Affaire Soya Diagne : le juge accorde une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Doyen des juges d’instruction près le Tribunal de Grande Instance de Dakar a rendu, ce jour, une ordonnance de liberté provisoire en faveur du journaliste Soya Diagne, actuellement placé sous mandat de dépôt. Cette décision marque une évolution notable dans la procédure judiciaire en cours, même si elle demeure encadrée par des conditions particulièrement strictes.

Incarcéré depuis le 16 octobre dernier, Soya Diagne pourrait ainsi quitter prochainement sa cellule. Le magistrat instructeur a en effet estimé opportun de lui accorder une liberté provisoire, assortie toutefois de l’obligation de porter un bracelet électronique. Cette mesure vise à garantir sa disponibilité pour la suite de l’instruction tout en permettant un aménagement de sa détention.

Si cette ordonnance constitue une première avancée significative pour la défense du journaliste, sa mise en œuvre effective n’est pas encore acquise. La sortie de Soya Diagne reste en effet suspendue à la position du ministère public. Conformément aux dispositions légales, le Procureur de la République dispose d’un délai de six jours pour interjeter appel de cette décision. En l’absence d’un recours du parquet dans ce délai, la liberté provisoire deviendra effective et le journaliste pourra recouvrer la liberté, sous les conditions fixées par le juge.

Pour rappel, Soya Diagne avait été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son audition par le Doyen des juges d’instruction au mois d’octobre. Il est poursuivi dans le cadre de cette affaire pour diffusion de fausses nouvelles ainsi que pour discours contraire aux bonnes mœurs. L’instruction se poursuit donc, tandis que cette ordonnance de liberté provisoire ouvre une nouvelle phase dans un dossier qui continue de susciter l’attention de l’opinion publique et du monde des médias.

Santé fragile de Farba Ngom : le Forum du justiciable alerte et demande une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Forum du Justiciable a lancé ce jeudi 28 août 2025 un appel pressant aux autorités judiciaires concernant la situation du député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. L’organisation citoyenne se dit « très préoccupée » par l’état de santé de l’édile, actuellement placé en détention, et alerte sur les risques graves auxquels il est exposé.

Dans un communiqué rendu public, le Forum rappelle que la contre-expertise médicale ordonnée par le Pôle judiciaire financier a confirmé les conclusions du premier rapport. Les spécialistes estiment que la condition physique de Farba Ngom est « incompatible avec la vie carcérale ». Son état présenterait un danger vital immédiat, avec un risque de « mort subite nocturne » si aucune mesure appropriée n’est prise.

S’appuyant sur ces éléments, le Forum du Justiciable plaide pour la mise en liberté provisoire du parlementaire, sous contrôle judiciaire, avec un bracelet électronique afin de concilier la poursuite de la procédure et la préservation de sa vie. « La vie humaine est sacrée », rappelle le Bureau exécutif de l’organisation, qui insiste sur le caractère humanitaire et non partisan de sa démarche.

Pour le Forum, il est impératif que la justice agisse rapidement afin d’éviter que l’« irréparable » ne survienne. L’organisation citoyenne en appelle à la responsabilité des autorités judiciaires et politiques, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une nécessité dictée par des considérations médicales et humanitaires.

Ce nouvel épisode relance le débat autour de la prise en charge des détenus souffrant de pathologies graves et pose la question de l’adaptation des mesures judiciaires aux réalités médicales. Pour Farba Ngom, la balle est désormais dans le camp de la justice, sommée d’arbitrer entre rigueur procédurale et impératif de préservation de la vie.

Haute Cour de Justice : Aïssatou Sophie Gladima obtient la liberté provisoire sous bracelet électronique

La commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a rendu sa décision ce lundi concernant l’affaire impliquant l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima. Après plusieurs semaines de procédures et d’auditions, l’ancienne membre du gouvernement a finalement obtenu la liberté provisoire. Elle devra toutefois rester sous contrôle judiciaire, puisqu’elle est placée sous surveillance électronique par le port d’un bracelet.

Le dossier, communément appelé « dossier Covid-19 », est l’un des volets sensibles des enquêtes ouvertes sur la gestion des fonds destinés à atténuer l’impact de la pandémie. Il porte notamment sur un projet de construction d’un centre gravimétrique à Kédougou, censé bénéficier aux orpailleurs affectés par les restrictions sanitaires. Selon l’accusation, des irrégularités auraient émaillé la passation et l’exécution de plusieurs contrats relatifs à cette opération, ce qui a conduit à la mise en cause de plusieurs anciens responsables ministériels.

Les avocats d’Aïssatou Sophie Gladima, quant à eux, ont soutenu devant la commission d’instruction que leur cliente n’avait jamais eu de rôle direct dans la gestion des décaissements ou dans la vérification des prestations. Selon eux, son intervention s’était exclusivement limitée à l’approbation des contrats, une phase qui, affirment-ils, précède toute procédure de paiement. Les conseils de l’ancienne ministre ont également insisté sur le fait que la Cour des comptes, dans ses rapports d’audit, n’avait pas directement mis en cause la responsabilité de leur cliente dans l’exécution du projet.

Depuis le début de cette affaire, Aïssatou Sophie Gladima a catégoriquement nié les accusations portées contre elle. Elle a constamment affirmé devant les juges de la Haute Cour de Justice qu’elle n’avait jamais eu connaissance d’irrégularités lors du traitement du dossier et qu’elle n’était pas intervenue dans la chaîne d’exécution financière ou technique du projet.

En optant pour la liberté provisoire avec bracelet électronique, la commission d’instruction a choisi une mesure de compromis, qui permet à l’ancienne ministre de regagner son domicile tout en restant sous une surveillance constante des autorités judiciaires. Ce dispositif de contrôle devrait notamment permettre de vérifier ses déplacements et de garantir sa disponibilité à chaque étape de la procédure.

Cette décision marque un nouveau rebondissement dans ce dossier emblématique des poursuites judiciaires liées à la gestion des fonds d’urgence Covid-19. Le dossier n’est pas clos et Aïssatou Sophie Gladima reste mise en examen. Les prochaines étapes de l’instruction permettront de déterminer si le procès sera renvoyé devant la Haute Cour de Justice ou s’il sera classé sans suite.

Mise sous bracelet électronique d’agents des Impôts et des Domaines : le SAID exprime sa vive indignation et appelle à la reconsidération

Le Syndicat autonome des agents des Impôts et des Domaines (SAID) est monté au créneau après la décision judiciaire de placer sous bracelet électronique plusieurs de ses membres, accusés de faits commis dans le cadre de leur activité professionnelle. Dans un communiqué, le SAID dénonce une mesure qu’il juge particulièrement disproportionnée et attentatoire à la dignité des fonctionnaires concernés.

Selon le syndicat, ces agents « auraient agi es qualité dans le cadre de l’exercice normal de leurs fonctions ». Dès lors, le placement sous surveillance électronique est perçu comme « une atteinte grave à la dignité professionnelle de nos agents, mais également une remise en cause des prérogatives et des missions de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) ».

Le Bureau exécutif national du SAID (BEN SAID) insiste sur le fait que ces collègues « ayant agi dans le cadre de leurs attributions légales et réglementaires, méritent le respect et la protection, et non un traitement dégradant qui pourrait ternir leur réputation, nuire à leur moral et, au-delà, entacher l’image de la DGID ».

Le syndicat réaffirme sa solidarité et son soutien « indéfectibles » aux agents mis en cause et exprime sa disponibilité pour les accompagner « dans cette épreuve ».

Enfin, le SAID en appelle aux autorités compétentes pour qu’elles reconsidèrent la décision de justice, tout en se réservant le droit de « mettre en œuvre toute action syndicale nécessaire pour préserver le respect et la dignité des agents des Impôts et des Domaines ».

Fonds Force Covid-19 : le comptable du ministère du Développement industriel sous bracelet électronique

Le ministère du Développement industriel continue de faire les frais du scandale lié à la gestion des fonds « Force Covid-19 ». Après l’ex-directrice de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Ndèye Aminata Loum Ndiaye, et le chauffeur Mouhamadou Bamba Amar, c’est au tour du comptable du ministère, Omar Ngalla Fall, de faire face à la justice.

Inculpé pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 930 millions de FCFA, Omar Ngalla Fall a été présenté au juge du deuxième cabinet du tribunal de grande instance de Dakar. Ce dernier a décidé de ne pas l’envoyer en prison, mais a ordonné son placement sous bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire de plus en plus utilisée dans les affaires financières sensibles.

Selon les informations recueillies, le comptable est soupçonné d’avoir joué un rôle central dans l’acheminement et la gestion des fonds alloués à ce département ministériel dans le cadre de la riposte à la pandémie de Covid-19. Le rapport de la Cour des comptes, qui a mis à nu de nombreuses irrégularités dans l’utilisation de ces fonds publics, a notamment évoqué des dépenses sans justification claire et des circuits de décaissement opaques.

L’ex-DAGE, Ndèye Aminata Loum Ndiaye, considérée comme la principale ordonnatrice des dépenses au sein du ministère à l’époque, a été placée sous mandat de dépôt. Elle est poursuivie pour complicité dans ce dossier, tout comme le chauffeur Mouhamadou Bamba Amar, également incarcéré dans cette affaire.

Ce nouveau rebondissement remet sur la table la question de la reddition des comptes et de la transparence dans la gestion des fonds publics, en particulier dans un contexte d’urgence sanitaire où chaque franc devait être utilisé à bon escient. Le dossier du ministère du Développement industriel s’ajoute ainsi à la longue liste de ministères et de personnalités impliquées dans des malversations présumées autour du programme Force Covid-19, dont le traitement judiciaire reste très attendu par l’opinion publique.

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