Dans un contexte marqué par l’examen de quatre projets de loi relatifs à la transparence, à la redevabilité et à la lutte contre la corruption à l’Assemblée nationale, la société civile sénégalaise intensifie ses efforts pour renforcer les capacités de ses membres. Le Consortium des organisations de la société civile (OSC), regroupées au sein du Comité national du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), a ainsi tenu ce vendredi 22 août, à Dakar, un atelier consacré à la formation sur les valeurs et mécanismes du PGO, mais également sur le système de suivi-évaluation et de notation des critères d’éligibilité.
Alfred Bulakali, directeur régional d’Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest, a expliqué l’importance de cette rencontre. Selon lui, l’objectif est non seulement de partager les principes et valeurs du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, mais aussi de permettre aux acteurs de mieux comprendre les outils de suivi et d’évaluation qui conditionnent l’éligibilité du Sénégal dans cette initiative. « Nous sommes réunis ici en tant que communauté de la société civile PGO pour discuter et renforcer nos capacités sur les valeurs et principes du PGO, mais également pour comprendre comment fonctionnent les mécanismes de suivi, d’évaluation et de notation des critères d’éligibilité », a-t-il déclaré.
Lancé en 2011, le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), ou Open Government Partnership (OGP), est une initiative multilatérale visant à promouvoir la transparence, la participation citoyenne, l’intégrité et l’usage des outils numériques dans l’action publique. Le Sénégal y a adhéré en 2018 et en est à son deuxième plan d’action nationale, qui prendra fin en décembre prochain. Ce processus engage l’État et ses partenaires à travailler ensemble pour favoriser une gouvernance plus ouverte et inclusive.
La tenue de l’atelier coïncide avec une période particulièrement cruciale pour le pays, alors que l’Assemblée nationale est en session extraordinaire pour examiner plusieurs projets de loi stratégiques liés à la gouvernance. Pour Alfred Bulakali, cette conjoncture est un signe encourageant. « Tous ces signaux me font dire que nous tenons cet atelier dans un contexte très particulier d’espoir et de satisfaction, car notre plaidoyer en tant que société civile est en train de se concrétiser », s’est-il réjoui, rappelant que la mission de la société civile ne se limite pas à la critique, mais consiste également à formuler des propositions concrètes.
Il a par ailleurs insisté sur le rôle essentiel que devront jouer les organisations citoyennes une fois les réformes adoptées. Leur mission sera de vulgariser ces lois, de veiller à leur mise en œuvre effective et d’accompagner les institutions dans l’appropriation des nouvelles règles par les citoyens. « Demain, lorsque ces lois seront votées, nous devrons jouer un rôle central pour que les institutions étatiques, les citoyens et toutes les parties prenantes puissent se les approprier, afin que l’objectif ultime de transparence, de bonne gouvernance et de participation citoyenne soit atteint », a-t-il conclu.
