Cap Skirring (Ziguinchor), 29 décembre 2025 – La sécurité n’est ni un slogan ni une option. Elle constitue une exigence vitale. C’est dans cet esprit que AIBD S.A a conduit, ce lundi, un exercice d’urgence grandeur nature à l’Aéroport international de Cap Skirring, mettant à l’épreuve le Plan d’Urgence Aéroportuaire (PUA) face à un scénario de crise réaliste et complexe.
Baptisé « Ucofo Buyikaab » (éviter la catastrophe), cet exercice s’inscrit dans une dynamique stratégique claire : élever durablement le niveau de sûreté et de résilience des aéroports sénégalais, conformément aux normes de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et aux ambitions nationales de faire du Sénégal un hub aérien régional crédible et compétitif.
Sur le terrain, la mobilisation a été totale. Forces de défense et de sécurité, police, sapeurs-pompiers, services de santé, autorités administratives locales, ainsi que les acteurs institutionnels et techniques ont opéré en parfaite synergie, simulant une situation d’urgence majeure nécessitant rapidité, précision et coordination sans faille.
Il s’agissait d’une démonstration grandeur nature de la capacité de l’écosystème aéroportuaire à réagir sous pression et à protéger des vies humaines.
Présent à l’exercice, le Directeur général de AIBD S.A, Cheikh Mamadou Abiboulaye Dièye, a livré un message fort, sans détour :
« L’aviation est un secteur à haut risque. La seule manière d’y faire face, c’est l’anticipation, la répétition et l’exigence. Cet exercice nous permet de mesurer notre capacité réelle à gérer une catastrophe, à prendre en charge les blessés, à sécuriser les infrastructures et à préserver la continuité de l’activité aéroportuaire. »
Au-delà de la simulation, c’est une vision politique et stratégique qui s’est exprimée. Le Directeur général a rappelé les investissements massifs consentis par l’État, notamment les plus de 12 milliards de francs CFA injectés pour la finalisation de l’aéroport de Ziguinchor et la certification internationale de l’aéroport de Cap Skirring, symboles d’une volonté ferme de moderniser, démocratiser et sécuriser le transport aérien sur l’ensemble du territoire.
L’exercice a également revêtu une forte dimension territoriale et sociale, marquée par la présence des collectivités locales, des autorités administratives et traditionnelles, dont Sa Majesté la Reine d’Oussouye, illustrant l’ancrage de l’aéroport dans son environnement humain et culturel. Une preuve supplémentaire que la sécurité aérienne est l’affaire de tous, de l’État central aux communautés locales.
La participation conjointe de la Haute Autorité des Aéroports du Sénégal (HAAS), de l’ANACIM et du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) a renforcé la crédibilité technique de l’exercice, démontrant l’existence d’une chaîne institutionnelle soudée et engagée autour d’un même objectif : des aéroports sûrs, performants et résilients.
Clôturé par un débriefing « à chaud » et un point de presse, l’exercice « Ucofo Buyikaab » aura surtout envoyé un message clair : le Sénégal ne transige pas avec la sécurité aérienne. À Cap Skirring, l’État, ses institutions et ses territoires ont prouvé qu’ils savent se préparer au pire pour garantir le meilleur.
Alexis SAGNA





