Liberté provisoire – Waly Faye brise le silence : « Jamais ils n’auront raison sur moi »

Après neuf jours de détention, Waly Faye a été libéré sous contrôle judiciaire, une décision qui marque une étape importante dans l’affaire le concernant, mais qui, selon lui, n’altère en rien sa conviction d’innocence. Dès sa sortie, l’intéressé s’est exprimé publiquement, soulignant que cette libération ne constitue qu’une formalité judiciaire nécessaire pour faire la lumière sur les événements du 9 février. « Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi », a-t-il écrit sur sa page Facebook, affirmant ainsi sa détermination intacte face aux accusations qui pèsent sur lui.

Waly Faye a lié sa démarche à une dimension spirituelle et morale, rejetant fermement les accusations et affirmant que ses détracteurs ne pourraient jamais prendre l’ascendant sur sa volonté. Il a également profité de cette première sortie pour s’adresser à la nation, rappelant que l’avenir du Sénégal repose sur une jeunesse consciente et dynamique, dont il entend porter les aspirations et la voix. Cette déclaration témoigne de sa volonté de transformer une épreuve personnelle en une tribune pour défendre des enjeux plus larges touchant à l’éducation, à la citoyenneté et au rôle des jeunes dans la société.

La sortie de cellule de Waly Faye a également mis en lumière l’ampleur du soutien dont il bénéficie. Il a exprimé sa gratitude envers les populations de Diourbel et de Fatick, ses terres natales, ainsi qu’au corps professoral et aux étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Il a également salué l’appui des communautés religieuses, notamment le mouvement mouhidiste, soulignant que ce soutien moral constitue un pilier central dans sa résistance face à la pression judiciaire.

Malgré les contraintes imposées par la justice, Waly Faye entend rester actif sur la scène publique. Il a annoncé qu’il reviendra prochainement pour détailler ses perspectives et les orientations de son engagement, promettant de défendre le peuple sénégalais « quel qu’en soit le prix ». Cette sortie marque ainsi un moment de refondation de son engagement politique et social, et laisse entrevoir une poursuite de son parcours caractérisée par une confrontation directe avec les défis actuels du Sénégal, dans les domaines politique, social et éducatif.

Son message, mêlant détermination, remerciements et vision d’avenir, traduit une stratégie de communication claire : transformer une situation judiciaire délicate en une occasion de renforcer son influence et de consolider sa base de soutien auprès des citoyens, des intellectuels et des acteurs religieux. La nation observe désormais comment cette étape juridique pourra façonner le rôle de Waly Faye dans le débat public et dans les prochaines échéances politiques.

Affaire Kocc Barma : El Hadji Babacar Dioum brise le silence et accuse El Hadji Assane Demba

Resté longtemps mutique face aux enquêteurs, El Hadji Babacar Dioum, présenté comme le présumé administrateur du sulfureux site Kocc Barma, a finalement décidé de parler devant le doyen des juges. Ce revirement marque un tournant majeur dans cette affaire à rebondissements.

Selon des informations relayées par le journal Libération, Dioum a radicalement changé de version au cours de son audition devant le magistrat instructeur. Désormais, il rejette l’entière responsabilité sur un autre mis en cause : El Hadji Assane Demba.

Un surnom évocateur : “El Professor”

D’après les déclarations de Dioum, Demba serait le véritable cerveau de l’opération. Il aurait non seulement orchestré les activités derrière le site controversé, mais aussi imposé une mise en scène inspirée de la série à succès La Casa de Papel. Dioum révèle en effet que Demba lui aurait demandé de se faire appeler “El Professor”, en référence au stratège du célèbre braquage fictif, et de le désigner, lui, comme “Action-Réaction”, un surnom révélateur de leur supposée dynamique opérationnelle.

Enquête en cours et indices techniques

Ce changement de version intervient alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations techniques. Libération indique que Dioum a de nouveau été extrait de sa cellule pour permettre l’exploitation de son téléphone portable, dans l’espoir d’identifier les éventuels complices, les réseaux utilisés, ou encore les preuves tangibles des accusations portées contre lui et Demba.

Les éléments extraits de l’appareil pourraient s’avérer décisifs pour confirmer ou infirmer les nouvelles déclarations de Dioum. En attendant, cette ligne de défense semble indiquer une tentative claire de se désolidariser du dossier et de recentrer les soupçons sur un autre protagoniste.

Fadilou Keïta brise le silence sur son salaire et appelle à une transparence généralisée sur les avantages des autorités

Le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, a pris la parole pour clarifier le débat enflé autour de son salaire, au moment où les critiques se multiplient sur la rémunération des responsables publics. Invité sur la Radio Sénégal Internationale (RSI), il a tenu à mettre les choses au clair : « Ce n’est pas moi qui fixe mon salaire. C’est l’État qui en décide », a-t-il affirmé d’un ton ferme.

Fadilou Keïta a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement ciblée, rappelant son passage par la case prison : « Ceux qui alimentent ce débat étaient bien silencieux lorsque nous avons été emprisonnés pendant 15 mois sans percevoir de salaire. » Il assure qu’il a sciemment rendu public le montant de sa rémunération, dans un souci de transparence, car « les Sénégalais ont le droit de savoir ».

Le Directeur de la CDC n’a pas manqué de souligner que certains de ses prédécesseurs touchaient un salaire supérieur au sien, sans que cela n’émeuve l’opinion publique. « Je ne suis pas le mieux payé des Directeurs généraux », a-t-il lancé, tout en accusant certains de vouloir « ternir l’image de l’État ». Il les met en garde : « Ils répondront devant la justice. »

Au-delà de son cas personnel, Fadilou Keïta a élargi la réflexion à une problématique plus vaste : celle des avantages accordés aux responsables publics, souvent critiqués mais rarement clarifiés. Il appelle ainsi l’État à légiférer sur les différentes formes de rémunérations indirectes : « Nous sommes dans un pays où existent des caisses noires, des fonds politiques, des primes, des fonds communs… Je pense que l’État doit légiférer sur tout cela, et que tout le monde s’y soumette. »

Scandale à la CRSE : l’inspectrice Tabaski Ngom brise le silence et plonge le système dans la tourmente

Entre dette informelle, enregistrement secret et décharges manuscrites, l’audition de l’ancienne agente comptable de la CRSE bouleverse les lignes d’un dossier déjà explosif.

Le feuilleton judiciaire autour des 700 millions FCFA disparus de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) a franchi un tournant décisif ce lundi 5 mai. Tabaski Ngom, inspectrice du Trésor et ancienne agente comptable particulière (ACP) de la CRSE, a livré un témoignage fleuve de près de quatre heures devant les juges d’instruction Idrissa Diarra et Nelly Secko Dieng du Pool judiciaire financier (PJF). Son audition au fond, très attendue, pourrait bien redéfinir les contours de l’un des plus gros scandales financiers de ces dernières années.

D’un ton calme mais assuré, Tabaski Ngom a levé le voile sur ce qu’elle décrit comme une “mécanique d’endettement informel”, imputant la responsabilité directe à son ancien supérieur hiérarchique, Moustapha Diop, ex-ministre de l’Industrie, aujourd’hui député et maire de Louga. Selon elle, ce dernier lui devrait plus de 700 millions FCFA — une somme qu’elle aurait avancée sans contrat formel, sur la base d’une relation de confiance bâtie au fil du temps.

Pour appuyer ses dires, elle a présenté une décharge manuscrite signée par Moustapha Diop, dans laquelle il reconnaît lui devoir 200 millions FCFA. Mais l’élément le plus saisissant reste sans doute un enregistrement audio clandestin, effectué dans le bureau de Momath Ba, ex-directeur général de l’Aprosi. On y entendrait Moustapha Diop admettre l’existence du différend financier et promettre de “trouver une solution”. Ce fichier, jugé accablant, a été versé au dossier.

Face aux interrogations sur l’absence de justificatifs pour le reliquat de la somme — soit plus de 500 millions FCFA — Tabaski Ngom a reconnu n’avoir exigé ni reçus, ni documents officiels. Un aveu lourd de conséquences, révélateur des dérives qui peuvent naître d’un mélange de proximité politique, de pouvoir hiérarchique et de loyauté aveugle. Dans un écosystème où les procédures sont contournées au profit de l’informel, les risques de dérapage semblent inévitables.

Malgré sa stratégie de dévoilement, Tabaski Ngom n’a pas échappé à la justice. Interpellée par la Division des investigations criminelles (DIC), elle a été inculpée pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écritures publiques et privées, ainsi que blanchiment de capitaux. Elle a été placée sous mandat de dépôt.

Mor Guèye, patron des sociétés Webcom.Sen et Sen-Setal, soupçonné d’avoir servi de relais financier dans le montage, a également été incarcéré. Momath Ba, impliqué à travers l’enregistrement audio, a lui aussi été inculpé. Il a cependant évité la détention grâce à une caution de 90 millions FCFA réunie en urgence.

Ismaïla Madior Fall brise le silence sur l’affaire de corruption : « Je n’ai jamais accepté les 50 millions »

Invité de l’émission MNF sur la 7TV, l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est sorti de son silence pour la première fois depuis l’éclatement de l’affaire de présumée corruption dans laquelle son nom est cité. Une sortie médiatique très attendue, dans un contexte où l’ancien garde des Sceaux pourrait être poursuivi devant la Haute Cour de Justice.

D’entrée, Ismaïla Madior Fall a tenu à préciser que c’est l’actuel ministre de la Justice qui a initié les enquêtes menant potentiellement à son renvoi devant cette juridiction d’exception. « Je ne suis pas surpris », a-t-il déclaré, affirmant avoir eu vent de deux dossiers en cours le concernant : le premier lié à la supposée affaire de corruption, et le second, au programme de bracelets électroniques, confié au Parquet judiciaire financier (PJF).

Revenant sur les faits, l’ex-ministre a expliqué que l’affaire trouve son origine dans le projet de mise en place des bracelets électroniques, initié lors de son passage au ministère de la Justice. Il raconte avoir identifié un site de 8 000 m² près du tribunal de Guédiawaye, dont une portion de 1 000 m² devait servir à l’implantation d’un centre de surveillance.

Le projet, évalué à environ 600 millions de francs CFA, devait être partiellement financé par un mécanisme de « dation en paiement », une formule juridique permettant à l’État de régler une partie de la somme — entre 150 et 200 millions de francs CFA — en nature. « Je ne connaissais même pas le responsable de la construction. C’est le directeur des constructions des palais de justice qui m’a mis en contact avec lui », précise-t-il.

Mais rapidement, le projet a connu un blocage. Ismaïla Madior Fall explique avoir été alerté par les Impôts et Domaines que l’opérateur avait gagé le terrain auprès d’une banque. Constatant la stagnation, il a pris la décision d’annuler le projet ainsi que le bail.

Un épisode controversé concerne une somme de 50 millions de francs CFA que l’entrepreneur aurait prétendument remise à l’ancien ministre. À ce propos, Ismaïla Madior Fall se montre catégorique : « Je n’ai en aucun cas accepté cet argent. Il voulait généreusement me les offrir, mais je les ai refusés diplomatiquement. Nous n’avons jamais parlé d’argent », insiste-t-il.

Il ajoute que sa successeure au ministère, Me Aïssata Tall Sall, a été informée de l’ensemble du dossier, et c’est à cette occasion que l’entrepreneur aurait évoqué ce montant. « Il s’agit d’une opération de valorisation foncière qui a mal tourné, menée avec un opérateur qui n’avait ni la capacité technique ni les moyens financiers », conclut-il.

Alors que la justice poursuit son travail, cette sortie médiatique marque une étape importante dans la défense d’Ismaïla Madior Fall, qui clame son innocence face à une affaire au parfum de scandale.

Affaire Tabaski Ngom : Le député-maire Moustapha Diop brise le silence à l’Assemblée nationale

Pour la première fois depuis son élection, le député-maire de Louga, Moustapha Diop, a pris la parole ce jeudi à l’Assemblée nationale. Face à ses collègues parlementaires, il a décidé de s’exprimer publiquement sur l’affaire qui secoue l’opinion : le dossier Tabaski Ngom. C’est ce scandale présumé qui a poussé l’élu à sortir de sa réserve, rompant ainsi un long silence qu’il avait gardé depuis le début de la législature.

« Je n’ai rien à me reprocher »

D’un ton ferme et sûr de lui, Moustapha Diop a rejeté toutes les accusations portées à son encontre. « Si j’ai accepté de me défendre, c’est parce que je n’ai rien à me reprocher. Dans cette affaire, je suis totalement innocent. Cette dame dont vous parlez tente simplement de salir mon honorabilité », a-t-il déclaré, visiblement déterminé à laver son honneur devant ses pairs.

Il a également tenu à clarifier la nature de sa relation avec Tabaski Ngom, ancienne agent comptable particulière (ACP) à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE). « Je n’ai rien à voir dans cette affaire de détournement, même si je connais cette dame depuis 2022 », a-t-il ajouté.

Poursuivant son intervention, le parlementaire a raconté les circonstances dans lesquelles il a connu Tabaski Ngom. Selon ses dires, leur relation serait strictement d’ordre privé, sans aucun lien avec les affaires financières qui font aujourd’hui l’objet d’une vive polémique. Il n’a toutefois pas donné davantage de détails sur le contexte de leur rencontre ni sur la nature exacte de leurs échanges depuis 2022.

Cette sortie de Moustapha Diop intervient dans un contexte où les rumeurs et spéculations autour de l’affaire Tabaski Ngom alimentent les débats aussi bien dans les médias que dans les milieux politiques. Pour certains observateurs, cette prise de parole du député-maire marque un tournant, car elle montre sa volonté de prendre à bras-le-corps la défense de son image, à un moment où des soupçons de détournement planent sur plusieurs acteurs publics.

Reste désormais à savoir si les clarifications de Moustapha Diop suffiront à calmer la tempête autour de cette affaire ou si de nouvelles révélations viendront relancer la polémique.

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