Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°589 – 22/10/2025

🔴 PLUS DE 60% DES AGRICULTEURS / ÉLEVEURS ET PRÈS DE 40% DES PÊCHEURS FRAPPÉS PAR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE MENACÉE
🔴 « ASER-GATE » / VÉRIFICATION DU TAUX D’EXÉCUTION D’ÉLECTRIFICATION RURALE : TAS EN TOURNÉE

🔴 SAISON 2025/2026 : LA LSFP FIXE LE COUP D’ENVOI AUX 1er ET 2 NOVEMBRE

Adaptation aux changements climatiques : le Sénégal engage 1,5 milliard de FCFA pour renforcer sa résilience

Dans un contexte mondial marqué par l’aggravation des effets du changement climatique, le Sénégal franchit une étape décisive dans la mise en œuvre de sa stratégie d’adaptation. Le gouvernement vient d’annoncer un investissement de 1,5 milliard de francs CFA dans l’élaboration d’un Plan national d’adaptation (PNA), à travers le lancement du projet de mise en cohérence de la planification nationale et infranationale de l’adaptation (PNA-FVC). Ce projet est financé par le Fonds Vert pour le Climat.

Le projet, dont la durée est fixée à trois ans, sera déployé dans neuf régions du pays. Il a été officiellement lancé dans les régions de Sédhiou et Kolda, au sud du pays, ce mercredi 6 août. Ces zones ont été choisies en raison de leur forte vulnérabilité aux impacts climatiques, notamment la dégradation des ressources naturelles, l’insécurité alimentaire croissante, les sécheresses et les inondations récurrentes.

Selon Ouseynou Ndione, chargé de programme à la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts au Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, le projet a pour ambition de doter l’État d’un plan global d’adaptation prenant en compte l’ensemble des secteurs sensibles, comme l’agriculture, l’eau, la santé, les infrastructures, la biodiversité ou encore les zones côtières. L’objectif est d’orienter les politiques publiques vers des approches anticipatrices, structurantes et durables.

Mais l’enjeu dépasse largement la simple production d’un document technique. Le projet entend aussi renforcer les capacités des acteurs publics et territoriaux à différents niveaux. Les services déconcentrés de l’État seront formés pour mieux intégrer les données climatiques dans leurs programmes d’action. Les collectivités territoriales seront accompagnées pour que leurs plans de développement locaux tiennent compte des risques climatiques actuels et futurs. Le projet vise également à améliorer les mécanismes de gouvernance et de coordination des politiques climatiques entre les administrations centrales et les autorités locales.

Pour Ouseynou Ndione, il s’agit avant tout de créer une dynamique de transformation durable. « Il ne s’agit pas seulement de produire un document, mais de créer les conditions pour une réelle transformation des pratiques en matière d’adaptation, dans tous les secteurs et à tous les niveaux », a-t-il expliqué lors de la cérémonie de lancement à Kolda.

À travers le PNA-FVC, le Sénégal souhaite aussi se positionner comme un pays exemplaire dans la mobilisation des financements climatiques internationaux. En s’appuyant sur une stratégie claire, multisectorielle et territorialement ancrée, l’État espère attirer davantage de ressources pour renforcer la résilience de ses écosystèmes et de ses populations.

Cette initiative vient ainsi confirmer l’engagement du Sénégal en faveur de la transition écologique, en mettant en place les fondements d’un développement résilient, équitable et inclusif face aux défis environnementaux du XXIe siècle.

Changements climatiques : le Sénégal lance « Clean Tech Sénégal » pour promouvoir les technologies propres

Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE) a officiellement lancé le projet « Promouvoir l’innovation en matière de Technologies Propres pour l’Action Climatique au Sénégal (Clean Tech Sénégal) ». Cette initiative vise à encourager et soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les startups sénégalaises engagées dans le développement de technologies propres destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Avec un budget de 1,8 milliard de francs CFA, ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme mondial d’innovation dans les technologies propres, une initiative portée par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Ce programme, actif dans 17 pays, dont le Sénégal, a pour objectif de promouvoir des solutions technologiques respectueuses de l’environnement et adaptées aux enjeux climatiques actuels.

Lors de l’ouverture du premier forum national consacré à la promotion de l’innovation dans les technologies propres, Fodé Fall, secrétaire général du METE, a expliqué que « Clean Tech Sénégal » ambitionne de stimuler l’innovation locale en soutenant les entreprises dans leur transition vers des solutions technologiques durables. Selon lui, il est essentiel que ces technologies soient adaptées aux réalités socioéconomiques et culturelles du Sénégal pour garantir leur impact et leur durabilité.

Le projet cible plusieurs secteurs stratégiques, notamment les énergies renouvelables, la gestion des déchets, l’agriculture durable et la gestion des ressources en eau. Ces domaines ont été identifiés comme prioritaires pour leur potentiel à réduire l’empreinte écologique tout en répondant aux besoins spécifiques du pays.

Fodé Fall a également rappelé les données du rapport 2023 sur la technologie et l’innovation publié par la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED). Ce rapport souligne que le marché des technologies propres, estimé à 1 500 milliards de dollars US en 2020, pourrait atteindre 9 500 milliards de dollars US d’ici 2030, illustrant ainsi leur importance croissante dans l’économie mondiale.

En lançant « Clean Tech Sénégal », le gouvernement entend non seulement contribuer à la lutte contre les changements climatiques, mais également positionner le Sénégal comme un acteur clé dans le développement et l’adoption de technologies respectueuses de l’environnement. Ce projet marque une étape importante dans la transition écologique du pays et pourrait servir de modèle pour d’autres nations en quête de solutions durables face aux défis climatiques.

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