L’ancien directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Cheikh Dieng, a comparu ce mardi 14 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel de Dakar. Il est poursuivi pour diffamation, calomnie et injures publiques par les sociétés Vicas SARL et Delta SA, qui s’estiment gravement lésées par des déclarations publiques tenues par l’ex-responsable de l’ONAS.
À l’ouverture de l’audience, la défense de Cheikh Dieng a sollicité un renvoi du dossier, invoquant de nouvelles constitutions d’avocats. Outre Maîtres Baba Diop et Takha Cissé, déjà constitués, Maître El Hadj Diouf a rejoint le collectif de la défense. Le tribunal a fait droit à cette demande et renvoyé l’examen de l’affaire au 25 mars 2026.
Dans cette procédure, Vicas SARL est représentée par Maître El Hadj Dièye, tandis que Delta SA a confié sa défense à Maître Christian Faye. Les poursuites trouvent leur origine dans une déclaration de presse faite par Cheikh Dieng le 26 septembre 2024 à la Maison de la Femme de Djeddah Thiaroye Kao. Selon la citation directe délivrée par Maître Aloyse Ndong, huissier de justice, l’ancien DG de l’ONAS avait publiquement accusé les sociétés Vicas SARL et Delta SA d’avoir bénéficié de marchés publics attribués par entente directe, à la suite d’une intervention présumée du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye.
Dans ses propos largement relayés par la presse, Cheikh Dieng avait soutenu que des marchés initialement attribués à d’autres entreprises, notamment Tawfeekh Taysir et Delgas, auraient été annulés pour être réattribués à Vicas et Delta, en dehors des procédures réglementaires en vigueur. Il avait également affirmé l’existence d’un rapport datant de 2021 qui conclurait à la défaillance de ces deux sociétés dans l’exécution de leurs missions, allant jusqu’à déclarer que le ministre de tutelle « marcherait à leurs ordres ».
Ces accusations sont fermement contestées par Vicas SARL et Delta SA, qui les qualifient de calomnieuses, infondées et attentatoires à leur honorabilité. Les deux entreprises estiment que ces déclarations ont porté un grave préjudice à leur réputation, à leur crédibilité professionnelle et à leur position dans le cadre de la délégation de service public qui leur est confiée.
Les plaignantes soutiennent par ailleurs que, malgré une sommation interpellative adressée à Cheikh Dieng les 3 et 4 septembre 2024 afin qu’il apporte des éléments de preuve ou des explications à ses accusations, celui-ci n’aurait donné aucune suite. Ce silence est interprété par les requérantes comme un élément supplémentaire attestant du caractère diffamatoire des propos incriminés.