Ibrahima Baba SALL
Premier Vice-président de l’Assemblée nationale
Député Maire de Bakel.

Intempéries au Kenya : Des Inondations Catastrophiques et un Bilan Humain Alourdi

Le Kenya est confronté à une crise humanitaire majeure alors que les intempéries climatiques ont provoqué des inondations dévastatrices à travers le pays, laissant derrière elles un lourd tribut en vies humaines et en destructions matérielles. Selon le ministère de l’Intérieur, le bilan actuel fait état de 188 personnes décédées, tandis que 90 autres sont encore portées disparues, plongeant ainsi de nombreuses familles dans l’incertitude et la douleur.

Les pluies diluviennes, qui ont commencé en mars avec le début de la saison des pluies, ont engendré des conditions météorologiques extrêmes, submergeant des routes, endommageant des infrastructures essentielles et inondant des communautés entières. Les villages ont été engloutis par les eaux, forçant des milliers de personnes à abandonner leurs foyers et à rechercher un refuge sûr.

Même le célèbre parc national du Masaï Mara, joyau du tourisme kényan, n’a pas été épargné. Les touristes ont été bloqués en raison de l’inondation d’un affluent de la rivière Mara, mettant ainsi en péril l’industrie touristique locale et les moyens de subsistance qui en dépendent.

Face à cette crise humanitaire, les autorités ont émis des ordres d’évacuation dans les zones à risque, forçant près de 165 000 résidents à quitter leurs foyers pour leur sécurité. Cependant, la réponse gouvernementale a été critiquée pour sa lenteur, en particulier dans les quartiers défavorisés de Nairobi, où les populations ont été durement touchées par les inondations.

Les organisations de défense des droits humains, telles que Human Rights Watch, ont appelé à une action gouvernementale plus proactive, soulignant l’importance d’adopter des mesures préventives conformes au plan national de réponse au changement climatique. Il est crucial de protéger les communautés vulnérables et de renforcer la résilience face aux événements climatiques extrêmes.

Malgré ces appels à l’action, les prévisions météorologiques annoncent la poursuite des fortes pluies, ce qui suscite des inquiétudes quant à de nouveaux dégâts et à une aggravation de la situation déjà critique. Dans ce contexte, il est impératif que les autorités intensifient leurs efforts pour assurer la sécurité et le bien-être des populations touchées, tout en prenant des mesures efficaces pour faire face aux défis posés par le changement climatique.

Le Parti Socialiste (PS) : Entre Bilan et Perspectives d’Avenir

Après la récente élection présidentielle du 24 mars, le Parti Socialiste (PS) a tenu sa première réunion du Secrétariat exécutif national (SEN) pour évaluer la situation et discuter des perspectives futures, selon Les Échos.

Lors de cette réunion, les responsables socialistes ont examiné les questions relatives aux perspectives du parti, notamment son avenir au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY). Selon les informations rapportées, la majorité des intervenants ont exprimé l’opinion que Benno Bokk Yakaar est moribond, mais que le PS ne devrait pas être le premier parti à le quitter.

Il a été convenu de maintenir le contact avec la coalition en participant à ses activités, tout en mettant l’accent sur le renforcement du parti socialiste lui-même. À cet égard, un grand séminaire ouvert aux coordonnateurs est prévu, afin que la commission chargée d’évaluer la participation du PS à l’élection présidentielle puisse présenter ses conclusions et tracer de nouvelles perspectives pour le parti.

Un responsable, sous couvert d’anonymat, a révélé qu’il était envisagé de confier la direction du parti aux jeunes, avec le soutien des anciens, d’ici à 2029. Cette décision témoigne de la volonté du PS de rajeunir ses instances dirigeantes et de s’adapter aux évolutions de la société.

Par ailleurs, Les Échos rapporte que les retrouvailles avec l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, et ses partisans sont en bonne voie. Cette démarche pourrait marquer un tournant dans la vie politique sénégalaise, en renforçant l’unité au sein de l’opposition.

En somme, le PS se trouve à un moment charnière de son histoire, entre bilan des dernières élections et réflexion sur les orientations futures. Les décisions prises lors de cette réunion pourraient façonner le paysage politique sénégalais dans les années à venir.

SENEGAL-GOUVERNEMENT-BILAN / Aliou Sow dresse le bilan de son passage au département de la Culture

Lors de la passation de service avec la nouvelle ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Khady Diène Gaye, Aliou Sow, ministre sortant de la Culture et du Patrimoine historique, a dressé un bilan positif de son mandat, mettant en avant les réalisations qui ont contribué au rayonnement culturel du Sénégal sur la scène internationale.

Aliou Sow s’est dit fier du chemin parcouru et des réalisations accomplies pendant son mandat. Il a souligné que le budget alloué au département de la Culture a presque doublé entre 2012 et 2023, avec une évolution de 98%, et un taux de croissance annuel moyen de 5,84%. Cette augmentation budgétaire a permis d’élargir le champ d’action du ministère pour toucher et impacter tous les segments de l’écosystème culturel.

Dans le domaine des infrastructures culturelles et des lieux de diffusion, Aliou Sow a mis en avant les efforts déployés pour mettre aux normes les structures existantes et diversifier les contenus des espaces culturels. Il a également mentionné la réalisation du projet de construction du mémorial Bateau Le Joola, après plusieurs années de ralentissement des travaux.

Le Festival national des arts et de la culture a également été revitalisé sous sa direction, avec une montée en gamme significative. De plus, Aliou Sow a initié la première édition du Gala Gaïnde des séries sénégalaises, visant à primer les meilleures productions audiovisuelles et les meilleurs acteurs des séries.

Au niveau du soutien financier aux projets culturels, le ministre sortant a souligné que 53 projets ont été financés par le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA), pour un montant de plus de 2 milliards de FCFA. De même, le Fonds de développement des cultures urbaines (FDCU) a connu une mutation juridique et institutionnelle, avec un budget augmenté et une autonomie de gestion accrue.

En tout, 165 projets des cultures urbaines ont reçu un appui du FDCU, pour un montant total de 600 millions de FCFA, démontrant l’engagement du ministère dans le soutien et la promotion des industries culturelles et créatives.

Aliou Sow quitte ses fonctions avec le sentiment du devoir accompli, ayant contribué de manière significative au développement et à la promotion de la culture au Sénégal, et laissant un héritage culturel solide pour les générations futures.

« Attaque en Mauritanie : Bilan tragique de l’incursion de l’armée malienne et de Wagner »

Une incursion menée par des soldats de l’armée malienne et des mercenaires russes du groupe Wagner sur le territoire mauritanien, le dimanche 7 avril, a laissé un lourd bilan humain, avec trois civils blessés par balles, selon des sources de RFI. L’opération, réalisée dans le cadre d’une lutte antiterroriste, s’est déroulée dans le village de Madallah, près de Fassala, dans la région du Hodh El Chargui, au sud-est de la Mauritanie.

L’objectif de cette incursion était de traquer des membres de la Katiba Macina du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans), affiliée à al-Qaïda. Selon des témoins locaux, les soldats maliens et les mercenaires russes ont franchi la frontière mauritanienne avant 10 heures du matin et ont immédiatement ouvert le feu dans le village de Madallah.

Trois jeunes civils circulant à moto ont été blessés lors de l’attaque, tandis que des habitations ont également été touchées par les tirs. Quatre individus ont été arrêtés et interrogés par les forces maliennes et Wagner avant d’être relâchés. Les autorités mauritaniennes ont ensuite dépêché des soldats sur place pour rassurer les habitants et les inciter à éviter cette zone frontalière à risque.

Une source sécuritaire malienne a confirmé que l’objectif de l’opération était de neutraliser des terroristes et qu’un nombre indéterminé de jihadistes auraient été tués au cours de l’opération. Cependant, les détails sur les pertes du côté mauritanien restent flous.

Cette incursion souligne les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays de la région du Sahel, où les groupes terroristes opèrent librement à travers les frontières poreuses. La présence de mercenaires étrangers dans ces opérations soulève également des préoccupations quant à la coordination et à la transparence des efforts antiterroristes dans la région.

Amadou Bâ, déterminé à aller au-delà du bilan de Macky Sall, lance sa campagne pour la présidentielle

Le Premier ministre Amadou Bâ a pris la parole lors de son investiture par le parti Synergie pour un Développement Durable (S2S), marquant le 5e anniversaire de l’existence du parti. Dans un discours passionné, il a dévoilé ses ambitions pour la prochaine élection présidentielle, déclarant son intention de surpasser le bilan du président actuel, Macky Sall.

« Ce que le Président a accompli pendant son mandat, que tout le pays magnifie, j’irai encore plus loin. On ira encore avec vous plus loin et plus vite », a déclaré Amadou Bâ, candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY). Cette déclaration audacieuse semble être le point culminant de sa détermination à offrir une vision encore plus ambitieuse pour l’avenir du Sénégal.

Lors de son discours devant les militants réunis en réponse à l’appel du secrétaire général de la S2D, Amadou Bâ a souligné la nécessité de relever le défi de projeter le Sénégal vers des lendemains meilleurs. Il a également rappelé le soutien de son parti, soulignant qu’il disposait d’un bilan solide sur lequel il pourrait s’appuyer.

Il serait beaucoup plus difficile pour nous si nous n’avions rien trouvé de concret. Mais nous savons que le Président Macky Sall a fini de montrer ses preuves en termes de réalisations », a ajouté le Premier ministre, reconnaissant les accomplissements du gouvernement actuel.

Amadou Bâ a également exprimé sa gratitude envers Souleymane Ndiaye, le secrétaire général de la S2D, pour avoir eu l’initiative de l’investir comme candidat du parti. Cette investiture marque un nouveau chapitre dans la carrière politique d’Amadou Bâ, qui semble déterminé à mobiliser un large soutien en vue de la prochaine élection présidentielle.

Alors que la campagne électorale s’intensifie, la compétition promet d’être féroce, avec Amadou Bâ annonçant clairement ses ambitions de dépasser les réalisations de Macky Sall et de conduire le Sénégal vers de nouveaux sommets. Les électeurs attendent avec intérêt de voir comment cette déclaration audacieuse se traduira dans son programme politique et les actions concrètes qu’il entreprendra pour réaliser ses promesses ambitieuses.

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