Le Dakarois Quotidien N°723 – 24/04/2026
Le Dakarois Sports N°723 – 24/04/2026
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Les images ont glacé le sang de milliers d’internautes. Le visage tuméfié d’une jeune femme de 24 ans, l’œil gonflé, la joue meurtrie, figé dans une expression de désespoir muet, s’est imposé sur les réseaux sociaux comme le symbole d’un drame intime et insupportable. Ces photos, partagées massivement, révèlent l’enfer vécu par cette jeune épouse depuis son mariage célébré en septembre dernier.
C’est sa meilleure amie, Amina Zahra, qui a pris la décision de rompre le silence. Dans un long message publié sur Instagram, elle a raconté avec une émotion palpable la lente descente aux enfers de sa confidente. « Ma publication précédente, c’est ma meilleure amie. Elle s’est mariée en septembre dernier. Entre maraboutage, escroquerie, abus de confiance, violence conjugale… Je ne sais par où commencer », écrit-elle. Ces quelques phrases ont suffi à déclencher une onde de choc et à ouvrir la voie à une libération de la parole.
Selon son témoignage, la violence est apparue dès les premiers jours de l’union. Le mari réclamait de l’argent en permanence. À chaque refus, les coups pleuvaient. Pour satisfaire ses demandes incessantes, la jeune femme a peu à peu vendu ses biens : ses bijoux, ses téléphones, ses vêtements. Puis elle a sollicité sa famille, ses amis, quémandant de quoi répondre à des besoins qu’elle ne comprenait plus elle-même.
Le cauchemar ne s’est pas limité aux violences physiques et à l’extorsion financière. Son amie raconte que l’homme aurait eu recours au maraboutage pour exercer une emprise totale sur elle. « Il l’a envoûtée de telle sorte que tout ce qu’il demandait, elle le faisait. Même quand elle n’avait pas ce qu’il voulait, elle allait chercher l’argent par tous les moyens », explique Amina Zahra. Petit à petit, la jeune femme a été isolée de ses proches. Interdite de travailler, elle s’est enfermée dans la peur et le silence, coupée de toute aide.
Aujourd’hui, elle est au bord du gouffre. En proie à une dépression sévère, elle vit sous surveillance constante après avoir tenté, à plusieurs reprises, de mettre fin à ses jours ou de disparaître. C’est avec son consentement qu’Amina Zahra a décidé de médiatiser son calvaire, espérant briser l’engrenage de l’isolement et faire cesser l’impunité.
Depuis la publication de ces révélations, des milliers de messages de soutien affluent. Des femmes partagent leurs expériences similaires. Des voix s’élèvent pour dénoncer l’inaction face aux violences conjugales et réclamer des mesures de protection plus efficaces.
Le courage de cette jeune mariée et celui de son amie qui a osé parler rappellent que, derrière les murs des foyers, des drames se jouent encore, trop souvent dans le silence. Ces témoignages, devenus viraux, sont un appel pressant à la solidarité, à la justice et à l’engagement collectif contre toutes les formes de violences faites aux femmes.