Sénégal : La CESL exige l’abrogation de la loi d’amnistie et la vérité sur la mort des étudiants de l’UGB

La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) de l’Université Gaston Berger (UGB) a réitéré son opposition à la loi d’amnistie adoptée le 6 mars 2024. Dans un communiqué, son président, Alpha Issaga Diallo, a dénoncé une “entrave à la vérité” et appelé les autorités à faire toute la lumière sur la mort de deux étudiants, Alpha Yéro Tounkara et Prosper Clédor Senghor, décédés lors des affrontements liés au report de l’élection présidentielle de 2024.

Pour la CESL, la loi d’amnistie constitue un obstacle aux enquêtes sur ces décès survenus en 2024 dans un contexte de tensions politiques. “Nous refusons que ces événements soient effacés de la mémoire collective par un simple texte juridique”, a affirmé Alpha Issaga Diallo, exigeant que les responsables soient identifiés et traduits en justice.

En signe d’hommage, la CESL propose également que des infrastructures universitaires portent les noms des deux étudiants disparus. Une manière, selon elle, de préserver leur mémoire et de rappeler le devoir de justice à l’État.

Adoptée en mars 2024, la loi d’amnistie couvre les faits de violences politiques commis entre février 2021 et février 2024. Son abrogation fait aujourd’hui débat au sein de la classe politique. Le député d’opposition Thierno Alassane Sall a récemment déposé une proposition de loi pour son annulation, un geste que certains membres de la majorité, notamment du parti Pastef, qualifient de “récupération politique”.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, lui-même concerné par cette loi, avait annoncé en décembre 2024 un projet d’abrogation, laissant entendre une possible révision de la politique de justice transitionnelle.

Alors que le gouvernement semble s’orienter vers une remise en cause de la loi, la pression des étudiants et de certaines forces de l’opposition pourrait accélérer le processus. La CESL prévient qu’elle restera mobilisée jusqu’à ce que des actions concrètes soient prises.

La CESL s’oppose fermement à la fermeture de l’université de Ziguinchor

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a vivement critiqué la décision de fermer l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). Dans un communiqué officiel publié ce mercredi, la CESL qualifie cette décision d’« irréfléchie » et d’« irresponsable », dénonçant une réponse inadéquate aux revendications des étudiants.

La CESL estime que cette fermeture, survenue dans un contexte où les années universitaires sont déjà désarticulées, risque d’aggraver la situation du système éducatif. « Loin de résoudre les problèmes, cette mesure compromet les efforts visant à faire de l’enseignement supérieur un pilier de l’espoir et du développement national », peut-on lire dans le communiqué.

La CESL s’inquiète par ailleurs de ce qu’elle perçoit comme une tendance croissante des autorités à réprimer les revendications étudiantes dans les établissements supérieurs. Elle considère cette fermeture comme une « atteinte grave au droit inaliénable des étudiants à une éducation de qualité ». La coordination juge cette situation incompatible avec les principes d’un Sénégal démocratique et inclusif.

Face à cette crise, la CESL exhorte les autorités à revenir sur leur décision et à privilégier un dialogue ouvert et constructif. « Il est urgent d’éviter des mesures drastiques qui risquent de déstabiliser davantage le système éducatif », conclut le communiqué, appelant à une gestion responsable des tensions dans les milieux universitaires.

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