CAMBÉRÈNE – Visite du Premier ministre Ousmane Sonko après la mort tragique de deux jeunes : L’État s’engage à faire la lumière

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce samedi dans le quartier de Cambérène, endeuillé par la mort de deux jeunes, dont Lamine Dieng, survenue dans des circonstances troubles impliquant les forces de l’ordre. À la tête d’une forte délégation gouvernementale, le chef du Gouvernement a présenté les condoléances de l’État à la famille éplorée et réaffirmé l’engagement ferme des autorités à faire toute la lumière sur ce drame.

La visite s’est déroulée dans un climat empreint de gravité et de compassion. Ousmane Sonko a été accueilli par les proches de Lamine Dieng ainsi que des dignitaires religieux locaux, dont la mobilisation a contribué à apaiser les tensions dans cette zone sensible de la capitale.

« Le Président de la République et moi-même tenons à exprimer toute notre solidarité et notre profonde tristesse face à cette tragédie. Nous devons à la mémoire de ces jeunes la vérité, et à leurs familles la justice », a déclaré Ousmane Sonko, visiblement ému.

Le Premier ministre a également assuré que son gouvernement ne ménagera aucun effort pour accompagner les familles affectées par cette perte. Des mesures de soutien et d’assistance seront mises en œuvre rapidement, a-t-il précisé.

Prenant la parole au nom de la famille DIENG, Baye Rahne Gueye a salué cette démarche du gouvernement qu’il a qualifiée de « geste fort et rassurant ». Il a exprimé la gratitude de la famille envers les autorités, tout en insistant sur l’importance de faire la lumière sur les circonstances du décès.

« Nous avons perdu un fils, un frère, un voisin. Ce drame ne doit pas rester sans suite. Mais aujourd’hui, nous sommes réconfortés par la présence du Premier ministre et par ses engagements clairs en faveur de la vérité », a-t-il souligné.

Alors que les circonstances exactes de l’incident demeurent encore floues, l’État promet une enquête rigoureuse et transparente. Cette visite de haut niveau à Cambérène, hautement symbolique, vise à désamorcer les tensions et à ouvrir un chemin vers la vérité et la réconciliation.

Cambérène sous tension : entre révolte populaire et flambée de l’insécurité

Ce quartier populaire de la banlieue dakaroise vit des heures sombres. Alors que les tensions entre les jeunes manifestants et les forces de l’ordre persistent, une autre menace, plus sournoise, s’infiltre dans le quotidien des habitants : une montée inquiétante de la criminalité.

Dans les ruelles de Cambérène, la colère des jeunes, alimentée par des frustrations sociales et politiques, se manifeste régulièrement à travers des rassemblements, parfois heurtés, face aux forces de l’ordre. Mais derrière cette agitation visible, un climat de peur se développe, nourri par des actes d’agression de plus en plus fréquents.

Selon plusieurs témoignages, des individus mal intentionnés profitent du tumulte ambiant pour commettre des actes de violence ciblés, notamment contre les motocyclistes. Ces derniers, souvent pris pour cibles sur les axes secondaires, rapportent des attaques brutales : interceptions à moto, vols sous la menace d’armes blanches, passages à tabac, et dans certains cas, dépossessions totales de leurs engins.

« C’est devenu dangereux de circuler seul, même en plein jour. On ne sait plus si on risque d’être gazé, agressé ou interpellé », confie Mamadou, un conducteur de moto-taxi habituel de la zone. Comme lui, nombreux sont ceux qui redoutent désormais de se déplacer librement, piégés entre les échauffourées sporadiques et l’insécurité grandissante.

Face à cette situation alarmante, la police de l’unité 15 des Parcelles Assainies a renforcé sa présence sur le terrain. Des patrouilles régulières sont observées dans plusieurs zones sensibles du quartier. Cependant, leur présence ne semble pas totalement apaiser les esprits. Les jeunes, toujours mobilisés, continuent de faire entendre leur mécontentement, parfois dans une confrontation directe avec les forces de l’ordre.

« Nous ne sommes pas des bandits, mais des citoyens frustrés. Que la police arrête de nous mettre dans le même sac que les agresseurs », s’indigne un manifestant, capuché et visiblement agacé par l’amalgame croissant entre rébellion politique et criminalité ordinaire.

Les habitants, quant à eux, se sentent pris en étau. Entre le feu des revendications sociales et la menace tangible de la délinquance, leur quotidien devient de plus en plus oppressant. Commerces fermés plus tôt, circulation réduite, repli sur soi… Cambérène est aujourd’hui un quartier sous pression.

Disparition de deux jeunes à Cambérène : tensions, rumeurs et enquête en cours

Le quartier de Cambérène, dans la banlieue dakaroise, est sous tension depuis la disparition mystérieuse de deux jeunes hommes, sur fond d’incident impliquant un agent de police. L’affaire, qui suscite une vive émotion dans la population, a provoqué ce lundi en fin de journée des troubles à l’ordre public, marquant une escalade préoccupante.

Tout commence dans la nuit du dimanche 22 juin, lorsque qu’un agent de police, en service à la 7e compagnie, se rend au commissariat de l’Unité 15 des Parcelles Assainies. Il y déclare avoir été agressé alors qu’il tentait d’intervenir pour stopper une rixe sur la plage de Cambérène. D’après ses déclarations, l’un des assaillants lui aurait asséné un coup de couteau dans le dos, après lui avoir projeté du gaz lacrymogène au visage. L’agent blessé a été évacué d’urgence à l’hôpital Principal par son propre père, qui se trouvait sur les lieux. Le certificat médical fait état d’une incapacité temporaire de travail (ITT) de 15 jours. Une plainte a été déposée contre X.

Dans la foulée, une patrouille est envoyée sur les lieux pour appréhender les agresseurs présumés. À l’arrivée des policiers, deux individus prennent la fuite en direction de la mer et, selon les témoignages recueillis, s’y seraient jetés. Malgré l’intervention des secours et l’aide de riverains, les recherches ont été suspendues vers 2 heures du matin, sans résultat.

Le 26 juin, une femme signale la disparition de son fils, porté disparu depuis le 21 juin. Après la présentation d’une photo, l’agent agressé aurait reconnu une certaine ressemblance entre le disparu et l’un de ses agresseurs, sans pouvoir toutefois confirmer son identité en raison de l’obscurité au moment de l’agression.

La situation prend une tournure explosive ce lundi 30 juin, vers 18 heures, lorsque des jeunes manifestants érigent des barricades et incendient des pneus sur la VDN 3, au niveau de la passerelle de Cambérène. Les protestations, liées à la disparition des deux jeunes, ont gravement perturbé la circulation et nécessité une intervention musclée des forces de l’ordre.

Des rumeurs sur la découverte des corps des deux disparus ont circulé dans la soirée. Cependant, les hôpitaux Principal et Dalal Jamm ont démenti avoir reçu des victimes de noyade ces derniers jours. En revanche, deux corps ont été retrouvés sur la plage de la BCEAO, et des sources indiquent qu’ils seraient originaires de Cambérène, sans qu’un lien formel avec les jeunes disparus ne soit encore établi.

Face à la colère montante et aux spéculations, la Police nationale a ouvert une enquête. Elle affirme rester pleinement mobilisée pour faire toute la lumière sur cette affaire sensible, qui cristallise les tensions dans ce quartier déjà éprouvé par un sentiment de marginalisation.

Série noire sur les routes du Sénégal : un policier mortellement percuté à Cambérène

Le Sénégal est frappé par une vague d’accidents de la route meurtriers, avec plusieurs tragédies enregistrées entre le 2 et le 10 février 2025. Hier, un drame s’est produit à Cambérène, sur le site d’embarquement et de débarquement des Bus Rapid Transit (BRT), où un agent de police a perdu la vie après avoir été violemment percuté par un véhicule de type L200.

Selon le journal Les Échos, la victime, un policier appartenant à la 47ᵉ promotion, circulait à moto lorsqu’il a été mortellement heurté. Alertées, les forces de l’ordre ont rapidement sécurisé la zone et procédé aux constatations d’usage. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame.

Ce nouveau drame s’ajoute à une série noire d’accidents qui endeuillent le pays. Récemment, un grave accident sur l’autoroute Ila Touba, entre Bambey et Réfane, a coûté la vie à 11 personnes, dont 9 femmes. Un minicar transportant des fidèles revenant d’un événement religieux à Touba a percuté un taxi-bagages en panne, causant également 9 blessés graves.

Quelques jours plus tôt, à Richard Toll, un violent choc entre un camion et un véhicule de transport en commun de type « 7 places » a fait 5 morts, aggravant encore le bilan de cette hécatombe routière.

Le directeur général des autoroutes du Sénégal, Dr Ibrahima Sall, tire la sonnette d’alarme : environ 700 personnes perdent la vie chaque année sur les routes sénégalaises. Il précise que 60 % de ces accidents sont dus à des erreurs humaines, notamment l’excès de vitesse et le non-respect des distances de sécurité. Les problèmes mécaniques, tels que l’éclatement des pneus et la vétusté des véhicules, sont responsables de 30 % des accidents.

Face à cette recrudescence d’accidents mortels, les autorités sont appelées à renforcer les mesures de prévention routière. Des contrôles plus stricts, une meilleure formation des conducteurs et la modernisation du parc automobile pourraient contribuer à limiter les drames sur les routes.

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