Octobre Rose au Centre Hospitalier Abass Ndao : une mobilisation totale pour la prévention et le dépistage des cancers féminins

Le Centre Hospitalier Abass Ndao (CHAN) s’illustre une nouvelle fois comme un acteur majeur de la santé féminine au Sénégal à l’occasion des Journées d’Octobre Rose 2025, qui se déroulent sur deux jours, du 21 au 22 octobre. La cérémonie officielle, prévue le 22 octobre, se tiendra sous la présidence effective du Directeur Général du CHAN, le Pr Demba Diedhiou, entouré de figures clés du centre hospitalier telles que Pr Halimatou Diop, chef de service de biologie moléculaire, et le Dr Raymond Alipio, chef de service de la maternité. Cette initiative vise à renforcer la lutte contre le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus, maladies qui continuent de représenter un lourd fardeau pour la santé des femmes au Sénégal.

Dès l’ouverture de la campagne, les équipes du CHAN ont mis en place des salles de consultation spécialisées, permettant aux patientes de bénéficier d’un dépistage et d’une prise en charge médicale gratuite et personnalisée. La direction de l’hôpital a effectué une visite de contrôle pour s’assurer de la bonne organisation des activités et de la disponibilité des équipements nécessaires à la prise en charge optimale des patientes. Cette attention particulière reflète l’importance accordée par le CHAN à la qualité et à la rigueur des services offerts.

La mobilisation du personnel est totale, tous les services étant engagés dans un effort collectif pour assurer le dépistage, la sensibilisation et le suivi médical des femmes. Au-delà de la prise en charge clinique, l’accent est mis sur l’éducation et l’information, afin de permettre aux femmes de mieux comprendre l’importance de la prévention, des examens réguliers et d’une détection précoce des cancers féminins. Selon le Pr Demba Diedhiou, « votre santé est notre priorité », rappelant ainsi l’engagement indéfectible du CHAN envers la santé publique et la promotion de la santé féminine.

Cette initiative n’est pas seulement médicale mais également sociale. Elle constitue une plateforme de sensibilisation pour l’ensemble de la communauté, invitant les familles et le grand public à participer activement à la lutte contre les cancers féminins. Les autorités sanitaires espèrent ainsi renforcer la conscience collective sur l’importance de la prévention et de l’accès à des services de santé de qualité, surtout pour les populations les plus vulnérables.

En somme, les Journées d’Octobre Rose au CHAN témoignent d’une volonté de conjuguer efforts médicaux, sensibilisation communautaire et engagement institutionnel pour réduire l’impact des cancers féminins au Sénégal. Cette campagne s’inscrit dans la continuité des actions de santé publique visant à protéger, informer et accompagner chaque femme, dans une approche intégrée où prévention, dépistage et traitement sont étroitement liés.

Cancers féminins : le retard de consultation, un danger mortel pour les patientes

Le gynécologue-obstétricien Mamadou Guèye a lancé un cri d’alerte ce samedi sur la gravité des cancers féminins, notamment le cancer du sein et celui du col de l’utérus, lors d’un panel consacré aux cancers uro-génitaux organisé par l’Association Actions Sanitaires pour le Fouta (ASFO). Selon lui, la majorité des patientes arrivent à l’hôpital dans un état trop avancé, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie.

« Sur dix femmes que nous recevons pour ces cancers, sept arrivent déjà au stade 4, le plus avancé », a déclaré le médecin à l’Agence de presse sénégalaise (APS). « À ce stade, 90 % décèdent au bout de cinq ans », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et surtout le dépistage précoce.

Le spécialiste a pointé du doigt une situation particulièrement alarmante dans les zones rurales, notamment dans la région de Matam, où les femmes consultent souvent trop tard, parfois après plusieurs mois de symptômes ignorés ou tus. Les causes de ces retards sont multiples : manque d’accès aux structures de santé spécialisées, déficit d’information, mais aussi poids des tabous.

« Le cancer du col touche à l’intimité de la femme. Beaucoup hésitent à consulter malgré les saignements ou les douleurs, jusqu’à ce que la situation devienne grave. Il en est de même pour le cancer du sein », a expliqué le gynécologue, rappelant que ces silences sont lourds de conséquences.

Malgré ce constat inquiétant, le médecin a tenu à saluer les efforts de sensibilisation de l’ASFO, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de proximité dans le Fouta et ses environs. Le président de la commission scientifique de l’association, Abdoul Aziz Gaye, a d’ailleurs annoncé la tenue de la 26ᵉ édition de ces campagnes de dépistage et de soins, prévue du 11 au 17 septembre prochain. Huit villages de la région de Matam seront concernés et plus de 110 professionnels de santé, parmi lesquels des médecins spécialistes, des sages-femmes et des nutritionnistes, seront mobilisés.

Selon l’ASFO, ces campagnes ont déjà permis de consulter près de 10 000 patients lors des précédentes éditions, contribuant ainsi à rapprocher les services de santé des populations et à briser certains tabous. Mais face à l’ampleur du défi, Mamadou Guèye estime que la lutte contre les cancers féminins nécessite encore davantage d’efforts concertés de l’État, des structures sanitaires et des organisations communautaires, afin de sauver des milliers de vies menacées par le silence et le retard de consultation.

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