L’affaire suscite stupéfaction et indignation dans l’entourage d’Aziz Ndiaye. L’homme d’affaires, patron de l’entreprise Aziz Business Company (ABC), a découvert un détournement massif au cœur même de sa société : 6 310 bidons d’huile « J’adore » de 20 litres ont été subtilisés dans l’entrepôt de Cambérène. Le préjudice, estimé à plus de 101 millions de francs CFA, révèle l’existence d’un système organisé qui opérait depuis plusieurs mois.
Selon les révélations du journal Libération, publiées ce mercredi, trois personnes sont au centre du scandale. Il s’agit des magasiniers A. Cissé et K. Mbaye, ainsi que de M. Lô, ancien directeur commercial et surtout ami d’enfance d’Aziz Ndiaye. Ce dernier élément donne à l’affaire une gravité particulière, la trahison émanant non pas d’un simple employé, mais d’un proche de longue date, occupant une position stratégique dans l’entreprise.
L’alerte a été déclenchée lorsque des incohérences ont été repérées dans la gestion des stocks. Soucieux de comprendre l’origine de ces irrégularités, Aziz Ndiaye a ordonné un inventaire approfondi. Celui-ci a mis en lumière un mécanisme bien huilé de détournement : des sorties frauduleuses, des quantités manipulées et une complicité interne qualifiée de véritable « mafia » par le quotidien.
Face à l’ampleur des révélations, l’homme d’affaires a saisi la Section de recherches de Dakar. Les enquêteurs ont rapidement avancé et obtenu les premières confessions. Interpellé en premier, le magasinier A. Cissé a admis avoir transféré plusieurs cargaisons volées à M. Lô, qu’il a désigné comme le principal instigateur. Selon les informations relayées, celui-ci aurait profité des jours du Gamou de Tivaouane – période durant laquelle Aziz Ndiaye était pris par des engagements religieux – pour intensifier les opérations frauduleuses.
Le second magasinier, K. Mbaye, a lui aussi reconnu sa participation, confirmant l’existence d’un réseau structuré et d’un mode opératoire répété. Arrêté par la suite, M. Lô a fini par avouer, tout en tentant d’atténuer les faits, affirmant n’avoir détourné « que » 6 050 bidons, un chiffre en dessous de celui établi par l’inventaire.
Une médiation pénale a été engagée, à la demande de la victime, pour tenter de récupérer une partie des pertes. Dans ce cadre, M. Lô a restitué 40 millions de francs CFA en espèces, auxquels s’ajoute un véhicule évalué à 18 millions. Le montant total rendu s’élève ainsi à 58 millions de francs CFA, loin de couvrir l’intégralité du préjudice estimé.
Cette affaire met en lumière les vulnérabilités internes auxquelles sont confrontées de nombreuses entreprises locales, mais aussi la nécessité d’un contrôle rigoureux des chaînes logistiques et des systèmes de gestion. Pour Aziz Ndiaye, au-delà des pertes financières, c’est surtout une blessure humaine et morale qui marque ce dossier, la trahison venant d’un ami de toujours.


