Face aux députés ce samedi, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté de larges éclaircissements sur la stratégie de consolidation budgétaire inscrite dans le Projet de Loi de Finances initiale pour 2026. Selon lui, le gouvernement s’est engagé dans un processus rigoureux visant à rétablir l’équilibre des finances publiques, après un déficit particulièrement élevé en 2024, estimé autour de 12,8 %.
Le ministre a rappelé que l’objectif est de ramener ce déficit à 7,8 % dès 2025, puis à 5,37 % en 2026, avant d’atteindre la norme communautaire de 3 % en 2027. Cette trajectoire constitue, d’après Cheikh Diba, le socle de la politique budgétaire de l’exécutif et sert de cadre d’intégration pour des réformes majeures, notamment celles liées à la mobilisation des ressources du Plan de Redressement Économique et Social (PRÈS).
Abordant spécifiquement le PRÈS, Cheikh Diba a souligné que les attentes en matière de recettes pour l’année 2026 sont « très importantes », dépassant 760 milliards de francs CFA. Ces ressources proviendront de plusieurs leviers fiscaux et parafiscaux, parmi lesquels les jeux de hasard, la régularisation foncière, la taxation du mobile money, ainsi que l’alcool et le tabac. Le ministre a toutefois insisté sur le fait que ces prévisions ont été volontairement établies sur des bases « minimalistes ».
Il a révélé que les études menées sous la coordination de la Primature avaient abouti à une estimation supérieure à 900 milliards de francs CFA. Par prudence et pour éviter tout risque de dérapage budgétaire, le gouvernement a néanmoins retenu un montant plus conservateur de 760 milliards, ce qui reflète, selon lui, une gestion responsable et réaliste des recettes attendues.
Dans le même esprit de discipline budgétaire, Cheikh Diba a annoncé que l’option retenue pour 2026 consiste à geler toutes les recettes considérées comme optimistes. Concrètement, cela signifie que les administrations concernées ne pourront engager ou exécuter les dépenses correspondantes que lorsque les ressources auront été effectivement mobilisées. Cette mesure vise à éviter l’accumulation d’arriérés et à garantir que l’exécution budgétaire reste en phase avec les encaissements réels.
Le ministre a conclu en affirmant que cette démarche prudente, combinant réformes structurelles, mobilisation accrue des recettes et discipline dans l’exécution des dépenses, constitue l’unique voie pour remettre durablement le Sénégal sur une trajectoire de stabilité financière et de croissance maîtrisée.