Kaolack : La Chambre des Métiers remet un lot de 200 tables-bancs aux écoles publiques

Les artisans de Kaolack, sous la houlette de leur président Sidy Diop, ont remis ce mardi un lot de 200 tables-bancs d’une valeur de 6 millions de FCFA au gouverneur de la région. Ce don est destiné aux établissements scolaires publics de Kaolack.

Selon Sidy Diop, cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Un artisan, un table-banc », et vise à combler le déficit criard en mobiliers scolaires observé dans la plupart des écoles. Elle contribue également à lutter contre le surnombre d’élèves contraints de partager un seul table-banc.

« Un pays ne peut pas se développer sans l’éducation, car elle en est la base. C’est pourquoi nous avons jugé utile de lancer cette initiative pour appuyer les écoles de Kaolack. C’est notre première édition, et nous ne comptons pas nous arrêter là. Nous envisageons, à l’avenir, de construire des salles de classe et des murs de clôture, car nous avons des partenaires prêts à nous accompagner dans la réalisation de ces projets », a déclaré le président Sidy Diop.

Prenant la parole lors de la cérémonie, Mamadou Habib Kamara, adjoint au gouverneur de Kaolack chargé du développement, a salué l’initiative et appelé à une utilisation responsable de ce don :

« Je lance un appel aux collectivités territoriales pour qu’elles privilégient les commandes locales et artisanales. Aux élèves, sachez que ces tables-bancs ne sont pas de simples objets : ils sont le fruit du travail de vos aînés artisans. Ils symbolisent l’importance que la société accorde à votre éducation. Prenez-en soin et étudiez avec ardeur. Vous êtes les bâtisseurs du Sénégal de demain. »

La cérémonie de remise s’est tenue en présence des représentants des collectivités territoriales, de l’inspecteur de l’éducation et de la formation, et surtout de Sophie Sy, directrice de l’Artisanat. Cette dernière a félicité Sidy Diop et les artisans de Kaolack, tout en lançant un appel à leurs homologues des autres régions à s’inspirer de cet exemple pour soutenir les écoles de leurs localités respectives.

Diourbel : Deux anciens responsables de la Chambre des métiers arrêtés pour détournement de biens publics

Massamba Thiam, ancien président de la Chambre des métiers de Diourbel (70 ans), et Médoune Diop, ex-secrétaire général (66 ans), ont été arrêtés puis déférés au parquet ce mercredi 7 mai. Ils sont poursuivis pour escroquerie portant sur les deniers publics, détournement de biens publics et complicité, à l’issue d’une enquête déclenchée par un rapport accablant de l’OFNAC.

La Division des investigations criminelles (DIC), qui a mené l’arrestation, agissait sur instruction du parquet de Dakar, alerté par un rapport de l’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption resté longtemps inexploité. Ce rapport avait été produit à la suite d’un signalement d’Ibrahima Thiam, artisan et membre de la Chambre des métiers de Diourbel.

Des irrégularités en cascade

Les faits reprochés sont nombreux et documentés. L’OFNAC a notamment mis en évidence :

Le détournement d’un véhicule administratif réformé sans respecter les procédures légales, et muté au nom personnel du secrétaire général de l’époque. L’établissement de mandats de paiement au nom des accusés au lieu des fournisseurs de la Chambre. L’octroi de subventions à des bénéficiaires fictifs. L’absence de mise en concurrence dans le choix des fournisseurs et prestataires. Une gestion opaque de la dotation en carburant, sans aucune décision officielle du président. La tenue irrégulière des réunions de l’Assemblée générale et du Bureau. Le maintien illégal à son poste du secrétaire général, pourtant atteint par la limite d’âge.

Ces pratiques témoignent, selon l’OFNAC, d’un système organisé de prédation des ressources publiques, aux dépens des artisans que la Chambre était censée représenter et soutenir.

Un signal fort dans la lutte contre la corruption

L’arrestation des deux anciens dirigeants marque une nouvelle étape dans l’engagement de l’État contre les dérives dans les structures de gouvernance locale. L’affaire sera suivie de près, tant elle illustre les conséquences d’un contrôle tardif et d’un manque de transparence dans la gestion des biens publics.

LeDakarois reviendra sur les suites judiciaires de ce dossier dans ses prochaines éditions.

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